Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 14:10



Nous reprenons une fois encore la citation tiré « d’Isis dévoilée » : « (…) Puis vint le point tournant, la Balance. Après cela, la première moitié du signe de la Vierge-Scorpion se dédoublait, la Vierge restant au-dessus de la Balance et le Scorpion tombant en-dessous, conduisant l’humanité à la perdition, à la dégradation… » ; puis : « Lorsque la femme est tirée de la côte gauche du second Adam, la Vierge pure se sépare et, par sa chute « dans la génération », ou sur le cycle descendant, elle devient le Scorpion (le signe des organes de reproduction), l’emblème du péché et de la matière ». (HPB – Isis dévoilée ; p.130)

 

Alors que l’astrologie populaire fait de Mars le maître du Scorpion, l’occultisme le plus mystique explique que c’est « la Vierge ayant chuté dans la génération qui devient le Scorpion ». Cette Vierge est celle que nous nommons Vénus, pas seulement la Vénus vénusienne mais bien la Vénus lunaire, soit Astarté et, par extension, Ishtaritu Lilitu. Elle  porte dans ses mains les organes de reproduction ou, plus précisément, comme l’écrit Gerald Massey : « (…) Elle tient dans ses mains les objets malpropres de sa fornication ; cela signifie les emblèmes du mâle et de la femelle ».  

 

Oui, cette Vierge n’est autre que Vénus (soit Astarté, Ishtar ou Innana et par voie de conséquence, une certaine Lilith – vierge – car refusant d’enfanter…), comme il est écrit : « (…) L’étudiant ne doit pas oublier non plus, qu’au-dessus de l’horizon du Pôle Nord, la Vierge, ou Astrée, qui est Vénus-Lucifer, descend la tête la première au-dessous de l’horizon du Pôle Sud, ou du Gouffre ». (HPB – La Doctrine secrète 4 ; p.432)

 

De plus, comme nous venons de le constater plus haut, il existe une Vénus Astarté de la Vierge (dit la Vierge pure) et une Vénus Astarté du Scorpion (dit la Vénus de la génération). C’est cette dernière qui nous intéresse définitivement à présent : elle fait rejoindre forcément l’Entité supérieure du Désir, présente même dans l’Astral inférieur, Kiel Lillal accompagnée de ses dévouées Nagî Apsara.

 

Car affirmer d’une Entité supérieure « qu’elle tient dans ses mains les organes sexuels de l’homme et de la femme », c’est admettre son implication majeure dans le règne humain (mortel) ; c’est confirmer son rôle principal dans l’activité érotique et sexuelle des hommes. Le principe solve-coagula débute dans l’Astral (solve) et doit venir finir sa course au pôle phallique (coagula) pour espérer remonter à la source (principe de l’alpha et de l’omega).

 

(Précisions : « l’alchimiste dit que tous les corps terrestres sont, en définitive, de la terre avec plus ou moins de soleil. Il recherche le moyen d’augmenter la quantité de soleil dans un corps pour l’ouvrir, pour le dilater ou l’évoluer. C’est ce qu’il appelle la dissolution (solve). Ou l’alchimiste cherche le moyen d’augmenter la densité de la substance par un ferment, c’est ce qu’il appelle la compression, la coagulation (coagula) ». (Papus ; La science des mages))

 

Reprenons encore cette phrase : « Lorsque la femme est tirée de la côte gauche du second Adam, la Vierge pure se sépare et, par sa chute « dans la génération », ou sur le cycle descendant, elle devient le Scorpion (le signe des organes de reproduction) ». (HPB – Isis dévoilée ; p.130) Voici à présent une autre citation qui viendra mieux éclairer la première ; elle est tirée du Zohar (tome 1 ; p.216) et dit : « J’ai trouvé dans un livre ancien que ce que Dieu détacha d’Adam n’était pas une côte mais Lilith ». S’en suit la conclusion de l’auteur : « (…) Ce n’est pas un hasard si Lilith se sent chez elle en Capricorne (Saturne) ou en Scorpion… ». Dans l’Arbre Séphirotique, la côte gauche se trouve en Netzah dont la planète correspondante est Vénus. Il y a donc bien une Vénus dite « d’en haut » et une autre dite « d’en bas ». Mais celle « d’en bas » ne règne pas en enfer, sauf dans le mythe populaire, mais dans la Lumière Astrale. C’est pourquoi l’enseignement cabaliste dit que « le domicile véritable de Lilith se trouve dans les profondeurs de la mer » ; de la Mer de Feu, soit la Lumière Astrale du Plan Astral, bien entendu ! L’image qui veut voir Lilith tuer des enfants concerne en partie la pratique de la « retenue du semen » (qui consisterait aujourd’hui à une pratique inverse à « l’éjaculation précoce » et rien de plus) ; c’est donc une autre affaire, semblable à une campagne de dénigrement faite à l’encontre des adeptes de pareils rituels, dangereux pour les Etats.

 

Par ailleurs, ce qui distingue finalement Eve de Lilith est que la première représente le monde des vivants tandis que Lilith figure le monde astral, régnant sur les nombreuses Entités qui le composent. 

 

En revenant sur son lieu d’habitation, l’auteur écrit : « Quelle est sa demeure ? Lorsque les fleuves célestes se dirigent à l’océan d’en haut, les fleuves du démon se dirigent également vers l’océan d’en bas. Tous les poissons qui séjournent dans ces fleuves sont distincts les uns des autres. Leur chef est Lilith, qui préside à tous les poissons chargés de missions en ce monde. Les poissons de ce fleuve sont appelés « les premiers-nés des Egyptiens ». (Daniel Giraud ; Lilith, la Lune Noire) On se souvient bien du symbole du poisson, étudié plus haut, et correspondant au caractère « Nun ». Les fleuves, les océans mystiques ne sont pas les eaux physiques mais le Ciel Astral. Des poissons sont donc les Entités puissantes du Désir, les succubes ou les Nagî Apsara (rappel : (Nun) de « Nagî » ou poisson ; la racine « Apas » de Apsara signifiant « eaux »). L’expression « les premiers-nés des Egyptiens » fait fortement penser au mythe d’Osiris, dont le quatorzième morceau, le phallus, fut avalé par un poisson. La citation prouve, une fois de plus, que Lilith est impliquée dans cet épisode d’Osiris et qu’elle est au moins autant impliquée, ainsi que ses dévouées Nagî Apsara ou « poissons », dans l’intime sexualité de chaque homme.

 

Le pôle phallique apparaît comme une « chape de plomb » qui alourdirait l’homme jusqu’à le faire tomber dans la génération (principe coagula), à l’image d’un suicidaire qui s’attacherait un boulet à sa cheville avant de se jeter dans l’eau, l’empêchant ainsi de remonter à la surface. C’est ensuite par ce même pôle phallique qu’il doit transmuter les énergies (poussières de Lumière Astrale) afin de gagner en soleil (principe solve), le seul moyen pour remonter le plus haut possible. Le pôle phallique sert clairement de processus « alpha et oméga » dans la descente dans ce bas monde et la remontée dans l’au-delà. 

 

La mythologie grecque oppose Artémis à Vénus (toutes deux des Divinités de la Lune ; Vénus est d’autant plus considérée ici comme une Divinité de la Lune puisqu’elle tient dans ses mains, les organes de reproduction ou organes sexuels qui se trouvent, conformément à l’Arbre Séphirotique, dans Yesod, ou la Lune), décrivant la première comme le symbole de la Virginité et l’autre comme l’emblème de la Luxure. Les éléments qui concernent chacune sont quasiment les mêmes, ce qui prouve qu’elles sont toutes deux identifiées ici avec la Lune ; cependant leur conception des valeurs à chacune est contraire. D’Artémis, il est écrit : « Elle se montre impitoyable aux femmes qui cèdent à l’attrait de l’amour. Elle est à la fois la conductrice sur les voies de la chasteté, et la lionne sur celles de la volupté. C’est la Vierge par excellence. (…) Avec Vénus, Artémis constitue le portrait intégral de la femme, si profondément divisée en elle-même, tant qu’elle n’a pas réduit les tensions nées de ce double aspect de sa nature ».

