Relisons quelques enseignements historiques au sujet de cet antique dieu Ob aujourd’hui
quasiment oublié : « En Phénicie, on connaissait les rites de l’adoration
du serpent, dont la symbolique animale participe à la puissance phallique et, en même temps, aux mystères de la
fécondation.
Malgré le danger que certaines espèces présentent, le serpent évoque, par la grâce de ses mouvements, la danse de l’amour, à laquelle les corps des amoureux s’en remettent. Le tantrisme montre « un caducée de deux serpents qui s’entrelacent » pour porter à la gloire les forces de vie inhérentes au plaisir. Plus que toute autre mythologie, la Bible a changé le serpent en un objet d’abjection, de terreur et de mal.
Des conjectures religieuses ont profité de remplacer les dangers du venin au lieu de cette partie de la vie et de plaisir, si hostile à la puissance de l’Esprit et des prêtres ascétiques pour faire du serpent un animal symbole du mal.
Les Hébreux ont annexé le culte du serpent dans leur syncrétisme monothéiste en gestation sous la forme de séraphins (les « seraphins », beaucoup plus tard transformés en anges).
Dans le Deutéronome (8, 15), « Nahash Seraph » désigne « la combustion de personnes dans le désert et mordues par des serpents ». Si le mot « Seraph » (ou « Saraph ») est utilisé, lui qui est lié aussi au feu, c’est parce que la morsure inclut une combustion, et la racine du mot sémitique est le verbe « brûler ». Le serpent (« Nahash ») (Nun-Chet-Shin) joue un rôle essentiellement sexuel dans la Genèse. Il est condamné sexuellement, comme il est bien illustré par une tradition talmudique (Aboda Zara, 22 b): « Lorsque le serpent possédait Eve, il l’a inoculé avec sa saleté (souillure) ». Et la Genèse n’est pas moins explicite dans la résolution d’Adam (3, 20) pour appeler son épouse Hawwah (Eve), en jouant sur le mot hayah, qui exprime l’idée de la vie et est similaire à l’araméen hivyah, « serpent ». Beaucoup plus tard, Clément d’Alexandrie relève que, « si un mélange alourdit un peu la prononciation du nom de la première femme, on pourrait évoquer dans des oreilles juives le nom de la femelle de l’espèce serpent ».
L’initiation sexuelle, avec ses lascivités ou l’art de la caresse, dépendait initialement des privilèges de la femme. La lascivité, marquée par l’ondulation exubérante de la femme (danse du ventre ?), relève de l’interdiction, alors que l’homme implique à la fierté, la gloire pour son aspect phallique. Pour cela, c’est dire, le venin était accrédité au féminin.
C’est le serpent qui figure cette force qui se voit transformé dans la mythologie hébraïque en Satan.
Alan Rowe a montré l’importance du culte du serpent à Beth-Shan, où il a mené une
campagne de fouilles. Beth-Shan ne serait pas autre que la « Chambre du
Dieu-Serpent » et « Shahan » le nom de la divinité. L’auteur fait observer que « Shahan » (Shin-Chet-Nun) (prononcé aussi « Sharan ») (357) peut se lire en arrière « Nahash », signifiant
« serpent » dans toutes les langues sémitiques ».
De son côté, le Zohar, dans son texte « Les lettres et la création », faisant commenter l’Eternel sur chacun des caractères, dit à « Teth » (9ème lettre) : « Puisque la bonté est blottie en toi, elle n’a pas sa part dans le monde que je vais créer, mais seulement dans le monde à venir. En plus, la lettre « Chet » (8ème lettre) est à ton côté, et, réunies, vous générez le péché. C’est pour cette raison que ces deux lettres ne doivent pas se trouver dans les noms des tribus. Il partit aussitôt ».
Est-ce pour ceci que certains sectateurs du Dieu-Serpent l’appelèrent pareillement « Shahan » (avec « Chet ») et « Shatan » (avec « Teth »), « Teth » qui, soit-dit en passant, signifie « boue » mais aussi « serpent magnétique » (serpent du fluide). De plus, certains disent que c’est là la racine de l’antique dieu Thoth, de même du malfaisant Seth, d’où la boucle est bouclée, comme il est nommé également « Setan ».
De Ob, Eliphas Lévis écrit : « On le représente par une femme qui écrase la tête du Serpent… Déclarons ici sans détours, que le Grand Agent Magique, le double courant de lumière, le feu vivant et astral de la terre a été figuré par le serpent à tête de taureau ou de bouc dans les anciennes théogonies. C’est le double serpent du caducée, c’est l’ancien serpent de la Genèse, c’est le lingam générateur ; c’est aussi le bouc du Sabbat et le Baphomet, enfin le Diable de M. Eudes de Mirville… » (Eliphas Lévi – Dogme et rituel de haute magie).
