Le satanisme n’existe plus de nos jours. Porter le bouc et raser ses cheveux, s’habiller de
noir pour avoir le look du diable et s’affirmer identifié à lui, montrer qu’on est libertin, rechercher la débauche espérant être ainsi en accord avec les volontés de
Satan, c’est croire en une conduite avec son degré
d’immoralité et s’assurer d’être en harmonie avec au moins un des régents subtils, celui des enfers.
Le Satan du moyen âge décrit ici et là est le plus souvent identifié avec le bouc du Sabbat que des gens des campagnes, paysans menés par certains d’entre eux sorciers, célébraient à la manière de l’antique Pan. Mais le diable mondain, celui des villes, et plus précisément celui que des élites engendrèrent, avait des missions plus tragiques à remplir que de marier la pucelle du village au commerçant bedonnant local. Le Satan engendré par les gens de la haute se voyait réclamer de remplir des missions hautement mortelles, tuer tel notable, handicaper un voisin qu’on ne supporte plus, éliminer un concurrent, un partenaire, un parent dont on veut l’héritage, un patron malhonnête, un élu, un privilégié, un prince, un roi.
C’est pourquoi Satan revêtit à ce point l’habit noir, ou plutôt qu’on lui fit porter si bien le vêtement de la Mort avec sa faux, tant sa réputation devînt si terrible et terrifiante - et l’est encore -, car combien d’hommes souffrirent de crampes d’estomac, de hoquets, saisis de vomissements, combien le sourire encore aux lèvres tombèrent venant d’avaler un poison fatal versé à leur insu dans une coupe d’un champagne délicieux ?
La magie noire, celle où des hommes et des femmes allaient faire des « vœux »
auprès du curé de l’église la plus proche pour demander la mort d’un grand père ou d’un mari pour hériter. Pour gagner un procès ou une course, pour tuer un mari violent, une épouse
infidèle ; pour blesser un voisin ou un patron. De telles demandes
(vœu) abondaient sous l’autel du prêtre et il pratiquait, pour cela, ce qu’on appelle la Messe Noire, moyennant finance, exercée dans une stricte intimité et toutes les paroles
sacrées étaient prononcées en vue de la destruction d’un homme voire plusieurs. Ainsi, l’on invoquait les démons les plus terribles que l’on avait pu inventer pour agir dans le mal et exécuter
les plus basses besognes réclamées par les hommes à de « pieuses personnes ». C’est parce que les hommes étaient devenus mauvais qu’ils rendirent leurs Démons plus méchants encore, d’où
leur réputation malfaisante.
Même le Christ fut utilisé pour cela : « L’église Saint-Esprit, sur la place de Grève, était désignée pour les messes dites pour causer la mort de personnes détestées. A Montmartre, le vendredi, dans la chapelle de l’abbaye, on y voyait des femmes agitées par des inquiétudes de ménage, demander à saint Rabboni de molester leurs mauvais maris et de hâter leur mort. On priait partout le Christ de fortifier les adultères, les honteux négoces, la prostitution, les massacres et même la puissance des esprits infernaux. Poussés par des grands seigneurs libertins et ambitieux, des bourgeois curieux, des sorciers, des sorcières, des prêtres, des filles de joie, des aventuriers s’abandonnaient à de honteuses pratiques. Courtiers d’amour, maîtres chanteurs, exploitaient le cadavre futur de celui qui, lâchement, leur confiait le soin d’assassiner pour lui ; vendeurs de poudre mystérieuse, voleurs d’enfants, tout ce monde priait et faisait brûler des cierges pour l’accomplissement de ces noirs desseins » (Berith Andrax – Grimoire de magie noire et magie rouge – Axiome éditions).
Une même pratique mais dans un autre registre est racontée par le fameux docteur Bataille du
dix-neuvième siècle : « Le réformateur du palladisme Albert Pike envoûtait à sa manière, le plus souvent en se servant d’une poupée de cire. Il se procurait, à
défaut de cheveux ou de rognures d’ongles, une parcelle quelconque de
vêtement porté par son ennemi ; dans sa lutte contre Gorgas, il était parvenu à avoir de la blanchisseuse du docteur un mouchoir de celui-ci.
