Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 17:26

Réalisé par Vernon Sewell

Avec Boris Karloff, Christopher Lee, Barbara Steele, Virginia Wetherell, Mark Eden, Michael Gough

Titre original: - Curse of the Crimson Altar – Long-métrage britannique. Genre : épouvante-horreur (un film « fantastique » de qualité moyenne)

Durée : 1h29 Année de production : 1968

mn8-lovecraft-overblog.jpgSynopsis : Un antiquaire recherche désespérément son frère, et son enquête le conduit dans un château. Très vite, il s’aperçoit que le châtelain est fou.

Après avoir poignardé une jeune femme sur l’autel d’une cérémonie satanique, Peter Manning disparait dans la nature. Après plusieurs jours sans nouvelle, son frère Robert, marchand d’antiquités, décide de faire la lumière sur cette affaire et de partir à sa recherche. Très vite son enquête le mène aux portes d’un obscur manoir appartenant à un certain Morley dont la nièce Eve organise régulièrement de mystérieuses fêtes orgiaques et décadentes...

 

Robert Marlowe se rend dans la maison des Morley d’où son frère lui a envoyé sa dernière lettre avant de disparaître mystérieusement. La nuit de son arrivée, les paysans fêtent l’anniversaire de la mort de la sorcière Lavinia, brûlée après un procès en sorcellerie trois cents ans auparavant...

 

 

 

 

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/la-maison-ensorcelee,10387

 

« La maison ensorcelée » de Vernon Sewell se prétend une adaptation de la nouvelle de Lovecraft « La maison de la sorcière ». Vernon Sewell est un réalisateur britannique qui toucha un peu à tous les genres du cinéma populaire, variant les plaisirs selon les engouements de l’époque : le film de guerre (The silver fleet (1943), maison-ensorcelee1.jpgLa bataille des V1 (1958)...), le thriller (Latin quarter (1946), Urge to kill (1960) d'après un roman d’Edgar Wallace...) et le fantastique (Ghosts of Berkeley square (1947), The ghost ship (1952)...). Il était alors normal que dans les années 60, il participe au raz-de-marée de l’épouvante britannique amorcée par le succès international des productions Hammer (Frankenstein s’est échappé ! (1957) de Terence Fisher...). Il réalisera donc « Le vampire a soif » (1967), « La maison ensorcelée » et « Burke and Hare » (1971) (une adaptation du célèbre fait divers des « résurrectionnistes », déjà adapté dans, par exemple, « L’impasse aux violences » (1958) de John Gilling). Pour « La maison ensorcelée », il bénéficie d’un casting de rêve : Boris Karloff (Frankenstein (1931)), la plus grande star de l’épouvante du vingtième siècle, dont ce sera un des derniers rôles avant sa mort maison-ensorcelee2.jpgsurvenue le 2 février 1969 ; Christopher Lee (Le cauchemar de Dracula (1958) de Terence Fisher...), le prince de l’horreur britannique ; et, dans le rôle de la sorcière, Barbara Steele (Le masque du démon (1960)...), vedette de l’épouvante italienne, qui incarnait souvent ce genre d’enchanteresse malfaisante.

 

On reconnaît aussi dans « La maison ensorcelée » Michael Gough, sympathique comédien apparaissant dans de nombreux films d’horreur anglais (Le cauchemar de Dracula, Crime au musée des horreurs (1959) de Arthur Crabtree, Konga (1961) de John Lemont , Le train des épouvantes (1965) de Freddie Francis...) et dans des œuvres de renommée internationale (Le messager (1971) de Joseph Losey, Out of Africa (1985) de Sidney Pollack, Caravaggio (1986) de Derek Jarman...) ; on le remarquera aussi dans maison-ensorcelee3.jpg« L’emprise des ténèbres » (1988) de Wes Craven ou « Sleepy Hollow » (1999) de Tim Burton : pour le même Tim Burton, il jouera le rôle d’Alfred, le domestique de Bruce Wayne, dans Batman (1989) et « Batman, le défi » (1992). Aujourd’hui encore, à plus de 80 ans, Michael Gough fait des doublages pour des jeux vidéo, comme Diablo II par exemple.

 

Les adaptations de Lovecraft au cours des années 60 : un petit bilan

 

Il semble intéressant de revenir sur les adaptations de Lovecraft au cours des années 60. La firme américaine A.I.P., spécialisée dans les produits à petit budget destinés à un public adolescent, avait connu de beaux succès avec les adaptations gothiques des œuvres d’Edgar Poe par  son réalisateur-vedette Roger Corman (La chute de la maison Usher (1960) avec Vincent Price...). Puis Corman a l’idée d’adapter Lovecraft au cinéma, ce qui n’avait jamais été fait auparavant : ce sera « La malédiction d’Arkham » (1963) avec Vincent Price, d’après le roman « L’affaire Charles Dexter Ward ». Hélas, le résultat est encore trop imprégné des influences de Poe et du cinéma gothique pour convaincre.

 

Néanmoins, la compagnie A.I.P. fait réaliser ensuite « Die, monster ! Die ! » (1965) maison-ensorcelee4.jpgpar Roger Haller, le décorateur des films de Corman : inspiré par « La couleur tombé du ciel » et « L’affaire Charles Dexter Ward », ce film a le mérite de proposer un récit se déroulant dans les années 20 et nettoyé de toute trace de gothisme. Interprété par Boris Karloff, bénéficiant de beaux décors et souffrant d’effets spéciaux lamentables, l’ensemble est trop confus et inégal pour être vraiment réussi.

 

C’est alors à la Grande-Bretagne de prendre le relais avec « La malédiction des maison-ensorcelee5.jpgWhateley » (1967) de David Greene, interprété entre autres par Oliver Reed (Les diables (1971) de Ken Russel...). Cette adaptation de la nouvelle La chambre condamnée par August Derleth prend, hélas, bien soin de gommer toute trace d’éléments lovecraftiens, ou même fantastiques, de son récit assez lent.

 

Puis vient « La maison ensorcelée » réalisé en Angleterre, puis distribué aux USA par L’A.I.P.. On note toutefois que cette compagnie produira encore une œuvre inspirée par Lovecraft : « The Dunwich horror » (1970) de Daniel Haller (Die, monster ! Die...) : tirée de la nouvelle « L’abomination de Dunwich », ce sera la première fois qu’une adaptation sera maison-ensorcelee6.jpgvraiment fidèle au récit et aux idées de Lovecraft. Toutefois, la narration étant un peu trop fastidieuse et la réalisation abusant de procédés psychédéliques démodés, ce ne sera qu’une semi-réussite. Ensuite, il faudra attendre « Re-animator » (1985) de Stuart Gordon pour que Lovecraft revienne sur les écrans de cinéma, avec notamment « From beyond » (1987) du même réalisateur qui explorera avec beaucoup d’audaces des thèmes purement lovecraftiens comme : la hantise de la folie, l’existence d’une réalité imperceptible aux sens humains, les communications entre des dimensions parallèles...

 

Le personnage principal (qui n’est plus un étudiant en mathématiques, mais un maison-ensorcelee7.jpgantiquaire) est harcelé par des cauchemars nocturnes dans lesquels il rencontre la sorcière. Celle-ci tente, au cours d’une espèce de sabbat, de lui faire signer un grimoire, ce qu’il refuse : cette scène rappelle tout à fait l’un des rêves de la nouvelle. Mais, en fin de compte, « La maison ensorcelée » se révèlera n’être qu’une affaire de sorcellerie et de possession assez typique des films dans lesquelles tournaient Barbara Steele dans les années 60, et notamment très proche de Le masque du démon de Mario Bava. Cela nous entraîne bien loin des intentions de Lovecraft.

 

 

Ce qui fait la valeur de ce film, c’est évidemment son casting hors du commun. Karloff, alors âgé et très malade (dans ce film, il est presque toujours assis) semble maison-ensorcelee8.jpgnéanmoins s’amuser de bon cœur sur ce tournage. Christopher Lee fait stoïquement du Christopher Lee (élégant, mouvements lents, air sinistre...) et Michael Gough fait du Michael Gough (dans le rôle d’un valet bègue et simplet...). Barbara Steele fait ce qu’elle peut dans le rôle de la sorcière : hélas, le costume ridicule qu’elle doit porter et le traitement électronique grotesque infligé à sa voix ne lui permettent pas d’être convaincante. Le jeune premier de service, interprété par Mark Eden, manque sérieusement de charisme, et son personnage n’attire guère la sympathie du spectateur.

 

L’auteur de cet écrit conclut : « Il s’agit pourtant d’une sévère trahison de la nouvelle de Lovecraft et d’un film bien médiocre ».

 

maison-ensorcelee9.jpgExtrait de dialogues :

« Mark Eden : (s’adressant à Virginia Wetherell) …Et est-ce que ça fait aussi de vous une sorcière ?

