Stanislas de Guaita fait provenir la magie Vaudou du même ciel égyptien où régnait jadis le dieu Seth, réputé malfaisant, car nombre de ses « clients » le consultaient pour l’accomplissement de sortilèges maléfiques.
Il précise : « Comment passer sous silence l’agent occulte et dévastateur des
Vaudou, cet insaisissable « nescio quid », nommé par eux « Mandigoës-Obi » (le dieu Mendès
est aussi nommé familièrement « Mandou » - NDA) ; cette puissance inconnue, qui, sous figure d’épidémie périodique, décime
les populations de Saint-Domingue et d’autres îles des Antilles ? »
« La secte Vaudou, s’il faut en croire l’abbé Bertrand, est une confrérie, ou plutôt un culte rapporté d’Afrique. Ce qui tendrait à confirmer cette assertion, c’est, d’un côté, la similitude frappante des vocables « Obi, Obiyah, avec l’Obéah » typhonien mentionné dans le Papyrus Anastasi, l’Ob des Hébreux (des Phéniciens – NDA) et leurs esprits Oboth (Ob (Aleph-Vau-Beth) ; Oboth, de Aoboth (Aleph-Vau-Beth-Vau-Tav)), mots d’origine égyptienne et peut être éthiopique. La cérémonie capitale des adeptes du Vaudou offre un air étrange de parenté avec celle du Sabbat des sorciers.
Le dieu Vaudou, dont la puissance paraît sans limites, n’est autre pour ses fidèles, qu’un « serpent sacré ». Son culte, comme tous ceux que déshonore ce symbole de toute abomination mystique, se relie aux arcanes de l’Incube.
Puissamment groupés autour de leur grand-père, ministre omnipotent des vengeances
occultes, les adeptes du Vaudou
constituent une société secrète qui n’est pas sans analogie avec la secte indienne des Thuggs (sectateurs de Kâlî et Shiva).
Le serpent du Vaudou est, en somme, cette même puissance tortueuse de destruction que le goétien de l’antique Egypte évoquait en ces termes qui sont ceux de Seth (Lire « invocation de Seth » au chapitre « Stanislas de Guaita : « qui est Satan ? »).
Nous connaissions une probable proximité entre le serpent Ob et Kneph ou Cnouph qui était Hermès ésotérique, normal car nous trouvions aussi Samaël, ici, il semble plus certain encore qu’il soit une figure de Seth le dieu maléfique, « maléfique » parce que ceux qui réclamaient ses services lui portaient des vœux de vengeance, mort à son prochain, ou maladie, etc.
Ob, ou Aob, force une autre proximité avec AO, dont certains professeurs disent que c’est
sous ce phonème que les initiés invoquaient Seth : « Seth était idolâtré par ses initiés sous la forme d’un âne, nous raconte le professeur Reuvens, et HP Blavatsky ajoute que le
« nom de l’âne en langage copte, AO, est un phonème de IAO, et voilà peut être pourquoi cet animal donna un jeu de mots symboliques » (HPB – Isis dévoilée – Editions Adyar). L’âne vaut
bien pour le symbole animalier, mais il semble bien que
ses sectateurs glorifiaient la force qui en découlait. On dit qu’il s’agissait du pouvoir féminin, que le nom « Héva » (Chet-Vau-Aleph) et non « Eve »
(Chet-Vau-Hé) caractérise, qu’il s’agit encore et toujours d’un serpent. Il était question de la puissance magnétique qui règne et que mages et sorciers devinaient s’émanciper par les femmes,
celles-ci lui servant de « véhicule ».
Le nom « Ob » entendu ici comme un nom obscur de « Seth », c’est ce même phonème que l’on trouve dans le nom mystérieux du dieu secret que les démoniaques ont nommé Baphomet et montré par le fameux bouc : « Il existe un agent unique universel de toutes les formes de la vie : il s’appelle « Od Ob Aour », est actif et passif, positif et négatif, comme le jour et la nuit ». Madame Blavatsky précisant en note : « Od est la lumière qui donne la vie, - le Fluide Magnétique ; Ob est le messager de la mort dont les sorciers se servent, le Fluide néfaste. Aour est la synthèse des deux, la vraie Lumière Astrale. Les philologues peuvent-ils nous dire pourquoi Od – un terme dont Reichenbach s’est servi pour désigner le Fluide vital (odyle) – est aussi un mot thébain qui signifie « lumière, éclat, brillance » (HPB – La doctrine secrète 1 ; p.51).
