Un passage curieux de l’épître de Paul et interprété plus curieusement vient déclencher
une réflexion sur les mœurs des temps antiques, ici romains. A ce peuple, il dit ; 1 – 24/28 : « C’est pourquoi Dieu les a livrés, par les convoitises de leurs cœurs ; à l’impureté où
ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps. (…) C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions avilissantes : leurs femmes ont échangé les
rapports naturels pour des rapports contre nature ; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés les uns pour les autres, commettant
l’infamie d’homme à homme en recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement ».
Logiquement, chacun saisit que les hommes, attirés par les hommes, inspirèrent aux femmes
de pratiquer la même expérience entre elles, et des personnes de sexe féminin succombèrent à Sapho. Avec un esprit moderne, il n’y a là rien qui concourt au scandale. Pourtant c’est le cas. Un
homme attiré par les hommes vient dénigrer les femmes entre elles, n’ayant rien à faire dans son propos pour leurs activités lesbiennes mais parce qu’elles utilisent, ô sacrilège, un ustensile
postiche à l’image de l’organe sexuel mâle. Et c’est justement ce que leur reproche saint Paul plus haut, non pas seulement des activités luxurieuses entre femmes, mais comprenant les quelques
versets plus haut, d’avoir matérialisé Priape sous la forme d’un membre postiche qu’elles utilisent pour se faire du bien (« Ils ont troqué la gloire de Dieu incorruptible contre des images
représentant l’homme corruptible »).
Nous citons le commentaire dans un autre passage de Lucien, XXXVIII, des Amours, 28 :
« Si le commerce d’un homme avec son semblable est honnête,
qu’à l'avenir les femmes puissent s’aimer entre elles. Allons, homme de la génération nouvelle, législateur d’étranges voluptés, inventeur de routes nouvelles à la lubricité des hommes, accorde
donc aux femmes une égale licence. Qu’à votre exemple elles s’unissent les unes aux autres. Que, ceinte de ces instruments infâmes inventés par le libertinage, monstrueuse imitation faite pour la
stérilité, une femme embrasse une autre femme, comme le ferait un homme ! Que ce mot, qui frappe si rarement vos oreilles et que j’ai honte de prononcer, que l’obscénité de nos Tribades triomphe
sans pudeur ! Que nos gynécées se remplissent de Philénis, qui se déshonorent par des amours androgynes ! Et combien encore ne vaudrait-il pas mieux qu’une femme poussât la fureur de sa luxure
jusqu’à vouloir faire l’homme, que de voir celui-ci se dégrader au point de jouer le rôle d’une femme ? »
L’orateur (Chariclès) refuse de faire la distinction, et
pousse la logique de son adversaire apôtre de l’amour entre hommes jusqu’au bout, espérant accentuer le scandale à ces yeux de la proposition de ce dernier. Ce qui montre bien que au sein de
cette assemblée d’hommes, l’homosexualité féminine scandalise plus encore que la masculine. Autant tous acceptent de débattre ouvertement de l’amour entre hommes, autant ils vont se hâter
d’éluder la proposition de Chariclès. On retrouve les mêmes reproches que ceux qu’il adresse aux hommes : « comme le ferait un homme », « vouloir faire l’homme » d’une part, « stérilité » d’autre
part, et enfin « lubricité », « fureur », l’absence de maîtrise.
Cet objet, nommé « instrument infâme » ou « monstrueuse imitation », et qui est le godemichet, est reproché, par la gent homosexuelle de l’époque, et les religieux ascétiques, non pour son utilisation mais, toujours le même credo ridicule, parce qu’il n’a pas moyen d’engendrer. Quel blâme.
