Les principaux grimoires et autres écrits sataniques qu’il nous reste proviennent des mages
du moyen âge, amplement tronqués et réécrits pour beaucoup par des malins
catholiques, et même, les textes originaux, dont les auteurs étaient soucieux de plaire à l’Eglise, évoquaient les diables à la manière
qu’on appelle à son service un esclave, une bête de somme, et toutes leurs sollicitations s’engageaient devant le Seigneur Tout-Puissant ou son fils, certains alors qu’ils seraient obéis. Or,
nombre des textes sont repris des originales écritures des sorciers, sans doute brûlées très vite, et ces écrits n’entendaient rien à Dieu le Père et ne conjuraient que des démons, présentaient
des incantations que pour eux, et juraient dévotion, soumission à leur toute puissance infernale.
Parmi ces gens, des « diaboliques », comme certains les appelaient, opéraient. Ils étaient des satanistes purs et durs, des prêtres restés attachés aux cultes antiques (romains et grecs), des défroqués, et parmi eux tous, des « salaces » comme aime à le répéter Jules Delassus, n’entendaient que par Satan et les siens luxurieux. Ils célébraient des rituels en compagnie de femmes nues ou prêtes pour le plaisir, des prêtresses et des maîtresses converties aux indulgences du Diable.
Les traces écrites des anciens rituels étaient depuis longtemps brûlées, les restes qu’ils
trouvaient servaient de guide pour leurs affaires cultuelles. Satan prenait figure
de Satyre durant l’office. Et vantaient alors ces diaboliques des usages graveleux que leurs anciens exerçaient pour sacrifier au culte priapique :
« Dans le domaine cultuel, nombre des sectateurs, lors des cérémonies dédiées à ces Satyres, ou à leurs maîtres, des hommes sacrifiaient pour leur dieu Pan (Mercure) ou Bacchus (Vénus ou
Saturne), qu’un tableau ovale représentait, ou un bouc empaillé, en s’adonnant avec lubricité à un acteur viril incarnant un Satyre (ayant parfois des compétences en sorcellerie), torse nu et
portant ce pantalon poilu et ces bottes en forme de bouc, exhibant un membre postiche conséquent. De même, des femmes en grand nombre venaient sacrifier autant qu’idolâtrer la représentation du
Dieu-Bouc, et dans la position de la prosternation, des hommes-boucs venaient à leur derrière consacrer leur offrande luxurieuse ».
Le Marquis de Sade, porté sur l’accouplement par derrière, décrivait la chose, disant que « Vénus a plusieurs temples pour lui rendre un sacrifice ». Les diaboliques argumentent autrement et prennent comparaison sur l’édification du temple à la manière des anciens.
« A l’origine, le temple n’était souvent qu’une caverne ou une grotte dans laquelle on
rendait un culte au dieu qui était censé, selon les légendes, y être né ou y avoir demeuré. Puis on construisit des temples en pierres et en briques, qui servirent à
abriter les trésors des cités. Enfin, et
beaucoup plus tard, ils devinrent la demeure des dieux sur la Terre.
Le temple comprenait deux parties :
-le hiéron, sanctuaire réservé au culte et aux sacrifices ;
-le naos, sanctuaire secret où, dans l’obscurité, se dressait l’image du dieu. Cet endroit du temple était interdit au public, car on craignait que le dieu y fût troublé par quelque sacrilège. Seuls les prêtres ou les prêtresses des dieux ou des déesses avaient le droit de pénétrer dans cette enceinte ». Le mot « naos » signifie le « saint des saints » (Qadesh Ha-Qadesh), qui est « le lieu ultime de l’élément divin, là où l’homme entre en contact avec son dieu ». A l’origine, seul le pharaon pouvait entrer dans cet endroit, mais avec la multiplication des temples, et n’ayant pas le don d’ubiquité, un prêtre agit en son nom et seul un prêtre ou un initié pouvait pénétrer le naos.
Pour eux, les diaboliques, la caverne ou la grotte ne sont autres que le conduit vaginal ou
anal. Car ils envisagent que le temple idéal pour sacrifier à Satan, c’est l’homme,
la femme. Anton Szandor LaVey écrit : « Les premiers autels étaient humains, faits de chair,
et les instincts naturels de l’homme constituaient les fondements de ses religions. Les religions plus récentes, en faisant des penchants naturels de l’homme des péchés, on perverti ces autels
vivants et les ont transformés en blocs de pierre et en morceaux de métal.