La nature même de cette force - qui est celle du Dieu-Serpent à la face de bouc ou de taureau - terrasse quiconque s’en approche ou veut s’en saisir puisqu’elle est « l’énergie sexuelle primordiale » (que les tantristes nomment « Shakti »), débordant de puissance et d’influence, violente à l’état brut, irrépressible et dominante. A peine vient-elle à se faire remarquer par un mental qu’elle lâche sa violence impétueuse sur lui jusqu’à en faire sa bête de somme. L’amour vient l’aider dans son ouvrage de soumettre davantage les braves encore, c’est un complice fort utile, usant de malices pour amener, comme des esclaves, les amants vers Ob. La prostitution est sans doute une expression de cette force Ob, d’où sa pratique sacralisée dans les temps antiques, comme l’idolâtrie pour Vénus et ses sectateurs qui s’offraient charnellement pour lui rendre un culte ; aussi la débauche. Teinté de luxe, autant que ce dernier porte à sa gloire la luxure ; ou de franchouillard, car la honte fait partie du sortilège.
Les démons de cette force Ob, ces Aôbôth dans la Sitra Ahara, connaissent mauvaise réputation par ceux qui les fréquentent tant il y a danger
qu’en leur compagnie les esprits humains perdent raison et s’enveniment dans des envies irrépressibles de débauches salaces. Ces Aôbôth, parmi eux les démons incubes succubes, sont vus noirs et
visqueux, tordus et se tordant pour se mouvoir, pointant un chibre obstinément braqué et prêt à l’assaut de quiconque, homme ou femme. Ils émettent la puissance Ob de leur corps qui est fait de
cette nature sexuelle et avec laquelle ils envoûtent nombre d’hommes de ce bas monde. Ils poussent à l’ivresse des sens en les déréglant à volo et c’est par ce même moyen que les hommes leur
rendent un culte souverain. Ils sont les esprits infernaux de la magie noire, opèrent pour des vœux de désir, de destruction mais de compassion également.
« Nous assistons ici à la transition du hieros gamos au combat rituel, souvent avec des sous-entendus sexuels résiduels. Dans le mythe du combat entre Seth et Horus, Seth tente de s’unir sexuellement à Horus. Cela est en général considéré comme une insulte, mais le fait est qu’il existait une sodomie organisée dans les temples de déesse syrienne de la Lune (dans le culte de Seth, dieu adoré en Syrie antique à cette époque – NDA). Notons que la circoncision est une castration symbolique, et que de nombreux adorateurs mâles de la déesse s’efforçaient de lui ressembler et de devenir des femmes » (Laura Knight-Jadczyk - La Science Antique).
Le mythe de Seth qui tue Osiris se trouve ici. « Ob » est la source de l’excitation de « Od » comme la femme luxurieuse incite à l’enthousiasme de l’homme pour elle. Et c’est Ob qui en vient à bout de Od comme c’est la femme ayant excité l’homme vient mettre un terme à son ardeur.
Comme existe le trinitaire « Od Ob Aour », le troisième élément servant à équilibrer les deux autres, la magie met en scène ou bien un célébrant, ou trois, ou cinq, jamais deux ou quatre. En mythologie, il y a Bacchus, Vénus, et Eros Cupidon. En kabbale noire, pareillement, nous connaissons Samaël, Lilith et Taniniver, ce dernier étant traduit par « le serpent aveugle » alors qu’il pourrait être compris aussi « le serpent de chair ». Dès lors, il est le troisième élément, celui qui a vocation d’unir, de rassembler, d’attirer l’un (mâle) à l’autre (femelle). Dans la relation homme/femme, le troisième élément parait subtil au premier abord, en fait, la femme remplit deux fonctions, elle est Vénus et Eros Cupidon à la fois.
D’où que l’assertion de Clément d’Alexandrie est loin d’être si fausse que cela : « Les Bacchantes célèbrent par des rites orgiaques Dionysos en folie, sont couronnées de leurs serpents, appelant à grands cris « Eva » (Chet-Vau-Aleph) (15), cette Eva même par qui la faute est entrée dans le monde ; et le signe des orgies bachiques est un serpent consacré. Maintenant, selon la vraie prononciation des Hébreux, le mot « Evia » aspiré, signifie « serpent femelle » (Clément d’Alexandrie – Le protreptique). Stanislas de Guaita distingue parfaitement « Eva » (Chet-Vau-Aleph) de « Awwa » (Chet-Vau-Hé) (Eve) (19), la première étant le « pouvoir », la seconde « la créature comme Adam », l’auteur souligne même qu’en des passages du Talmud, « Samaël et Lilith » sont nommés « Léviathan et Eva », Lilith étant ainsi la même qu’Eva (et non Eve), et Eva étant bien un serpent femelle, au moins dans la représentation qu’on trouve d’elle au temple qui la voit consacrée et célébrée.
