Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 16:42

agrippa cornelius« Les théologiens modernes et les philosophes sont en grand désaccord à l’égard des corps des daïmons : ceux-ci passent pour des animaux d’air et de feu, parce qu’ils sont vigoureux moyennant la nature des corps aériens, et ne se dissolvent point par la mort, parce que l’élément est plus propre en eux pour agir que pour pâtir. Le grand Basile lui-même donne aux daïmons des corps ; Grégoire de Naziance est aussi du même sentiment. Apulée croit que les daïmons n’ont pas tous des corps, puisqu’au livre du daïmon de Socrate, il parle  ainsi : « Il y a, dit-il, une autre sorte de daïmons plus nobles, qui ne sont jamais entravés, ni attachés au corps, et qu’on invoque par certaines prières. Psellus dit que le corps du daïmon est en quelque sorte matériel, comme les corps des Ombres, et sujet à pâtir, de sorte qu’il sent la douleur étant frappé et que le feu change en cendres visibles, ce qu’on dit avoir été fait autrefois dans la Toscane. Et quoique ce soit un corps spirital, il est néanmoins fort sensible et pâtit au toucher ; et encore qu’il soit coupé, il se rejoint et se refait comme l’air et l’eau, cependant il souffre grande douleur ; c’est pourquoi les daïmons craignent le tranchant d’un fer, les flèches et les épées ».

 

cadre satanLe mot « Ombre » fait référence à la Qlipah qui est le vrai démon, dont les experts disent tant de mal. Agrippa distingue par l’orthographe le « daïmon », sous entendu « l’esprit bon, l’Intelligence ou le bienveillant conseiller », du « démon » ou « diable » de certains kabbalistes ou des chrétiens : « J’appelle ici daïmons, non pas ceux que nous appelons diables, mais des esprits qui sont ainsi nommés selon la propre signification du nom, comme qui dirait savants, intelligents et sages ». Ce faisant, Agrippa décrit les esprits des Eléments le plus souvent et lorsqu’il les affecte aux choses mondaines des hommes, les confond avec ceux que nous appelons des « démons ».

Ce sont les mages et sorciers, qui, lors de leurs cérémonies lèvent les épées, ont répété que les démons craignent les pointes, les angles et les verres cassés.

Et s’ils ont une sensibilité, elle explique en partie les phénomènes d’incubat et de succubat, que nombreux d’entre eux incorporent un corps humain éprouvant les joies de l’amour pour les ressentir également, d’où ce commerce charnel entre des démons et des hommes, dont parlent tant d’experts du moyen âge et des temps antiques.

 

incube3 Nous continuons : « Orphée décrit aussi les genres de corps daïmoniques. Il y a véritablement une sorte de corps qui n’est composée que de feu, mais qui est invisible, et ce sont ceux-là qu’il appelle daïmons ignés et célestes. Il y en a une seconde sorte composée de feu et d’air mêlés et assortis également, ce qui fait les daïmons éthérés et aériens ; s’il entre dans la composition de cette sorte de corps quelque portion d’eau, il en résulte une troisième différence de corps d’où viennent les daïmons aqueux, qu’on voit quelquefois ; s’il s’y joint quelque chose de terrestre qui ne soit pas grossier, on les appelle daïmons terriens, et pour lors ils sont plus apparents et tombent sous nos sens ».

 

incube2« Les autres daïmons ne sont pas aussi recommandables ni aussi méprisables ; ils ne sont pas toujours invisibles, ils paraissent quelquefois, se changent en diverses figures ; ils prennent aussi des formes faites d’ombres, de simulacres morts, chargés d’une crasse et d’une moiteur de corps gras ; ils ont une excessive communication avec sylva (appelée par les anciens âme maligne), et à cause de leur voisinage de la terre et de l’eau, ils sont aussi sujets aux voluptés terrestre et à la lubricité ; de cette sorte sont les lamies, les incubes et les succubes, et la conjecture qui met de ce nombre la Mélusine, n’est pas sans raison ; cependant, entre les daïmons l’un n’est point mâle et l’autre femelle, cette différence de sexes n’appartenant qu’aux corps composés et non pas aux corps des daïmons qui sont simples. Et chaque espèce de daïmons ne peut pas réaliser toutes sortes de figures à volonté, mais ceux d’air et de feu peuvent prendre les formes de tout ce que conçoit leur imagination ; quant aux daïmons souterrains et ténébreux, parce que leur phantastique est renfermé dans le détroit d’un corps épais et pesant, ils ne peuvent pas faire cette diversité de figures que font les autres. Pour les daïmons de l’eau et ceux qui habitent la surface de la terre, ils prennent de la mollesse de l’élément la figure des femmes le plus souvent ; de cette image satyresorte sont les Naïades ; mais les Dryades habitent les lieux secs et arides, et avec des corps plus arides ils paraissent sous le sexe mâle et prennent la figure de Satyres, d’Onoscèles à jambes d’ânes, de Faunes, de Sylvains, d’incubes, desquels Augustin a laissé par écrit qu’un grand nombre ont appris par leur propre expérience qu’ils ont souventes fois été méchants aux femmes, qu’ils les ont poursuivies et fait marché pour avoir leur compagnie, et que certains daïmons que les Gaulois appellent Dusiens recherchent sans cesse cette lubricité ».

(Agrippa - « De occulta philosophia » (La philosophie occulte ou La magie))  

 

Agrippa fait paraître en Satyres des Dryades que les traditionnels experts en mythologie identifient avec des Nymphes, certes « musclées » - ce qui rappelle celles qui accompagnent les mystiques qu’évoque Aleister Crowley dans son Livre de la Loi - : « Nymphes des bois, forêts, bosquets, qui folâtraient en liberté, dansaient autour des chênes, qu’on représentait sous la forme de femmes robustes » (Nadia Julien – Le dictionnaire des mythes – Marabout) ; « Le nom de ces Nymphes tire son étymologie du mot grec « drus », qui signifie « chêne ». Elles image satyre2protègent leur demeure des vandales sacrilèges qui viennent les abattre. Vigoureuses et fraîches comme l’arbre dont elles ont la garde, elles ont pris jusqu’à la taille, et par mimétisme, la forme d’un tronc et ses racines. Elles ont la possibilité de quitter les forêts et de se marier » (Joël Schmidt – Mythologie grecque et romaine – Larousse).  

 

Il est vrai cependant que Dryades et Satyres sont affiliés tous deux au bois, qu’ils vivent et sortent des bois. En ésotérisme, le bois est l’Anti-Monde.      

