Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 16:15

 

« Kama » est censé tirer son nom du dieu du même nom, identifié avec l’Eros grec et plus tard le Cupidon romain. Ainsi, certains croient accorder à ces écrits une dimension mystique, prétention qu’accorde Alain Daniélou par exemple. Toutefois, à sa lecture, il s’agirait plutôt d’un code de bonne conduite pour aborder un domaine temple-de-Khajuraho2.jpgtrès particulier et qui concerne la luxure sous toutes ses facettes. Du temps où ces versets ont été rédigés, il est possible d’en peindre le mode de vie, avec ces gens aisés mariés et qui fréquentaient assidûment les lieux des courtisanes, filles expérimentées et douées, « maîtrisant les arts sexuels ».

Des experts jurent qu’il ne faut point voir dans le Kama Sutra (Kamasutra) quelque mystique que ce soit, même du tantrisme, ou du Shaktisme ; toujours est-il que dans l’antique Inde brahmanique, les courtisanes sévissaient bien dans les temples où femmes et hommes venaient rendre un culte à telle ou telle divinité. Peut-être l’auteur de l’ouvrage a-t-il voulu volontairement mettre de côté cette question centrale de la mystique pour n’y préserver que l’aspect concret des approches et des rapports entre homme et femme, parfois entre homme et homme. D’autant plus qu’il ajoute, Vatsyayana, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’inspirer d’un autre livre plus ancien nommé « Kama Shastra ».   

 

« Kama Sutra : ces deux mots évoquent à peu près immanquablement un catalogue de positions sexuelles, surtout prisé pour ses illustrations. On oublie parfois qu’il s’agit d’abord d’un texte écrit en sanscrit, l’ancienne langue de l’Inde Brahmanique, et savamment composé par un homme nommé Vatsyayana. Par indices et temple-de-Khajuraho7.jpgrecoupements, on a pu établir que l’auteur des « Kama Sutra » vécut probablement entre le quatrième et le sixième siècle après J.-C. ; c’est l’époque de la dynastie Gupta, qui a porté la civilisation indienne au sommet de son raffinement. Vatsyayana résidait vraisemblablement dans la cité de Pataliputra (aujourd’hui Patna), un port sur le Gange situé à l’est de Bénarès. Fin lettré, Vatsyayana aurait composé le livre alors qu’il était étudiant, en puisant dans la tradition védique et brahmanique. « Bréviaire de l’amour », « Aphorisme dur le désir », « Versets érotiques » ou encore « Manuel d’érotologie » sont quelques-unes des traductions qui ont été proposées pour les titre du livre. En sanskrit, « sutra » signifie littéralement « fil » mais désigne aussi un genre littéraire qu’on peut assimiler au « traité ».

Dans sa version intégrale, le livre se compose de sept parties de longueur inégale, soit trente six chapitres et 1250 versets en tout.

C’est un explorateur anglais, Sir Richard Burton (1821-1890), qui a découvert les Kama Sutra et qui l’a fait connaître au public occidental. En établissant une édition d’après plusieurs versions aux variantes nombreuses, Burton unifie le texte et le publie en 1883 à Bénarès pour le compte d’une société fictive, « The Hindoo Kama Shastra Society » avec cette mise en garde : « For private circulation only ». La première édition est tirée à 250 exemplaires. Une première traduction française, anonyme, paraît en 1913 ».

 

Des différentes manières de se coucher et de s’accoupler

 

L’original Kama Sutra se contente de décrire des positions puis de leur donner un nom.

 

« Lorsque la femme retient de force le lingam (phallus) dans son yoni (vagin), cela s’appelle la « position de la jument ».

sirène apsara4Lorsque la femme lève ses deux cuisses toutes droites, cela s’appelle la « position levante ».

Lorsqu’elle lève ses deux jambes et les place sur les épaules de son amant, cela s’appelle la « position béante ».

Lorsque les jambes sont contractées et maintenue ainsi par l’amant devant sa poitrine, cela s’appelle la « position pressée ».

Lorsqu’une des jambes seulement est étendue, cela s’appelle la « position semi-pressée ».

Lorsque la femme place une de ses jambes sur l’épaule de son amant et étend l’autre, puis met celle-ci à son tour sur l’épaule et étend la première, et ainsi de suite alternativement, cela s’appelle la « fente du bambou ».

Lorsque les deux jambes de la femme sont contractées et placées sur son estomac, cela s’appelle la « position du crabe ».

priape8 priapéeLorsqu’une femme se tient sur ses mains et ses pieds comme un quadrupède (la levrette – NDA), et que son amant monte sur elle comme un taureau, cela s’appelle « l’union de la vache ». A cette occasion, il y a lieu de faire sur le dos tout ce qui se fait ordinairement sur le ventre.

Lorsqu’un homme jouit en même temps de plusieurs femmes, cela s’appelle « l’union du troupeau de vaches ».

A Gramaneri, plusieurs jeunes gens jouissent d’une femme qui peut être mariée à l’un d’eux, soit l’un après l’autre, soit tous en même temps. Ainsi l’un la tient, l’autre en sirène apsara1jouit, un troisième s’empare de sa bouche, un quatrième de son ventre ; et de cette façon, ils jouissent alternativement de chacune de ses parties. Même chose peut se faire quand plusieurs hommes se trouvent en compagnie d’une courtisane. Et les femmes du harem du Roi, de leur côté, peuvent en faire autant quand par hasard elles mettent la main sur un homme.

Les gens des contrées méridionales pratiquent aussi la sodomie, qui s’appelle le « jeu par-dessous ».

Ainsi finissent les diverses sortes d’unions. Il y a aussi, sur ce sujet, deux versets dont voici le texte : « Une personne ingénieuse doit multiplier les sortes d’unions, en imitant les différentes espèces de bêtes et d’oiseaux » ».

 

La fellation ou « Auparishtaka »

 

« La fellation est une pratique qui paraît avoir été usitée très anciennement dans certaines parties de l’Inde. Le Shusshruta, un ouvrage de médecine qui remonte à deux mille ans, décrit, au nombre des maladies dont il traite, la blessure faite au lingam (phallus) par les dents. On trouve des traces de cette pratique jusque dans le huitième siècle ; il existe, en effet, des scènes de fellations dans les sculptures de shunga-sodomite.jpgplusieurs temples de Shaiva à Bhuvneshwara, près de Kattak, dans l’Orissa, qui ont été construits vers cette époque. De telles sculptures sur de tels édifices donnent à penser que cette pratique était alors très populaire dans certaines régions. Il ne paraît pas qu’elle soit aussi en faveur aujourd’hui dans cette région et qu’elle a peut être cédé sa place à la sodomie ».

 

Le sujet traite des eunuques qui pratiquent la fellation, mais il peut s’agir des femmes et des courtisanes également.

 

1.Lorsque, tenant le lingam (phallus) de l’homme avec sa main, et le plaçant entre ses lèvres, la femme le frôle de sa bouche, cela s’appelle « l’inauguration ».

2.Lorsque, couvrant l’extrémité du lingam avec ses doigts rassemblés en forme de bouton de fleur, la femme en presse les côtés avec ses lèvres, en se servant aussi des dents, cela s’appelle « mordillage des côtés ».

3.Lorsque, sollicité de continuer, la femme presse le bout du lingam avec ses lèvres serrées et le baise comme s’il voulait le tirer, cela s’appelle « pression extérieure ».

4.Lorsque, sur une nouvelle invitation de poursuivre, elle introduit le lingam plus avant dans sa bouche, le presse avec ses lèvres et ensuite le fait sortir, cela s’appelle « pression intérieure ».

temple-de-Khajuraho8.jpg5.Lorsque, tenant le lingam dans sa main, la femme le baise comme s’il baisait la lèvre inférieure, cela s’appelle « baiser ».

6.Lorsque, après l’avoir baisé, il le caresse partout avec sa langue, et particulièrement sur l’extrémité, cela s’appelle « polissage ».

7.Lorsque, continuant de la sorte, il en introduit la moitié dans sa bouche, le baise et le suce avec force, cela s’appelle « succion de la mangue ».

8.Et enfin, lorsque, du consentement de l’homme, la femme introduit le lingam tout entier dans sa bouche et le presse jusqu’à l’orgasme comme s’il allait l’avaler, cela s’appelle « absorption ».

 

 

Des femmes qui jouent le rôle de l’homme et du travail de l’homme

 

« Lorsqu’une femme voit son amant fatigué par un coït prolongé, sans qu’il ait assouvi son désir, elle doit, avec sa permission, le renverser sur le dos et lui venir en aide en jouant le rôle. Elle peut le faire aussi pour satisfaire la curiosité de l’homme, ou son propre désir de nouveauté.

temple-de-Khajuraho4.jpgIl y a deux façons d’opérer : la femme, pendant l’acte, tourne en rond et monte sur son amant, de manière à continuer l’action sans interrompre le plaisir ; ou bien elle joue le rôle de l’homme dès le commencement. Alors sa chevelure dénouée mêlée de fleurs, souriante et haletante à la fois, elle appuiera les seins sur la poitrine de son amant, et, baissant fréquemment la tête, lui rendra ce qu’il lui faisait tout à l’heure, ses coups, ses invectives ; elle lui dira : « Tu m’as renversée, tu m’as moulue ; à mon tour de te renverser, de te moudre ».   

   

C’est admis aujourd’hui que le Kama Sutra n’a pas grand-chose à voir avec le tantrisme, et même rien du tout, toutefois, cette position et sa description rappellent celle prise par Kâlî lorsqu’elle monte Shiva et qui est admise comme celle de Lilith lorsqu’elle s’unit avec Samaël.

