Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 13:44

 

Le satanisme n’existe plus de nos jours. Porter le bouc et raser ses cheveux, s’habiller de noir pour avoir le look du diable et s’affirmer identifié à lui, montrer qu’on est libertin, rechercher la débauche espérant être ainsi en accord avec les volontés de baphomet-taxil.jpgSatan, c’est croire en une conduite avec son degré d’immoralité et s’assurer d’être en harmonie avec au moins un des régents subtils, celui des enfers.

Le Satan du moyen âge décrit ici et là est le plus souvent identifié avec le bouc du Sabbat que des gens des campagnes, paysans menés par certains d’entre eux sorciers, célébraient à la manière de l’antique Pan. Mais le diable mondain, celui des villes, et plus précisément celui que des élites engendrèrent, avait des missions plus tragiques à remplir que de marier la pucelle du village au commerçant bedonnant local. Le Satan engendré par les gens de la haute se voyait réclamer de remplir des missions hautement mortelles, tuer tel notable, handicaper un voisin qu’on ne supporte plus, éliminer un concurrent, un partenaire, un parent dont on veut l’héritage, un patron malhonnête, un élu, un privilégié, un prince, un roi.

C’est pourquoi Satan revêtit à ce point l’habit noir, ou plutôt qu’on lui fit porter si bien le vêtement de la Mort avec sa faux, tant sa réputation devînt si terrible et terrifiante - et l’est encore -, car combien d’hommes souffrirent de crampes d’estomac, de hoquets, saisis de vomissements, combien le sourire encore aux lèvres tombèrent venant d’avaler un poison fatal versé à leur insu dans une coupe d’un champagne délicieux ?

 

La magie noire, celle où des hommes et des femmes allaient faire des « vœux » auprès du curé de l’église la plus proche pour demander la mort d’un grand père ou d’un mari pour hériter. Pour gagner un procès ou une course, pour tuer un mari violent, une épouse infidèle ; pour blesser un voisin ou un patron. De telles demandes d-mon.jpg(vœu) abondaient sous l’autel du prêtre et il pratiquait, pour cela, ce qu’on appelle la Messe Noire, moyennant finance, exercée dans une stricte intimité et toutes les paroles sacrées étaient prononcées en vue de la destruction d’un homme voire plusieurs. Ainsi, l’on invoquait les démons les plus terribles que l’on avait pu inventer pour agir dans le mal et exécuter les plus basses besognes réclamées par les hommes à de « pieuses personnes ». C’est parce que les hommes étaient devenus mauvais qu’ils rendirent leurs Démons plus méchants encore, d’où leur réputation malfaisante.

 

Même le Christ fut utilisé pour cela : « L’église Saint-Esprit, sur la place de Grève, était désignée pour les messes dites pour causer la mort de personnes détestées. A Montmartre, le vendredi, dans la chapelle de l’abbaye, on y voyait des femmes agitées par des inquiétudes de ménage, demander à saint Rabboni de molester leurs mauvais maris et de hâter leur mort. On priait partout le Christ de fortifier les adultères, les honteux négoces, la prostitution, les massacres et même la puissance des esprits infernaux. Poussés par des grands seigneurs libertins et ambitieux, des bourgeois curieux, des sorciers, des sorcières, des prêtres, des filles de joie, des aventuriers s’abandonnaient à de honteuses pratiques. Courtiers d’amour, maîtres chanteurs, exploitaient le cadavre futur de celui qui, lâchement, leur confiait le soin d’assassiner pour lui ; vendeurs de poudre mystérieuse, voleurs d’enfants, tout ce monde priait et faisait brûler des cierges pour l’accomplissement de ces noirs desseins » (Berith Andrax – Grimoire de magie noire et magie rouge – Axiome éditions).

 

Une même pratique mais dans un autre registre est racontée par le fameux docteur Bataille du dix-neuvième siècle : « Le réformateur du palladisme Albert Pike envoûtait à sa manière, le plus souvent en se servant d’une poupée de cire. Il se procurait, à ap5.jpgdéfaut de cheveux ou de rognures d’ongles, une parcelle quelconque de vêtement porté par son ennemi ; dans sa lutte contre Gorgas, il était parvenu à avoir de la blanchisseuse du docteur un mouchoir de celui-ci.

Il faisait d’abord tremper cette étoffe dans un bain d’eau fortement salée, après avoir dit trois fois, en jetant le sel dans l’eau : « Sagrapim melanchtebo rostomouck elias phog ». Puis il faisait sécher l’étoffe devant un feu alimenté par des branches de magnolia. Après quoi, pendant trois semaines, chaque samedi, à onze heures du matin, il adressait une invocation à Moloch, pendant laquelle il tenait l’étoffe sur ses deux mains ouvertes et tendues en avant, comme si le démon invoqué eut été présent, visible, et qu’il lui eût présenté l’objet en offrande. Le troisième samedi, à sept heures après le midi, il brûlait l’étoffe à une flamme d’esprit de vin, tout en psalmodiant un chant luciférien de sa composition, et il recueillait les cendres sur une sorte d’assiette en plomb recouverte d’hiéroglyphes gravés à la pointe d’un couteau consacré à Lucifer ; ce jour-là, il avait eu soin de rester à jeun jusqu’à trois heures après le midi, et son unique repas de la journée se composait de poisson, de biscuit et de fruits secs.

francis barney envoûtement MNAprès quoi, le lendemain, il pétrissait de la cire mêlée aux cendres de l’étoffe de l’ennemi et modelait sa poupée, qu’il appelait une « dagyde ». La dagyde de Gorgas avait trente centimètres de hauteur. Mais Pike ne perçait pas avec des épingles ni ne faisait fondre la dagyde qui représentait son ennemi, il la plaçait sous un globe de cristal, dont le socle «était muni d’une petite pompe pneumatique, et faisait ainsi le vide d’air à l’intérieur du globe. La personne envoûtée éprouvait alors toutes sortes de malaises bizarres dont elle ne pouvait soupçonner la cause.

Le plus curieux, c’est que les démons, tout en favorisant ces sortilèges, fournissent à leurs adorateurs des moyens de les combattre par d’autres pratiques du même genre.

Le palladiste qui se sait l’objet d’un envoûtement à la dagyde se confectionne une poupée, à la cire de laquelle il mêle de ses propres cheveux et de ses rognures d’ongles. Cette figurine qui le représente est consacrée selon un cérémonial diabolique et il lui applique les remèdes empruntés à la magie spéciale d’Albert Pike. Les occultistes de la haute-maçonnerie nomment cela « la méthode de Paracelse inversée ».

Dans la Goétie, où le prince de l’enfer est invoqué sous le nom de Satan, on provoque surtout l’envoûtement du crapaud choisi, mâle ou femelle, selon le sexe de la personne qu’on veut combattre. Pour se protéger, on porte sur soi un crapaud dans une boîte de corne ; la satanistes affirment que c’est alors cette malheureuse bête qui subit les tourments destinés à son porteur » (Docteur Bataille).  talisman-albert-pike.jpg

 Léo Taxil, dans « Satan franc-maçon », présente ainsi le tableau : « Cette alchimie de la vieille école, qui courait jadis à la poursuite de la pierre philosophale et de l’or potable, a été remplacée, chez quelques adeptes de l’occultisme, par une chimie criminelle, qui compte, parmi ses produits, un toxique infernal à l’usage des sociétés leo taxil cover satan franc-maçonsecrètes. Ces fabricants spécialistes, dont aucune police n’a réussi à trouver l’officine, ces cabalistes démoniaques, qui sont des malfaiteurs de la pire espèce, distillent et mélangent, dans leur abominable laboratoire, le virus des maladies contagieuses, le venin des reptiles et le suc des plantes malfaisantes, ils empruntent au fungus son humeur vireuse et narcotique, au datura-stramonium ses principes asphyxiants, au pêcher et au laurier-amande ce poison dont une seule goutte sur la langue, dans l’œil et dans l’oreille renverse comme d’un coup de foudre et tue l’être humain le mieux constitué, le plus fort. (…) Tout le monde sait, soit pour l’avoir entendu dire dans les demi-aveux échappés à des sectaires d’arrières-loges, en un instant d’oubli ou de remords, soit pour l’avoir lu dans des fragments de rituels des hauts grades, qu’à Naples existe un laboratoire de pharmacie et de toxicologie occultes qui fournit aux ultionnistes du monde entier les poisons dont ils ont besoin pour exécuter les arrêts de mort prononcés par les chefs secrets.