Il faisait d’abord tremper cette étoffe dans un bain d’eau fortement salée, après avoir dit trois fois, en jetant le sel dans l’eau : « Sagrapim melanchtebo rostomouck elias phog ». Puis il faisait sécher l’étoffe devant un feu alimenté par des branches de magnolia. Après quoi, pendant trois semaines, chaque samedi, à onze heures du matin, il adressait une invocation à Moloch, pendant laquelle il tenait l’étoffe sur ses deux mains ouvertes et tendues en avant, comme si le démon invoqué eut été présent, visible, et qu’il lui eût présenté l’objet en offrande. Le troisième samedi, à sept heures après le midi, il brûlait l’étoffe à une flamme d’esprit de vin, tout en psalmodiant un chant luciférien de sa composition, et il recueillait les cendres sur une sorte d’assiette en plomb recouverte d’hiéroglyphes gravés à la pointe d’un couteau consacré à Lucifer ; ce jour-là, il avait eu soin de rester à jeun jusqu’à trois heures après le midi, et son unique repas de la journée se composait de poisson, de biscuit et de fruits secs.
Après quoi, le lendemain,
il pétrissait de la cire mêlée aux cendres de l’étoffe de l’ennemi et modelait sa poupée, qu’il appelait une « dagyde ». La dagyde de Gorgas avait trente centimètres de hauteur. Mais
Pike ne perçait pas avec des épingles ni ne faisait fondre la dagyde qui représentait son ennemi, il la plaçait sous un globe de cristal, dont le socle «était muni d’une petite pompe pneumatique,
et faisait ainsi le vide d’air à l’intérieur du globe. La personne envoûtée éprouvait alors toutes sortes de malaises bizarres dont elle ne pouvait soupçonner la cause.
Le plus curieux, c’est que les démons, tout en favorisant ces sortilèges, fournissent à leurs adorateurs des moyens de les combattre par d’autres pratiques du même genre.
Le palladiste qui se sait l’objet d’un envoûtement à la dagyde se confectionne une poupée, à la cire de laquelle il mêle de ses propres cheveux et de ses rognures d’ongles. Cette figurine qui le représente est consacrée selon un cérémonial diabolique et il lui applique les remèdes empruntés à la magie spéciale d’Albert Pike. Les occultistes de la haute-maçonnerie nomment cela « la méthode de Paracelse inversée ».
Dans la Goétie, où le prince de l’enfer est invoqué sous le nom de Satan, on provoque
surtout l’envoûtement du crapaud choisi, mâle ou femelle, selon le sexe de la personne qu’on veut combattre. Pour se protéger, on porte sur soi un crapaud dans une boîte de corne ; la
satanistes affirment que c’est alors cette malheureuse bête qui subit les tourments destinés à son porteur » (Docteur Bataille).
Léo Taxil, dans « Satan franc-maçon », présente ainsi le tableau : « Cette alchimie de la vieille école, qui courait jadis
à la poursuite de la pierre philosophale et de l’or potable, a été remplacée, chez quelques adeptes de l’occultisme, par une chimie criminelle, qui compte, parmi ses produits, un toxique infernal
à l’usage des sociétés
secrètes. Ces fabricants spécialistes, dont aucune police n’a réussi à trouver l’officine, ces cabalistes démoniaques, qui sont des malfaiteurs de la pire espèce, distillent et
mélangent, dans leur abominable laboratoire, le virus des maladies contagieuses, le venin des reptiles et le suc des plantes malfaisantes, ils empruntent au fungus son humeur vireuse et
narcotique, au datura-stramonium ses principes asphyxiants, au pêcher et au laurier-amande ce poison dont une seule goutte sur la langue, dans l’œil et dans l’oreille renverse comme d’un coup de
foudre et tue l’être humain le mieux constitué, le plus fort. (…) Tout le monde sait, soit pour l’avoir entendu dire dans les demi-aveux échappés à des sectaires d’arrières-loges, en un instant
d’oubli ou de remords, soit pour l’avoir lu dans des fragments de rituels des hauts grades, qu’à Naples existe un laboratoire de pharmacie et de toxicologie occultes qui fournit aux ultionnistes
du monde entier les poisons dont ils ont besoin pour exécuter les arrêts de mort prononcés par les chefs secrets.
