Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 15:38

L’affaire des Bacchanales

 

[39,8] Origines du scandale

L’année suivante, les consuls Sp. Postumius Albinus et Q. Marcius Philippus négligèrent l’organisation de leurs armées, leurs préparatifs de guerre et le gouvernement de leurs provinces pour s’occuper uniquement d’étouffer une conjuration domestique.

Les préteurs tirèrent au sort leurs départements. T. Maenius eut la juridiction de la apis-priape-over-blog.jpg ville ; M. Licinius Lucullus celle des étrangers ; C. Aurélius Scaurus, la Sardaigne ; P. Cornélius Sylla, la Sicile ; L. Quinctius Crispinus, l’Espagne citérieure ; C. Calpurnius Piso, l’Espagne ultérieure. Les deux consuls furent chargés par un décret d'instruire contre les associations secrètes.

Un Grec de naissance obscure était venu d’abord en Étrurie; il n’avait aucune de ces connaissances propres à former l’esprit et le corps dont l’admirable civilisation de la Grèce nous a enrichis. Ce n’était qu'une espèce de prêtre et de devin, non point de ceux qui prêchent leur doctrine à découvert et qui, tout en faisant publiquement métier d’instruire le peuple, lui inspirent des craintes superstitieuses, mais un de ces ministres d’une religion mystérieuse qui s’entoure des ombres de la nuit. Il n’initia d’abord à ses mystères que très peu de personnes; bientôt il y admit indistinctement les hommes et les femmes et, pour attirer un plus grand nombre de prosélytes, il mêla les plaisirs du vin et de la table à ses pratiques religieuses.

Les vapeurs de l’ivresse, l’obscurité de la nuit, le mélange des sexes et des âges eurent bientôt éteint tout sentiment de pudeur, et l’on s’abandonna sans réserve à toutes sortes de débauches ; chacun trouvait sous sa main les voluptés qui flattaient le plus les penchants de sa nature. Le commerce infâme des hommes et des femmes n’était pas le seul scandale de ces orgies ; c’était comme une sentine impure d’où sortaient de faux témoignages, de fausses signatures, des testaments supposés, de calomnieuses dénonciations, quelquefois même des empoisonnements et des meurtres si secrets qu’on ne retrouvait pas les corps des victimes pour leur donner la sépulture. Souvent la ruse, plus souvent encore la violence, présidaient à ces attentats. Des hurlements sauvages et le bruit des tambours et des cymbales protégeaient la violence en étouffant les cris de ceux qu’on déshonorait ou qu’on égorgeait.


[39,9] Une victime toute désignée : P. Aebutius.

Cette lèpre hideuse passa, comme par contagion, de l’Étrurie à Rome. L’étendue de la ville, qui lui permettait de receler plus facilement dans son sein de pareils désordres, les déroba d’abord aux regards ; mais enfin le consul Postumius fut mis sur la trace des coupables.

P. Aebutius, fils d’un chevalier romain, ayant perdu son père puis ses tuteurs, avait été élevé sons la tutelle de sa mère Duronia et du second mari de cette femme, T. Sempronius Rutilus. Duronia était dévouée à son mari et Rutilus, qui avait géré la tutelle de manière à ne pouvoir en rendre compte, cherchait à se défaire de son pupille ou à le tenir sous sa dépendance par quelque lien puissant. Le seul moyen de le corrompre, c’était de l’initier aux Bacchanales. La mère fit venir le jeune homme. « Pendant qu’il était malade, lui dit-elle, elle avait fait vœu de l’initier aux mystères de Bacchus, aussitôt après sa guérison. Puisque les dieux avaient daigné l’exaucer, elle voulait accomplir son vœu. Il fallait pour cela qu’il observât pendant dix jours la plus grande chasteté ; au bout de ce temps, elle le conduirait au sanctuaire, lorsqu’il aurait soupé et pris un bain pour se purifier ».

Il y avait à Rome une courtisane fameuse, l’affranchie Hipsala Faecénia : c’était une femme au-dessus du métier auquel elle s’était livrée quand elle était esclave et que, depuis son affranchissement, elle avait continué par besoin. Le voisinage avait fait naître entre elle et Aebutius des relations qui ne nuisaient ni à la fortune ni à la réputation du jeune homme. C’était elle qui l’avait aimé et recherché la première et la générosité de la courtisane lui fournissait ce que lui refusait l’avarice de ses parents. Elle avait même fini par s'attacher tellement à Aebutius qu’après la mort de son patron elle demanda un tuteur aux tribuns et au préteur pour se faire autoriser à contracter, et elle rédigea un testament où elle institua Aebutius son légataire universel.

 

[39,10] La mise en garde d’Hipsala Faecénia

Après de pareils gages d’amour, ils n’eurent plus de secrets l’un pour l’autre. Un jour, jack-kliphoth-grotto.jpg le jeune homme dit en plaisantant à sa maîtresse de ne pas s’étonner si pendant plusieurs nuits elle le voyait découcher. « Un motif religieux l’y obligeait, ajouta-t-il, afin d’acquitter un vœu fait pour sa guérison; il voulait se faire initier aux mystères de Bacchus. - Les dieux vous en préservent ! s’écria aussitôt Hipsala tout éperdue, plutôt la mort et pour vous et pour moi qu’une pareille extravagance ! » Puis elle se répandit en menaces et en imprécations contre ceux qui lui avaient donné ce conseil.

Le jeune homme, étonné des paroles et de l'émotion de sa maîtresse, l’engagea à modérer ses transports, puisqu’il ne faisait qu’obéir aux ordres que sa mère lui avait donnés, avec l’aveu de son beau-père. « Votre beau-père, reprit-elle, car je n’oserais accuser votre mère, a donc hâte de vous enlever tout à la fois l’honneur, la réputation, l’avenir et la vie ? » Aebutius, de plus en plus étonné, la pressa de s’expliquer.

Alors Hipsala, demandant aux dieux et aux déesses de pardonner à l’excès de son amour la révélation de ces secrets qu’elle aurait dû taire, lui déclara qu’étant esclave elle était entrée dans ce sanctuaire avec son maître, mais que depuis son affranchissement elle n’y avait jamais mis le pied. « Elle savait, dit-elle, que c’était une école d’abominations de toute sorte, et il était constant que depuis deux années on n’avait initié personne au-dessus de l’âge de vingt ans. Dès qu’on y était introduit, on était livré comme une victime aux mains des prêtres et ils vous conduisaient en un lieu où des hurlements affreux, le son des instruments, le bruit des cymbales et des tambours étouffaient les cris de la pudeur outragée. « Elle le pria ensuite et le conjura de rompre à tout prix son engagement et de ne pas se précipiter dans un abîme où il aurait d’abord à supporter toutes les infamies, pour les exercer à son tour sur d’autres; enfin elle ne le laissa partir qu’après avoir obtenu sa parole qu’il éviterait cette initiation.