Nous engageons nos propres expériences pour calquer sur ce modèle la « lumière sexuelle » qui aurait pour nom « Heith Teth Aour ». Mais ce
n’est pas le sujet adéquat pour approfondir ce point.
« Ob » parait, dans le nom « Od Ob Aour », l’aspect négatif, ce qui atteste qu’avant d’être le phonème d’une formulation nominale, il était une réalité mystique présentée sous l’apparence d’un serpent et glorifier pour réaliser des vœux maléfiques, des vénéfices aussi sûrement. Tout un ensemble de sorcelleries sont venues trouver de l’aide auprès de ce courant. Ce qui fait dire encore à Eliphas Lévi : « Ce que les sorciers et les nécromanciens cherchaient avant tout dans leurs évocations de l’Esprit du Mal, c’est le pouvoir magnétique qui est la propriété légale du véritable adepte et dont ils désiraient obtenir la possession » (Eliphas Lévi – Dogme et Rituel de Haute Magie).
Les initiés de la Gnose Sethienne écrivent : « IO, nom égyptien de l’âne, et, avec
IAO, le son auquel répond Seth lors des invocations. IAO est l’expression de l’Être Primordial non divisé, une de ses représentations est la croix celtique : I horizontal, A vertical, O le
cercle ou Ouroboros. On retrouve ce son de puissance gravé sur le sceau secret du Temple dont le graphisme sethien représente l’Abraxas (ou
Baphomet) avec une tête de coq (symbole de l’éveilleur,
gardien de l’axe central) et des jambes serpentines. Sans oublier le IO que portent devant leur nom les aristocrates transylvaniens » (Le retour du dieu Seth).
Si Madame Blavatsky pense que le Baron Von Reichenbach inventa le mot « odyle » à partir du phonème « Od », d’autres pensent que c’est en référence au dieu scandinave Odin, lui-même ayant perdu un œil, accident dont le sens ésotérique est en rapport avec la lumière.
La formule ou le nom « Od Ob Aour » (Aleph-Vau-Daleth ; Aleph-Vau-Beth ; Aleph-Vau-Resh) (11+9+207) a pour nombre 227, qui est celui du mot « Zakhor » pour « masculin », ou « mâle » et figuré par l’organe génital mâle. D’où que la figure du serpent peut bien céder sa place, dans le cercle des initiés, au phallus, celui-ci ne fait pas exactement référence à quoi peut croire un néophyte, puisqu’il s’agit du Fluide magique ou, personnifié, du Grand Agent Magique.
Stanislas de Guaita répète que « chez les anciens Hébreux (par conséquent, chez les
Babyloniens), la magie noire se borne à l’évocation des spectres de la lumière négative, « Aôbôth » (Aleph-Vau-Beth-Vau-Tav), permettant les raffinements de la sorcellerie ». En
somme, aux mages la lumière blanche, Aod, et leur cortège de démons « bons », qu’ils font siéger dans Assiah ; aux sorciers la lumière noire, Aob,
avec leurs démons
« mauvais », qu’ils font régner dans Qliphoth.
Pour les couleurs « blanc et noir », les magnétiseurs voient plutôt sortir du corps des effluves bleu et rouge, qu’un troisième rayonnement jaune vient équilibrer, Aour, et l’ensemble figure le fameux caducée mercurien.
Le chevalier Henri-Roger Gougenot des Mousseaux (1805-1876), dans son livre
« Mœurs et pratiques des Démons ou des esprits visiteurs du spiritisme ancien et moderne », rend compte, ayant abordé les religions préchrétiennes que « les démons furent donc, ils
redeviennent aujourd’hui, grâce à la résurrection du spiritisme, le « corps enseignant », c’est-à-dire les Chefs de l’Eglise démoniaque, les maîtres et les corrupteurs de tout homme…
Les âmes du paradis et du purgatoire, celles des damnés qui se trouvent en enfer, peuvent apparaître et il peut aussi arriver que lorsque nous croyons voir l’apparition d’un défunt, ce soit en
réalité « son ange bon ou mauvais ». Gougenot part de la nécessité et de l’évidence du monde surnaturel pour conclure
que « les esprits habitent la Terre et l’atmosphère. Parmi
eux, il y a les diables, toutefois, celui qui évoque le démon ouvre de « redoutables comptes », que ce dernier, qui ne se fait serviteur que pour être maître, lui fera payer tôt ou
tard ».