Mais nous constatons encore que le nom « Ob » (évoluant en « Oph » et jusqu’à « Hiv » comme
« Hivite »), et parce que « b » peut se prononcer « v » en hébreu, peut devenir « Ov », et d’autant mieux « Ova ». Stanislas de Guaita assure que
le dieu Ob est devenu, chez les Vaudou, Mandigoës-Obi, lui, l’ancien Obéah, ex Ob des Phéniciens. Au cas où Obéah (Ova) et Eva auraient la même origine, Obéah (Aleph-Vau-Beth-Aleph-Vau-Hé) (21)
détiendrait une orthographe originale. Plus surprenant en est encore son nombre par la valeur totale de chaque lettre : 111+13+412+111+13+6=666. Peut-être est-ce à partir de ce
« Obéah » qu’il faut trouver le fameux phonème « AO » qui résonnait dans les salles antiques du temple où les sectateurs de Seth l’adoraient sous la forme d’un
âne.
Seth, tant lié au serpent Ob, ne pouvait que se rapprocher de Typhon.
« Ce sont les Grecs qui appelèrent Seth du nom de Typhon, notamment Plutarque. Illustré par un serpent marin d’une taille impressionnante, ses sectateurs lui rendent un culte sous la forme d’un bouc, puis d’un âne. Certains initiés commentent qu’il est l’aspect négatif d’Osiris, d’où cette semblable apparence, car il est intéressant de souligner ici que le culte du Dieu-Bouc ne concernait point seulement Osiris, qui fut Bacchus, mais aussi Typhon ou Seth, Setan. La figure du serpent prolonge celle du dieu Ob, qui est toujours Seth, mais les sectateurs du monstre marin sont à distinguer de ceux de Setan, et probablement qu’avec le temps, le culte de Seth par Typhon supplanta celui du premier.
Mais si Typhon est identifié au Léviathan des Hébreux et avant eux des Babyloniens, alors nous saisissons parfaitement pourquoi autour de l’actuelle figure du bouc dans le pentagramme, sensé représenter Satan (Setan), nous trouvons le nom « Léviathan », comme les anciens sectateurs de Seth couronnaient leur Dieu-Bouc par le nom « Typhon » ».
« Typhon est un nom plus tardif pour Seth, plus tardif mais encore ancien aussi loin
dans le temps, en fait, que la quatrième dynastie. Car dans le rituel, on peut lire : « Ô Typhon-Seth ! Je t’invoque, tout-puissant dieu des dieux, terrible, invisible, toi qui
détruit et rend les endroits inhabités ». Typhon appartient le plus résolument possible et sans contredit à la même catégorie symbolique que Shiva, le Destructeur, et Saturne — le
« dieu sombre ». (…) Typhon-Seth semble avoir servi de prototype à plus d’un dieu du cycle ritualiste plus récent, y compris le dieu des Juifs ; quelques-unes de ses observances
rituelles ayant passé intégralement dans le code de lois et le canon des rites religieux du « peuple élu ». Qui parmi les adorateurs de la Bible connaît l’origine du bouc-émissaire (ez
ou aza) envoyé dans le désert en signe d’expiation ?
Connaissent-ils que des âges avant l’exode de Moïse, le bouc était consacré à Typhon, et que c’est au-dessus de la tête de ce bouc typhonien que les Égyptiens confessaient leurs péchés, après quoi l’animal était envoyé dans le désert ? « Et Aaron prendra le
bouc émissaire (Azazel)... et il placera ses mains sur la tête du bouc vivant, et confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël... et il l’expédiera... dans le désert »
(Lévitique, xvi). Et de même que le bouc des Égyptiens accomplit l’expiation avec Typhon, de même le bouc des Israélites « accomplit l’expiation devant le Seigneur » (Ibidem, v. 10).
Ainsi, si seulement on se souvient que chaque dieu créateur anthropomorphique était chez les anciens adonnés à la philosophie le « Donneur de Vie" et le "Marchand de Mort » — Osiris et
Typhon, Ahura Mazda et Ahriman, etc... — il sera facile de comprendre l’affirmation faite par les occultistes, que Typhon n’était que le symbole du quaternaire inférieur, les principes à jamais
en conflit et tumultueux de la matière chaotique différenciée, que ce soit dans l’univers ou dans l’homme, tandis qu’Osiris symbolisait la triade spirituelle supérieure.