Le satanisme est une religion de la chair, plutôt que de l’esprit. Ainsi, les cérémonies sataniques utilisent un autel de chair. Un autel sert de point focal vers lequel toute attention est dirigée durant la cérémonie » (Anton Szandor LaVey – La bible satanique – Camion Noir). Même l’évangile vient le dire, « le temple de Dieu, c’est l’homme ».
Et c’est sans aucun doute le temple de pierre qui est venu se calquer sur le temple de chair
à partir duquel les anciens sacrifiaient. Point de bête brûlée en holocauste,
point de mise à mort, point de « bonne odeur qui montait aux narines du Seigneur », ils faisaient l’amour ensemble.
Et l’organe génital était, pour ces diaboliques, leur « hiéron » ; et l’orifice anal comptait comme leur « naos », mot grec, ayant d’ailleurs étrangement une ressemblance avec « anus », mot latin, celui-ci étant ordinairement rapproché « d’anneau », et apparait ici comme un « saint des saints », l’entrée la plus intime du temple : c’est bien de cela dont il s’agit.
Sur l’organe génital (nommé « pubis* » et englobant le tout) (le hiéron), l’officiant rendait son culte, commettait son rituel ou faisait sa messe (conjuration, prière, dévotion) ; sur l’anus (le naos), le sanctuaire
secret, le célébrant, qui voyait là le lieu sacré de son dieu « le Diable Satan », soutenait « qu’il sort par là sous la forme d’un nuage lumineux » ; comme dit, c’était
le « lieu ultime – le saint des saints -, là où
l’homme entre en contact avec son dieu » qui est le diable. S’en suivaient les accouplements concordants.
(* Nous saisissons désormais avec plus de clairvoyance ce que les prêtres accusés de satanisme au moyen âge venaient conjurer et rendre gloire lorsqu’ils officiaient leur Messe Noire sur un autel qui n’était autre que celui du pubis d’une Dame : « Mais, dit Durtal, au moyen âge, la messe se célébrait de façon autre ; l’autel était alors une croupe nue de femme ; au XVIIème siècle, c’est le ventre… » (Joris-Karl Huysmans - Là-bas)
« En 1585, « On attribuait à Saint Foutin de rendre fécondes les femmes stériles,
de raviver les hommes nonchalants, et de guérir les maladies secrètes. On lui offrait des « ex-voto » en cire, qui représentaient ses parties intimes. Des hommes prirent le prénom de
« Foutin », des femmes de « Foutine ». Elles faisaient des libations à cette idole obscène, versaient du vin sur l’extrémité du Phallus, qui en était tout rougi. Ce
vin, reçu dans
un vase, s’y aigrissait : on le nommait alors le « saint vinaigre ». Puis les femmes l’employaient à un usage assez étrange ». Cet « usage assez étrange » demeure
secret. Des pratiques similaires en Italie connaissent le commentaire suivant, qu’elles se signaient à l’endroit du pubis du nom du dieu viril
invoqué avec les doigts imbibés de ce vinaigre.
Pour l’Eucharistie du Phallus, le prêtre procédait de la sorte :
Un phallus en cire, de bois, en or ou finement ciselé était utilisé. A moins que dans une
pratique magique, on coupait un bâton de sureau de la longueur de 2 pieds, qui avait la peau bien unie, et, la nuit du renouveau de quelle lune que ce soit, on le prenait en main après minuit, en
le tournant vers l’orient, le jetant en l’air, en le
recevant
sans qu’il tombe à terre, en disant ces paroles :
Etiam cum ambulavero in vallem umbrae mortis non timebo mala quoniam tu mecum es, virga tua et baculum tuum ipsa consolabentur me.
Ce qui signifie : « Lors même que je marcherais dans la vallée ténébreuse de la mort, je ne craindrai aucun mal, parce que tu es avec moi ; ta verge et ton bâton me rempliront de consolation ».
Puis : Per intercessionem beati Cosmi, liberet te ab-omni malo. Amen » (Jacques-Antoine Dulaure – Des divinités génératrices).
« Sur le pubis est inscrit le nom de l’entité avec laquelle l’opérant souhaite entrer en relation pour opérer cette naissance démoniaque. Sur l’objet oblong, sur l’organe phallique d’un mâle, sur le membre postiche ou à l’intérieur des doigts de la main de celui ou celle qui pénètre l’autre doit être écrit le nom du démon que l’on veut engendrer. Les fumées d’encens qui se propagent dans l’air ambiant doivent être celles qui le concernent » (Francis Barney – Prière à Satan – Editions Grand Damier) (Messes Noires d’hier et d’aujourd’hui).
