Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 17:31

Démons infernaux, énumérés dans Babylone antique, adorés et fréquentés par les humbles comme par les puissants, ils connurent un second souffle au premier moyen âge, quand les prêtres les invoquèrent à leur tour. Parmi eux, nous comptons les tueurs, les voleurs, les intellectuels. Mais aussi, ce que qualifient nombre de religieux, « ceux des plus vicieux et des plus crapuleux en matière de luxures », nommés ici les « démons-pornocrates* ». Il semble bien que tous ces démons n’en sont finalement qu’un seul, qui a la figure du bouc viril au regard concupiscent. Nous sélectionnons là les représentations liées à Vénus, comme c’est le cas pour Belphégor, et non Belzébuth, souvent rapporté à Saturne, parfois Uranus. De même, il semble bien, comme il est écrit que « Pan est le Samaël des Hébreux », et qu’en plus, Collin de Plancy affirme que « Samaël est Asmodée » : que, par déduction, « Pan Priape est Asmodée ». Mais comme le moyen âge distingua chaque démon et lui donna une propre figure, nous opérons de même. Si l’antique Belphégor ou Baal Peor fut nommé « Mammon » parce qu’il était le « dieu des richesses », le moyen âge ayant personnifié un Belphégor et un Mammon, nous procédons de même.

 

(* Si le moyen-âge diversifia les modèles de ces figures antiques, les démons-pornocrates sont des satyres ; comme il est écrit dans le Livre d’Esaïe ; 34 ;14 : « Les animaux du désert y rencontreront les chiens sauvages, et les boucs s’y appelleront les uns les autres ; là se tapira le spectre de Lilith, et trouvera son lieu de repos ». La traduction ici (Georges Lahy – Dictionnaire encyclopédique de la Kabbale – Editions Lahy) traduit « Seïrim » pour « Velus » par « Boucs » au lieu de « Satyres ». De plus, la phrase suppose des fornications entre eux, ce qui contribue à croire que leur lascivité est si forte qu’ils commercent aussi bien des femmes que des hommes, d’où les pratiques homosexuelles.

 

Porphyre avoue que « les démons s’enfermaient dans les idoles pour recevoir le culte des gentils. Parmi les idoles, il y a les Esprits impurs, trompeurs et malfaisants, qui veulent passer pour des dieux et se faire adorer parmi les hommes ; il faut les apaiser, de peur qu’ils ne nous nuisent ».

 

La vie luxurieuse de Messaline l’a prouvée, attirer les démons au cours de Bacchanales a pour conséquence d’invoquer dans le plan physique des entités subtiles dont la sexualité est débordante au point qu’ils sont chargés d’irritation (leurs homologues tibétains sont décrits les « dieux au visage courroucé » ou « Heruka »). Si des femmes (bacchantes) n’étaient pas aptes à apaiser leur fièvre lubrique, l’assemblée passait « un mauvais quart d’heure ». Il valait mieux qu’elles maîtrisent les arts sexuels, sans quoi ces démons-pornocrates astreignaient le public à la licence forcée. Par la sorcellerie, les démons-pornocrates sortaient des femmes bacchantes, que des médiums voyaient nettement s’échapper de leur corps et se jetaient sur le premier venu, fille ou homme. Ils les voyaient engager de suite des atteintes lubriques.

 

(* Papus cite les détails d’une expérience d’hypnose, liée à celles du colonel de Rochas, publiée dans « l’Initiation : « La plupart des sujets, quand on hypersthésie leurs yeux par certaines manœuvres, voient s’échapper des animaux, des végétaux, des cristaux et des aimants, des lueurs… »  (Papus – Traité méthodique de magie pratique – Editions Dangles) ; pour « animaux », nous « voyons » des boucs…)    

 

C’est ce même terme « apaiser » qui est utilisé lors de ces autres cérémonies dites sacrées et pratiquées dans l’antique Syrie : « Les hommes, mêmes mariés, « s’adonnèrent entre eux, s’adonnant ainsi à leur dieu » : « Le temple des « Aphaques » était très ancien. L’auteur du Traité de la Déesse de Syrie en parle comme d’une antiquité vénérable. Eusèbe en fait un tableau hideux. C’était, suivant lui, de vieilles masures, entourées d’arbustes et broussailles épaisses, où aucun chemin, aucun sentier n’aboutissaient. Les ministres du temps y tenaient école de débauche. Des hommes efféminés, impudents, pour apaiser le démon qui y présidait, se livraient entre eux aux excès du plus honteux libertinage. En outre, des hommes et des femmes mariés s’y réunissaient, se confondaient ensemble, et assouvissaient la violence de leurs désirs ».