Boris Karloff : Oh il est conseillé de ne pas se moquer d’un sujet aussi sérieux ; le diable n’est pas connu pour avoir un grand sens de l’humour ; et il entend tout je vous le rappelle.

 

Mark Eden : En sorcellerie, y a-t-il une quelconque signification lorsqu’on écrit son nom dans un livre ?

Boris Karloff : Avec son sang ?

Mark Eden : En effet...

Boris Karloff : Oui, une grande signification. Une fois que vous l’avez fait, vous êtes prisonnier. Et il n’y a plus d’autre alternative.

shakti puja1Mark Eden : J’ai assisté à une cérémonie étrange, il y avait un homme-chèvre...

Boris Karloff : Oh oui, je vois de qui vous voulez parler : du dieu grec Pan, il représente l’érotisme.

Mark Eden : Un autre avait un ramage sur sa tête...

Boris Karloff : C’est Herne le chasseur. Ce sont des figures mythiques des dieux pour certains et leurs créations remontent à la nuit des temps.

Mark Eden : Ce que je ne comprends pas est qu’un homme comme moi qui n’y connaît rien à la sorcellerie peut cauchemarder de ces êtres avec tant de détails ?

Boris Karloff : Notre subconscient peut parfois nous jouer des tours très étranges, parfois mêmes terrifiants. La frontière entre ce monde et celui de l’au-delà est particulièrement ténue ».

 

(* Nous ne sommes pas les auteurs de cet article.)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 17:13

Ce bas monde, ce qu’il a de si mauvais, est qu’il est bien capable d’ériger et de traiter comme un dieu le plus tyran des hommes, en même temps qu’il affecte durablement dans la misère tant de bonnes âmes. C’est ce que le Marquis de Sade neron.jpgévoquait courageusement lorsqu’il dénonçait les « prospérités du vice » contre les « malheurs de la vertu », toujours à l’ouvrage, et d’une manière récurrente tout au long de l’Histoire des peuples et de ceux qui les gouvernent.

 

Les Empereurs romains n’échappent pas à ces lois qui doivent plaire à la Nature puisqu’elle les reproduit sans cesse, chacun d’eux qui s’est trouvé acquis d’un pouvoir absolu, n’a plus eu de cesse de faire le malheur d’autrui pour son propre bonheur, jusqu’à ce qu’il le paie d’une mort la plus cruelle possible. Et, puisque tout lui est possible de faire, il s’approprie le domaine des débauches qu’il s’engage de corrompre jusqu’aux limites de l’infection totale sans retour possible.

 

Une fois encore, nous n’étudions point Néron pour le personnage historique qu’il incarnât, mais pour ses luxures démentes, et aussi, parce que c’est lui que nombre d’experts en mystique croient deviner dans le Livre de l’Apocalypse de Jean lorsqu’il dénonce la « Bête » qu’il marque du nombre 666. Beaucoup des religieux, premiers chrétiens, qui vivaient à Rome, attestent de cette probabilité, dénonçant Néron comme la Bête 666, impliquant dès lors, qu’il était Satan, ou sinon, un « satan » au singulier.

 

C’est que ces mêmes religieux, sachant qu’un l’Empereur doit donner le bon exemple plus que tout autre,  condamnent Néron pour s’être marié deux fois, et avec un homme (Sporus), tandis qu’il était l’époux d’une femme, et qui tient, de surcroît, une relation concubine avec un deuxième homme (Pyhagoras). Néron, en l’an 66 parait-il, neron-sporus-pretre-et-putain.jpgépouse Statilia Messalina, mais le couple s’entend mal et Néron prend pour amant (passif) Sporus, qu’il fait appeler Sabine, comme il ressemble tant à Poppée, sa maîtresse favorite qu’il a pourtant tuée à coups de pieds l’an passé. Donc, à la mort de celle-ci, Néron fait châtrer Sporus (passif), l’habille et le fait vivre en femme ; il finit par l’épouser dans les formes légales lors de son voyage en Grèce.

Sporus, qui ne le quittait pas, assista à sa mort. Il vécut dans la même intimité avec l’empereur Othon et se suicida pour éviter l’humiliation publique que voulait lui infliger Vitellius. Persuadé que nul homme ne pouvait s’abstenir de relations avec des mâles, Néron décide de s’unir à Pythagoras qu’il prend pour amant (actif). Les textes officiels ne précisent point d’un mariage pour Néron et Pythagoras mais s’empressent d’appeler ce dernier « le mari de l’Empereur » pour souligner son rôle au cours de l’union sexuelle entre les deux amants. L’Histoire jure aussi que les deux hommes étaient des prêtres, Sporus de Cybèle, la déesse des hommes castrés, comme en atteste le roman « Moi, Sporus, prêtre et putain » de Cristina Rodriguez (Editions Calmann-Lévy), et Pythagoras un prêtre de Mithra.

 

Certains soutiennent, pour l’aspect mystique, que les détracteurs romains de l’Empereur « ajoutèrent l’immonde à l’ignoble afin de souiller plus encore la figure de Néron, et que ce dernier aurait tenu à connaître intimement ces prêtres pour percer les mystères du culte auquel chacun appartenait », mais le sang coule tant au cours de toutes ses pérégrinations qu’il est difficile de souscrire à ces thèses également, et s’il voulût bien étudier quelque chose, ce ne pouvait être que de tester du pouvoir d’un Empereur, pouvant jurer sa puissance jusqu’aux entrailles d’un amant lascif.

 

neron-othon.jpgSuétone écrit (Néron, 3-4) : « Il rendit eunuque le jeune Sporus et prétendit le métamorphoser en femme. Il l’amena à sa cour avec une suite considérable, lui constitua une dot, l’orna du voile nuptial, et l’épousa en observant toutes les cérémonies d’usage. C’est ce qui fit dire assez spirituellement à quelqu’un, qu’il eût été heureux pour le genre humain que son père Domitius eût épousé une femme de cette espèce. Il fit habiller ce Sporus comme une impératrice, le promena en litière et l’accompagna dans les assemblées et dans les marchés de la Grèce, ainsi que dans les fêtes sigillaires de Rome, en lui donnant de temps en temps des baisers ».

 

Son voile se nommait « flammeum », parce qu’il était couleur de flamme, peut-être comme symbole de la violence faite à la virginité. Néron s’en para quand il prit pour mari un affranchi nommé Pythagoras : « Il en vint, dit Sulpice Sévère (Histoire sacrée, livre II), jusqu’à se marier, comme s’il avait été femme, avec un certain Pythagore : ces noces furent célébrées avec l’appareil d’usage ; on vit l’Empereur la tête couverte d’un voile d’épousée ; on vit la dot, le lit nuptial, les flambeaux de l’hymen ; tout ce qu’enfin on ne put voir sans rougir dans les unions légitimes ».

 

Othon paraît plus débauché encore, toujours à l’affût de la plus belle femme, en même temps salace, il prête aussi aux hommes, et certains lui accordent une relation 000_0015.jpgintime avec Néron que les historiens ne confirment pas d’avoir été consommée.

Juvénal, décrivant dans ses Satires les adeptes Baptes, compare leurs usages luxurieux avec ceux d’Othon : « Tu te laisseras insensiblement entraîner dans la secte de ces prêtres qui, dans leurs assemblées secrètes, surchargent leurs têtes de longues aigrettes, leur cou de nombreux colliers ; qui se concilient la bonne déesse par l’offrande d’un grand vase rempli de vin : car, usurpant l’ancien culte des femmes, ils les ont chassés du sanctuaire. Le temple ne s’ouvre plus que pour les hommes. Loin d’ici, profanes ! s’écrient-ils ; vos chanteuses sont bannies de ces lieux. Ainsi les Baptes célébraient dans Athènes, à la lueur des flambeaux, leurs nocturnes orgies, et, par des danses lascives, fatiguaient leur Cotytto. L’un se peint, en clignotant, les paupières et les sourcils avec une aiguille noircie ; l’autre boit dans un priape de verre, se couvre d’une robe bigarrée, et rassemble ses longs cheveux dans un filet doré ; cependant son esclave, non moins fidèle au rit féminin, ne jure que par Junon. Cet autre tient le miroir que l’infâme Othon portait avec plus de faste… un miroir dans l’attirail d’une guerre civile ! ».

 

Selon Suétone, Othon était un personnage assez peu recommandable et disposé à tout pour parvenir à ses fins. Il séduisit ainsi une vieille femme dans le seul but d’entrer en 000_0011.jpgcontact avec Néron dont il deviendra l’un des favoris. Suétone prétend que mis au courant de l’intention de Néron d’assassiner Agrippine, sa mère, il lui prête une assistance concrète en organisant un repas le soir du meurtre pour donner le change.

Il tombe cependant en disgrâce en refusant de restituer Poppée qu’il avait épousée pour complaire à Néron, mais dont il tomba réellement amoureux. En conséquence de quoi, il fut exilé dix ans en Lusitanie, où il officia comme ancien questeur avec une modération et un désintéressement exceptionnels.