 

Concernant les ouvrages de la luxure, le mage qui veut, par le moyen charnel, obtenir une liaison avec un démon, doit engager son action dans un contexte cérémonial. Inversement, tout esprit infernal peut s’immiscer dans un homme ou parmi un couple pour l’exciter aux choses de l’amour. C’est peut être ainsi que se réalisent les unions, puisqu’il est d’évidence que le désir, s’il est affaire de moyen physique, l’est, sinon plus encore, d’esprit enthousiasmé par la licence. Les démons agissant sur les choses mondaines des hommes, peuvent être les instigateurs secrets des désirs ardents des hommes, puisque les principaux sont faits « d’air et de feu mêlés », ils échauffent le corps et irritent l’esprit.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 14:31

cj jung« Imaginons, par exemple, que j’aie été contraint d’écrire une lettre. Aussitôt, je trouve le facteur psychique contre moi. Me voilà incapable de trouver cette lettre – elle a disparu, comme par enchantement. Puis je découvre que je l’ai égarée inconsciemment. Je voulais, naturellement, en prendre soin, mais mes résistances étaient telles que je l’ai mise dans la mauvaise poche ou dans un coin quelconque – et il me faudra des mois pour la retrouver. Dans de tels cas, on jurerait que c’est un lutin qui l’a subtilisée. Et l’on commence à penser qu’il y a quelque chose de démoniaque dans la façon dont disparaissent des objets si importants à nos yeux. Un même phénomène intervient dans l’hystérie : il suffit que les choses prennent de l’importance pour qu’elles commencent à se détraquer. On devrait dire quelque chose de juste – c’est pour nous capital -, et voilà qu’on affirme précisément le contraire, comme si les mots se bousculaient dans notre bouche. Tant et si bien qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’un diable bien vivant cherche à nous faire obstacle. D’où l’idée très ancienne selon laquelle certaines personnes étaient possédées par des démons, ou victimes des sorcières, etc.

cj-jung2.jpgM. Baumann : Il existe une excellent livre de Friedrich Theodor Vischer, « Auch Einer », sur la question.

Dr Jung : Oui, un livre allemand sur quelqu’un qui connaît ces choses – à savoir le lutin qui loge dans les objets. Ainsi, lorsque vous perdez vos lunettes, vous les égarez toujours dans un endroit auquel vous n’auriez jamais pensé, par exemple une chaise dont le motif épouse parfaitement la forme des lunettes. Et vous pouvez être absolument sûr que lorsque vous laissez tomber un toast beurré sur le plancher, il terminera toujours sa chute sur le côté beurré. De même, lorsque vous mettez votre cafetière sur la table, elle cherchera par tous les moyens à introduire son bec dans l’anse du pot à lait, de sorte que vous renverserez le lait quand vous soulèverez la cafetière.

M. Dell : « Die Tücke des Objekts (la malice des objets).

corps astral3Dr Jung : Oui, la ruse diabolique des objets, dont Vischer a dressé l’inventaire dans « Auch Einer ». Tout cela apparaît quelque peu délirant, bien évidemment, mais Vischer a bien saisi le facteur psychique ; d’un côté, nous créons tout cela, de l’autre, non : ce sont des phénomènes malicieux » (Carl Gustav Jung – Psychologie du yoga de la Kundalini – Albin Michel).

 

(Carl Gustav Jung (1875-1961), médecin, psychiatre, psychologue et essayiste suisse)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 13:31

ss102 retouché lilith astartéLa « force sexuelle » est puissance de « Shakti », qui est « Heith » dans le diabolisme et que ses sectateurs finirent par l’identifier avec Satan alors que jadis il s’agissait du Léviathan ; d’où que, « Shakti » étant d’aspect féminin et lié à la femme, les religieux ascétiques conclurent que cette dernière était la meilleure alliée du Diable.

 

Les mêmes, ayant placé dans chaque Sphère (Sephira) de Qliphoth comme nom d’un Archidémon celui d’un Dieu antique, et comme une Qlipah est une « entité privée de lumière », soit manquant de sa puissance (castration, enfermement, privation…), nous nous retrouvons avec un règne des enfers rempli d’antiques dieux, dont chacun rayonnait jadis d’un pouvoir majeur, dont on nous répète qu’ils sont « méchants », car ce sont eux « nos castrateurs ». Les vrais satanistes retournent totalement le problème, persuadés que les dieux (Archons ou Archontes) apparaissent dans leur Ciel comme ceux qui se plaisent à ôter aux hommes tant de moyens pour avancer au quotidien et se réjouissent ensuite à les voir galérer, et s’ils y arrivent, leur ôtent ce qu’il leur reste pour rendre plus impossible encore leur progression.

aleister crowley 1902Aleister Crowley se plaisait à dire qu’une de ces missions était de redonner vie à ces anciens dieux, actuels démons : « Lors d’une séance qui eut lieu le 21 janvier, Neuburg reçut de Jupiter un message en langue magique énochienne, l’informant que les anciens dieux désiraient retrouver leur pouvoir perdu sur le monde et qu’ils les avaient choisis, Crowley et lui, comme « flèches ardentes » qui seraient lancées contre « les dieux esclaves » (Francis King – Esotérisme et sexualité – Payot). Idem pour Howard Phillips Lovecraft : « Les démons furent, les démons sont, et les démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendrons à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves ».

 

yoni single fond hypno shakti nom« Shakti » ou « Heith » a cette propriété, comme elle est diffusée par la femme, de lui accorder un atout redoutable de pouvoir exciter autrui, ce qui suppose d’être capable d’influer sur son esprit ; parfois même par sa seule présence, parfois sans même qu’elle soit là… Même le pieu Omraam Mikhaël Aïvanhov connait ce secret : « (…) La puissance de la femme est immense, car elle possède un magnétisme spécial sous forme de petites particules subtiles qui s’échappent d’elle. Ce n’est donc pas tellement dans le plan physique qu’elle a le plus de pouvoir, mais dans le domaine des émanations. Si l’on a présenté la femme comme une magicienne ou une fée, c’est à cause de ces émanations que lui a données la Nature et avec lesquelles elle est même capable de former des corps de nature éthérique ».

 

L’on dit souvent que l’amour, le désir, le sexe sont affaires de Vénus. Les mêmes disent aussi que le phallus se rapporte à Yesod (Sphère du Fondement dont l’astre est la Lune). Ou que Lilith est la sexualité alors que chacun l’assimile avec la Lune Noire. Enfin, Rudolf Steiner décrit comme responsables de l’activité sexuelle lubrique les esprits de Saturne.

 

C’est le mage Papus qui précise le mieux les correspondances : « Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour, amour des astres pour le Soleil ou amour de l’atome pour la force ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé qui illumine toute femme venant en ce monde » (Papus – Traité méthodique de magie pratique – Editions Dangles).

 

000 0016La sexualité qui établit la femme comme mère est le prodige de la Lune. Ce même hymne pour la fécondité concerne également Vénus, dont un sens exotérique est celui de la « génération ». Les temps antiques, lorsque son idole la présentait sous la forme d’un bouc, la consacraient aussi pour la luxure dont la prostitution sacrée était son alliée fidèle. Sa déesse, que les Babyloniens nommaient Inanna, inspirait la licence sexuelle, et c’est elle, sous sa forme d’Astarté, qui devînt Aphrodite puis Vénus romaine.

 

Mais « Vénus » fait référence également à la magie des gourous dans le « Shaktisme » qui fait s’incarner dans de belles Yoginî des Vanis (Vénus) ou Vamacharas, ces Dâkinî (démones dans le satanisme ou succubes), afin que ses « Siddhis » tantriques commercent charnellement avec elles.

 

Ces aspects décrits ici démontrent trois options qui concernent l’activité sexuelle : celle pour la génération, celle pour la luxure, celle pour la magie. Les unions servent à certains couples pour avoir des enfants ; ou bien elles célébraient dans le temple une telle divinité ; ou elles s’utilisaient pour connaître des accouplements physiques avec des démones et des démons.