 

En fait, ce couple d’opposées Artémis – Vénus correspond parfaitement avec la Vierge pure « d’en haut » et la Vierge séparée qui est descendue dans le Scorpion. Cette histoire mythologique tend forcément à confondre les Entités Vénus et Lilith. Pourtant, logiquement, le nom « Vénus » est tiré de « Hovah », la racine d’Eve. Vénus, c’est la vie, celle qui fait des enfants et qui les aime. Elle revêt les caractéristiques de la Lune et de Vénus. Mais la citation tirée « d’Isis dévoilée » concerne expressément cette Vénus destinée à devenir une haute figure de l’érotisme puisqu’elle est montrée portant les attributs phalliques. C’est donc bien la Vénus – Lilith.

 

L’allégorie prétendant que Lilith fut « la première femme d’Adam avant Eve, mais parce qu’elle était sauvage et éprise de liberté, elle dut s’enfuir et s’en alla quelque part dans les enfers », peut être parfaitement « retournée ». A savoir que ce n’est pas elle qui fut chassée car elle était malpropre ; et qui, depuis, se venge contre les hommes chaque nuit, de là où elle est contrainte et forcée de vivre ; ce n’est pas elle qui a quitté son homme Adam, c’est lui qui est tombé dans la matière ! Et c’est lui qui en paie la facture et les frais chaque jour de sa vie durant…

 

Donc, cette Vénus – Lilith du Scorpion, « tenant dans ses mains les objets malpropres de la fornication » parce que Kâma est en elle (le zodiaque des brahmanes fait de Kâma le maître du Scorpion), devient rapidement une Entité délicate avant d’être dangereuse, devant être honorée par les seuls adultes, puis par quelques initiés. Sa représentante prêtresse, faite de chair et de sang, devient une prostituée sacrée. Il est écrit : « (…) (L’Entité) babylonienne Ardat-Lilî est représentée, sur une tablette d’Arsan-tash, sous l’apparence « d’une louve à queue de scorpion » ». Or, ici aussi, certains mots ne sont pas choisis par hasard mais bien parce qu’ils ont un double sens. C’est le cas du mot « louve », comme l’explique cet auteur de l’Encyclopédie des Symboles : « (…) Lorsque la mythologie nous dit que Remus et Romulus, abandonnés, furent allaités et protégés par une louve, il faut se rappeler que louve (lupa en latin) était le nom des prostituées, d’où dérive le mot de lupanar, « la maison des louves ». Cette citation est tirée d’un sujet relatif aux vierges : il y a les vierges véritables et celles qui portent ce nom en étant des « prostituées sacrées ». Par exemple, « dans les textes magiques, liturgiques et incantatoires, Innana et la divine Harlot Lilitu sont ensemble comme deux vierges sacrées : « Et lorsqu’elle descend sur le monde, les Gardiens des Portes la saluent de ces mots : Vierge Innana, vers quels fils désires-tu aller ? » » (Babylonica, IV, 1884 – Source : Michel Desimon ; Lilith, la Lune Noire) Les exemple abondent de Divinités considérées comme des vierges alors qu’elles étaient incarnées par des prostituées sacrées.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 14:08



C’est le même problème que nous rencontrons avec le nom « Satan ». Nous n’évoquons pas ici le trop fameux Satan de la théologie chrétienne, de sa mythologie, mais celui considéré sous l’œil du mystique. Le mot s’écrit le plus souvent ainsi :

 

SATAN

(Shin)(Teth)(Nun)

new

 

Le « Shin » renvoie à la Lumière, à l’Ange (Tarot de Crowley), à la lampe magique chère à Eliphas Lévi, au pouvoir et à la domination du Plan Astral sur le monde manifesté et physique. « Teth » correspond au serpent et à la symbolique le concernant, étudiée jusqu’ici. « Nun » est lié non pas à la mort mais à l’être physique, c’est-à-dire à l’homme mortel et son mental correspondant. Ceci oblige Satan de « revêtir »  une nature phallique, incluant à terme la volupté et le Désir, et donc, le plaisir des sens. « Nun » le condamne dans l’esprit de ceux qui considèrent la chair comme « source du péché », le blâme chez ceux qui affirment que l’homme est une « création inachevée ».

 

« Teth » est le caractère phallique, censé être de type mâle ; si nous l’ôtons du nom Satan, nous obtenons le mot Sin, soit « Shin » et « Nun », signifiant la Lune. Sin est le Dieu-Lune et le descendant des Shamash (cf. Béni Shemesh) et d’Ishtar (ASTARTE). Sin fait donc référence aux Seigneurs de la Lune et Créateurs des hommes, aux Pitris et autres Entités lunaires considérées comme directement concernées par la création du corps physique de l’homme (vêtement extérieur ou vêtement de peau – Chitonut Our – rvi tntk).

 

On dit du nom « Satan » qu’il vient du verbe « opposer » (Sitan), en faisant ainsi un synonyme du mot « adversaire ». D’où son évocation théologique ou mythologique comme l’Être voué au Mal. C’est ainsi que Satan, dit le Diable, est appelé de la sorte parce qu’il est le Grand Diviseur, le principe même de la division (dia – bolos ; « dia » signifiant « deux »). En mystique ésotérique, nous trouvons pareil terme « opposé » utilisé non pas pour signifier l’existence du Mal mais expliquer le principe des polarités. Eliphas Lévi, commentant le nombre 15 (le 15 est la lame du Diable dans le Tarot), dit de lui qu’il est le symbole de « l’antagonisme », soit des forces contraires. Or, tout, sous notre ciel, est soumis à des forces dites antagonistes, permettant ainsi le mouvement : jour – nuit, vie – mort, masculin – féminin, etc…

 

Ce seul nombre 15 suffit à démontrer le phénomène de la polarité. L’homme mâle est le 1 et la femme le 5 : leur union est 1+5=6, soit la lame de l’Amoureux dans le Tarot (union phallique). Mais le 1 est aussi le nombre du Divin, du Ciel Astral tandis que le 5 est l’homme et le monde manifesté : l’union des deux est la pratique initiatique de l’Unio Mystica. Enfin le 10 est le « Yod » ou Principe Créateur supérieur ; le 50 est « Nun » ou l’homme immortel prisonnier dans son vêtement de peau. Leur réunion est « Samech » ou l’action de l’Eros mystique et spirituel (cf. Fohat).

 




La polarité nous conduit droit vers EROS, son Créateur. Son action entraîne les phénomènes d’attraction et de répulsion. D’où le magnétisme ou l’électricité magnétisée, soit la Lumière. L’Attraction est l’origine du Désir ; ainsi, dans ce seul sens, Satan est EROS, Samaël et Kâma (parfois, et pour d’autres raisons, Satan est « Mercure (Hermès) dans le signe du Capricorne ». Satan, comme Mercure (Hermès) est lié au principe du solve-coagula. En plus, de Satan, il est dit : « (…) Car c’est à Satan que sont confiés le Poids, la Mesure et le Nombre ». (HPB ; Doctrine secrète 3 ; p.336) Et Schwaller de Lubicz d’écrire dans « Le miracle égyptien » : « (…) Mercure Hermès est le Maître du Temps, des Nombres et des Mesures, il occupe le Quinzième doigt sur la coudée royale »). D’où l’évocation qui sonne comme une formule : « Toi Satan, Toi Désir, Toi Œil ». L’œil étant « Ayin » correspondant à la lame 15, soit le Diable (Œil Astral). Cet arcane, nous le savons par ailleurs, correspond en réalité à une roue polarisée douée d’un principe masculin et d’un autre féminin ; et sur le plan phallique, un principe mâle et un autre femelle.