Par exemple, pour ces esprits épris de luxure, dont Stanislas de Guaita écrit que ce sont eux le plus souvent qui s’invitent lorsque des spirites invoquent, par le moyen des médiums, des puissances infernales pour fréquenter le plan physique, « des élémentals sont joints, et comme tous les êtres ambigus et nourris de lumière négative, sont aimantés d’instincts pervers. La moralité de ceux qu’ils hantent n’y résiste point. Un grand nombre de médiums ont glissé sur cette pente, jusqu’au marais où croupissent les âmes dans la plus abjecte dépravation ». D’ajouter « la conséquence de l’onanisme, jusqu’à la furie, et même d’aller offrir à domicile leurs honteux services… »
C’est Porphyre qui met l’initié sur la voie, suite à des expériences où des médiums
transportés dans des cimetières voyaient nombreux des corps lumineux fluidiques traîner ça et là : « L’âme, restant liée au corps, même après la mort physique, par une tendresse étrange
et une affinité d’autant plus étroite que cette essence a été séparée plus brusquement de son enveloppe, nous voyons les âmes en grand nombre
voltiger, toutes désorientées, autour de leurs
dépouilles terrestres*. Bien plus, nous les voyons rechercher avec diligence les débris de cadavres étrangers, et, sur toutes choses, le sang fraîchement répandu, dont la vapeur semble leur
rendre pour quelques instants certaines facultés de la vie. Aussi les sorciers abusent-ils de cette notion, dans l’exercice de leur art. Nul d’entre eux qui ne sache évoquer de force ces âmes et
les contraindre à paraître, soit en agissant sur les restes du corps qu’elles ont quitté, soit en les invoquant dans la vapeur du sang répandu » (Porphyre – Sacrifices, chapitre II du Vrai
Culte).
Le liquide séminal connaît les mêmes propriétés attractives que le sang, il paraît même qu’elles sont multipliées par dix. D’où que ces puissances infernales, nous les trouvons fréquenter en masse les lieux prostitutionnels, ceux de la débauche, ceux de la sensualité effrénée.
(*
Madame Blavatsky propose une autre explication pour « ce corps lumineux qui voltige autour de sa dépouille terrestre » : « L’homme a son « double » ou
« ombre », appelée à juste titre, autour duquel se forme le corps physique du fœtus (l’homme futur). Ce « double » naît avec l’homme, meurt avec lui, et ne peut jamais
s’écarter du corps durant la vie, et bien qu’il lui survive, il se désintègre du même pas, avec le cadavre. Dans certaines conditions de l’atmosphère, c’est cela que l’on voit quelquefois
au-dessus des tombes, comme une silhouette lumineuse de l’homme qui a été. Sous son aspect physique, c’est, durant la vie, le double vital de l’homme, et après la mort, seulement les gaz qui
proviennent de la décomposition du corps. Mais pour ce qui est de son origine et de son essence, ce corps est ce qu’Eliphas Lévi nomme le « médiateur plastique » » (HPB –
Occultisme pratique – Editions Adyar – Lucifer, 1888). La théosophe compte ensuite d’autres corps, et ayant des liens avec des plans supérieurs, mais dont, au quotidien, nous n’avons
quasiment aucune conscience de leur existence à moins d’être un maître dans l’art de la méditation.)