Dans une période plus récente on rendit un culte à Typhon sous la forme d’un âne, et comme le nom de l’âne est AO, ou (phonétiquement) IAO, ces voyelles contrefaisant le braiment de l’animal » (HPB – Glossaire théosophique).









Tel est pourtant l’ordre
naturel des idées. Priape en un sens n’est que la caricature, ou si l’on veut le pôle matériel, la face primitive d’Eros. D’ailleurs, Priape est fils de Vénus, au moins dans une de ses légendes.
Puis, qu’est-ce que Priape ? Le Phalle ; et le Phalle à Samothrace, c’est Cadmile. Or, Eros est un Cadmile. Et dans la foule des raisons qui apporterait à l’appui, n’en rappelons
qu’une : Vénus, n’est-elle pas Axiocerse ? Enfin, Eros, dans l’origine, ne fut qu’Hermès : et cet Hermès, essentiellement samothracien, que fut-ce, sinon
Hermès-Cadmile-Gigon-Ithyphallique, dédoublable en Eros et Priape ? » (Biographie universelle, ancienne et moderne) ; cet Eros n’est autre que Priape. Est-ce Priape régressé en
dieu des jardins, dont il ne reste qu’un membre viril qui condamne son culte à moqueries en tout genre, ou Priape, ex Pri-Apis, le dieu-taureau fécondant venu d’Egypte et transfiguré en un amant
viril se promenant nu dans les Gymnases ; ou cet enfant malicieux tenant son arc et pointant ses flèches d’amour ?
Phé-Resh) pour « poussière » : l’homme de la génération finit en poussière.
rendre un culte à ses pieds réclamant vengeance. Seth, dont certains ont dit qu’il était jadis « Teth », c’est-à-dire, une fois
encore, un « serpent magnétique ». Quant à « Ob », il est prononcé parfois « Oph », comme l’on connaît les noms « Ophis » et « Ophiomorphos »,
respectivement les serpents du bien et du mal.
Ce serpent Ob qui illustre ce
courant négatif est personnifié par Seth (« Typhon-Seth », Typhon étant un serpent), divinité égyptienne « malfaisante » en raison des vœux de destruction sur autrui que ses
sectateurs lui réclamaient d’accomplir. Idem, ici où sévissent dans ce tourbillon magnétique qui, à la manière d’un Ouroboros encercle le monde terrestre, vivent, animent, règnent et agissent ces
élémentals « aimantés d’instincts pervers », et c’est donc logique de les trouver dans le règne de Seth (Typhon-Seth), celui que ses dévots adoraient sous la forme d’un âne (IAO) et
dont certains portaient à la gloire le pouvoir féminin (AO), par des cérémonies secrètes orientées vers la débauche.
(* « L’homosexualité de Seth : deux passages homosexuels, l’un connu depuis plus d’un siècle, le papyrus de Lahun / Kahun (du
Moyen Empire égyptien), où Seth interpelle Horus en vantant la belle croupe de ce dernier, à la suite de quoi Horus raconte à Isis que Seth veut le prendre sexuellement et celle-ci explique à son
fils comment le duper durant le rapport ; l’autre annoncé seulement en 1977 et publié en 2001 (un des textes des pyramides inédit, datant de la Vème dynastie (trouvé dans l’antichambre de la
pyramide de Pépi Ier), où Seth et Horus sont décrits en toutes lettres comme se sodomisant mutuellement, démentent cette conclusion et laissent à penser que la bisexualité de Seth, tour à tour
sexuellement agressif et efféminé (hmty), doit être un trait de sa personnalité divine comme figure de la confusion et du chaos ».)
mais son culte débordait largement ces terres comme par exemple en Syrie antique où il était amplement célébré. Forcément aussi, ses
représentations différaient. Ceci jusqu’en Grèce où nombre des auteurs l’identifièrent définitivement à Typhon, et probablement, il y a du Léviathan babylonien dans ce
dernier.
pas agir. Ob est
complémentaire à Od en même temps qu’il lui est « opposé » : il n’en suffit pas davantage, utilisant ce dernier terme, pour faire de ce courant celui de « Satan »,
démonstration qui vient expliquer en partie l’affirmation qui veut que « le meilleur allié de Satan soit la femme ».


