 

La compréhension du mystique saisit ici que Satan n’est pas ici la seule figure « d’un Prince des ténèbres », ces dernières étant en fait la Lumière Astrale ne pouvant être vue par les hommes mortels, mais la personnification d’une force contenue dans une autre, appelée « Lilith », comme le confirme Pierre-Henry Salfati : « (…) Ainsi donc la première véritable figuration de Satan serait une femme, une femme de la nuit » ; et plus loin, voulant confirmer son propos : « (…) Or, s’il s’agit, avec Lilith, de la première figuration de Satan, avant même l’évocation du Serpent ; c’est qu’elle est l’image de la tentation primordiale ». (Le Diable ; Colloque de Cerisy ; Cahiers de l’Hermétisme)

 

Le seul caractère « Teth » suffit à jouer la proximité évidente d’identification entre EROS, Satan, Samaël ou Kâma. « Teth » est le Serpent mais c’est aussi le principe de polarisation. On dit bien : « « Teth » est 9 et 9 est la force mâle ; 7 est la force femelle ». Leur action respective engagée ensemble donne un total de 16, ou 7, soit la Lumière Astrale. Le 16ème caractère sacré est « Ayin », soit l’œil Astral, et dans le Tarot le Diable ou, en fait, l’effet de la polarisation par l’union, qu’elle soit mystique ou phallique. Si le même phénomène s’applique pour notre sujet, alors l’OD est projeté par « Teth », l’OB par « Zain » et le tout a pour conséquence la Lumière (AOUR) et la Création (à propos de « Teth », Van Der Leuw finit par dire : « Le Feu vital possède le semen universel ».). « Zain » correspond aux Gémeaux, dont le maître de la constellation est Mercure - Hermès. De même, la formule OB contient le caractère « Beth » lié à Mercure.

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 14:06

Nous devons ici ouvrir une grande parenthèse concernant ces Divinités figurées sous la forme d’animaux. Ici, nous le remarquons, les évocations mythologiques ou ésotériques des Entités supérieures nous les figurent sous la forme principalement d’un taureau, d’un bouc, d’un serpent ou d’une panthère. Tant d’autres animaux sont utilisés pour représenter des Divinités (surtout dans la mythologie égyptienne) ; cependant, pour notre sujet principal, les quatre animaux cités à l’instant dominent d’importance.

 

Nous comprenons d’office que le bouc concerne le mâle (Aleister Crowley écrit : « Celui qui craint le bouc a peur du phallus ») ; pourtant, une LILITH au moins (la Lilith hermétique) est montrée sous la forme d’un bouc. Nous voyons fréquemment des Entités comme Saturne, Baal, Bacchus, Satan, mais aussi Agni ou Shiva représentés sous la forme d’un bouc. De son côté, le taureau figure davantage des Divinités féminines, du seul fait déjà que ses cornes illustrent, d’une façon originale, des phases de la Lune. Aussi l’animal représente le plus souvent des Entités féminines, surtout lorsqu’il s’agit d’Esprits impliqués dans l’art érotique. Le taureau étant fougueux et impétueux, il image parfaitement la nature des Divinités d’aspect féminin souveraines du Désir.

 

Le serpent, nous l’étudions sans cesse, et à chaque instant, nous saisissons davantage pourquoi il est tant considéré comme un Tentateur de l’Amour. Nous le découvrons presque plus féminin que masculin. D’abord identifié avec Satan, nous en faisons à présent l’effigie de LILITH (Ishtaritu Lilitu – Kiel Lillal et les Nagî Apsara, etc…)

 

Et ce n’est pas Pierre-Henry Salfati qui dira le contraire puisque lui-même écrit dans ses « Rencontres avec des diables remarquables » : « (…) Ainsi donc la première véritable figuration de Satan serait une femme, une femme de la nuit » ; et plus loin, voulant confirmer son propos : « (…) Or, s’il s’agit, avec Lilith, de la première figuration de Satan, avant même l’évocation du Serpent ; c’est qu’elle est l’image de la tentation primordiale ». (Le Diable ; Colloque de Cerisy ; Cahiers de l’Hermétisme)

 

Il reste à comprendre pourquoi la panthère est considérée comme un animal susceptible de représenter un ou des aspects propres à l’activité érotique. Déjà, on sait que sa peau tachetée remporte un intérêt qui vaut pareillement pour celui que les hommes manifestent à l’égard de la peau d’une femme, sa douceur, son odeur, etc… Car la panthère est un félin… parfumé.

 

Dans « Dionysos mis à mort », l’auteur Marcel Detienne écrit : « La panthère est une bête parfumée. Aucune bête ne dégage naturellement une bonne odeur, écrit Théophraste, sauf la panthère. (…) Sa bonne odeur, la panthère la connaît et l’utilise pour capturer ses victimes. Aristote explique que la panthère se rend compte que les animaux sauvages aiment humer son parfum ; elle se cache pour les chasser ; ils s’approchent tout près, et elle attrape ainsi même les biches. (…) Dans sa technique de chasse, la panthère combine la tromperie et la séduction : le piège qu’elle tend à ses victimes n’est autre que son corps de fauve dont le parfum fait oublier la mort vorace qu’il recèle en lui-même. Cette séduction par l’odorat devait entraîner l’intime association de la panthère avec l’image de la femme parfumée au corps désirable ».

 

« Pour s’emparer des panthères, les hommes n’ont qu’à retourner contre eux leur pouvoir de séduction et de tromperie. La recette en est livrée par Oppien : c’est l’arôme du vin. Il suffit d’en répandre quelques flacons à proximité d’un point d’eau. Alertées par l’odeur, les panthères s’approchent et boivent autant qu’il y en a. Il ne reste plus qu’à s’en emparer en profitant de leur ivresse ».

 

Pour revenir un instant sur l’association panthère / femme, l’auteur cite encore Aristophane : « (…) Pour lui, une courtisane est une panthère. Mais le mot n’a pas la connotation injurieuse et méprisante. Dans (une pièce intitulée) Lysistrata, après la défaite des mâles contraints de céder aux arguments de leurs épouses, le coryphée masculin rend un hommage à la puissance du désir que fait naître le corps féminin : « Point de bête plus indomptable, point de feu plus dévorant, nulle panthère aussi audacieuse ». Les amies de Lysistrata viennent précisément de montrer qu’avec les chemisettes transparentes, les petites tuniques safranées et les parfums, elles sont capables de faire « rôtir », et de « mettre sur le gril leurs époux ». (Marcel Detienne ; Dionysos mis à mort)

 

Tout ceci jusqu’à cette autre explication qui en rejoint une autre par ailleurs : « (…) (Myrrhina) qui s’éclipse, après s’être inondée de parfum, en laissant son mari se consumer, ne fait-elle pas preuve d’une férocité plus grande que la panthère envers les victimes convoquées par son odeur ? » Cette seule phrase, apparaissant comme une question posée sur une attitude adoptée par une femme (Myrrhina), sur sa façon de se comporter, d’un point de vue d’une réflexion presque philosophique, correspond pourtant, si nous la lisons avec une compréhension mystique, à la fameuse technique exposée par Julien Vendatour au sujet des femmes initiées celtes : « (…) Il arrivait que des femmes initiées se mettent toutes nues (devant les guerriers) ; puis elles choisissaient l’un d’eux qu’elles prenaient en charge pour l’initier. (…) Cela se passait de la sorte : elles l’excitaient sexuellement et se refusaient à lui ». Nour reviendrons sur cet aspect des choses plus loin…

 

Aimant l’alcool et douée d’une séduction « féroce », la panthère est un animal fétiche pour le culte de BACCHUS (Dionysos) ; aussi voyons-nous, sur de nombreuses gravures, des panthères tirer son char.

