Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 17:25

 

 Aleister Crowley – Le Livre de la Loi

Liber Al vel Legis sub figura CCXX

 

Premier chapitre

 

1.Had ! La manifestation de Nuit.

 

aleister-crowley3.jpg2.Le dévoilement de l’assemblée du ciel.

 

3.Chaque homme et chaque femme est une étoile.

 

4.Chaque nombre est infini ; il n’y a pas de différence.

 

5.Aide-moi, ô Seigneur guerrier de Thèbes, en mon dévoilement devant les Enfants des hommes !

 

6.Sois Hadit, mon centre secret, mon cœur & ma langue !

 

7.Vois ! Ceci est révélé par Aiwass le ministre de Hoor-paar-kraat.

 

8.Le khabs est dans le Khu, non le Khu dans le Khabs.

 

9.Adore donc le Khabs, et contemple ma lumière répandue sur toi !

 

10.Que mes serviteurs soient peu & secrets : ils régneront sur la multitude et le connu.

 

11.Ce sont des fous que les hommes adorent : leurs Dieux & leurs hommes sont également fous.

 

12.Montrez-vous, ô enfants, sous les étoiles & prenez votre comble d’amour !

 

13.Je suis au-dessus de vous et en vous. Mon extase est dans la vôtre. Ma joie est de voir votre joie.

 

14.Là-haut, l’azur gemmé est la splendeur nue de Nuit ; elle ploie dans l’extase pour embrasser les ardeurs secrètes d’Hadit. Le globe ailé, le bleu étoilé, sont miens, ô Ankh-af-na-khonsu !

 

15.Maintenant, saurez-vous que le prêtre et apôtre, élu de l’espace infini, est le Prince-Prêtre la Bête ; et en sa femme appelée la Femme Ecarlate est tout pouvoir donné. Ils rassembleront mes enfants en leur bercail : ils apporteront la gloire des étoiles dans le cœur des hommes.

 

16.Car Il est à jamais un soleil, et elle une lune. Mais à lui est la secrète flamme ailée, et à elle la voûte de lumière stellaire.

 

aleister-crowley4.jpg17.Mais vous n’êtes pas ainsi élus.

 

18.Brûle sur leurs fronts, ô splendide serpent !

 

19.O femme aux paupières azurées, ploie sur eux !

 

20.La clé des rituels est dans le mot secret que je lui ai donné.

 

21.Avec le Dieu et l’Adorateur, je suis rien ; ils ne me voient pas. Ils sont tels que sur terre ; je suis le Ciel et il n’y a d’autre Dieu que moi, et mon seigneur Hadit.

 

22.Maintenant donc, je suis connu de vous par mon nom Nuit, et de lui par un nom secret que je lui donnerai lorsqu’enfin il me connaîtra. Puisque je suis Infini Spatial et son Infini Stellaire, de même faites ainsi. Ne liez rien ! Qu’il n’y ait pas de différence entre telle chose et telle autre chose : car de là vient la douleur.

 

23.Mais quiconque prévaut en cela, qu’il soit le chef de tous !

 

24.Je suis Nuit et mon mot est six et cinquante.

 

25.Divise, additionne, multiplie et comprend.

 

26.Puis le prophète et esclave de la belle dit : Qui suis-je, et quel sera le signe ? Alors, lui répondit-elle, se penchant, une chatoyante flamme de bleu, touchant tout, pénétrant tout, ses mains adorables sur la terre noire, et son corps arqué pour l’amour, et ses pieds délicats ne faisant aucun mal aux petites fleurs : Tu sais ! Et le signe sera mon extase, la conscience de la continuité de l’existence, l’omniprésence de mon corps.

 

27.Alors le prêtre répondit et dit à la Reine de l’Espace, embrassant ses adorables sourcils, et la rosée de sa lumière baignant tout son corps d’un doux parfum de sueur : O Nuit, continue du Ciel, qu’il en soit toujours ainsi, que les hommes ne parlent pas de Toi comme Une mais comme Aucune, et qu’ils ne parlent pas du tout de toi puisque tu es continue !

 

28.Aucune, exhala la lumière, pâle & féérique, des étoiles, et deux.

 

29.Car je suis divisée, par égard pour l’amour, pour l’opportunité de l’union.

 

30.Ceci est la création du monde, que la souffrance de la division est comme rien, et la joie de la dissolution tout.