 

[39,11] Intervention du consul Postumius

Lorsqu’il fut rentré chez lui, sa mère lui énuméra toutes les formalités qu’il devait remplir le jour même et les jours suivants afin de se préparer à la cérémonie ; mais il protesta qu’il n’en ferait rien et qu’il ne voulait pas se faire initier. Le beau-père était présent. « Quoi ! reprit aussitôt Duronia, il ne pouvait se passer pendant dix nuits de sa concubine Hipsala ; enivré par les caresses empoisonnées de cette vipère, il ne respectait plus ni sa mère, ni son beau-père, ni les dieux mêmes ! » Des reproches qu’ils lui adressaient tour à tour, Rutilus et Duronia en vinrent à le chasser de chez eux avec quatre esclaves.

Le jeune homme se retira chez Aebutia, sa tante paternelle, et lui raconta pourquoi sa mère l’avait chassé. Le lendemain il alla, d’après les conseils de cette dame, trouver le consul Postumius sans témoins et lui faire sa déposition. Le consul lui dit de revenir au bout de trois jours et le renvoya. Puis il s’informa lui-même auprès de sa belle-mère Sulpicia, qui jouissait d’une grande considération, si elle connaissait une dame âgée, du nom d’Aebutia, demeurant sur l’Aventin. Sulpicia répondit qu’elle la connaissait et que c’était une femme d’honneur, qui avait conservé toute la pureté des mœurs antiques. « J’ai besoin de la voir, reprit le consul. Envoyez-la prier de venir auprès de vous ».

Aebutia se rendit à l’invitation de Sulpicia, et le consul arrivant peu de temps après, comme par hasard, fit tomber la conversation sur Aebutius. À ce nom, la dame se prit à pleurer et à gémir sur le malheur de son neveu qui, dépouillé de sa fortune par ses protecteurs naturels, avait été chassé par sa mère et réduit à chercher un asile chez elle, parce qu’il refusait, l’honnête jeune homme (que les dieux voulussent bien le protéger !), de se faire initier à des mystères qu’on disait infâmes.

 

[39,12] La déposition d’Hipsala

Le consul, jugeant par ces informations qu’Aebutius ne lui en avait pas imposé, congédia Aebutia et pria sa belle-mère de faire venir chez elle l’affranchie Hipsala, qui demeurait aussi sur l’Aventin et qui était bien connue dans le voisinage. Il avait, dit-il, quelques questions à lui adresser également. Le message de Sulpicia troubla d’abord la courtisane, parce qu'elle ignorait le motif qui la faisait mander chez une dame de si haut rang et si respectable : mais lorsqu’elle aperçut dans le vestibule les licteurs, la suite du consul et le consul lui-même, elle faillit s’évanouir. Postumius l’emmena dans un appartement retiré, et là, en présence de sa belle-mère, il lui déclara qu’elle n’avait rien à craindre si elle pouvait se résoudre à dire la vérité ; qu’il lui en donnait pour garant sa parole ou celle de Sulpicia, dont elle connaissait la bacchante.jpgvertu. Il l’engagea à révéler ce qui se passait dans le bois sacré de Stimula, aux mystères nocturnes des Bacchanales.

À ces mots, Hipsala saisie de frayeur fut agitée dans tous ses membres d’un tel tremblement qu’elle resta quelque temps sans pouvoir ouvrir la bouche. Quand elle eut enfin repris courage, elle protesta quelle était fort jeune encore lorsque sa maîtresse l’avait fait initier avec elle, mais que depuis plusieurs années, depuis l’époque de son affranchissement, elle ignorait ce qui se passait dans ces fêtes. Le consul la loua de n’avoir pas nié qu’elle eût été initiée, mais il la pressa de poursuivre ses révélations avec la même franchise. Comme elle persistait dans ses dénégations, il ajouta que, si on parvenait à la convaincre par le témoignage d’un autre, elle n’obtiendrait pas le pardon et l’indulgence que lui mériteraient des aveux volontaires, et qu’il avait tout appris de la bouche de celui à qui elle avait elle-même tout révélé.

 

[39,13] Le culte des Bacchanales

Hipsala ne doutant plus qu’Aebulius n’eût trahi son secret, comme cela était en effet, se jeta aux pieds de Sulpicia et la conjura d’abord de ne point faire une affaire sérieuse et même capitale de la conversation d’une affranchie avec son amant; c’était pour l’effrayer, et non parce qu’elle savait quelque chose, qu’elle lui avait fait ce récit. Postumius l’interrompit avec colère. Elle croyait sans doute encore, lui dit-il, plaisanter avec son amant Aebutius, et non s’adresser à un consul, dans la maison d’une dame très respectable ; mais Sulpicia vint au secours de sa frayeur, l’encouragea et chercha à calmer son gendre.

Hipsala se rassura enfin et, après s’être plaint amèrement de la perfidie d’Aebutius, qui avait si mal reconnu un service de la plus haute importance, elle déclara qu’elle redoutait beaucoup les dieux dont elle révélait les secrets mystères, mais plus encore les hommes qui se vengeraient de sa révélation en la déchirant de leurs propres mains. Elle conjurait donc et Sulpicia et le consul de lui faire la grâce de la reléguer hors de l’Italie, dans quelque retraite inconnue, où elle pût passer le reste de ses jours en sûreté. Postumius lui dit d’être sans inquiétude et lui promit de veiller à ce qu’elle pût habiter Rome même sans danger.

Hipsala reprit alors l’origine des mystères. « Ce sanctuaire, dit-elle, n’avait d’abord été ouvert qu’aux femmes, et on n’y admettait ordinairement aucun homme. Il y avait dans l’année trois jours fixes pour l’initiation, qui se faisait en plein jour. Les dames étaient, chacune à leur tour, investies du sacerdoce. C’était une certaine Paculla Annia, de Campanie qui, pendant son sacerdoce, avait tout changé, prétendant en avoir reçu l’ordre des dieux. C’était elle qui la première avait initié des hommes, en amenant ses deux fils, Minius et Hérennius Cerrinius, consacré la nuit en place du jour à la cérémonie, et réglé qu’au lieu de trois jours par an, il y en aurait cinq par mois pour les initiations. Depuis l’admission des hommes et le mélange des sexes, depuis qu’on avait fait choix de la nuit, si favorable à la licence, il n’était sorte de forfaits et d’infamies qui n’eussent été accomplis et les hommes se livraient plus à la débauche entre eux qu’avec les femmes. Ceux qui se prêtaient avec quelque répugnance à ces excès monstrueux, ou qui semblaient peu disposés à les commettre eux-mêmes, étaient immolés comme des victimes. Le comble de la dévotion parmi eux, c’était de ne reculer devant aucun crime.

Les hommes paraissaient avoir perdu la raison et prophétisaient l’avenir en se livrant à des contorsions fanatiques ; les femmes, vêtues en bacchantes et les cheveux épars, descendaient au Tibre en courant, avec des torches ardentes qu’elles plongeaient dans l’eau et qu’elles retiraient tout allumées, parce que ces torches renfermaient un mélange de chaux vive et de soufre naturel. Les dieux étaient supposés enlever des malheureux, qu’on attachait à une machine et qu’on faisait disparaître en les précipitant dans de sombres cavernes. On choisissait pour cela ceux qui avaient refusé de se lier par un serment ou de s’associer aux forfaits ou de se laisser déshonorer. La secte était déjà si nombreuse qu’elle formait presque un peuple ; des hommes et des femmes de nobles familles en faisaient partie. Depuis deux ans il avait été décidé qu’on n’admettrait personne au-dessus de vingt ans ; on voulait avoir des initiés dont l’âge se prêtât facilement à la séduction et au déshonneur ».