Othon fut pour autant celui qui « pervertit Néron dès son adolescence », ainsi que le sous-entendent les moralistes antiques. En tout cas, il aida certainement Néron à « briser sa coquille », à se libérer, d’abord psychologiquement puis physiquement, d’un entourage familial oppressant. Ce fut lui qui fit apprécier au jeune empereur, gros garçon coincé dans sa barbe rousse, ces banquets artistiques, luxueux et raffinés ; lui aussi qui fit connaître au « prince impérial » la vie nocturne de Rome, le petit peuple bruyant, bruissant, de Subure ou du Trastévère, tout un monde grouillant de vie, lui qui montra à Néron qu’il y existait sur terre bien d’autres femmes avenantes, distrayantes…

 

C’est ce tueur fou Néron dont les auteurs chrétiens nous ont affirmé qu’il était la Bête 666, autrement dit, ont-ils ajouté, « c’est lui Satan !  ». Alain Decaux écrit dans « La révolution de la Croix : Néron et les chrétiens » (Editions Perrin) : « L’idée de 000_0007.jpgconquérir le pouvoir n’a jamais hanté le jeune Néron. Seule l’y a conduit l’ambition d’une mère allant jusqu’à user du poison pour parvenir à son but. Lui-même ne ressentait de passion que pour le théâtre, la musique, les exercices du corps, les jolies filles et parfois les garçons. Ses sujets l’ont vu gai, voire exubérant, mais n’ont rien su de la sensibilité maladive dont il souffrait. Quand on lui dénonçait ceux qui pouvaient lui nuire ou attenter à sa vie, il tremblait. La confiance judicieusement accordée à Sénèque et Burrus a permis pour un temps de juguler cette angoisse. Une fois Burrus mort et Sénèque évincé, le naturel, conforté par l’absence de tout interdit moral ou religieux, l’a emporté. Le temps des crimes est arrivé. Mué en « histrion », — mot sans cesse répété sous son règne —, il a perdu le respect de ses sujets. Ayant d’abord cherché à composer avec le Sénat, il y a renoncé, se créant ainsi une cohorte d’ennemis n’existant plus que pour leur revanche ».

 

Nous avons précisé combien notre seul intérêt pour Néron n’est pas d’ordre historique mais pour ce qu’il rejoint le mystique, qui se borne en ces temps antiques au cultuel. Néron, envisagé par le nombre 666, comment cela se peut-il ? Et puisque 666 concerne Satan, le nombre du Mal, qu’il est attaché au domaine mystique, voire spirituel, comment lier le tout ?

Nous savons déjà, ne serait-ce que pour ces unions maritales dont nous mentionnons les épisodes, que l’Empereur s’intéressait aux cultes de Cybèle et de Mithra.

 

Cybèle, c’est entendu, est une Vénus particulière, la déesse des eunuques, soit dit des hommes castrés et autant de ceux qui préféraient tenir le rôle de la femme dans l’union coïtale plutôt que le leur.

 

A son sujet, nous trouvons écrit dans « La cité de Dieu, Livre cinquième : anciennes mœurs des Romains » : « Il s’agit ici des Mystères de Cybèle, déesse d’origine phrygienne, dont les prêtres s’appelaient Galles, du nom d’un fleuve de Phrygie, comme on sépare ce qui est impur et honteux de ce qui est honnête et pur. Que penser de bon des Mystères qui s’accomplissent dans les ténèbres, quand les spectacles étalés au grand jour sont si détestables ? Au surplus, ce qui se pratique cybele.jpgdans l’ombre par le ministère de ces hommes mous et mutilés, nos adversaires le savent mieux que nous ; mais ce qu’ils n’ont pu laisser dans l’ombre, c’est la honteuse corruption de leurs misérables eunuques. Qu’ils persuadent à qui voudra qu’on fait des œuvres saintes avec de tels instruments ; car enfin ils ont mis les eunuques au nombre des institutions qui se rapportent à la sainteté.

Varron ne cherche pas à expliquer pourquoi les Galles se mutilent (la mythologie répond que c’est un acte pour prouver sa fidélité à la déesse - NDA). La légende, la voici : « Attis est un berger phrygien qui suscita chez la déesse Cybèle une violente passion. Lui ayant promis de demeurer chaste, il parjura lorsqu’il s’éprit de la Nymphe Sagaritis et l’épousa. Furieuse, Cybèle tua sa rivale et frappa de folie l’infidèle qui se mutila ».

Formaté au monde social grec et repris avec toutes les déviances possibles chez les Romains, l’organe génital mâle prenait la figure emblématique de l’infidélité, tant la débauche sévissait chez ceux des mâles qui avaient les moyens pécuniaires d’assouvir leurs mœurs dépravées. Prétexte finalement, car nombre d’épisodes racontent des histoires salaces en compagnie d’eunuques, Messaline elle-même connaissait des relations fougueuses avec de ces hommes, dont elle se rassurait de pouvoir profiter de leur virilité sans risquer d’être enfantée et jurait que leur sexe s’était trouvé grandi de taille.

Néron lui-même en abuse, de toutes les manières possibles. D’où l’excuse « de séparer ce qui est impur de ce qui est honnête » ne tient point dans le mondain, et les premiers chrétiens ne condamnaient point la volonté de ces hommes « de mener une vie chaste », mais plutôt et surtout qu’ils devenaient stériles, ce qui les mettait en opposition avec la célèbre parole de Dieu : « Croissez et multipliez » (« Soyez féconds et prolifiques »).

 

Pétrone, dans « Le Satyricon » ne décrit point l’eunuque comme un saint : « Un jeune homme souillé de toutes les débauches (Sporus), qui de son propre aveu a mérité spartacus1-overblog.jpgd’être chassé de sa patrie, qui a obtenu sa liberté, son affranchissement, en vendant sa beauté, dont le cul a été joué aux dés, que louent comme une fille ceux-là même qui gavent bien que c’est un homme.

De tout temps les eunuques ont été considérés comme des outils de débauche. Saint Épiphane, contre les hérétiques nommés Valésiens, rapporte que Salomon leur reprochait déjà leur main hardie ».

De même le nom de « frater », que l’on trouvera plusieurs fois répété dans cet ouvrage, était un nom de débauche chez les Romains : il signifiait un mignon : mais il est plus exactement rendu par le mot de giton, emprunté à un des personnages de cette satyre, et pris substantivement pour désigner celui qui se livre au vice honteux de la pédérastie. Nous verrons plus loin « soror » signifier une maîtresse.

 

On les trouvait dans les « tituli », un mot latin qu’on a d’abord traduit par « écriteaux » : les « écriteaux », portant leurs noms, que les courtisanes avaient sur leur porte. Bourdelot a établi qu’il valait mieux entendre par « tituli », « ces jeunes prostituées qui éveillaient par des attouchements lascifs les sens engourdis des débauchés de l’un et l’autre sexe et leur donnaient, pour ainsi dire, l’avant-goût du plaisir ». Le lieu où se tenaient ces « tituli » se nommait « ephebia », à cause de leur âge, comme le prouve un passage de saint Jérôme.

 

Mithra, à l’inverse, c’était le culte de la virilité, qu’un dieu montré avec un taureau figurait, et en lieu réduit, c’était un « taureau viril ». Outre l’épisode connu de celui qui voulait être initié se trouvait aspergé du sang d’une de ces bêtes qui coulait apis-priape-over-blog.jpgau-dessus de lui par une galerie, le dieu a sans doute à voir aussi avec le nombre 666. Si le vocable exotérique envisage « Mithra » sous sa forme hébraïque « Mem-Yod-Tav-Resh-Hé » (655), l’écriture ésotérique du nom rejoignait le titre de « Maître », c’est-à-dire « Maitreya » - dont les Chrétiens firent plus tard « l’Antéchrist » -,  dont le nombre est alors 666, comme en témoigne d’ailleurs la somme des lettres de son nom transcrit dans la langue hébraïque, soit « MAIThRIE » : « Mem-Aleph-Yod-Tav-Resh-Yod-Hé » (40+1+10+400+200+10+5). Une autre façon de l’écrire serait en permutant le Aleph et le Hé, « MIThRAIE », qui donne le même résultat ».

 

De même, confère au livre de Papus, « Traité méthodique de magie pratique » (Editions Dangles), voici l’auteur occultiste qui, traitant des « Mystères de la génération physique », page 30, évoque « les Mystères d’Isis, de Mété ou Mithra, d’Orphée, de Samothrace, de Cérès-Eleusine, de la Bonne-Déesse ». Mithra, pour Maître, porte un autre nom « Mété », celui que nous trouvons dans « Bapho-Mété ». « Bapho » est traduit généralement par « baptême », et des experts suggèrent qu’il s’agit « du baptême de Mété », Mété souvent considéré comme une divinité féminine. Mais « Bapho » signifie aussi « teinturier », aussi « Bapho-Mété » signifierait que le taureau Mithra était teint (peint) d’une ou plusieurs couleurs différentes. Ou bien que le sang qui coulait de son cou égorgé sur le néophyte teignait ce dernier d’un rouge difficile à ôter.