Un exemple de fabrication d’un poison : « Prenez un gros crapaud, et enfermez-le
dans un bocal avec des vipères et des aspics ; donnez-leur pour seule nourriture, pendant plusieurs jours, des champignons vénéneux, de la digitale, de la ciguë ; puis, irritez-le en
secouant le bocal, en y introduisant un bâton avec lequel vous les tourmenterez et les obligerez à se battre les uns contre les autres, jusqu’à ce qu’ils
meurent de colère et de faim. Vous les
saupoudre alors d’écume de cristal pulvérisé et d’euphorbe ; puis, vous les mettrez dans une retorte bien bouchée, et vous en absorberez lentement toute l’humidité par le feu ; vous
laisserez ensuite refroidir, et vous séparerez la cendre des cadavres de la poussière incombustible qui sera restée au fond de la retorte. Vous aurez alors deux poisons de même nature et de même
activité, identiques par conséquent dans leurs effets, l’un liquide et l’autre en poudre, que vous emploierez suivant le cas ».
Autre forme d’activité lucrative délictueuse : « Les ateliers sont installés dans d’immenses chambres creusées en plein rocher par la nature… A première vue, cela n’a pas l’air bien démoniaque. Il y a une forge comme on en voit partout…Tout cela est banal au demeurant… Ce qui l’est moins, ce sont les produits de cette industrie : ce sont tous les objets du culte infernal, ces ustensiles magiques à formes extravagantes, remplis dans des caisses blanches à raies rouges, ayant un grand L majuscule, surmonté d’une étoile verte, au centre un triangle inversé ; c’est là la marque commerciale de reconnaissance, que bien des manifestes de marchandises ont portée, à bord des bateaux allant en Amérique ou sur la ligne des Indes et de Chine.
L’atelier le plus étrange est celui dit des « Ouvriers Choisis », choisis ou
désignés par le dieu de l’endroit ; en réalité, il s’agit d’un choix monstrueux ; difformités
invraisemblables ou aspect diabolique, comme les objets qu’ils fabriquent. Dans cet atelier, on travaille surtout aux
grosses pièces.
Voici les « chérubs », d’abord, au corps de lion, à la tête de taureau, tenant une épée flamboyante dans la gueule ; ce sont d’assez gros morceaux décoratifs, on le voit, dont le sens est plutôt symbolique et qui servent, somme toute, d’ornements. On fait aussi des chérubs en bois, mais par séries spéciales ; en général, ces objets, lorsqu’ils sont en bois sculpté, comportent des hiéroglyphes en acier, vissés dans le socle.
Voici encore des Molochs, des Astaroths, des Mammons ; l’obscénité des derniers montre,
sans qu’il soit besoin de les décrire, quelle bestialité humaine ils représentent. Puis, ce sont des monstres, des bêtes, comme apocalyptiques, tous les hiéroglyphes symboles, en un mot, de ce
culte unicornu ou bicornu. Toute cette quincaillerie de carcasse ressemble à un ossuaire
gigantesque d’animaux surnaturels, ankylosés ; c’est le tortu dans l’horrible, le malpropre dans le ridicule aussi.
Je passe devant des appliques de fer tordu, des candélabres, des tuyaux d’orgue, des copeaux de toute nature, que sais-je encore ? des reproductions bossuées de diable de moyen ordre, sires de peu d’importance, pauvres hères, mesquins légionnaires du plus bas degré, sans doute de la hiérarchie infernale, et dont le palladisme a fait le menu fretin de ses esprits vénérés, des contrefaçons de saints pour les niches de ceux de ses temples montés à peu de frais pour des triangles borgnes.
Evidemment, Lucifer est là, démon en personne, du moins en esprit. Il n’est pas besoin, d’ailleurs, d’aller bien loin pour apercevoir une de ses images, celle qui est la plus répandue. Là, à côté de ce fourneau, un peu caché par le soufflet énorme, dans une sorte de retrait, une manière de reposoir s’élève, formé de morceaux de bois différents, cloués et comme appareillés entre eux. Sur ce reposoir, j’aperçois la figure, la statue que je connais si bien depuis longtemps : le Baphomet. Seulement ici, elle est difficile à reconnaître sous l’épaisse couche de crasse et de suie qui la recouvre » (Léo Taxil – Satan franc-maçon – Collection archives Julliard).