 

[39,14] Révélation du complot au sénat

Après avoir achevé cette déposition, Hipsala tomba de nouveau à genoux et redemanda avec les mêmes instances à être éloignée de l’Italie. Le consul pria sa belle-mère d’abandonner à cette femme un logement dans sa maison, et Sulpicia lui donna une chambre à l’étage le plus élevé ; on ferma l’escalier qui conduisait de cette chambre à la rue, et on ouvrit une entrée à l’intérieur de la maison. On y transporta sur-le-champ tous les effets de Faecénia, et on fit venir ses esclaves. Aebutius eut ordre de se retirer chez un des clients du consul.

Lorsque Postumius eut ainsi les deux dénonciateurs en sa puissance, il fit son rapport au sénat et lui exposa successivement les révélations qu’il avait reçues et le résultat des informations qu’il avait prises. Les sénateurs conçurent les plus vives alarmes, tant pour la sûreté publique, qui pouvait être compromise par quelque trame perfide élaborée dans ces réunions et assemblées nocturnes, que pour le repos de leurs propres familles, dans lesquelles ils craignaient de trouver quelque coupable. Ils votèrent cependant des remerciements au consul pour avoir conduit cette enquête avec une rare vigilance et le plus profond mystère. Ils chargèrent ensuite les consuls d’entamer une procédure extraordinaire contre les Bacchanales et les sacrifices nocturnes, de veiller sur la personne des dénonciateurs Aebutius et Faecénia, et de provoquer de nouvelles révélations par l’appât des récompenses.

On convint en outre de faire rechercher soit à Rome, soit dans tous les villages voisins, les prêtres ou prêtresses qui présidaient à ces sacrifices, pour les mettre à la disposition des consuls, et de faire publier dans la ville ainsi que dans toute l’Italie un édit portant défense à tous les initiés aux mystères de Bacchus de se réunir et de se rassembler pour célébrer cette cérémonie ou toute autre semblable. Avant toutes choses, on devait poursuivre ceux qui se réuniraient ou s’engageraient par des serments pour attenter à l'honneur ou à la vie des citoyens. Telle fut la substance du sénatus-consulte. Les consuls enjoignirent aux édiles curules de rechercher tous les ministres de cette religion et, lorsqu’ils les auraient arrêtés, de les tenir enfermés où ils le jugeraient à propos, afin qu’on pût les interroger. Les édiles plébéiens eurent ordre de veiller à ce qu’il ne se fît aucune cérémonie secrète. On chargea les triumvirs capitaux d’établir des postes dans tous les quartiers et d’empêcher les réunions nocturnes. Enfin, pour prévenir les incendies, on adjoignit aux triumvirs des quinquévirs qui devaient surveiller, chacun dans son quartier, les maisons situées en deçà du Tibre.

 

[39,15] Discours de Postumius devant le peuple

Après avoir envoyé tous ces magistrats à leurs différents postes, les consuls montèrent à la tribune, et là, en présence de l’assemblée générale du peuple, Postumius, après avoir prononcé la formule solennelle d’invocation, par laquelle les magistrats commencent toujours leurs harangues au peuple, s’exprima en ces termes :

« Citoyens, jamais discours ne fut plus à propos et n’eut plus besoin d’être précédé de cette invocation solennelle, qui vient de vous rappeler quels sont les dieux que vos ancêtres ont toujours honorés de leur adoration, de leurs hommages et de leurs prières, car ils n’ont jamais reconnu ces divinités étrangères, dont le culte infâme aveugle les esprits et les pousse par une sorte de délire fanatique dans un abîme de forfaits et de souillures. Je ne sais en effet ce que je dois vous taire, et jusqu’à quel point je puis parler. Je crains de manquer à mon devoir si je vous laisse ignorer quelque chose, et de vous inspirer une trop grande frayeur si je vous dévoile tout. Quoi que je puisse dire, souvenez-vous que je resterai toujours au-dessous de la vérité dans cette monstrueuse affaire. J’aurai soin cependant d’en dire assez pour que sous soyez désormais sur vos gardes ».

« Vous savez que les Bacchanales se célèbrent depuis longtemps dans toute l’Italie, et maintenant même dans plusieurs quartiers de Rome. À défaut de la renommée qui vous en ait instruits, vous l’auriez appris, j’en suis sûr, par ces sons discordants et ces hurlements qui retentissent la nuit dans toute la ville. Mais vous ignorez en quoi consistent ces mystères. Les uns croient que c’est quelque rite particulier, les autres que ce sont des divertissements et des plaisirs permis, tous que ces réunions, quel qu’en soit l’objet, sont peu nombreuses. À l’égard du nombre, quand je vous dirai qu’on y compte plusieurs milliers d’hommes, vous allez vous effrayer sur-le-champ, si je ne vous les fais connaître ».

« D’abord ce sont en grande partie des femmes, et là fut la source du mal, puis des hommes efféminés, corrompus ou corrupteurs, fanatiques abrutis par les veilles, l’ivresse, le bruit des instruments et les cris nocturnes. C’est une association sans force jusqu’à présent, mais qui menace de devenir très redoutable, parce que de jour en jour elle reçoit de nouveaux adeptes. Vos ancêtres ont cru ne devoir permettre vos assemblées que dans le cas où l’étendard, déployé sur la citadelle, appelait les centuries hors de Rome pour voter aux comices, ou bien lorsque les tribuns convoquaient les tribus, ou encore lorsqu’un magistrat désirait haranguer le peuple. Ils ont voulu aussi que partout où l’assemblée avait lieu, il y eût, pour la diriger, une autorité reconnue par la loi ».

« Quelle idée aurez-vous donc de ces réunions, qui se tiennent la nuit et où les sexes sont confondus ? Si vous saviez à quel âge les hommes y sont initiés, vous ne vous borneriez pas à les plaindre, vous rougiriez pour eux. Citoyens, pensez-vous qu’on doive admettre dans vos armées des jeunes gens enrôlés dans cette milice ? Les tirer de cet infâme repaire pour leur confier des armes ? Remettre à ces misérables, souillés de prostitutions, dont ils ont été les agents ou les victimes, le soin de combattre pour l’honneur de vos femmes et de vos enfants ? »

 

[39,16] Suite du discours de Postumius

« Ce ne serait rien encore si leurs débauches n’avaient d’autre effet que de les énerver et de les couvrir d’une honte toute personnelle, si leurs bras restaient étrangers au crime et leur âme à la perfidie. Mais jamais la république ne fut attaquée d’un fléau plus terrible ni plus contagieux. Tous les excès du libertinage, tous les attentats commis dans ces dernières années sont sortis, sachez-le bien, de cet infâme repaire. Et les forfaits dont on a juré l’exécution ne se sont pas encore tous produits au grand jour. Les membres de cette association impie se bornent encore à des crimes particuliers, parce qu’ils ne sont pas assez forts pour écraser la république. Chaque jour le mal s’accroît et s’étend; il a déjà fait trop de progrès pour se renfermer dans le cercle des violences particulières ; c’est à l’état tout entier qu’il veut s’attaquer ».