« Ailleurs, le prêtre Davot embrassait les parties intimes de la femme qui lui servait
d’autel. En 1695, Marianne Chamillon, âgée de 22 ans, a dit en présence de la
supérieure et d’un commissaire du Châtelet, qu’elle a été séduite et corrompue par J-B Sébault, sous-diacre du diocèse de Bourges, et dont
elle eut deux enfants qui vivent encore, que ce nommé lui proposa de faire pacte avec le diable et la mena pour cela dans le caveau d’une maison située aux environs de Paris, où se devait faire
« l’invocation », « l’apparition » et « la conclusion » ; que la messe était dite entre minuit et une heure. Que Guignard y disait la messe en habits
sacerdotaux, qu’il la célébra une fois sur son corps tandis qu’elle était nue, et que le sous-diacre Sébault, qui était nu aussi, répondait à la messe. Chaque fois que l’autel devait être baisé
selon le rituel, Guignard embrassait le corps de la fille Chamillon et l’hostie était consacrée sur ses parties, une des moitiés mise dedans. La messe finie, Sébault la voyait charnellement et
pendant ce temps-là, Guignard faisait de même avec une femme Lefebvre, présente » (même auteur).)
Conjuration du Grand Satan sur l'autel de chair

Gardant bien à l’esprit ces deux formules que « le corps de l’homme finit par son
sexe
tandis que chez la femme, c’est tout son corps qui
est son sexe, l’organe génital étant le point de départ » ; et « le diable se donne au sorcier et le sorcier se donne au diable ».
Le diabolique priait ainsi son Satan :
« Je t’implore, Grand et puissant Satan, maître de tous les esprits infernaux, je te donne mon âme, mon cœur, mes entrailles, mes mains, mes soupirs et mon être : Ô Grand Satan, daigne m’être favorable ». Pourquoi offrir ses entrailles sinon pour sacrifier à la manière des frères anciens de Sodome ?
Choisissant la femme la plus belle pour en faire leur autel, les diaboliques abordaient ainsi la cérémonie satanique :
« Je t’offre cette splendeur, Ô Grand Satan, et cela à l’honneur, gloire et puissance de ton être supérieur à tous les esprits ; Daigne, Ô Grand Satan, le prendre pour agréable, Amen » (« Amen » est le mantra récupéré par les « défroqués » mais les diaboliques répétaient plutôt « Schemhamforasch », mot que nous reprenons pour les conjurations suivantes).
« C’est pour l’honneur, gloire et puissance de ton nom, Ô Grand Satan, que je répands de la luxure de cette femme ; daigne la recevoir et qu’elle te soit agréable ».
« Je te recommande, Ô Grand Satan, de m’être favorable, et de donner à ce bâton que je
forge (Stanislas de Guaita reconnaît lui-même, dans le maléfice de
« l’aiguillette » que le terme se rapporte au membre viril, alors « baguette » ou « bâton » cité par les diaboliques signifie bien ce qui est cher
à Priape, « forger » signifiant « se mettre en érection » ; le « bâton » est nommé aussi la « verge foudroyante » ) ; je te recommande, Ô Grand
Satan, de renfermer dans ce bâton toute la force et la puissance de la foudre ».
« Par ta puissance, je te commande d’attirer toutes les matières que je voudrai ; par ta puissance, Grand Satan, je te commande, par l’incompatibilité du feu et de l’eau, de séparer toutes les matières comme elles furent séparées le jour de la création du monde ; Schemhamforasch ».
« Ô Grand Satan ! Toi qui as créé l’homme pour être bienheureux dans cette vie, qui a formé toutes choses pour ses besoins, et qui as dit : tout sera soumis à l’homme, sois-moi favorable, et ne permets pas que des esprits rebelles possèdent des trésors qui ont été formés pour nos besoins temporels. Donne-moi, Ô Grand Satan, la puissance d’en disposer ».
« Vois, je t’offre cet encens comme le plus pur que je détiens, Ô grand Satan, daigne
le prendre pour agréable, sois-moi favorable par ta puissance, et fais-moi réussir
dans cette entreprise. Schemhamforasch ».