 

Si l’Astarté phénicienne, antique Inanna, est identifiée avec la Lilith luxurieuse, et qu’il y a de fortes probabilités que la Vénus romaine soit la Lilith (« servante » ou « courtisane sacrée ») des temples de la prostitution sacrée, elle s’apparente aussi avec la Kâlî tantrique, la femme née sous le signe de Saturne, qui est l’épouse de Satan, qui n’entend rien à la procréation et se conforte dans la stérilité. Nous relevons à ce titre que le caractère hébreu « Tav », qui est la dernière lettre de « Lilith » (Lamed-Yod-Lamed-Yod-Tav), se rapporte à la Lune (Lilith est la Lune Noire), et dans le Tarot, à la planète Saturne.

 

Shakti Kâlî, régnant dans les cimetières et autres lieux de crémation, situe bien son siège céleste qui est Saturne. Agrippa écrit, dans « Des choses qui dépendent de Saturne » : « Entre les humeurs, la bile noire qui humecte, tant la naturelle que l’étrangère, à l’exception de celle qui est bien échauffée ou brûlée. De ce qui regarde les goûts, ce qu’il y a d’acide et d’aigre, et pesant ou lourd.

Entre les métaux, le plomb et l’or pour son poids ; entre les plantes et les arbres, lilith-over-blog.jpgl’asphodèle, la plante de serpent, la ruë, le cumin, l’ellébore, le benjoin, la mandragore, le suc de pavot, et celles qui étourdissent, et qui ne sont point produites, et qui ne produisent aucuns fruits, tout arbre pernicieux qui ne se reproduit point de fruits, qui est tortu, d’un goût amer, d’une odeur violente, d’une ombre noire, d’une poix fort aigre, qui ne porte point de fruits, de grande durée.

Les animaux reptiles retirés, solitaires, nocturnes, tristes, contemplatifs, ou tout à fait sauvages, de ceux-là sont la taupe, l’âne, le loup, le lièvre, le mulet, le chat, le chameau, l’ours, le porc ou le cochon, le singe, le dragon, le basilic, le crapaud ; tous les serpents et les reptiles, les scorpions, les fourmis (il faut remarquer combien ces animaux sont d’ordinaire liés à Satan, et noter en même temps combien les noms Satanachia, Satariel ou Satoriel ont de proximité avec Satan – NDA). Et entre les oiseaux, ceux-là sont saturnaux qui ont le col long, et la voix grosse, comme les grues, les autruches et les paons, le hibou et la chauve-souris, la huppe, le corbeau et l’orige qui est très envieuse (là encore, des nombreux oiseaux cités ici se retrouvent dans les quelques versets d’Esaïe citant Lilith dans le désert (Es 34 – 13/15) - NDA) » (Agrippa – La philosophie occulte ou La magie – Villain et Belhomme).

  

lilith-statue.jpgLe hibou, la chouette sont sculptés aux côtés de Lilith, ce qui signe son Ciel, qui est Saturne. Comme le Satan noir, le prince des ténèbres, voilà où est sa couche. Pourtant, la sexualité lui appartient ; Akron écrit, dans « Baphomet, Tarot du monde des ténèbres » : « On dit que tout ce qui est vivant est prisonnier des filets de Lilith. Seul celui que la déesse aime et hait à la fois peut réussir à se reconnaître dans son voile, ce voile derrière lequel se cache la vérité de la vie. La sexualité est le joug placé à l’avant du char triomphal de la diablesse et auquel les hommes sont liés. C’est le souvenir du paradis perdu qu’ils essaient d’atteindre à nouveau grâce à l’union sexuelle. Mais cela ne peut réussir car le lien toujours se dénoue et les nouvelles générations doivent, elles aussi, toujours pénétrer dans ce circuit sans fin. Quand l’heure de la diablesse pénétrera en toi et enflammera chacun de tes atomes. Tu es en elle et elle est en toi ».

 

En regard à Kundalini et ses chakras successifs, la voie du sentier veut que Shakti se tienne lovée, endormie, dans Muladhara et attende de monter vers Ajna où l’attend Shiva. Ajna a pour planète Saturne. Lorsque Shakti s’éveille, elle entre d’abord dans Svadhisthana ayant pour élément Mercure mais aussi la Lune, d’où qu’il est dit que le siège des organes génitaux est celui, dans le satanisme, de Samaël et Lilith. Ce faisant, il apparaît tout de même que le grand chemin, la belle union mystique, concerne la divinité d’aspect féminin connue à la base de Kundalini dans le rectum et celle d’aspect masculin logeant à son sommet au centre du crâne entre les deux yeux. Et là, Saturne, dans le satanisme, voit placer tantôt Satariel ou Satoriel, Belzébuth ou Lucifer ; Satariel étant aussi Satanachia et l’ouvreur de cérémonie étant Sabathan. Nous relevons autant de proximités phonétiques avec Saturne ou « Stur », qui en appellent au fameux nom « Satan ». Alors la grande union, enseignée dans la Kundalini entre Shakti et Shiva, concerne, dans le satanisme, Lilith et Satan.   

 

 « Guedi » (Guimel-Daleth-Yod) ou le « bouc », toujours réputé pour sa concupiscence, représente « celui qui engendre » lorsqu’il est le symbole vénusien, mais aussi « le lubrique » lorsqu’il figure Saturne. Car ce dernier, lorsqu’il est personnifié par un démon, n’a point l’appétit d’engendrer, il profite du sexe mais demeure résolument stérile.

 

Saturne est la planète préférée des magiciens, des sorciers, Lilith et Satan vêtus de noir siègent dans sa Sphère. Règne des ténèbres, des enfers et de la mort d’où nous venons et retournons.

 

Saturne est lié à la rate, et Madame Blavatsky nous dit de cet organe : « la rate physique n’est que l’enveloppe de la véritable rate, dont l’Astral est formé ; elle évolue sous l’aspect d’une essence nuageuse, spiralée et incurvée comme de la messaline1 ssfumée, prenant graduellement forme en se développant. La rate est donc un organe très délicat ». La rate se trouve ainsi liée au plan astral en même temps qu’aux Esprits de Saturne. Devons-nous trouver ici une connexion possible avec les sorciers dont Saturne est la planète préférée, ou ces rapports physiques que certains tentent de commettre avec des démones et démons.

Retournons à la luxure. La description des aspects de Saturne rapportée par Agrippa, « Celles qui étourdissent, et qui ne sont point produites, et qui ne produisent aucuns fruits, tout arbre pernicieux qui ne se reproduit point de fruits, qui est tortu, d’un goût amer, d’une odeur violente, d’une ombre noire, d’une poix fort aigre, qui ne porte point de fruits, de grande durée », assure que le démon de Saturne est sodomite.

 

Si le sexe est entendu comme l’autel de Vénus, le génital (vaginal et phallique) confondu avec l’anal comme l’écrit le Marquis de Sade*, n’en déplaise à l’écrivain, le mystique les distingue de la même façon que Vénus et Saturne sont deux règnes d’action différents.

 

sade-portrait2.jpg(* « N’importe, continuez de m’entendre, chère fille, je vais vous prouver le désir que j’ai de vous plaire et de respecter votre faiblesse. Je ne toucherai point, Thérèse, à ce fantôme dont la possession fait toutes vos délices ; une fille a plus d’une faveur à donner, et Vénus avec elle est fêtée dans bien plus d’un temple ; je me contenterai du plus médiocre ; vous le savez, ma chère, près des autels de Cypris, il est un antre obscur où vont s’isoler les Amours pour nous séduire avec plus d’énergie ; tel sera l’autel où je brûlerai l’encens ; là, pas le moindre inconvénient, Thérèse, si les grossesses vous effraient, elles ne sauraient avoir lieu de cette manière, votre jolie taille ne se déformera jamais » (Marquis de Sade – Justine ou les malheurs de la vertu).) 