humaine n’était pas immortelle ; ces deux sectes basaient leurs dissertations philosophiques sur les véritables enseignements cabalistiques et occultes » (HPB – Doctrine secrète
3 ; p.343). 
le schisme luciférien. C’est un prêtre prévaricateur, nommé Jérôme, un adversaire déclaré des lucifériens, qui va donner naissance au mythe du démon Lucifer. Au chapitre 14, verset 12 du
livre d’Esaïe, sa mauvaise traduction latine (il traduit le mot hébreu « heylel », « astre brillant », par « Lucifer », au lieu de le traduire par « stella
splendida ») et sa mauvaise interprétation du passage consacré au tyran Nabuchodonosor, roi de Babylone, est directement à l’origine du mythe démoniaque de Lucifer. Jérôme était le
secrétaire de Damase, l’usurpateur qui avait fait exiler le véritable pape, saint Ursinus.
prévaricateur qui
haïssait les Lucifériens. A travers ce mythe, on reconnaît l’histoire de Lucifer de Cagliari « qui avait perdu les lumières de la charité et qui était tombé dans les ténèbres du schisme », pour
reprendre l’expression employée par les catholiques. La diabolisation de Saint Lucifer et des Lucifériens est l’œuvre des évêques ariens et de leurs sympathisants, qui ont gangrené l’Eglise
catholique et corrompu à jamais le sacerdoce apostolique. Le démon Lucifer est une invention de l’Eglise romaine.
âge, les
catholiques croyaient que les cathares tiraient leur nom du fait qu’ils embrassaient le derrière d’un chat, « catus » en latin), sont établies d’après les rapports de l’inquisiteur
Conrad de Marburg, un « psychopathe zélé et haineux » ».
étincelant comme un soleil depuis la tête jusqu’à la ceinture, et noir comme la chatte pour la partie inférieure du corps ; son éclat illumine la salle entière. Le président, prenant un
morceau du vêtement de l’initié le tend à l’homme étincelant : « Maître, dit-il, je te donne ce qui m’a été donné. Et l’autre de répondre : Tu m’as bien servi ; tu me serviras davantage et
mieux ; je confie à tes soins ce que tu m’as donné. Sur quoi, il disparaît. Tels seraient, d’après les témoignages, les rites d’initiation. Grégoire IX ajoute que tous les ans, à Pâques, les
sectaires vont communier en leurs paroisses (évidemment pour ne pas se trahir) ; mais au lieu d’avaler l’hostie, ils l’emportent en leurs maisons et la crachent dans les latrines par mépris pour
le Rédempteur. Deux mots sont consacrés aux doctrines des sectaires : ils disent que le Dieu du Ciel a violemment, contre toute justice et traîtreusement précipité Lucifer dans l’abîme. C’est en
Lucifer que croient ces misérables ; pour eux, il est le créateur des choses célestes ; un jour il précipitera du Ciel le Seigneur et retrouvera sa gloire première ; ce jour-là, ses adeptes,
grâce à lui, jouiront de l’éternelle béatitude. Et pour terminer la règle morale : un luciférien ne fait rien de ce qui plaît à Dieu, il fait plutôt tout ce que Dieu déteste » (Dictionnaire
de théologie catholique, sous la direction de Amann, Paris, 1926.).
des démons. Aujourd’hui, elle amalgame Lucifériens et satanistes, bien que ces deux voies soient différentes ».
grand subterfuge de
faire croire que les satanistes étaient des gens pervers qui n’avaient en tête que de reproduire la messe catholique en la blasphémant, en la moquant par des pratiques luxurieuses ou contraires.
Les uns et les autres étaient des ennemis certes, mais issus, à l’origine, du même Corps religieux.
satanique et non
luciférienne. Les cultes noirs se sont édifiés sur la haine de l’Inquisition, cet organisme corrompu déguisé en institution divine. L’acte central du culte satanique est la Messe Noire qui est
célébrée sur le corps d’une femme nue. Le rituel satanique est le rituel catholique inversé, croix noire retournée, nappe et cierges noirs, prières latines inversées L’accouplement sexuel
remplace la communion eucharistique. Le satanisme a été réformé par Anton Szandor La Vey qui a fondé à San Francisco l’Eglise de Satan, le 30 avril 1966 ».
sexuels. Ces
messes noires touchèrent dans un premier temps les milieux populaires, ce fût ensuite au tour de l’aristocratie de les pratiquer. L’une des histoires de Messe Noire la plus connue est celle qui
eut lieu sous Louis XVI. En effet, les écrits d’un général évoquent dans un premier temps plusieurs affaires de Messes Noires pratiquées par la haute aristocratie puis plus particulièrement par
la Marquise de Montespan pour exemple.