Un exemple de fabrication d’un poison : « Prenez un gros crapaud, et enfermez-le dans un bocal avec des vipères et des aspics ; donnez-leur pour seule nourriture, pendant plusieurs jours, des champignons vénéneux, de la digitale, de la ciguë ; puis, irritez-le en secouant le bocal, en y introduisant un bâton avec lequel vous les tourmenterez et les obligerez à se battre les uns contre les autres, jusqu’à ce qu’ils saturne satan overblogmeurent de colère et de faim. Vous les saupoudre alors d’écume de cristal pulvérisé et d’euphorbe ; puis, vous les mettrez dans une retorte bien bouchée, et vous en absorberez lentement toute l’humidité par le feu ; vous laisserez ensuite refroidir, et vous séparerez la cendre des cadavres de la poussière incombustible qui sera restée au fond de la retorte. Vous aurez alors deux poisons de même nature et de même activité, identiques par conséquent dans leurs effets, l’un liquide et l’autre en poudre, que vous emploierez suivant le cas ».

Autre forme d’activité lucrative délictueuse : « Les ateliers sont installés dans d’immenses chambres creusées en plein rocher par la nature… A première vue, cela n’a pas l’air bien démoniaque. Il y a une forge comme on en voit partout…Tout cela est banal au demeurant… Ce qui l’est moins, ce sont les produits de cette industrie : ce sont tous les objets du culte infernal, ces ustensiles magiques à formes extravagantes, remplis dans des caisses blanches à raies rouges, ayant un grand L majuscule, surmonté d’une étoile verte, au centre un triangle inversé ; c’est là la marque commerciale de reconnaissance, que bien des manifestes de marchandises ont portée, à bord des bateaux allant en Amérique ou sur la ligne des Indes et de Chine.

L’atelier le plus étrange est celui dit des « Ouvriers Choisis », choisis ou désignés par le dieu de l’endroit ; en réalité, il s’agit d’un choix monstrueux ; difformités baphomet-belz-buth.jpginvraisemblables ou aspect diabolique, comme les objets qu’ils fabriquent. Dans cet atelier, on travaille surtout aux grosses pièces.

Voici les « chérubs », d’abord, au corps de lion, à la tête de taureau, tenant une épée flamboyante dans la gueule ; ce sont d’assez gros morceaux décoratifs, on le voit, dont le sens est plutôt symbolique et qui servent, somme toute, d’ornements. On fait aussi des chérubs en bois, mais par séries spéciales ; en général, ces objets, lorsqu’ils sont en bois sculpté, comportent des hiéroglyphes en acier, vissés dans le socle.

Voici encore des Molochs, des Astaroths, des Mammons ; l’obscénité des derniers montre, sans qu’il soit besoin de les décrire, quelle bestialité humaine ils représentent. Puis, ce sont des monstres, des bêtes, comme apocalyptiques, tous les hiéroglyphes symboles, en un mot, de ce culte unicornu ou bicornu. Toute cette quincaillerie de carcasse ressemble à un ossuaire häxan100gigantesque d’animaux surnaturels, ankylosés ; c’est le tortu dans l’horrible, le malpropre dans le ridicule aussi.

Je passe devant des appliques de fer tordu, des candélabres, des tuyaux d’orgue, des copeaux de toute nature, que sais-je encore ? des reproductions bossuées de diable de moyen ordre, sires de peu d’importance, pauvres hères, mesquins légionnaires du plus bas degré, sans doute de la hiérarchie infernale, et dont le palladisme a fait le menu fretin de ses esprits vénérés, des contrefaçons de saints pour les niches de ceux de ses temples montés à peu de frais pour des triangles borgnes.

Evidemment, Lucifer est là, démon en personne, du moins en esprit. Il n’est pas besoin, d’ailleurs, d’aller bien loin pour apercevoir une de ses images, celle qui est la plus répandue. Là, à côté de ce fourneau, un peu caché par le soufflet énorme, dans une sorte de retrait, une manière de reposoir s’élève, formé de morceaux de bois différents, cloués et comme appareillés entre eux. Sur ce reposoir, j’aperçois la figure, la statue que je connais si bien depuis longtemps : le Baphomet. Seulement ici, elle est difficile à reconnaître sous l’épaisse couche de crasse et de suie qui la recouvre » (Léo Taxil – Satan franc-maçon – Collection archives Julliard). 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 11:25

Lucifer

 

 

Une note trouvée dans la Doctrine secrète distingue un mouvement des Lucifériens d’un autre, les Lucianistes : « Les Lucifériens constituaient une secte du quatrième siècle qui enseignait, prétend-on, que l’âme était un corps charnel transmis à l’enfant par son père et les Lucianistes constituaient une autre secte plus ancienne, datant du troisième siècle de notre ère, qui enseignait la même chose, et, en outre, que l’âme lucifer-archange2.jpghumaine n’était pas immortelle ; ces deux sectes basaient leurs dissertations philosophiques sur les véritables enseignements cabalistiques et occultes » (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.343). 

 

Nous citons une nouvelle fois : « Lucifer est l’équivalent latin du judéo-païen Hillel (ou Heylel) (Hé-Yod-Lamed-Lamed), dieu de l’étoile du matin (Vénus) et fils de la déesse Astoreth. D’où que Lucifer est employé soit comme un autre nom de Vénus, soit entendu comme le dieu romain de l’étoile du matin, fils de Vénus, et identifié au Phosphoros grec.

Nous lisons : « Au treizième siècle, le pape pourchassant les hommes qui vouent un culte au diable entend parler d’un groupe de personnes qui se font nommer « Lucifériens ». Il envoie Conrad de Marburg, un homme décrit comme un « sadique fanatique qui avait plaisir à battre et à humilier » afin d’écraser l’hérésie qui s’y déroule. Ces adeptes avaient choisi ce dieu Lucifer sans doute car il représentait le mieux leurs frustrations, sachant « qu’avec son armée de démons, il avait été injustement chassé du Ciel ». « Un jour, disaient-ils, il serait de retour avec son armée de démons et renverserait le dieu des chrétiens afin de régner pour toujours ».

 

Des enseignements soutiennent que de Lucifer provient Satan, ou bien que les sectes Lucifériennes du moyen âge, pourchassées par le pape, sont devenues des tanières sataniques.

L’enseignement luciférien soutient : « Avant que l’Eglise catholique et romaine ne souille à jamais le nom de Lucifer, celui-ci avait une connotation positive. Dans la langue latine, le mot « Lucifer » signifie : « Porte lumière » ou « Astre du matin » (« étoile du matin » qui était jadis Vénus*, elle-même nommée « Lucifer » puisque c’est cette planète qui apporte la première la luminosité au sortir de la nuit). Il a été utilisé par les premiers chrétiens pour désigner le Christ, la « Lumière du monde ». Dans l’Apocalypse (Ap.2, 8 ; 22, 16), Jésus se donne à lui-même le nom « d’étoile du matin » (Lucifer) et il désigne également l’Esprit saint sous ce nom. Pendant les trois premiers siècles de l’Eglise, plusieurs chrétiens ont porté ce beau nom.

 

(* Dans son « Glossaire théosophique », HPB, évoquant « Daitya Guru », dit qu’il est « l’instructeur des Géants, appelés « Daityas », bien qu’allégoriquement, c’est le titre donné à la planète Vénus-Lucifer, ou plutôt au Régent qui l’habite, « Shukra », divinité masculine » (aussi HPB – Doctrine secrète 3 ; p.41-42).)