 

31.De ces fous d’hommes et leurs malheurs, ne te soucie pas ! Ils ressentent peu : ce qui est, est équilibré par de faibles joies ; mais vous êtes mes élus.

 

32.Obéissez à mon prophète ! Poursuivez les épreuves de ma connaissance ! Ne recherchez que moi ! Alors les joies de mon amour vous délivreront de toute souffrance. C’est ainsi : je le jure par la voûte de mon corps ; par mon cœur et ma langue sacrés ; par tout ce que je puis donner, par tout ce que je désire de vous tous.

 

33.Alors le prêtre entre dans une transe profonde ou pâmoison & dit à la Rien du Ciel : écris-nous les épreuves ; écris-nous les rituels ; écris-nous la loi !

 

34.Mais elle dit : les épreuves je n’écris point : les rituels seront à moitié connus et à moitié cachés : la Loi est pour tous.

 

35.Ce que tu écris est le triple livre de Loi.

 

36.Mon scribe Ankh-af-na-khonsu, le prêtre des princes, ne devra pas d’une seule lettre changer ce livre : mais de crainte qu’il n’y ait folie, il le commentera par la sagesse de Râ-Hoor-Khu-it.

 

37.De même les mantras et les incantations ; l’obéah et le wanga ; l’œuvre de la baguette et l’œuvre de l’épée ; ceux-ci apprendra-t-il et enseignera-t-il.

 

38.Il doit enseigner : mais il peut rendre difficiles les épreuves.

 

39.Le mot de la Loi est Volonté.

 

40.Qui nous appelle Thélémites ne se trompera pas, s’il regarde d’assez près le mot. Puisqu’il recèle Trois Grades, l’Ermite, l’Amoureux et l’homme de la Terre. Fais ce que voudras sera le Tout de la Loi.

 

41.Le mot du péché est Restriction, homme ! Ne refuse pas ta femme si elle veut ! Amoureux, si tu le veux, pars ! Il n’est d’autre lien que l’amour, qui puisse unir le dividé : tout autre est une malédiction. Maudit ! Maudit soit-il pour les éons ! Enfer.

 

42.Que soit cet état de multitude lié et odieux. Ainsi avec ton tout ; tu n’as nul droit hormis faire ta volonté.

 

43.Fais ainsi, et nul ne dira nenni.

 

44.Car le pur vouloir, inassouvi d’objet, libéré de la soif de résultat, est en tout point parfait.

 

45.Le Parfait et le Parfait sont un Parfait et non deux : non, ne sont aucuns !

 

46.Rien est une clé secrète de cette Loi. Soixante et un les Juifs l’appellent-ils ; je l’appelle Huit, Quatre-vingts, quatre cent & dix huit.

 

47.Mais ils ont la moitié : unis par ton art de sorte que tout disparaisse.

 

48.Mon prophète est un fou avec son un, un, un ; ne sont-ils point le Bœuf, et aucuns par le Livre ?

 

49.Abrogés sont tous rituels, toutes épreuves, tous mots et signes. Râ-Hoor-Khuit a pris sa place à l’Est à l’Equinoxe des Dieux ; et que Asar soit avec Isa, qui eux aussi sont uns. Mais ils ne sont pas de moi. Que Asar soit l’adorant, Isa la dolente ; Hoor en sa splendeur et son nom secret est le Seigneur initiant.

 

50.Il y a un mot à dire au sujet de la tâche Hiérophantique. Vois ! Il y a trois épreuves en une, et elle peut être donnée de trois manières. Le brut doit passer par le feu ; que le subtil soit éprouvé par l’intellect, et les élus sublimes, par le plus haut. Ainsi avez-vous étoile & étoile, système & système ; qu’aucun ne connaisse bien l’autre !

 

51.Il y a quatre portes à un palais ; le sol de ce palais est d’argent et d’or ; lapis lazuli & jaspe sont là ; et tous parfums rares ; jasmin & rose, et les emblèmes de la mort. Qu’il franchisse les quatre portes l’une après l’autre ou en même temps ; qu’il se tienne sur le sol du palais. Ne sombrera-t-il pas ? Amn. Hé ! guerrier, si ton serviteur sombre ? Mais il y a moyens et moyens. Pour cette raison, soyez beaux : revêtez-vous tous de belles parures ; mangez des mets succulents et buvez des vins qui moussent ! Aussi, prenez votre comble et votre désir d’amour à volonté, quand, où, et avec qui vous le voulez ! Mais toujours pour moi.