Mirabeau, celui de 1789, étudiant la mystique lors de son
séjour en prison, s’est autorisé à une étude érotique, dans lequel nous trouvons un propos qui va dans la continuation du précédent : « Les androgynes au contraire, sous la véritable
acception de leur nom, ne sont que des participants aux deux sexes, que l'on a nommé hermaphrodite que parce que les anciens avaient feint que le fils de Mercure et de Vénus avaient les deux
sexes. Mais il n'en est pas moins vrai que comme il y a eu de tout temps des femmes qui ont tiré un grand parti de cette conformité androgyne, elles ont su la rendre précieuse. Lucien, dans un de
ses dialogues, instruit deux courtisanes, dont l'une dit à l'autre : j'ai tout ce qu'il faut pour contenter tes désirs ; à quoi celle-ci répond : tu es donc hermaphrodite ? Saint Paul
reproche ce vice aux femmes romaines. On a peine à croire ce qu’on lit dans Athénée sur les excès de ce genre, commis par ces femmes » (Honoré-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau
(1749-1791).
Prisonnier au donjon de la Bastille en même temps que le marquis de Sade, le comte Mirabeau écrivit à l’adresse de sa maîtresse Sophie de Ruffey, marquise de Monnier, divers ouvrages libertins dont L’Erotika-Biblion qui fut édité en 1782 ou 1783. Pouvant évoquer des personnes transsexuelles ou d’autres ayant les deux sexes, un certain pragmatisme intellectuel nous invite à penser aussi que les courtisanes, outillées d’un membre postiche tenu par une ceinture, pouvait prétendre posséder les deux sexes, et satisfaire ainsi le client tenant à sacrifier pour Priape-Vénus sans pour autant se débaucher avec quelqu’un du même sexe.
Voici l’article d’Athénée dont Mirabeau rend compte et qui sert une discussion entre femmes dans le milieu de la prostitution :
Leena : elles m’ont embrassée comme des hommes, non
seulement en appliquant les lèvres, en entr’ouvrant la bouche, en me pressant le sein ; Démonasse même me mordait en me donnant des baisers. Pour moi, je ne voyais pas où elles voulaient en
venir. Enfin Mégilla, toute en fureur ôta sa chevelure postiche parfaitement ajustée, et se montra toute nue, la tête rasée comme un athlète, ce qui accrut encore ma surprise. Alors prenant la
parole : «As-tu jamais vu, me dit-elle, un plus beau garçon ? - Je ne vois point là de garçon, Mégilla. - Ne m’offense point, dit-elle, je ne m’appelle pas Mégilla, mais Mégel ; et j’ai
depuis longtemps épousé Démonasse ; elle est ma femme». Je me pris à rire à ce discours, et lui dis : «Quoi ! Tu nous as trompées si longtemps étant homme, et passant pour femme, comme
Achille parmi les filles sous ses habits de pourpre ? Mais alors tu as tout ce qu’a un homme et tu te conduis en mari avec Démonasse ? - Non, dit-elle, je n’ai pas tout ce qu’il faut,
mais je n’en ai pas besoin et, si tu veux l’éprouver, tu verras qu’il ne me manque rien pour te satisfaire. - Alors tu es un hermaphrodite, lui dis-je, et tu ressembles à ceux dont on dit qu’ils
ont les deux sexes ?» En effet, Clonarion, j’ignorais ce qui en était. «Non, me répondit-elle, je suis vraiment un homme. – C’est, repris-je, ce que m’a raconté la Béotienne Isménodore,
joueuse de flûte qui me disait les histoires de son pays, qu’il y a eu jadis un illustre devin, du nom de Tirésias, changé de femme en homme. Sans doute qu’il t’est arrivé quelque chose de
pareil. - Non, Leena, je suis venue au monde comme vous toutes ; mais j’ai les goûts et les désirs d’un homme. - Et ces désirs te suffisent ? - Laisse-moi faire, Leena, si tu ne me crois
pas, et tu verras que je suis vraiment un homme. J’ai ce dont il est besoin pour te persuader ; allons, laisse-toi faire et tu verras ». J’ai cédé, Clonarion ; elle m’offrait d’ailleurs un
collier et une robe d’un fort beau tissu. Je l’ai prise dans mes bras, comme un homme : elle m’a embrassée et m’a paru goûter le plus vif plaisir ».