 

De plus, nous connaissons une Divinité de L’Egypte Antique, non pas accompagnée par une panthère, mais représentée sous sa forme : « (…) Les effigies de chats domestiques on peu à peu remplacé celles des Divinités léonine - ou à face de panthère - ; la Déesse BASTET était ainsi, en des temps très anciens, représentée sous les traits d’une lionne – ou d’une panthère - ». 

 

Pour Aristophane, « la panthère combine tromperie et séduction » et l’auteur ne manque pas d’associer l’animal tacheté avec la femme. D’autres auteurs suggèrent la peur au lieu de la tromperie, un autre moyen soi-disant connu comme une technique pour que « le sujet conserve son semen ». Michel Desimon propose son explication : « (…) La prostitution sacrée (qu’il ne faut surtout pas confondre avec la prostitution actuelle, une pratique et l’autre n’ayant strictement rien de commun - NDA) était un élément de purification et de destruction des éléments impurs, des scories psychiques. Ainsi, les courtisanes sacrées (rappel : Aristophane utilise ce mot « courtisane » et lui adjoint un synonyme : « panthère » ; sans aucun doute il connaissait le culte de BASTET, pratiqué en Egypte. Mais, soulignons-le ici, des pratiques de ce culte ont très certainement été récupérées par celles qui ont mises en œuvre le culte de BACCHUS avec ses BACCHANTES, accompagnées par des panthères. D’ailleurs, on sait qu’Aristophane connaissait très bien les Mystères de BACCHUS comme Plutarque par ailleurs – NDA), attachées au culte de la Déesse BASTET en Egypte, manifestent un aspect dévorant voire parfois infernal. « BASTET vampirisait la vitalité sexuelle des hommes, mais dans un sens mystique ». (Jean Louis Bernard ; Les Archives de l’Insolite et L’Egypte dans Bandelettes) Son caractère – exactement comme celui de Kiel Lillal ou Ishtaritu Lilitu – doit être compris comme une réaction contre l’identification et l’enchaînement au monde illusion (MAYA) ». (Michel Desimon – Lilith, la Lune Noire) C’est par ailleurs le signe de l’initiation avec sa quête, sa seconde naissance, la compréhension douloureuse de la chute dans le monde d’en bas, etc…

 

Mais comme à chaque fois, si nous ne gardons, pour notre part, que les aspects purement érotiques du sujet, BASTET figure une panthère, c’est-à-dire, qu’elle recèle le plus grand pouvoir de séduction sans pour autant que son but ultime soit celui du seul plaisir éphémère qui plaît tant aux hommes. Quant à la tromperie, elle concerne obligatoirement l’action de la « seconde épouse », la « femelle nocturne », la Succube, soit Ardat Lili, Kiel Lillal ou Ishtaritu Lilitu. C’est l’image, à la fois cocasse et pourtant pleine de mystère, d’un homme qui croit faire l’amour à une femme pendant qu’il est, sans le savoir, en union avec l’Entité puissante du Désir… Comme peut le faire la panthère pour d’autres motifs, la Succube est capable de supplanter la femme qui fait l’amour, de prendre sa place en un instant puis de disparaître aussitôt, d’influencer pendant quelques secondes ou de très longues heures, sans même qu’aucun des deux partenaires ne remarque quoi que ce soit d’anormal.

 

Inutile de chercher si BASTET est LILITH, ou si elle est ASTARTE. En fait, un rituel qui lui est consacré, censé être le Testament d’Aleister Crowley, marque : « (…) Toi, Reine, Toi la Belle, Ishtar ». Puisque la pratique du semen, et toutes les autres pratiques sont les mêmes dans le culte de BASTET comme dans celui de LILITU, forcément, sous leurs aspects ésotériques à chacune, elles ont la même identité. Le fait qu’une Entité soit personnifiée de différentes façons permet de distinguer et d’honorer plus particulièrement certains de ses trop multiples aspects.

 

Appelée plus tard « la première étoile brillante de la nuit », soit VENUS, puis ANAT, elle finit par s’identifier toute seule avec ASTARTE ou encore Ishtaritu Lilitu.

 

Et encore : « (Elle) devint successivement taureau, lion(ne), léopard ». Des aspects du culte de BASTET se retrouvent dans celui des BACCHANTES. C’est pourquoi on les dit accompagnées par des panthères. D’un point de vue strictement ésotérique, les explications sur le symbole du léopard chez les Egyptiennes ont inspiré les initiées aux Mystères de BACCHUS. D’ailleurs, quand la panthère BASTET se change en un chat, ce dernier est considéré pour son lien mystérieux qu’il est censé entretenir avec la Lune, l’astre si cher aux Prêtresses d’Hécate et de LILITH.

 

Il faut relever la ressemblance entre ces deux phrases ; la première dit : « (…) La panthère combine la tromperie et la séduction : le piège qu’elle tend à ses victimes n’est autre que son corps de fauve dont le parfum fait oublier la mort vorace qu’il recèle en lui-même » ; et la seconde, en évoquant une chasse particulière appelée « chasse d’Aphrodite » pratiquée par une femme courtisane, explique : « (…) Le désir est le piège, et qui en est victime est saisi d’amour ». Comprises dans un sens mystique, ces deux phrases apportent la compréhension suivante : l’Entité puissante du Désir, « Celle qui rend possible tout mouvement (érotique) », est comparée à une panthère tant leurs deux façons d’agir, dans des activités très différentes, sont semblables (tout désir est compté en mystique comme une énergie, c’est pourquoi il est écrit avec un « D » majuscule. De plus, une Entité d’essence divine vient personnifier cette énergie). Le Désir apparaît ici comme un piège ; celui qui fait la démarche de s’en approcher est déjà « condamné ». L’énergie du Désir est semblable au parfum puissant et invisible que dispense la panthère : elle se propage en effluves irrésistibles où bon lui semble et vient troubler qui elle veut. Elle est trompeuse car nul sujet la devine du premier coup et chacun peut se prendre, naïvement et innocemment, dans ses filets.  

 

Sitôt un homme éprouve le moindre désir qu’il est déjà sa victime. Il lui obéit et se soumet à lui, tant sa vulnérabilité dans ce domaine est grande. La force du Désir est la plus puissante. Tout homme, ou presque, peut accepter de devenir un esclave pour satisfaire son désir le plus cher. C’est même une raison pour laquelle il s’incarne dans ce « bas monde », en conformité avec la formule du mystique Akron : « (…) Nous devons descendre (en bas) pour mourir, afin de pouvoir renaître dans le Moi (corps astral – corps divin), afin de remonter le plus haut possible ». Nous acceptons de nous soumettre en espérant que cette soumission aura valeur de gloire et de rédemption dans l’au-delà. Les mystiques ascétiques prônent l’abstinence des désirs, le temps de l’ascèse : mais combien sont-ils à tenir pareils sacrifices ? Et ces derniers, sont-ils bien « source de gloire » ? Bref, discourir d’une façon spirituelle ou à l’inverse philosophique au sujet du Désir concourt uniquement à faire de cette force une énergie aux vertus négatives (par exemple : Arthur Schopenhauer : Aphorismes sur la sagesse dans la vie).

 

Dans le tantrisme, il convient au guerrier de ne point chercher à combattre la force du Désir mais au contraire à s’en servir pour mieux se connaître soi-même. On le sait, la « démarche » tantrique consiste toujours en une quête en direction de l’intérieur, vers soi.