« Si vous n’y prenez garde, citoyens, à cette assemblée qui a lieu en plein jour, et qui a été légalement convoquée par le consul, va bientôt succéder une assemblée de nuit tout aussi nombreuse. Ils vous craignent maintenant, ces coupables, parce qu’ils sont isolés et que vous êtes tous réunis en assemblée ; mais à peine vous serez-vous séparés pour retourner dans vos maisons ou dans vos champs, qu’ils se réuniront à leur tour ; ils délibéreront sur les moyens d’assurer leur salut et votre perte ; alors vous serez seuls et vous devrez les craindre, car ils seront réunis. Chacun de vous doit donc faire des vœux pour que tous les siens se soient préservés de la contagion. S’il en est que le libertinage ou la folie a entraînés dans ce gouffre, il faut les considérer comme appartenant, non plus à sa famille, mais à cette bande de débauchés et d’assassins à laquelle ils se sont liés par leurs serments ».

« Et que personne ne se fasse ici de vaines illusions ; je ne suis pas rassuré sur votre compte. Rien ne contribue mieux à égarer l’homme que la superstition. Lorsque le crime se couvre du manteau de la religion, on craint de porter quelque atteinte aux droits de la divinité en punissant les forfaits des hommes. Que ces scrupules ne vous arrêtent pas ; de nombreux décrets des pontifes, des sénatus-consultes et les réponses des haruspices doivent vous en affranchir. Combien de fois nos pères et nos aïeux n’ont-ils pas chargé les magistrats de s’opposer à toute cérémonie d’un culte étranger, d’interdire le Forum, le Cirque et la ville aux prêtres et aux devins, de rechercher et de brûler les livres de prophéties, de proscrire tout rite, tout sacrifice autres que ceux des Romains ! Ils pensaient en effet, ces hommes si versés dans la connaissance des lois divines et humaines, que rien ne tendait plus à détruire le culte national que l'introduction des pratiques étrangères ».

« Voilà ce dont j’ai cru devoir vous prévenir, pour éloigner de vos esprits toute crainte superstitieuse, quand vous nous verrez anéantir les Bacchanales et dissoudre ces infâmes réunions. Dans tout cela, nous agirons avec l’aide et la protection des dieux. Ce sont eux qui, indignés de voir le crime et la débauche profaner leur majesté de leurs souillures, les ont fait sortir de l’obscurité où ils se cachaient et les ont dévoilés au grand jour, non pour les laisser impunis mais pour les écraser sous le poids d’une éclatante vengeance ».

« Le sénat m’a chargé, ainsi que mon collègue, d’informer extraordinairement sur cette affaire ; nous accomplirons avec zèle la mission qui nous est personnellement confiée. Nous avons enjoint aux magistrats inférieurs de veiller la nuit sur la ville. Vous, de votre côté, remplissez les devoirs de votre position ; que chacun exécute ponctuellement, dans le poste qui lui sera assigné, les ordres qu’il recevra, et prévienne par sa vigilance les dangers ou les troubles que pourrait faire naître la trahison ».

 

[39,17] Mesures prises contre la secte

Les consuls firent ensuite donner lecture des sénatus-consultes et annoncer des récompenses pour quiconque leur amènerait ou leur découvrirait un coupable. « Si quelque prévenu, dirent-ils, prenait la fuite, ils lui fixeraient un jour pour comparaître et, s’il ne répondait pas à la citation, il serait condamné par contumace. Si parmi les accusés il s’en trouvait qui fussent en ce moment hors de l’Italie, on leur accorderait un plus long délai pour leur donner les moyens de venir plaider leur cause. « Ils défendirent ensuite de rien vendre ou acheter qui pût favoriser la fuite, d’accueillir, de cacher ou d’aider en aucune façon les fugitifs.

L’assemblée était à peine congédiée que de vives alarmes se répandirent par toute la ville. Cette frayeur ne se renferma point dans l’enceinte de Rome ni même dans son territoire, mais elle gagna bientôt l’Italie dans tous les sens, lorsqu’on eut reçu les lettres des citoyens qui communiquaient à leurs hôtes des villes le sénatus-consulte, la harangue de Postumius et l’édit des consuls. Pendant la nuit qui suivit le jour où l’affaire fut exposée au peuple, les postes établis aux portes par les triumvirs arrêtèrent beaucoup de fugitifs et les forcèrent à retourner sur leurs pas ; d’autres furent dénoncés et quelques-uns d’entre eux, hommes et femmes, se donnèrent la mort.

On portait le nombre des conjurés à plus de sept mille personnes des deux sexes. On savait que les chefs du complot étaient les plébéiens Marcus et Caius Atinius, le Falisque L. Opicernius et le Campanien Minius Cerrinius. C’étaient eux qui avaient commencé la série des forfaits et des infamies, eux qui étaient les grands-prêtres et les fondateurs de la nouvelle religion. On s’occupa de les saisir au plus tôt. Ils furent amenés devant les consuls, avouèrent tout et furent exécutés sur-le-champ.

 

[39,18] La répression

Mais le nombre des fugitifs était si considérable que, pour épargner une condamnation à plusieurs citoyens qui étaient en procès, les préteurs T. Minius et M. Licinius furent obligés d’accorder un sursis de trente jours et d’attendre que les consuls eussent achevé leur enquête. Il en fut de même pour les accusés qui ne comparaissaient pas à Rome et qu’on n’y pouvait trouver ; leur absence força les consuls à parcourir les bourgs voisins pour y chercher ceux qu’ils poursuivaient et les juger.

Ceux qui n’avaient été qu’initiés et qui n’avaient fait que répéter après le prêtre la formule sacramentelle, comprenant l’engagement infâme de se livrer à tous les excès, du crime et du libertinage, mais qui n’avaient souffert ou commis aucune des turpitudes dont leur serment leur faisait une loi, furent laissés en prison. Tous les initiés coupables de prostitution ou de meurtre, de faux témoignages, de fausses signatures, de testaments supposés, ou de toute autre fraude aussi déshonorante, furent condamnés à mort. Leur nombre fut plus grand que celui des prisonniers : on remarqua dans les deux catégories beaucoup d’hommes et de femmes. Les femmes condamnées furent remises entre les mains de leurs parents ou de ceux en puissance de qui elles se trouvaient, pour qu’ils les fissent exécuter en particulier. S’il n’y avait personne qui pût être chargé de leur supplice, on les exécutait publiquement.