Le texte cité est censé évoquer l’hermaphrodisme du temps d’Athénée. Ce faisant, nous ne trouvons pas ce sujet avéré, par contre qu’une femme surprenne son amie parce qu’elle porte sur elle un membre postiche, lui permettant alors de porter sur elle les deux sexes mâle et femelle est plus plausible.
Nous pouvons nous étonner d’autant de surprise causée par cet instrument car il servit plus d’une fois au temple lors de cérémonies rendues à Vénus sous la forme de Priape. Peut être que la stupéfaction provient de ce qu’il sortit du temple et prit sa place dans la vie courante de certaines femmes, ce qui lui ôta sa dimension sacrée pour lui donner un caractère commun pour un usage courant.
D’autres auteurs que nous-mêmes ont tenté la petite histoire de ce godemichet ou olisbos, devenu « dildo » en anglais ; nous citons : « Olisbos, dildo, gode, godemiché, godemichet, bienfaiteur, consolateur, parapilla…Tous ces noms pour le même objet. On en trouve de tout temps et de toutes matières, cuir, bois, métal ivoire, ébonite, bakélite, latex…Les cultes anciens vénéraient des olisbos dont les femmes, prêtresse ou fidèle, se servaient lors de cérémonies. Les Grecques appréciaient particulièrement les olibos fabriqués à Milet, en Asie Mineure. Ces ustensiles étaient taillés dans le bois, gainés de cuir, ou encore de cuir rembourré de laine. Le cuir avant usage était oint et frotté d’huile d’olive afin de présenter une surface adoucie.
XVIème siècle : Mateo Renaldo Columbus (1516-1559), Professeur d’anatomie à l’université de Padoue, est le premier à vérifier scientifiquement l’existence de l’orgasme féminin ; il décrit un petit organe érectile situé au niveau de la vulve, auquel il donne le nom de clitoris, nom qui vient du grec « kleitoris » et signifie « monticule ».
XVIIème siècle : Apparition en Occident des marchands de godemiché. Il était possible de se faire confectionner des modèles sur mesure par des artisans spécialisés.
XIXème siècle : Le massage clitoridien, ou thérapie par l’orgasme, est utilisé comme traitement de l’hystérie. La morale ne fait pas d’obstacle à ce traitement puisqu’à l’époque, la jouissance clitoridienne n’est pas reconnue à la femme. Au dire des médecins, il faut compter 1 heure pour amener une patiente au paroxysme, temps trop important pour les thérapeutes.
1869 : Le tout premier vibrateur apparaît. Inventé par George Taylor, c’est un appareil à vapeur assez encombrant. Un vibrateur manuel mécanisé, beaucoup plus commode, fait également son apparition : Une manivelle fait tourner un disque légèrement décentré, ce qui permet la production de vibrations sur une tige caoutchoutée
Un harnais godemichet (ou strap-on-dildo) est un godemichet conçu pour être porté (généralement à l’aide d’un harnais) par un partenaire et être utilisé pour pénétrer une autre partenaire et est utilisé autant par les couples hétérosexuels ou homosexuels. Pour les femmes, le harnais peut être utilisé pour pénétrer un homme par voie anale (pegging), ou une autre femme par voie vaginale, anale ou orale. Pour les hommes, les harnais peuvent être portés pour la pénétration et peuvent être utilisés dans les cas de problème de dysfonction érectile, pour la double pénétration ou pour pénétrer plusieurs partenaires. Une large variété de harnais et de godemichets sont disponibles avec différentes manières d'être porté, de stimuler le porteur ou le récepteur et tous avec des options différentes, des avantages et des désagréments pour les deux utilisateurs ».