 

Quant au mot « pornocrate » ou « pornocratie », il sera expliqué au prochain chapitre, puisqu’il fait référence à une période de l’Histoire (« La pornocratie pontificale est une expression qui désigne, dans l’historiographie traditionnelle, une période sombre de la papauté romaine de 904 à 963. Le terme vient de l’allemand « Römisches Hurenregiment », utilisé par les historiens du dix-huitième siècle, et qui signifie littéralement « gouvernement romain des courtisanes ». Source Wikipédia). D’où notre insistance à « fréquenter » intimement Messaline. Sinon, le pornocrate est un « prosélyte de l’activité commerciale liée à la pratique de la pornographie ».)     

 

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Au Nord :

 

Bélial

Démon adoré des Sidoniens – et des habitants de Sodome qui lui rendirent un culte -. « L’enfer n’a pas eu de démon plus crapuleux, plus dissolu, plus épris de vice pour le vice même. Si son âme est hideuse et vile, il apparaît toujours sous une forme séduisante, écrit Collin de Plancy. Il n’est point mort à Sodome puisque qu’on trouve les Babyloniens qui l’adorèrent alors qu’il campait dans une statue. Il se mit à rendre des oracles ». Démon de la pédérastie, il dispose d’un lieutenant, dont le nom est Philotanus, qui l’aide à inciter les humains à la sodomie.


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Sabathan

Démon invoqué dans les litanies du sabbat. C’est lui qui engrosse les sorcières et sodomise les sorciers. Protecteur des partouzards.

 

Philotanus

Démon du second ordre, partisan, comme son nom l’indique expressément, du coït anal. Il assiste Bélial chaque fois qu’il faut inciter les humains à commettre le grave pêché de sodomie.

 

Point de sceau, ni d’image. Tout au plus pouvons-nous supposer que son nom, contenant des caractères du nom « Mipheletzeth », un nom probablement utilisé par les anciens Hébreux pour « Priape » ou Baal Peor », il est possible que « Philos » ait quelque lien avec « Phallus » ; et « anu » ou « anus », signifiant en chaldéen « géant », « Philotanus » veuille dire « Phallus géant », et confirme la parenté phallique avec Priape.

 

Zépar

Grand duc de l’empire infernal. Peut être le même que Vépar ou Sépar. Il a la forme d’un guerrier. Il pousse les hommes aux passions infâmes. Il commande vingt huit légions.


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A l’Ouest :

 

Lilith

Traduction possible : Reine de la Nuit, Reine des Démons, « femme de mauvaise compagnie ». Description : une femme qui change d’apparence, passe de la beauté à la bestialité. Puissance : Tentation. Commentaire : séduction, provocation, séduction, stimulation, enchantement, fascination, envoûtement, attractivité, captation.

 

Gamaliel Nahashiel

Autre nom : Obriel ; traduction possible : « Le plus Grand Obscène » ; description : homme-taureau à l’apparence répugnante, corrompue ; puissance : obscénité. Commentaire : indécence, immoralité, provocation.

 

(Rappel) Goetia Sexualis : Gamaliel Nahashiel inspire l’assouvissement impérieux des désirs charnels. Il est le maître de l’obscénité dans l’activité sexuelle. C’est ici, dans son règne, que l’activité sexuelle prend le plus d’importance, car c’est son domaine d’influence majeur. C’est le règne des Lubriques dont l’Archi-démone est Lilith. C’est l’entrée dans la ville de Sodome. Gamaliel Nahashiel et les siens sont les maîtres du fantasme obscène qui trouble l’esprit à l’excès. Ici, le phallus est l’emblème de l’obscénité, d’ailleurs, on l’appelle « L’Obscène », il figure donc Nahashiel, le Serpent Obscène. De plus, on les nomme les « pollués » : or, le mot « pollution » se rapporte à « l’éjaculation du sperme ». Certains vampires se nourrissent de sang, d’autres comme eux de sperme aussi. Des Liliths travaillent pour eux.


ca6 lilith & les satyres2

 

Au Sud ;

 

Belphégor

Démon des découvertes et des inventions ingénieuses. Les Moabites, qui l’appelaient Baal Peor, l’adoraient sur le mont Phégor. Il prend souvent un corps de jeune femme, c’est un démon qui a toujours la bouche ouverte, ambassadeur en France.

 

(Rappel) Dans son ouvrage « Annotations on the sacred writings of the Hindus », Edward Sellon nous assure du « dieu syrien, qui s’appelait également Baal, Baal Peor (devenu Belphégor) que son nom signifie pour « Baal », « ériger », « dresser ». Peor veut dire « ouvert », « « tendu ». « Pharo » signifiant, pour sa part, « ôter le frein, mettre à nu, lâcher la bride ».