 

52.Si cela n’est pas juste ; si tu confonds les marques de l’espace, disant : Elles sont unes ; ou disant, elles sont plusieurs ; si le rituel ne m’est pas toujours consacré : alors, attends-toi aux inquiétants jugements de Râ-Hoor-Khuit !

 

53.Ceci régénéra le monde, le petit monde ma sœur, mon cœur & ma langue, vers qui j’envoie ce baiser. Aussi, O scribe et prophète, bien que tu sois des princes, ceci ne t’assouvira ni ne t’absoudra. Mais que l’extase soit tienne et joie de la terre : toujours pour moi ! Pour Moi !

 

54.Ne change pas plus que le style d’une lettre ; car vois ! toi, ô prophète, ne contempleras point tous ces mystères qui sont cachés.

 

55.L’enfant de tes entrailles, il les verra

 

56.Ne l’attends ni de l’Est, ni de l’Ouest ; car d’aucune demeure attendue ne vient cet enfant. Aum ! Tous les mots sont sacrés et tous les prophètes sont vrais ; sauf qu’ils ne comprennent qu’un peu ; résouds la première moitié de l’équation, laisse la seconde inattaquée. Mais tu as tout à la claire lumière, et un peu, quoique pas du tout, dans l’obscurité.

 

57.Invoque moi sous mes étoiles ! l’amour est la loi, l’amour sous la volonté. Ni ne laisse les fous se méprendre sur l’amour ; car il y a amour et amour. Il y a la colombe, et il y a le serpent. Choisissez bien ! Lui, mon prophète, a choisi, connaissant la loi de forteresse, et le grand mystère de la Maison de Dieu. Toutes ces vieilles lettres de mon Livre sont correctes ; mais (Tsaddé) n’est pas l’étoile. Cela aussi est secret ; mon prophète le révèlera aux sages.

 

58.Je donne d’inimaginables joies sur terre : certitude, non foi, pendant la vie, sur la mort ; paix indicible, repos, extase ; ni ne demande quoi que ce soit en sacrifice.

 

59.Mon encens et de bois résineux & de gommes ; et il n’y a pas de sang en lui ; à cause de mes cheveux les arbres de l’éternité.

 

60.Mon nombre est 11, comme tous leurs nombres qui sont des nôtres. L’étoile à cinq branches, avec un cercle en son milieu & le cercle est rouge. Ma couleur est noire pour l’aveugle mais le bleu et l’or sont vus du voyant. J’ai aussi une gloire secrète pour ceux qui m’aiment.

 

61.Mais m’aimer est mieux que toute chose : si sous les étoiles de la nuit dans le désert, tu brûles à présent mon encens devant moi, m’invoquant d’un cœur pur, et la flamme Serpent au dedans, viendras-tu un peu en mon sein t’y reposer. Pour un baiser, voudras-tu alors tout donner ; mais quiconque donnera ne serait-ce qu’un grain de poussière perdra tout en cette heure. Vous rassemblerez des biens et abondance de femmes et d’épices ; vous porterez de riches joyaux ; vous surpasserez les nations de la terre en splendeur et fierté ; mais toujours pour l’amour de moi, et ainsi viendrez-vous à ma joie. Je vous charge instamment de venir devant moi dans une seule robe et couvert d’une riche coiffe. Je t’aime ! Je te désire ! Pâle ou pourpre, et ivresse du sens le plus intime, te désire. Revêts les ailes et éveille la splendeur lovée en toi : viens à moi !

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 14:38

« La Vénus à la fourrure » est le chef-d’œuvre de Leopold von Sacher-Masoch (1836-1895). Rédigée tout d’abord en 1862, puis achevée en 1870, elle fait partie du premier volume du « Legs de Caïn » et s’inscrit dans le cycle de l’Amour. « La Vénus à sacher-masoch1.jpgla fourrure » est la première œuvre marquante de la littérature qui s’attache à décrire la relation entre un homme et une femme où la représentation extrême de l’amour prend la forme d’un esclavage librement choisi et consenti.

 

« La fable : « La Vénus à la fourrure » commence par un rêve ; l’ami (le narrateur) se souvient, alors qu’il s’adonnait à la lecture de Hegel, avoir fait un rêve étrange. La déesse Vénus est venue lui rendre visite. Elle lui fait une révélation : « Vous appelez cruauté, ce qui fait l’élément propre de la sensualité et de l’amour pur, la vraie nature de la femme : se donner où l’on aime et aimer tout ce qui plaît. Vous autres, gens du Nord, prenez l’amour beaucoup trop au sérieux. Vous parlez de devoir où il ne devrait être question que de plaisir ».