On enjoignit ensuite aux consuls de s’occuper de détruire les Bacchanales d’abord à Rome, puis dans toute l’Italie, et de ne respecter que les autels ou statues anciennement consacrés à Bacchus. Un sénatus-consulte régla pour l’avenir qu’il n’y aurait plus de Bacchanales à Rome, ni dans l’Italie ; que si quelqu’un était convaincu de l’importance et de la nécessité de ces mystères, s’il croyait ne pouvoir se dispenser de les célébrer sans éprouver des scrupules et redouter un malheur, il ferait sa déclaration au préteur, qui en référerait au sénat ; et si cent sénateurs au moins lui accordaient l’autorisation, il ne pourrait célébrer la cérémonie qu’en présence de cinq personnes au plus, sans qu’on eût mis de l’argent en commun pour les frais, sans qu’on eût pris un prêtre ou un sacrificateur.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 15:33

Nombreuses sont les suggestions à propos du nom « Bacchus ». Les plus ésotéristes le rapprochent de « Kabir » ou « Habir », en liaison aux fameux dieux Cabires célébrés Livre lilith magia sexualispar les initiés dans les temples de Samothrace, parmi lesquels nous trouvons, lorsqu’ils ne sont que deux, Jupiter en haut et Bacchus en bas. Jacques-Antoine Dulaure prétend que le nom, puisqu’il est calqué sur Baal, est un diminutif de « Baal de Koush ». Car Bacchus est le nom romain du dieu grec Dionysos, dont le même auteur cité, ajoute qu’il est Adon, Dieu-Taureau, que la mythologie helléniste finit par appeler Adonis. Adon est identifié avec Thammuz. Toutefois, passer de « Dionysos » à « Bacchus » pour célébrer la même divinité réclame des précisions. Dulaure assimile alors Mendès, Dieu-Bouc des Egyptiens du Nord, avec Bacis et propose alors que ce nom ait servi pour former « Bacchus ».

Il vient ainsi coïncider avec le mot « Bassare », qui devient « Bassaros », tiré de « Bashar » (Beth-Shin-Resh), signifiant « chair », et perçu alors comme le « dieu de la chair ». Une sonorité vient rappeler « Bastet » et les prostituées sacrées qui travaillaient dans son temple, d’où une allusion certaine, et ces filles mises au service de « Bassaros » deviennent les « Bassares », que Marcel Detienne, dans « Dionysos mis à mort » (Gallimard), assimile aux Bacchantes.

« Bacchus tient son nom, selon Monsieur Félix Lajard, du mot « Vaccha », dont tête taureau provient « Vache » ; étant mâle, il est le « taureau », et les Bacchantes à son côté sont logiquement les « femmes du taureau » (Dieu-Taureau) ».

C’est, finalement, en s’inspirant de ce même rapprochement, que nous devons constater avec surprise combien « Bacchus » est proche du mot « Bucco » signifiant « Bouc ». Et qu’il suffit de lier « Vacca » avec « Bucco » pour obtenir « Bacchus », comme quoi les Romains qui célébrèrent ce dieu l’appelaient par la forme qu’ils voyaient de lui représentée lors des Bacchanales.  

 

Le mot « Bouc » est, dit-on, d’origine germanique. « Ce mot vient de l’allemand « Bock », d’où l’italien a fait « Bucco ». Ménage le dérive de « Buccus », qui se trouve dans la Loi Salique, ou plutôt du celtique « Bouch ». « Buk » est un mot de la langue des Francs, qui veut dire la même chose, et « Bocken » chez les Allemands et chez les Allobroges.
Les boucs dessèchent et font mourir toutes les plantes où ils portent leur dent. C’est pour cela que les anciens sacrifiaient des boucs aux dieux qui présidaient aux plantes, aniza 4 overblogà Bacchus, à Minerve, etc. C’est pour cela que nos coutumes défendent qu’on les mène dans les jeunes bois, ou qu’on les laisse aller dans les vignes mais seulement dans les montagnes et les lieux incultes. Les boucs et les chèvres sont les plus lascifs de tous les animaux et ceux dont l’odeur est plus forte et plus mauvaise. Les Hébreux donnent l’épithète de (Tsaddé-Phé-Yod-Resh), ou « matineux », soit parce qu’il est en effet, et qu’il conduit les chèvres aux pâturages de bon matin, soit parce qu’en certaine saison il se tourne toujours du côté de l’Orient » (Dictionnaire universel français et latin vulgairement appelé Dictionnaire de Trevoux). 

 

Que le mot soit allemand ne convient pas trop pour notre démonstration, mais l’exposé ajoute qu’il est vite récupéré en Italie pour devenir « Bucco ».
Par ailleurs, nous constatons que le mot germain « Bock » trouve un homonyme dans baphomet-danseusesNB-overblog.jpgl’ancien vocabulaire slave en « Bog » signifiant « noir », et nous connaissons « Tchernobog », voulant dire « dieu noir ».  Sauf que sa représentation, à ce dieu saturnien, pouvait bien être celle d’un caprin cornu, à n’en pas douter, et que bien des assistants à la célébration qui lui était faite jadis dans les bois, disaient qu’ils allaient « voir le Noir » tout en visualisant une idole comme celle d’un bouc empaillé. Et qu’à force, « Bog » évolué en « Bock » s’est apparenté à l’animal, et qui a pris finalement le nom de « Bouc ».

 

Les rapports élaborés par des mystiques envisagent toujours un ésotérisme puissant derrière chaque culte, notamment celui de Bacchus, alors que les descriptions des rituels rapportées par des auteurs de l’époque exposent un festival d’horreurs. miroir-magique-overblog.jpgCeux-ci avaient-ils vocation à en rajouter sur le caractère dangereux de pareilles sectes, est-ce la « pure vérité », ou des intérêts ont poussé à noircir volontairement les traits de ces cérémonies ? Car, ajoutons de suite, que ceux des Romains au pouvoir qui s’exclamèrent de frayeur pour ce qu’il se passait dans les Bacchanales ne peuvent pas défendre un bilan plus brillant en ce qui concerne les usages quotidiens des différents César, dont l’Histoire envisage pour le compte de chacun, orgie sur orgie, crime sur crime, infamie sur infamie.

C’est avec cette précaution qu’il faut aborder le texte de Tite-Live à propos des Bacchanales, dont nous citons les extraits les plus intenses.

(Chapitre : Tite-Live et les Bacchanales)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 15:22

L’abbé d’Aubignac, étudiant les satyres, vient un temps les identifier avec des singes avant les boucs, précisant qu’ils étaient ceux qui accompagnaient Thoth qui avait la tête d’un cynocéphale, d’un babouin. Et c’est parce que ces derniers étaient poilus qu’ils étaient nommés « Velus ».
Livre lilith magia sexualisPourtant, le vocabulaire hébraïque ne laisse point place au doute. Le mot « Shor » (Shin-Vau-Resh) signifie « taureau » et nous relevons que « Vau », caractère du milieu, se rapporte au signe astrologique du Taureau. De la même façon, nous procédons pour le mot « Seir » (Shin-Ayin-Yod-Resh) signifiant « bouc » et constatons que « Ayin » correspond au signe du Capricorne ou Caprin Cornu. « Seir » (pluriel : Seirim) est bien un bouc et pas vraiment un singe.

 

Puis, la question est de savoir à quoi se réfèrent ces satyres, et d’éminents mystiques ont supposé qu’il s’agissait d’hommes-animaux, des sortes de brutes et dont les hommes auraient fini par rendre un culte. C’est accorder au genre humain une sacrée bêtise dont nous doutons que les anciens initiés auraient animé avec elle l’ésotérisme.

La guématrie vient à notre aide.

Les hommes rendaient un culte aux Génies, que le comte Gabalis identifie avec les Eléments (élémentals) que sont Sylphes, Salamandres, Nymphes et Gnomes. Ils appartiennent à un plan conjoint au nôtre mais nous sont supérieurs.

