Il faut se souvenir de ce dieu
Ob, qu’un serpent viril illustre, divinité phénicienne mais que l’on retrouve dans la magie vaudou, et pour tout dire, dans la magie noire. Les occultistes mentionnent un dieu « Od Ob
Aour » et induisent à chaque phonème un dieu précis, disant qu’Od est la lumière positive, Ob la lumière négative, Aour, la lumière équilibrante. De même, Od est supposée correspondre à
l’homme, Ob à la femme. Ceci éclaire sur l’idée chrétienne que la femme est le mal puisqu’elle est négative. En fait, les anciens la décrivent comme la lumière magnétique, apte aux sortilèges.
Pas n’importe lesquels, Od servait aux usages bienfaisants, Ob aux malfaisants. Pas nécessairement pour tuer autrui, mais plutôt pour des charmes, obtenir de tel homme ou femme ses faveurs, et
ceci imposait des exercices en vue de réalisations concrètes.
Dans le domaine des correspondances avec le sexe, Od se rapporte à l’organe génital, Ob à l’anus. Somme toute, c’est le signe, une fois encore, que la pratique par derrière a quelque lien avec la sorcellerie, que cette communion infâme donnait moyen aux initiés du genre d’engager des vœux à des fins luxurieuses, ou maléfiques comme imposer des volontés à distances sur autrui. Ou bien d’entrer en contact avec tel ou tel démon ou démone, au point que cet exercice salace finit par s’appeler lui-même une « sorcellerie ». Qui d’une femme avait été initiée pour incarner la démone Lilith, où l’une des siennes infernales, opérait par ce moyen un sortilège unique à distance, ou qu’une force subtile chargeait l’air du lieu et s’imposait comme une puissance démoniaque.
En quoi le sexe vient-il s’inclure dans la sorcellerie, sinon parce que la séduction est une magie en soi, qu’elle trouble l’esprit, peut mettre quiconque « sous l’emprise de », et qu’une même personne peut être à une heure de sa vie d’une séduction fatale et passer inaperçu à une autre. Quelque chose d’unique est entré et sorti et c’est cette puissance qui garantit le magnétisme particulier de la séduction.
Stanislas de Guaita écrit, dans « Le temple de Satan », que « les élémentaux, comme tous les êtres ambigus et semi-conscients de la lumière négative, sont aimantés d’instincts pervers. La moralité de ceux qu’ils hantent n’y résiste point ». Primo, la théosophie distingue les « élémentals » des « élémentaires », les premiers étant les maîtres des seconds qui sont les exécutants. Aussi, l’auteur n’étant pas précis sur le terme exact de l’entité, son propos est juste et faux à la fois, voire insultant, car les élémentals sont tout sauf des « êtres semi-conscients ». Par contre, et c’est cela la précision, parmi eux, des élémentals régnant dans la lumière négative, celle justement que des sorciers nomment Ob, « sont aimantés d’instincts pervers ». Ceci explique cela.
Et d’illustrer son propos, l’auteur cité plus haut raconte « qu’un grand nombre de médiums ont glissé sur cette pente, jusqu’au marais où croupissent les âmes dans la plus abjecte dépravation. L’onanisme est chez plus d’un la moindre conséquence de cette dégénérescence morale. J’en sais plusieurs qui se nourrissent « humano semine » ; cette habitude dégoûtante est passée chez eux à l’état de manie furieuse. C’est au point qu’ils vont de porte en porte, offrir à domicile leurs honteux services. J’en sais qui portent sur leur visage le stigmate indélébile de cette perturbation profonde des instincts. Il en est même un, des plus puissants et des plus connus, que la nature a désigné d’avance pour d’étranges destinées. Loin de suivre ses collègues dans la voie des aberrations sexuelles, celui-là n’a qu’un rêve : l’amour normal. C’est, avec une tête mâle et une moustache conquérante, la femme la mieux constituée du monde. Cette androgyne est parfaitement réglée et d’humeur très galante. Deux de mes amis en savent quelque chose » (Stanislas de Guaita – Le temple de Satan).
Des élémentals « aimantés d’instincts pervers »
Entrer en communication mystique avec le serpent Ob implique de fréquenter certains des
élémentals « aimantés d’instincts pervers », et ce sont probablement eux qui font la sexualité des hommes, de même ce sont eux qui s’incluent dans leurs luxures.