 

Compte tenu du caractère de Saturne, assurément cet autel est le sien tout particulièrement, ses lieux d’appropriation soutiennent cette thèse : « Les lieux appropriés par Saturne sont ténébreux, souterrains, tristes, religieux et funestes ». Et TAV caractère magiquenous ajoutons à ceci les descriptions de la première citation, cette stérilité, cette réalité qui ne reproduit rien dans le plan physique. Agrippa ajoute à ces lieux « les cimetières, les habitations abandonnées, les lieux obscurs et horribles, les antres solitaires, les cavernes » : exactement là où les Siddhis (initiés) tantriques se rendent pour célébrer Kâlî. Cette Shakti en Orient a par conséquent tous les aspects idéaux pour figurer l’épouse du Satan en Occident. Kâlî est liée à la Lune (plus précisément la Lune Noire), dont le caractère correspondant est « Tav », lequel se rapporte dans le Tarot, à Saturne. Kâlî est Lilith. 

 

caracteres-planetes.jpg            

Finalement, ne voulant offenser personne, autant la Lune Noire (dépravation) que Vénus (luxure) et Saturne (lubricité) peuvent prétendre détenir ce chemin, quoique ce dernier ait l’avantage pour la multiplicité de ces traits de caractère en conformité avec les aspects particuliers de ce sentier.

 

arbre sephiroth3 nom en hébreu + sceauL’Arbre Séphirotique de Qliphoth présente dix démons tandis que les planètes sont au nombre de sept. L’ésotérisme étant truffé d’enseignements contraires, Agrippa autorise qu’au septième cercle, selon la volonté du mage, le huitième, neuvième et dixième peuvent séjourner selon l’invocation. Soit, il peut se trouver dans le règne où la Sphère d’Action est Saturne, tantôt Lucifer, tantôt Belzébuth, tantôt Ha-Satan (Le Satan).

 

Parmi les formes particulières des Esprits de Saturne, nous trouvons, dit-on : « Un roi barbu chevauchant sur un dragon ; un vieillard barbu ; une femme âgée appuyée sur un bâton ; un porc ; un dragon ; un hibou ; un vêtement noir ; une faux ; un genièvre ». Les termes « vieillard ou âgée » signifient, selon Agrippa, qu’une propriété de Saturne concernait le secret d’une longue vie, que ceux qui s’appuyaient sur ces bienfaits pouvaient espérer vivre longtemps.

 

cassielCes « formes particulières » prolongées dans le domaine des luxures, et puisqu’il s’agit de Lilith, qui est de sexe féminin, connaissent des adaptations ; ainsi la femme âgée est en fait « une femme mûre, une initiatrice » (« Lamed » est la lettre de l’initiation, deux fois mentionnée dans le nom « Lilith ») ; le hibou est accompagnée d’une chouette ; une femme mâture les cheveux défaits chevauche un dragon (serpent) ; un vêtement noir, une faux, un genièvre ». Saturne, correspondant dans les arts sexuels au fétichisme ainsi qu’à toutes les pratiques dites « bizarres », les spécialistes du genre y devineront à la place du bâton d’autres articles qu’une Maîtresse peut tenir dans sa main, et que le porc peut bien être son esclave.

 

cuissardes-satan-invocation-overblog.jpgNombre de textes sataniques décrivent des Messes Noires avec accouplements et autres pratiques licencieuses. Ces cérémonies n’ont d’effets que si elles sont précédées des mêmes célébrations exemptées de toute luxure, afin de parfaire aux exercices de consécration. N’oublions jamais que « Shiva est un temps érotique, un temps ascétique ». Idem pour Satan. Les sorciers de Saturne ne manquent pas ainsi de consacrer leurs futurs échanges luxurieux afin de les dédier définitivement aux esprits démoniaques avec lesquels ils ont voulu connaître des ébats.  

 

Lilith étant la démone par excellence de l’amour physique, le sorcier l’évoque par l’incantation suivante :

 

miroir-magique-overblog.jpg« Par la puissance du Diable, du Grand Satan ! Et de Lilith ! Grande amie, toi Maîtresse de toute luxure, toi qui apportes les plaisirs à tous, toi à qui l’on doit le Soleil de nos nuits et de nos jours de tristesse, toi qui répartit la jouissance sur toutes et tous ! Gardienne de nos sens et de nos ébats les plus fous, toi qui nous accorde le repos lorsque nous t’avons honorée, toi qui réveille nos désirs quand ils sont assoupis et dissipe notre peine en allégeant le fardeau de notre vie, toi qui contient l’éternel chaos de la volupté, le vent, la pluie et la tempête de nos émois, qui déchaîne nos sens et obscurcit notre esprit au point de nous faire oublier nos chagrins, pour nous rendre la plénitude de la joie !

Lilith, fidèle gardienne de toute joie, de tout bonheur dans notre cœur, notre corps et notre esprit, toi vers qui nous nous envolons lorsque la jouissance nous étreint et qui sait nous ramener apaisés à notre point de départ, avec raison, nous te nommons notre grande amie. Tu es notre source de force, tu es notre éternelle jeunesse. Fais que les femmes (hommes) soient désirables, ne connaissent ni la crainte, ni le sentiment de culpabilité en se donnant aux hommes (femmes). Fais que les hommes n’épuisent jamais leur force et que leur virilité offre avec générosité et abondance la rosée que nous sommes en droit d’attendre.

sade-100.jpgLilith, notre bienveillante amie, accorde nous les joies de la jouissance aussi souvent que nous le pourrons, protège notre couche, donne nous celui ou celle qui saura combler notre plaisir et nos fantasmes ! Envoie tes démons de la perversion et des plaisirs de la chair jusqu’à nous ! Toujours nous te rendrons grâce de tes bienfaits en nous complaisant dans les délices du sexe !

Daigne apparaître dans ta splendide nudité, avec ton éblouissante sensualité! Si tu refuses à te montrer, que tes caresses soient assez précises pour nous prouver ta présence, nous nous réfugions sous ton ombre protectrice, dans la joie, la luxure et l’intense fornication ! »

 

Voici une incantation destinée à ouvrir les portes des enfers afin d’offrir son âme à Satan, celui qui est maître dans Saturne, Prince des ténèbres ! Cette invocation doit se dérouler avant un rituel de préférence, devant l’autel du Diable, mains tendues et paumes en direction du sol.

 

sainte mort«  Je suis celui des mangeoires vides, des morts vivants !

Je suis celui qui vient des enfers, porteur du néant !

Je suis celui au cœur forgé de charbons ardents !

Je suis celui qui fera tant pour que Satan me plonge cuisant, démoniaquement !

Viens en moi, Ô Seigneur des ténèbres !

Je suis celui des légions infernales, qui vivent sur la Terre !

Je suis celui qui reste auprès du Diable à jamais, et qui fera tant pour que Satan m’emporte, diaboliquement !

Je suis celui qui te loue, Ô père Satan ! Investit moi de ton pouvoir infernal !

Je suis celui des ténèbres, des grimoires écrits de sang !

Je suis celui au cœur durci par ta présence !

Je suis celui qui ouvre les enfers et qui fera tant pour que Satan me prenne vivant démoniaquement !

saturne overblog-copie-1Je suis celui des oubliés, des damnés et sorciers de la terre !