Parmi les pratiques de la magie Vaudou, nous trouvons l’envoûtement avec l’utilisation de la
dagyde : « Le volt (ou voult, du latin « vultus » signifiant « effigie »)
ou dagyde est une figurine
de cire, modelée à la ressemblance de celui qu’on veut envoûter. Par extension, tout charme qu’on destine à procurer la mort ou la maladie, par la vertu de l’exécration magique. Le volt de
l’envoûtement classique est la figure, modelée en cire, du personnage dont on veut la perte. Plus la ressemblance est parfaite, plus le maléfice a chance de réussir. Si, dans la composition du
volt, le sorcier peut faire entrer, d’une part quelques gouttes de saint-chrême ou des fragments d’hostie consacrée ; d’autre part, des rognures d’ongle, une dente, ou des cheveux de sa
future victime (ou une image, une photo – NDA), il pense que ce sont là autant d’atouts dans son jeu. S’il peut dérober à celle-ci quelques vieux effets, qu’elle ait beaucoup portés, il s’estime
heureux d’y tailler l’étoffe dont il habillera la figurine, le plus possible à l’instar de son vivant modèle. La tradition prescrit d’administrer à cette poupée tous les sacrements qu’a pu
recevoir le destinataire du sortilège : baptême, eucharistie, confirmation et jusqu’à l’extrême-onction. L’exécration se pratique aussi en lardant cet objet d’épingles empoisonnées, avec une
grande explosion d’injures pour exciter à la haine, ou bien en l’écorchant à certaines heures fatidiques, au moyen d’éclats de vitre ou d’épines venimeuses, toutes dégoûtantes de sang
corrompu » (Stanislas de Guaita – Le temple de Satan).
Nous connaissons la méthode
d’Eugène Vintras, qui envoyait une dernière lettre maléficiée à celui contre qui il avait formé une figurine, et lorsqu’il l’ouvrait, se trouvait pris dans l’engrenage de l’envoûtement. Ou la
technique employée par Albert Pike (cf. chapitre « Mœurs dissolues au moyen âge et la naissance de Satan (6) : Satan noir »).
Agrippa, au chapitre intitulé « Des images dont la figure n’est pas faite à la
ressemblance de quelque figure céleste, mais à la ressemblance de ce que souhaite l’opérateur selon son intention », écrit : « Il y a encore une autre espèce et manière d’images
(figurines, voults, dagydes, etc.) qu’on fait, qui n’est pas semblable aux figures célestes, mais qui est à la ressemblance de ce que l’opérateur veut, selon son intention dont elles sont les
effigies et les traces ; de même que nous faisons pour l’amour, des images qui s’embrassent ; pour la discorde,
qui se
battent ; pour porter dommage, destruction, empêchement à l’homme, à une maison, à une ville, ou à quelque autre chose, nous faisons des images tortues, rompues par leurs membres et leurs
parties à la ressemblance et figure de la chose que nous voulons détruire ou empêcher. Et les magiciens ordonnent, en fondant ou en gravant les images d’écrire dessus le nom de leur effet, et
cela sur le dos, quand il est mauvais, telle qu’est la destruction, sur le ventre quand il est bon, telle qu’est l’amour ; de mettre, de plus, sur le front de l’image le nom de l’espèce, ou
de l’individu que l’image désigne, ou pour lequel, ou contre lequel elle est faite ; et encore, dans la poitrine mettre le nom du signe ou de la face de l’ascendant et de son dominant, et
pareillement mettre les caractères, et les noms des esprits. Ils veulent, de plus, qu’en fabriquant l’image on n’oublie pas l’imprécation de l’effet pour lequel elle est
faite ».
Le colonel de Rochas a démontré maintes fois que la technique de l’envoûtement fonctionne.
Francis Barney raconte : « Maurice Gérard est né en 1929. Fils de paysans, il
étudie le
yoga dès l’âge de 18 ans. Peu après, il monte à Paris, fréquente les cercles spirites ; c’est dans l’un d’eux qu’il connaît sa femme Josiane Nain, ou prêtresse Alféola. Michel Dib,
ex-étudiant des Beaux-Arts, se charge de peindre la maison de curieuse manière : la déesse Kâlî porte un slip blanc, des bas noirs et ressemble à la prêtresse Alféola. Etoile à cinq
branches, succession de sept cadavres humains, Christ à trois faces et à trois paires de bras : toutes les allusions possibles aux traditions les plus différentes sont accumulées. Dans la
chambre du mage, au premier étage, les bouddhas côtoient sur l’autel une image alchimique et un bouchon de carafe préposé à la voyance. Et, au sous-sol, les statues parlent ! La statue volée
de Kâlî la Noire était le clou de la collection. N’en avait-on pas offert au mage deux cents millions ? » (Francis Barney – Prière à Satan – Editions Grand Damier ; Messes Noires
d’hier et d’aujourd’hui)









d’idées les plus
lubriques.
jouissance vient confirmer, ainsi la « puissance lubrique » retourne à son auteur.