 

Jacques Collin de Plancy écrit dans son « Dictionnaire infernal » : « Wierus (Jean Wier) relève que Belphégor est un démon qui a toujours la bouche ouverte ; observation qu’il doit sans doute au nom de Phégor (Peor), lequel signifie, selon Leloyer, « crevasse » ou « fendasse », parce qu’on l’adorait quelquefois dans des cavernes, et qu’on lui jetait des offrandes par un soupirail ».

 

Ce qui tendrait à démontrer que le démon présente une androgynie, même si celle-ci ne saute pas aux yeux, d’une virilité exemplaire ajoutée d’une bouche ouverte figurant le sexe féminin. Ce qui laisse entendre aussi que les dévots qui pratiquaient son culte sacrifiaient le plus couramment leur luxure.


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Sytry ou Bitru

Grand prince aux enfers. Il apparaît sous la forme d’un léopard avec des ailes de griffon. Lorsqu’il prend forme humaine, il est d’une grande beauté. Il enflamme les passions. Il pousse à l’amour des hommes pour les femmes et inversement, et les fait se montrer nu l’un à l’autre quand chacun le désire. Il découvre quand on lui commande, le secret des femmes, qu’il tourne volontiers au ridicule. Il commande soixante dix légions.


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A l’Est :

 

Asmodée

Son invocation le décrit si bien : « Saint Asmodée, maître de tous les diables Incubes Succubes luxurieux, Tu es le Très Libidineux, infiniment expert dans l’art érotique, pratiquant en maître les plus sales raffinements de la volupté la plus perverse. C’est que Tu viens des enfers qui doivent être une excellente école de la salacité, je Te prie de m’être favorable dans l’appellation que je Te fais, ayant envie de faire pacte avec Toi ; je Te prie aussi de me protéger dans mon entreprise – qui est la Tienne -. Ô Saint Asmodée ! Sois-moi propice mon Incube, et fais que, dans cette nuit, Tu m’apparaisses sous une forme humaine, et sans aucune mauvaise odeur, et que Tu m’accordes, par le moyen du pacte que je vais Te présenter, toutes les richesses dont j’ai besoin ».


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Béchard

Démon désigné dans les Clavicules de Salomon comme ayant puissance sur les vents et les tempêtes.

Il fait grêler, tonner et pleuvoir, au moyen d’un maléfice qu'il compose avec des crapauds et autres drogues. Mais pas seulement, démon dont la planète est Vénus, celle de l’amour et du désir des sens, il est invoqué le vendredi, est réputé pour donner l’amour des hommes pour les femmes et inversement, procurer virilité aux mâles, luxure aux femmes. 

 

Furfur

Comte aux enfers. Il se fait voir sous la forme d’un cerf avec une queue enflammée. Il ne dit que des mensonges, à moins qu’il ne soit enfermé dans un triangle. Il prend souvent la forme d’un ange, parle d’une voix rauque, et entretient l’union entre les maris et les femmes ; il fait tomber la foudre, luire les éclairs et gronder le tonnerre dans les lieux ou il en reçoit l’ordre. Il commande vingt six légions.


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Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /2010 18:03

(Suite de « Messaline et ses esclaves »)

 

messaline-BD.jpgDécrivant les mœurs de l’Eglise chrétienne du moyen-âge, où certains religieux rendaient un culte avec des divinités héritées de la mythologie, un pamphlet écrit par des Pères de l’Eglise, datant de 1110 et contant la vie de Pascal II, cent soixante cinquième Pape, cite, pour imager la conduite infâme de certaines nonnes, Messaline, texte qui fera d’elle l’incarnation de la femme débauchée : « L’histoire de l’Église au douzième siècle offre une longue suite de crimes horribles et de corruptions infâmes : le cardinal Baronius, zélé défenseur des papes, avoue lui-même qu’il semblait alors que l’Antéchrist gouvernât la chrétienté. Saint Bernard, qui vivait dans ces temps déplorables, écrivait à Gaufrid : « Ayant eu depuis plusieurs jours le bonheur de voir le pieux Norbert et d’entendre quelques paroles de sa bouche, je lui ai demandé quelles étaient ses pensées sur l’Antéchrist ; il m’a répondu que cette génération serait certainement exterminée par l’ennemi de Dieu et des hommes, car son règne avait commencé. »

Bernard de Morlaix, moine de Cluny, leur contemporain, écrivait également : « Les siècles d’or sont passés ; les âmes pures ne sont plus ; nous vivons sous le dernier des temps ; la fraude, l’impureté, les rapines, les schismes, les querelles, les guerres, les trahisons, les incestes et les meurtres désolent l’Église. Rome est la ville impure du chasseur Nemrod ; la piété et la religion ont déserté ses murs ; hélas ! Le pontife ou plutôt le roi de cette odieuse Babylone foule aux pieds l’Évangile et le Christ, et se fait adorer comme un dieu ».