A autel messe noire satyre2 NBQui entend « Génie », terme romain, comprend « Djinn », terme arabe. Repris par les Hébreux, ce mot « Djinn » (Guimel-Yod-Nun) a pour nombre 63, qui est le chiffre de l’abréviation « Zon » pour « Zakhor va N’qava » signifiant « le mâle dans la femelle ». C’est sans doute primaire, mais le « Djinn », notre indispensable compagnon, s’il faut lui donner une figure, vient s’apparenter « au mâle dans la femelle ». Ceci peut plus simplement signifier que le Djinn est un être sexué, d’où qu’il est demi-dieu, à la fois dieu, à la fois comme nous. Paracelse confirme « que les hommes sont les fils des élémentals, ceux-ci sont nos progéniteurs ».

De même, le mot « Djinn » (Guimel-Yod-Nun) a pour nombre 713 lorsque « Nun » est A-jack-devant-baphomet-v-nus-overblog.jpgcompté comme lettre finale. Et 713 est le chiffre de « Shabbathaï », qui est le nom hébreu de la planète Saturne. A son tour, Saturne est le maître de la constellation du Capricorne ou Caprin cornu. Conséquence : une figure possible du Djinn est celle d’un capricorne ou bouc. En somme, l’entité est un demi-dieu mais il peut être représenté sous la force d’un cornu.

Nous relevons que dans « l’Exode » de la Bible, à l’heure où Moïse descend du mont Sinaï, le verset rend compte ainsi de l’événement : « Et les Israélites remarquaient le visage de Moïse, dont la peau était rayonnante ». Le mot utilisé pour « rayonnant » est « Qeren » (Quoph-Resh-Nun) signifiant « cornu ». Car la version originale est exactement la suivante : « Que la face de Moïse, descendant du mont Sinaï, était cornue » (François Hédelin, abbé d’Aubignac – Des satyres brutes, monstres et démons - 1627 – Jérôme Million). Les rédacteurs ont substitué à l’adjectif « cornu » celui de « rayonnant », de telle sorte que « Qeren » signifie autant « lumière » que makara2« corne » (Annick de Souzenelle écrit de « Qeren », valant 1000, qu’il s’agit de la « toute-puissance »), qu’ainsi la représentation d’une entité avec des cornes marquait qu’il était un être lumineux.

Les Arabes ont distingué les bons Djinn des mauvais, précisant que les premiers sont des Djinn, les seconds des Shayatin.

Mais il est probable qu’à force de représentations sculptées de cornus, les Djinn se soient trouvés apparentés à des Shabbathaï ou « esprits de Saturne ».

Ainsi, la représentation d’un satyre et la dévotion que des hommes avaient pour sa figure ne concernaient pas des crédules sacrifiant pour une brute mais des dévots qui rendaient un culte à un Génie qui appartient au monde dit des demi-dieux.

 

Les initiés figuraient chacun leur dieu sous l’apparence d’un taureau ou d’un bouc. Ceci parce qu’aux temps antiques, le début de l’année commençait au signe du Taureau, qui correspond avec la saison du printemps où les hommes de la terre voyaient la nature s’éveiller par la force des rayons solaires. Ce Dieu-Soleil qui, avec ses premiers rayons, vivifie la terre entière à l’heure du Taureau ne pouvait qu’être bel zubb xxxfiguré sous cette forme. Et comme ce signe zodiacal comprend en lui la constellation du Cocher et dans celle-ci l’étoile la plus lumineuse nommée « Capella » (chèvre), les hommes pouvaient appeler indifféremment ce signe du Taureau ou du Bouc ; ce même Bouc qui vient finir ses derniers jours avant de mourir dans le signe du Capricorne. Donc, les figures du bouc et du taureau représentaient ce Dieu-Soleil, d’où qu’Osiris avait cette représentation, et tant d’autres après lui.

 

C’est lorsqu’un corps d’homme est venu s’ajouter à une tête de taureau ou de bouc, que la symbolique du Soleil a été supplanté par celle de la génération et puis de la luxure. Les hommes, doués d’imagination, ont constaté que les désirs qui touchaient à la chair sensuelle méritaient eux-mêmes d’être glorifiés, et ayant connu leurs auteurs dans le ciel cosmogonique, ils se sont aperçus qu’ils avaient eux-mêmes des correspondances avec le taureau et le bouc et qu’ils ne pensaient, puisque c’était là l’intérêt essentiel de leur ouvrage, qu’au sexe (fécondité, reproduction, prostitution, luxure).

 

De même, il existe la racine « Dag » (Daleth-Guimel) ou « poisson femelle » - le sirène apsara6« signe des Poissons » étant « Mazal Daguim » (Mem-Zain-Lamed/Daleth-Guimel-Yod-Mem), et « Nun » étant le « poisson mâle » - qui s’inclut dans « Djinn », d’où les mystiques orientaux ont obtenu le nom « Daguini » pour « Dâkinî » (mot sanscrit) ; ce qui suppose que l’apparence de cette divinité féminine devient celle d’une femme avec des caractéristiques du poisson, réputé pour la « perpétuation », un aspect qui vient inclure la « génération ». Les mêmes mystiques orientaux, par le nombre des langues vivantes, ont vu permuter les noms, ainsi nous trouvons « Nâga », d’une certaine manière le mot « Djinn » inversé, qui est le « serpent ». Et la Nymphe ou Ondine est appelée « Nâgy Apsara » ou « Serpente des Eaux » ; et l’on ajoute qu’elle est la « patronne de l’amour ». L’icône du poisson se change en un serpent femelle, ainsi l’on ajoute à la perpétuation de l’espèce (génération) l’érotisme (le mouvement ondulant du serpent lorsqu’il se déplace). Donc, la représentation d’une divinité d’aspect féminin pouvait être celle d’une femme ayant des signes auspicieux du serpent, pour signifier, lorsqu’elle fut exposée, que ceux des hommes qui vouaient un culte devant sa face ne sacrifiaient pas à une femme mais bien à une divinité, laquelle appartenait au règne des puissances élémentales.       

  

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 17:47

Les inavouables secrets de Lilith: Les « Adorateurs du sexe féminin » (9)

 

Il est à croire que tant que des cérémonies voyaient des hommes idolâtrer le « membrum virile » sensé représenter l’astre solaire, tout allait pour le mieux. Lorsqu’il fût joint à un corps humain, et que les sectateurs entreprirent de célébrer la yoni2fécondité, cela altéra la vertu des exercices et augmenta les raisons de la débauche. Qu’encore d’autres commandèrent des vœux lors de ces célébrations, qu’ainsi le sexe devint synonyme de sorcellerie, incantation, bénéfice ou maléfice, magie noire : et la même orgie se changea en une conjuration. Enfin, que certains supplantèrent au phallus un mullos (culte du Yoni, culte de Shakti, culte de AO chez Seth, culte de OB, etc…) et que des hommes firent vœu de dévotion devant le sexe féminin engendra maints ennemis, et les pratiques allant toujours plus vers la licence, rendirent le rituel à l’égal d’un art sexuel éloigné du spirituel, jusqu’à prendre, pour exister encore, le chemin de la clandestinité.

