Les uns sont des dieux, les autres des démons ; et même, il est des divinités que les
hommes ont fait « diable », les faisant passer de la lumière aux ténèbres. Et quel qu’il soit, il est toujours finalement identifié au même : Satan est un mais nombreux sont les
démons assimilés à lui. Les Orientaux composent une mythologie permettant de
séparer les Suras (Dieux) des A-Suras (non-Dieux), ceux-là tombés en disgrâce au point d’être considérés comme des démons. Zoroastre (Zarathoustra), plus généralement la mythologie
perse, exposée dans le Zend-Avesta (ou « Avesta »), avec sa propriété de distinguer le bien (Ahura Mazda) du mal (Ahriman), distingue dieux et démons, disant « les uns sont purs,
les autres malintentionnés ».
Le Talmud s’inspire de l’Avesta pour enseigner sur le même mode. Stanislas de Guaïta écrit : « L’examen du Talmud porte à croire que les kabbalistes hébreux rapportèrent de Babylone ce
dogme, emprunt notoirement fait à la théologie dualistique de Zoroastre. Chacun peut voir dans ce qui reste des Avestas (livres sacrés des Parses, dus au génie de cet hiérographe) l’antagonisme
constant d’Ahura-Mazda
ou d’Ormuzd (la Sagesse vivante), dieu du Bien, et
d’Angramanyou ou d’Ahriman (le malintentionné), dieu du Mal. Chose curieuse et qui permet d’expliquer comment les rabbins, après la captivité d’Israël à Babylone, furent si pressés de voir dans
l’impersonnel « Nahash » (le Tentateur de la Genèse) un être distinct et personnel, une sorte de dieu du Mal. Par une coïncidence étrange, le qualificatif que Moïse accole au substantif
« Nahash » est précisément le vocable « Haroûm » (Ayin-Resh-Vau-Mem) ou « Harym », dont Ahriman ou « Harym-an », le nom mazdéen de
« l’Adversaire » (Ayin-Resh-Vau-Mem-Vau-Nun) ne diffère que par l’addition de la désinence augmentative « Vau-Nun » : il n’y a donc pas seulement ressemblance, mais
identité » (Stanislas de Guaita – Le temple de Satan).
Le prophète, emporté par l’idéal mythologique, peut bien décréter lequel des dieux est bon,
lequel est mauvais au point de devenir un démon, nous qui sommes dans le concret, voulons connaître l’élément déclencheur d’une telle sanction. Et finalement, il n’y a pas lieu d’étudier trop
loin, et c’est si simple, c’est encore et toujours un problème de luxure. En effet, nombre des prêtres avaient trouvé moyen de rentabiliser leur temple par la « prostitution sacrée » et
certains usèrent de ces
pratiques tant cette affaire était lucrative. Or, c’est ici la chute.
Par exemple, nous lisons que « Seth était le dieu le plus important d’Egypte », et que les mêmes Egyptiens le dénoncent ensuite comme « démon le plus malfaisant » :
paradoxe ou concours de l’Histoire ? Les différents papyrus (Papyrus Anastasi) retrouvés permettent une explication : l’original dieu Seth, époux de Nephtys, était le grand dieu
tout-puissant des Egyptiens. Au point que nombre de ses sectateurs entreprirent de l’exporter à l’étranger, jusque chez les anciens Syriens, les Hyksôs et les Phéniciens ; là il connût comme
maîtresses des divinités telles Anat et Astarté, et forcément son comportement devînt plus luxurieux, et lorsque celui-ci voulût rentrer en Egypte, les prêtres ne le reconnurent pas : bien
au contraire, ils considérèrent qu’il était devenu tout ce qu’ils ne voulaient pas voir intégrer comme mœurs parmi leur peuple, les traits de sa personnalité reflétaient ce qu’ils étaient enclin
à rejeter, et ce dieu leur parût à ce point contraire à leur mode de vie qu’il devînt le plus grand des démons.