 

« Dans le paganisme romain, Lucifer était un dieu céleste qui vivait sous l’Olympe. Avec les Saisons, le fils de Jupiter et de la déesse Aurore était chargé d’atteler et de dételer les chevaux du char conduit par le Soleil. Lucifer était le chef et le guide des Astres (Avec cette fonction, il correspond à Horus le dieu égyptien, qui conduit sur son char le Soleil Râ. Horus, à son tour, est identifié avec Priape selon certains, ce qui atteste d’un caractère phallique dans certains de ces cultes. Mais Horus est Hélios chez les Grecs, et non Phosphoros ; de même Lucifer est assimilé, pour son histoire célèbre, avec Prométhée : confusion des dieux selon les mythologies ou s’agit-il toujours des mêmes divinités quel que soit le nom qu’on lui donne ?). Cette ancienne divinité païenne est toujours visible dans le ciel, c’est « l’étoile du matin », la planète Vénus qui brille à l’Orient, avant le lever du Soleil. Le soir, Vénus brille à l’Occident et prend le nom de Vesper, une autre divinité romaine. Les Grecs connaissaient aussi le dieu Lucifer, ils le nommaient « Phosphoros » ou « Eosphoros » ».

 

« Les lucifériens tirent leur origine de Lucifer, un évêque de Sardaigne. Il s’éleva contre les évêques catholiques qui, durant la persécution de Constance, avaient consenti à la perfidie arienne, et, s’étant ensuite corrigés, étaient revenus à l’Eglise catholique, condamnant ce qu’ils avaient cru ou fait semblant de croire. L’Eglise catholique les reçut dans son sein maternel, comme Pierre, après qu’il eut pleuré son reniement. Cette charité maternelle fut mal prise par ces orgueilleux, qui, ne voulant pas recevoir ces repentis, se séparèrent de la communion de l’Eglise, et ainsi méritèrent de tomber avec leur chef Lucifer, cet astre de lumière qui précédait l’aurore » (Dictionnaire de théologie catholique, sous la direction de Amann, Paris, 1926).

 

lucifer de cagliari

  « Cette notice d’Isidore de Séville en 636 témoigne que l’Eglise médiévale avait totalement diabolisé le souvenir de Lucifer de Cagliari et du schisme luciférien en l’assimilant à la chute des anges rebelles. En fait, la chute de Lucifer et de ses anges est un mythe fondé sur une manipulation des Ecritures. Le parallèle entre Lucifer de Cagliari et l’ange Lucifer est clairement établi. Il procède d’une volonté de diabolisation. Il est certain que le nom de Lucifer n’était pas appliqué au diable avant lucifer-de-cagliari2.jpgle schisme luciférien. C’est un prêtre prévaricateur, nommé Jérôme, un adversaire déclaré des lucifériens, qui va donner naissance au mythe du démon Lucifer. Au chapitre 14, verset 12 du livre d’Esaïe, sa mauvaise traduction latine (il traduit le mot hébreu « heylel », « astre brillant », par « Lucifer », au lieu de le traduire par « stella splendida ») et sa mauvaise interprétation du passage consacré au tyran Nabuchodonosor, roi de Babylone, est directement à l’origine du mythe démoniaque de Lucifer. Jérôme était le secrétaire de Damase, l’usurpateur qui avait fait exiler le véritable pape, saint Ursinus.

 

« Lucifer, c’est-à-dire « Qui apporte la lumière », nom donné au « prince des démons » à cause de la beauté qui lui donnait l’apparence d’un astre brillant avant son péché : « Comment es-tu tombé du ciel, Lucifer, toi qui paraissais si brillant au point du jour ? », dit Esaïe (Nouveau dictionnaire d’histoire et de géographie anciennes et modernes par Ed. D’ault-Dumesnil, Louis Dubeux et l’abbé A. Crampon, chez Lecoffre, 1868).

 

Le mythe de la chute en enfer de Lucifer, le plus beau des anges, qui devient le prince hideux des démons, est né au cinquième siècle, sous l’influence de Jérôme, un prêtre lucifera8.jpgprévaricateur qui haïssait les Lucifériens. A travers ce mythe, on reconnaît l’histoire de Lucifer de Cagliari « qui avait perdu les lumières de la charité et qui était tombé dans les ténèbres du schisme », pour reprendre l’expression employée par les catholiques. La diabolisation de Saint Lucifer et des Lucifériens est l’œuvre des évêques ariens et de leurs sympathisants, qui ont gangrené l’Eglise catholique et corrompu à jamais le sacerdoce apostolique. Le démon Lucifer est une invention de l’Eglise romaine.

 

« Au moyen âge, dans le langage populaire et clérical, le nom des lucifériens était devenu synonyme « d’adorateurs du prince des démons » et le mot « luciférianisme », un synonyme « d’hérésie ». Le mot « Lucifériens » vient du latin « Luciferiani » et désignait à l’origine les partisans de Lucifer de Cagliari. Le moyen âge, sur lequel l’Eglise a voulu régner sans partage, fut le temps de l’obscurantisme religieux ».

 

La bulle de Grégoire IX, « Vox in Rama », datée du 13 juin 1233, par laquelle certains veulent prouver l’existence d’une secte de Lucifériens adorateurs de l’esprit du mal, est un tissu d’élucubrations, qui visent à diaboliser les néo-manichéens (au moyen lucifera7-sf28.jpgâge, les catholiques croyaient que les cathares tiraient leur nom du fait qu’ils embrassaient le derrière d’un chat, « catus » en latin), sont établies d’après les rapports de l’inquisiteur Conrad de Marburg, un « psychopathe zélé et haineux » ».

 

« La bulle en question vise incontestablement ces hérétiques de la région rhénane que l’on a fini par baptiser du nom de « lucifériens » et dont on a voulu faire une secte spéciale. En réalité, la comparaison du texte de Grégoire IX avec toutes les indications données ci-dessus ne permettent guère de douter que nous n’ayons affaire avec les mêmes racontars qui, depuis l’onzième siècle, circulaient sur le compte des hérétiques de toute dénomination. Après avoir épanché sa douleur sur le mal que fait à l’Eglise une secte aussi monstrueuse, le pape décrit (évidemment d’après les rapports de Conrad) les rites hideux d’initiation qui se passent dans les conventicules des sectaires : apparition du diable sous la forme d’un crapaud, baisers obscènes qui lui sont donnés par l’initié ; puis le diable se montre sous forme d’un homme d’une extraordinaire pâleur, aux yeux d’un noir terrible à qui le novice donne également un baiser, lequel fait évanouir en lui tout souvenir de la foi catholique. Là-dessus, tous les assistants prennent part à un festin, après quoi d’une statue, que l’on trouve toujours dans ces cérémonies, descend une chatte noire ; elle présente son derrière au novice, qui le baise, puis au président de l’assemblée qui en fait autant, et finalement à quiconque en est digne. Après des chants et une sorte d’instruction, on éteint les lumières et on passe aux plus répugnantes œuvres de la luxure, sans distinguer entre proches et étrangers. Si les hommes sont en plus grand nombre que les femmes, ceux-ci satisfont entre eux leurs passions honteuses et de même, si les femmes sont plus nombreuses, elles satisfont leurs désirs entre elles, contre la nature.