L’homme se réveille, habité par ce rêve ; il s’empresse de le raconter à son ami Séverin. Ce dernier lui remet un manuscrit intitulé « Confessions d’un suprasensuel ». L’homme plonge alors dans la lecture du journal intime et le passé de Séverin. Une autre pièce commence, qui relate sa liaison amoureuse avec Wanda von Dunajew.

Afin de concrétiser sa liaison avec Wanda, Séverin imagine et rédige un contrat : il s’engage à être son domestique, son esclave, son jouet même, et à subir toutes les humiliations qu’elle jugera bon de lui infliger. En contrepartie, Wanda accepte d’être toujours vêtue d’une fourrure et d’incarner l’idéal de Séverin : une Vénus à la fourrure du Nord, telle la grande Catherine de Russie.

Par ce vêtement érotique, elle retrouvera sa nature première : celle de l’animalité. Wanda, amusée et intriguée par la personnalité si singulière de Séverin, accepte les clauses du contrat et s’évertue à combler ses folles imaginations. Le couple part en Italie pour réaliser ses fantasmes et s’adonne à des jeux de rôles ».

 

sacher-masoch4.jpg

Outre que le « verbiage » seul a retenu de Sacher-Masoch quelque chose, autrement dit un mot, « masochisme », en référence à une pratique sexuelle qui vient sacher-masoch3.jpgs’accoupler avec le « sadisme », autre mot que nous devons au célèbre Marquis de Sade malgré lui, la lecture de « La Vénus en fourrure » n’importe point pour son seul caractère érotique mais bien parce qu’il détient un contenant mystique, même s’il demeure superficiel, il atteste au moins que l’auteur lui-même s’y soit plongé assez sérieusement pour en extraire une compréhension affinée.

 

Déjà « l’ami » dont l’auteur nous écrit le dialogue, converse avec la déesse Vénus, ce qui n’est point commun – N’approche pas Déesse qui veut -, et la divinité de l’amour et des plaisirs lui confie les dessous de la science luxurieuse, attestant qu’il y a de la cruauté dans l’ouvrage. 

 

« L’ami : Vous m’avez appris ce qu’est l’amour. Votre culte m’a fait oublier deux mille ans d’Histoire.

La déesse : Quelle fidélité sans exemple j’avais pour vous !

L’ami : Ah ! En ce qui concerne la fidélité…

La Déesse : Vous êtes injuste !

L’ami : Je ne veux pas vous faire de reproches. Vous êtes assurément une femme divine, mais avec tout une femme, cruelle en amour comme toutes les femmes.

La déesse : Vous appelez cruauté ce qui fait l’élément propre de la sensualité et de l’amour pur, la vraie nature de la femme : se donner où l’on aime et aimer tout ce qui plait.

aphrodite-pan-cupidon.jpg(…) L’amour en tant que joie parfaite et sérénité divine ne vaut rien pour vous, hommes modernes, fils de la réflexion et de la raison. La nature est à vos yeux une ennemie.

De nous, dieux joyeux de l’Antiquité, vous avez fait des démons et, de moi, une créature diabolique. Demeurez dans vos brouillards nordiques et dans l’encens du christianisme ; laissez notre monde païen reposer sous la lave et les décombres ; n’exhumez rien de nous. Ce n’est pas pour vous qu’ont été bâtis Pompéi, les bains et les temples romains. Vous n’avez pas besoin des dieux. Nous mourons de froid chez vous !

L’ami : (…) Vous ne pouvez nier que l’homme et la femme soient ennemis. Si l’amour les unit un court moment et fait d’eux un être habité d’une seule pensée, d’une seule sensibilité et d’une seule volonté, ce n’est que pour mieux les séparer après. Vous le savez mieux que moi : qui ne sait soumettre l’autre à sa loi, sentira bientôt sur sa nuque un pied prêt à l’écraser.