 

« Kâlî, Toi qui, parée d’une ceinture

Faite de bras coupés,

Te couches dans un cimetière

Sur un cadavre

Et fais l’amour avec Shiva ! »

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Dimanche 8 mai 2011 7 08 /05 /Mai /2011 14:58

 

Les mœurs dissolues au moyen âge et la naissance de Satan (4)

 

« Les Ophites » Charles William King (C.W. King)

Théodoret, Epiphane et Irénée

 

Ophites ou Naassènes ; l’âne emblématique, AO et le pouvoir féminin

 

Les Grecs nomment cette secte gnostique du nom « d’Ophites » (serpent) que les Hébreux appellent « Naassènes » ou « Naasseni » du mot « Nahash » (Nun-Chet-Shin) (358) pour « serpent ». Le nom peut avoir engendré « nazar » (les prêtres du serpent) et « nasaréen ». De même, certains comptent, parmi ces Naassènes, des Sethiens ou icone-satan-complet.jpg fidèles de Seth, qu’ils illustraient sous la forme d’un âne, qu’un phonème « eio » proche de « Iao » semblait être son nom d’invocation.

Une mystique phallique associe cette onomatopée « eio » ou « AO » à l’âne, en même temps au serpent, et encore au pouvoir féminin, ce qui n’est point faux puisque le culte voit la Mère céleste idolâtrée en premier, Sophia-Achamoth (Prunikos). Le saint des saints du temple est le « naos », terme repris par les Grecs, et qui est lié à « Nahash ».

 

La femme et le serpent, la femme est le serpent

 

Sophia-Achamoth agit par l’intermédiaire du serpent Ophis au point que certains croient que ce dernier n’est autre que la Mère céleste elle-même. Ceci lie définitivement la « femme » avec le « serpent » et inversement. D’où l’association de « AO » avec l’âne et le pouvoir féminin peut se trouver dans la nature mystique du nom « d’Eve ». Madame Blavatsky écrit : « (…) Les noms de « Heva » (Hé-Vau-Hé), de « Hivi » ou Hivite (Hé-Vau-Yod), et celui de « Levi » (Lamed-Vau-Yod) (cf. le Léviathan) ont tous la signification d’un serpent » (HPB – Isis dévoilée 2 p.150) (Les A-ajack-cur--entrejambe-NB.jpgfidèles du « serpent primitif » contre lesquels Moïse a mis en garde les enfants d’Israël ont été les « Hivites ». Ce mot, selon Bochart, est dérivé de « Hhivia », un « serpent » ; de la racine « Ep » ou « Ev » - une variation de l’original « Aub » ou « Ob ». « Ephites » ou « Evites » deviendrait « Hevites » ou « Hivites » - d’où vient le mot « Ophites », nom par lequel les historiens grecs ont désigné les adorateurs du serpent).

 

Eve est « Chawah » (Chet-Vau-Hé) (19) et le pouvoir féminin est « Héva » (Hé-Vau-Hé) (16).

Des confusions dans les volontés d’identifier la femme avec le serpent sont nombreuses, toutefois elles ont été publiées. Nous notons, par exemple, que le pluriel de « Isha » ou « femme » est « Nashim » (Nun-Shin-Yod-Mem) (400) tandis que le pluriel de « Nahash » ou « serpent » est « Nahashim » (Nun-Chet-Shin-Yod-Mem) (408). Proximité évidente.

 

Quant à « Eve », Clément d’Alexandrie l’associe, à tort selon des experts, au mantra célèbre des Bacchantes « évohé » : « Les Bacchantes célèbrent par des rites orgiaques Dionysos en folie, sont couronnées de leurs serpents, appelant à grands cris « Eva », cette Eva même par qui la faute est entrée dans le monde ; et le signe des orgies bachiques est un serpent consacré. Maintenant, selon la vraie prononciation des Hébreux, le mot « Evia » aspiré, signifie « serpent femelle ». Ce à quoi réplique un expert : « Le nom biblique de « Chawah » met en rapport avec l’idée de « vie », d’où Clément commet une double méprise : il a d’abord vu, sans raison aucune, le nom sémitique d’Eve dans le cri des Bacchantes. Ensuite, il a pris pour ce nom sémitique A-asmodai-messe-noire3.jpgd’Eve le mot des dialectes araméens qui signifie « serpent » (C. Brockelmann – Lexicon Syriacum) » (Clément d’Alexandrie – Le protreptique).

Il n’en demeure pas moins que si le cri « évohé » a davantage à voir avec « Yod-Hé-Vau-Hé » du tétragramme, « Eve » pour « Heva », comme le souligne précédemment Madame Blavatsky, signifie également « serpent », la seule racine « Ev » étant la même que « Oph » pour Ophis.

 

Dans le démonisme contemporain, si Sophia-Achamoth est devenue Lilith, son influence via le serpent auprès d’Adam ne pouvant être qu’Eve, nous obtenons l’entité « Lilith-Eve » dont le nombre 480+19=499 rappelle curieusement celui de « Nahashiel » (499) le démon de Yesod, nommé encore « Serpent obscène ».

 

Eve et la côte d’Adam

 

Enfin, l’épisode de la Genèse où le « Seigneur » ôte une côte d’Adam pour former la femme, le « côté gauche » selon certains : or, en regard aux correspondances physiques entre le corps et l’Arbre Séphirotique, les hanches correspondent à Hod (gauche) dont la Sphère d’action est Mercure, et par les Gémeaux, souligne la condition d’Hermaphrodite. C’est de là que sort l’Adam primitif, donc mâle-femelle, et sa partie féminine est élaborée en Netzah dont la Sphère d’action est Vénus. Et finie en Yesod qui a pour planète la Lune.

Hod, dans l’Arbre inférieur (Arbre Qliphotique) a pour démon Samaël, et comme celui-ci est joint sous la forme d’un double, d’un époux, d’un frère ou d’un concubin, avec Lilith, c’est ceci qui fait écrire à Charles Mopsik : « Le côté qu’il prit pour former la femme est précis, pas n’importe lequel ; j’ai découvert ceci dans les livres anciens : le côté qu’il prit était la Lilith originelle qui demeura avec l’homme et en fut lilith2-version-overblog.jpgenceinte (traduction Charles Mopsik – Editions Verdier) » ; alors que le gnosticisme Ophite donnait ce rôle à Sophia-Achamoth, ce qui atteste combien, dans le règne démoniaque, et par le moyen des « miroirs », la première peut être identifiée à la seconde. Et, comme quoi, Eve tient de Lilith, si ce n’est la même sous une autre forme ou dans un autre plan. Alors pourquoi deux personnages mythologiques différents ? Sans doute parce que Lilith demeure dans le plan de la Nuit, et qu’Eve, étant la « vie », assure la génération. Ceci concerne la perpétuation de l’espèce humaine.

Pour ce qui est de la sensualité, de la volupté, « Lilith » comme « Eve » sont des noms qui ont des connivences avec le « serpent », ce qui peut prêter à croire qu’au temple du serpent, lorsque les dévots en appelaient à leur dieu lors de rituels phalliques, les femmes, prêtresses ou danseuses, portaient les tenues et autres parures, déguisements, qui laissaient penser d’elles qu’elles étaient des « serpentes ». Seth, ou qui qu’il soit, apparaissait avec une tête d’âne, et idolâtrant le pouvoir féminin supérieur, les hommes invoquaient le nom sous la forme d’un phonème : AO !

 

Satan dans le gnosticisme Ophite 

    

A présent, Satan. L’enseignement Ophite, tel qu’il est rapporté par Charles William King, expose la création de Satan mais en fait le complice des forfaits d’Ildabaoth, au point d’en faire son propre bras droit. Mais le gnosticisme détient autant de dogmes que d’obédiences, et il est des versions qui trouvent Satan se retourner contre son Créateur et décide de soutenir l’humain et de se mettre de son côté.

arbre sephiroth3 nom en hébreu + sceauC’est sans doute l’une de ses versions gnostiques que les membres de la secte des Lucifériens de 1300 mentionnés dans le précédent chapitre devaient connaître et qui a servi à édifier la personnalité du Satan-Lucifer médiéval.  

 

« Les Gnostiques » de Charles William King (extraits)

 

« Le Suprême Eon, ayant émis d’autres Eons, un de ceux-ci, une femme, Sophia-Achamoth (Prunikos ou la Concupiscente) descendit dans le chaos, d’où, ne pouvant échapper, elle resta suspendue dans l’espace médian, trop chargée de matière et ne pouvant remonter, ne pouvant tomber plus bas où il n’existait rien en affinité avec sa propre nature. Elle donna alors naissance à Ildabaoth, qui, à son tour, engendra six Eons, et créèrent les sept cieux ».