« Priape », du nom de son ancêtre égyptien
« Pri-Apis ». Son culte, qu’un taureau illustre, provient de la droite lignée du dieu égyptien Mendès, qu’un bouc figure, et dont la lascivité était forte puisqu’il se satisfaisait,
dans son temple, « de la pudeur des vierges et la fleur des jeunes épousées ».
que le même symbole accolé à un corps humain sculpté pris un sens
différent et orientant l’idolâtrie vers la chair sensuelle et ses excès ». Parce que, tout bonnement, le dieu de l’amour était le meilleur des divins.
sont bonnes », les hommes tâchent de rendre un culte à celui des dieux dont ils accréditent son invention et l’activité de sa réalisation. Bacchus, antique Saturne,
nouveau Vénus, voit ses sectateurs s’ordonner en Bacchantes et Bacchants, célébrer son culte avec fastes et réjouissances, lors de Bacchanales qui ne sont autres que les anciennes
Saturnales.
les sorcières ont toujours confessé qu’il a le pied difforme, tantôt de corne solide comme ceux du cheval, tantôt fendu comme celle du taureau ». « Ce qui appuie, ajoute
Collin de Plancy, cette opinion que le démon du Sabbat (Satan) est le même que Bacchus, c’est le souvenir des orgies qui avaient lieu aux Bacchanales ».
clairière, pour y organiser leurs
célébrations, à ce point souvent que des rumeurs ont couru que quiconque va s’y promener risque de les rencontrer. La version légendaire vient malicieusement occulter une réalité historique que
des hommes déguisés, portant des têtes d’animaux comme celle d’un porc, d’un loup ou d’un bouc, célébraient des offices cultuels – appelés ensuite des Bacchanales – comme c’était dans leur
tradition d’opérer ainsi, puis, peut-être, pour opérer dans une sorte de clandestinité, puisque des lois interdirent leurs agissements en public.
Mais voici qu’un mouton noir, aux yeux incandescents, accourt comme l’ouragan des parties du septentrion. Il bêle pour rassurer celle qu’il
porte : superbe fille toute nue (« Toutes celles que nous avons vus qualifiées du titre de Reine étaient douces de quelque beauté plus singulière que les autres » dit Pierre de
Lancre, le chasseur des organisateurs de Sabbat, et pourtant, certains reconnaissent qu’on pouvait le voir avec, à son bras, quelques-unes de ces Reines qu’il s’appropriait pour ses propres
convenances personnelles et intimes, comme quoi…), à cheval et sur sa douce toison : c’est la Reine du Sabbat* ».
Il est probable que le Satan en question soit un « acteur », un acolyte déguisé et mis en condition pour
incarner Satan mis au service du sorcier qui est le véritable maître.
lune. L’inceste est en honneur, car le Sabbat devient par lui
l’éternelle pépinière de Satan ; Sylvester Prierias écrit : « Il n’y eut donc parfait sorcier et enchanteur, qui ne fut engendré du père et de la fille ou de la mère et du
fils » ».
et rustauds. Qu’auraient-elles affaire, les châtelaines, de mépriser encore les vilains ? Nobles et roturiers, pêle-mêle, la grande luxure n’a-t-elle pas mêlé leurs sangs et leurs
salives ? »
qu’elle me l’amena dans ma chambre et qu’elle y prit confiance en moi ; en sorte que, me trouvant avec Madeleine, je l’ai baisée et
plus…
dont il figure
lumineusement tous les organes, a une vue, un toucher, une ouïe, un odorat et un goût qui lui sont propres » (Eliphas Lévi – La clef des grands mystères), tout comme le cerveau physique est
doublé d’un cerveau astral, pareillement l’appareil sexuel physique détient son double astral, un sexe subtil qui n’est autre qu’un « corps sexuel » (corpus
sexualis).