 

En découplant le Désir de celle qui le projette, nous découvrons une énergie semblable à l’action déployée par la panthère pour attraper ses proies. Celle-ci une fois personnifiée par une figure représentant une Divinité, nous découvrons la Serpente couverte d’une parure d’un léopard. En fait, l’animal tacheté figure un aspect précis de cette Energie dispensée par la Serpente, qui concerne sa force attractive redoutable capable de s’abattre sur sa proie d’une manière « vorace », ne laissant aucune chance à la victime de se sauver.

 

En mystique pure, le Désir est une conséquence du phénomène d’attraction, soit de l’électricité magnétisée. Eliphas Lévi écrit qu’il préfère appeler « lumière » cette force magnétique. Qui dit lumière dit Fluide Magnétique, et une fois encore la formule OD – OB – AOUR. Cette fois, c’est la nature du Fluide qui nous intéresse. Elle est agressive (elle ne connaît ni frontières, ni territoires interdits), combative (elle gagne toujours), séductrice (son parfum invisible est irrésistible) et trompeuse (elle peut exister là où nul ne la voit ni la perçoit), comme les aspects décrits ici de la panthère.

 

BASTET personnifie la nature du Fluide Magnétique décrite ci-dessus. D’où l’évocation que « BASTET montre un aspect dévorant voire infernal ». Où encore que les femmes celtes initiaient sexuellement les guerriers « mais leur faisaient parfois peur ». La force du Désir est si redoutable qu’elle peut causer le plus grand bonheur comme le pire malheur. Elle est indomptable (comme la panthère). Tout initié doit donc l’approcher avec une certaine méfiance, ce qui se traduit par une humilité, un respect, une déférence. Car l’homme devant le Désir est un esclave : et cette condition d’être peut faire de lui un homme abattu ou au contraire, par l’illumination, un homme nouveau né.

 

Un autre propos semblable est trouvé entre l’auteur qui évoque BASTET et celui qui traite des femmes initiées celtes ; le premier dit : « BASTET vampirisait la vitalité sexuelle des hommes mais dans un but mystique » ; le second ajoute : « Mais en même temps, par des évocations d’esprits et des transformations qu’elles arrivaient à réaliser, elles créaient des rapports entre la sexualité et la peur ». Dans la première citation, le verbe utilisé « vampiriser » peut valoir pour un synonyme de « vouloir faire peur ». Dans ce cas, la première situation décrite et la seconde sont finalement les mêmes. Mais « vampiriser » concerne généralement l’action des « vampires », tout comme celle des Succubes. Par définition, le vampire est un être mort (par extension, un « être d’un autre monde ») qui vient dans ce monde pour sucer le sang des vivants, sa nourriture. Par cette façon de faire, il nous fait penser aux Lamies de la mythologie grecque. L’auteur Nadia Julien dit « qu’elles sont des « fantômes féminins » d’une grande beauté qui, comme les vampires, sont friands de sang humain. Ils se déplacent en émettant une sorte de sifflement (cf. déplacement en zigzag du serpent – NDA) et se transforment parfois en serpents ». Ne serait-ce qu’avec cette seule explication, mettant en relief des « fantômes féminins d’une grande beauté capables de se transformer en serpent », nous devinons l’Entité LILITH, Kiel Lillal, Ishtaritu Lilitu et Nagî Apsara. Joël Schmidt nous apprend que les Lamies sont des Entités dépendant de Lamia, dite la Gloutonne. Il écrit : « (…) Lamia prend l’apparence d’un fantôme (comme la Succube – NDA) ; elle avait été autrefois une belle jeune femme (Lilith, la première femme avant Eve ? – NDA). (…) Héra la priva alors de sommeil (Kiel Lillal ou Ardat Lili, la « seconde épouse femelle nocturne » - NDA) ; Zeus, pour consoler son amante, lui accorda le pouvoir d’enlever ou de mettre ses yeux à volonté (cf. les chapitres concernant l’œil (Ayin) et l’œil « démesurément agrandi »).

 

Le Rituel de BASTET dit : « (…) Voici que l’heure vient et le sistre sonne sept fois, prenez garde, la Déesse est dans son Heure, Elle vient en dansant. Elle vient en chantant. Elle vient avec sa faim de sang et de semen. Elle est le Commencement et la Fin, le Germe et le Fruit, et toi, tu n’es que la fleur ». Avec la seule phrase : « Elle vient avec sa faim de sang et de semen » (semen subtil), l’auteur de ce texte suggère que BASTET agit à la ressemblance d’un vampire, ou d’une Lamie. En mystique symbolique, le langage crépusculaire utilisé veut que les mots ne soient pas considérés dans leur sens premier ; ainsi le sang n’est pas ce liquide rouge qui coule dans les veines de chaque homme mais sa vie. De fait, la Déesse vient chercher chez le sujet ce qu’il lui consacre de vie, le temps qu’il passe à l’honorer. Le semen fait appel à quelque chose de plus subtil et qui concerne la lumière subtile, non physique, nous le savons. « Shukra » signifie la « lumière de la Lune » et fait référence au semen mâle. Ce dernier doit être transmuté pour devenir une sorte d’élixir, puis une lumière chargée de changer le corps astral en corps de lumière, le futur véhicule de l’homme « après sa mort ». Cette transmutation ne se fait pas sans une aide supérieure. Le Rituel de BASTET démontre qu’elle participe à cette opération.

 

Dans ce cas, le verbe « vampiriser » n’est pas synonyme de « vouloir faire peur ». Cependant, nous ne pouvons nous ôter cette éventualité. Alors BASTET apparaît comme la plus authentique Dominatrice car personne ne lui résiste. Son pouvoir – la force du Désir – recèle en lui une violence, une puissance conquérante, un art de l’attaque soudaine, une séduction qui ne connaît aucune limite. Nombreux sont les auteurs qui traitent de ces sujets en les prenant « au pied de la lettre ». Ainsi nous décrivent-ils des BACCHANTES se comportant comme des panthères, cannibales et destructrices, tueuses d’hommes et heureuses de manger leur chair crue. En mystique, rien de tout ceci est concevable. La panthère doit être décelée dans la force violente qui peut se dégager d’un désir fougueux par exemple. Cette puissance soumet le sujet au point de lui apparaître comme une Dominatrice. La peur devient ainsi une traduction de cette soumission mais elle n’a rien à voir avec une peur vécue par un sujet dans le monde profane. L’initié éprouve un sentiment de peur parce qu’il a conscience d’être impressionné par cette force qui règne dans la puissance du Désir. La Maîtresse initiatrice exploite cette forme de « férocité » qui peut régner dans le pouvoir redoutable du Désir ou de l’attraction. On le répète : « (…) Myrrhina (une courtisane) qui s’éclipse, après s’être inondée de parfum, en laissant son mari se consumer, ne fait-elle pas preuve d’une férocité plus grande que la panthère envers les victimes convoquées par son odeur ? » Et plus loin : « Pline insiste : la panthère est habile à se dissimuler. Car si les animaux sont tous étrangement attirés par son odeur, en revanche la mine farouche du carnassier les met en fuite. C’est pourquoi la panthère prend grand soin de cacher sa tête autant que le reste de sa personne ». La panthère dispense son parfum (le Désir) mais se cache soigneusement (la « force féroce » contenue dans le Désir). Ici Myrrhina la courtisane éveille fortement le Désir chez son mari puis se montre volontairement totalement indifférente à sa situation de mâle excité. Autant pratiquent les femmes initiées celtes, les initiatrices du temple de BASTET ou des BACCHANTES. Comme il convient à ces courtisanes d’éveiller chez l’homme l’envie la plus forte sans le satisfaire physiquement puisqu’il faut l’aider à produire du semen sans qu’il ne le perde, ce dernier étant destiné « aux affaires » des Lamies, des « fantômes féminins d’une grande beauté », de BASTET ou de Kiel Lillal, d’Ishtaritu Lilitu ou de Nagî Apsara.  