 

« Après avoir produit Ildabaoth ((Yod-Lamed-Daleth-Beth-Yod-Yod-Tsaddé) ou (Yod-Lamed-Daleth-Beth-Hé-Vau-Tav)), Sophia-Achamoth (Prunikos) souffrit à ce point du contact de la matière, qu’après une lutte extraordinaire elle s’échappe enfin du chaos fangeux. Bien qu’ignorante du plérome, sa région maternelle, elle atteint l’espace médian et réussit à secouer les particules matérielles qui se sont attachées à sa nature spirituelle… »

 

« Ildabaoth est ambitieux et orgueilleux, et n’acceptant pas la lumière spirituelle que lui offre sa mère Sophia-Achamoth, il se met à l’œuvre pour créer un monde à lui. Aidé des siens Archons, les six Génies planétaires, il façonne un homme : mais celui-ci n’est pas un succès. C’est un monstre sans âme, ignorant, rampant à quatre pattes sur le sol, comme une bête matérielle. Ildabaoth se voit obligé d’implorer l’aide de sa mère spirituelle. Celle-ci lui transmet un rayon de lumière divine, et de cette manière, elle anime l’homme et le dote d’une âme. C’est alors que commence l’animosité d’Ildabaoth pour sa propre créature. Suivant l’impulsion de la lumière typhon2.jpg divine, les aspirations de l’homme s’élèvent de plus en plus haut : bientôt il présente, non l’image d’Ildabaoth, son créateur, mais celle de l’Être Suprême, « l’Homme Primitif », Ennoïa. Le démiurge est alors rempli de colère et d’envie ; et, fixant son œil jaloux vers l’abîme de matière, son regard, envenimé de passion, s’y reflète soudain, comme dans un miroir : la réflexion s’anime, et de l’abîme sort Satan ou le serpent Ophiomorphos, « l’incorporation du sentiment d’envie et de ruine » ».

 

« A la suite de cela, et toujours en dépit de la perfection de l’homme, Ildabaoth crée les trois règnes de la nature : le minéral, le végétal et l’animal, avec tous les instincts pernicieux et leurs penchants mauvais.  Impuissant à détruire l’Arbre de la Connaissance, qui pousse dans sa Sphère ainsi que dans chacune des régions planétaires, mais déterminé à éloigner l’homme de sa Protectrice spirituelle, Ildabaoth lui défend de manger de son fruit, de peur qu’il ne dévoile à l’humanité les Mystères du monde supérieur. Mais Sophia-Achamoth, qui aime et protège l’homme qu’elle a animé, lui envoie son propre génie, Ophis, sous forme d’un serpent, pour lui conseiller de transgresser le commandement égoïste et injuste. L’homme devient, de cette manière, capable de comprendre le mystère de la création ».

 

« Les Gnostiques, de même que les Nazaréens, faisant une allégorie de la personnification, disaient que les « Premier » et « Second » hommes aimèrent la teth-serpent-lion--liphas-l-vi.jpgbeauté de Sophia, la première femme, et ainsi, le Père et le Fils fécondèrent la « Femme céleste » et des ténèbres primordiales ils créèrent la lumière visible ».

 

En regard à la mythologie grecque, cette « Femme céleste » Sophia est Ilithye, celle qui règne dans les ténèbres et crée la lumière, et comme Ilithye (480) est Lilith (480), voilà une raison mystique qui conduisit cette dernière à être jetée en enfer par ses détracteurs religieux, parce qu’ils ne voulaient point la compter parmi les divinités de leur culte, les dévots d’Ildabaoth voulant que leur démiurge règne en maître et lui seul.

De même, le principe des miroirs où le démiurge se reflète pour créer son double dans un autre plan sert à Sophia qui s’y plonge et produit son image altérée dans chaque monde inférieur au sien.

Et nous imaginons bien que l’image reflétée de Sophia dans le plan de Qliphoth a assurément engendrée la démone que nous connaissons sous le nom de Lilith.

 

Le nom « Sophia » est assimilé à « sagesse » par le biais du grec. Mais il est aussi une tableau samael2permutation « d’Ophis » qui est le serpent. Soit, dans la compréhension mystique, « Sophia » est le « serpent féminin ».

 

« Lorsque la femme se sépare de son androgyne et devient une individualité distincte, la même chose se répète. Le Père et le Fils (les deux Adam) s’éprennent tous deux de sa beauté ; puis viennent l’allégorie de la tentation et la chute. C’est le cas dans la Kabbale, comme dans la théorie Ophite, dans laquelle Ophis (le serpent de la tentation) et Ophiomorphos (Satan) sont, tous deux, des émanations représentées sous l’emblème de deux serpents, le premier représentant l’éternité, la sagesse et l’esprit ; le second, l’astuce, l’envie et la matière ».

 

Une version met en scène le serpent Ophis qui tente Eve de manger du fruit de l’Arbre de la Connaissance, une autre, celle d’Irénée, dit qu’il s’agissait de Sophia-Achamoth l’androgyne dont l’aspect mâle était Ophis.  

 

Dans un diagramme, Ophis est représenté comme le Cnouphis ou Kneph égyptien, serpent-lion-eros.jpgappelé Dracontia (dragon). Il apparaît comme un serpent se dressant sur sa queue, avec une tête de lion, couronnée et auréolée de rayons, qui portent à chaque extrémité une des sept voyelles grecques, le symbole des sept sphères célestes.

 

A commencer par Ildabaoth, le plus méchant d’entre tous, puis ses six Archons* : Iove (Jehovah), Sabaoth, Adonaios, Eloios, Ouraios et Astaphaios ; dont les Ophites disaient « qu’Adonaios, le troisième fils d’Ildabaoth, était un Génie malfaisant et, de même que ses cinq autres frères, un ennemi acharné, adversaire de l’homme ». (HPB – Isis dévoilée ; p.213 – éditions Adyar) Ouraios invente des femmes à l’image de Lilith, capables de séduire les hommes, mais non pour leur jouissance, pour leur malheur.

 

(* Les orthographes françaises diffèrent d’un texte à l’autre : voici les plus fiables : « Ilda-Baoth et ses six Archons : Sabbaoth ou Mars ; Adonaios-Sol ou le Soleil ; Iao, la ajna sahasrara lilithLune ; Eloaios, Jupiter ; Astaphaios, Mercure ; Horaios, Vénus ». (HPB – Isis dévoilée ; p.330 - éditions Adyar))

 

« Ildabaoth se venge alors, en punissant le premier couple, car l’homme, par suite de sa connaissance, s’était déjà façonné une compagne de sa moitié spirituelle et matérielle. Il emprisonne l’homme et la femme dans une prison de matière, dans le corps si peu en rapport avec sa nature, et dans lequel l’homme est toujours enfermé. Mais Achamoth le protège encore. Elle établit entre l’homme et la région céleste un courant de lumière divine, et continue à lui fournir l’illumination spirituelle ».

 

« Un malheur n’arrivant jamais seul, un autre survient. Un nouvel ennemi fait son apparition contre l’homme, c’est le serpent Ophis lequel a été puni lui aussi par Ildabaoth, à cause de l’affaire de l’Arbre de la Connaissance, pris et jeté dans l’abysse ; et qui, contaminé par son immersion en profondeur, apparaît transformé en l’exacte image de son antitype Satan ou Ophiomorphos. Ophis était le type, Satan satyre et femmeou Ophiomorphos l’antitype, et voilà les deux ensemble et qui se confondent allègrement. Ophis, le premier ami de l’homme, commence désormais à le détester à cause (pensée innocente) de sa propre dégradation. Il fomente ainsi nombre de projets contre l’homme ».

 

« Certaines sectes étaient divisées sur leur opinion concernant la nature d’Ophis. En majorité d’accord que le Génie était au commencement le « ministre » de Sophia-Achamoth, les Ophites de Théodoret convenaient qu’il s’était converti en un ennemi de l’homme ».

 

« Déçu, dégoûté de son sort, celui qui était son meilleur ami devient son pire ennemi au point d’être confondu avec celui qui fût créé par Ildabaoth pour cela, Satan ou Ophiomorphos ».

 

Les enseignements gnostiques diffèrent d’une secte à l’autre, d’où que les mêmes personnages engendrent des vécus et des destins différents. Certains mettent en lumière un retournement du caractère de Satan ou Ophiomorphos, qui choisit de ne plus servir les mauvais desseins de son créateur contre l’homme et décide de soutenir ce dernier, pris de compassion pour lui. C’est là où les rôles s’inversent. Ce retournement se trouve pareillement dans l’histoire de Lucifer avec le Seigneur, où, conscient du sort pénible qui attend l’homme de chair et de sang, Lucifer refuse de tableau sethcontinuer l’ouvrage et se trouve en conséquence chassé. Lucifer prend la défense de l’homme contre Dieu, et, à ce titre, devient le rebelle.

C’est ici que Lucifer et Satan sont si semblables par leur prise de position que des mystiques ont identifié l’un avec l’autre.

 

Les Archons ne bénéficient pas d’une bonne réputation bien qu’ils soient par ailleurs nos Créateurs, comme en témoignent certains extraits :   

 

 « Alors que Phôs (Adam Céleste) était au paradis prenant le frais ( ?), à l’instigation de la Fatalité, les Archontes le persuadèrent, disant que c’était sans malice et sans portée, de revêtir le corps d’Adam qui sortait de leurs mains, qui était issu de la Fatalité, qui était formé des quatre éléments. Lui, comme c’était sans malice, ne s’y refusa point, et eux se glorifièrent, à la pensée que désormais ils le tenaient en esclavage » (A.-J. Festugière – La révélation d’Hermès Trismégiste).

 

Les sept Archons essayèrent de créer un homme à leur propre image, mais ne purent y arriver, faute de puissance virile. Aussi leur création sur la terre et dans le ciel fut ilithye lilithun échec… parce qu’il leur manquait à eux-mêmes l’âme de la paternité ! Lorsque l’Idldabaoth le chef s’écrit : « Je suis le Père et le Dieu », la mère Sophia-Achamoth répondit : « Ne mens pas, Ildabaoth, car le premier homme est au-dessus de toi ». Les Gnostiques enseignaient que les esprits mauvais, les sept Archons tiraient leur origine de la grande Mère seule, qui enfanta sans père » (Gerald Massey – La source des mesures).