Les mêmes auteurs précisent qu’il y avait des prostitutions sacrées dans le temple d’Hathor mais que les filles n’avaient pas de rapport physique avec les hommes. C’est vrai que le mot « pur » domine les incantations des prêtres égyptiens. Ils exhortent à la pureté des leurs tellement craignaient-ils la descente aux enfers de la débauche. Tandis que depuis Babylone, des mœurs légères servaient de sacrifices aux dieux et aux déesses, comme le raconte Hérodote.
Prostitution religieuse
« Les deux sortes de prostitution, pour établir le classement le plus général qui
puisse exister, sont la prostitution religieuse et la prostitution lucrative. La première peut encore se subdiviser en plusieurs catégories. Dans certains cas, les prostituées sont
destinées à rester toute leur vie au service de la divinité
et à la servir de cette façon ; cette forme revêt un certain aspect lucratif, mais non-individuel, car le profit matériel des actes accomplis par ces servantes d’Aphrodite (ou d’une autre
divinité) va au trésor du temple dans lequel elles servent. Dans d’autres cas, il s’agit d’un acte unique dont les motifs peuvent être expliqués par le désir d’une consécration ou encore par les
restes de certains tabous primitifs.
Nous trouvons, dans les nombreuses coutumes rapportées par Hérodote, un mélange de ces différentes sortes de prostitution. Notons encore que, dans l’antiquité, la prostituée n’était pas traitée avec le mépris qu’affectent, de nos jours, certaines classes de notre société contemporaine à son égard.
Il existait, à Babylone une coutume qu’Hérodote réprouve violemment « la plus honteuse
des lois de Babylone est celle qui oblige toutes les femmes du pays à se rendre une fois dans leur vie au temple d’Aphrodite pour s’y livrer à un inconnu. Les femmes sont assises dans l’enceinte
sacrée d’Aphrodite, la tête ceinte d’une corde, toujours nombreuses, car si les unes se retirent, il en vient d’autres ». Ainsi, les femmes n’ont pas le droit de retourner chez elles avant
qu’un homme ne les ait choisies, en leur jetant quelque argent sur les genoux, en prononçant ces mots: « J’invoque la déesse Mylitta ». Cette divinité est appelée aussi Ishtar ou
Astarté, déesse de l’amour et de la guerre, une des plus grandes divinités de Babylone. « Quelle que soit la somme offerte, continue Hérodote, la femme ne refuse jamais :
elle n’en a pas le droit et cet argent est sacré. Elle suit
le premier qui lui jette de l’argent et ne peut repousser personne ». Les plus belles sont donc vite libérées et peuvent retourner chez elles, mais il en est qui restent dans le temple
pendant trois ou quatre ans, sans pouvoir satisfaire à cette obligation.
Hérodote nous signale une coutume analogue en quelques endroits de l’île de Chypre. Nous savons que les temples d’Aphrodite, à Paphos et à Amathonte, abritaient des courtisanes sacrées, sans pouvoir toutefois affirmer que la même loi était en vigueur. Quel sens faut-il donner à cette coutume ? Peut-être s’agit-il d’un acte de consécration de la virginité à la divinité ; peut-être aussi faut-il y voir un acte de défloration rituelle, pratiqué dans la plupart des sociétés primitives, où la virginité était considérée avec mépris, car c’était une preuve d’impopularité ; sur la côte de Malabar, les jeunes filles ne pouvaient trouver de mari tant qu’elles restaient vierges : verser le sang d’un membre de la tribu étant interdit par un tabou (Will Durant. Hist. de la civilisation I. chap. 4. p. 85).