La déesse : Et il est de règle que ce soit le pied de la femme ! Cela veut dire que vous êtes, à présent, mon esclave et que je vais vous piétiner sans pitié. Dois-je vous l’avouer ? Je suis cruelle. N’ai-je pas le droit de l’être ? L’homme est celui qui désire, domina moyen âge12 overblogla femme est l’objet désiré ; voilà son seul avantage, mais combien décisif. La nature nous livre l’homme grâce à la passion, et la femme qui ne sait faire de lui son humble sujet, son esclave, oui, son jouet, pour enfin le trahir en riant, celle-là n’est guère avisée. Mes principes reposent sur deux mille ans d’expérience. Plus la femme se montre soumise, plus vite l’homme retrouve son sang-froid et devient dominateur ; mais, plus elle est cruelle et se montre infidèle, plus elle le maltraite, plus elle joue follement avec lui, moins elle s’attendrit, et plus, alors, elle aiguise la volupté de l’homme, plus elle est aimée et adorée. Il en a été ainsi de tout temps, depuis Hélène et Dalila jusqu’à Catherine II et Lola Montez ».

 

messaline6 anneka di lorenzo officielQuittant Vénus, l’auteur transfert son dialogue avec une certaine Wanda, laquelle, lorsqu’elle confie son interprétation de l’amour sensuel, profère les mêmes intentions que la divinité.

 

« Wanda : Voyez-vous, la sensualité sereine des Grecs est pour moi une joie exempte de douleurs, un idéal que j’essaie de réaliser dans ma vie. Il n’y a dans la nature que ces amours des temps héroïques ; en ces temps-là, le désir suivait le regard, le plaisir suivait le désir. Tout le reste est manière, affectation, mensonge. C’est le christianisme qui, le premier, a introduit un élément hostile au sein de la nature et de ses innocents instincts.

L’individu qui se révolte contre les institutions de la société est aussitôt expulsé, stigmatisé, lapidé. Soit, je prends le risque. Mes principes sont délibérément païens, je veux vivre ma vie. Je renonce à votre respect hypocrite, je préfère être heureuse. Ceux qui ont inventé le mariage chrétien ont inventé, en même temps, l’immortalité. Or, je ne pense pas un instant vivre éternellement et, lorsque, avec mon dernier soupir tout ici-bas sera fini pour moi, à quoi me servirait-il de savoir si mon pur esprit chante parmi le chœur des anges ou si la poussière de mon corps forme un être nouveau ? Allons bon, tout est poussière et retournera poussière ».

 

domina moyen âge2Il semble que l’homme qui bat sa femme touche à la bestialité la plus primitive, mais que dans le sens inverse, et lorsque la femme est à ce point idolâtrée et faisant ainsi d’elle une déesse, l’auteur croit toucher au divin, il accède à la nébuleuse des dieux qui boivent l’Ambroisie. Voici comment Séverin a eu le déclic du contenant de cruauté dans l’amour et qu’il y a trouvé « matière » à jouissance, lui le « suprasensuel » :

 

« Séverin : J’avais environ quatorze ans, lorsque ma tante, la comtesse Sobol, vint rendre visite à mes parents ; c’était une belle femme majestueuse au sourire charmant, mais je la détestais, car elle avait dans la famille la réputation d’une Messaline, et j’étais avec elle aussi méchant aussi lourdaud que je le pouvais. Un jour que mes parents étaient partis en ville, ma tante décida de profiter de leur absence pour me faire passer en justice. Vêtue d’une sombre fourrure, elle entra à l’improviste dans ma chambre, suivie de sa cuisinière. Sans poser de questions, elles m’attrapèrent et, en dépit de ma résistance, elles m’attachèrent les mains et les pieds ; Puis, avec un sourire méchant, ma tante retroussa ses manches et se mit à me frapper avec une baguette. Elle y allait si bien que le sang coulait. Malgré mon courage héroïque, je criais, je pleurais, et finis par demander grâce. Elle me fit délier mais je dus, à genoux devant elle, la remercier pour cette punition et lui baiser la main. A partir de ce jour, ma tante me sembla être la femme la plus charmante que Dieu ait jamais mise sur terre ».   

 

madame claude tableau mammon asmodée en longQuant à la fourrure, et que l’auteur insiste de mentionner, comme s’il s’agissait d’un vêtement prompt à la domination sur autrui lorsqu’une femme la porte, Wanda disant que « cela donne à la femme quelque chose d’altier, d’imposant », elle est finalement défendue pour ce qu’elle fait ressembler Madame « à une grande chatte » : « C’est de là que vient l’influence bienfaisante et diabolique qu’exercent, sur les êtres spirituels et impressionnables, la compagnie des chats ». L’animal choisi ne peut manquer de rappeler au mystique la figure de Bastet, divinité correspondant à Vénus, qu’une lionne montrait à son origine, puis panthère (cf. Bacchante) et un chat.