La lumière revenue, chacun reprend sa place, et d’un coin sombre surgit un homme lucifera5-demonlover.jpgétincelant comme un soleil depuis la tête jusqu’à la ceinture, et noir comme la chatte pour la partie inférieure du corps ; son éclat illumine la salle entière. Le président, prenant un morceau du vêtement de l’initié le tend à l’homme étincelant : « Maître, dit-il, je te donne ce qui m’a été donné. Et l’autre de répondre : Tu m’as bien servi ; tu me serviras davantage et mieux ; je confie à tes soins ce que tu m’as donné. Sur quoi, il disparaît. Tels seraient, d’après les témoignages, les rites d’initiation. Grégoire IX ajoute que tous les ans, à Pâques, les sectaires vont communier en leurs paroisses (évidemment pour ne pas se trahir) ; mais au lieu d’avaler l’hostie, ils l’emportent en leurs maisons et la crachent dans les latrines par mépris pour le Rédempteur. Deux mots sont consacrés aux doctrines des sectaires : ils disent que le Dieu du Ciel a violemment, contre toute justice et traîtreusement précipité Lucifer dans l’abîme. C’est en Lucifer que croient ces misérables ; pour eux, il est le créateur des choses célestes ; un jour il précipitera du Ciel le Seigneur et retrouvera sa gloire première ; ce jour-là, ses adeptes, grâce à lui, jouiront de l’éternelle béatitude. Et pour terminer la règle morale : un luciférien ne fait rien de ce qui plaît à Dieu, il fait plutôt tout ce que Dieu déteste » (Dictionnaire de théologie catholique, sous la direction de Amann, Paris, 1926.).

 

« Au haut moyen âge, la propagande catholique romaine montrait les Lucifériens qui avaient suivi Lucifer de Cagliari semblables à des anges rebelles tombés en enfer. L’Eglise médiévale a accusé les néo-manichéens de rendre un culte à Lucifer, prince lucifera3-la-amante-del-demonio.jpgdes démons. Aujourd’hui, elle amalgame Lucifériens et satanistes, bien que ces deux voies soient différentes ».

 

A ce stade, nous ajoutons que bien des auteurs distinguent les Lucifériens des satanistes en ce que les premiers sont des mages, les autres, des sorciers. Le mage exerce, moyennant des études appropriées et évoque des esprits planétaires et des démons « bons », en appelle à l’autorité suprême de Dieu sous son appellation ésotérique « Yod Hé Vau Hé » ; le sorcier détient sa science d’une filiation héréditaire, ou a appris par des proches, et exerce par instinct, invoquant directement Satan ou l’un des siens. En réalité, ceux qui se disent « mages » puisaient leur science chez les sorciers, mais, ne voulant pas s’attirer les « foudres » de l’Eglise, juraient qu’il existait de « bons » et de « mauvais » démons, assuraient aux Ordres cléricaux qu’ils ne travaillaient qu’avec les « bons ». 

 

L’autre leçon à retenir, c’est que « Lucifériens » et « satanistes » proviennent tous au départ de la maison chrétienne, qu’ils soient issus des mouvements gnostiques au moment de la fondation de la religion catholique, ou juste après, et qu’ils ont évolué en son sein, forcément, pour en détenir les clefs et les connaissances indispensables, pour savoir invoquer correctement, utiliser herbes et encens, connaître les heures et prononcer les bonnes paroles, les meilleures incantations, etc. Le personnel luciférien et l’autre sataniste ont fait leur école dans l’Eglise catholique même, d’où ce fut un lucifera6.jpggrand subterfuge de faire croire que les satanistes étaient des gens pervers qui n’avaient en tête que de reproduire la messe catholique en la blasphémant, en la moquant par des pratiques luxurieuses ou contraires. Les uns et les autres étaient des ennemis certes, mais issus, à l’origine, du même Corps religieux.

 

« Où trouverons-nous dans les annales de la magie européenne, de plus habiles magiciens que dans les mystérieuses solitudes des cloîtres ? Albert le Grand, le célèbre évêque et magicien de Ratisbonne, n’a jamais été surpassé dans son art. Roger Bacon était un moine et Thomas d’Aquin fut un des plus éminents élèves d’Albert le Grand. Trithémius, abbé des Bénédictins de Sponheim, était le maître, l’ami et le confident de Cornélius Agrippa ; et tandis que les confédérations de théosophes étaient largement répandues en Allemagne, où elles prirent naissance, s’aidant les unes les autres, et luttant pendant des années pour acquérir les connaissances ésotériques, quiconque parvenait à devenir le disciple favori de certains moines pouvait très bien se voir promptement initié à toutes les branches importantes de la connaissance occulte » (HPB – Isis dévoilée – p.29).

 

« Le satanisme remonte au quatorzième siècle. Les sorciers qui invoquent le diable ou prince des démons sous le nom de Satan, Lucifer ou Belzébuth sont d’obédience lucifera2-diane.jpg satanique et non luciférienne. Les cultes noirs se sont édifiés sur la haine de l’Inquisition, cet organisme corrompu déguisé en institution divine. L’acte central du culte satanique est la Messe Noire qui est célébrée sur le corps d’une femme nue. Le rituel satanique est le rituel catholique inversé, croix noire retournée, nappe et cierges noirs, prières latines inversées L’accouplement sexuel remplace la communion eucharistique. Le satanisme a été réformé par Anton Szandor La Vey qui a fondé à San Francisco l’Eglise de Satan, le 30 avril 1966 ».

 

A cette époque de 1300, « le caractère bestial de Satan est plus clairement prononcé qu’avant. Il est souvent mi-homme mi-bouc, il a des griffes, des cornes, des ailes etc. Pan sort des campagnes, lui qui était encore célébré par une certaine paysannerie, héritage Romain oblige.

 

Les premiers écrits relatant de réels cultes sataniques ou Messes Noires datent du moyen âge. Celles-ci sont alors des parodies des messes chrétiennes. Les symboles comme les croix sont renversées, les hosties et l’eau bénite sont salies, et les paroles du prêtre sont en total désaccord avec les propos tenus lors des messes traditionnelles. Ces Messes Noires sont aussi très souvent accompagnées de rites lucrèce borgia1sexuels. Ces messes noires touchèrent dans un premier temps les milieux populaires, ce fût ensuite au tour de l’aristocratie de les pratiquer. L’une des histoires de Messe Noire la plus connue est celle qui eut lieu sous Louis XVI. En effet, les écrits d’un général évoquent dans un premier temps plusieurs affaires de Messes Noires pratiquées par la haute aristocratie puis plus particulièrement par la Marquise de Montespan pour exemple.

 

Le texte sur « l’Histoire de Lucifer » rapporte encore « qu’à Babylone, Vénus était l’étoile d’Ishtar, la déesse des batailles, de l’amour et de la fécondité. A Rome, Diane (Artémis), la déesse lunaire, était appelée « Lucifera », la « Porteuse de lumière » ». Or, c’est Vénus qui est le plus souvent nommée « Lucifera » ou « Luciféra » ou jacques satan PM2 fond« Lucifer » (Encyclopédie des symboles). Il est même très probable qu’au moyen âge, lorsque des religieux, plus tard maudits, célébraient le culte de Vénus par des rites lascifs, l’évoquaient, logiquement, par le nom de « Lucifera ». Et qu’ils ne connaissaient point alors Lilith.

Ce sont sûrement certains Juifs érudits en Kabbale noire, soumis à l’autorité cléricale catholique, et voulant leur plaire pour éviter le bûcher, qui leur enseignèrent nombre des démons que leurs écrits occultes contenaient. L’auteur Bodin fait partie de ces gens qui apprirent aux religieux des noms comme Asmodée ainsi que ses attributions, qui trouvèrent combien « Lucifera » (ou en Allemand « Lutzifera ») n’était autre que Lilith au point que l’une se substitua à l’autre ; idem sans aucun doute avec Satan, dont la Bible rendait des échos probants de son caractère « rebelle » et « ennemi » (l’Adversaire).