 

A propos « des habitants du monde invisible, Maître Philippe écrit : « Le monde de l’humanité est habité par les âmes revêtues de corps. Comme êtres invisibles, nous y trouverons surtout les receveurs pacifiques, chargés de recevoir l’âme à sa sortie du corps et de la porter jusqu’au plan astral, où elle trouvera une foule d’êtres à qui elle peut avoir affaire.

Ces êtres du plan astral sont surtout les receveurs des Archons, les Archons du Destin et les Archons dans tous leurs emplois. Ces Archons, sont, par essence, ennemis de l’âme humaine et ils lui sont particulièrement hostiles lorsque l’initiation ne lui permet pas de se défendre » (Maître Philippe – Pistis Sophia).

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 11:40

Satan Lucifer, les Lucifériens de 1300 ; satanisme des campagnards et celui des élites

 

A l’heure où l’Eglise sévit en son sein, pourchassant parmi ses brebis lesquelles sont « galeuses », certains parmi ces religieux pointés du doigt, et des sérieux, n’entendent rien au discours moraliste et de reproches qui lui est admonesté, A ajack curé overblogpersistent pour cela dans la manière de servir leur culte, mais clandestinement. Leur dieu étant montré du doigt comme un ennemi du crucifié, certains lui reconnaissent des traits d’un certain Lucifer et lui donnent ce nom. Lucifer est l’équivalent latin du judéo-païen Hillel (ou Heylel) (Hé-Yod-Lamed-Lamed), dieu de l’étoile du matin (Vénus) et fils de la déesse Astoreth. D’où que Lucifer est employé soit comme un autre nom de Vénus, soit entendu comme le dieu romain de l’étoile du matin, fils de Vénus, et identifié au Phosphoros grec.

Nous lisons : « Au treizième siècle, le pape pourchassant les hommes qui vouent un culte au diable entend parler d’un groupe de personnes qui se font nommer « Lucifériens ». Il envoie Conrad de Marburg, un homme décrit comme un « sadique sainte mortfanatique qui avait plaisir à battre et à humilier » afin d’écraser l’hérésie qui s’y déroule. Ces adeptes avaient choisi ce dieu Lucifer sans doute car il représentait le mieux leurs frustrations, sachant « qu’avec son armée de démons, il avait été injustement chassé du Ciel ». « Un jour, disaient-ils, il serait de retour avec son armée de démons et renverserait le dieu des chrétiens afin de régner pour toujours ».

   

Pour l’élaboration physique du personnage mythique, puisque Satan est associé à la mort, il en reprend les apparences, ses concepteurs s’inspirent de « la Mort » figurée par un homme ayant une tête de mort, tout vêtu de noir avec sa longue cape et son bonnet, les signes ostentatoires de Saturne et la grande faux. A la place du crâne, ils mettent une tête comme celle de certains démons scandinaves portant une calotte cornue. JB Russell écrit : « Le concept chrétien du Diable a été influencé par des éléments du folklore celtique, germanique et des religions slaves (Tchernibog, le dieu noir). Les dieux leo taxil cover satan franc-maçoncornus des Scandinaves servaient de modèles pour créer le diable, et donc l’idée que Satan a des cornes est devenu plus populaire dans l’art chrétien même s’il n’y a absolument aucune association biblique d’un démon avec des cornes ».

 

« Les divers clergés menacèrent leurs ouailles d’un châtiment au cas où elles succomberaient à ce dieu noir et élu grand démon. « Satan vous mène vers les pires tentations » ; « Satan est le Prince du Mal » ; « Satan est vicieux, cruel, brutal », prévenaient-ils ; « si vous succombez à la tentation, vous brûlerez dans les flammes de l’enfer et vous serez damnés pour l’éternité » ».

 

Et c’est au quatorzième siècle que l’Eglise l’associe au dieu présenté sous la forme d’un épouvantail et montré comme un bouc qui sévit dans les campagnes et dont les paysans et autres sorciers célèbrent un culte. Il est dépeint comme « un démoniaque mi-homme mi-animal avec des cornes et des sabots ». Ceux-ci évoquent les Satyres antiques.    

 

Il semble pourtant que le mot « satan » concerne parfois davantage un objet qu’un être. Par exemple : « Imaginez quelque part une vaste lande, hérissée d’herbes sauvages, ou une large éclaircie dans la profondeur des grands bois. Supposez, au milieu de cet espace, un tertre fait de main d’homme, ou quelque vieux dolmen celtique, autel colossal d’un culte évanoui.

satan 600 Ca et là, des amas de bois résineux secouent leurs fauves reflets sur des ombres mouvantes, et, dominant cette scène, un haut sathan de bois noir, à tête de bouc, porte à bras tendus des roches embrasées qui font saillir sur le ciel sans étoiles sa lugubre silhouette. Voilà le théâtre ordinaire du Sabbat (Jules Michelet – La sorcière).

 

Ce qui donne, dans l’Histoire médiévale, un alliage sulfureux, Satan l’homme tout de noir vêtu, embrasse le Ciel païen, s’unit avec ce bouc que des paysans exposent tel un épouvantail et que certains appellent « Pan », et comme ce dieu leur donne ce qui était l’attribut jadis de Cérès déesse du blé, ce nom divin devient celui de leur aliment de base : le « pain ».

 

L’Eglise a vite fait d’englober tous ces ennemis, ceux du crucifié, en un Satan, alors que nous saisissons d’emblée qu’un Satan émerge des élites, un autre des campagnes, l’un est un intellectuel rebelle, l’autre est spectaculaire avec le risque de tomber dans call girl4 satyre2le grotesque.

Toutefois, à l’heure où cette Eglise impose aux hommes une frustration sexuelle sans précédent, Satan, qu’il soit l’un ou l’autre, personnifie la luxure associée à la lubricité, et connaît quelque fierté à incarner le péché de la chair. «Satan permet ce que le Christ refuse ».

 

Le satanisme des campagnards (avec ses sorciers) fait du Sabbat sa cérémonie satanique, tandis que le satanisme des élites (avec ses mages et « défroqués ») établit à partir de l’office catholique sa Messe Noire. Les deux rituels, bien que différents dans leur forme et bien distincts dans leur vocation, incluent chacun un érotisme gerald gardnerpuissant avec les débauches correspondantes puisque Satan Lui-même, grand rebelle, s’attache à accorder ce que le crucifié veut à tout prix voir annihilé.  

 

Tandis qu’au Sabbat, la figure emblématique du bouc veille toujours en bonne place du banquet, le Satan tout vêtu de noir fait son entrée dans le culte, et pas de la moins bonne manière, car à lui l’honneur de forniquer des filles, des femmes, en grand nombre. Mais cette débauche connaît un mystère du plus grand, car toutes qui témoignèrent voient Satan au sexe dur et puissant… mais de glace (parfois, c’est son sperme qui est glacé) ! Des experts récents supposent qu’il s’agissait d’une méthode contraceptive utilisée en ces temps anciens.

 

Exemples : « Chaque sorcier et sorcière vient alors à tour de rôle baiser le derrière du diable, avant de se livrer à des orgies sexuelles débridées, chacun s’accouplant avec son prochain sans distinction d’âge, de sexe ou de lien familial. Le diable, de son côté, viole les sorcières et les sodomise à l’aide de son membre froid, long d’une gerald gardner7aune, entortillé et sinueux comme un serpent, écailleux et bifide, qui lui permet de pratiquer l’acte de chair « dans les deux vases à la fois ». Les sorcières ainsi violentées précisent que cet accouplement leur est fort douloureux, et que la semence du diable est glacée.

Sorciers et sorcières viennent alors rendre compte de tous les crimes et maléfices dont ils se sont rendus coupables depuis le dernier sabbat. Ceux qui n’ont pas suffisamment fait le mal sont sévèrement châtiés, flagellés et fouettés par les démons ».

 

Des experts modernes pensent que tout cela n’était qu’hallucinations. Dans « La drogue des sorciers », il est rapporté que « sous Louis XIV, le savant Gassendi (+1655) satan-bouc-sorcier-overblog.jpgse livre à des expériences qui corroborent les idées de Jean de Wier (1564). S’étant rendu dans une vallée des Basses-Alpes, où la sorcellerie compte de nombreux adeptes, il fait tomber quelques paysans dans un sommeil léthargique en leur faisant prendre une préparation narcotique dont un prétendu sorcier lui a donné la recette. En la leur administrant, il leur annonce qu’ils vont être transportés dans une assemblée infernale. A leur réveil, les dormeurs, qui n’ont pas quitté leurs lits, font un récit complet de ce qu’ils ont vu au Sabbat et racontent les impressions qu’ils ont éprouvées. Gassendi en conclut que les prétendus voyages sur un manche à balai, les entrevues avec le diable, etc., n’existent que dans l’imagination des individus, qui prennent pour des réalités les effets d’hallucination produits par un narcotique ».

 

Parfois, les célébrations sont réelles mais les participants ont consommé des produits hallucinogènes. Le cas apporté par Pierre de Lancre concerne un même abus en présence du mari, lequel, sous l’effet de l’hypnose, ne peut point agir, totalement sade103.jpgabsent de la scène (où sa femme est prise par d’autres hommes, des sorciers dit-on…), comme son esprit est ailleurs, « extériorisé ». Il semble bien, il est même quasi certain, que des faits de ce genre ont été commis au cours du moyen âge, au point que les législateurs de l’époque ont nommé ces actes « les luxures du Diable ». Ils expliquent peut être nombre de scènes du Sabbat. Des participantes étaient probablement mises sous hypnose durant leurs accouplements sur l’autel et entendaient alors forniquer avec le Diable. L’auteur Andrax Berith, dans « Grimoire de magie noire et magie rouge » (Editions Axiome) laisse entendre que le sexe du Diable, souvent décrit par des participantes comme « froid » pouvait être un morceau de glace que des soigneurs utilisaient « pour éviter la grossesse ». De même, Francis Barney, dans « Prière à Satan », cite une femme au Sabbat qui dit « avoir vu Satan sous la forme d’un homme très grand, maigre, vêtu de vert et d’or. Deux cornes surmontaient sa tête. Il souriait. Entre ses jambes que terminaient des pieds de bouc pendait un membre très long, couvert d’écailles dures et entortillées ».