 

Certaines célébrations secrètes pouvaient contenir un caractère sexuel. Puisque sont confondus les « Mystères de Mété ou Mithra » avec ceux de « Samothrace », nous rappelons ce qu’écrivait Madame Blavatsky au sujet de ces derniers : « Ainsi qu’en Samothrace et dans les plus anciens temples égyptiens, des cultes devinrent, dans les baphomet-eliphas-l-vi.jpgtemples grecs, en grande partie phallique et, par suite, obscène aux yeux du profane » (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.517). Hérodote ajoute que « les Corybantes étaient des prêtres consacrés à diverses divinités, et particulièrement à Cybèle ; il est vraisemblable que ces prêtres qui débarquèrent en Étrurie étaient attachés au culte des dieux Cabires ; établi dès la plus haute antiquité dans l’île de Samothrace, et où le Phallus faisait partie essentielle des Mystères ». Cybèle par ici, Mithra par là, cultuellement différents, les mythes cependant se rejoignent comme le passif se lie à l’actif et inversement. La figure du taureau est supplantée par celle du Phallus, et nous imaginons bien, une fois introduit dans le monde de la Rome décadente, vers quels débordements luxurieux certains sacrifices cultuels pouvaient pousser les femmes et les hommes, notamment ceux dont le monde des bienfaits matériels ouvrait grand les bras.

« Baphé » ou « teinturier » peut alors prendre le sens de « celui qui transforme », qui est le rôle de l’initiateur, de l’hiérophante. C’est encore le rôle de l’amant en compagnie d’une jeune vierge, celui du Dieu-Taureau avec le néophyte, celui du maître (Maitreya) avec son disciple. « Baphomet » prendrait ici le sens de « l’Initiateur Mithra ou Mété ».   

 

Pour ce qui est du lien entre le nombre 666 et Néron, nous citons : « Selon l’encyclopédie Pauly-Wissowa, de 1918, le procédé de « l’isopséphie réduite » (ou du nombre pythmèn) était bien connu à l’époque de la rédaction de l’Apocalypse : les trois noms Néron Claude Auguste, abondamment attestés par la numismatique de l’empereur, ont la valeur 666 sur la base suivante :

 

Néron, Claude, Auguste = ΝΕΡΩΝ ΚΛΑΥΔΙΟΣ ΣΕΒΑΣΤΟΣ

ΝΕΡΩΝ = 1005 = 6, ΚΛΑΥΔΙΟΣ = 735 = 6, ΣΕΒΑΣΤΟΣ = 978 = 6

 

Partant de l’idée que 666 représentait « le nombre d’un homme bien déterminé », on a en effet interprété la valeur numérique des lettres correspondantes en hébreu, en grec ou en latin. L’une de ces hypothèses concerne l’empereur Néron car la valeur numérique de son nom, si on lui adjoint son titre de « César », est de 666 dans le système hébraïque :

 

QSAR NERON = Qoph-Samech-Resh/Nun-Resh-Vau-Nun = 100 + 60 + 200 + 50 + 200 + 6 + 50 = 666

 

Mireaux, dans la Reine Bérénice, en 1951, aggrave le cas de l’Empire romain en proposant un décryptage qui met en cause les dix premiers empereurs romains d’après les initiales de leurs noms grecs. On a ainsi :

 

Kaisar – César :

Kappa

=20

Sebastos – Auguste :

Sigma

=200

Tiberios – Tibère : 

Tau 

=300 

Gaios – Gaius : 

Gamma 

=3 

Klaudios – Claude :

Kappa

=20

Nérôn – Néron :

Nu

=50

Galbas – Galba, Othon, Vitellius :

Gamma

=3

Ouespasianos – Vespasien :

Omicron

=70

 

Total :

=666

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 14:45

La vie de l’Empereur Tibère n’importe point dans le présent sujet, ses heures de gloire, ses victoires et ses défaites encore moins. A l’heure descendante de sa vie, Tibèrecomme bien des tyrans de son époque, ce César multiplia les débauches. Ce qui nous intéresse n’est même pas un déballage de ses monstruosités dans ce domaine, mais seulement cette manière très romaine d’approcher la mythologie, de la mettre en scène jusqu’à la rendre réelle au possible, et, décadence oblige, de la vautrer au sein des méandres luxurieux.

 

Les auteurs Florence Dupont et Thierry Eloi, dans « L’érotisme masculin dans la Rome antique » (Editions Belin), ont tenté une même approche du personnage historique, que nous lions partiellement à notre propre intérêt aux dieux et demi-dieux de la mythologie.

 

« Tibère eut l’idée de faire disposer ça et là dans les bois et les bosquets et dans les grottes des jeunes gens de l’un et l’autre sexe qui attendaient le client en costumes de satyres et de nymphes. Dans sa retraite de Capri, Tibère imagina d’installer des loges destinées à des plaisirs secrets ; d’y placer des troupes de filles et de prostitués recrutés de toutes parts et ces inventeurs d’accouplements prodigieux, qu’il appelait « Spintries » (de « spintriae », vraisemblablement emprunté au grec « Sphingktés », baphomet pan et to panlui-même dérivé de « Sphigktêr », et désignant un homme amateur de jouissance anale), et qui en formant une triple chaîne, se possédaient mutuellement en sa présence, pour ranimer par ce spectacle ses désirs éteints. Il orna des chambres placées en différents endroits d’images et de statuettes reproduisant des tableaux et des sculptures pornographiques (lascivissimarum) ». Enfin : « Ivres, les satyres coursent les nymphes, mais ils se bousculent aussi joyeusement les uns les autres, bien que barbus, ils enchaînent joyeusement paedicatio (sodomies) et fellatio mutuelles, inscrivant sur les coupes des guirlandes érotiques du corps engagés les uns dans les autres ».

 

(* Traduction de Suetone : XLII. A la faveur de la solitude et loin des regards de Rome, il se livra enfin sans contrainte à tous les vices qu’il avait jusque-là mal dissimulés. Je les rapporterai tous, et en dirai l’origine. Il était connu dans les camps, dès l’époque où il faisait ses premières armes, par sa passion effrénée pour le vin ; et au lieu de Tibérius, les soldats l’appelaient Bibérius.

XLIII. Il avait, dans sa retraite de Capri, une chambre consacrée à ses plus secrètes c1débauches, et garnie de lits tout à l’entour. Là, une troupe choisie de jeunes filles, de jeunes garçons et de débauchés qui avaient inventé des plaisirs monstrueux, et qu’il appelait « ses maîtres de volupté », formaient entre eux une triple chaîne, et, ainsi entrelacés, se prostituaient devant lui, pour ranimer, par ce spectacle, ses désirs languissants. Il avait aussi plusieurs chambres diversement arrangées pour ces plaisirs, ornées des tableaux et des bas-reliefs les plus lascifs, et remplies des livres d’Eléphantis, afin qu’on eût, dans l’action, des modèles toujours présents pour les postures qu’il ordonnait de prendre. Les bois et les forêts n’étaient plus, grâce à lui, que des asiles consacrés à Vénus ; et l’on voyait, à l’entrée des grottes et dans le creux des rochers, la jeunesse des deux sexes se mêler dans des c3attitudes voluptueuses, sous le costume des Nymphes et des Satyres. Aussi le peuple, jouant sur le nom de Capri, donnait-il ouvertement à Tibère le surnom de Caprin ».)

 

Ovide ajoute (Amours, III, 14) : « Il est un lieu où la volupté est un devoir. Ce lit, fais-en l’asile de toutes les jouissances (omnibus deliciis). Là, la pudeur (pudor) doit être bannie. Mais quand tu en sors, reprends ta pudeur et laisse au fond de ton lit (in lecto) tes crimes. Là, tu dois enlever sans pudeur ta tunique. Tes cuisses (femori) doivent soutenir celles de ton amant. Là, qu’une langue se cache entre tes lèvres rouges (purpereis labellis). Là, laisse les corps inventer les façons de s’aimer. Il faut que les mouvements du plaisir (lascivia) fassent craquer le bois du lit. Après, reprends tes tuniques. Après, reprends un visage effrayé (metuentem). Après, que la pudeur c8désavoue ton obscénité (obscenum). Je ne demande pas à une femme d’être pudique (pudicam). Je lui demande de paraître pudique. Il ne faut jamais avouer. Une faute qu’on peut nier n’existe pas (non peccat quaecumque potest peccasse negare). C’est l’aveu qui fait la faute (culpa). Alors, quelle est cette folie qui pousse à raconter au grand jour ce que cache ta nuit ? Quelle est la folie qui pousse à raconter tout haut (palam) ce qu’on fait tout bas (clam) ? Avant de donner son corps au premier Romain venu, la louve tire le verrou (sera) ».