Enfin, Honorius, prêtre d’Autun, s’exprime sur le clergé avec plus d’énergie encore : « Regardez, s’écrie-t-il, ces évêques et ces cardinaux de Rome ! Ces dignes ministres qui entourent le trône de la bête ! Ils sont toujours occupés de nouvelles iniquités et ne se lassent point de commettre des crimes. Non seulement ces infâmes s’abandonnent avec les jeunes diacres à toutes sortes de dépravations ; mais encore ils veulent forcer le clergé des provinces à les imiter. Aussi dans toutes les églises les prêtres négligent le service divin, souillent le sacerdoce par leurs impuretés, trompent les peuples par leur hypocrisie, renient Dieu par leurs œuvres, se rendent le scandale des nations, et forgent un réseau d’iniquités pour asservir les hommes. Ce sont des aveugles qui se précipitent dans l’abîme et entraînent avec eux les simples qui les suivent.

Regardez aussi ces moines, la fourbe et l’hypocrisie s’abritent sous leurs capuces ; le froc couvre tous les vices, la gourmandise, la cupidité, l’avarice, la luxure et la sodomie. Regardez enfin les couvents de nonnes ! La Bête a dressé son lit dans ces dortoirs dont toutes les couches sont maculées des plus horribles débauches. Ce n’est plus la Vierge que ces filles abominables prennent pour modèle ; c’est Phryné et Messaline : ce n’est plus devant le Christ qu’elles se prosternent, c’est devant une idole de Priape. Le règne de Dieu est fini, et celui de l’Antéchrist a commencé : un droit nouveau a remplacé l’ancien droit ; la théologie scolastique est sortie du fond de l’enfer pour étouffer la religion ; enfin il n’y a plus ni morale, ni dogme, ni culte, et voici venir le dernier temps annoncé par l’Apocalypse ! »

 

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Car la fièvre monte chez l’Impératrice. Amoureuse autant qu’adoratrice de Priape, elle sait mieux que personne la réputation de celui-ci, qui est d’être nommé le maître des démons incubes. Une description de lui au moyen-âge rapporte : « Héritier de ses pères, dans les démonographies, Priape est devenu le prince des démons incubes. Le même que Bacchus, dit Leloyer, qui n’était qu’un démon ayant cornes en tête et javelot en main. C’était le maître guide-danse, et dieu des sorciers et des sorcières : c’est leur chevreau, c’est leur bouc cornu, c’est le prince des bouquins, satyres et silènes. Il apparaît toujours aux sorciers et sorcières, dans leurs sabbats, les cornes en tête ; et hors des sabbats, bien qu’il montre visage d’homme, les sorcières ont toujours confessé qu’il a le pied difforme, tantôt de corne solide comme ceux du cheval, tantôt fendu comme celle du taureau ». « Ce qui appuie, ajoute Collin de Plancy, cette opinion que le démon du sabbat (Satan) est le même que Bacchus, c’est le souvenir des orgies qui avaient lieu aux Bacchanales ».

 

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Elle fait soumettre l’ex-voto humain de son vieil époux aux bacchantes, qu’elle condamne sur ordre à leurs supplices, et jure à Priape de s’adonner à lui sans limites. Ainsi, son mari mis sous pénitence est témoin de ses chevauchées sauvages où l’Impératrice rendue catin multiplie le nombre des assaillants, chacun venant à elle avec un vit plus arrogant et comptant l’achever. Deux, trois, quatre, cinq et six gladiateurs ou condamnés à mort s’activent auprès de Messaline, l’affectionnent dans tous les positions et les postures obscènes ; et dès que l’un d’eux, accusant le coup et pris d’une irritation insurmontable vient à sacrifier sur l’autel de son diable, une bacchante va déposer une couronne autour du Priape.