Nous citons encore, sans pouvoir vérifier : « Le nom Godemichet (ou Godemiché) viendrait des couvents du moyen-âge. Et ce serait les nonnes solitaires qui auraient succombé aux joies du plaisir en solo ! Au XVIème siècle, les godemichets n’étaient pas en latex ou autre plastique doux mais en ivoire creux. Et selon un fabricant de cette époque, la clientèle la plus « addict » aux objets de plaisirs sont les religieuses… Les nonnes le nommaient « Gaude Mihi » et rajoutaient, le plus souvent « Domine » ce qui, au complet, et traduit donne : « Réjouis-moi Seigneur ».Oui, et après on dit « sage comme une nonne ! » Ah, laissez-moi rire! Non alors, je précise, je ne critique en aucun cas la religion hein ! Surtout qu’à l’époque, la nonne, ou religieuse si vous préférez, ne l’était pas de vocation mais simplement parce qu’il en fallait une dans la famille. Tout comme il fallait une servante, un soldat… »
Ce qui est certain est que le moyen âge a dû beaucoup contribuer à l’émancipation du godemichet au vu de l’époque d’abord très permissive puis, inversement, hyper répressive, donc très frustrante.
Une histoire au moyen âge met en scène un godemichet
dont le bout laisse une petite ouverture, où les utilisateurs mettaient dans le membre postiche du lait chauffé légèrement crémeux, de façon à ce que, en serrant la base, une sorte de sperme
venait jaillir pour ajouter au réalisme. De la même manière, il est possible qu’au cours de ces fameux sabbats qui se déroulaient dans la lande avec des femmes de la campagne, certaines, qui
confessèrent que Satan les avaient pénétrées et que « son jus était glacé », après avoir été droguées, avaient dû être godées par cet ustensile pouvant faire gicler ; et le lait
crémeux, ou autre expédient, avait refroidi puisque tout se passait à l’extérieur. De fait, de telles fornications avec le Diable devaient se rapporter à des godages exercés sur des sujets
préalablement mis en extase par des drogues ou des alcools. L’éclairage des feux dans la nuit, déformant les paysages, et les organisateurs portant des déguisements adaptés à la circonstance
pouvaient très bien remplacer Satan lui-même.
Godemichet en os datant
du 11ème siècle
Restons encore au temps antique. Saint Paul se couvre de honte devant ces femmes pratiquant entre elles, aidées par un godemichet, comme si l’on découvrait la technique. Pourtant, les Amazones, ces femmes soldates qui « vivaient entre elles » exclusivement et « se satisfaisaient ensemble » et tous ces temples de Priape où l’on trouvât tant de « phallus », ne connaissaient-ils pas l’usage du godemichet. Hypocrisie, quand tu nous tiens…
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« La femme seule n’est point
diabolique. C’est lorsqu’elle est engagée dans une opération magique qu’elle peut en acquérir les propriétés ». Ces
Disant : « Lorsque le
rituel de la prière est suffisamment pratiqué, l’opérateur le complète par la constitution de la « chaîne magique ». Il faut réaliser autour de soi un champ d’attraction fluidique aussi
puissant que possible, et cela aussi bien dans le monde visible que dans le monde invisible, mais en commençant par ce dernier. Ce champ d’attraction une fois constitué dans les trois plans forme
la « chaîne magique* ». Il faut commencer par le monde invisible, choisir des entités démoniaques les plus concernées par les demandes dont on attend de recevoir des résultats
favorables. Au début de la cérémonie ou d’une Messe Noire, on appelle cette entité particulière, démon, démon, élémental, Génie ou autre. Ensuite, on invoque ses influences psychiques dans
l’astral qui le concernent, on développe la puissance de son règne, appuyant la demande en exposant ses symboles propres, ses caractères, sa signature si possible. On le conjure dans le règne
planétaire qui est le sien pour l’invocation.