 

Diane (Artémis) ou Lucifera est montrée, sous sa représentation sculptée, avec un quart de lune sur sa tête, à croire qu’elle porte des cornes, et c’est sans doute ainsi que des religieux ont imaginé les démones à venir, que leur Lucifera serait cornue.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 17:39

 

Des conflits persistent dans la traduction des Kama Sutra : d’où des interprétations parfois diamétralement différentes et même opposées. Alain Daniélou propose sa version du Kamasutra, qui en effraie plus d’un pour y lire des compréhensions particulières. Certains l’accusent même « d’avoir inventé de toutes pièces certains K-l--Lilith.jpgpassages en gauchissant le texte original de manière grossière. La comparaison avec la traduction de Jean Papin, la seule qui soit vraiment fiable, ne laisse aucun doute à ce sujet. Le chapitre qui traite de l’Auparistaka (fellation), que l’on peut à la rigueur prendre pour de l’homosexualité », si l’on y tient vraiment, a donné lieu à des « dérapages » parfaitement anachroniques avec une histoire idiote d’hommes vivant maritalement. Un passage où il est question de femmes prenant l’ascendant dans un rapport normal s’est métamorphosé en une histoire de femmes « sodomisant » un homme à l’aide d’un « godemiché » », dit le commentaire.

 

Nous constatons de la même façon combien des textes sacrés sont interprétés d’une manière très spirituelle par Lama Anagarika Govinda (Les fondements de la mystique tibétaine) et les mêmes directement orientés sur la luxure (Maithuna) par Bhagwan Shree Rajneesh (Le livre des secrets) ou André Van Lysebeth (Tantra, le culte de la Féminité).

 

Nous proposons donc les deux versions d’un même texte, à chacun de se faire son opinion.  

 

La première traduction

Des femmes qui jouent le rôle de l’homme et du travail de l’homme

 

« Lorsqu’une femme voit son amant fatigué par un coït prolongé, sans qu’il ait assouvi son désir, elle doit, avec sa permission, le renverser sur le dos et lui venir en aide en jouant le rôle. Elle peut le faire aussi pour satisfaire la curiosité de l’homme, ou son propre désir de nouveauté.

Il y a deux façons d’opérer : la femme, pendant l’acte, tourne en rond et monte sur son amant, de manière à continuer l’action sans interrompre le plaisir ; ou bien elle joue le rôle de l’homme dès le commencement. Alors sa chevelure dénouée mêlée de kama1.jpgfleurs, souriante et haletante à la fois, elle appuiera les seins sur la poitrine de son amant, et, baissant fréquemment la tête, lui rendra ce qu’il lui faisait tout à l’heure, ses coups, ses invectives ; elle lui dira : « Tu m’as renversée, tu m’as moulue ; à mon tour de te renverser, de te moudre ».  

  

La version d’Alain Daniélou

 

Le titre « Des femmes qui jouent le rôle de l’homme et du travail de l’homme » devient « Le comportement viril des femmes et la sodomisation des garçons (Purushâyita) ».

 

Le texte traditionnel est traduit ainsi :

 

« Lorsqu’une femme voit son amant fatigué par un coït prolongé, sans qu’il ait assouvi son désir, elle doit, avec sa permission, le renverser sur le dos et lui venir en aide en jouant le rôle. Elle peut le faire aussi pour satisfaire la curiosité de l’homme, ou son propre désir de nouveauté » ; devient :

 

« Lorsque le garçon, fatigué après des exercices sexuels ininterrompus, cherche le repos et n’est plus dominé par sa passion, la fille, avec ou sans son accord, descend jusqu’à son cul (Adhah) et avec l’aide d’un accessoire (Sâdhâyya) lui impose son comportement viril ».

 

lilith2-version-overblog.jpgL’auteur précise : « Lorsque la femme se comporte ainsi comme un homme, ceci est appelé comportement viril (Purushâyita) ou sexualité inversée (Viparita rati) ».

 

A nouveau le texte tel qu’il est interprété ordinairement :

 

« Elle peut le faire aussi pour satisfaire la curiosité de l’homme, ou son propre désir de nouveauté » ; qui devient : « Quelles que soient ses intentions à lui, elle est décidée à pratiquer cette copulation fictive. Elle est décidée à l’unir à l’instrument qu’elle lui introduit dans le cul de façon à ce qu’il prenne goût (Rasa) à un plaisir (Rata) après l’autre. Cela est une des façons de procéder ».

 

Chacun l’affirme, Kamasutra n’a rien à voir avec une quelconque mystique, d’autant moins avec le tantrisme. Ce serait peut être l’inverse justement, à savoir que manquant d’un lien avec le métaphysique, le tantrisme est venu puiser dans les constructions érotiques présentées pour proposer des mêmes possibilités mais inscrites dans le cadre de rituels (pûjâ).
Dans ce chapitre consacré à la « femme virile », les uns supposent qu’il s’agit d’une femme qui s’assied sur son partenaire pour faire l’amour, la position inverse du missionnaire, prenant ainsi l’initiative de l’action, et c’est tout. Ce qui trouve son équivalent dans le tantrisme où nous voyons Kâlî ainsi lorsqu’elle s’unit à Shiva.  

  

temple-de-Khajuraho2.jpg« Kâlî, Toi qui, parée d’une ceinture

Faite de bras coupés,

Te couches dans un cimetière

Sur un cadavre

Et fais l’amour avec Shiva ! »

 

L’image est à ce point ressemblante qu’une traduction dit : « Alors sa chevelure dénouée mêlée de fleurs, souriante et haletante à la fois… » ; Celle d’Alain Daniélou : « Arrachant les fleurs de ses cheveux, riant à en perdre le souffle… » ; Descriptions que nous retrouvons astucieusement, et pour d’autres significations, dans l’illustration de Kâlî chevauchant Shiva : «Déesse aux cheveux dénoués… toi, jeune et jolie, et jouissant de Ton mari ».

La Déesse, plutôt que d’être dans une position passive, prend l’initiative en chevauchant le mâle. Kâlî est identifiée avec cette figure, et dans la mythologie démoniaque, Lilith est réputée pour s’être refusée à Adam, n’acceptant pas la position de la soumission et de la domination. Dans ce sens, Kâlî est Lilith (elle est « Shakti Kâlî », dont le nombre est 480) et inversement.

 

Dans la traduction d’Alain Daniélou, « monter sur le mâle » ne signifie pas que la femme chevauche l’homme mais bien qu’elle fasse l’homme et lui la femme. Dans le icone satan perfectionnécadre d’un rituel, l’homme qui se travestit en femme ne devient pas une femme mais une courtisane, il « devient une pute » (Aleister Crowley). Là encore, Lilith étant une prostituée, et qui est même devenue la « Déesse des prostitutions », telle Pandemos, Inanna et tant d’autres, le dévot mâle qui veut l’approcher se travestit en femme afin d’être considéré comme une prostituée, de la même manière qu’aux temps antiques, les hommes se féminisaient pour approcher une divinité féminine, et les femmes s’habillaient en homme pour fréquenter un dieu mâle*.

 

(* D’après l’écrivain latin Macrobe, le transvestisme pouvait servir à maintenir la fiction de la dualité sexuelle : ainsi, au temple d’Aphrodite, à Chypre, les k4« desservantes » s’habillaient en hommes, alors qu’à Cos les prêtres d’Hercule n’approchaient de l’autel que vêtus d’habits féminins. Notons avec intérêt que dans le rituel magique dégénéré du Moyen Âge, on assiste à une inversion totale du concept de polarité : le praticien devait appartenir au même sexe que la puissance invoquée, quel que fût son sexe. Maïmonide, philosophe et théologien juif médiéval, a parlé d’un manuel de magie dans lequel il était dit que lorsqu’un homme invoquait Vénus, il lui fallait s’habiller de vêtements féminins et que quand une femme s’adressait à Mars, elle devait porter, comme un homme, armes et armure » (Francis King – Esotérisme et sexualité).)

 

Ainsi, la position de Kâlî est supplantée à celle d’une femme qui sodomise un homme : « Arrachant les fleurs de ses cheveux, riant à en perdre le souffle, pour rapprocher domina-moyen-age14-strap-on.jpgleurs visages, elle appuie fortement ses seins sur la poitrine du garçon, l’obligeant à plusieurs reprises à baisser la tête. Elle imite tous les comportements qu’il avait eus auparavant avec elle et le domine à son tour. Riant, elle se moque de lui et lui dit des paroles offensantes. Puis, de nouveau, s’il se montre pudique, désireux d’un repos de ses activités, elle, montant sur lui (Upasripta) le sodomise (Upasarpet) ».