Je suis celui qui t’invoque père Satan !

Viens maintenant, ô grand Archidémon car mon esprit t’est offert !

Domine Satanas, regie Satanas, gloria Satanas !

Ave Satanas ! »

 

Cette puissante incantation n’est destinée que dans le seul but d’appartenir au Diable corps et âme. Les sorciers la pratiquent encore de nos jours pour entrer en possession avec l’esprit infernal et jouir de ses connaissances, également pour deviner l’avenir !

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 17:04

agrippa-incubus-jm-overblog.jpgDans son chapitre 26 intitulé « De quelle manière les opérations de différentes vertus se transfusent d’une chose à une autre, et comme elles se communiquent réciproquement » Agrippa* énonce que « l’on doit savoir que les choses naturelles ont tant de vertu, que non seulement elles peuvent faire toutes choses qui approchent d’elles mais encore qu’elles leur infusent une vertu toute semblable à la leur qu’elles communiquent aussi à toutes les autres choses, comme nous le voyons dans l’aimant, laquelle pierre n’attire pas seulement les anneaux ou chaînes de fer, mais leur infuse la vertu par laquelle ils peuvent faire le même effet, ce qu’ont vu faire, à ce qu’ils rapportent, Auguste et Albert. C’est pourquoi l’on dit d’une libertine ou putain publique, qui a une hardiesse ou une impudence déterminées et sans bornes, infecte de cette propriété ou qualité tout ce qui approche d’elle, qui la communique ensuite à d’autres : c’est ce qui fait dire qu’en mettant l’habit ou la chemise d’une femme semblable, ou ayant un miroir où elle se regarde journellement, on devient hardi, intrépide et débauché ou paillard » (Agrippa – La philosophie occulte ou La magie – Villain et Belhomme).

 

agrippa cornelius(* Heinrich Cornelius Agrippa de Nettersheim est né le 14 septembre 1486 à Cologne, mort à Grenoble ou à Lyon en 1534. Un des personnages remarquables de la Renaissance. Décrit comme un érudit avec une réputation de magicien, Agrippa attira l’hospitalité de ses contemporains les plus conservateurs. On le trouve à Cologne et Paris en 1506, en Espagne de 1507 à 1508, avec un enseignement hébreu (1509), un enseignement en Angleterre (1510). C’est à Anvers qu’il termina son œuvre « De occulta philosophia » (La philosophie occulte ou La magie), un mélange de néoplatonisme et de kabbale. Il a passé quelques temps en Italie, dans l’armée de l’Empereur Maximilien, qui récompensa son courage en le faisant chevalier. Ses centres d’intérêts furent multiples et divers, il étudia la médecine, l’hébreu, l’alchimie, la théologie, pour finalement s’intéresser à la kabbale, sous l’influence de Johann Reuchlin et Raymond Lulle. Il vécut et enseigna en divers endroits, se faisant des amis ou des ennemis partout où il est allé » (Georges Lahy – Dictionnaire encyclopédique – Editions Lahy). Comme pour modérer son niveau atteint dans la magie, chaque biographe d’Agrippa ne peut s’empêcher de préciser « qu’il ne connut jamais de succès financier, qu’il fut banni de Cologne pour dette et finit ses jours dans la pauvreté et le dénuement ». Et si tant est qu’il en soit ainsi, quelle richesse intérieure accumulée tout de même…)

 

Ensuite, compte tenu que « Mars et le Soleil tiennent du Feu ; Jupiter et Vénus de l’Air ; Saturne et Mercure de l’Eau ; et celles qui habitent le huitième Ciel (Uranus Neptune, Pluton) de la Terre, de même que la Lune » : nous en déduisons, par rapport à notre positionnement des démons de Qliphoth qui président à la cérémonie satanique de la célébration de la luxure, qu’au Nord, Saturne a pour élément l’Eau, et Belzébuth étant Maître dans la Sphère dont la planète est Uranus (huitième) nous comptons aussi l’élément Terre ; à l’Est, Vénus a pour élément l’Air ; au Sud, Le Soleil a pour élément le Feu ; à l’Ouest, Lilith, la Lune Noire a pour élément la Terre et Mercure celui de l’Eau.

 

tableau-saturne-.jpg

 

Ce qui signifie encore qu’au Nord, Belzébuth a pour élément l’Eau et la Terre ; Asmodée celui de l’Air ; Belphégor celui du Feu ; Lilith celui de la Terre et Samaël celui de l’Eau. Confère alors au règne des Eléments, les démons qui accompagnent Belzébuth sont de la nature des Ondins (Nymphes ; et comme il s’agit du règne démoniaque, des « Liliths ») et des Gnomes (ou « Ghob ») ; ceux qui servent Asmodée sont de la famille des Sylphides et Sylphes*, parmi lesquels nous trouvons en bas les fameux Satyres velus ; ceux qui subordonnent Belphégor sont des Salamandres, Esprits du Feu nommés encore Vulcanales ; enfin, parmi les suppôts de Samaël, nous trouvons  des Ondins ou Nymphes, les inférieures nymphomanes que les kabbalistes nomment des Liliths. Bien qu’auprès de leur Archidémone, nous découvrons des Gnomes, agents pécuniaires d’où son luxe et sa puissance financière.

 

(* Lire le chapitre « Comte de Gabalis et les élémentals ; magie élémentaire » ; extrait : « L’air est plein d’une innombrable multitude de peuples de figure humaine, un peu fiers en apparence, mais dociles en effet : grands amateurs des sciences, subtils, officieux aux sages, et ennemis des sots et des ignorants. Leurs femmes et leurs filles des Sylphes sont des beautés mâles, telles qu’on dépeint les Amazones. (…) Ecoutez donc jusqu’à la fin, et sachez que les mers et les fleuves sont habités de même que l’air ; les anciens sages ont nommé Ondins, ou Nymphes, cette espèce de peuples. Ils sont peu de mâles, et les femmes y sont en grand nombre ; leur beauté est extrême, et les filles des hommes n’ont rien de comparable. (…) La terre est remplie presque jusqu’au centre de Gnomes, gens de petite stature, gardiens des trésors, des minières et des pierreries : ceux-ci sont ingénieux, amis de l’homme, et faciles à commander. Ils fournissent aux enfants des sages tout l’argent qui leur est nécessaire, et ne demandent guère pour prix de leur service, que la gloire d’être commandés. Les Gnomides leurs femmes sont petites mais fort agréables, et leur habit est fort curieux.

(…) Quant aux Salamandres, habitants enflammés de la région du feu, ils servent aux philosophes : mais ils ne recherchent pas avec empressement leur compagnie ; et leurs filles et leurs femmes se font voir rarement. (…) Les femmes des Salamandres sont belles, et plus belles même que toutes les autres, puisqu’elles sont d’un élément pur. Je ne vous en parlais pas, et je passais succinctement la description de ces peuples, parce que vous les verrez vous-même à loisir et facilement si vous en avez la curiosité. Vous verrez leurs habits, leurs vivres, leurs mœurs, leur police et leurs lois admirables. Vous serez charmé de la beauté de leur esprit encore plus que de celle de leur corps » (Comte de Gabalis – Entretiens sur les sciences secrètes).