La fourrure renvoie également à la notion de luxe, de sophistication, et nous savons que les hétaïres grecques, prostituées les plus chères, se voyaient récompensées par des tenues resplendissantes, idem au moyen âge, les épouses de notables qui sacrifiaient au culte de Vénus pour gagner beaucoup d’argent à la sueur de leur corps-à-corps s’offraient en échange les plus belles parures à poils et qu’importait le prix. Portant des dessous affriolants, ces dames portaient des fourrures qui les couvraient impeccablement des bottes à la tête alors qu’elles étaient nues dessous.

La fourrure renvoie encore à la « bête », qui est « Heith » ou « Attein » (666) en grec. L’amour sensuel inclut en lui sa part de bestialité, il y a de la bête dans la passion physique et celle-ci vient à être figurée par la fourrure que la dame choisit de porter sur elle.

La maîtresse est nue sous sa fourrure mais elle porte des cuissardes. Ces bottes sont en cuir, une autre matière qui rappelle la bête, en l’occurrence le taureau, emblème de la génération, figure du Bacchus infernal idolâtré par les Bacchantes dans le bois du Stimula à proximité de Rome dans l’Antiquité. Ces mêmes « Bassares » qui portaient la tenue léopard, comme les hommes reconnaissaient ainsi les prostituées de Bastet, marquaient la puissance bestiale dont elles revendiquaient de détenir, sacher-masoch5.jpgsignifiant combien elles se sentaient prêtes à supporter les assauts virils des mâles même les plus exigeants. 

 

Vêtement coûteux, la fourrure est un artifice vestimentaire parfait pour Mammon : le démon de la cupidité - et non de l’avarice pour le cas qui nous occupe – trouve là l’une de ses meilleures représentations lors de la Messe Noire qui lui est consacrée, une femme bourgeoise et voluptueuse, nue sous une fourrure et qui se tient idolâtrée par les dévots à la place du Christ ennuyeux.

 

sacher-masoch7.jpg

Enfin, Vénus en personne, la Déesse de l’amour qui devient clairement la Divinité des débauches, révèle le secret des secrets concernant la femme, les dessous de son caractère :

 

« Vénus : « Souviens-toi bien de ce que je vais te dire maintenant : ne sois jamais sûr de la femme que tu aimes, car la nature de la femme recèle plus de périls que tu ne peux le croire. Les femmes ne sont ni aussi bonnes que les font leurs admirateurs et leurs défenseurs, ni aussi mauvaises que les font leurs détracteurs. Le caractère de la sacher-masoch8femme n’est qu’un manque de caractère. La meilleure femme peut momentanément sombrer dans la boue, et la pire peut inopinément s’élever à de grandes et bonnes actions, confondant ainsi ses contempteurs. Toute femme, bonne ou mauvaise, est capable à chaque instant d’avoir les pensées, les actions et les sentiments les plus diaboliques comme les plus divins, les plus sordides comme les plus purs. La femme, malgré tous les progrès de la civilisation, est restée telle qu’elle est sortie des mains de la nature, elle est comme les bêtes sauvages, elle peut se montrer fidèle ou infidèle, bienveillante ou cruelle, selon les sentiments qui la dominent. L’homme obéit à des principes quand la femme, elle, n’obéit qu’à ses sentiments. N’oublie jamais cela, et ne sois jamais sûr de la femme que tu aimes ».

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 15:20

Comme Eliphas Lévi écrit : « Le corps astral (médiateur plastique) fait à l’image et à la ressemblance de notre corps, dont il figure lumineusement tous les organes, a une vue, une ouïe, un odorat et un goût qui lui sont propres » (Eliphas Lévi – La clef des incube.jpggrands mystères) ; il prouve qu’une entité astrale dispose d’organes similaires aux nôtres bien qu’invisibles ; et sans doute de proportions différentes. Ainsi, un démon, que ce soit un incube ou un succube (parfois, l’aptitude androgyne du démon fait qu’il peut être l’un et devenir l’autre), est une entité infernale parce qu’elle est sexuée, et nous pouvons même croire que son sexe est du double de la taille du nôtre, et pourquoi pas du triple ! Ce ne sont pas les mesures qui comptent ici, mais un moyen d’expliquer la frénésie sexuelle qui habite ces êtres. Un démon succube ou « démone » porte un sexe féminin d’une taille supérieure à celle d’une femme, d’où qu’une insatiabilité lubrique l’habite continuellement et l’incite constamment à trouver moyen d’obtenir du plaisir lascif.