« L’encens » étant le liquide séminal, une action luxurieuse s’est produite entre cette invocation et la précédente. Le célébrant s’est accouplé à l’autel, ou bien d’autres pratiques ont eu lieu, tout est possible avec ces diaboliques, jusqu’à la débauche, nous n’en doutons pas.
« Je te conjure, Ô Satan, de paraître dans la minute, par Agla, Tagla, Mathon, Carios, Almousin, Arios, Membrot, Varios, Pithona, Magot, Silphae, Cabost, Salamandrae, Tabots Gnomus, Terrae, Coelis, Godens, Guingua, Juana, Etituamus, Zariatnatmik ; je t’ordonne, Ô Grand Satan, de comparaître dans la minute ou de m’envoyer ton messager Astaroth (le prêtre au temple des prostituées), t’obligeant de quitter ta demeure dans quelle partie du monde qu’elle soit… »
« Je te remercie, Ô Grand Satan, du bien dont tu m’as comblé cette nuit ; daigne m’inspirer de hauts sentiments, fais que je puisse répandre sur une autre œuvre une partie des biens dont tu as bien voulu que je fusse comblé ; fais que je jouisse avec tranquillité de ces grandes richesses dont je suis possesseur, et ne permets pas qu’aucun esprit rebelle me nuise dans la jouissance des précieux trésors dont tu viens de permettre que je sois le maître. Inspire-moi aussi, Ô Grand Satan, les sentiments nécessaires pour pouvoir me dégager des griffes de mes ennemis. Je me mets, Ô Grand Satan, en ta fidèle protection, Schemhamforasch ». Ceci suit et conclue la demande personnelle qui a été fait durant l’office. Il peut s’agit d’un vœu concernant les affaires sentimentales, luxurieuses, mais aussi pour de l’argent ou la santé ».









aux différents dieux « Baal » (Baalbérith, BaalPeor, Baalzebub…) ; ou il est Seth (Typhon-Seth et Anubis), le dieu malfaisant des
Egyptiens ; ou Pan le Dieu-Bouc des Grecs (Mendès), Adon le Dieu-Taureau ou Dionysos (Bacchus), etc. ; il est compté comme l’un des « Béni Elohim » dans le Livre de Job ;
jusqu’à devenir cette personnification mise en forme par les Chrétiens.
de l’homme-bouc sont en corrélation étroite. Toutefois, Satan vient siéger au Sud, là où brûle l’élément Feu, là où règnent les
Salamandres ou Djin.
célébrations menant systématiquement à la débauche,
sa réputation fut faite. La kabbale noire cite comme Qlipah (démon) Satariel ou Satoriel - dont la figure est celle d’un bouc - : sa racine « Sator » souligne qu’il peut s’agir du
« Saturne » grec. De même, les mages du moyen âge, passionnés par les sciences occultes des sorciers, et, soucieux de ne point déplaire à l’Eglise catholique au pouvoir, récupèrent
nombre de leurs connaissances qu’ils adaptent au modèle chrétien. Ainsi font-ils connaître un démon « Satanachia » à qui ils accordent un rôle important auprès de leur Lucifer et qui
concerne la luxure, nous citons « Le dragon rouge » : « Le Grand Satanachia a puissance de soumettre à lui toutes les femmes et toutes les filles, et d’en faire ce qu’il
souhaite. Il commande la grande légion des esprits : il a sous lui Pruslas, Aamon et Barbatos ». Ces derniers sont réputés pour « loger dans les bois ».
volontairement avec
« l’Adversaire » de Jehovah, le Baal babylonien, qui en est pourtant distinct.
démones particulièrement dangereuses. C’est vrai
qu’elles s’y entendent, celles dont le domaine érotique est le leur, pour faire tourner la tête des hommes jusqu’à leur faire perdre la raison. En Orient, les « Nagy Apsara » (serpentes
de l’eau), confondues avec nos Nymphes, sont « les patronnes de l’amour ».