 

La mystique évoque une pareille posture : « Parfois investie par une passion dévorante, la femme veut montrer avec audace, l’amour agressif qu’elle porte à un garçon (un homme). C’est alors que, par l’inversion sexuelle, elle peut démontrer sa technique et sa force… Jayadéva décrit cette sorte de lutte érotique entre Râdhâ et Krishna : « Son sexe meurtri dans les jeux amoureux de la mêlée, au début de la bataille elle décide de vaincre l’amant. Elle entreprend de monter sur lui pour le confondre. Sans trembler, loin d’être une liane fragile, fermement appuyée sur son ventre ou bien les yeux dans les yeux elle démontre jusqu’à quel point une femme peut connaître le plaisir masculin (Gîtâ Govinda 12.63) » ».

 

« Râdhâ pour vaincre Krishna déclenche avec audace le conflit d’une copulation sirène apsara6inversée. Cela lui demanda tant d’efforts que le mouvement de ses cuisses s’interrompit, le piège de ses bras se paralysa, son cœur se mit à battre et ses yeux se fermèrent. Le résultat de cette guerre érotique est lumineux. Dans ce conflit, la femme se fatigue, mais sa passion et son excitation atteignent leur sommet. Lorsqu’une jolie femme déclenche ce conflit avec audace son énergie se décuple, la folie éclate dans ses yeux. Puis épuisée, elle s’effondre sur la poitrine de l’homme, un peu humiliée, essoufflée, après une entreprise que l’on pourrait peindre mais pas décrire avec des mots ».

 

« La fille sensuelle, dissimulée de nature, aux apparences indéchiffrables (Gudhâkârâ), dévoile sa vraie nature quand, dans son excitation, elle renverse les rôles ». Il y aurait presque du mystique dans ce seul verset, « l’inversion sexuelle » ayant quelque connivence avec du « sexe contre-nature », et le « dévoilement » avec une expansion de fluide magnétique qui fait supposer à certains la présence d’un succube.

 

La sodomie est nommée « Adhorata » ou « copulation inférieure », « parce que la voie excrémentielle (Apana) est au-dessous de la vulve. Cette forme de copulation est satan anal3de deux sortes, étant pratiquée avec un homme ou avec une femme ».

D’abord est utilisé le terme « inférieure » puis « anormale » (Vimargâ), « c’est une voie anormale », pour finir par « mauvaise voie ».

Ces sens « bon et mauvais » sonnent comme « droite et gauche ». Or, la gauche, dans le tantrisme, fait référence au Shaktisme démoniaque, celui qui voit la déesse régner en maîtresse et ses Dâkinî la servir. Elles sont des « Vamachara », mot ayant un lien d’abord avec « gauche » (Vama) auquel on lui substitue d’autres sens ensuite. Le célébrant voulant s’unir avec une Dâkinî (démone) peut le faire en l’invoquant, aidé du rituel magique adéquat, et celle-ci, si elle en convient, entrera dans le corps d’une Yoginî (femme) avec qui il copulera. A moins que ce soit « l’inverse », « gauche » et « mauvais » allant de pair, c’est la Yoginî qui sera inspirée de porter un instrument phallique, et portant les signes ostentatoires de la Dâkinî (démone) maîtresse, le soumettra à vivre femme et plus encore, courtisane devant sa déesse. 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 14:59

 

(Suite  des « mœurs dissolues au moyen âge et la naissance de Satan »)

 


Les mœurs s’invitent au banquet des luxurieux, et pour parer au risque de tomber enceinte, pour commercer charnellement dans l’illégitime et l’infidèle, les hommes succombent au règne de Sodome et s’adonnent au vice par ce moyen ; et, tandis que sodo17-moine.jpgl’Eglise contraint les peuples à l’abstinence, excitant ainsi un peu plus les tentations, jette les hommes dans les bras du diable, lequel les reçoit dans ses multiples tanières et leur offre, à l’inverse du crucifié, toutes les libertés possibles dans ce domaine.

 

Des exemples abondent. Un certain « Desfontaines a trente-neuf ans et commence tout juste à percer dans le monde des lettres quand le scandale qui va le suivre toute sa vie le frappe. Déjà, il avait dû quitter les Jésuites pour « s’être diverti contre les règles » – on imagine bien ce que cela veut dire – et avoir refusé la pénitence qu’on lui imposait. La police reçoit ainsi une première dénonciation, que voici : « L’abbé Duval des Fontaines, attire chez lui des jeunes gens pour les corrompre, et il en fait souvent coucher avec lui. Si on veut s’informer exactement de sa conduite, on trouvera qu’il n’a point ou peu de religion, qu’il fait gras sans nécessité les jours maigres, et qu’il est en commerce avec de petits maîtres et jeunes libertins, avec lesquels il fait des parties de débauche ».

 

sodo22.jpgLa mouche qu’on recrute est un garçon de dix-sept ans, sans doute un prostitué, qui fréquente

Desfontaines depuis longtemps déjà. Il se rend donc chez lui et voici le rapport qu’on en tire.

« Après les compliments ordinaires, cet abbé est tombé sur les discours infâmes, lui demandant comment allaient les plaisirs, lui disant que pour lui, il s’était diverti depuis si longtemps qu’il en était très affaibli et ruiné, … ajoutant que pour aujourd’hui il ne se trouvait pas en état de le mettre parce qu’il se sentait un peu indisposé, mais que si ledit jeune homme voulait y retourner demain avec un troisième, ils se divertiraient et essaieraient de lui mettre, qu’il aimait fort à être trois ou quatre ensemble, que les plaisirs en étaient plus grands et qu’il lui donnerait une demi pistole.

Dans ce moment, l’abbé a tiré de sa bibliothèque des livres et figures en taille-douce, pleines d’abominations sodomiques et de postures affreuses, qu’il a montrées et fait remarquer l’une après l’autre au jeune homme, paraissant en faire grand cas ».

 

sodo21.jpgUn poème fait état de ces événements luxurieux :

« Voici de quel genre de ramonage il s’agit:

Un ramoneur à face basanée,

Le fer en main, les yeux ceints d’un bandeau,

S’allait glissant dans une cheminée,

Quand de Sodome un antique bédeau,

Qui pour l’Amour prenait ce jouvenceau,

Vint endosser son échine inclinée.

L’Amour cria; le quartier accourut.

On verbalise, et Des Fontaines en rut,

Est encagé dans le clos de Bicêtre.

On vous le lie, on le fait dépouiller.

Un bras nerveux se complaît d’étriller

Le lourd fessier du sodomite prêtre,

Filles riaient, et le cuistre écorché

Criait: « Monsieur, pour Dieu soyez touché;

Lisez de grâce et mes vers et ma prose. »

Le fesseur lut, et soudain plus fâché,

Du renégat il redoubla la dose;

Vingt coups de fouet pour son vilain péché,

Et trente en sus pour l’ennui qu’il nous cause ».

 

sodo18.jpgUn autre auteur qui se scandalise mal à propos est Louis-Sébastien Mercier, qui, s’il n’a pas lui-même écrit de romans érotiques, était l’ami, l’émule et l’ardent défenseur de Nicolas Rétif de la

Bretonne, un bizarre pornographe du dix-huitième siècle. Voici un extrait d’un chapitre de son Tableau de Paris, intitulé Estampes licencieuses:

« Elles se sont multipliées le long des quais et sur les boulevards. On n’y voit que nudités capables d’alarmer la pudeur, attitudes et postures lascives, qui inspirent à la jeunesse le goût de la débauche, et corrompent les regards même de l’enfance. Il en est de si licencieuses sodo3que ma plume ne peut en faire entrevoir ici le sujet… La gravure indécente triomphe publiquement. Tout œil en est frappé ; celui de l’innocence se trouble, et la pudeur rougit. Il est temps de reléguer sévèrement dans les portefeuilles des marchands ce qu’ils ont l’impudence d’étaler au-dehors même de leurs boutiques.