 

Tibère est analysé comme « en tenancier de bordel dont il serait le seul client ». Plus loin, il est pris « pour un dévot de Pan » (plus logiquement Bacchus-Priape), « à la porte de ces lupanars rustiques attendent ses jeunes partenaires en costumes de 000 0005-copie-1Nymphes et de Satyres (ex utriusque sexus pube Paniscorum et Nympharum habitu). Tibère reconstitue donc le personnel mythologique dont le dieu protecteur est Pan l’Arcadien ». Pan est à Mercure ce que Priape est à Bacchus, nous savons combien celui qui finit comme un vulgaire protecteur des jardins fût, à son heure de gloire, le Bacchus viril sous la forme d’un taureau que les Bacchantes adoraient au Bois sacré de Stimula à proximité de Rome. D’ailleurs, les commentaires précisent « que la sexualité de Tibère s’inspirerait de celle des Satyres », les compagnons de… Bacchus.

 

« Tibère avait imaginé des mises en scène animées, lui, l’Empereur féru de littérature alexandrine, rien n’était plus tentant que de faire s’incarner les rêves d’une culture au sein d’un paysage dont la nature fournissait déjà le décor avec ses antres et ses rochers. Tibère pouvait ainsi se promener dans une Arcadie reconstituée dont les incube3statues de Nymphes et de Satyres s’animaient à son passage. (…) On sait que les Romains de la haute société républicaine ou impériale embellissaient leurs jardins pour en faire des « paradeisia » grecs, parés de décors mythologiques et artificiels ».

 

Dans les épigrammes de Martial, on retrouve ces montages obscènes, réalisant des inventions d’abord poétiques » : « Trop c’est trop, les poèmes (uersus) érotiques (libidinosii) que tu m’as lus sont trop éloquents, Sabellus. Ils excèdent le savoir des filles de Didymos et les livrets langoureux d’Eléphantis. On y trouve des positions inédites de Vénus, il faut être le dernier des enculeurs pour les oser, les prostitués les offrent à leur client mais en secret. Ils imaginent le moyen de s’accoupler à cinq et même de constituer une chaîne encore plus nombreuse » (Martial, XII, 43).

 

Eléphantis ou Eléphantine est une auteure d’écrits érotiques, sur le contenu desquels Martial et Suétone nous renseignent (molles Elephantidos libelli) : il s’agissait de la priape12 priapéedescription des postures amoureuses, avec illustrations. Ses « figurae Veneris » étaient, semble-t-il, très connues à Rome sous le nom d’Eléphantis. C’est Tibère qui en a assuré le succès.

 

Ce qui inspira la Priapée suivante :

 

To Priapus

Obscenas rigido deo tabellas

Dicans ex Elephantidos libellis

Dat donum Lalage rogatque temptes,

Si pictas opus edat ad figuras.

 

(* « A Priape, Lalage t’a consacré une offrande votive à ton pénis dressé, apportant des images du livre effronté d’Eléphantis, et elle le pria d’essayer et d’imiter avec pan fb6elle, toutes les différentes copulations représentatives des Images Saintes ».)

 

Astyanassa, servante d’Hélène, l’épouse de Ménélas, c’est elle qui découvrit les postures des relations sexuelles, sur lesquelles elle écrivit un livre. Elle fut plus tard imitée par Philaenis et Eléphantiné, qui ont mis en danses ce genre d’obscénités.

 

Martial (Ep. 12, 43) écrit : « Ils sont d’un style trop relevé pour des scènes de débauché, les vers que tu m’as lus, Sabellus. On n’en trouve point de pareils chez les filles de Didyme, ni dans les livres voluptueux d’Éléphantis. Il s’agit ici de plaisirs monstrueux d’un nouveau genre ; on y voit ce que peut oser le libertin le plus roué ; ce que font en cachette les plus vils impudiques ; comment ils s’accouplent par cinq ou plus, jusqu’à former une chaîne; jusqu’où peut aller la licence. Pour tant de cynisme, tant d’éloquence était du luxe ».

 

Tibère savoure des images pornographiques. « Il orna des chambres placées en différents endroits d’images et de statuettes reproduisant des tableaux et des sculptures pornographiques (lascivissimarum). Il s’entourait de miroirs pour multiplier pan excellentet isoler les images de ses abominations. Comme il ne pouvait rien voir quand il avait la tête enfouie dans le corps de ses partenaires ou accrochée à leur sexe, les miroirs lui renvoyaient son image en action. Il contemplait alors les plaisirs de sa bouche. Il regardait les hommes auxquels il se livrait de toutes les manières. Partagé quelquefois entre un mâle et une femelle, abandonnant tout son corps à leur activité, il se rassasiait du spectacle de ces abominations » (Sénèque – Questions naturelles, I, XVI, 4-5).

 

Au point que certains comparent Tibère à un Satyre, disant que puisqu’il demeure à Capri, il est un caprin, autrement dit un bouc. Est mis en lumière le trait caractéristique de ces Satyres qui est « l’hypersexualité » : « En effet, les Satyres sont caractérisés par une énergie sexuelle exubérante qui n’a d’équivalent que leur appétit pour le vin. Le phallus est le domaine réservé des Satyres, toujours en érection, mus par un élan boulimique, un appétit immédiat qui ne passe ni par Aphrodite ni par Eros ».  Le « contre-modèle de l’humanité », comme est décrit le Satyre chez les Grecs, devient un modèle de tyran satyre n4au-delà des normes de cette humanité. La sexualité des Satyres est polymorphe, comme on le voit sur des vases grecs, ivres, ils coursent les Nymphes, mais ils se bousculent aussi joyeusement les uns les autres et bien que barbus, ils enchaînent « paedicatio » (sodomies) et « fellatio » mutuelles, inscrivant sur les coupes des guirlandes érotiques de corps engagés les uns dans les autres. Tibère ordonne de telles scènes de groupes (monstrosi concubitus), il dispose ses prostitués satyre n7des deux sexes en troupeaux (greges) pour former des chaînes (triplici serie conexi), qui constituent autant d’accouplements multiples et débridés.

 

En réalité, ce n’est point nouveau si nous nous référons aux célèbres versets d’Esaïe sur ces Satyres nommés chez lui « Boucs » ou « Seirim » : « Tous ses princes seront anéantis ; les épines croîtront dans ses palais, les ronces et les chardons dans ses forteresses. Ce sera la demeure des chacals, le repaire des autruches ; les chats sauvages du désert rencontreront les hyènes, et les Seirims (Satyres) s’y appelleront les uns les autres ; là aussi se tapira ca6 lilith & les satyres2Lilith (ou : « les chouettes ») pour y trouver le calme. Et trouvera son lieu de repos ; là le serpent fera son nid, déposera ses œufs, les couvera, et recueillera ses petits à son ombre, là se rassembleront tous les vautours » (Isaïe, 34,14).

Sauf qu’aux heures de gloire de la Grande Babylone, les Satyres n’étaient point des acteurs ayant le statut d’esclaves, nous savons que des hommes sacrifiaient un culte devant leur représentation peinte ou sculptée.  Toutefois, l’antique cortège des Saturnales, étudié par ailleurs, incite à penser qu’il fût toujours des hommes employés pour figurer ces êtres et même que leur propre corps serve comme d’un temple pour recevoir de leurs présences en eux, par le moyen d’un sortilège ou d’une dévotion à vocation magique qu’un prêtre ou mage savait opérer sur eux.   

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 17:30

 Troisième chapitre

 

1.Abrahadabra ; la récompense de Râ-Hoor-Khut.

 

2.Il y a division ici en direction de la maison ; il est un mot non connu. L’orthographe n’est plus d’usage ; tout n’est pas rien. Prends garde ! Tiens bon ! Entonne l’incantation de Râ-Hoor-Khuit !

 

3.Maintenant, qu’il soit tout d’abord compris que je suis un Dieu de guerre et de vengeance. Je les traiterai durement.

 

aleister-crowley3.jpg4.Choisissez-vous une île !

 

5.Fortifiez-là !

 

6.Fertilisez-là avec une machinerie de guerre !

 

7.Je vous donnerai une machine de guerre

 

8.Avec elle, vous frapperez les peuples, et nul ne se tiendra devant vous.

 

9.Embusquez-vous ! Repliez-vous ! Attaquez-les ! Ceci est la Loi de la Bataille de Conquête ; ainsi sera mon adoration à l’entour de ma maison secrète.

 

10.Prends la stèle de la révélation elle-même ; place-là dans ton temple secret – et ce temple est déjà bien préparé - & elle sera ta Kiblah pour toujours. Elle ne se flétrira pas, mais une couleur miraculeuse lui reviendra jour après jour. Enferme-là sous verre fermé comme preuve pour le monde.