 

La kabbale reconnait quatre maîtresses à Samaël, les versions diffèrent comme toujours mais nous tenons pour le plus proche la liste suivante :

 

Correspondances magiques pour les rituels :

Partie du jour

Aube

Midi

Couchant

Minuit

Point cardinal

Est

Sud

Ouest

Nord

Elément

Air

Feu

Eau

Terre

Phase lunaire

Premier

Quartier

Pleine Lune

Dernier

Quartier

Lune Noire

Nouvelle Lune

Cercle lunaire

Noir   

Blanc

Blanc   

Blanc

Blanc   

Noir

Noir   

Noir

Princes

Lucifer

Satan

Léviathan

Bélial

Cercle solaire

Bleu

Rouge

Vert

Jaune

Caractéristiques

Intuition

Action

Fécondation

Secret

Reine

Igrat Mahalath

Negâ Lilith

Nâamah

Lilith

Phase solaire

Equinoxe de printemps

Solstice d’été

Equinoxe d’automne

Solstice d’hiver

 

 « Au Nord est Lilith la Mère, dite la Nordiste. A l’Est est Aggerath (Igrat Mahalath), la fille de Mahalath, une sorcière avec des cheveux-serpents, portée par un chariot tiré par un bœuf et un âne. A l’Ouest vient Nâamah qui est une femme accroupie avec un corps d’animal, mangeant la terre ; devant elle est le Scorpion géant suivi d’un Innommable Abaddon et son apparence et son symbole sont ceux d’un Visage géant Noir, couvert de roues tournoyantes et dans sa main il porte une grande roue… Au Sud est Negâ Lilith, la Jeune Lilith, la femme d’Asmoddaï, sombre et portant une femme à sa ceinture et un homme sous ses pieds, de ses mains elle attire des centaines d’hommes dans les enfers ; son Chariot est tiré par le Lion et le Cheval ailés ».

 

lilith-4-points-cardinaux.jpg

 Hélas, le plus souvent, les versions diffèrent d’un livre à l’autre.

 

aleister-crowley-1902.jpgAleister Crowley ne rencontra-t-il pas des femmes des Sylphes, que le comte Gabalis décrit comme des « beautés mâles, telles qu’on dépeint les Amazones », lui qui écrit, via son médium et épouse Rose Kelly : « Vois ! Ce sont de graves mystères ; car il est de mes amis qui sont ermites. Maintenant, ne crois pas les trouver dans la forêt ou sur la montagne ; mais dans des lits de pourpre, caressés par de magnifiques femmes bestiales aux membres forts, avec du feu et de la lumière dans les yeux, d’abondantes chevelures autour d’elles, là les trouveras-tu. Tu les verras au pouvoir en toute occasion joyeuse ; aimez-vous les uns les autres, avec des cœurs ardents » (Le Livre de la Loi – Chapitre 2 ; verset 24).

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 14:30

 

eug-ne-vintras.jpg

Outre les méthodes spirites pour commercer intimement avec les personnages historiques importants des temps passés, l’utilisation des images animées, une énième jurait par des moyens salaces d’aboutir à ses fins dans ce domaine, Francis King en rend compte dans son chapitre « Faire l’amour avec Cléopâtre » (Francis King – Esotérisme et sexualité – Petite Bibliothèque Payot). Traitant du cas Eugène Vintras (1807-1875), ajouté à celui de son disciple Joseph-Antoine Boullan (1824-1893), l’auteur s’appuie sur des documents « qui montrent que ces deux défroqués et leurs fidèles pratiquaient – ou croyaient pratiquer – le coït avec des anges, des chérubins, des séraphins et des ombres de personnages historiques comme Cléopâtre et Alexandre le Grand. Ils avaient recours à la masturbation, l’homme ou la femme opéraient en se voyant avec force faire l’amour avec un ange ou un esprit déterminé. Au cours d’étreintes réelles, chacun des partenaires identifiait l’autre avec l’être désincarné qui lui convenait ».

 

h10 Les magnétiseurs expliquent qu’ils mettent en léthargie tel médium homme ou femme, à qui ils recommandent de trouver l’ombre parmi le Kâma-Loka, nom donné à cette partie de l’univers où se trouvent tous les êtres humains qui n’ont plus de corps physique ni de double éthérique, mais qui sont encore emprisonnés dans le corps des émotions et des passions, que d’autres nomment « l’Anti-Monde », les ténèbres et même l’enfer.

 

Les mages, de leur côté, exercent leur art dit « hiératique » qui consiste en un principe des semblables pour produire des attirances : « L’art qui consiste à s’inspirer d’une figure particulière, d’un symbole, d’un signe, d’une marque, d’un glyphe, d’un homme ou d’une femme pour tenter de saisir intuitivement une connaissance subtile d’une Entité divine porte un nom : c’est l’art hiératique, pratiqué chez les Egyptiens et les Grecs de l’Antiquité. Le Larousse reconnaît encore aujourd’hui ce mot hiératique, qu’il définit de la façon suivante : « Ce qui concerne les choses sacrées, qui a le caractère formel des traditions liturgiques ». Ou encore : « C’est-à-dire la manière d’attirer ici-bas les vertus d’un dieu planétaire ; ou d’évoquer ce dieu lui-même, en utilisant les substances des trois règnes qui font partie de la chaîne à laquelle ce dieu préside ».

 

incube1

 Mais il n’y a pas mieux que les auteurs du Livre d’Hermès pour évoquer l’intérêt profond de cet art : « (…) De même que les dialecticiens de l’amour s’élèvent à partir des beautés sensibles jusqu’à ce qu’ils rencontrent le principe même unique de toute beauté et de tout intelligible, ainsi les initiateurs aux saints mystères, partant de la sympathie qui unit toutes les choses visibles entre elles et avec les puissances invisibles, et comprenant que tout est en tout, ont-ils fondé cette science hiératique, non sans s’émerveiller de voir dans les premiers termes des chaînes les termes les plus infimes et dans ces derniers les tout premiers, au ciel les choses terrestres dans leur cause et sous un mode céleste, ici-bas les choses célestes sous un mode propre à la terre. 000 0015C’est pour l’avoir compris que les Sages d’autrefois, rapportant telle chose d’ici-bas à tel être céleste, tel autre à tel autre, amenaient les puissances divines jusqu’à notre lieu mortel et qu’ils les attirèrent par la ressemblance, car la ressemblance est assez puissante pour attacher les êtres les uns aux autres… Tout est donc plein de dieux, la Terre est pleine de dieux célestes, le Ciel de dieux supra célestes ; chaque série procède, s’accroissant en nombre, jusqu’à ses termes derniers. En effet, ce qui existait dans l’unité avant toutes choses est manifesté dans tous les membres de la série. D’où les organisations des âmes, dépendantes celles-ci d’un dieu, celles-là d’un autre… »

 

incube2.jpg« … Partant de là, les Maîtres de l’art hiératique ont découvert, d’après ce qu’ils avaient sous les yeux, le moyen d’honorer les Puissances d’en haut, mélangeant certains éléments, en retranchant d’autres à propos. S’ils mélangent, c’est pour avoir observé que chacun des éléments séparés possède bien quelque propriété du dieu, mais néanmoins ne suffit pas pour l’évoquer : aussi, par le mélange d’un grand nombre d’éléments divers, ils unifient les effluves susdits, et, de cette somme d’éléments, composent un corps unique ressemblant à ce tout qui précède la dispersion des termes. (…) A partir de ces objets et d’autres semblables, ils firent la connaissance des (Puissances) dont l’essence est en continuité avec la force éparse dans la nature et dans les corps, et, par ce moyen, ils attirèrent les (démons) pour entrer en commerce avec eux. Puis ils s’enhardirent jusqu’à opérer sur les (Archidémons), instruits par ces derniers ou mus de leur propre chef à l’heureuse découverte des symboles appropriés. Et ainsi enfin, laissant à la Terre la nature et les forces naturelles, ils se servirent des (Puissances premières) qui opèrent en tête de la chaîne » (A.-J. Festugière – La révélation d’Hermès Trismégiste).