« corps de chair » ou « tunique de peau ». Ici, il s’agit donc bien des Génies ou « Djinn » (la « Doctrine secrète » les nomme les
« Lhas ») qui sont les façonneurs de ce « corps de chair » incluant en lui toutes les forces passionnelles.
rayonnements avec l’aide de médium : « La plupart des sujets, quand on hyperesthésie leurs yeux par certaines manœuvres, voient s’échapper des animaux, des végétaux, des cristaux
et des aimants, des lueurs qui pourraient avoir un rapport direct avec ces rayonnements. C’est ce qu’à constaté pour la première fois, il y a une cinquantaine d’années, par de nombreuses
expériences, un savant chimiste autrichien, le baron Von Reichenbach. (…) Quand le sujet n’a pas naturellement les yeux dans cet état, il voit alors plus ou moins le fluide s’échapper des yeux,
des doigts, des narines, des oreilles du magnétiseur ou des personnes avec lesquelles on le met en rapport. Ce fluide se présente, d’ordinaire, sous la forme d’effluves bleus du côté gauche et
d’effluves rouges du côté droit (parfois des médiums voient l’inverse) » (Papus – Traité méthodique de magie pratique – Editions Dangles).
cet insaisissable « nescio quid », nommé par eux « Mandigoës-Obi » (le dieu Mendès est aussi nommé familièrement
« Mandou » - NDA) ; cette puissance inconnue, qui, sous figure d’épidémie périodique, décime les populations de Saint-Domingue et d’autres îles des
Antilles ? »
exemple un magnétiseur dont la vocation est de mettre sous hypnose un sujet, à force de pratiques, voit sa propre force vitale vidée et doit même se recharger à l’aide de moyens
extérieurs comme une pierre aimantée par exemple.
film, expurgé des
sempiternelles scènes sanguinaires avec des meurtres le sourire aux lèvres (sauf le final mais qui prête au comique car il s’agit, lors des décapitations, de giclées sanglantes au point que celui
qui fauche se trouve trempé de rouge vif), est entièrement dédié à l’érotisme. Point question des complots qui plaisent tant à l’Histoire, aux drames qu’adorent les sentimentaux, aux batailles
qui font les grands péplums, tout est orienté vers les plaisirs de la chair, et les représentations qui la servent et dont les fresques animées sont puisées à partir des récits
mythologiques.
de Priape, et les spectacles sont régulièrement assurés par des Faunes ou Satyres, c’est-à-dire des hommes le torse nu et portant un pantalon en poils, et des bottes comme des pieds de
bouc, une perruque chevelue sur la tête et ornée de cornes, un membre postiche turgescent et fourchu qui ressemble à celui de Satan lorsque Jules Delassus (Les incubes et les succubes) décrit sa
mentule : « « Satan a coutume de posséder les femmes à rebours. Le démon incube besogne à la fois dans les deux vases, car sa mentule est fourchue. Ses serviteurs démons « ne
se font pas seulement incuber parce qu’ils sont paillards et pour la jouissance qu’ils se procurent de cette façon, mais parce qu’ils s’attaquent aux âmes par le moyen qu’ils préfèrent, la
fornication ». Preuve s’il est besoin encore, que
l’incube et le succube du moyen âge ne sont autres que les antiques Satyres et Nymphes du panthéon grec et dont
Paracelse commentât abondamment les tempéraments luxurieux qui sont les leurs.
avec celles dont Fellini nous expose régulièrement le portrait repoussant.
ses pieds,
l’Impératrice en sort, Claude lui demande ce que fait l’homme avec elle, et la malicieuse invente une baliverne alors qu’assurément, moins naïfs que l’Empereur, nous saisissons de suite que
Messaline vient de sacrifier à Priape par la bouche encore polluée de liquide séminal.
des servantes,
pendant qu’un des leurs, à l’intérieur de la couche impériale, fornique la Reine du pays. On ne peut alors imaginer meilleure incarnation de Messaline que cette actrice, top model chez Penthouse,
Anneka Di Lorenzo.
bientôt la belle Messaline, plus sublimement érotique que jamais, vient célébrer la fête, mâte du regard Agrippine abusée par un étalon dont elle
souhaite aussi les services intimes. Un satyre entre en scène, fait son numéro de chansonnier : portant une perruque ornée de deux cornes pointues, d’un pantalon poilu ayant des pieds de
bouc, l’acteur exhibe sa mentule fourchue et Messaline, d’un regard coquin, montre à quel point le désir monte bouillonner en elle.
comme on chevauche
un cheval.
s’adonner ensemble
une nouvelle fois aux joies de la jouissance entre les mains de Lesbos.
empressement, ce
qu’elle trouve autour d’elle, naturellement que des hommes, des cinaedi. Lui, réclame une femme. Il paie bien, aussi, on l’emmène dans telle chambre, où dix larrons en sortent, et non des
moindres, des étalons noirs en queue de peloton. Il entre, et c’est Messaline qui est là, sensuelle et dénudée sur un grand lit, lui demandant de scruter les peintures murales érotiques et de
choisir lesquelles il aimerait réaliser en sa compagnie.