Il est certain que nombreux étaient les temples qui possédaient des courtisanes sacrées. Le
temple de Mylitta, lui-même, avait un clergé féminin : hiérodules, courtisanes sacrées et prostituées. Le profit matériel des actes de ces prostituées
allait grossir le trésor du temple. Sans
aucun doute, aux alentours des temples, se trouvaient d’autres femmes, des indépendantes, en quelque sorte, qui se tenaient là parce que l’endroit était propice à leur commerce. Ces courtisanes,
non sacrées, travaillant pour leur propre compte, se trouvaient parfois dans l’obligation de contribuer à l’édification de quelque monument, de même que leurs collègues des temples amassaient de
l’argent pour le trésor religieux. Nous ne trouvons, dans l’Enquête, aucun renseignement sur la prostitution sacrée en Egypte, mais Hérodote nous dit dans le livre II, chapitre 64, qu’il était
interdit de s’unir à une de ces femmes dans un temple.
Hérodote nous rapporte une autre coutume lydienne. « Il est vrai, dit-il, qu’en Lydie, toutes les filles se prostituent pour gagner leur dot, et ce, jusqu’au jour où elles trouvent un mari ».
Il faut reconnaître que la jeune fille lydienne y trouvait une certaine émancipation, puisque cela lui permettait de choisir elle-même son mari, ce qui était assez rare à l’époque.
Hérodote nous donne son avis sur les courtisanes de Naucratis qui sont, dit-il, « d’ailleurs, en général, fort charmantes ». Ce jugement se trouve corroboré par Sapho qui reproche à son frère Charaxos, venu livrer des vins de Lesbos à Naucratis, de s’être ruiné pour la belle Dorichè. Hérodote nous cite aussi le nom d’une autre courtisane, Archidicè qui « fut chantée dans toute la Grèce, quoiqu’elle eût moins fait parler d’elle ». Ceci nous permet de constater que la fortune, et même la gloire, pouvait s’acquérir par la prostitution ».
Hiérarchie des « prostituées sacrées »
« Hérodote n’a d’ailleurs pas du tout l’air indigné en rapportant ces faits. Les
prostituées sacrées d’Ishtar appartenaient à une hiérarchie organisée, laborieusement enregistrées par les Babyloniens. Les prêtresses les plus haut placées dans la hiérarchie étaient appelées
« entu », et portaient des vêtements spéciaux pour les différencier des autres. Leur coiffe, leurs bijoux et leur bâton de cérémonie
étaient les mêmes que ceux appartenant à celui qui
régnait, et leur statut était égal à celui des prêtres masculins.
Les « naditu » babyloniennes, en seconde position dans la hiérarchie sous les
« entu », étaient prises des plus grandes familles de leur terre. En dédiant leur vie à la déesse, elles étaient supposées demeurer célibataire et sans enfant. Toutefois, les
« naditu » ont joyeusement ignoré la restriction et ont vécu leur vie bien remplie et activement. Elles étaient lumineuses et futées, avec un sens considérable des affaires :
« Elles achetaient, vendaient et louaient; prêtaient de l’argent et des grains ; investissaient, importaient, exportaient, traitaient des esclaves, géraient la terre et les gens, jouaient un
rôle essentiel dans
l’économie du pays ».
Sous cette caste de femmes prêtresses venaient ensuite les « qadishoth » (prostituées sacrées) et les « ishtaritu », plusieurs de celles-ci étaient spécialisées dans les arts
de la danse, de la musique et du chant. Des bribes d’informations tirées de la littérature classique et de certains artéfacts, il est possible de supposer que ces femmes démontraient leur
sexualité en dansant une certaine version de la sensuelle, ondulante danse du ventre. La danse est caractérisée par « des mouvements des hanches et du pelvis vigoureux, serpentins, la
manipulation de voiles, une descente sur le sol et le port rituel d’une ceinture ou foulard sur les hanches, que nous pouvons lier à la ceinture, symbole emblématique
d’Ishtar ».
Lors du rituel du « mariage sacré », la déesse Inanna parle à son amant :
« Époux, cher à mon cœur,
Belle est ta beauté, miel sucré.