« Lucifer » (Encyclopédie des symboles). Il est même très probable qu’au moyen âge, lorsque des religieux, plus tard maudits, célébraient le culte de Vénus par des rites lascifs,
l’évoquaient, logiquement, par le nom de « Lucifera ». Et qu’ils ne connaissaient point alors Lilith.
passages en gauchissant le texte original de manière grossière. La comparaison avec la traduction de Jean Papin, la seule qui soit vraiment fiable, ne laisse aucun doute à ce sujet. Le
chapitre qui traite de l’Auparistaka (fellation), que l’on peut à la rigueur prendre pour de l’homosexualité », si l’on y tient vraiment, a donné lieu à des « dérapages »
parfaitement anachroniques avec une histoire idiote d’hommes vivant maritalement. Un passage où il est question de femmes prenant l’ascendant dans un rapport normal s’est métamorphosé en une
histoire de femmes « sodomisant » un homme à l’aide d’un « godemiché » », dit le commentaire.
fleurs, souriante et haletante à la fois, elle appuiera les seins sur la
poitrine de son amant, et, baissant fréquemment la tête, lui rendra ce qu’il lui faisait tout à l’heure, ses coups, ses invectives ; elle lui dira : « Tu m’as renversée, tu m’as
moulue ; à mon tour de te renverser, de te moudre ».
L’auteur précise : « Lorsque la femme se comporte ainsi comme un homme, ceci est appelé comportement viril
(Purushâyita) ou sexualité inversée (Viparita rati) ».
« Kâlî, Toi qui, parée d’une ceinture
« desservantes » s’habillaient en hommes, alors qu’à Cos les prêtres d’Hercule n’approchaient de l’autel que vêtus d’habits féminins. Notons avec intérêt que dans le rituel
magique dégénéré du Moyen Âge, on assiste à une inversion totale du concept de polarité : le praticien devait appartenir au même sexe que la puissance invoquée, quel que fût son sexe.
Maïmonide, philosophe et théologien juif médiéval, a parlé d’un manuel de magie dans lequel il était dit que lorsqu’un homme invoquait Vénus, il lui fallait s’habiller de vêtements féminins et
que quand une femme s’adressait à Mars, elle devait porter, comme un homme, armes et armure » (Francis King – Esotérisme et sexualité).)
leurs visages, elle appuie fortement ses seins sur la poitrine du garçon, l’obligeant à plusieurs reprises à baisser la tête. Elle imite tous les comportements qu’il avait eus
auparavant avec elle et le domine à son tour. Riant, elle se moque de lui et lui dit des paroles offensantes. Puis, de nouveau, s’il se montre pudique, désireux d’un repos de ses activités, elle,
montant sur lui (Upasripta) le sodomise (Upasarpet) ».
inversée. Cela
lui demanda tant d’efforts que le mouvement de ses cuisses s’interrompit, le piège de ses bras se paralysa, son cœur se mit à battre et ses yeux se fermèrent. Le résultat de cette guerre érotique
est lumineux. Dans ce conflit, la femme se fatigue, mais sa passion et son excitation atteignent leur sommet. Lorsqu’une jolie femme déclenche ce conflit avec audace son énergie se décuple, la
folie éclate dans ses yeux. Puis épuisée, elle s’effondre sur la poitrine de l’homme, un peu humiliée, essoufflée, après une entreprise que l’on pourrait peindre mais pas décrire avec des
mots ».
de deux sortes, étant pratiquée avec un
homme ou avec une femme ».
l’Eglise
contraint les peuples à l’abstinence, excitant ainsi un peu plus les tentations, jette les hommes dans les bras du diable, lequel les reçoit dans ses multiples tanières et leur offre, à l’inverse
du crucifié, toutes les libertés possibles dans ce domaine.
La mouche qu’on recrute est
un garçon de dix-sept ans, sans doute un prostitué, qui fréquente
Un poème fait état de ces
événements luxurieux :
Un autre auteur qui se
scandalise mal à propos est Louis-Sébastien Mercier, qui, s’il n’a pas lui-même écrit de romans érotiques, était l’ami, l’émule et l’ardent défenseur de Nicolas Rétif de la
que ma plume ne peut en
faire entrevoir ici le sujet… La gravure indécente triomphe publiquement. Tout œil en est frappé ; celui de l’innocence se trouble, et la pudeur rougit. Il est temps de reléguer sévèrement dans
les portefeuilles des marchands ce qu’ils ont l’impudence d’étaler au-dehors même de leurs boutiques.