 

11.Ce sera ta seule preuve. J’interdis l’objection. Conquiers ! Cela suffit. Je te faciliterai l’abstruction de la maison désordonnée dans la Cité Victorieuse. Tu la transporteras toi-même avec adoration, ô prophète, bien que tu ne l’aimes pas. Tu rencontreras danger et affliction. Râ-Hoor-Khu est avec toi. Adore-moi avec du feu et du sang ; adore-moi avec des épées et des lances. Que la femme soit ceinte d’une épée devant moi ; que le sang coule jusqu’à mon nom. Foule aux pieds les païens ; attaque-les, ô guerrier, je te donnerai de leur chair à manger !

 

12.Sacrifie du bétail, petit et gros ; après, un enfant.

 

13.Mais pas maintenant.

 

14.Vous verrez cette heure, ô Bête bénie, et toi l’Ecarlate Concubine de son désir !

 

15.Vous en serez tristes

 

16.Ne croyez pas trop vite saisir les promesses ; ne craignez pas de subir les malédictions. Vous, même vous, ne savez pas tout ce sens.

 

17.Ne craignez pas du tout ; ne craignez ni les hommes, ni les Parques, ni les dieux, ni quoi que ce soit. Ne craignez pas l’argent, ni le rire de la folie populaire, ni tout autre pouvoir au ciel, sur terre ou sous terre. Nu est votre refuge comme Hadit votre lumière ; et Je Suis la force, la puissance, la vigueur de vos bras.

 

18.Plus de merci ; damnez ceux qui s’apitoient ! Tuez et torturez ; n’épargnez pas ; attaquez-les !

 

19.Cette stèle, ils l’appelleront l’Abomination de la Désolation ; compte bien son nom et ce sera pour toi comme 718.

 

20.Pourquoi ? A cause de la chute de parce que, qu’il n’est plus là.

 

21.Installe mon image à l’Est : tu t’achèteras une image que je te montrerai , spéciale, ressemblant assez à celle que tu connais. Et il te sera soudain facile de faire ceci.

 

22.Groupe autour de moi les autres images afin de me soutenir : que toutes soient adorées, car elles se regrouperont pour m’exalter. Je suis l’objet visible d’adoration : les autres sont secrets ; ils sont pour la Bête et son épousée ; et pour les vainqueurs de l’épreuve X . Qu’est-ce ? Tu le sauras.

 

23.Pour parfum, mélange farine et miel et restes épais de vin rouge ; puis huile d’abramelin et huile d’olive, et après adoucis et lisse avec un généreux sang frais

 

24.Le meilleur sang est celui de la lune, mensuel : puis le sang frais d’un enfant, en gouttant de l’armée du ciel : puis des ennemis ; puis également du prêtre ou des adorateurs : enfin de quelque bête, n’importe quoi.

 

25.Brûle cela : fais-en des gâteaux et mange pour moi. Ceci a aussi un autre usage ; qu’il soit placé devant moi, et maintenu épais par les parfums de ton oraison : il se remplira de scarabées pour ainsi dire et de créatures rampantes qui me sont sacrées.

 

26.Tue-les, nommant tes ennemis ; et ils tomberont devant toi.

 

27.Aussi ceux-ci engendreront le désir et le pouvoir de désir en toi lorsque tu les mangeras.

 

aleister crowley228.Aussi serez-vous forts à la guerre

 

29.De plus, qu’ils soient longtemps conservés, c’est mieux ; car ils se gonflent de ma force. Tous devant moi.

 

30.Mon autel et de dinanderie ajourée : brûle dessus dans de l’argent ou de l’or !

 

31.Il viendra un homme riche de l’Ouest qui versera son or sur toi

 

32.De l’or forge de l’acier !

 

33.Sois prêt à fuir ou à frapper

 

34.Mais ton lieu saint demeurera intact à travers les siècles : bien qu’incendié et détruit par le feu et l’épée, une invisible maison se tient pourtant là, et s’y tiendra jusqu’à la tombée du Grand Equinoxe ; lorsque Hrumachis surviendra et que celui aux deux sceptres prendra mon trône et ma place. Un autre prophète surviendra, et ramènera des cieux une fièvre nouvelle ; une autre femme éveillera le désir et l’adoration du Serpent ; une autre âme de Dieu et de Bête se confondra dans le prêtre au globe ; un autre sacrifice souillera le tombeau ; un autre roi règnera ; et la bénédiction cessera d’être octroyée au Seigneur mystique à tête de faucon !

 

35.La moitié du mot de Heru-râ-ha, appelé Hoor-pa-kraat et Râ-Hoor-Khut.

 

36.Puis le prophète dit au Dieu :

 

37.Je t’adore dans le chant, je suis le Seigneur de Thèbes, et moi le porte-parole inspiré de Mentu ; dévoile pour moi le ciel voilé, Ankh-af-na-khonsu qui s’est tué, dont les paroles sont vérité. J’invoque, je salue Ta présence, ô Râ-Hoor-Khuit !

 

Unité profondément révélée !

J’adore la puissance de Ton souffle,

Suprême et terrible Dieu,

Qui fait trembler devant toi

Et les dieux et la mort :

Moi, je t’adore !

 

Apparais sur le trône de Râ !

Ouvre les voies du Khu !

Eclaire les voies du Ka !

Les voies du Khabs me pénètrent

Pour me troubler ou m’apaiser !

Aum ! Que cela me comble !

 

38.De sorte que ta lumière soit en moi & sa flamme rouge soit comme une épée dans ma main pour appuyer ton ordre. Il est une porte secrète que je ferai afin d’établir ta voie dans tous les quartiers, (ce sont les adorations, comme tu l’as écrit), comme il est dit.

 

La lumière est mienne ; ses rayons me consument ; j’ai fait une porte secrète en la maison de Rhâ et de Tum, de Khephra et d’Ahathoor. Je suis ton thébain, ô Mentu, le prophète Ankh-af-na-Khonsu !

 

Avec Bes-na-Maut, je frappe ma poitrine ; avec la sage ta-nech, je compose mon charme. Manifeste ta splendeur stellaire, Nuit ! Invite-moi en ta maison pour y demeurer, serpent ailé de lumière, Hadit ! Demeure avec moi, Râ-Hoor-Khuit !

 

39.Tout cela et un livre pour dire comment tu vins ici et une reproduction de cette encre et de ce papier pour toujours – car en elle se trouve la parole secrète et pas seulement dans l’anglais – et ton commentaire sur ceci le livre de la Loi, sera magnifiquement imprimé à l’encre rouge et noire sur du magnifique papier fait à la main ; et à chaque homme et femme que tu rencontres, ne serait-ce que pour dîner ou boire chez eux, c’est la Loi à donner. Ils auront alors l’occasion de demeurer en cette béatitude ou non ; c’est sans importance. Fais ceci rapidement !

 

40.Mais l’œuvre du commentaire ? Elle est facile ; et Hadit brûlant en ton cœur rendra ta plume vive et assurée.

 

41.Etablis un secrétariat à ta Kaaba ; tout doit être bien fait et comme s’il s’agissait d’affaires.

 

42.Tu surveilleras toi-même les épreuves, hormis celles qui sont aveugles. Ne refuse personne, mais tu connaîtras et détruiras les traîtres. Je Suis Râ-Hoor-Khuit : et je suis puissant pour protéger mon serviteur. Le succès est ta preuve : n’argumente pas ; ne convertis pas ; ne parle pas trop ! Ceux qui cherchent à te piéger, à t’abattre, attaque-les sans pitié ni quartier ; et détruis-les totalement. Vif comme un serpent foulé, tourne-toi et frappe ! Sois encore plus meurtrier que lui ! Entraîne leurs âmes dans un supplice abominable : ris de leur crainte : crache sur eux !

 

43.Que la femme écarlate prenne garde ! Si la pitié la compassion et la tendresse visitent son cœur ; si elle délaisse mon œuvre pour jouer avec de vieilles douceurs ; alors ma vengeance sera connue. Je me tuerai son enfant ; j’aliènerai son cœur ; je la chasserai loin des hommes : telle une prostituée craintive et méprisée, elle rampera dans les rues humides du crépuscule, et mourra gelée et affamée.

 

44.Mais qu’elle se dresse avec fierté ! Qu’elle me suive dans ma voie ! Que son œuvre soit l’œuvre de la méchanceté ! Qu’elle tue son cœur ! Qu’elle soit bruyante et adultère ! Qu’elle soit couverte de joyaux et d’habits luxueux et qu’elle soit sans honte devant tous les hommes.

 

45.Alors je la hisserai aux pinacles du pouvoir : alors j’engendrerai d’elle un enfant plus puissant que tous les rois de la terre. Je la comblerai de joie : avec ma force, elle verra et frappera l’adoration de Nu : elle atteindra Hadit.

 

46.Je suis le seigneur guerrier des 40 : les 80 tremblent devant moi et sont avilis. Je vous amènerai à la victoire et la joie : je serai à vos bras dans la bataille et vous prendrez plaisir à tuer. Le succès est votre preuve ; le courage est votre armure ; continuez, continuez, en ma force et vous ne vous retournerez pour aucun !