Lion, cher à mon cœur,
Belle est ta beauté, miel sucré.
Tu m’as captivée, laisse-moi me tenir tremblante devant toi,
Époux, je serai prise par toi jusqu’à la chambre à coucher.
Tu m’as captivée, laisse-moi me tenir tremblante devant toi,
Lion, je serai prise par toi jusqu’à la chambre à coucher.
Ma précieuse caresse est plus savoureuse que le miel,
Dans la chambre à coucher, remplie de miel,
Réjouissons-nous de ta belle beauté,
Lion, laisse-moi te caresser.
Ma précieuse caresse est plus savoureuse que le miel ».
Le « mariage sacré »
Le mariage sacré entre la prêtresse et le roi était le plus solennel de tous les rituels
religieux mésopotamiens. À travers cet acte, la fécondité et la joyeuse force de vie de la déesse étaient honorées, et apportées afin de vivifier la terre et le peuple. Sa bénédiction était
conférée sur la terre elle-même et sur le roi régnant. Sans son
mariage avec la déesse, sous l’incarnation de sa prêtresse, le roi n’était pas considéré comme tel ou apte à régner sur son peuple. Sa puissance temporelle était
inextricablement liée à sa prouesse physique et à l’écoute de ses énergies sexuelles instinctives.
Le Nouvel An, le « jour des rites », était un temps à part pour les célébrations
extatiques et hédonistiques. En Mésopotamie, le Nouvel An tombait au moment de l’équinoxe de printemps (signe du Taureau, d’où l’emblème du taureau comme représentation du dieu (Osiris, Bacchus,
etc.)), où la terre s’épanouissait à nouveau. Dans une fête de plaisir collectif durant plusieurs jours, le peuple vénérait la nature divine de la joie sexuelle. Tout était conçu pour éveiller
les sens, les hommes et les femmes étaient baignés et leur peau ointe d’herbes et d’essences. Ils assombrissaient leurs paupières et peignaient leur visage et se paraient de bijoux. Des lotions
odorantes étaient utilisées pour boucler leur chevelure foncée. Parés de leurs plus beaux atours, ils portaient un toast à la déesse et à son époux avec du vin, et performaient des danses
serpentines, circulaires sous la musique envoûtante des lyres, flûtes et des tambours. Des sacrifices et libations était offerts et l’air lourd et parfumé de cannelle, d’aloès et de myrrhe. À
Babylone, un grand bûcher d’encens brûlait en haut de la légendaire pyramidale tour de Babel. Au point culminant de ce carnaval, le roi approchait le temple, apportant des offrandes d’huiles,
d’épices précieuses et de nourritures tentantes pour Inanna/Ishtar. Les foules dans l’enceinte du temple chantaient des poèmes sacrés érotiques, créant ainsi une atmosphère hautement chargée
d’anticipation sensuelle et de participation
mystique. Dans ces poèmes, la déesse (et par extension la prêtresse qui l’incarnait), se préparait pour sa nuit de noces avec grands
soins :
« Quand pour le taureau sauvage, pour le seigneur, je me serai baignée, quand pour le berger Dumuzi, je me serai baignée... Quand avec l’ambre j’aurai enduit ma bouche, quand avec le kohl j’aurai peint mes yeux... »
Le mariage sacré avait lieu au cœur du temple, où le roi attendait que la déesse/prêtresse l’approche et le reçoive. Un poème décrit comment la profonde signification religieuse de leur union donnait « le trône dans le grand sanctuaire » aussi glorieux que la lumière du jour, et transformait le roi, qui devenait « comme le dieu-Soleil », littéralement et symboliquement illuminé. La passion d’Inanna est décrite dans une ravissante poésie. Les hymnes et les poèmes érotiques sacrés de la Mésopotamie célébraient la sexualité d’une façon qui révérait son pouvoir, ses inspirations et ses qualités transformatives. C’est l’indivisible fusion du sexuel et du spirituel qui a formé le cœur de leur religion. Le sensuel texte suivant décrit la divine relation sexuelle d’Inanna et de Dumuzi - la consommation de leur mariage sacré. C’est une continuation des lignes citées plus haut, et traduit des Cylindres de Gudea, ensi (gouverneur) de Sumer (3000 avant l’ère chrétienne) ».