 

Jacques-Antoine évoque une secte des « Nézéires » ayant des rituels de cet ordre ; il écrit : « Ces assemblées nocturnes, et les fornications confuses qui s’y commettaient, ont été reprochées aux premiers chrétiens, à la secte des Adamites, et, avec plus de raison, aux sectateurs de « Prodicus », ainsi qu’à un très grand nombre de sectaires. Le pape Grégoire IX, dans une lettre qu’il écrit à Henri, empereur d’Allemagne, parle d’une assemblée d’hérétiques qui, après avoir éteint les chandelles, se livraient à la luxure la plus honteuse » (Thesaurus Anecdotorum, t. I, p.952).

Les « Nézeires* » ou « Nazaréins » forment une secte particulière dans la Syrie, et vivent dispersés parmi les mahométans, les druses et les chrétiens. Ils adorent Dieu, et 000 0002croient en Jésus-Christ, comme prophète, élu pour instruire les hommes, et leur donner la loi. Ils adressent indifféremment leurs prières aux apôtres, à la vierge et aux anciens prophètes. Ils pratiquent le baptême d’immersion ; ils célèbrent la nativité, l’ascension de Jésus-Christ, et quelques autres fêtes instituées parmi nous. Ils en ont une singulière, qu’ils appellent du nom de la « Matrice ». On les voit, dans cette solennité, saluer les femmes avec un saint respect, se prosterner devant elles, et embrasser affectueusement leurs genoux. De là vient qu’on les nomme « Adorateurs de la Matrice ».

Le libertinage est érigé en maxime parmi les « Nézeires ». Entre autres dépravations, ils admettent la pluralité des femmes. Le jour de la circoncision, qui commence leur année, on rassemble toutes les femmes dans la salle du sacrifice ; on ferme les fenêtres, et l’on éteint les lumières ; viennent ensuite les hommes, et chacun d’eux prend, au hasard, la première femme qui lui tombe sous la main, sans s’inquiéter de la connaître ».

Cette abomination se renouvelle plusieurs fois l’année, et particulièrement la fête de la Matrice, en mémoire de la création de l’homme et de la femme. Il est d’usage que le chef de la loi y assiste avec son épouse, obligée, comme toute autre, de se confondre dans la foule.
On croit que les « Nézéires » sont les restes des anciens hérétiques hébionistes… yoni3 pujaCette nation est connue en Syrie sous la dénomination de « Cirsundre », conçue et formée de l’action d’éteindre les lumières » (Voyage dans l’île de Chypre, la Syrie et la Palestine, par l’abbé Mariti, t. II, p.62).  

 

(* Nombreuses sont les orthographes françaises de ce nom, heureusement, la racine reste toujours la même : « Nazar ». A titre d’information, nous trouvons cette racine par « les Grecs qui nomment la secte gnostique du nom « d’Ophites » (serpent), que les Hébreux appellent « Naassènes » ou « Naasseni » du mot « Nahash » (Nun-Chet-Shin) (358) pour « serpent », ce mot ayant pu engendrer « nazar » (les prêtres du serpent) et « nasaréen ». De même, certains comptent, parmi ces Naassènes, des Sethiens ou fidèles de Seth ».

De son côté, HPB explique : « Le terme Nazar (Nun – Zain – Resh) signifie « se vouer, se consacrer à » ; dans le même ordre pour « Zoro » ou « Zeru », qui est le prêtre, le prophète, le hiérophante ou le mage. Ne pourrait-on pas, par conséquent, supposer que le Zoro-Aster (Zoroastre ou Zarathoustra) était le Nazar d’Ishtar (Astarté) ou « Zeru-Astar » » (HPB – Isis dévoilée ; p.147 – éditions Adyar). Ceci, sachant yoni single fond hypno shakti nom« qu’Astar » a quelque lien avec Astarté, Jean-Baptiste Félix Lajard, de son côté, tente d’expliquer ce nom : « Plusieurs auteurs modernes ont fait dériver du mot persan « astara » (astar) ou « étoile », le nom « d’Astarté ». Il faut ajouter qu’en zend, « çtâra » signifie « astres », et que ce mot répond au sanscrit védique « strî » et au sanscrit actuel « târâ » ou « étoile ». Les mots « astara » pour « étoile » et « Al-Zahar » pour « splendeur, éclat » décrivent la planète Vénus et semblent former le nom « Astarté » ». Monsieur Lajard ajoute, en outre, « que le mot persan  pour « or » est « zara » ou « zérin », lié à « brillance », d’où les Arabes appelaient la planète Vénus (la Brillante) « Al-Zahar ».)

 

Après Dulaure, Monsieur Lajard, informé du même culte, le décrit de la manière suivante : « L’adoration du ctéis n’a pas cessé d’être en usage dans certains groupes cultuels d’Orient, notamment dans une localité célèbre autrefois par le culte dont Vénus y était honorée. Dans leurs vêpres secrètes, ils rendaient un culte aux parties sexuelles de la femme, dont les cérémonies révoltent par leur obscénité. Chaque initié, après avoir accompli les sept prescriptions appelées « colonnes » ( ?), était obligé de faire une confession générale, et que le plus grand de tous les péchés était la fornication avec les « sœurs » ou les « initiées ». Mais chez les Nozaïriens, qui ont conservé la cérémonie de l’adoration du ctéis, la cohabitation charnelle était hathor prostitution sacréeconsidérée comme le seul moyen par lequel pouvait s’accomplir parfaitement l’union spirituelle ». Nous trouvons pareille adoration du Yoni chez les mystiques tantriques, dont la représentation figure Shakti*. Nous reprenons : « Dessiné sur le cône, précisément auprès de cette moitié de l’image de Mylitta (androgyne) qui appartient au sexe masculin, le ctéis semble, par cette position, y indiquer quel sacrifice particulier cette divinité exigeait de ses nombreuses sectatrices, en même temps que ses prêtresses juraient, au pied de ses images ou de ses autels » (Jean-Baptiste Félix Lajard – Recherches sur le culte, les symboles, les attributs et les monuments figurés de Vénus en Orient et en Occident ; 1837). Toutes ces dévotions phalliques sont proches de celles qui se célébraient pour le culte rendu à Seth le débauché (Setan) ou Satan le serpent lascif.

 

A nouveau Jacques-Antoine montre l’évolution de ce culte : « Quelques peuples, quelques sectes firent dégénérer une offrande religieuse en débauche ; et les passions effrénées, autorisées par le culte, se portèrent aux excès du plus crapuleux pandemoslibertinage. Les mystères de la Vénus populaire, et ceux de Cotytto, ces assemblées nocturnes, où des personnes des deux sexes se livraient indistinctement à la fougue de leurs désirs ; assemblées dont l’existence est attestée par plusieurs écrivains de l’antiquité, et qui subsistent encore dans quelques parties de la Syrie, de la Perse et de l’Inde, sont les preuves de la dégradation et des suites funestes de l’usage antique des prostitutions religieuses ».