 

A autel messe noire satyre NBOu : « La femme se joint en présence de son mari, sans soupçons, ni jalousie, voire il en est souvent le proxénète… Ce sont un petit nombre de magiciens crédules et de sorcières convaincues, tout ce qui avait été initié servait, ou faisait servir les autres à un abominable commerce de libertins des deux sexes. Tantôt le Sabbat ressemblait à une hideuse compagnie de libertins, tantôt il réunissait, au profit de certains fourbes libidineux, une foule de femmes crédules et fascinées. Ici, c’est un moyen de luxure, là, c’est seulement l’occasion. On peut conclure que tout le bénéfice du Sabbat revenait à un seul individu qui débauchait les filles jeunes et novices et qui expérimentait sur les initiées, les odieuses inventions de sa perversité. Dans un grand nombre de circonstances, le rôle du diable appartenait à quelque scélérat qui en abusait pour satisfaire ses caprices et qui prélevait un tribut obscène sur les misérables qu’il attirait sous sa domination » (Andrax Berith – Grimoire de magie noire et magie rouge).

 

Les femmes ne sont pas que des soumises, celles qui entendent au prêche satanique viennent dominer des hommes. A propos de la « punition corporelle contre les bastet1.jpgdéfaillants » évoquée par Andrax Berith, pratique exercée dans toute ancienne institution, même et surtout scolaire, qui existait dans toute société secrète initiatique, Jules Michelet précise « que la prêtresse peut être fort jeune, Lancre parle d’une sorcière de dix-sept ans, jolie, horriblement cruelle ». D’ordinaire «  il lui faut bien trente ans, la figure de Médée, l’œil profond, tragique et fiévreux, avec de grands flots de serpents descendant au hasard ; je parle d’un torrent de noirs, d’indomptables cheveux ».

 

Michelet répète que « le Satan de bois ténébreux du Sabbat qui trône dans la Lande au moyen âge, si son visage est bien celui du bouc, l’autre face qu’il porte au derrière peut être surtout son organe phallique, « car le diable en forme de bouc avait son membre viril au derrière et connaissait ainsi les femmes », en l’agitant contre leur « devant ». Jules Delassus, dans « Les incubes et les succubes » dénonce « Satan sodomite, démon incube, besogne à la fois dans les deux vases, car sa mentule (du latin « mentula » signifiant « pénis », terme ancien) est fourchue. Il préfère les femmes mariées aux vierges, parce que l’adultère est un péché plus grand ».

 

lucrèce borgia1Joris-Karl Huysmans, évoquant les succubes dans « Là-bas », en dresse autant un portrait de fornicateurs lubriques : « Si, au contraire cette femme est victime d’un sortilège, le péché se commet, soit pendant qu’elle sommeille, soit lorsqu’elle est parfaitement éveillée, mais alors elle est dans un état cataleptique qui l’empêche de se défendre. Le plus puissant des exorcistes de ce temps, l’homme ayant le mieux approfondi cette matière, le docteur en théologie Johannès me disait avoir sauvé des religieuses qui étaient chevauchées sans arrêt, ni trêve, pendant deux, trois, pendant quatre jours, par des incubes ! » Quant aux moines, la situation n’est guère meilleure, ils sont attaqués par des succubes. Ce phénomène ne date pas du dix-neuvième siècle. On trouve la fable antique racontée par des prêtres, celle des Propaetides, « qui rejetant le culte de Vénus, en furent cruellement punies ; elles sentirent dans leurs veines le feu de l’impudicité, et furent, dit Ovide, les premières femmes qui se prostituèrent à tout venant ». Phèdre disant « c’est Vénus toute entière attachée à sa proie ». Les incubes sont à leur œuvre.

 

collin de plancy satyre humainEnfin, des cérémonies réelles sont dénoncées par les Pères de l’Eglise. De retour chez ces Lucifériens dénoncés plus haut, « le 13 juin 1233, dans la bulle Vox in Rama, Grégoire IX décrit les rites d’intronisation par lesquels les mages deviennent des adorateurs du diable lors d’une cérémonie d’initiation se déroulant dans une sorte de temple voué à Lucifer : « Lorsque le novice entre dans cette demeure de perdition, c’est une sorte de grenouille, que d’aucuns appellent crapaud, qui lui apparaît en premier lieu. Les uns le baisent honteusement au derrière, les autres sur la bouche, prenant sa langue dans leur propre bouche et recevant sa bave. Cette bête apparaît parfois de sa taille naturelle ; d’autres fois elle est grosse comme une oie ou un canard ; le plus souvent elle a les dimensions d’un four. En avançant, le novice rencontre un homme étonnamment pâle, aux yeux fort noirs, tellement maigre qu’il paraît n’avoir que la peau sur les os. Le novice l’embrasse et le sent froid comme glace. Ce baiser lui fait perdre tout souvenir de la foi catholique. On passe ensuite à table. Puis on se lève, le repas terminé. Alors, d’une colonne, comme il en existe dans les salles de ce genre, descend à reculons un chat noir, de la grosseur d’un chien de taille moyenne, la mn sadequeue relevée en arrière. Le novice en premier, puis le maître, puis enfin chacun des autres assistants, selon son rang, le baisent, du moins ceux qui en sont dignes et parfaits. Cela fait, les chandelles sont éteintes et l’on passe aux plus dégoûtantes œuvres de la luxure sans distinguer entre parents et étrangers. Si les hommes sont en plus grand nombre que les femmes, ceux qui sont en surnombre satisfont entre eux leurs passions honteuses et de même, si des femmes se trouvent en surnombre, elles satisfont entre elles, contre la nature, leurs désirs coupables. Puis, tous ces honteux plaisirs consommés et ces crimes si détestables accomplis, les chandelles sont rallumées et chacun reprend sa place. D’un coin obscur de la pièce, où ne manquent point les hommes les plus perdus, sort un homme au corps éclatant et plus brillant que le Soleil au-dessus de la ceinture, mais au-dessous poilu comme un chat. Sa clarté illumine toute la pièce. Alors le maître, enlevant une partie des vêtements du novice, dit à cet homme lumineux : « Maître, je te donne ce qui m’a été donné. » Et l’homme lumineux répond : « Tu m’as bien servi à plus d’une reprise, tu me serviras encore mieux, je confie à ta garde ce que tu m’as donné. » Tout de suite après ces paroles, il disparaît ».

 

Assurément Satan en noir était un homme, comment était-il recruté on ne sait, sans doute investi de quelque pouvoir en sorcellerie particulier, le visage masqué et portant une calotte à cornes, apparaissait au moment opportun où filles, femmes et hommes à la joie tombaient sous l’emprise d’un narcotique, ou bien étaient malignement hypnotisés. Un homme ou une équipe dominaient le rituel et celui qui s’y soumettait était convaincu d’avoir connu Satan.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 11:31

 

Satan (personnalité), les ténèbres et la Mort

 

Ainsi il est courant d’assimiler Satan le démon noir du moyen âge au Pan des Grecs, à Priape romain ou encore Seth égyptien. Il est un peu chacun, à la fois tous réunis et saturne satan overblogaucun d’entre eux finalement. Car le satanisme n’est pas le paganisme : le sataniste n’a pas le même regard sur le monde que le païen, comme précise Thomas Stahler, « le sataniste vit dans un autre monde et déteste celui-ci, le païen au contraire aime le monde ». Oui, celui qui est suppôt de Satan, ou « l’un de ses fidèles », éprouve une sorte de détestation chronique de ce bas monde. Ce n’est pas sans raison si au commencement de sa louange, le célébrant répète à la manière du « Roi est mort, vive le Roi ! », la formule : « Honte à toi Seigneur… honte à toi d’avoir créé ce monde… ». Nous pouvons retrouver des raisons de cet état d’esprit par l’étude du dogme gnostique des Ophites antiques.

 

Le sataniste n’aime pas la vie, et parce qu’il ne l’aime pas, il l’offense, il en profite de la manière la plus hédoniste possible, d’où cette affinité qu’il retrouve avec les anciens qui célébraient les Bacchanales, anciennement les Saturnales, comme un hasard qui n’en est pas un. Ainsi, il se convainc que, de tous les aspects de la vie, les seuls qui le font jouir proviennent de Satan, les autres étant de Dieu. D’où son attrait quasi cérémoniel avec les réalités de l’amour, où plus précisément du désir, et qui lui imposent d’envisager le démon en cape noir « dieu de la chair ». Et finalement, il est certain que tout ce que Dieu interdit provient de Satan, c’est donc là qu’il y trouve son bien.

 

Celui qui exerce une partie de son temps en cérémonies noires pour approcher le sanctuaire de Satan sent qu’il pénètre la mort bien qu’étant vivant, il fait ainsi le parcours de ce monde vers les ténèbres ; aussi, à force, son regard sur le mondain sainte mortest comme celui d’un revenant, ce qui paraît si important pour chacun lui a quitté l’esprit. Non qu’il soit parvenu à annihiler ses désirs du mondain, à l’image d’un Bouddhiste, au contraire, mais qu’ils lui paraissent désuets et puérils. Et, qu’en somme, les désirs des hommes sont toujours les mêmes, reposent sur les mêmes appétits, qui paraissent dès lors, futiles.