 

On connaît le sens commun du mot « courtisane » grâce au dictionnaire : « Prostituée d’un rang social élevé ; personne capable de séduire quiconque ». Le même mot envisagé sous son sens mystique impose de redéfinir le terme « prostituée » aujourd’hui détourné de son sens originel. En fait, il concerne la prostitution sacrée, une pratique qui voit une femme initiée incarner une Divinité précise « afin qu’elle découvre sa véritable identité en relation avec l’Entité divine qu’elle honore ». De même, l’homme mâle se sert de ce moyen pour se mettre en lien d’adoration et de vénération avec la Déesse. C’est ainsi que des mystiques appellent « courtisanes » des Entités supérieures, celles du Désir. Aristophane utilise le mot « panthère » comme synonyme de « courtisane ». Ainsi, il nous met sur la voie. Il existe des femmes courtisanes et des Entités supérieures désignées par ce même mot, appelées de plus « panthère » parce qu’elles sont les Dispensatrices du Désir, nommé aussi « piège ». C’est pourquoi la femme courtisane est entendue comme une prostituée « d’un rang social élevé, fréquentant une cour » car Celle qui est appelée par le même nom dans le Plan Astral est une Entité supérieure, exclusivement dominatrice.

 

C’est forcément ici que nous retrouvons l’Entité « Feu-Serpente » ou Nagî Apsara. En effet, un texte la concernant, la décrit exactement ainsi : « (…) Son aspect premier est celui de « Quintessence des Eaux » ; son aspect second est celui de courtisane, la « patronne » du Désir ; dans ce domaine, elle est la Souveraine en même temps que la Messagère de Kâlî – ici Kiel Lillal et Ishtaritu Lilitu – ; elle appelle en outre les hommes à l’amour de la Divinité ». En somme, et pour conforter le propos d’Aristophane, cette Nagî Apsara courtisane est une « panthère ».

 

Nagî Apsara la Serpente voit sa peau muer sans cesse et l’une d’elles est sûrement celle d’une panthère tachetée. D’autres ajoutent que « le feu sacre le corps » et donc « l’ardeur sacre le corps du Désir », ce dernier devenant le temple de l’Entité puissante supérieure chez la femme favorable ou yoginî. Le feu « sépare le subtil de l’épais », en conformité avec la Table d’Emeraude ; c’est comme « la prostitution sacrée (pratiquée dans le temple de BASTET) qui sert comme un élément de purification et de destruction des éléments impurs, des scories psychiques ». (Michel Desimon – Lilith, la Lune Noire) Ainsi les « courtisanes mystiques » de BASTET sont les Nagî Apsara de Kâlî, ces Entités puissantes et supérieures qui sont les Souveraines du Désir dans leur monde comme dans le nôtre. Car c’est cela la meilleure interprétation de la lame 6 de l’Amoureu(se) : la panthère astrale (l’Entité puissante du Désir) fréquente notre monde au point de connaître l’amour avec les hommes mâles, par l’intermédiaire des courtisanes, des femmes favorables ou yoginî.

 

Enfin, il n’y a pas que des panthères tachetées. Nous connaissons bien le léopard noir ou le jaguar. De son symbole, Nadia Julien écrit « qu’il est associé à une Divinité Lune - Terre », signifiant clairement qu’il s’agit d’une Entité supérieure (de l’Astral) pouvant influer jusque dans les moindres pores de la chair humaine. Plus loin, l’auteur ajoute : « (…) Le jaguar symbolise le besoin de puissance, de jouissance charnelle ». CQFD.

 

Les légendes Maya nous intéressent également ; l’une d’elle dit que « les Prêtresses Magiciennes se présentent sous la forme du jaguar et elles sont l’expression des phases de la Lune », d’où cette dérive de BASTET lionne ou panthère qui apparaîtra plus tard figurée par un chat.

 

La Feu-Serpente, couverte de la parure d’une panthère, figure son aptitude à régner comme une Souveraine jusque dans les plans les plus physiques de la création ; autrement dit, pour reprendre un verset de la Table d’Emeraude - « Sa force est entière si elle est convertie en terre » -, nous pourrions proposer l’aphorisme suivant : « Sa force peut régner jusqu’au bout des ongles ». Car les ongles de la femme favorable ou yoginî ressemble toujours à ceux d’une panthère.

 

La Feu-Serpente apparaît au monde manifesté, dans le cœur des hommes, dans leur esprit et dans leurs yeux sous la forme d’une panthère. Cette réalité relationnelle, nous la trouvons dans le caractère sacré « Nun » de son nom « Nagî Apsara ». « Nun » est entendu comme le scorpion, un animal réputé comme un emblème de la mort ; de plus, « Nun » correspond avec la lame 13 de la Mort. En mystique, nous comprenons qu’au lieu de mort, il s’agit de l’homme, c’est-à-dire de l’être immortel (corps divin & corps astral) qui s’est revêtu d’un vêtement « mortel » (corps physique), c’est-à-dire soumis à la condition mortelle. Ainsi, le sens ici de ce caractère sacré est que l’Entité supérieure est influente jusque dans le corps physique, l’impliquant dans des considérations d’ordre charnel.
Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 14:05



Reprenons la fameuse citation tirée d’un livre concernant les Bambaras : « (…) Pendant l’acte sexuel, la femme s’unit à son mari par les yeux comme par le sexe ».

 

Maintenant, fort de nos enseignements acquis, nous pouvons croire, à partir de cette citation simple mais au contenu ésotérique riche, que l’union sexuelle originelle pratiquée entre une femme et un homme se faisait par les yeux, lors d’une humanité précédente (cf. Livre d’Eros 2), lorsqu’ils se mirent à fonctionner correctement (cf. Rudolf Steiner – L’intervention des forces spirituelles en l’homme). L’œil est hermaphrodite, c’est-à-dire qu’il est à la fois organe émetteur et organe récepteur, qu’il peut être actif ou passif, masculin ou féminin, exprimant le sentiment dominateur ou plus vulnérable. Ainsi l’œil de la femme peut se montrer autant mâle que femelle et vice versa pour l’homme.

 

De ceci, nous pouvons croire que le sexe de l’homme commence à l’œil et se finit à l’organe génital. Ce dernier par contre n’est plus hermaphrodite : il se spécifie en fonction du destin que la personne a à assumer ici bas et pour d’autres raisons encore. Contrairement à nombre d’idées reçues, l’œil de l’homme mâle est plus souvent en mode féminin qu’on le pense et à l’inverse, l’œil de la femme est très émetteur. Et nous savons désormais bien pourquoi.

 

L’auteur Paul Brunton a bien expliqué que ce n’est pas l’œil qui émet une radiation mais le mental qui règne derrière lui. Et nous avons ajouté, pour notre part, que dans le domaine érotique, le mot « influence » peut raisonnablement se substituer à celui de « mental ». Il est suffisamment clair pour exprimer qu’une force externe à la femme peut choisir ce mode actif pour l’investir et influencer ainsi quelque homme de son choix de succomber à sa volonté. Dans le cas d’une femme favorable ou yoginî, nous savons bien qu’elle tire sa force redoutable d’un tel procédé mystique.

 

C’est l’autre fameuse phrase tirée du livre de Lama Anagarika Govinda, « Les fondements de la mystique tibétaine » qui finit de nous mettre sur la voie : « (L’Entité puissante du Désir, la Bacchante, la Dâkinî, la Disir, etc… mais aussi la succube telle qu’elle est étudiée ici, Kiel Lillal, etc…) est l’Entité qui rend possible tout mouvement (érotique - NDA) et la forme phénoménale, sans être soi-même ni mouvement, ni forme ». Autrement dit, sans l’intervention de cette Entité, il n’y aurait pas la moindre intention d’ordre sensuel possible et pareillement pour l’action.