 

47.Ce livre sera traduit dans toutes les langues : mais toujours dans l’original dans l’écriture de la Bête ; car dans la forme accidentelle des lettres et dans leur position les unes par rapport aux autres : en cela il y a des mystères qu’aucune Bête ne devinera. Qu’il ne cherche pas à essayer : mais il en vient un après lui, d’où, je ne dis point, qui découvrira la clé de tout ceci. Alors cette ligne tracée est une clé : puis ce cercle quadraturé en son défaut est aussi une clé. Et Abrahadabra. Ce sera son enfant et cela étrangement. Qu’il ne recherche pas ceci ; car de cette seule façon peut-il en déchoir.

 

48.Maintenant ce mystère des lettres est fini, et je veux poursuivre jusqu’au lieu plus saint.

 

49.Je suis dans un quadruple mot secret, le blasphème contre tous les dieux des hommes.

 

50.Maudis-les ! Maudis-les ! Maudis-les !

 

51.De ma tête de Faucon je crève à coups de bec les yeux de Jésus alors qu’il pend sur la croix.

 

52.Je bas des ailes à la face de Mahomet et je l’aveugle.

 

53.De mes serres j’arrache la chair de l’Indien et du Bouddhisme, Mongol et Din.

 

54.Bahlati ! Ompehda ! Je crache sur vos croyances crapuleuses.

 

55.Que Marie inviolée soit déchirée sur des roues : à cause d’elle, que toutes les femmes chastes soient totalement méprisées parmi vous !

 

56.Aussi par égard pour la beauté et pour l’amour !

 

57.Méprisez aussi tous les lâches ; les soldats de métier qui n’osent pas se battre, mais s’amusent ; méprisez tous les fous !

 

58.Mais l’ardent et le fier, le royal et l’altier : vous êtes des frères !

 

59.Comme des frères, battez-vous !

 

60. Il n’y a pas de loi plus haute que fais ce que tu voudras.

 

61.Il est une fin au mot du Dieu intronisé sur le siège de Râ, illuminant les poutres de l’âme.

 

62.A Moi fais-tu hommage ! à moi viens-tu au travers de la tribulation de l’épreuve, qui est félicité.

 

63.Le fou lit ce livre de la loi et son commentaire et il ne le comprend pas.

 

64.Qu’il traverse la première épreuve et il sera pour lui comme de l’argent.

 

65.A travers la seconde, de l’or.

 

66.A travers la troisième, des pierres d’eau précieuse

 

67.A travers la quatrième, d’ultimes étincelles du feu intime

 

68.Il semblera pourtant à tous magnifique. Ses ennemis qui ne disent pas ainsi ne sont que des menteurs.

 

69.Il y a succès.

 

70.Je suis le seigneur à tête de faucon, du silence et de la force ; mon némès voile le ciel bleu-nuit.

 

71.Salut ! vous guerriers jumeaux autour des colonnes du monde ! car votre temps est proche

 

72.Je suis le seigneur du double sceptre du pouvoir ; le sceptre de la force de coph nia – mais ma main gauche est vide, car j’ai anéanti un univers et rien ne subsiste.

 

73.Colle les feuilles de droite à gauche et de haut en bas : puis vois !

 

74.Il y a une splendeur en mon nom cachée et glorieuse, de même que le soleil de minuit est toujours le fils

 

75.La conclusion des mots est le mot abrahadabra.

Le Livre de la Loi est écrit et occulté. Aum. Ha.

 

 

 

 

Le commentaire

 

 

Fais ce que tu voudras sera toute la loi.

 

L’étude de ce Livre est interdite. Il est sage de détruire cette copie après la première lecture.

 

Quiconque néglige ceci le fait à ses propres risques et périls. Ceux-ci sont terribles.

 

Ceux qui discutent le contenu de ce Livre doivent être fuis par tous comme des centres de pestilence.

 

Toutes les questions relatives à la Loi ne doivent être tranchées qu’en se référant à mes écrits, chacun pour soi.

 

Il n’y a pas de loi plus haute que Fais ce que tu voudras.

 

L’amour est la loi, l’amour sous la volonté.

 

Le prêtre des princes,

Ankh-f-n-Khonsu.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 17:28

 

 Deuxième chapitre

 

1.Nu ! La dissimulation d’Hadit

 

2.Venez ! vous tous, et apprenez le secret qui n’a pas encore été révélé. Moi, Hadit, suis le complément de Nu, mon épousée. Je ne suis pas déployé, et Khabs est le nom de ma maison.

 

3.Dans la sphère, je suis partout le centre, de même qu’elle, la circonférence, n’est nulle part trouvée.

 

4.Néanmoins, elle sera connue et moi jamais.

 

5.Vois ! les rituels de l’ancien temps sont noirs. Que les mauvais soient exclus ; que les bons soient purifiés par le prophète ! Alors cette connaissance ira bien.

 

6.Je suis la flamme qui brûle dans tout cœur d’homme, et au noyau de chaque étoile. Je suis la vie, le dispensateur de vie, cependant par-là même la connaissance de moi est la connaissance de la mort.

 

7.Je suis le magicien et l’exorciste. Je suis l’axe de la roue et le cube dans le cercle. « Viens à moi » est une parole folle : car c’est moi qui vais.

 

8.Ceux qui ont adoré Heru-pa-kraath m’ont adoré ; malheur, car je suis l’adorateur.

 

9.Souvenez-vous tous que l’existence est pure joie ; que toutes les souffrances sont comme des ombres ; elles passent et disparaissent ; mais il y a ce qui demeure.

 

aleister-crowley3.jpg10.Prophète ! Tu mets de la bonne volonté à apprendre cet écrit.

 

11.Je te vois haïr la main et la plume ; mais je suis plus fort.

 

12.A cause de toi en moi que tu ne connaissais pas.

 

13.Pourquoi donc ? Parce que tu étais le connaissant, et moi.

 

14.Maintenant, que tombe un voile sur ce sanctuaire : maintenant, que la lumière dévore les hommes et les consume par cécité !

 

15.Car je suis parfait, étant pas ; et mon nombre est 9 par les fous ; mais avec le juste je suis 8, et 1 en 8 ; ce qui est vital, car je ne suis aucun en vérité. L’impératrice et le roi ne sont pas de moi ; car il existe un secret plus profond.

 

16.Je suis l’impératrice et le hiérophante. Donc 11, comme mon épousée est 11.

 

17.Ecoutez-moi, vous, peuple de soupirs ! Les chagrins de la souffrance et du regret sont laissés aux morts et aux mourants, ceux qui ne me connaissent pas encore.

 

18.Ceux-là sont morts, ces semblables ; ils ne ressentent pas. Nous ne sommes pas pour les pauvres et les tristes : les seigneurs de la terre sont nos parents.

 

19.Un dieu va-t-il vivre dans un chien ? Non ! Mais les plus hauts sont des nôtres. Ils se réjouiront, nos élus : qui s’afflige n’est pas des nôtres.

 

20.Beauté et force, rire éclatant et délicieuse langueur, force et feu, sont nôtres.

 

21.Nous n’avons rien à faire avec les pariats et les incapables : qu’ils meurent dans leur misère. Car ils ne ressentent pas. La compassion est le vice des rois ; piétine les misérables et les faibles : c’est la loi du fort : c’est notre loi et la joie du monde. Ne réfléchis pas, ô roi, à ce mensonge : que tu dois mourir : en vérité, tu ne mourras pas, mais vivras. Que ceci soit maintenant compris : si le corps du roi se dissout, il demeurera à jamais dans une pure extase. Nuit ! Hadit ! Râ-Hoor-Khuit ! Le soleil, la force & la vue, la lumière : ceux-ci sont pour les serviteurs de l’étoile & du serpent.

 

22.Je suis le serpent qui donne connaissance et plaisir et gloire éclatante, et attise le cœur des hommes dans l’ivresse. Pour m’adorer, prends du vin et d’étranges drogues dont je parlerai à mon prophète et enivre-t-en ! Ils ne te feront aucun mal. C’est un mensonge, cette folie contre soi-même. L’étalage de l’innocence est un mensonge. Sois fort, ô homme, désire, jouis de toutes choses des sens et du ravissement : n’aie crainte que quelque chose ne te renie pour cela.

 

23.Je suis seule : il n’y a pas de dieu où je suis.

 

24.Vois ! Ce sont de graves mystères : car il est aussi de mes amis qui sont ermites. Maintenant ne crois pas les trouver dans la forêt ou sur la montagne ; mais dans des lits de pourpre, caressés par de magnifiques femmes bestiales aux membres forts, avec du feu et de la lumière dans les yeux, et d’abondantes chevelures flamboyantes autour d’elles ; là les trouveras-tu. Tu les verras au pouvoir, dans les armées victorieuses, en toute occasion joyeuse ; et il y aura en eux une joie un million de fois plus grande que cela. Prends garde de crainte qu’un n’en contraigne un autre. Roi contre roi ! Aimez-vous les uns les autres avec des cœurs ardents ; foulez aux pieds les hommes vils dans l’appétit féroce de votre fierté, au jour de votre courroux.