 

(D’où cette autre anecdote, empreinte cette fois de mystique, dont Jacques-Antoine Dulaure rend compte, racontée par ailleurs et résumée ici, mettant en parallèle le goût et la réputation de « mangeuse d’hommes » de Messaline avec le culte rendu à Priape, dieu toujours en érection et réputé exigeant de luxure ; d’une phrase, « ceci voudrait bien expliquer cela » : « Du côté des Romains, ils ne firent pas mieux ; peut-être pire. Aux unes, on leur impose de sacrifier leur virginité à leur dieu qui avait la forme d’un phallus. (…) Un certain contact suffisait sans doute pour rendre la cérémonie complète, assurer la fécondité et neutraliser les enchantements ». « C’est une coutume considérée comme très honnête et très religieuse, dit Saint Augustin (en condamnant), parmi les dames romaines, d’obliger les jeunes mariées de venir s’asseoir sur la masculinité monstrueuse et surabondante de Priape ». « Ne conduisez-vous pas, même avec empressement, dit Arnobe aux maris, vos femmes auprès de « Tutunus » ? Et, pour détruire de prétendus ensorcellements, ne les faites-vous pas enjamber l’horrible et immense phallus de cette idole ? ». Pour d’autres, le nombre de phallus témoignait de la quantité de leurs conquêtes : « C’est ainsi que l’épouse de l’empereur Claude, cette Messaline, fameuse par sa lubricité extrême, et bien digne, sous ce rapport, de figurer à côté du trône des Césars, après être sortie victorieuse de quatorze athlètes vigoureux, se fit déclarer « invincible », en prit le surnom, et, en mémoire de ces quatorze succès, fit au dieu Priape l’offrande de quatorze couronnes ». « D’autres femmes faisaient hommage à ce dieu Priape d’autant de phallus en bois de saule, qu’elles avaient vaincu d’hommes dans une nuit » (Jacques-Antoine Dulaure – Des divinités génératrices).)

 

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A chaque mâle qui succombait à son pouvoir sexuel, elle se tournait du côté de la statue de son amant divin et prononçait ses paroles : « Voici, ainsi je te rends gloire, Priape… ; tu vois comme je me donne à toi, Priape… » Caligula lui-même, qui imposa qu’on le nomme Bacchus, rendait un culte au même dieu viril. Une anecdote en fait foi : « Caligula, ne parvenant pas à satisfaire une jeune vierge au cours d’une cérémonie dédiée au dieu Priape, se déroulant sur le mont Phallus, va vivre des aventures polissonnes pour retrouver sa puissance sexuelle ». D’autres fois, s’agissant de vénérer Isis, dont les traits chez les Romains l’identifiaient avec Vénus, on trouva l’Empereur « déguisé en femme ».

 

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D’où cette pratique que Messaline imposa à l’ex-voto humain de son époux l’Imperator, de le soumettre lui aussi à la virilité de Priape. C’est connu, Jupiter lui-même adora Ganymède, anciennement une femme et devenu soudain un jeune homme, car certains dignitaires romains jugeaient du plaisir de l’acte comme du raffinement suprême. Un époux pouvait accepter qu’un prêtre vienne dépuceler sa future mais pas un jeune homme, dont il voulait connaître le premier ses prémices.  

 

« Je le sais, annonça Messaline, à cet instant les serviteurs du dieu sont en colère (les incubes étaient excités), ils sortent par moi, par mes yeux, par mon corps, ils ont juré de te posséder physiquement, ils s’expulsent de ma chair et entrent dans le pieu ardent du dieu. Ave Priapis… »

 

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 Puis, à nouveau la soumission : « Ce qui me répugne autant chez toi, dit-elle, est que tu ne veux point plaire à Priape, notre Dieu-Phallus » ; « Mais si que je veux lui être agréable ! », répondit le simulacre de l’Empereur sur la tête duquel on avait reposée la couronne de laurier. « Ah bon, et que fais-tu donc pour l’apaiser ? » ; « Je lui offre des couronnes, je fais des prières, je lui jette des spintriae ». Mais l’Impératrice ne reconnut là aucune offrande valable. Elle s’approcha de lui, le fit monter sur le noir autel, sa tête face à Priape en bouc et lança : « Mets-toi en position de prosternation, soumets-toi au dieu des dieux ». De derrière le bouc, elle fit apparaître l’objet* qui fait tant la réputation du divin et promit à l’Empereur de le punir avec cela. Des esclaves vinrent lui apporter tous les attributs de son titre tandis que l’Impératrice prononça les paroles qui appellent à Priape d’incarner sa puissance virile dans le membre postiche.

 

(* Description initiale de Priape par Jacques-Antoine Dulaure dans « Des divinités génératrices » : « Le Phallus, adhérant à une pierre appelée Terme, à un tronc d’arbre façonné ou non en Hermès, recevait, avec le corps dont il faisait partie, chez les Romains comme chez les Egyptiens et les Grecs, le nom de Priape. Cette idole était représentée avec la tête de Pan, ou des Faunes, c’est-à-dire avec les cornes et les oreilles de bouc. Quand on lui donnait des bras, car il n’en était pas toujours pourvu, Priape tenait d’une main une faux, et quelquefois, de la main gauche, il empoignait, comme Osiris, le trait caractéristique de sa divinité, lequel était toujours colossal et menaçant ».)