(Nous trouvons pareil rituel chez nombre d’empereurs romains, et des chefs de guerre, qui, soucieux d’avoir des origines divines, consommaient de ce genre de « mariage sacré ». Priape (Bacchus en érection) était célébré au printemps et à chaque nuit de la Lune Noire ; un public entourait une tente gardée, et une cérémonie imposante voyait l’empereur s’introduire à l’intérieur pour célébrer le dieu en s’unissant à la prêtresse, une prostituée du temple. Pour moquer le rite, une version érotico-parodique intitulée « Les folles nuits de Caligula » de 1977 réalisée par Roberto Montero montre « Caligula ne parvenant pas à satisfaire une jeune vierge au cours d’une cérémonie dédiée au dieu Priape, se déroulant sur le mont Phallus.)
Aphrodite : Pandèmos et Uranie, Etaira et Pornê
« Aphrodite n’a donc pas échappé à la loi qu’elle fait régner sur les dieux et sur les hommes, châtiant cruellement tout être qui refuse de s’y plier.
Cruelle et douce à la fois, dispensatrice de
tourments et de bonheur, Aphrodite est une puissance invincible ; un poète la fera même triompher de la mort, quand il évoquera les amoureuses errant aux Enfers, dans les bosquets de myrte,
toujours en proie à leur souci.
Aphrodite se présente aussi à nous avec le caractère moins tragique d’une simple divinité du plaisir. Une interprétation postérieure a spécialisé dans cette fonction la Pandèmos, mise dès lors en opposition radicale avec Uranie, la déesse de l’amour noble et pur, bien que cette opposition d’ordre moral ne repose sur aucun fondement mythologique. A titre de déesse du plaisir, Aphrodite était entourée, en Grèce, comme en Asie, d’hiérodules qui se prostituaient aux visiteurs des temples.
L’argent gagné de la sorte enrichissait le sanctuaire de la déesse, ou servait à la constitution d’une dot.
Les jeunes filles feront alors un séjour plus ou moins long auprès de la déesse ; les femmes y viendront également, et bientôt les unes et les autres seront remplacées par des esclaves appartenant au temple, véritables professionnelles de l’amour. C’est ce que nous voyons en Sicile, sur le mont Eryx, et à Corinthe ; dans ce dernier lieu, plus de mille jeunes femmes étaient consacrées à Aphrodite et enrichissaient le sanctuaire aux dépens des étrangers.
Simonide composa une épigramme en leur honneur, et Pindare ne dédaigna pas de les chanter, à propos d’une troupe d’hiérodules offerte par un Corinthien, victorieux à Olympie. Rappelons enfin qu’à Athènes un lien particulier unissait les hétaïres au culte d’Aphrodite Pandèmos.
C’est ainsi qu’Aphrodite, parfois nommée « Etaira » (« hétaïre ») et Pornê, devint la patronne des courtisanes ; celles-ci la glorifient par leurs charmes et les passions qu’elles allument ; elles sont ses prêtresses, usurpent même son nom et ses honneurs. A l’époque où l’art, répudiant la gravité religieuse du passé, ne songe plus qu’à représenter dans Aphrodite la perfection de la beauté féminine, Praxitèle et Apelle s’inspirent de célèbres hétaïres ; Phryné jouait à l’Anadyomène, en se jetant toute nue dans la mer, aux yeux d’un peuple émerveillé ».
(Ainsi, dans ce temple, Vénus Aphrodite, ex-Astarté, était invoquée par ses sectateurs du nom de « Pornê », qui, outre d’être une prostituée, signifie « forniquer ». Ce qui signifie en français qu’il s’agissait de la déesse « Fornication ».