Songez donc que les vierges et les honnêtes femmes passent aussi dans les rues ».

 

Des histoires grivoises pleuvent, comme celle de Conculix. « Cela se passe dans le château d’un enchanteur, être bizarre au sexe indéterminé. Il est appelé dans certaines versions Conculix, parce qu’il possède et un con et un cul et dans d’autres Hermaphrodix. C’est le fils d’un diable et d’une nonne, qui a le pouvoir d’être la nuit du sexe féminin et du jour du sexe masculin ».

Conculix n’a cependant pas beaucoup de succès en amour, parce qu’il est d’une laideur à faire peur, et qu’il dégage une odeur de vieux bouc (comme par hasard…).

« Lors Conculix qui le crut impuissant

Chassa du lit le guerrier languissant,

Et prononça la sentence fatale ;

Criant aux siens, sergents, qu’on me l’empale.

Dedans la cour il est conduit tout nu

Pour être assis sur un bâton pointu ».

 

sodo12-phallus-artificiels.jpgVoici à présent comment est trouvé la fameuse messe de Saint Côme avec les phallus utilisés comme ex-voto ou figurines pour jeter un sort sur autrui, et dont rapportaient les faits Jacques-Antoine Dulaure dans « Les divinités génératrices ». « Sir William Hamilton, grand collectionneur, occupe le poste d’Envoyé extraordinaire de Sa Majesté britannique au Royaume de Naples. Il profite de son accès privilégié aux fouilles d’Herculanum et Pompéi pour parfaire ses connaissances sur le monde antique et accumule une magnifique collection de vases qu’il cède au British Museum en 1766. C’est le catalogue de cette première collection – il en fera plus tard une autre – qu’il tient en main dans ce portrait. Il est hétérosexuel, mais sa maîtresse et future épouse, la célèbre Lady Hamilton, est réputée avoir une liaison lesbienne avec la reine de Naples. Ouvert d’esprit et curieux de tout ce qui touche la sexualité, il fait une grande découverte ethnologique lors d’un voyage dans la bourgade reculée d’Isernia. Il découvre que le culte ancien du dieu Priape y existe toujours, mais transformé en une cérémonie en l’honneur de Saint Côme, patron du lieu. Dans une cérémonie publique, les femmes présentent au Saint des ex-voto phalliques fait de cire, en l’exhortant à haute voix de guérir ou de rendre plus gros et plus puissant le membre de leurs maris.

Hamilton s’empresse de faire part sa découverte à ses amis de la Société des Diletanti dans une lettre qu’on publiera vingt ans plus tard avec gravure à l’appui dans le célèbre Discours sur le Culte de Priape ».

 

sodo19.jpgLes Bougres, ordre religieux sur lequel nous tenterons de revenir plus tard, une histoire court d’un Frère Saturnin, qui prendra plus tard le nom de dom Bougre, est surpris en train de se masturber par le Père André, qui lui suggère une autre façon de se satisfaire :

« Hé frère Saturnin, pourquoi vous amuser à vous branler comme un coquin ? Nous avons tant de novices, c’est un amusement d’honnête homme…»

Troublé par la suggestion du Père, il se questionne :

« Si c’est quelque novice, ma foi il peut le garder pour lui, ce n’est pas là mon gibier, se dit-il d’abord. Mais il change vite d’avis : « Je raisonnais en sot, je n’en avais pas goûté : ce n’est pas un si mauvais morceau. Le préjugé est un animal qu’il faut envoyer paître. Il en est d’un garçon comme d’un mets pour lequel on avait du dégoût ; le hasard en fait tâter, on le trouve délicieux. Est-il rien de plus charmant qu’un joli Giton, blancheur de peau, épaules bien faites, belle chute de reins, fesses dures et rondes, un cul d’un ovale parfait, étroit, serré, propre, sans poil… Chacun prend son plaisir où il le trouve ; le mien est d’enfiler une femme quand elle se présente, un beau garçon parait, lui donnerai-je des coups de pied au cul non, nigaud, non, des coups de vit. Allez aux écoles de ces fameux Sages de la Grèce, allez à celles des plus honnêtes gens de nôtre temps vous apprendrez à vivre… »

Il se fait donc inviter à une petite fête que préside un gros moine, le père Casimir, qu’on décrit ainsi :

sodo23.jpg« Le Père Casimir était d’une taille médiocre, brun de visage, portant un ventre de Prélat... au corps rond, au ventre gros & bien nourri : il avait des yeux qui vous enculaient de cent pas, et dont le regard farouche ne s’attendrissait qu’à la vue d’un joli garçon. Alors le Bougre entrait en rut, il hennissait, sa passion pour le cas Antiphysique était si bien établie, qu’il était redoutable aux Savoyards mêmes… »

L’allusion aux petits ramoneurs savoyards ne laisse aucun doute : l’éternelle scène de séduction d’un garçon par un ecclésiastique prend un tour comique quand il s’agit d’un garçon perruquier encore niais. Hector, c’est son nom, est invité à pratiquer son art sur la tête d’une petite poupée tout à fait chauve que lui présente un chanoine en la tirant de ses chausses (cette poupée étant sa queue !). Comme on peut le voir, en peu de temps la petite poupée s’anime et trouve une coiffure à son gré.

Autre innovation : c’est Hector lui-même, devenu prostitué au service d’un comte puis d’une marquise, qui raconte à cette dernière l’histoire du chanoine pour ensuite défendre ses goûts.

sodo5.jpgÀ la marquise qui lui demande : « Tu es donc décidément bardache ? Tu as mis tout-à-fait sous les pieds le honteux préjugé qu’on attache à cet état ? »

Il répond avec assurance : « Je serais bien fou, ma foi, de m’y soumettre ! Il n’y a qu’à laisser dire les scrupuleux ! … Les anciens avaient plus de bons sens que nous : non-seulement ils toléraient, dans la société, les amours masculines, mais ils ne les excluaient même pas du culte religieux. Leur Jupiter ne préférait-il pas Ganymède, notre patron, à toutes les déesses de l’Olympe ? Leur Apollon ne vivait-il pas avec le charmant Hyacinthe ? Et tout Dieu qu’est le père de la poésie, ne le voit-on pas se désoler quand, d’un coup maladroit, il a tué son délicieux mignon ? »

Poursuivant le récit de l’initiation d’Hector, l’auteur se risque à un autre cliché, celui de l’hostilité dont les putains font montre à l’égard des sodomites et dont on a déjà eu un exemple dans Thérèse philosophe.

Hector et son ami Gauthier, lui aussi garçon perruquier – on voit que la réputation des coiffeurs ne date pas d’hier ! – mais qui supplémente ses revenus en se prostituant ont loué une chambre pour se livrer à quelques expériences sexuelles.

Il raconte la scène ainsi :

«J’y pris un plaisir incroyable, et je crus bonnement, pour lors, que le nec plus ultra du bonheur terrestre était de jouir d’un garçon perruquier jeune et frais. Je finissais sodo15.jpgà peine ma jésuitique expérience, que deux éclats de rire féminins, très bruyants, faits si près de nous, qu’ils me semblèrent partis de notre cabinet même, nous apprirent que ces rieuses devaient avoir tout vu.

– Parlez donc, eh ! Messieurs les bougres ! (nous dit-on) Est-ce pour vous foutre de nous que vous venez vous enfiler à notre barbe, comme si l’on ne manquait jamais, dans ce logis, de ce qu’il faut pour donner aux gens qui bandent la monnaie de leur pièce ? »

Mais pour leur malheur la chambre qu’ils ont louée se trouve dans un bordel et les deux amis connaissent une nouvelle initiation dans les bras des deux putains outrées que ces jeunes gens soient venus « s’enfiler à leur barbe ».

On s’attendrait à ce que cela signifie le retour à la femme et à la normalité, mais pas du tout ! Nos deux larrons se retrouvent avec la vérole et, dégoûtés des femmes, ils se remettent au service des hommes ».