 

caligula et messaline1Des spirites voués au diable engageaient dans des chambres confortables des cérémonies afin d’entrer en contact avec Messaline. Aujourd’hui, certains s’étonnent encore des fréquentations de l’impératrice romaine au bordel, telle une prostituée ; mais des spécialistes ajoutent « qu’elle fût une redoutable amatrice de sortilèges ». Or, c’est Agrippa qui vient souligner combien les planètes tiennent pour elles des lieux particuliers, disant que « si le cimetière, les lieux souterrains sont appropriés par Saturne (cf. Kâlî…), Vénus possède et habite les fontaines agréables (cf. Nymphes), les prés verdoyants et les jardins remplis de fleurs, les lits ornés et les lupanars, les rivages bleus et les bains, les lieux et salles de danse, et tout ce qui regarde les femmes ». Si la magicienne Messaline entend pouvoir obtenir de Vénus de meilleurs résultats dans ses sortilèges en les conjurant au lupanar, Vénus ayant un temps la personnification de Priape, il est d’évidence que l’une de ses dévotes sacrifie dans son lieu favori, en plus de savoir que tous les démons serviteurs de Vénus sont joignables auprès des scènes de débauche. D’où la précision d’Agrippa : « C’est pourquoi ceux qui veulent faire des opérations pour l’amour cachent d’ordinaire ou enferment les instruments de leur art, leurs images et leurs miroirs dans quelque lupanar qui leur donne sa vertu par une certaine faculté vénérienne ». « Les gestes qui se rapportent à Vénus sont les danses (voluptueuses, érotiques ?), les embrassements, les visages aimables et joyeux, les plus lubriques se rapportant à Mercure (Samaël) ». « Personne n’ignore que par des artifices malins, on peut attirer des démons malins, comme Pselle raconte que les magiciens Gnostiques faisaient ordinairement, qui faisaient presque les exécrables et détestables vilenies que l’on faisait aux sacrifices de Priape, ou au service de l’idole Pehor (Bephégor), où l’on sacrifiait ayant les parties honteuses découvertes, et l’on sait d’autres choses semblables des sorciers, où l’on voit (des belles femmes) paraître en ces sortes de débauches. C’est donc par ces sortes de choses qu’on attire et que conspirent les esprits malins, comme parle à Jean l’esprit malin de Cynope le Magicien : « Toute la puissance de Satan, dit-il, est en Lui, et Il entre en conjuration avec toutes les principautés, et elles de même avec lui ; et Cynope nous obéit, comme nous lui obéissons réciproquement » (Agrippa – La philosophie occulte ou La magie – Villain et Belhomme).     

 

incube3.jpgMême des mystiques absolument vertueux et anti-Satan exposent, par des travers originaux, ces présences invisibles dont le maître des spirites Allan Kardec défend l’existence et l’activité dans toutes les activités mondaines des hommes, mais à certains moments seulement, et celles-ci sont visibles pour la part de génie que celui qui les a entendus a obtenu d’elles : « Qu’est-ce que l’inspiration ? C’est une entité qui entre dans un être pour prendre possession de lui et se manifester à travers lui. Pour vous aider à mieux comprendre, prenons le cas d’un pianiste ou d’un violoniste qui donne des concerts. Certains soirs, son jeu reste ordinaire, personne n’est ému : aucune émanation, aucun rayonnement, aucune force ne sort de lui pour émouvoir, bouleverser, projeter très haut ceux qui l’écoutent. D’autres soirs, d’un seul coup, quelque chose entre en lui et sans qu’il sache ce qu’il fait – mais ce quelque chose le sait très bien, lui – son toucher, ses gestes, même son maintien face à l’instrument, tout est différent et il se produit des phénomènes inexplicables. On dit alors : « C’est merveilleux, c’est divin, il est inspiré ».

D’après la science ésotérique, l’inspiration n’est rien d’autre qu’un contact, une communication avec une force, une intelligence, une entité qui vient des régions supérieures et qui se sert de nous pour exécuter ce que nous-mêmes ne serions pas capables de faire. Par exemple, un poète veut écrire, mais sa page reste blanche, il se sent stérile ; il n’a aucune inspiration. Et voilà que, d’un seul coup, quelque chose entre en lui, une lumière, un courant, et il s’y abandonne ; il n’a même plus à chercher ses mots, c’est comme si on les lui dictait et il est lui-même étonné de ce qu’il écrit. D’où cela vient-il ? Qui est celui qui sait où trouver des matériaux, assembler des éléments, et les combiner pour créer des forme d’une telle expressivité ?

Par lui-même, l’être humain n’est pas tellement capable de produire des créations géniales, surhumaines, divines, mais il peut être visité par des entités très évoluées qui l’inspirent » (Omraam Mikhaël Aïvanhov – Création artistique et création spirituelle – Editions Provesta).

 

Madame Blavatsky, à propos des « génies », n’écrit-elle pas « que les hommes sont dirigés par eux à qui ils s’attachent et dont ils effectuent les actions, qui ont, par conséquent, le contrôle des choses mondaines et nos corps leur servent d’instruments » (HPB – Doctrine secrète 1 ; p.287 – Editions Adyar). Selon ce mode de incube4.jpgpensée, ce monde est le nôtre mais ne nous appartient pas, « des entités subtiles qui viennent des régions supérieures, se servent de nous pour exécuter leurs propres desseins pour le devenir de ce bas monde qui est d’abord leur problème ».

Est-ce ici qu’il faut rapporter ici cette conversation entre des démons et le médium que des diaboliques avaient jadis mis en état de léthargie ? « Nous assistâmes un soir à la réalisation d’une scène (pornographique)* avec un très bon médium voyant. Il y avait derrière les caméras un assez grand nombre de places vacantes, mais dont beaucoup étaient occupées par des démons qui avaient l’air de prendre leur part du spectacle ; quelques-uns allaient auprès de certains conseillers et semblaient écouter leur conversation. Devant les caméras se passait une autre scène ; derrière les acteurs, plusieurs démons d’humeur luxurieuse s’amusaient à les contrefaire en imitant leurs gestes d’une manière obscène ; d’autres, plus sérieux, semblaient inspirer les participants, et faire des efforts pour leur donner de l’énergie. L’un d’eux était constamment auprès de la principale actrice ; nous lui crûmes des intentions lubriques ; l’ayant appelé, il vint à nous. Je ne suis pas ce que vous croyez, dit-il, je suis son guide et son démon serviteur ; c’est moi qui suis chargé de la diriger. Après quelques minutes d’un entretien très grave, il nous quitta en disant : Adieu ; elle va passer à l’action ; il faut que j’aille veiller sur elle. Nous évoquâmes ensuite un autre démon dont le seul regard suffisait à deviner la concupiscence. « Ce n’est pas trop mal, dit-il, mais c’est mou ; les acteurs pratiquent, voilà tout ; il n’y a pas d’inspiration. Attendez, ajouta-t-il, je vais essayer de leur donner un peu du feu sacré ». Alors on le vit aller au-dessus de la scène, planant autour des acteurs ; un effluve semblait partir de lui et se répandre sur eux ; à ce moment, il y eut chez eux une recrudescence visible d’énergie.