Les diaboliques distinguent ainsi la femme de la « puissance influente » qui émane d’elle. Les experts en
magnétisme comme le colonel de Rochas tentent des descriptions de ces rayonnements avec l’aide de médium ; en voici une : « La plupart des sujets, quand on hyperesthésie leurs yeux
par certaines manœuvres, voient s’échapper des animaux, des végétaux, des cristaux et des aimants, des lueurs qui pourraient avoir un rapport direct avec ces rayonnements. C’est ce qu’à constaté
pour la première fois, il y a une cinquantaine d’années, par de nombreuses expériences, un savant chimiste autrichien, le baron de Reichenbach. (…) Quand le sujet n’a pas naturellement les yeux
dans cet état, il voit alors plus ou moins le fluide s’échapper des yeux, des doigts, des narines, des oreilles du magnétiseur ou des personnes avec lesquelles on le met en rapport. Ce fluide se
présente, d’ordinaire, sous la forme d’effluves bleus du côté gauche et d’effluves rouges du côté droit (parfois des médiums voient l’inverse) » (Papus – Traité méthodique de magie pratique
– Editions Dangles).
mais pas seulement ; puis, comme le sujet voyait dégénérer ses sectateurs dans des conduites de débauché, ces mêmes kabbalistes envisagèrent
par prudence d’accorder à ces déesses et dieux non plus le ciel mais l’enfer pour régner. D’où qu’ils sont devenus des démons, car tel était le titre désormais autorisé pour ces êtres supérieurs
sexués.
sorcier ». Ce « transformisme » sexuel est rendu possible parce que l’entité n’est point formée d’une
structure physique et charnelle ; étant subtile et aérienne, elle peut à sa guise devenir le sexe qu’elle veut. Toutefois, la mystique élémentaire des Grecs ne va pas dans ce sens
puisqu’elle distingue bien les Nymphes des Satyres, c’est-à-dire, les Ondines des Sylphes, attribuant aux premières le charme féminin porté jusqu’à son effet hypnotique majeur, aux seconds, la
virilité lubrique.
moyen âge le démon Belphégor, régnant dans la Sphère
d’action du Soleil. « Les cérémonies qu’on observait dans le culte rendu à Baal Peor, ont exercé la plume de plusieurs commentateurs de la Bible et d’autres savants. Il paraît que la
principale consistait à se présenter nu devant l’idole. Les adorateurs, suivant Philon, mettaient devant elle en évidence toutes les ouvertures extérieures du corps. Le texte de la Bible semble
dire, qu’ils s’offraient à l’idole pour se prostituer à elle. Beyer, dans ses additions sur Selden, conclut du texte de la Bible, que les filles moabites se prostituaient d’abord à l’idole, puis
aux Israélites. Cette cérémonie infâme se rapporterait assez au culte que les Egyptiennes rendaient au bœuf Apis, en se découvrant devant lui, comme il a été dit plus haut » (Jacques-Antoine
Dulaure – Des divinités génératrices). Le texte fait état de pratiques exhibitionnistes pour
l’exercice d’un culte (« nu devant l’idole, mettant devant elle en évidence toutes les ouvertures extérieures du corps ») ; jusqu’à des
accouplements devant l’idole (« s’offraient à l’idole pour se prostituer à elle ») : fornications devant le dieu, avec un prêtre ou plusieurs, un acolyte, un homme déguisé et
portant un masque de bouc ou de taureau ; enfin, une prostitution dite « sacrée », pour l’idole et avec l’idole (utilisation d’instruments phalliques artificiels) et avec des
inconnus (« se prostituaient d’abord à l’idole, puis aux Israélites »).
Manifestement, Belphégor est un démon qui aime l’exhibitionnisme des femmes. Ce n’est donc pas sans raison si au siège de son règne,
Tiphereth dans Qliphoth, Samuel Liddel Mathers - dit « Mac Gregor » - de la Golden Dawn écrit que « son tempérament s’exprime par une contemplation plus ou moins sensuelle de la
beauté, et l’amour de la sensation vitale ».
ainsi et expliqué l’envoûtement à « l’esprit volant » : « Il vous faut, pour l’exécuter, avoir à votre disposition un sujet
hypnotisé, dont le corps astral (de nature fluidique) abandonne, sur votre ordre, le corps matériel et soit dirigé par votre volonté vers votre ennemi. Le corps astral ainsi extériorisé, ou bien
pénètre la victime qui est désignée et l’étouffe par sa seule pénétration, en arrêtant, par exemple, les mouvements du cœur ; ou bien il l’empoisonne au moyen de toxiques que vous avez eu
l’art de volatiliser. L’opération terminée, vous réintégrez dans le corps matériel de votre sujet son corps astral et vous les réveillez. Certains sorciers, craignant des indiscrétions possibles,
s’adressent à un corps astral déjà désincarné, c’est-à-dire au corps astral d’un mort » (Ed. Dubus – L’art d’envoûter).