 

(Extraits tirés d’une « conférence par Louis Godbout des archives gaies du Québec »

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 14:45

(Suite  des « mœurs dissolues au moyen âge et la naissance de Satan »)

L’Eglise du premier moyen âge, double héritière des Hébreux et de Rome, trouve ses prêtres lecteurs des évangiles en même temps que conjurant des divinités romaines, certes métamorphosées. Le crucifié n’a pas toujours accès à son propre lieu saint, d’autres idoles lui sont préférées et nombreux sont les dévots qui les soutiennent.

sodo10-phallus-satan.jpgLes Pères de l’Eglise tâchent de mettre de l’ordre dans leur propre maison, et c’est là sans doute la première naissance de Satan, car ceux qui se voient condamnés par leur hiérarchie n’y entendent rien d’être montrés du doigt alors qu’ils célèbrent ce qu’on leur a enseignés.

 

Mieux, l’Eglise de l’an 1000 voit entrer dans son corps nombre des hommes portés sur l’homosexualité pour la seule raison que les femmes n’y sont pas les bienvenues. Et, somme toute, les femmes ne sont pas les seules à avoir le droit d’idolâtrer saint Foutin, ex Priape. Charles Blanchard développe ce sujet dans « L’homosexualité et l’Eglise à travers les âges ».

 

« Le prêtre, voué au célibat et à la chasteté – ce dont n’avaient pas eu l’idée les docteurs des anciennes religions dont les Pères de l’Église en étaient encore à inventorier l’héritage – est devenu une sorte de personnage asexué en qui on a condamné la nature. Or, qui nie la nature nie aussi, et automatiquement, son contraire. La notion d’acte contre nature, qui garde tout son sens pour le laïque – « l’homme normal » -, perd peu à peu le sien dans l’esprit du prêtre ». Ou que, n’ayant droit à la même vie sensuelle que chacun, le religieux médiéval se construit la sienne, sur les édifices qu’on veut bien lui laisser. Sa sexualité, puisque même sodo13-lilith-venus.jpgdéfendue ou tentée d’être annihilée, n’est point morte, elle s’établit à partir d’autres paramètres.

 

« La première prescription canonique en matière de sodomie ne date que du concile d’Ancyre en 314, qui fixe le nombre d’années de pénitence à subir par les coupables en fonction de leur âge et de leur état, le fait d’être marié étant considéré comme une circonstance aggravante.

Jusqu’au douzième siècle, l’évaluation des peines, en matière d’homosexualité, fut pratiquement laissée à la discrétion des évêques et des abbés.

Cependant il faut attendre le concile de Trente (1545-1563) pour voir l’homosexualité frappée de sanctions corporelles. A cette époque, la sodomie était répandue jusque dans le clergé. On cite le cas d’un prêtre castillan qui, non seulement, la pratiquait « tanquam agens et patiens », « aussi bien activement que passivement », mais encore célébrait des mariages entre hommes.

Les choses en étaient arrivées au point que Pie V (1566-1572) jugea nécessaire d’avertir les coupables que, quel que soit leur rang dans la hiérarchie de l’Église, ils seraient désormais livrés au bras séculier.

Ces dispositions semèrent la panique dans les milieux ecclésiastiques. Désormais, les religieux ne jouissaient plus du « privilegium fori » qui, jusque-là, leur avait permis d’échapper à la compétence des tribunaux laïques, beaucoup plus sévères que les tribunaux ecclésiastiques, puisqu’ils ne connaissaient guère que la peine capitale pour châtier les crimes contre nature.

Mais la loi était faite.

sodo1.jpgEncore fallait-il que les crimes de sodomie dont ces derniers s’étaient rendus coupables fussent « consommés et parfaits » ; c’est-à-dire qu’on ait non seulement constaté « l’intromissio veretri in vase præ-postero », mais encore « l’effusio seminis intra vas ». Ce qui veut dire que celui qui avait été assez malin pour se « retirer à temps » ne pouvait être reconnu coupable. En outre, pour mettre à l’aise les homosexuels scrupuleux, on décida que ces Constitutions ne concernaient que le « for externe », et non le « for interne ». Ainsi, le pécheur qui avait obtenu le pardon de Dieu par l’intermédiaire de son confesseur pouvait-il, sans perdre aucunement le bénéfice de l’absolution, chercher à se soustraire aux sanctions pénales.

Toutes ces restrictions rendaient pratiquement inapplicables les Constitutions de Pie V. Les clercs sodomites qui avaient tremblé un moment pouvaient à nouveau, et en toute tranquillité, se livrer aux jeux interdits.

Encore faut-il s’entendre sur la définition du péché de sodomie. La tradition, à ce sujet, est formelle. Le crime doit être consommé et parfait. Les confesseurs, fidèles à l’interprétation des juristes ecclésiastiques contemporains de Pie V, ne considèrent pas comme un péché de sodomie l’étreinte homosexuelle terminée par un « coïtus sodo14-dieu-et-sodome.jpginterruptus ». A côté des pédérastes, les disciples de Lesbos font un peu figure de parentes pauvres. Quand on sait que l’Église, pour qu’il y ait crime de sodomie, exige que non seulement il y ait « intromissio in vas » mais encore « effusio seminis intra vas », on comprend que le cas des lesbiennes pose de subtils problèmes.

« La question, écrivait P. Sinistrari de Ameno, célèbre criminaliste, est de savoir comment une femme peut coucher avec une autre femme de telle façon que, se caressant mutuellement, elles commettent ce qu’on peut appeler un acte de sodomie ».

Certains juristes estimèrent que pour qu’il y ait crime de sodomie, il fallait « qu’une femme étant couchée sur une autre et toutes deux s’agitant mutuellement, les sécrétions de l’incube pénètrent dans le « vas » du succube ».

Cela paraissait difficile à réaliser. Aussi d’autres spécialistes prétendirent-ils qu’il fallait que le « coït se fasse par l’intermédiaire de quelque instrument, en verre, en bois, en cuir, ou fait de quelque autre matière et ressemblant à un pénis d’homme ».

Tout le monde, cependant, finit par se rallier à une troisième opinion qui consistait à penser que les conditions de la sodomie étaient réalisées lorsque la femme jouant le rôle d’incube avait un clitoris suffisamment développé pour pouvoir pénétrer dans le sodo20.jpgvagin de sa partenaire. Les théologiens conseillèrent alors aux confesseurs de demander à celles de leurs pénitentes qui leur avouaient s’être livrées à l’homosexualité si « elles avaient pénétré le vagin de leur partenaire au moyen d’une partie quelconque de leur corps » ou si, au contraire, « elles avaient été pénétrées par une partie quelconque du corps de leur complice ».

En cas de réponse affirmative, le crime de sodomie était reconnu, et le cas devait être soumis à l’évêque.

Saint Augustin jugeait l’homosexualité plus abominable que l’adultère et même que l’inceste et saint Ambroise félicitait Loth d’avoir offert « la pudeur de ses filles » aux Sodomites, dans l’espoir de les détourner de leurs désirs contre nature » (Charles Blanchard - L’homosexualité et l’Eglise à travers les âges ; 1956).

 

Il est raconté que les Bougres religieux s’adonnent à des vices pour la sodomie pour célébrer leur dieu, vrai ou pas ? Et que, pour d’autres raisons, comme celle de s’adonner à la luxure sans risquer d’être enceinte, des femmes et des hommes pratiquent ce qui deviendra « l’exercice satanique » par excellence.

 

Puisque la sodomie est considérée comme un « rapport contre-nature », quelle personnification mythologique peut le mieux l’illustrer sinon Satan ou des siens démons qui sont les rebelles du crucifié, ses adversaires, ceux qui sont montrés du doigt justement comme des exclus de cette nature dont les autorités cléricales admettent d’elle que les bons offices, comme la génération, car ceux-ci sont forcément présidés par le Christ tout-puissant.  

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

lilith sm latex

 

 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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