Affichant une
certitude implacable, l’homme se tourne vers une amie et lui dit : « Elle a, en tout cas, une parfaite jumelle au lupanar… »
leur sujet : « Tour à tour magiciennes, séductrices, avaient leurs sanctuaires en des vallées sauvages et reculées : Par
quel charme sombre, par quelle ardente curiosité hommes et femmes étaient-ils attirés, les Bacchantes, tour à tour magiciennes, séductrices, avec leurs formes nues – des danses lascives au fond
d’un bois… puis des rires, un grand cri – elles se jetaient sur l’étranger pour le terrasser. Ils devaient leur jurer soumission et se soumettre à leurs rites ou périr. La nuit, les bras enroulés
de serpents, elles se prosternaient devant la triple Hécate ; puis en des rondes frénétiques, évoquaient Bacchus souterrain, au double sexe et à face de taureau (Bacchus en érection ou
Priape) » (XXIXème hymne
orphique – Edouard Schuré – Les grands initiés).
certainement pas demandé le même niveau de préparation. Preuve en est le choix de son réalisateur, Bruno Corbucci (frère de Sergio), un ex-habitué des comédies italiennes qui, à cette
époque là, était en plein milieu d’un cycle polar mettant en vedette Tomas Milian dans le rôle de Nico Giraldi, alias Monnezza (dix films entre 1976 et 1984). Pour ne pas être trop dépaysé,
Corbucci arrive donc sur Messaline en compagnie d’un Milian arborant toujours la coiffe afro et la barbe touffue de son personnage de polars. Quant au scénario, il est lui aussi rédigé par
Corbucci, en compagnie de Mario Amendola, son collaborateur sur cette même série de Monnezza. Enfin, « rédigé » est un bien grand mot, puisque de toute évidence la chose fut écrite au
jour le jour. Il n’y a donc pas véritablement d’histoire. Il subsiste
tout de même un contexte : Messaline (Anneka Di Lorenzo, empruntée à Tinto Brass), épouse de l’Empereur Claude, est une nymphomane
sautant sur tout ce qui bouge. A partir de là, Corbucci et Amendola inventent tout un tas de petites histoires imbriquées les unes dans les autres, juste pour dire qu’il ne s’agit pas d’un film à
sketchs.
elle transforma une partie du palais en lupanar et trahit politiquement son mari avec le consul Gaius Silius. Même l’infirmité de Claude (il est bègue), qui aurait pu
passer pour une exagération, fut avérée.
pour
l’empereur, il accepte de bon gré que sa femme couche avec l’intrus, louant le « don de sa personne ». Les dialogues sont grivois, à l’image des situations, et se rapprochent à
plusieurs reprises du beauf. L’érotisme demeure soft mais se montre explicite, ce qui conduisit d’ailleurs les distributeurs VHS français (à moins que ce ne soit la production ? peu importe) à
rajouter de très laids inserts porno à une scène de lesbianisme entre Messaline et sa nièce Agrippine.
! Car tous les services de la maison impériale peuvent être
utilisés pour son propre plaisir ! Messaline ainsi n’hésite pas à s’assurer des nuits très occupées. Oui, elle a même constitué une garde personnelle chargée de mesurer les sexes des Romains et
de ramener au palais les heureux possesseurs des plus beaux spécimens ! Et quand ils se trouvent parmi les élus, même les plus farouches adversaires du régime regrettent d’avoir
comploté... »
tuée et les siens qui l’accompagnaient dans la débauche aussi. L’anecdote dit que Claude s’en remit, et que la belle cousine Agrippine saisit l’opportunité de l’Empereur esseulé pour
lui faire la cour et reprendre la place de Messaline. Ce qui fut fait. Et la manigance continua ainsi de plus belle, que la nouvelle Impératrice multipliait les amants comme savait si bien le
faire l’ex de Claude, et ce dernier continua, puisque tel devait être son destin, à être impérialement cocufié.