Voici à présent comment est trouvé la fameuse messe de Saint Côme avec les phallus utilisés comme ex-voto ou figurines pour jeter un sort sur autrui, et dont rapportaient les faits
Jacques-Antoine Dulaure dans « Les divinités génératrices ». « Sir William Hamilton, grand collectionneur, occupe le poste d’Envoyé extraordinaire de Sa Majesté britannique au
Royaume de Naples. Il profite de son accès privilégié aux fouilles d’Herculanum et Pompéi pour parfaire ses connaissances sur le monde antique et accumule une magnifique collection de vases qu’il
cède au British Museum en 1766. C’est le catalogue de cette première collection – il en fera plus tard une autre – qu’il tient en main dans ce portrait. Il est hétérosexuel, mais sa maîtresse et
future épouse, la célèbre Lady Hamilton, est réputée avoir une liaison lesbienne avec la reine de Naples. Ouvert d’esprit et curieux de tout ce qui touche la sexualité, il fait une grande
découverte ethnologique lors d’un voyage dans la bourgade reculée d’Isernia. Il découvre que le culte ancien du dieu Priape y existe toujours, mais transformé en une cérémonie en l’honneur de
Saint Côme, patron du lieu. Dans une cérémonie publique, les femmes présentent au Saint des ex-voto phalliques fait de cire, en l’exhortant à haute voix de guérir ou de rendre plus gros et plus
puissant le membre de leurs maris.
Les Bougres, ordre religieux
sur lequel nous tenterons de revenir plus tard, une histoire court d’un Frère Saturnin, qui prendra plus tard le nom de dom Bougre, est surpris en train de se masturber par le Père André, qui lui
suggère une autre façon de se satisfaire :
« Le Père Casimir était
d’une taille médiocre, brun de visage, portant un ventre de Prélat... au corps rond, au ventre gros & bien nourri : il avait des yeux qui vous enculaient de cent pas, et dont le regard
farouche ne s’attendrissait qu’à la vue d’un joli garçon. Alors le Bougre entrait en rut, il hennissait, sa passion pour le cas Antiphysique était si bien établie, qu’il était redoutable aux
Savoyards mêmes… »
À la marquise qui lui demande
: « Tu es donc décidément bardache ? Tu as mis tout-à-fait sous les pieds le honteux préjugé qu’on attache à cet état ? »
à peine ma jésuitique
expérience, que deux éclats de rire féminins, très bruyants, faits si près de nous, qu’ils me semblèrent partis de notre cabinet même, nous apprirent que ces rieuses devaient avoir tout
vu.
Les Pères de l’Eglise tâchent de mettre de l’ordre dans leur propre maison, et c’est là sans doute la première naissance de Satan, car ceux qui se voient condamnés par leur hiérarchie n’y
entendent rien d’être montrés du doigt alors qu’ils célèbrent ce qu’on leur a enseignés.
défendue ou tentée d’être annihilée, n’est point morte, elle s’établit à partir d’autres paramètres.
Encore fallait-il que les
crimes de sodomie dont ces derniers s’étaient rendus coupables fussent « consommés et parfaits » ; c’est-à-dire qu’on ait non seulement constaté « l’intromissio veretri in vase præ-postero
», mais encore « l’effusio seminis intra vas ». Ce qui veut dire que celui qui avait été assez malin pour se « retirer à temps » ne pouvait être reconnu coupable. En outre, pour mettre à
l’aise les homosexuels scrupuleux, on décida que ces Constitutions ne concernaient que le « for externe », et non le « for interne ». Ainsi, le pécheur qui avait obtenu le pardon de Dieu par
l’intermédiaire de son confesseur pouvait-il, sans perdre aucunement le bénéfice de l’absolution, chercher à se soustraire aux sanctions pénales.
interruptus ». A côté des pédérastes, les disciples de Lesbos font un peu figure de parentes pauvres. Quand on sait que
l’Église, pour qu’il y ait crime de sodomie, exige que non seulement il y ait « intromissio in vas » mais encore « effusio seminis intra vas », on comprend que le cas des lesbiennes pose de
subtils problèmes.
vagin de sa partenaire. Les
théologiens conseillèrent alors aux confesseurs de demander à celles de leurs pénitentes qui leur avouaient s’être livrées à l’homosexualité si « elles avaient pénétré le vagin de leur partenaire
au moyen d’une partie quelconque de leur corps » ou si, au contraire, « elles avaient été pénétrées par une partie quelconque du corps de leur complice ».


