   

mess5-spintrae.jpgAprès quoi elle prononça au-dessus de l’ex-voto de chair et de sang, l’invocation à Priape tirée de la pièce 37 du Recueil des Priapées :

 

Cur pictum memori sit in tabella

Membrum quaeritis, unde procreamur.

Cum penis mihi forte laesus esset :

Chirugique manum miser timerem.

 

Elle tournoya l’objet sacré au-dessus des parties intimes du mâle devenu autel avant de sacrifier dans le temple de Ganymède. Dans l’esprit de chacun, le dieu prit l’allure du diable et l’Empereur se sentit chavirer. La prêtresse sodomite moqua son ex-voto afin d’humilier sa virilité mais le mâle n’eut plus de cesse que de sacrifier à Priape.

 

Plus tard, des esclaves en nombre prirent la place du membre postiche, grimpèrent sur la table et forniquèrent l’autel. 

 

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(* D’où cet Epître aux Romains ; 1 – 24/28 : « C’est pourquoi Dieu les a livrés, par les convoitises de leurs cœurs ; à l’impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps. (…) C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions avilissantes : leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme en recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement ».)

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 17:59

messaline1.jpgMessaline, Impératrice de Rome et adoratrice de Priape, comprit bien vite que les sorcelleries étaient inhérentes à sa condition de femme fatale et que les sujets mâles étant nombreux à ses genoux comme à son service, elle avait droit de jouissance et de supplices sur eux comme de vie et de mort. Son grand amour idolâtre n’était autre que Priape, elle jura de l’aimer autant que possible ; aussi elle sacrifia au Phallus en multipliant le nombre de ses amants virils, et s’exerça, en compagnie des prêtres de Mutinus, à ses magies que l’on colore de noir.

 

pan-satyre-nettoy-.jpgParmi les mâles, elle choisissait des gladiateurs et autres forçats enchaînés au fond des geôles, privés de femmes à tel point que le seul souvenir de leur existence les mettait dans une irritation insoutenable, les invitaient à une Bacchanale salace en sa compagnie : Chacun d’eux allait baiser le derrière du bouc Priape, statufié dans la grande pièce, afin d’être consacré de lui, puis venait rejoindre à la queue-leu-leu les mâles entièrement dévêtus et ardents pour pénétrer l’Impératrice. Si chacun d’eux espérait d’elle qu’elle jouirait de ses efforts virils, elle n’avait qu’une obsession dont le nom est Priape.

 

A-Messaline-priape.jpgDurant l’orgie, Messaline faisait poser une couronne autour du Phallus de Priape à chaque mâle qui s’était satisfait avec elle. Avec elle, on voyait des femmes, d’excitantes bacchantes, aussi dévotes que lubriques, offrir pareillement à Priape autant de couronnes que de sacrifices leurs amants avaient fait à leurs charmes. Elles les appendaient à l’énorme Phallus de cette idole, et cette partie saillante en était en quelque sorte totalement garnie. D’autres bacchantes faisaient hommage à ce dieu d’autant de Phallus en bois de saule, qu’elles avaient vaincu d’hommes durant une nuit. Cette pratique est représentée sur une pierre gravée (Culte secret des Dames romaines), et mentionnée dans la pièce 34 des Priapées :

 

Cum sacrum fieret Deo salaci,

Conducta est pretio puella parvo,

Communis satis omnibus futura.

Quae quot nocte viros peregit una,

Tot verpas tibi dedicat salignas.

 

messaline2.jpgMais on compta au nombre de ses forfaits en sorcellerie une autre pratique, celle de la dagyde vivante. Voulant multiplier les ébats illégitimes tout en s’assurant de ne pas être quittée par Claude, son vieil époux Empereur, elle trouva un moyen magique original que des Bacchantes lui suggérèrent d’expérimenter : au lieu d’une dagyde en cire, il fallait œuvrer magiquement avec une momie de chair et de sang. On recruta un mâle (plusieurs mâles furent utilisés au cours de ces expériences) dont l’âge et la physionomie ressemblaient à Claude, on l’habilla exactement comme l’Empereur, le prêtre fit sur lui les mêmes bénédictions, on lui remit les pareils ornements et prononcer les idem vœux d’investiture. Après quoi, Messaline, sachant que toute femme fatale investie de pouvoirs magiques se trouve comme enveloppée d’un démon (incube succube) tenu à elle par les yeux, les mains, les pieds et le centre sacré*, elle faisait entrer dans la chambre de Priape le simulacre de son époux, lui imposait de se mettre à genoux devant elle, puis s’autorisait avec lui ses moindres caprices.