Une fois la constitution de la chaîne opérée
dans le monde invisible, il faut s’efforcer de la réaliser autant que possible dans le monde visible. D’où le choix d’une femme initiée à ces connaissances autant qu’à ces techniques. Il s’agit
de faire descendre cette force démoniaque sur la femme ou l’élue choisie, qui sera marquée pour la cérémonie ou la Messe Noire du sceau du démon ; et c’est alors seulement, et pour le temps
de la cérémonie, qu’elle revêt un caractère satanique, la voici « toute puissance » à son tour, le redoutable pouvoir féminin entré dans sa dimension occulte, apte à toutes les
attirances, et adoubé par celui du démon régnant dans les ténèbres ».
Le moyen âge vit nombre de femmes
exécutées pour des pratiques supposées « sataniques » ou des versées dans ses arcanes. Anton Szandor LaVey tempère ce fléau, assurant qu’il existât une sélection ; écrivant :
« La plupart des victimes des procès en sorcellerie n’étaient pas des sorcières. Souvent, les victimes étaient de vieilles femmes excentriques qui étaient séniles ou ne se conformaient pas
aux usages en vigueur dans la société. Les autres étaient des femmes exceptionnellement séduisantes qui faisaient perdre la tête aux hommes au pouvoir, et qui ne répondaient pas à leurs avances.
Les vraies sorcières étaient rarement exécutées, ou même jugées, car elles étaient très douées dans l’art de l’enchantement et étaient capables de charmer les hommes et de sauver leur propre vie.
La plupart des vraies sorcières couchaient avec les inquisiteurs. C’est l’origine du mot « glamour », dont l’antique signification est « sorcellerie ». Le mot
« fascination » a une origine occulte similaire. Fascination était le terme employé pour désigner « l’œil du diable ». Fasciner – en d’autres termes, figer le regard d’une
personne -, revenait à jeter un sort avec l’œil du diable. Ainsi, si une femme était capable de fasciner les hommes, elle était considérée comme une sorcière » (Anton Szandor LaVey – La
bible satanique).
Du fait
que la femme exerce une fascination sur l’homme mâle, qu’elle produit chez lui une extase, les diaboliques du premier moyen âge, qu’ils soient issus du monde des sorciers ou de celui des prêtres
de saint Foutin, élaborèrent une magie qui les condamna aux yeux des chastes puisqu’elle consistait pour une large part à l’idolâtrie de la femme. Le Phallus, contrairement aux avis des
ascétiques, n’a pas toujours été adoré pour des raisons libidineuses (à l’origine « emblème du Soleil »), au contraire du Mullos (Ctéis), vénéré pour son pouvoir luxurieux, énergie au
travers de laquelle véhicule la puissance magique.
La divinité antique
étant androgyne (Mithra à la fois mâle et femelle / Baphomet au double sexe qui est Bacchus / Baal et Astarté / Adon et Mylitta…), il est des dévots issus de groupes mystiques qui privilégiaient
davantage l’adoration de la Déesse que du Dieu, qu’ils représentaient sous la forme d’une belle femme ou du Mullos. Leur sacrifice consistait à lui vouer leur sexualité, que toutes leurs
pratiques luxurieuses lui soient définitivement consacrées. Si l’infidélité ou les relations illégitimes faisaient partie de sa vie intime, le tout des exercices se devait d’être définitivement
orienté vers elle. Car la divinité d’aspect féminin était réputée pour avoir un caractère de jalouse, ainsi que toutes ses servantes. Le dévot avait conscience du pouvoir féminin, et que celui de
la divinité était tellement puissant qu’il n’avait qu’une seule conduite possible à adopter face à lui, la soumission.
De là des rites d’automutilations pratiqués par des dévots
jusqu’au-boutistes, dont nous ne citerons qu’un exemple, celui du culte rendu à Cybèle : « Au deuxième jour du festival d’Attis qui durait cinq jours, la danse frénétique des prêtres ou
« galles » : ceux-ci se flagellaient en dansant et en chantant des « galliambes ». Le troisième jour se pratiquaient des mutilations sexuelles volontaires : ses
adorateurs mâles de Cybèle, saisis de frénésie, s’émasculaient eux-mêmes afin d’atteindre à l’union avec la déesse et couraient à travers la ville en « brandissant leurs organes
coupées » qu’ils échangeaient contre des vêtements féminins pour se vouer à son culte » (Nadia Julien – Le Dictionnaire des Mythes – Marabout). Pour l’adorateur, l’émasculation
signifiait le geste ultime de la « totale appartenance » à la déesse.