 

« Les Jésides (ou « Yézidis »), achètent de leur chef, une place en paradis, et lui permettent de coucher avec leurs femmes ; ils ne prient ni ne jeûnent ; ils n’ont ni livres ni temples. Ils adorent le diable, qu’ils appellent « Monseigneur » (Sielebi). « On m’a dit qu’ils avaient un « émir » ou « papa », auprès duquel ils se rendent un certain jour de l’année, avec leur famille. Après un grand festin, et dès que la nuit est venue, on éteint les lumières, et hommes et femmes se mêlent confusément » (Voyage de Constantinople à Bassora, en 1781, par le Tigre et uruk4 l’Euphrate, par Sestini, p.136, 139). Une secte d’Indiens pratique la même cérémonie, qu’ils nomment le sacrifice de Shakti. Les brames, confondus avec les « parias », se réunissent pour manger les mets les plus sales, et affectent, dans ce festin, la malpropreté la plus dégoûtante. Tous les convives s’enivrent, et s’abandonnent ensuite à tous les excès de la plus infâme débauche » (Voyez « Le voyage au pays de Bambout », suivi d’observations sur les castes indiennes). Bien sûr, chacun le comprend, ceci est bel et bien une description faite par un profane de la cérémonie pûjâ des 5M connue par certains tantristes, incluant la célèbre pratique du Maïthuna » (Jacques-Antoine Dulaure - Des cultes qui ont précédé l’idolâtrie).

 

Les Nicolaïtes peuvent avoir été condamnés par les chrétiens pour de pareils usages, comme la légende raconte que Nicolas lui-même offrit sa belle à ses apôtres ; il est probable aussi que le nom « Nicolaïte » soit un énième travestissement de « Naassène » ou « Naasseni » qui est « Nahash », ainsi ces mystiques seraient des Gnostiques du Dieu-Serpent (Ophites) dont l’Adoration de la Matrice constituait, parmi d’autres, un rituel d’importance.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 9 août 2011 2 09 /08 /Août /2011 11:33

Dans le Kamasutra également nous trouvons ces noms « Lilith » et « Heva » (à ne pas confondre avec Eve), ou des proximités phonétiques, permettant ainsi d’établir que ces mots dépassaient les frontières géographiques dans les temps antiques, de même, leur existence précédait la rédaction de la Genèse. Clément d’Alexandrie fait temple-de-Khajuraho10.jpg « d’Heva » le grand serpent luxurieux, et les kabbalistes noirs distinguent « Heva » (Chet-Vau-Aleph », qui est un « pouvoir », de « Eve » (Chet-Vau-Hé), qui est la « mère des vivants », celle qui engendre ou qui procrée. L’Orient traduit « Heva » par « le désir de séduire », ajoutant : « Heva est la séduction comme battre des cils, faire danser les yeux, rire, parler en s’interrompant, ressentir un amour profond pour l’amant et se comporter en conséquence » ; puis, « Lîlâ » est « l’amusement » ; enfin « Lâlitâ »  est le « charme », l’action pour la fille ou la femme « de mouvoir avec art ses cils, ses yeux, ses mains, ses pieds ». 

 

Les étudiants du Kamasutra imposent l’idée que l’ouvrage de ce nom n’a rien de commun avec la mystique, qu’il demeure un mode d’emploi, et encore moins un ouvrage magique. C’est vrai, sauf qu’au temps où l’ouvrage fut écrit, l’essentiel de la vie érotique des hommes se finalisait au temple avec des servantes et que celles-ci exerçaient la prostitution dite sacrée. Le sexuel se mêlait avec le cultuel presque pour toutes les raisons du monde.

 

Par exemple : « La question reste ouverte de savoir sur quelles bases l’homme et la femme sont attirés l’un vers l’autre. L’attrait et la jouissance sont des phénomènes mentaux.

 

Ceux qui connaissent les mécanismes (tantra) des rapports disent que l’attrait (prîti) temple-de-Khajuraho2.jpgnaît de quatre façons : de la pratique (abbyâsa), de l’imagination (vichâra = abhimâna), de la substitution (sampratyapâda), ou de l’objet (vishaya) ».

 

Dans l’art magique vaudou (serpent Ob), il est des pratiques où, au lieu de la figurine en cire, c’est une fille ou une femme qui la devient et le mage opère un sortilège avec elle, impliquant un acte sexuel. Ce peut être pour le phénomène de substitution, qu’une femme ayant des traits ressemblants avec une autre, fait office à sa place pour un effet qui concerne cette dernière.

 

« En l’absence de quelqu’un ou d’un ancien amour, l’homme ou la femme transposent mentalement leurs sentiments sur une autre personne, attribuant à l’une les qualités de l’autre. Telle est l’attirance de substitution ».

 

On peut sentir les effets de l’amour physique par la simple imagination, et c’est le temple-de-Khajuraho9.jpgfantasme qui mène la danse. D’un point de vue magique, les sorciers ont établi une existence de certains incubes dont c’est l’ouvrage de tenter l’imaginaire humain par des pensées salaces et honteuses, et ceux-ci sont justement nommés « Fantasmes ».

 

Le terme « objet » (vishaya) est synonyme « d’intérêt », il concerne l’amour vénal : « Qu’il se manifeste ouvertement ou par implication l’amour basé sur le désir des biens matériel, dans lequel le gain est primordial, est d’une autre nature ». En clair, il s’agit de la prostitution, du rapport entre un client et une femme qui vend ses services sexuels. Or, à l’époque de l’ouvrage, ces exercices concernaient surtout la prostitution dite « sacrée » où des servantes du temple sacrifiaient à leur dieu ou leur déesse en commettant des ouvrages luxurieux, comme à Babylone, femmes et hommes s’offraient pour Succoth Benoth, « Benoth » avec « B » prononcé « V » inspirant à l’élaboration du nom « Vénus ».  

 

L’ouvrage concluant : « Selon Padmashrî, un homme, si expert qu’il soit dans les arts et les sciences, si fameux et important qu’il soit, s’il est méprisé par les femmes dans temple-de-Khajuraho8.jpgl’art d’aimer est un homme mort ».  

 

Autre exemple : « Le coït buccal se pratique également avec des femmes dévoyées (Kulatâ), des lesbiennes (Svairinî), des servantes (Paricharikâ), des porteuses de fardeaux ».

 

Rappelons ici que le mot « Lilith » est interprété, par de nombreux experts, comme « une servante », ajoutant « telle Innana (Aleph-Yod-Nun-Nun) était la servante d’Ishtar ». Le Kamasutra décrit la « servante », disant « qu’elle est celle qui, ayant une expérience antérieure ou non, se laisse faire par les hommes ».

temple-de-Khajuraho7.jpgParfois encore, il y a des « serviteurs » (Lilioth), qui « portent des anneaux brillants à leurs oreilles, pratiquent le coït buccal avec d’autres hommes ». « Des citadins qui ont ce genre d’inclinations et qui renoncent aux femmes et s’en passent volontiers parce qu’ils s’aiment, liés par une profonde et confiante amitié, se marient ensemble. « Fais-moi cela, après je te le ferai ». Plaçant leurs corps en position contraire, ils restent indifférents à tout dans les moments de passion. Ils sont de deux sortes, selon qu’ils vivent ouvertement sans complexes ou sont dissimulés. Les femmes se comportent de même. Parfois dans le secret des appartements intérieurs, ayant une totale confiance l’une dans l’autre, à la manière des putains, elles se lèchent mutuellement la vulve » (Kamasutra).

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

baphomet charnel overblog

 

« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

lilith sm latex

 

 

A-jack-devant-baphomet-v-nus-feu.jpg

 

 

 

 

« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

Texte Libre





















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