 

(* Témoin sur un plateau télé, un observateur relève que « lorsqu’on entre dans un studio, avec ces caméras, ces projecteurs, c’est étrange, on ressent comme un effet d’électrisation ; quelques secondes avant, nous n’étions pas encore dans cet état, et là, soudain, une tension nous saisit ; en température, c’est fort possible que l’on monte d’un degré ».)  

 

 

asmod-e1-couleur.jpg« Voici un autre fait qui prouve l’influence que les démons exercent sur les hommes à leur insu. Nous étions, comme ce soir-là, à une représentation infernale avec un autre médium voyant. Ayant engagé une conversation avec un démon luxurieux se tenant en spectateur, celui-ci nous dit : Vous voyez bien ces deux dames seules dans cette loge des premières ; eh bien ! Je me fais fort de leur faire succomber à Sapho. Cela dit, on le vit aller se placer dans la loge en question et parler aux deux dames ; tout à coup celles-ci, qui étaient très attentives au spectacle, se regardent, semblent se consulter, puis s’en vont et ne reparaissent plus. Le démon nous fit alors un geste obscène pour montrer qu’il avait tenu parole ; mais nous ne le revîmes plus pour lui demander de plus amples explications. C’est ainsi que nous avons pu maintes fois être témoin du rôle que jouent les démons luxurieux parmi les vivants ; nous les avons observés dans divers lieux de réunion, au bal, au concert, au sermon, aux noces, etc., et partout nous en avons trouvé attisant les passions mauvaises, infiniment luxurieuses, soufflant le stupre, excitant les corps-à-corps et se réjouissant de leurs prouesses ».

 

messaline-et-incube.jpgLes diaboliques, traitant de « l’inspiration » de la même manière qu’Aïvanhov, mais étudiant les domaines sensibles de la luxure, apportent les mêmes probabilités, qu’il est des amours et des fréquentations charnelles soutenues par des esprits infernaux (Esprits sexués) qui les ont inspirées. Si les ambitions vont dans un sens, elles peuvent aller dans l’autre, comme le souligne l’art hiératique. Les diaboliques convoquaient une femme qu’ils dédiaient à tel démon, à moins qu’ils voulaient la voir devenir Lilith « en persona » afin de s’entretenir avec elle, voire de s’unir à elle. Il fallait trouver nombre des signes particuliers propres à la démone Lilith et les faire porter par la femme qui prenait dès lors le titre de Reine, le rang de déesse dans Qliphoth, ce qui signifie « Archidémone », ou tout simplement « démone ».

 

aleister-crowley3.jpgL’auteur de « Crowley, qui suis-je ? », Christian Bouchet, écrit que « le maître Thérion nous a laissés de nombreux compte rendus de rituels menés pour obtenir des maîtresses ou de l’argent, ou afin d’avoir des réponses à des questions qu’il se posait. La plupart de ceux-ci utilisent la Magia Sexualis, avec comme idée que l’énergie déchargée au moment de l’orgasme peut être dirigée et utilisée pour influer sur le réel, pour renforcer le désir et la volonté. Ainsi Crowley effectua-t-il des accouplements magiques – qu’il nommait « opus » - pour obtenir de l’argent ou dans le but d’être en bonne santé. Dans cette pratique, le partenaire, masculin ou féminin, peut être informé du travail magique mené, et dans ce cas, sa coopération psychique renforcera son efficacité, il peut aussi être tenu dans l’ignorance de la signification du rapport auquel il participe. L’onanisme et la fellation peuvent aussi être utilisés. Le sperme, le cas échéant mêlé aux sécrétions féminines, résultant de ces activités est censé être doté de pouvoirs et est utilisé pour consacrer des pentacles ou des talismans. De telles unions peuvent aussi permettre de créer des homunculus ou « enfants magiques » » (Christian Bouchet – Crowley, qui suis-je ? – Pardès).

 

Aleister Crowley ajoute lui-même : « L’acte sexuel étant un sacrement, il reste à voir sous quels rapports cette proposition restreint l’emploi des organes, car dans ce cas les organes deviennent sacrés. Admettez sa fonction religieuse et vous devrez aussitôt stipuler que l’acte ne doit pas être profané. Il ne doit pas être entrepris sottement et à la légère, sans prétexte. C’est l’insouciant ou habituel usage, ou plutôt abus, de ces forces qui constitue leur profanation. Il sera d’ailleurs évident que, si l’acte en lui-même doit être le sacrement d’une cérémonie religieuse, cet acte doit être alors seulement accompli (comme un sacrifice que l’on rend au démon conjuré) ».

 

agrippa-cornelius.jpgSi l’occultisme peut concevoir « l’inspiration » comme une « une entité qui vient des régions supérieures et qui se sert de nous pour exécuter ce que nous-mêmes ne serions pas capables de faire », forcément, « l’inspiration luxurieuse », qui est le « fantasme », connait la même personnification possible. Les anciens nommaient justement ces entités des « Phantasmes* », que d’autres assimilent aux démons incubes succubes. Rudolf Steiner ayant enseigné que les Esprits de Saturne, dont la réputation des mauvais d’entre eux concerne la débauche, s’insinuaient en l’homme par ses yeux, or la vue offrant l’image, nous croyons en déduire que ces démons affectent la libido lorsqu’ils viennent la saturer de ces « inspirations luxurieuses » que sont les « fantasmes » (ce qu’ils sont). D’autres mystiques, liant les yeux et la vue avec l’élément Feu, signifient combien les Vulcanales ou Salamandres opèrent des charmes par ce moyen. Agrippa souligne que « la vue, parce qu’elle sent d’une manière plus pure et plus claire que les autres sens, et nous imprime d’une manière plus pénétrante et plus profonde les marques des choses, convient plus avec l’esprit « phantastique » (et « phantasmatique ») ; ce qui paraît particulièrement dans les songes, dans lesquels ce que nous avons vu se présente à nous. C’est pourquoi quand les collyres (le sens ancien de « collyre » concerne un charme ou un sortilège opéré via l’œil afin d’imposer une certaine vision à une victime) transforment les esprits visuels, ces esprits communiquent facilement leurs impressions à l’imagination, laquelle ayant reçu diverses espèces et formes, elle les renvoie par le même esprit au sens extérieur de la vue, et pour lors il se forme en lui une sensation à sa manière de telles espèces et formes, comme s’il était poussé par des objets étrangers, de sorte qu’il croit voir des images terribles et des démons et autres choses semblables ».

 

(* L’occultisme ancien fait du « Fantasme » ou « Phantasme » un esprit volant tel un fantôme apte à infecter l’esprit par des images luxurieuses. L’étymologie suggère que le mot signifie « illusion, fausse apparence » ou « image hallucinatoire ». « Emprunté au latin impérial « phantasma, -atis », « fantôme, spectre » ; au bas latin « image, représentation par l’imagination », transcris du grec « apparition, image offerte »  ou « l’esprit par un objet ; spectre, fantôme »; même racine que « fantôme » à juste titre. Le mot « fantôme » est lui-même transcrit dans le latin impérial « phantasma » d’où « phantauma » par altération massaliotte » (Source du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales).)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

Texte Libre





















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