 

(* Comme un enfant est relié physiquement à sa mère par le cordon ombilical au moment de sa naissance, la même image peut servir pour montrer comment une femme douée de sorcellerie est attachée subtilement à une entité démoniaque qui vient l’envelopper et se tient liée à elle par un cordon subtil mais dont le point d’attache n’est pas le nombril mais les yeux.)

 

bastet1.jpgDes prêtresses bacchantes se tenaient autour, des prêtres aussi surveillaient les cérémonies ; Messaline, en superbe dominatrice, soumettait le simulacre de son époux aux humiliants sévices en lui faisant jurer pour elle une irréprochable fidélité. Pour le narguer, elle le contraignait de la regarder se vautrer dans une luxure choquante en compagnie de prisonniers condamnés à mort et qui l’abusaient en fornication, sachant que s’ils l’usaient bien, ils auraient peut être une révision de leur peine. A d’autres moments, elle l’attachait et le flagellait comme on dresse un esclave, elle lui faisait porter le masque d’un porc et ramper à ses pieds tel un serpent en pénitence, prenait les gros cierges noirs qui brûlaient pour Priape et laisser couler la cire sur son corps avili. Les insultes comme les moqueries « pleuvaient » et les bacchantes échauffées prolongeaient les invectives. Enfin, tel un chat urine dans un champ pour délimiter son territoire et se l’approprier pour lui seul, l’Impératrice s’approchait debout de celui qui figurait l’époux, écartait ses cuisses et lui lâchait ses eaux en pleine face et sur tout son corps nu, jurant que désormais, il était son objet, son jouet, et qu’elle pouvait faire de lui tout ce qu’elle voulait, qu’il était sa propriété. Répétant l’incantation : « Tu m’appartiens ! » ; et finissant : « Ave Priapis ! »

(Suite dans le chapitre "Messaline et Priape")

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 15:56

edward sellon

Dans son ouvrage « Annotations on the sacred writings of the Hindus », Edward Sellon nous assure du « dieu syrien, qui s’appelait également Baal, Baal Peor (devenu Belphégor) que son nom signifie pour « Baal », « ériger », « dresser ». Peor veut dire « ouvert », « « tendu »*. A présent examinons chacune des pierres oblongues figurant des Lingams (Phallus) (à l’Indian Museum, Whitehall), et je dis que ce que je vois dans l’idole indienne est une véritable représentation du Baal Peor de la Bible ».

 


(* La guématrie nous fait approcher « Peor » de la manière suivante : son orthographe hébraïque « rvif » (Phé – Ayin – Vau – Resh) peut se décomposer en « Phé » (f), qui est la bouche certes, mais en langage intime, est le sexe féminin ; « Aor » (rvi) est la « tunique de peau » et fait référence à la chair physique : d’où que « Peor » pourrait signifier « le sexe féminine dans sa représentation physique ». « Pharo » (irf), signifiant, pour sa part, « ôter le frein, mettre à nu, lâcher la bride » : tout un programme lorsqu’on connaît la nature lubrique du démon.)

 

belphegor.jpgJacques Collin de Plancy écrit dans son « Dictionnaire infernal » : « Wierus (Jean Wier) relève que Belphégor est un démon qui a toujours la bouche ouverte ; observation qu’il doit sans doute au nom de Phégor (Peor), lequel signifie, selon Leloyer, « crevasse » ou « fendasse », parce qu’on l’adorait quelquefois dans des cavernes, et qu’on lui jetait des offrandes par un soupirail ».

 

Ce qui tendrait à démontrer que le démon présente une androgynie, même si celle-ci ne saute pas aux yeux, d’une virilité exemplaire ajoutée d’une bouche ouverte figurant le sexe féminin. Ce qui laisse entendre aussi que les dévots qui pratiquaient son culte sacrifiaient le plus couramment leur luxure.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 15:35

cupidon1.jpgLe nom « Eros » ressemble trop à « Arès » pour n’y voir aucune filiation, qui est le nom du dieu Mars chez les Romains, lequel a une parenté avec le mot hindou « Marout », l’entité de l’air dont le domaine des compétences est la luxure. Max Muller écrit, au dix neuvième siècle, « Mars et Arès ont pour racine sanscrite « mar », d’où qu’ils dérivent de « Marout » ou « dieux de l’orage » (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.558 ; note2 – éditeur Adyar). De son côté, le Coran témoigne de l’existence de deux anges babyloniens nommés Harout et Marout, « qui enseignèrent la magie aux hommes ». Mais pas seulement, « qui apprennent auprès d’eux ce qui sème la désunion entre l’homme et son épouse ». Autant comprendre que ces génies sont doués pour inspirer unions illégitimes et infidélités, etc.