 

C’est en cela que Satan diffère des autres démons : tandis que ceux-ci sont à la source des forces motrices de notre bas monde, lui les moque et les tourne en dérision, les intensifient dans l’esprit du faible ou les ridiculisent chez ces élus. Le peuple naturellement imbu de lui-même est cependant esclave de l’orgueil, de la paresse, de la luxure, de la gourmandise, de l’envie, de l’avarice (cupidité), de la colère…

 

D’où ce pamphlet satanique :  

 

saturne overblog« Car si un Dieu peut régner, si malsain, imbécile et fou,

Au point de produire les hommes quand il pouvait s’en abstenir !

Le monde tourne éternellement comme un moulin :

Qui produit la mort et la vie et le bien et le mal ;

Il n’a ni but, ni cœur, ni esprit, ni volonté.

 

Alors que coulent l’air de l’espace et les pleines rivières du temps

Le moulin doit tourner aveuglément et sans répit :

Il peut s’épuiser, mais qui le saura ?

 

L’homme doit savoir une chose pour éclairer sa vision

C’est qu’il ne tourne pas pour satisfaire ses caprices insignifiants,

Et que ça lui est complètement indifférent.

Non, le traite-t-il aussi durement qu’il le dit ?

Il lui broie quelques années de souffle amer,

Puis le broie dans la mort éternelle ».

(La cérémonie de l’Air épais)

 

satan and lilith2Celui qui invite Satan chez lui doit savoir d’où il vient, de cet Anti-Monde que le commun des hommes nomme la Mort (Kâma-Loka, Dévachan…), de cette Nuit d’où lui-même vient et où il retournera. L’existence mortelle paraît ainsi une grande parenthèse mais celui qui la tient comme une branche serrée dans un étau est le Prince des Ténèbres.

 

Des mystiques qui s’inspirent du gnosticisme des Ophites anciens montrent du doigt Ildabaoth, « dieu de la matière », archon (ou « archonte ») de Saturne, comme le Grand Satan ; l’enseignement original ne dit point cela, et même si les deux sont affiliés à Saturne, ils sont comme la thèse et l’antithèse.

 

satan's daily life in the 19th Century retraite

Eloigné à des distances considérables du satanisme, le tantrisme propose parfois des méthodes de méditation surprenantes comme celle qu’enseignait Bhagwan Shree Rajneesh et qui oriente l’étudiant vers le même chemin mystique que le sataniste tâche de prendre :

Le verset (de Shiva et Shakti) dit : « Rester allongé comme un cadavre… » Essayez, brusquement, vous êtes mort. Quittez votre corps ! Ne bougez plus. Vous ne pouvez plus bouger les yeux, vous ne pouvez plus pleurer, vous ne pouvez plus crier, vous ne pouvez plus rien faire. Vous êtes mort. Quelle impression cela vous donne-t-il ? Ne vous dupez pas, ne faites pas semblant. Ne faites pas un seul mouvement. Si un moustique vous agace, traitez votre corps comme s’il était mort. C’est une des techniques les plus utilisées.

Rama Maharshi a atteint l’illumination à l’aide de cette technique. Mais, pour lui, ce n’était pas une technique. Cela s’est brusquement produit en lui. Il avait dû la pratiquer dans une vie antérieure, parce que rien ne se produit spontanément. Tout a un lien causal, une causalité. Soudain, une nuit, Raman (il était très jeune – il devait avoir quatorze ou quinze ans) sentit qu’il allait mourir. Il ressentit la certitude que la mort l’avait emporté sur la vie. Il ne pouvait plus bouger. Il avait l’impression d’être paralysé. Puis il ressentit l’impression d’étouffer et il sut que son cœur allait arrêter de battre. Il ne parvenait même pas à pleurer, ou à dire à un autre, « je vais mourir ».

Cela vous est peut être arrivé lors d’un cauchemar : vous ne pouvez pas pleurer, vous ne pouvez pas bouger. Même quand vous vous réveillez, pendant quelques instants, vous ne pouvez rien faire. C’est ce qui arriva à Raman. Il avait gardé un pouvoir absolu sur sa conscience, mais il n’avait aucun pouvoir sur son corps. Il savait qu’il était là – qu’il était présent, conscient, mais il avait l’impression qu’il allait mourir. Cette certitude était si forte qu’il abandonna la lutte. Il ferma les yeux et attendit la mort. Il attendit.

Petit à petit, son corps devint rigide. Son corps mourait. Mais il savait qu’il existait, il savait qu’il était vivant, même si son corps était mort. Et au matin, il revint à lui, son corps était vivant. Mais il ne fut jamais plus le même homme après cette expérience – parce qu’il avait connu la mort. Il avait vu de près un royaume différent, il avait connu une dimension différente de la conscience » (Bhagwan Shree Rajneesh – Le livre des secrets – Albin Michel).

 

Ce « royaume différent » est, pour le satanisme, le règne du Grand Satan.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 15:28

 

La question est de savoir à quelle période de l’Histoire et de quelle manière ce qui n’était jusque-là qu’un nom commun « satan » s’est-il personnalisé en une entité diabolique majeure du panthéon mythologique chrétien, et que nous connaissons si jacques satan PM2 fondbien aujourd’hui figuré sous la forme d’un diable. Certes, nous savons déjà, avec l’aide de différents théosophes ayant étudié les temps antiques, que le nom lui-même peut provenir de « Seth* » (Bunsen) ou de « Satus** » (Varron), les Hébreux ayant usé de facétie en le rapprochant du verbe « Sitan » signifiant « s’opposer », comme ils avaient pris l’habitude de nommer les dieux du monde qui n’étaient pas le leur. C’est pourquoi il existe certains textes, érigés comme des psaumes en versets***, où il est question des ennemis et les traducteurs gardèrent le mot « satan » en en faisant un nom propre à mesure que des religieux en édifiaient une personnalité mythique de premier plan.

 

(* On relève cette note où le mystique Bunsen propose sa solution étymologique du nom « Satan » : « Le nom de Seth avec la syllabe « an », du chaldéen « ana »* ou « ciel » (ou « géant »), constitue le terme Satan. Les facétieux semblent s’en être emparés comme c’est leur coutume, et en ont fait « Satan », du verbe « Sitan » signifiant « s’opposer » (HPB – Isis dévoilée ; p.156).) 

 

(** Seth… Seth-Râ, Râ pour « lumière », qui est « Aour » en Hébreu. Et « Seth-Râ » (Samech-Tav-Resh-Ayin) peut permuter en « Seth-Yr » qui est la forme originale de « Stur », le mot chaldéen pour « Saturne ». Selon Varron, Saturne vient de « satus » signifiant « semences » (Voyez De lingua lat., lib. V, § 64. Comp. Cicéron, De nat. deor., lib. II, cap. 25; lib. III, cap. 24). Saturne est en effet celui qui sectionne les organes d’Ouranos, le faisant jouir dans les eaux et faisant naître Vénus ou la « génération » des hommes. C’est aussi Seth qui sectionne Osiris en quatorze morceaux, faisant disparaître définitivement l’organe génital. Mais c’est celui aussi, dans son contexte ésotérique, qui apporte à l’homme le moyen de se perpétuer par lui-même, sans l’aide des dieux, et, à ce titre là, il lui remet les « semences » promptes à la perpétuation, l’immortalité par la génération.)

 

(*** Dans le Shemhamforash, les kabbalistes modernes traduisent le deuxième verset de ce groupe de mots : « Abeg Ytats / Qera Satan / Negued Yakesh / Betar Tsetag / Hakav Teno / Yagal Pazaq / Sheqou Tsiath » par « déchire Satan » ; alors que, comme tous les autres mots étant aussi en majuscules et n’étant pas liés à un dieu ou un démon particulier, il peut se lire « déchire l’adversaire ».)

 

Les écritures hébraïques évoquent Satan à plusieurs reprises, et le nomment dans trois livres : Le livre de Job, le Premier Livre des Chroniques, le Livre de Zacharie. Il est aussi connu par l’expression latine : Vade Retro Satanas (« Arrière, Satan ! ») extraite de Matthieu, IV.10 (Vulgate de saint Jérôme).

 

Qui peut dire qu’en ces temps anciens, il ne s’agissait pas de « l’adversaire » pour le culte auquel le dieu en question est opposé (le Baal babylonien était « l’Adversaire » de Jehovah, et en ce sens, il était Satan), et non Satan, le démon personnifié célèbre au moyen âge, les religieux de cette dernière époque ayant pu orienter le texte initial dans ce sens. Car, assurément, lorsque Jésus « voit Satan tomber du ciel ou qu’il est tenté par lui », naturellement nous imaginons qu’il s’agit du diable présenté par les prêtres du moyen âge sauf qu’il n’existait pas antérieurement.

 

Les Pères de l’Eglise, justement, qui instituèrent le christianisme sur l’héritage mythologique en ruines de Rome, avaient fort à faire avec nombre de ces dieux païens qui ne voulaient point disparaître même s’ils répétaient que « Pan est mort », usèrent ainsi de ce stratagème de nommer toute entité mythique autre que le Christ du nom de « Satan » jusqu’à créer une entité diabolique régnant sur une bonne partie du moyen âge.

 

Le moyen âge étant le berceau de notre monde actuel, par sa folie il a porté à son paroxysme les mœurs que nous connaissons encore mais usons avec une modération que les anciens de ce temps ne vivaient pas ; aussi, pour en rester au seul domaine du mystique, le Satan que les hommes décrivent aujourd’hui est celui que les religieux collin-de-plancy-satyre-humain.jpgmédiévaux ont érigé et que les sorciers, ensuite, ont exploité avec tous les excès propres à cette époque.