Les dieux antiques, comme Bacchus, ne sont en rien étrangers à ces réalités élémentales. Aux temps les plus reculés, les hommes les connaissaient comme des divinités locales, occupées aux
affaires agricoles. Les grands empires, par un effet de mimétisme, firent de certains d’entre eux des dieux de grande envergure, de toute puissance. Avant qu’ils ne tombent, parce que les hommes
avaient par eu usé de tous leurs excès, à leur état primordial qui n’était autre que celui d’un élémental.
Stanislas de Guaita écrit sur ce point, « les dieux, précipités de l’Olympe, s’étaient réfugiés en enfer : simples démons désormais, ils avaient acquis droit de cité dans la foi
nouvelle, au prix d’un double sacrifice d’amour-propre : l’acceptation d’un rôle subalterne et l’opprobre d’une torture virtuelle, il est vrai, mais avivée par un flot corrosif d’anathèmes
et d’exorcismes sans répit ».
Le comte de Gabalis répond pour son compte : « A minuit, j’ai ouï dire que c’est là l’heure du Sabbat. Le comte se prit à rire ; vous me faites souvenir là, dit-il, de toutes les folies que les démonographes racontent sur ce chapitre de leur imaginaire Sabbat. Je voudrais bien pour la rareté du fait, que vous le crussiez aussi. En fait, ce qui a donné lieu à ce bruit populaire, c’est que les sages, comme je viens de vous dire, assemblent les habitants des Eléments, pour leur prêcher leurs Mystères et leur morale ; et comme il arrive ordinairement que quelque Gnome revient de son erreur grossière, comprend les horreurs du néant, et consent qu’on l’immortalise ( ?) : on lui donne une fille, on le marie, la noce se célèbre avec toute la réjouissance que demande la conquête qu’on vient de faire. Ce sont là les danses, et ces cris de joie qu’Aristote dit qu’on entendait dans certaines îles, où pourtant on ne voyait personne. Le grand Orphée fut le premier qui convoqua ses « peuples souterrains » ; à la première semonce Sabazius (Sabbatius) (qui est Bacchus-Dionysos, ex-Saturne) le plus ancien des Gnomes fut immortalisé, et c’est de ce Sabazius qu’a pris son nom cette assemblée, dans laquelle les sages lui ont adressé la parole tant qu’il a vécu, comme il paraît dans les Hymnes du divin Orphée » (Comte de Gabalis – Entretiens sur les sciences secrètes).
Ainsi, selon ces dires, les dieux antiques seraient de ces Eléments, ou des puissances planétaires que les hommes, dévots pour leurs services, ont glorifié jusqu’à les diviniser. Et qu’ensuite, nombre d’exercices prêtant à la confusion des genres, les dieux portèrent pareillement la gêne occasionnée par leurs dévots et leurs adversaires les condamnèrent à retourner sous terre, c’est-à-dire en enfer.
Orphée est réputé pour être celui qui donna une nouvelle vie à Bacchus-Dionysos. Toutefois, le prêtre-mage, tant louangé par les siens, connaît quelque réputation pour la pratique de Sodome, comme quoi, nous ne quittons point le même sujet qui vient mêler luxure immorale et débauche avec la sorcellerie, avec le Ciel où règnent les puissances élémentales.
« Orphée fut l’importateur et le souteneur de ce malpropre plaisir (hérité de Sodome) ; les Siconiennes, se voyant méprisées « durant les fêtes des dieux et les orgies du nocturne Bacchus, dispersèrent par les vastes champs les membres du jeune homme mis en pièces » (Nicolas Chorier – Satyre sotadique de Luisa Sigea, sur les arcanes de l’Amour et de Vénus – Le grand livre du mois).
Et croyez-vous que le culte rendu à Vénus Callipyge servit à autre chose, le même écrit rend compte de ce que les Grecs avaient érigé ce culte à « Vénus Callipyge, c’est-à-dire « aux belles fesses », et ils décernèrent le prix de la grâce aux deux sœurs Callipyge ; ce qu’ils honorèrent en elles, ce ne fut ni l’éclat de leurs yeux, ni le charme de leurs visages, mais leurs belles fesses. Certes, qui ne hait pas les cuisses doit nécessairement ne pas haïr les fesses. Nieras-tu qu’elles soient la racine et, par droit originaire, la meilleure partie des cuisses ? » Assurément Callipyge intéresse ses dévots bien davantage pour les services jadis rendus à Sodome plutôt que pour les seules rondeurs propres à la morphologie féminine.