 

Or, comme « Benoth », mot utilisé dans l’antique Carthage pour signifier la « tente des filles » ou « Succoth Benoth » - un terme ayant engendré un démon au moyen âge appelé Succor-Benoth -, servit à former le nom « Vénus », pareillement le nom « Harout » ou « Haroth » (et « Marouth ») paraît le mieux approprié pour engendrer « Eros ». Vivant à Babylone, c’est lui que les anciens auraient vu placé dans les bras de Mylitta, future Aphrodite.    

 

baphomet-mendez3-femme-pentagram-copie-1.jpg Leur légende marque, une fois de plus, une condamnation d’un culte nouveau contre un ancien, mais nous permet pour autant d’en trouver une description ; lorsque Allah a montré à des anges les transgressions des hommes à ses commandements, ils se sont étonnés de cela en voyant ses faveurs pour ces humains. Allah leur dit : « Si vous étiez à leur place vous feriez de même. Ils ont choisi Harout et Marout qui sont descendus sur Terre et leur ont permis toute chose à part le vol, la fornication, le vin et l’assassinat. Ils furent abordés par une femme qui se plaignait de son mari. Ils tombèrent amoureux d’elles et demandèrent ses faveurs. Elle refusa à condition qu’ils se prosternèrent à une statue et boivent du vin. Ils firent ce qu’elle demanda et elle accepta ce qu’ils voulaient d’elle et tuèrent un homme qui passait près d’eux de peur de se voir dévoiler ce qu’ils ont fait. Ils apprirent à la femme des mots avec qui elle pouvait monter au ciel. Elle les dit et oublia les mots pour descendre, elle fut transformée en étoile. Les anges furent étonnés de voir que la journée n’était même pas finie qu’ils ont commis tous les actes interdits. Harout et Marout ne pouvaient plus monter au ciel, ils apprirent aux gens la sorcellerie ».

 

Une autre légende précise que cette femme, Dieu la nomma Vénus.

 

Une fois encore, nous trouvons un lien entre Harout, Marout et Vénus, qui est Mylitta à Babylone et Aphrodite en Grèce. Pour peu, ces personnages, se croisant au cours de légendes différentes, et voilà Harout, et même Marout, qui devint plus sûrement Eros des Grecs, nom qui servit ultérieurement à la formation du mot « érection ». Car avant, les peintures et autres gravures dans les temples montraient tenant un arc, un carcan et des flèches, de belles femmes élancées. 

 

Des monuments monétaires du temps antique de Babylone montrent des figures originales. L’une d’elle, par exemple, montre « une tête de femme (Vénus), vue de face et coiffée d’un casque ailé, paraît porter un collier orné de plusieurs phallus ». Sur l’autre sont gravés « un prêtre et deux prêtresses portant chacun à la fois un arc, un carquois et des flèches ; je n’hésite pas à ajouter que ces personnages, sont, dans ce cas, les images vivantes de Mylitta considérée alternativement comme divinité mâle et comme divinité femelle ». Mylitta étant androgyne, à la fois féminin (Mylitta) et masculin (Baal ou Belus)… Avant que les Romains figurent l’angelot Cupidon (Lire chapitre « Cupidon, divinité romaine du Désir : que signifie son nom ? »), les Babyloniens représentaient Mylitta, leur Vénus, de la même façon. Le plus souvent des femmes au lieu d’un angelot…

 

kama1.jpg« Une médaille montre Astarté sous les traits d’une femme assise sur un trône. Elle est coiffée d’une tiare d’où s’échappe une touffe considérable de cheveux bouclés et tombant sur la nuque, comme les usages asiatiques l’exigeaient. La déesse est nue jusqu’à la ceinture. Derrière son trône se tient debout un enfant nu et non ailé, voulant poser une couronne sur sa tête (futur Harout ?). Au revers d’une autre médaille, une déesse aux formes sveltes, également nue jusqu’à mi-corps, vêtue d’une élégante draperie à partir de la ceinture, se trouve accompagnée cette fois, derrière elle, d’un adolescent ailé, qu’il est impossible de ne pas prendre pour Eros ou Cupidon. Il ne couronne pas la déesse ; elle passe le bras gauche autour de son corps, et semble vouloir le presser contre son sein avec toute la tendresse d’une mère. Dans la main droite, elle tient une patère ou la coupe des libations. La draperie enroulée au bas des reins de notre déesse est fixée par devant, au moyen d’un nœud qui semble affecter la forme d’un phallus ».    

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


 

 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)


 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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