Sa méthode la plus efficace est de pénétrer une femme correspondant à sa propre nature et de l’influencer pour obtenir ce dont elle désire (Paracelse écrit : « Il faut en conclure que les « diables » peuvent entrer dans la peau d’un individu et s’en évader tout d’un coup » (Paracelse – Grimoires ; p.108).)


Les entités les plus portées sur la luxure, soit pour son obscénité soit pour son carmella-bing-MN-DEF.jpgimpudicité, émanent, ou bien de Vénus, ou bien de la Lune, c’est-à-dire, respectivement du règne d’Asmodée ou de celui de Lilith et Nahashiel. Le mot « démon », que les Hébreux écrivent « Shedim » (Shin-Daleth-Yod-Mem) (354), se dit au singulier « Sedu » (Shin-Daleth-Vau) (310) ; aussi le « démon Asmodée » (Aleph-Shin-Mem-Daleth-Aleph-Yod) (356) porte-t-il, lors de sa célébration « salace » le nombre 310+356+=666. Régnant dans Vénus mais venant de Mars, il est rouge écarlate lorsqu’il est exposé.

 

Les succubes (mot masculin) sont comptés comme des « démones » bien qu’à leur origine, ils étaient des divinités élémentaires, et, autant Paracelse que le comte Gabalis, suggèrent que « les Nymphes et les Sylphes étaient réputées pour aimer avoir des relations avec des hommes ».

La maîtresse des Nymphes est connue pour détenir une force magnétique apte à hypnotiser quelque homme que ce soit : « Taliahad apparaît en tant que jeune femme particulièrement belle avec les yeux complètement pourpres, doués pour hypnotiser dangereusement celui qui les regarde. Sa peau est une couleur douce d’ivoire lisse, et elle est nue, excepté une ceinture grise attachée autour de sa taille. Les Nymphes étant les entités les plus magnétiques, il faut se méfier du risque de fascination avec un être de ce type ».

 

Paracelse insiste sur les Sylphes (Esprits de l’Air) et les Nymphes (Esprits de l’Eau) moine-et-bouc.jpg pour le commerce charnel avec les hommes, excluant les Salamandres (Esprits du Feu), trop brûlants, et les Gnomes (Esprits de la Terre), trop petits.

 

Le comte Gabalis les juge tous aptes à commercer charnellement avec l’homme : « L’air est plein d’une innombrable multitude de peuples de figure humaine, un peu fiers en apparence, mais dociles en effet : grands amateurs des sciences, subtils, officieux aux sages, et ennemis des sots et des ignorants. Leurs femmes et leurs filles sont des beautés mâles, telles qu’on dépeint les Amazones. (…) Ecoutez donc jusqu’à la fin, et sachez que les mers et les fleuves sont habités de même que l’air ; les anciens sages ont nommé Ondins, ou Nymphes, cette espèce de peuples. Ils sont peu de mâles, et les femmes y sont en grand nombre ; leur beauté est extrême, et les filles carmella-bing-et-bouc.jpgdes hommes n’ont rien de comparable. (…) La terre est remplie presque jusqu’au centre de Gnomes, gens de petite stature, gardiens des trésors, des minières et des pierreries : ceux-ci sont ingénieux, amis de l’homme, et faciles à commander. Ils fournissent aux enfants des sages tout l’argent qui leur est nécessaire, et ne demandent guère pour prix de leur service, que la gloire d’être commandés. Les Gnomides leurs femmes sont petites mais fort agréables, et leur habit est fort curieux. (…) Quant aux Salamandres, habitants enflammés de la région du feu, ils servent aux philosophes : mais ils ne recherchent pas avec empressement leur compagnie ; et leurs filles et leurs femmes se font voir rarement. (…) Les femmes des Salamandres sont belles, et plus belles même que astaroth3toutes les autres, puisqu’elles sont d’un élément pur. Je ne vous en parlais pas, et je passais succinctement la description de ces peuples, parce que vous les verrez vous-même à loisir et facilement si vous en avez la curiosité. Vous verrez leurs habits, leurs vivres, leurs mœurs, leur police et leurs lois admirables. Vous serez charmé de la beauté de leur esprit encore plus que de celle de leur corps » (Comte de Gabalis – Entretiens sur les sciences secrètes).