 

L’excitation sensuelle éprouvée par l’homme mâle prend sa source dans mûdra et dans vîrya, autrement dit dans la gestuelle érotique ou la forme esthétique particulière et générale et dans l’intention projetée constamment par l’œil de la femme favorable ou yoginî. Sans s’en rendre compte, l’homme mâle, qui contemple le visage de sa yoginî, fixe son regard dans le sien qui le « bombarde » de radiations invisibles mais perceptibles par le corps astral, qui est aussi un œil. Ces émissions, nous le savons, sont comparables à l’action du linga dans la copulation. Cette action puissante, perceptible mais non visible, a le don d’exciter sexuellement l’homme mâle. Il devient Priape et n’a d’autre envie que celle de se satisfaire en s’unissant à la femme (dans le cas d’une femme favorable ou yoginî, l’homme dévot s’incline devant elle qui devient à ses yeux l’incarnation de la Déesse). Le coït inverse alors le processus commencé dans l’œil : c’est le mâle qui émet et la femme qui reçoit. En fait, l’union crée un champ d’énergie susceptible de subir ultérieurement une transmutation.

 

Car, bien entendu, la sexualité envisagée sous son angle mystique, qui prend fermement en compte que seule une Entité supérieure et invisible « rend possible tout mouvement (érotique) et la forme phénoménale qui s’en suit », laisse augurer qu’il existe des cas nombreux où le regard d’une femme favorable ou yoginî, chargé d’émotions intentionnelles et séductrices, projette des radiations qui ne sont plus seulement les siennes propres mais celles de l’Entité supérieure l’ayant supplantée (nous ne tenons pas compte ici des aventures amoureuses ou amours d’un feu de paille, des flirts d’un soir, etc… bien entendu ; nous considérons ici davantage l’action pratiquée au cours d’un rituel de Maïthuna par exemple).

 

Nous appelons ces radiations tout simplement « l’influence ». Nous démontrons ici que cette dernière, dans le cas d’une femme favorable ou yoginî, est externe au sujet, presque obligatoirement, au point de croire qu’elle est exercée, selon les hypothèses, par l’Entité « qui rend tout mouvement (érotique) possible ». Cette dernière choisit le sujet qui deviendra ensuite son « canal » d’influence ou son « véhicule ». De toutes les façons, ce n’est jamais le sujet qui décide de ces phénomènes ou de devenir un « canal » mais bien l’Entité supérieure invisible seulement.

 

Ce qui signifie clairement que la phrase citée plus haut -  « la femme s’unit à son mari par les yeux » - peut très bien signifier que la relation phallique entre homme et femme débute déjà quand leurs yeux se croisent et surtout, dans le cadre d’une union dite mystique, l’influence projetée par l’œil gauche de la femme favorable ou yoginî peut être celle d’une Entité supérieure invisible. Ces phénomènes peuvent se produire chez des femmes non initiés, non informées de ces connaissances mystérieuses, sans même qu’elles s’en aperçoivent ou mieux, alors même qu’elles les contestent fermement. Dans ce dernier cas, peu importe en fait leurs convenances personnelles car l’Entité supérieure invisible agit pour sa cause propre sans se soucier le moins du monde de la personnalité du sujet par laquelle elle projette son influence.

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 14:03

De toutes les divinités connues, ASTARTE (Astarté) rassemble le mieux les multiples aspects abordés jusqu’ici. En effet, les mystiques la situent dans le Plan Astral inférieur (qu’ils appellent le principe des ténèbres ; or, nous savons que « la Lumière Astrale n’est que ténèbres pour le mortel »). Elle est par ailleurs considérée comme une Divinité de la Lune. Son nom s’écrit de plusieurs façons différentes, comme Astaroth (Asheroth), Astoret, Anat, Ashera ; Astarté est identifiée autant avec Ahathoor qu’avec Ishtar et sa légende, fondée sur la « descente aux enfers », ressemble à celle du couple Isis – Osiris. Elle est associée au Dieu Ba’al ou Baal, futur Démon chez les Chrétiens, et dont l’un des noms devint Belzébuth ou Ba’al-Zaboub, soit le « Seigneur des Mouches ». En somme, ASTARTE, ou encore Bêlit – Bêlith – devient la « Maîtresse des Mouches ». Cette expression curieuse ou surprenante a pourtant une explication que connaissent seulement quelques initiés. Enfin ASTARTE, vêtue de rouge et de noir, connue pour se dévoiler lors des scènes de débauches qui lui étaient consacrées, apparaît comme une véritable Dominatrice, de fière allure, impressionnante et supérieure.

 

L’initié, doué d’une faculté sensorielle particulière, est capable de percevoir, dans l’invisible de certaines situations, des Entités aux morphologies modifiables, de couleur noire le plus souvent, avec des membres longs et une tête comme celle d’une mouche. Leur sommet du crâne est surmonté d’une corne qui pointe comme une antenne. Leurs yeux ne sont pas visibles : seule l’ouverture est visible et son inclinaison est oblique par rapport à des yeux d’homme. Ces Entités ont des pattes agiles et la glu dont ils disposent au bout de leurs membres leur permettent de sauter et de s’accrocher à quiconque les intéressent. Nous pourrions encore ajouter beaucoup d’éléments descriptifs mais ceux-ci suffisent déjà à faire comprendre qu’une comparaison est possible entre ces êtres et des mouches, sans les confondre surtout.

 

ASTARTE ou Bêlith sont naturellement identifiables avec LILITH ; de même, les auteurs s’accordent à affirmer que la VENUS des latins n’est autre, en réalité, que l’ASTARTE des Phéniciens. Donc, VENUS est avant tout une Divinité lunaire. Et Ba’al est le BACCHUS des Romains.

 

Si nous utilisons donc le nom « ASTARTE », c’est davantage pour situer l’Entité puissante du Désir « hyper sexuelle » dans le Plan qui lui revient (Plan Astral inférieur) afin de lui accorder crédit d’une influence probable pour ne pas dire prépondérante sur la libido de chaque humain. En ceci, elle est identifiable parfois avec LILITH ou LALITA, mais c’est sa façon d’être « foncièrement » concernée par le sexe sous sa forme de « débauche » - le terme « débauche » est utilisé dans les cultes rendus à BACCHUS et à ASTARTE, en convenant cependant que son sens initial a été largement travesti de nos jours – ou « d’orgie » qui confirme le rôle accordé à ces Entités puissantes du Désir « hyper sexuelles » et uniquement abordables au cours de pratiques sexuelles.   

 

Même l’orthographe officielle d’un nom peut proposer un assemblage plus ou moins faussé, leurs auteurs originels ayant choisi de le déformer pour ne pas dévoiler au profane ce qui doit demeurer secret ad aeternum. C’est pourquoi les tentatives pour comprendre les mystères d’un nom, même les plus facétieuses, n’ont rien d’inutile et même si elles ne touchent jamais le cœur de l’occulte, les explications qu’elles proposent suffisent à mieux connaître la nature de l’Esprit divin évoqué.

 

C’est le cas pour ASTARTE. Ce nom est d’origine phénicienne. En fait, nombreux sont les noms orthographiés d’une autre façon et qui concernent la même Entité : c’est le cas pour Anat, Ashera, Astaroth, Astoreth, Ishtar et même Hathor.