Vénus elle-même est connue lumineuse et noire, inférieure et postérieure, et à cette dernière, Socrate se soulageait lui-même, « Alcibiade et Phédon dormaient avec lui lorsqu’ils voulaient rendre leur précepteur de bonne humeur, à ce point que ce genre d’amours s’appela « aimer d’un amour socratique ». « Lycurgue, législateur des Laconiens, refusait la qualité de bon et utile citoyen à qui n’avait pas un ami pour lui servir de concubine. Il voulait que les vierges s’exerçassent nues sur le théâtre, pour que l’aspect de leurs charmes, vus en toute liberté, émoussât chez les hommes cette vivacité sensuelle qui, la nature aidant, les attire vers nous, et qu’elles gardassent leurs ardents pour leurs amis et compagnons ».
« Dans les poésies badines des anciens, Priape menace tout voleur de légumes qui s’approchera de son épieu de le forcer à lui accorder « ce que la première nuit on accorde à l’ardent époux alors que, sotte, elle craint qu’il ne la blesse autre part » (même auteur).









Les textes hébraïques antiques ont beau mystifier Lilith, faire d’elle une démone dont Dieu Lui-même aimerait s’en
débarrasser sans trop le pouvoir, sa description est constamment celle d’une prostituée aux mœurs dépravées, une immorale de premier ordre.

grande nuit de la semaine, le Sabbat
est la grande nuit. C’était la fête de la pleine Lune qui se tenait sur le sommet d’une montagne ou dans la solitude d’une forêt. Il est dit que le Diable y assistait sous la forme d’un serpent
ou d’un bouc ». Cette explication tend à laisser croire qu’un Sabbat antique fût jadis interprété de deux manières différentes : celui des Hébreux, qui impose le samedi de repos, et
celui des satanistes, fêté la nuit de la Lune Noire ou inversement à la Pleine Lune. Le premier Sabbat commande à ses fidèles de ne pas travailler ; le second inspire les luxures immorales.
Un même mot pour deux célébrations de nature totalement différente, c’en est trop, au point que les Hébreux prononcent leur Sabbat « Shabbat », tandis que les satanistes appellent leur
fête « Sabbat ».
elle doit être avouée. Peu importe le temps et
l’époque, qu’elle soit aux tabous ou non, la gêne de l’exercice autant que de son aveu empêche toute communication correcte à son sujet. Anton Szandor LaVey écrit : « Depuis que la
Bible Judéo-Chrétienne a décrit le péché d’Onan (Gn. 38 – 8/10), l’homme a pris très au sérieux les conséquences du « vice solitaire » ». « Onan », selon certains
traducteurs, signifient toutefois « fort » (strong) et « puissant » (power). 
peuples. Ils sont peu de mâles, et les femmes y sont en grand nombre ; leur beauté est extrême, et les filles des hommes n’ont rien de
comparable.
peuples, parce que vous les verrez vous-même à loisir et
facilement si vous en avez la curiosité. Vous verrez leurs habits, leurs vivres, leurs mœurs, leur police et leurs lois admirables. Vous serez charmé de la beauté de leur esprit encore plus que
de celle de leur corps » (Comte de Gabalis – Entretiens sur les sciences secrètes).
à être pris pour des divinités, tandis que le Souverain Être négligea le salut des nations. Mais le Diable n’a pas reçu de la malice tout l’avantage qu’il en espérait : car il est
arrivé de là que Pan, les Nymphes, et les autres peuples élémentaires, ont trouvé moyen de changer ce commerce de culte en commerce d’amour (car il vous souvient bien que chez les anciens, Pan
était le roi de ces dieux, qu’ils nommaient « dieux incubes, et qui recherchaient fort les filles ») ».
Sylphes ; et nous savons par tradition, que la synagogue tenait ce commerce permis, et que l’Idole de la femme de David n’était que le Teraphim à la faveur duquel elle
entretenait les peuples élémentaires ».
« On attribue aux Démons tout ce qu’on devrait attribuer aux peuples des Eléments ».
des
Démons, quand ils apparaissent en forme humaine, pour diminuer cette aversion qu’on a d’eux, prennent la figure de ces animaux, et s’accommodent ainsi ».
1655). Il monte ensuite à Paris et fréquente les esprits forts et
libertins de son temps. Embastillé en 1661, sans qu’on en sache le motif, il mène ensuite une carrière d’abbé mondain et de critique acerbe, attaquant notamment les écrivains de Port-Royal et les
Pensées de Pascal, ainsi que Racine et Corneille dans sa Critique de Bérénice (1671). Il meurt assassiné sur la route de Lyon en 1673.


