 

Nous en convenons, le Satan médiéval dans sa représentation physique, et toujours populaire aujourd’hui, n’a rien du Seth ancien, de Bacchus ou de Priape, ne ressemble en rien à Mithra ou à Dionysos même s’il en bénéficie tous les rites cérémoniaux et magiques.

 

Plutôt que la tenue romaine pour adorer Bacchus, les prêtres enfilaient des vêtements noirs et portaient une cape, les faisant ressembler à Zorro (d’où le personnage romanesque de Zorro est sans doute une figuration de Satan lui-même), et sans doute un masque ou l’accessoire du bourreau qui cachait en partie le visage, à la différence que la cagoule était affublée de deux cornes, de petite taille mais visible et pointue.

 

Ensuite, le tableau dressé est toujours le même, simplet dans sa forme : d’un côté, les bourreau sabbat2religieux si bons et généreux pour leur prochain, occupés à leurs offices catholiques ; de l’autre, des dégénérés qui n’ont en tête que de blasphémer à outrance les mœurs chrétiennes pour en faire des célébrations maudites vouées au seul dessein des libertinages déments.

Pierre de Lancre excelle dans cet exercice de dénonciations graveleuses et volontiers paillardes, mais finalement, comment des gens pour l’essentiel ne sachant ni lire ni écrire pouvaient-ils s’investir dans la résurgence d’un culte antique, en détenir les codes et autres enseignements occultes ? Qui détenaient ces connaissances sinon les religieux qui étaient lettrés et avaient accès aux livres qui témoignaient des pratiques cultuelles anciennes ?

En réalité, le feu « satanique » couvait dans l’Eglise même. L’homosexualité coulait des jours heureux puisque les recrutements chez les cléricaux n’imposaient pas de longue période pour faire ses vœux ; la femme incarnait le « mal », le mariage était proscrit et le concubinage favorisé : l’homme attiré par son semblable trouvait là matière à satisfaire ses appétits grossiers. C’est saint Damien qui dénonça cette « déviance » et œuvra pour y mettre un terme.

 

C’est Jacques-Antoine Dulaure qui nous écrit combien des religieux étaient considérés en ces temps comme des « brigands ». Dans « Justine ou les malheurs de la vertu », le Marquis de Sade s’épanche un long temps dans un lieu saint où sévissent des moines séquestrant des femmes et leurs faisant subir tous les outrages. Le responsable du lieu reçoit officiellement nombre de hautes distinctions honorifiques mais le même dans la cave de son saint lieu se livre aux débauches les plus salaces imaginables.

Or, beaucoup répétaient que ces histoires étaient inventées, puisqu’il s’agit d’un roman, et que l’homme, sans cesse emprisonné, en venait à délirer ; mais c’est désormais connu : « Donatien » s’informait sérieusement avant d’écrire, et nous savons même qu’il reçut nombre de témoignages de ces pratiques par des religieux eux-mêmes qui s’étaient trouvés enfermés dans le même lieu de détention que lui.

 

Car ce ne sont pas les pauvres, quémandant leur pitance, qui ont l’idée subite de mettre en scène une cérémonie dont le dieu serait Satan, il faut de l’instruction et des moyens financiers pour cela.

 

« 1555. Il en résulte que Charles de Senectaire, abbé du couvent d’Aurillac, et seigneur de cette ville, que ses neveux, Jean Belveser, dit Jonchières, protonotaire, et Antoine de Senectaire, abbé de Saint-Jean, que sa nièce, Marie de Senectaire, abbesse Dubois, vouvent de la même ville, et que les moines et religieuses de l’un et bourreau-sabbat.jpgl’autre couvent se livraient à tous les excès de la débauche. Chaque moine vivait, dans le couvent, avec une ou plusieurs concubines, filles qu’il avait débauchées ou enlevées de la maison paternelle, ou femmes qu’il avait ravies à leurs maris. Ces moines les nourrissaient et les logeaient avec eux. Les magistrats auraient sans doute toléré ce libertinage scandaleux ; mais ces moines avaient poussé l’audace jusqu’à frapper et assassiner plusieurs des bourgeois de la ville ; mais des maris, des pères réclamaient leurs femmes ou leurs filles enlevées ou débauchées par ces libertins ; la justice mit fin à tant de désordres : le couvent fut sécularisé.

L’abbé avait, dans le jardin de la maison abbatiale, un bâtiment destiné à ses débauches, orné de peintures obscènes, et portant un nom caractéristique de « Foutoir de M d’Aurillac » ; des prêtres étaient les pourvoyeurs ordinaires de ce lieu infâme ; les neveux de l’abbé remplissaient aussi ces fonctions honteuses. Ils mettaient non seulement la ville, mais tous les villages circonvoisins à contribution ; ils arrachaient les jeunes filles des bras de leurs mères, en plein jour, au vu et au su des habitants ; ils bravaient l’opinion publique, les pleurs et les cris de leurs victimes, qu’ils faisaient, à coups de pied, à coups de poing, marcher vers le couvent, où elles devaient servir à la lubricité de l’abbé, de ses neveux, et enfin des autres moines. L’abbé d’Aurillac, qui avait converti son couvent en lieux de débauche, étaient, disent les auteurs du « Gallia christiana », aussi illustre pour sa noblesse que par sa piété. Fiez-vous à de pareilles autorités ! » (Jacques-Antoine Dulaure – Histoire civile, physique et morale ; p.523). Pour ceux qui connaissent ce fameux passage des moines dans « Justine », ils reconnaitront des mêmes descriptions et concluront que l’imagination de Sade n’est pas seule auteure de ce récit mais des faits réels appris à Donatien lui ont commandés d’écrire cela pour en laisser des traces comme des témoignages pour l’Histoire.

 

Bien des religieux avaient trouvé le subterfuge pour posséder des femmes, ils gagnaient bien leurs vies et, servis par quelques bonnes connaissances ésotériques, vantaient des pouvoirs magiques, impressionnaient par des offices liturgiques. Du fait de leur engagement, ils faisaient mine de connaître les dieux et les démons, de les bourreau-sabbat3-copie-1.jpgfréquenter et même de leur ordonner, de là, ils détenaient les clés d’un monde inconnu et pouvaient ainsi ordonner ce qu’ils voulaient dans le mondain. Ainsi, ils avaient accès à tout, même à la vie intime du couple, dont ils juraient qu’en s’impliquant dans son ouvrage de luxure, ils sanctifiaient le domaine. Jules Michelet écrit dans « La sorcière » : « Le seigneur ecclésiastique, comme le seigneur laïque, a ce droit immonde. Dans une paroisse des environs de Bourges, le curé, étant seigneur, réclamait expressément les prémices de la mariée, mais voulait bien en pratique vendre au mari pour argent, la virginité de sa femme ! On a cru trop aisément que cet outrage était de forme, mais le prix indiqué dépassait fort les moyens de presque tous les paysans. Par exemple, c’était parfois « plusieurs vaches », chose impossible et énorme. Donc la pauvre jeune femme était à discrétion ». Parfois même, et pour épicer ces jeux de débauches, ce pouvait être « l’aîné du paysan qui devenait l’aîné du seigneur, car il pouvait être des ses œuvres ».

 

Officiellement, L’Eglise médiévale exhorte les hommes « à ce que l’acte sexuel soit exécuté le plus rarement possible ». Les religieux recommandent « à leurs ouailles » d’éviter la cohabitation complète, plutôt le lit séparé, même s’ils sont mariés ». Le moindre désir d’un individu pour le sexe opposé est en soi un péché. Le saint état du mariage ne donne pas droit au saint état de l’amour. Dans « Sexe dans l’Histoire » (1954) de G.Rattray Taylor, l’auteur résume le système strict de la morale de l’Eglise telle qu’elle avait été mise en avant dans une série de livres de pénitences où trois volontés dominent :

1.Tout ce qui oriente vers un célibat complet est idéal ;

2.Une interdiction totale des autres rapports que celui entre des personnes mariées, exercer le culte de Vénus le moins possible et dénoncer toute pratique autre sans risquer de terribles actes de pénitence ;

3.Limiter en nombre de jours par an la consommation de l’acte sexuel chez les couples mariés.

 

Forcément, les couples, et plus généralement les femmes et les hommes du pays se trouvaient dans une situation de frustration sexuelle totale. La seule solution proposée par l’Eglise, avant le temps des flagellations, était d’en appeler au secours du crucifié. Quelle aubaine !

 

bourreau-sorciere-et-incube-singe.jpgLa chasteté était honorée comme « idéale » par l’Eglise et l’épouse qui se refuse à son mari était « vertueuse ». A l’inverse, des caresses étaient coupables de sanctions.

Si les premiers temps du christianisme voient des femmes pêcher, guérir, exorciser et baptiser, au moyen âge, elles perdent toutes traces de ces droits légaux, l’Eglise les considère comme responsables de toute culpabilité sexuelle. La femme a précipité dans la chute l’homme par sa séduction, d’où qu’elle apparaît comme « un mal nécessaire ».

 

Les religieux gagnent en pouvoir et entendent dicter leurs lois dans les campagnes où des paysans, atteints encore par des mœurs païennes du seul fait de l’héritage commun, célèbrent un dieu des champs et des moissons qu’ils nomment Pan et qu’ils représentent sous la forme d’un bouc et des sabots, et dont l’Eglise englobera des éléments pour en édifier son propre Satan.