Monsieur Home (le médium) chez moi, je vis s’agiter les rideaux
d’une fenêtre, qui était environ à huit pieds de distance de M. Home.
intelligence. Est-ce celle du médium ou bien celle d’une des personnes dans l’appartement, ou bien cette intelligence est-elle en dehors
d’eux ? » ; «
de Satan). Ici,
la célèbre scène d’Eve qui mange la pomme devient celle de la première femme en union avec Samaël, et ce qu’elle trouve bon n’est pas un fruit, mais bien la fornication. En toute logique, la
suite de la scène « elle en donna aussi à son mari qui était avec elle et il en mangea » signifie qu’Adam aussi se fit prendre par Samaël, un peu moins intensément parce que n’ayant
qu’un orifice. D’où cette assertion souvent trouvée « qu’Eve était plus fautive qu’Adam, et son pouvoir de séduction plus grand que le sien car elle avait été prise la première »,
Samaël lui avait donnée le meilleur. Il l’avait connue par ses deux orifices, tandis que l’homme n’en avait qu’un seul. Ce qui fait que l’autre scène, celle où se cache du Seigneur le premier
couple parce que l’homme et la femme « se savent nus » se comprend désormais mieux ; en effet, normalement, la scène est illogique puisqu’ils attestent d’une pudeur à propos de
leur nudité alors que c’est censé être bien plus tard que Dieu leur fabrique une tunique de peau. Tout au plus se cachent-ils pour ne pas qu’on voit qu’ils ont été dépucelés, que Samaël leur a
fait un « trou gros comme cela » !
appareil, ce qui, au temps du moyen âge, devait choquer nombre des religieux ascétiques au point qu’ils juraient voir le diable en personne. Toutefois, lors d’une Messe
Noire, si une femme nue, sensuelle et voluptueuse, entre dans la chambre d’iniquité, selon Francis Barrett, « sa forme particulière sera celle d’une reine avec un sceptre » ; si le
mot « aiguillette » pour le « nouage de l’aiguillette » signifie précisément l’organe phallique, nous ne doutons point qu’il en est de même pour le « sceptre ». La
Reine tiendra un phallus dans sa main, à moins qu’elle ne le porte ceinturée à la taille afin qu’il ait quelque utilité et que le tout représente convenablement le démon Belphégor. Ajoutons
encore que sa parèdre ne peut être qu’Astarté sous sa forme « dominatrice », et qu’à pareille impératrice du sexe, le sceptre peut bien être alors un triphalle dont elle maîtrise
parfaitement le fonctionnement et ceci pour une utilisation record.
diable
Satan, bien qu’il n’envisage à aucun moment de l’appréhender avec l’aide de l’enseignement gnostique (cf. Ildabaoth, Sophia, Ophis, Ophiomorphos) et n’en reste qu’à celui des catholiques. De
fait, au lieu du serpent Ophis, il devine Satan.
Philon,
d’offrandes stercoraires et pollutionnelles » (excréments et semen).
« Ô Toi qui hais, parce que tu as été chassé,
Aberamenthoouth Letherxanax
et
« Héva » (Chet-Vau-Aleph) (15) ; ce dernier nom qu’il faut distinguer de la Eve (Chet-Vau-Hé) (19) ou « Chawah », première femme et pouvant
procréer.
de
« vie », d’où Clément commet une double méprise : il a d’abord vu, sans raison aucune, le nom sémitique d’Eve dans le cri des Bacchantes. Ensuite, il a pris pour ce nom sémitique
d’Eve le mot des dialectes araméens qui signifie « serpent » (C. Brockelmann – Lexicon Syriacum) » (Clément d’Alexandrie – Le protreptique). Correction faite, « Héva »
célébrée par les Bacchantes se rapporte donc au serpent tortueux femelle Lilith, qui ne procrée point, qui est la grande séductrice dans l’invisible et le monde occulte, plutôt qu’à la première
femme et compagne d’Adam. 
des personnalités historiques, et naturellement, les plus portés sur la luxure, conjurèrent Messaline l’impératrice romaine, pour ce qu’ils connaissaient de ses débordements
luxurieux.