Fort heureusement, tous les cultes n’étaient pas aussi
extrêmes et chaque déesse ne réclamait pas de son dévot qu’il devienne un eunuque, bien au contraire, mais qu’il jouisse de sa virilité. La formule utilisée par Ezéchiel dans son exhortation est
sans ambigüité sur ce point, « les hommes étaient montés comme des ânes et éjaculaient comme des chevaux » (Ezéchiel 23 – 20).
Monsieur Lajard écrit : « L’adoration
du ctéis n’a pas cessé d’être en usage dans certains groupes cultuels d’Orient, notamment dans une localité célèbre autrefois par le culte dont Vénus y était honorée. Dans leurs vêpres secrètes,
ils rendaient un culte aux parties sexuelles de la femme, dont les cérémonies révoltent par leur obscénité. Chaque initié, après avoir accompli les sept prescriptions appelées
« colonnes » ( ?), était obligé de faire une confession générale, et que le plus grand de tous les péchés était la fornication avec les « sœurs » ou les
« initiées ». Mais chez les Nozaïriens, qui ont conservé la cérémonie de l’adoration du ctéis, la cohabitation charnelle était considérée comme le seul moyen par lequel pouvait
s’accomplir parfaitement l’union spirituelle ». Nous trouvons pareille adoration du yoni chez les mystiques tantriques, dont la représentation figure Shakti*. Nous reprenons :
« Dessiné sur le cône, précisément auprès de cette moitié de l’image de Mylitta (androgyne) qui appartient au sexe masculin, le ctéis semble, par cette position, y indiquer quel sacrifice
particulier cette divinité exigeait de ses nombreuses sectatrices, en même temps que ses prêtresses juraient, au pied de ses images ou de ses autels ».
Si le pôle masculin représente la virilité, le pôle féminin
la luxure, d’un point de vue mystique, le premier incarne le « pouvoir », le second la « puissance ». Ces deux mots se trouvent respectivement, sur l’Arbre Séphirotique, dans
les Sphères Hod (dont la planète est Mercure) et Netzah (dont la planète est Vénus). Shakti, dont la figure est le yoni ou ctéis, est aussi la « puissance ».

part, que la Vénus grecque vient de cette terre,
sous son nom Aphrodite ; que des pratiques dites religieuses mais décrites comme des débauches avaient lieu comme c’est raconté pour la secte des Aphaques, par exemple. Ensuite, le nom même
de ce peuple est révélateur : « Nesserah ». Il existe, en effet, ce mot réécrit « Nessirah » (Nun – Samech – Yod – Resh – Hé) en hébreu dont l’enseignement kabbaliste
dit : « signifie « séparation ». Adam et Eve ont été initialement créés comme une entité simple, faite d’éléments masculins et féminins, connectés dos-à-dos. La Nessirah est
le processus de séparation en deux entités indépendantes, afin qu’ils puissent s’unir face à face ». D’où la « Nessirah », dont le chiffre est 325, est la « fente »,
assimilée physiquement au sexe féminin. En conséquence, ce peuple « Nesserah » est nommé ainsi parce qu’il vouait un culte à la « Matrice », il est donc un précurseur dans la
dévotion portée à Vénus sous sa figure d’un sexe féminin. Au point que Kâlî, Durgâ en Orient, Hathor, Ishtar ou Astarté avaient pris figure de dominatrice.
féminin. D’où que le culte comprend autant une idolâtrie au Phallus qu’au Mullos.

