Les kabbalistes noirs connaissent, pour leur part, un serviteur de l’ange Anaël, maître
de Vénus, nommé Porna (Pornê), esprit du Sud et du Feu. Anaël est Suroth dans la mystique égyptienne des « Treize-douze », ces divinités du second ordre. Comment la déesse
devient-elle un esprit mâle ?
Peut-être un début de réponse dans l’affirmation suivante : « Tandis que Virgile a très savamment dit, « ducente deo, non dea », Calvus, d’après Acterianus, assure qu’en
parlant de Vénus on doit dire, « pollentem deum Venerem » (le puissant dieu Vénus) et non pas « deam ». En effet, les Cypriens donnent à la déesse la taille d’un homme, de la
barbe, un sceptre, avec des habillements de femme, et lui attribuent les deux sexes. Aristophane la nomme Aphrodite, et Laevinus dit : « Il adorait donc le bienfaisant Vénus, soit comme
dieu, soit comme déesse, telle qu’est en effet la Lune, flambeau des nuits ». Philocorus, dans son Attis, soutient que Vénus est la même que la Lune, et que les hommes lui sacrifient
habillés en femmes, et les femmes habillées en hommes, parce qu’elle est réputée mâle et femelle ».)
Rares demeuraient donc les temples exempts de toute souillure prostitutionnelle et ce furent ceux-ci, dont les Génies gouvernaient les lieux silencieux, qui furent, par leurs prophètes, ordonnés au rang de « Dieux » ; tandis que ceux des divins qui avaient vu leurs lieux de culte profanés par des prostitutions sacrées toujours plus osées parce que plus rentables étaient relégués au rang des Démons, des Adversaires qui n’en firent bientôt plus qu’un, Satan.










« Ô Toi qui hais, parce
que tu as été chassé,
Ses mains ne craignent pas de
toucher les cordages ;
S’échappe, et, pour cacher un rang qui la condamne,
Et lorsqu’au
point du jour il faut enfin sortir,
C’est toi qui dans le sein d’un peuple de bergers
C’est là qu’à s’escrimer, l’une et l’autre s’apprête.
Lorsqu’aux accents du cor, des femmes éhontées,
Qu’elles enflammeraient et l’infirme
Nestor,
Les hommes quelquefois, songeant
à la vieillesse,
C’est qu’à leurs yeux déjà
l’homme est fait tout entier,
Et, quand le plomb massif a
fatigué son bras,
sociales sur l’Egypte antique permettent d’entrevoir la raison qu’il soit tant banni, maudit, est qu’il concentre sur son nom, et par conséquent
dans ses temples, les lieux qui le consacraient, de tous les usages licencieux que la sexualité féconde n’entendait point dans ses arcanes, comme l’homosexualité pour premier
exemple…
voir du semen de Seth. Après un cri, Isis prend son arme et coupe la main qu’elle jette dans l’eau, et lui promet de l’aide pour en venir à
bout de Seth ». Ensuite, nous apprenons qu’Horus met dans sa main une feuille de laitue et c’est sur elle que jouit Seth.
Plus tard, Seth se vante aux dieux qu’il a pris Horus par derrière, ce que ce dernier vient à nier.
gêne pour cette divinité commença à venir au peuple du seul fait de sa
représentation, et sachant qu’en son temple des mœurs libertines avaient lieu, bien qu’il est probable « que les actes homosexuels étaient mal vus compte tenu qu’ils s’apparentaient à la
stérilité ».
phallique en Seth,
d’abord adoré, puis, comme il usait de magie noire et de sorcelleries morbides, car Thoth se vengeait, Seth devint maudit puis clandestin. Si cette affirmation est exacte, alors elle explique que
nous retrouvons dans « Seth » et « Thoth » cette même racine « Teth » qui est le « serpent magnétique », et nous mène, une fois encore, vers ce serpent Ob,
dont la partie influente et subtile sommeille, s’éveille et s’émancipe par la femme et dont la représentation symbolique physique est l’organe génital mâle.