consentir au crime et jouir d'un délai, c’est-à-dire garder la vie jusqu’à ce que la nouvelle coure dans toute la ville et arrive enfin aux oreilles de l’empereur. Le dernier, il apprendra
le déshonneur de sa maison. Obéis donc, si tu veux acheter à ce prix quelques jours d’existence. Mais quel que soit le parti qui te semble le plus aisé et le plus honnête, il faudra toujours
finir par tendre au glaive ce beau, ce blanc cou ».
jouît des biens, mais qu’il rendît l'épouse, et qu’il déchirât l’acte de son mariage. Sais-tu, César, que tu es répudié ? Le peuple, le sénat, l’armée, ont vu les noces
de Silius, et, si tu ne te hâtes, le mari de Messaline est maître de Rome ».
d’un
chœur lascif et tumultueux. On dit que, par une saillie de débauche, Vectius Valens étant monté sur un arbre très-haut quelqu’un lui demanda ce qu’il voyait, et qu’il répondit : « Un orage
furieux du côté d’Ostie » ; soit qu’un orage s’élevât en effet, ou qu’une parole jetée au hasard soit devenue le présage de l’événement ».
Messaline, une des épouses de
l’empereur romain Claude, symbolise l’appétit de luxe, la soif du plaisir et l’esprit de lucre de la haute société romaine. L’impératrice Messaline est en fait une parvenue dont l’époux a été
hissé par hasard, en 41, sur le trône par des prétoriens en quête d’empereur. Elle est éblouie par la situation exceptionnelle qu’elle occupe et elle en profite. On ne compte plus ses amants,
qu’elle choisit de préférence parmi les esclaves et les affranchis impériaux. Elle aime se déguiser en esclave et se prostituer dans les lupanars de Rome. Elle se plaît à faire proscrire des
Romains pour s’emparer de leurs fortunes, elle vend les droits de cité aux plus offrants, elle négocie les commandements des légions, les gouvernements des provinces. Redoutant d’éventuelles
rivales, elle fait assassiner une sœur de Caligula et une cousine de celle-ci, toutes deux célèbres pour leur beauté.
Origine :
Espagne
Bruno Corbucci qui ouvrit tristement le filon en
1977, « Per amore di Popea » ou « Les folles de nuits de Caligula » qui, sous forme de comédie grotesque, mélangeaient l’érotisme le plus (ba)lourd à la vulgarité extrême où
flatulences et pitreries affligeantes se succédaient sans finesse aucune. Si Messaline et Agrippine se range plus auprès des comédies de ce type, le film de l’espagnol « Jaime J.Puig »
caché derrière le pseudonyme de « Jacob Most » est pourtant une petite surprise. Certes, on reste une fois de plus dans le degré zéro de la comédie érotique mais malgré son ridicule,
« Bacanales romanas » parvient à faire rire sans trop tomber dans la vulgarité et la grossièreté.
lesbiennes, de pédés, de cocus et de nymphomanes. Toutes les perversions montrées ici sont le reflet de cette époque et aucune réclamation ne sera admise ! » Et elle ne
ment pas ! Tourné dans un coin de studio orné d’une statue, de trois tentures et d’un coussin, Messaline et Agrippine nous content les aventures sexuelles des deux inséparables coquines à la
libido explosive qui, entre deux récits de leurs exploits, n’ont de cesse de trouver le moyen de débaucher Pijon (de « pigeon » ?), un pauvre gaulois que l’on dit
« étonnamment bien membré ». Entre deux stock-shots flous, Puig accumule 75 minutes durant et de façon désordonnée un nombre impressionnant de scènes érotiques qui relèvent toute de la
comédie graveleuse.
tant et si bien que le pauvre soldat en perd sa moustache. Mal en prit au pauvre Claudius qui en ressort avec une inflammation des parties
génitales.
Agrippine à une cadence
effrénée. Chacune doit battre le record de l''autre afin de remporter le jeu. 457 coups de membres virils contre 385. Messaline est élue « grande gagnante » !
Alvaro Vitali et Jean
Lefebvre n’aurait pas renié, de gags iconoclastes et de joyeuses trouvailles. La version française pour une fois aussi ridicule soit elle accentue le comique des situations. Toutes les
caricatures imaginables sont présentes : l’empereur fofolle, les servantes lubriques, les vaillants guerriers aux lances en plastique et les centurions frustrés.


