Car, dans les campagnes, malgré le peu d’instructions, beaucoup des femmes et des hommes connaissaient encore des mœurs païennes et occasionnaient pour cela des rassemblements traditionnels, le Festival des Druides, le Premier Mai, les Bacchantes, les fêtes de Diana, le tout qui deviendra aux yeux de l’Eglise, le sabbat voué à Satan.

Ces célébrations étaient, parait-il, l’occasion pour des hommes et des femmes de se connaître intimement, et de fêter les saisons et l’ouvrage du Soleil sur la terre pour la féconder « en s’adonnant à des manifestations d’une convoitise charnelle interdite, des accouplements nombreux au hasard »…  

 

Malgré ces élans, Satan, le diable noir, n’est point encore totalement établi ni dénoncé dans sa dimension qu’on lui connait. Il n’est qu’un bouquetin présenté à la manière d’un épouvantail et des « dégénérés » s’amusent devant lui comme des sots et ce sont ces gens que les élites accusent d’être les plus dangereux des hommes parce qu’ils soutiennent la puissance du diable. Quelle gabegie, car en fait, nous le savons, la luxure est commise autant, et combien de fois plus sophistiquée que graveleuse, par ceux qui sont chargés officiellement de la combattre et de la réduire à néant.

 

bourreau-sabbat5.jpg« Brantôme dit qu’avant le concordat les évêques étaient fort scandaleux : « Dieu sait quelle vie ils menaient. Certainement, ils étaient bien plus assidus en leurs diocèses qu’ils n’ont point été depuis ; car ils n’en bougeaient pas. Mais quoi ! C’était pour mener une vie toute dissolue après noces et putains dont ils en faisaient des sérails… Le témoin ajoute qu’au bruit de plusieurs pièces de monnaie, agitées dans une grande bourse, toutes ces filles accouraient auprès du prélat, et qu’en le servant dans ses plaisirs, le témoin a obtenu plusieurs bénéfices (Œuvres de Coquillart, enquête d’entre la simple et la rusée, p.108). Nos évêques d’aujourd’hui, ajoute-t-il, sont plus discrets, au moins plus sages hypocrites qui cachent mieux leurs vices noirs. Brantôme, qui veut faire l’apologie du concordat, décrit les abus qui résultaient des élections. Les moines, les chanoines, pour élire leur abbé, leur prieur, se livraient à des cabales, des séductions. Ils choisissaient le plus débauché d’entre eux, ou, comme dit grossièrement notre auteur, « le meilleur compagnon, qui aimait le plus les garces afin qu’il leur fût permis de faire pareilles débauches ».  

 

Au temps de Catherine de Médicis, Brantôme évoque « ces dames, demoiselles ou filles de la cour, « des femmes célestes, des divinités », mais ce qu’il en raconte prouve qu’elles daignaient souvent s’humaniser, et restaient sur la terre pour y recevoir les fréquents hommages des mortels. « Toute beauté y abondait, toute majesté, toute gentillesse, toute bonne grâce, je vous jure que je n’ai nommé nulle de ces dames ou demoiselles qui ne fussent fort belles, agréables et bien accomplies, et toutes battantes pour mettre le feu à tout le monde. Elles avaient leur libre arbitre pour être religieuses, aussi bien de Vénus que de Diane ; mais pourvu qu’elles eussent la sagesse, de l’habileté et du savoir, pour se garder de l’enflure du ventre. Cette reine (Catherine de Médicis), faite de la main de ce grand roi François Ier, qui avait introduit cette belle et superbe bombance, n’a rien voulu oublier ni laisser de ce qu’elle avait appris, mais l’a voulu toujours imiter, voire surpasser, etc. Ainsi Catherine ne changea rien, ajouta plutôt aux désordres établis par François Ier. Il est impossible de douter de l’extrême libertinage de ces belles et honnêtes dames ou demoiselles ou filles de la cour qu’on a lu les bons contes qu’en a faits Brantôme. Les scènes de luxure que ce vieux courtisan a complaisamment décrites ressemblent à celles que pourraient offrir les annales d’un lieu de débauche. 

Une de ces demoiselles composa et fit jouer dans la salle de l’hôtel de Bourbon une pièce de théâtre, intitulée « Le Paradis d’Amour » : pièce très obscène si l’on en juge par la manière mystérieuse dont en parle Brantôme. Elle fut jouée à huis-clos, sans spectateur, par trois acteurs et trois actrices, parmi lesquels ont comptait un prince, une de ses maîtresses, un grand seigneur qui jouait avec une grande dame de riche matière, dit Brantôme ; ce qui, dans sa manière de parler, signifie une princesse. Le troisième couple se composait d’un gentilhomme et d’une fille de la cour, auteur de la pièce, qui, « certes, toute fille qu’elle était, ajoute-t-il, joua aussi bien ou possible mieux que les mariées : aussi avait-elle vu son monde ailleurs qu’en son pays ».

 

« Ce fut au milieu de cette corruption que François Ier finit ses jours, que vécurent Henri II, Charles IX, Henri III ; mais ce dernier roi, se distingua de ses prédécesseurs par ses goûts efféminés, et surtout, par ses débauches ultra mondaines. Son règne fut celui des « mignons ». L’infamie qu’avaient encourue les dames et les jeunes filles de la cour s’étendit, pendant ce dernier règne, sur les jeunes courtisans, qui, plus méprisables qu’elles, se livraient avec leur maître aux plus dégoûtants excès de la débauche », conclut Dulaure.

 

vintras-et-les-femmes-dominatrices.jpgLe même auteur, cette fois dans « Vie privée des ecclésiastiques, prélats et autres fonctionnaires publics » relate le procès fait à un religieux pour son habitude exagérée de fréquenter les filles de joie : « 21 juillet 1764. Le commissaire de police Mutel fut averti qu’un ecclésiastique était entré chez des filles de la rue Mazarine, dans une maison occupée par la nommée Mouton, qui y tenait un lieu de débauche ; arrivé, il y trouva M. l’aumônier du Roi occupé avec deux filles nommées l’une Catherine, et l’autre, Léonore. Voici les expressions du procès-verbal, que nous sommes forcés, malgré leur indécence, de rapporter : « Nous avons en la compagnie de ces filles de prostitution, un particulier en habit d’ecclésiastique, pourquoi il se trouve dans ledit lieu de débauche et ce qu’il y a fait, il nous a dit se nommer Michel-Ange de Castellane, âgé de trente cinq ans, prêtre du diocèse d’Ufez, aumônier du Roi, demeurant à Paris, rue des Saints-Pères, susdite paroisse de Saint-Sulpice ; qu’il est venu dans ledit lieu de débauche de son propre mouvement, à dessein de s’y amuser, ce qu’il a fait avec lesdites Catherine et Léonore, lesquelles il a fait déshabiller nues, et s’est fait man…er ensuite par ladite Catherine.

L’inspecteur de police, Marais, écrivit, comme à l’ordinaire, les détails de cette découverte au lieutenant de police, et il termine sa lettre par dire qu’après avoir vérifié son nom, il l’a relaxé.

 

Un aumônier du Roi, un prêtre noble, trouvé avec deux filles nues, est renvoyé sans punition ; au contraire, pour prix de sa continence, de sa piété et de la régularité de ses mœurs, fut nommé, en 1779 ; abbé commanditaire d’Essomes, diocèse de Soissons, et voilà comme dans ce bon temps on récompensait les vertus ecclésiastiques ».    

 

Le même auteur conclut : « Dès les premiers siècles de l’Eglise, le luxe, la débauche des évêques ont excité les murmures des fidèles. Saint Jérôme leur reproche leur ambition, leurs vices et leurs mœurs dépravées. Le concile de Mâcon, tenu en 585, se plaint de la sotte vanité des prélats qui exigeaient que les laïcs, qui les rencontraient en chemin, descendirent de cheval pour les saluer. Idem pour les calices en bois, ils réclamèrent des calices en or.

Jusqu’à nos jours, comme on fait, les crosses n’ont point cessé d’être d’or, et les évêques ont été tour-à-tour simoniaques, brigands, ignorants, libertins, rampants à la cour, despotes, et insolents dans leur diocèse, toujours ambitieux, réunissant parfois toutes ces qualités.

Dans les temps affreux du dixième siècle et des suivants, ils imitèrent le brigandage et la tyrannie atroce des seigneurs ; ils eurent des esclaves, dont ils usaient comme des bêtes de somme ; ils faisaient la guerre à leurs voisins, et comme les nobles, ils pillaient les marchands sur les chemins, ou bien partageaient la proie avec ces brigands » (Jacques-Antoine Dulaure - Vie privée des ecclésiastiques, prélats et autres fonctionnaires publics).

 

L’abus des femmes devint un tel fléau qu’il eut ses conséquences parfois radicales : « Quant au luxe et à la débauche des prélats, dans les premiers temps, on les a vu s’humaniser avec les sœurs Agapetes, ensuite avec les Focariae ; enfin, pendant longtemps, malgré les conciles, ils ont eu des concubines ou des épouses. De leurs exploits galants, les prélats n’en sont pas toujours sortis avec honneur, on cite un certain évêque de Limoges, qui, amant de la dame d’Aixe, fut surpris avec elle en état de péché mortel. Le mari survint, et aidé de ses domestiques, il ôta radicalement au prélat le pouvoir de retomber dans la même faute ». Ce n’est pas le seul cas d’un homme devenu eunuque malgré lui, les cas abondent.   

 

Et l’on jure ensuite que ce sont ces hommes si pieux, qui partirent à la chasse aux satanistes…

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

lilith sm latex

 

 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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