comme ce dernier est l’inférieur de Bacchus, dont ces
experts commentent que son règne est en Vénus. De ceci, Le Sage, dans « Le Diable boiteux » précisait « qu’Asmodée est Cupidon » : or, la « Biographie universelle
ancienne et moderne » souligne que Cupidon n’était autre, à son origine, que Priape, et qu’en distinguant la séduction du rapport physique, les mythologues conçurent deux divinités Cupidon
et Priape.
sa secte des Ophites dans « Le Temple de Satan »,
insiste pour dénoncer du prêtre qu’il adorait le serpent sous la forme d’un phallus. Collin de Plancy, évoquant cet Asmodée sous la forme d’un serpent, écrit : « Il y a quelques siècles
qu’un derviche nommé Haridi y mourut ; on lui éleva un tombeau et des peuples vinrent lui adresser des prières. Un jour, un autre derviche fit croire que le Tout-Puissant avait fait passer
l’esprit du défunt dans le corps d’un serpent », lequel était doué de pouvoirs magiques. Collin de Plancy dénonce du charlatanisme dans l’ouvrage mais souligne que Paul Lucas voulût voir ce
serpent « et fit le voyage d’Akhmin, qu’il s’adressa à Assan-Bey, lequel fit venir le derviche avec le serpent ou l’ange », soit le démon. De la même façon le même auteur, citant
toujours Paul Lucas, relatant ses voyages dans le « Courrier de l’Egypte », affirme « que le peuple de ce pays adore encore le serpent Asmodée, lequel a un temple dans le
désert de Ryanneh. On ajoute que ce serpent se coupe par morceaux, et qu’un instant après, il n’y paraît pas ». Désert, temple, culte élevé à, satyre, lieu aride, serpent, phallus :
tout concorde, tout se rejoint. Nous sommes pourtant bien éloignés du « Ashmeddai », dieu perse colérique.
de « Ashmeddai » (Aleph-Shin-Mem-Daleth-Aleph-Yod)
(356) en « Asmodée » (Aleph-Samech-Mem-Vau-Daleth-Yod) (121 ou 11x11, nombre du mage, nombre du ctéis ou sexe féminin), le démon garde son caractère libidineux porté à l’extrême, son
goût pour l’impudicité, mais prend figure humaine toutefois avec des cornes pour signifier qu’ils fait bien partie du règne diabolique.
filles d’aller sacrifier à Vénus les prémices de leur jeunesse, y fut mis en vigueur.
et Valère Maxime, lorsque ces auteurs parlent du lieu que les Carthaginois consacrèrent au culte de Vénus, traduits par ceux-ci :
« Sicca Veneria ».
semblable s’observe en quelques endroits de l’île de Chypre ».
pendant un jour entier aux étrangers, ou de sacrifier leurs
cheveux à la déesse. Si l’on en juge d’après les vives déclamations faites par différents écrivains, contre le culte de la Vénus de Biblos et contre ses indécences, on se convaincra que les
filles de cette ville préfèreraient conserver leur chevelure. En ce dernier cas, le prix de la prostitution ne servait point à leur dot, mais était destiné à subvenir aux frais du
culte ».
décision. On voit, par ce précepte, que ce n’était pas
seulement les filles, mais aussi les jeunes hommes qui se livraient à cette infâme dévotion qu’est la prostitution sacrée » (Jacques-Antoine Dulaure - Des cultes qui ont précédé
l’idolâtrie).
ne pouvait que devenir le démon des licences
sexuelles, celles engagées dans le cadre d’une dévotion pour un dieu ou une démone (déesse ou dieu antiques).


