 

25.Vous êtes contre le peuple, mes élus !

 

26.Je suis le serpent secret lové prêt à bondir ; dans mes anneaux, il y a la joie. Si je lève la tête, Moi et ma nuit sommes uns. Si j’abaisse la tête et crache du venin, alors est le ravissement de la terre, et moi et la terre sommes uns.

 

27.En moi réside un grand danger ; car qui ne comprend pas ces runes commettra une grande erreur. Il tombera dans le puits appelé Parce Que, et là, il périra avec les chiens de la raison.

 

aleister crowley 190228.Maintenant une malédiction sur « parce que » et sa parenté !

 

29.Puisse « parce que » être maudit à jamais !

 

30.Si la volonté s’arrête et s’écrie pourquoi, invoquant « parce que », alors la volonté s’arrête et ne fait rien.

 

31.Si le pouvoir demande pourquoi, invoquant « parce que », alors le pouvoir est faiblesse.

 

32.La raison aussi est un mensonge ; puisqu’il existe un facteur infini et inconnu : et toutes leurs paroles sont de travers.

 

33.Assez de parce que ! Qu’il soit damné comme un chien !

 

34.Mais vous, ô mon peuple, levez-vous et éveillez-vous !

 

35.Que les rituels soient célébrés correctement avec joie et beauté !

 

36.Il y a des rituels des éléments et des fêtes des temps

 

37.Une fête pour la première nuit du prophète et son épousée !

 

38.Une fête pour les 3 jours de l’écriture du Livre de la Loi.

 

39.Une fête pour Tahuti et l’enfant du prophète, secret prophète !

 

40.Une fête pour le rituel suprême, et une fête pour l’équinoxe des dieux

 

41.Une fête pour le feu et une fête pour l’eau ; une fête pour la vie et une plus grande fête pour la mort

 

42.Une fête chaque jour en vos cœurs dans la joie de mon ravissement !

 

43.Une fête chaque nuit pour Nu, et le plaisir de l’extrême délice !

 

44.Oui ! Festoie ! Réjouis-toi ! Il n’y a plus de crainte pour plus tard. Il y a la dissolution, et une éternelle extase dans les baisers de Nu.

 

45.Il y a la mort pour les chiens

 

46.Echoues-tu ? As-tu des regrets ? La crainte est-elle dans ton cœur ?

 

47.Où je suis, ceux-ci ne sont pas.

 

48.N’aie de pitié pour les déchus ! Je ne les ai jamais connus. Je ne suis pas pour eux. Je ne console pas : je hais le consolé et le consolateur.

 

49.Je suis unique et conquérant. Je ne suis pas des esclaves qui périssent. Qu’ils soient damnés et morts ! Amen

 

50.Je suis bleu, et or à la lumière de mon épousée : mais la lueur rouge est dans mes yeux ; et mes paillettes sont pourpres et vertes

 

51.Pourpres au-delà du pourpre : c’est la lumière dépassant la portée de la vue

 

52.Il y a un voile : ce voile est noir. C’est le voile de la femme pudique ; c’est le voile de la tristesse et le linceul de la mort : ceci n’est en rien de moi. Abats ce spectre mensonger des siècles : ne voiles pas tes vices par des mots vertueux : ces vices sont mon service ; tu fais bien et je te récompenserai ici et dans l’au-delà.

 

53.N’aie crainte, ô prophète, lorsque ces paroles seront dites, tu ne le regretteras pas. Tu es absolument mon élu ; et bénis sont les yeux sur lesquels tu poseras un regard d’allégresse. Mais je te cacherai sous un masque de tristesse : ceux qui te verront craindront que tu ne sois déchu : mais je t’élève.

 

54.Pas plus ne prévaudront ceux qui hurlent leur folie que tu ne représentes rien ; tu le révèleras ; tu prévaux ; ils sont les esclaves de parce que : ils ne sont pas de moi. Les points comme tu veux ; les lettres ? n’en change ni le style si la valeur !

 

55.Tu obtiendras l’ordre et la valeur de l’alphabet anglais ; tu découvriras de nouveaux symboles à leur attribuer.

 

56.Hors d’ici ! Vous, les moqueurs ; quand bien même vous ririez en mon honneur, vous ne ririez pas longtemps : alors, quand vous serez tristes, sachez que je vous ai délaissés.

 

57.Celui qui est droit restera droit : celui qui est immonde restera immonde.

 

58.Oui ! ne croyez pas au changement : vous serez tel que vous êtes et point autre. Ainsi les rois de la terre sont les rois pour toujours : les esclaves serviront. Il n’est aucun qui sera abaissé ou élevé : tout est toujours comme ce fut. Néanmoins, il y a des masqués mes serviteurs : il se peut que ce mendiant là-bas soit un roi. Un roi peut choisir son vêtement comme il le veut : il n’est pas de vérification certaine : mais un mendiant ne peut cacher sa pauvreté.

 

59.Aussi prends garde ! Aime tous, de peur qu’un roi ne soit caché ! Dis-tu cela ? Fou ! S’il est roi, tu ne peux le blesser

 

60.Alors, frappe fort et bas et en enfer avec eux, maître !

 

61.Il est une lumière devant tes yeux, ô prophète, une lumière non désirée, fort désirable.

 

62.Je suis élevé en ton cœur ; et les baisers des étoiles pleuvent fort sur ton corps.

 

63.Tu es exhalaison dans la voluptueuse plénitude de l’inspiration ; l’expiration est plus douce que la mort, plus rapide et riante qu’une caresse du ver de l’enfer lui-même

 

64.Oh ! tu es vaincu : nous sommes sur toi ; notre délice te recouvre : salut ! salut ! prophète de Nu ! prophète de Had ! prophète de Râ-Hoor-Khu ! A présent, réjouis-toi ! Maintenant, viens en notre splendeur et ravissement ! Viens en notre paix passionnée et écris des mots doux pour les rois !

 

65.Je suis le Maître : tu es le Saint Elu.

 

66.Ecris et trouve l’extase en écrivant ! Œuvre et sois notre couche  en oeuvrant ! Tressaille dans la joie de la vie et de la mort ! Ah ! Belle sera ta mort : qui la verra sera heureux. Ta mort sera le sceau de la promesse de notre immémorial amour. Viens ! élève ton cœur et réjouis-toi ! Nous sommes uns ; nous ne sommes aucuns.

 

67.Tiens bon ! Tiens bon ! Résiste en ton ravissement ; ne tombe pas évanoui sous les excellents baisers !

 

68.Plus ferme ! Soutiens-toi ! Lève la tête ! Ne respire pas si profondément, meurs !

 

69.Ah ! Ah ! Qu’éprouvai-je ? La parole est-elle épuisée ?

 

70.Il y a aide et espoir en d’autres incantations. La sagesse dit : sois fort ! Alors peux-tu supporter plus de joie. Ne sois pas animal ; affirme ton ravissement ! Si tu bois, bois par les 8 et 90 règles de l’art ; si tu aimes, excelle en délicatesse ; et si tu fais quelque chose de joyeux, que ce soit avec subtilité !

 

71.Mais excelle ! Mais excelle !

 

72.Lutte pour toujours plus ! Et si tu es sincèrement mien – et n’en doute pas, et si tu es toujours joyeux ! – la mort est la couronne de tout.

 

73.Ah ! Ah ! La mort ! La mort ! Tu désireras ardemment la mort. La mort ! ô homme, t’est interdite

 

74.La durée de ton désir ardent sera la force de sa gloire. Celui qui vit longtemps et désire fortement la mort est à jamais Roi parmi les Rois.

 

75.Oui ! écoute les nombres et les mots :

 

76.4638 ABK 24 ALGMOR 3 YX 2489 RPSTOVAL. Que signifie cela, ô prophète ? Tu ne le sais pas, ni ne le saura jamais. Il en vient un autre pour te suivre : il l’interprètera. Mais n’oublie pas, ô élu, d’être moi, de poursuivre l’amour de Nu dans les cieux étoilés ; de poser un regard sur les hommes, et de leur dire cette heureuse parole.

 

77.Sois fier et puissant parmi les hommes !

 

78.Elève-toi ! car nul n’est semblable à toi parmi les hommes ou parmi les Dieux ! Elève-toi ô mon prophète, ta stature dépassera les étoiles. Ils adoreront ton nom, carré, mystique, merveilleux, le nombre de l’homme ; et le nom de ta demeure 418.

 

79.La fin de la dissimulation d’Hadit ; et bénédiction et adoration au prophète de la belle Etoile ! 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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