 

« L’Ishtar de Babylonie, l’Atagartis de Syrie, l’Aphrodite orientale (et donc la Vénus romaine – NDA) sont identifiables avec l’Astarté de Phénicie et de Canaan. En tant que lune, cette dernière apparaît comme une triade, selon les trois phases de cet astre : elle est envisagée comme Déesse du Ciel, Déesse de la Terre et Déesse des Enfers ». Ceci convient sur le plan religieux mais nous convenons d’Astarté comme une triade en mystique, nous la trouvons présente dans le Plan Spirituel supérieur, dans le Plan Astral et dans l’Inférieur Astral en tant qu’Entité toute puissante. C’est cette dernière qui nous intéresse ici.

 

(Il peut être utile de relever, au sujet du nom « Ishtar » qu’il existe, dans la langue sanscrite, un mot ayant une forte ressemblance avec lui puisqu’il s’agit de « Ishta », signifiant « élue ». En fait, le mot sous entend une pratique rituelle dont la forme équivaut à une forme de célébration somme toute classique mais dont le fond, compte tenu de l’ensemble de notre étude, laisse deviner un processus correspondant à celui consacré à ASTARTE ou à LILITH, l’Ardat Lili ou la Zermashitu.

 

L’auteur de « L’Enseignement secret de la Divine Shakti » écrit : « La forme la plus simple du culte consiste en la vénération (pûjâ) d’une image de la Divinité. Ladite image peut être purement mentale : le fidèle concentre sa pensée sur le nom de la Déesse, puis « construit » la figure qu’il va adorer (…) : tel visage, tels vêtements, tels attributs brandis par tant de mains, telle position de jambes, tel animal de compagnie, etc… » (la figure télésmatique permet une telle approche – NDA). Lorsque l’image mentale est là, toute entière, il peut la contempler et lui dédier ses prières ou chanter ses louanges. C’est là la forme du culte de l’adoration mentale à laquelle les initiés s’adonnent en l’absence de toute image concrète de leur « divinité d’élection » (ishta-dévatâ), c’est-à-dire de celle qu’ils ont choisie dans le panthéon pour lui vouer un culte intérieur ».)

 

Les initiés écrivent à son sujet : « (…) Servie par des collèges de prostituées sacrées, elle est elle-même la prostituée divine qui se porte garante des rites de souveraineté. Elle est en même temps la Terrible et la Compatissante, la Déesse du Plaisir (L’Entité puissante du Désir la plus supérieure) ». (Encyclopédie des Symboles)

 

Loin de détailler ici son histoire, d’autres l’ayant fait mieux que nous (Lilith, la Lune Noire – Les Gouttelettes de Rosée), nous précisons simplement quelques points importants de sa « biographie ». D’abord, il y a l’Antique Déesse-Mère Innana ou Innini qui devient Ishtar, la Grande Déesse honorée à Babylone. Un fossé se creuse rapidement entre les deux divinités, qui n’en font en réalité qu’une : à Ishtar est peu à peu retiré le caractère érotique des nombreux rituels qui lui sont dédiés en vue de purifier son culte, tandis qu’Innana devient clairement une Divinité de la débauche ». L’une comme l’autre étant Astarté, le culte rendu à la première veut préserver un caractère religieux toujours plus « propre » et plus correct pendant que la seconde devient « la personnification de la concupiscence ». Cette Innana Astarté devient rapidement « la patronne de l’amour libre ». Le phénomène des incubes et des succubes lui revient : l’incube est appelé en accadien « Lillal » et la succube « Ardat Lili ».

 

« Ardat Lili », d’abord Servante de l’Astarté licencieuse, devient bientôt son alter ego, car « le sens immoral des luxures consacrées à l’une et à l’autre » finissent par les dénaturer en vampires succubes. Cependant, ne nous y trompons pas : l’érotisme, même le plus torride ou le plus indécent, lorsqu’il est abordé sous sa face mystique, n’est jamais seulement une fantaisie vulgaire et de surcroît primaire : elle voile un ésotérisme subtil, assimilable par les seuls initiés. Ainsi l’auteur Michel Desimon recense les différents aspects de LILITH :

 

-          la LILITH biblique, avec un impressionnant corpus de textes apocryphes ;

-          la LILITH mystique et érotique ;

-          la LILITH des évocations et conjurations, une ramification à caractère ésotérique et magique.

 

Finalement, LILITH travaille pour ASTARTE et inversement. Pourquoi ne pas affirmer qu’elles sont les mêmes divinités ? Parce que la première « traîne » avec elle cette réputation d’être contre tout acte de procréation, tandis que la seconde, avatar d’ISHTAR, est avant tout une Divinité de la génération et de la fertilité.

 

Le même auteur cité plus haut explique que LILITH est appelée « Zermashitu », un mot signifiant « celle qui oublie la semence ». En fait, nombre de ses fidèles pratiquaient ce que les Tantristes appellent la « rétention du semen ». Les initiés tenaient à ce que le semen soit gardé en eux, puis changé en lumière (Mahârasa), jusqu’à ce qu’il soit récupéré par les succubes. Comme la richesse d’un pays se mesurait au nombre de ses habitants, nous comprenons pourquoi les pratiques effectuées par les initiés de LILITH furent considérées comme dangereuses pour l’avenir de la patrie. Et LILITH devint une incarnation du Mal avant de devenir une Diablesse.

 

Mais il ne fait aucun doute, si nous considérons ici le seul plan de l’Astral inférieur, que nous trouvons ASTARTE et LILITH présentes côte à côte, à moins qu’elles soient définitivement la même Entité. Au cas contraire, elles sont deux Maîtresses influentes et prépondérantes du Règne des Entités puissantes du Désir et autres Esprits des Sensations. Un auteur astrologue n’hésite pas à écrire que « LILITH, positionnée « à cette hauteur », donne une puissante influence au sujet sur les aspects matériels, charnels, le goût des basses jouissances, gloutonnerie, érotisme puissant, etc… »

 

Cette ASTARTE présente et influente dans l’Astral inférieur ne fait pas non plus « dans la dentelle ». Elle aussi endosse l’habit de la nymphomane mais il serait malaisé de ne la considérer que de la sorte puisque ses fidèles sans cesse l’évoquent, l’honorent et même la prient. Ils savent bien qu’elle est beaucoup plus que cela. Déjà elle permet aux initiés de traverser le premier voile qui les séparent du plan de l’invisible où agissent certains Esprits puissants.

 

ASTARTE, l’Entité puissante du Désir, la Maîtresse dominante, est assimilée avec la Lune : aussi hérite-t-elle de sa réputation érotique. Surtout, elle est intimement liée avec le fameux Sabbat lunaire. Et BA’AL devient ainsi l’avatar de l’Antique SATURNE.

 

A propos des danses, on dit qu’elles revêtent officiellement un caractère astronomique et mystique certain ; celles effectuées au fond des bois par les BACCHANTES, honorant pourtant le même culte, proposent une interprétation toute opposée. Edouard Schuré écrit dans son livre « Les Grands Initiés » : «(…) Chez les Thraces, les Prêtresses de la Lune étaient tour à tour magiciennes, séductrices (…), elles avaient leurs sanctuaires en des vallées sauvages et reculées. Par quel charme sombre, par quelle ardente curiosité hommes et femmes étaient-ils attirés dans ces solitudes d’une végétation luxuriante et grandiose ? Des formes nues – des danses lascives au fond d’un bois… puis des rires, un grand cri – et cent bacchantes se jetaient sur l’étranger pour le terrasser. Il devait leur jurer soumission et se soumettre à leurs rites ou périr (…). La nuit, les bras enroulés de serpents, elles se prosternaient (…) et évoquaient « BACCHUS souterrain, au double sexe et à face de taureau ». Elles en faisaient autant devant Hécate qui n’est autre que la LILITH magicienne ou ASTARTE.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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