une tanière qu'il ne peut pas porter la table retournée sur ses épaules, son épouse et lui. Le mari, vexé, accepte le pari et engage l'action de prendre l'objet pour le
soulever. Sa femme vient s'asseoir dessus, puis Bibi. L'homme se met à rire, puisqu'il a réussi son pari, fait le fier dans la salle remplie de clients, dont Claude, tandis que Bibi a sorti son
pieu pour s'accoupler à sa dame qu'il gratifie de sa virilité au bon endroit. Cocufiage à volo...
conduisant obstinément vers la
débauche. Bien sûr, ceux qui les accusaient n’avaient point à se reprocher, ils agissaient au seul nom du Bien. Toutefois, nous savons aujourd’hui qu’ils n’étaient pas davantage chastes que cela,
et que bien souvent, les véritables Messes Noires étaient bien plus sérieuses et rigoureuses que celles décrites par ces affabulations vouées au sensationnel et même au ridicule, et ce sont les
usages quotidiens de certains gens d’Eglise - ou qui se prétendaient des enfants du crucifié - qui commettaient des impudicités à volo lors de leurs offices, et même après, et
avant…
Joseph-Antoine Boullan, l’un de
ses plus célèbres élèves : « L’enseignement prend au pied de la lettre l’ingénieuse allégorie du Talmud qui enseigne que l’humanité s’est dégradée par un double adultère, dans les
personnes d’Adam, souillé aux caresses de Lilith, et d’Eve, flétrie au baiser de Samaël ; ainsi la vitalité corporelle du premier couple fut infectée dans sa source même, par le ferment de
la concupiscence, qui s’y mêla… »
Des illuminés justifient donc l’union coïtale afin que l’homme redevienne l’hermaphrodite qu’il était dans une précédente
humanité : à quoi bon ? Plutôt, si c’est Satan* qui a distingué le mâle de la femelle, créant l’homme et la femme pour qu’ils s’unissent, c’est que cette union permet à chacun des deux
de se lier à lui, via des soutiens cérémoniaux.
Ce communisme de l’amour fait partie intégrante de la
religion : l’autel est un lit ; l’hymne sainte, un chant d’universel épithalame ; le baiser est un acte sacerdotal et qui s’étend à tous les êtres : il se multiplie en
s’épanouissant, comme une fleur vivace, à travers toutes les sphères concentriques des natures visible et invisible ».
Amour ! » Et ils se jetaient dans les bras les uns des
autres ; on nous permettra de supprimer le reste. C’étaient les orgies des anciens gnostiques, mais sans qu’on prit la peine d’éteindre les lumières. Alexandre Geoffroi assure que Vintras
l’initia à un genre de prière qui consistait dans l’acte monstrueux d’Onan, exercé au pied des autels ; mais ici le dénonciateur est trop odieux pour être cru sur parole » (Stanislas de
Guaita – Le temple de Satan).
« être atteint de satyriasis, car ses
unions avec l’une ou l’autre étaient d’une fréquence à faire reculer de beaucoup plus jeunes que lui ». La même disciple précise que Boullan avait « une prédilection pour la
fellation ». Tout cela ne doit pas entrer dans un catalogue de perversions mais rend son intérêt en ce que le prêtre était certain que ces exercices l’aidaient à se constituer un corps
édénal, et ainsi accéder à un plan supérieur, par son union même avec des êtres de ce plan là (Massimo Introvigne – Enquête sur le satanisme – Bibliothèque de
l’Hermétisme).
quelques occultistes, et dont il lui arrivait de ne pas sortir pendant des semaines. Il avait amassé là toute une bibliothèque étrange et précieuse, des textes latins du moyen âge, des
vieux grimoires chargés de pentacles, des parchemins enluminés de miniatures, des traités d'alchimie, les éditions les plus estimées de Van Helmont, Paracelse, Raymond Lulle, Saint-Martin,
Martinez de Pasquallis, Corneille Agrippa, Pierre de Lancre, Knorr de Rosenroth, des manuscrits d’Éliphas, des reliures signées Derome, Capé, Trautz-Bauzonnet, Chambolle-Duru, des ouvrages de
science contemporaine. » (Maurice Barrès, Un rénovateur de l'occultisme : Stanislas de Guaita, Chamuel, 1898, p. 29)
clarté de son
esprit solaire. Il se jouait des problèmes métaphysiques et j’étais loin de pouvoir le suivre... » (Oswald Wirth, Le Tarot des Imagiers du Moyen Âge, Émile Nourry, Paris,
1927.)


