 

Le démon Astaroth, anciennement Grand Prêtre des temples d’Astarté, là où ces fameuses « prostitutions sacrées » avaient lieu, aurait bien son explication à livrer au phénomène des incubes succubes. Il avouerait qu’en tel endroit où des pratiques d-mon.jpgluxurieuses étaient vécues comme des sacrifices rendus à des déesses et dieux, où le lubrique se mêlait au sacré, où la lascivité faisait corps avec le sortilège, où le corps-à-corps sexuel servait la magie, forcément des puissances infernales finissaient par sortir de leur « ombre », et même si elles n’existaient pas, les égrégores poussés des prières collectives engendraient au moins des larves, lesquelles grandissant, en fournissaient d’autres, et ce Ciel astral fourmillait alors de ces entités élémentaires qui n’avaient de cesse de vouloir commercer charnellement avec les hommes.

Astaroth a l’apparence d’un prêtre pour rappeler qu’à son heure de gloire, tout ouvrage de luxure, fiançailles, mariage, rapport illégitime, adultère, homosexuel qui avait lieu au temple s’opérait de concert avec une idolâtrie sacrée, une dévotion mystique intense et assurément un sortilège. Qu’il s’agisse d’obtenir un bien matériel dans ses affaires, une meilleure récolte ou de jacques satan2 claude babylonegagner davantage d’argent, les hommes sacrifiaient par la luxure au temple afin de satisfaire leurs vœux et, pour cela, s’impliquaient totalement dans le rituel que le prêtre leur proposait d’accomplir.

Parce que son commerce était si rentable, Babylone favorisa une « prostitution sacrée » à grande échelle. En conséquence, nous ne pouvons même pas imaginer combien de ces femmes et hommes ont sacrifié par un corps-à-corps sensuel à tel dieu et déesse, invoqué sa gloire et conjuré de l’aider. A force qu’ils les imaginaient comme des réalités, ils les ont engendrés et en ont faits des puissances infernales réelles.

 

Les mages disent que « l’égrégore est une sorte de condensation fluidique de forces incubus succubus collin de plancyénergétiques formé dans l’invisible. Celui d’un dieu ou d’un démon célèbre est en permanence alimenté par toutes les prières faites en son nom. Sa puissance vient du fait qu’il est crédité par toutes ces parcelles de pensées-forces, qui viennent à lui, et très peu débité, du fait que le courant, dans l’autre sens, c’est-à-dire de l’égrégore au particulier, est difficile à établir ».

De son côté, Papus enseigne que « toute pensée humaine génère, dans l’astral, des forces correspondant à sa nature. Ces forces sont perçues par les voyants comme des clichés, généralement symboliques, et par le théurge comme des êtres véritables. Ces créations humaines sont éphémères. Leur durée dépend d’abord de l’intensité de pression du cerveau qui leur a donné naissance. Enfin, la durée de ces créations est d’autant plus longues que des actes sont venus fixer le cliché » (Papus – La science des mages – Editions Bussière).

incube succube satyreEliphas Levi précise à son tour que ces entités sont nommées « des fantômes, les anciens les appelaient encore les larves, les lémures, les empuses. Ils aimaient la vapeur du sang répandu et fuyaient le tranchant du glaive. La théurgie les évoquait et la kabbale les connaissait sous le nom d’esprits élémentaires ou élémentals. Ce n’était pourtant que des esprits mortels, des coagulations fluidiques » (Eliphas Levi – La clé des grands mystères).

 

Nous imaginons bien la prêtresse du temple d’Astarté dans la Babylone antique, convaincue d’incarner la déesse elle-même et pratiquant la « prostitution sacrée », aidée par une nature insatiable et un esprit échauffé par la luxure intense, comme elle peut générer de ces empuses, comme elle peut former de coagulations fluidiques vivantes et influentes sur autrui. Sa force devient plus que puissante car elle touche non seulement à la séduction mais au magique. Les rapports officiels traitent de la vapeur du sang, dont Paracelse dit « qu’elle peuple l’air de fantômes », mais d’autres textes tenus secrets complètent en ajoutant que « le semen mâle porte à dix fois supérieur le seul effet du sang », c’est dire la conséquence du don orgasmique commis au temple pour sa déesse ou son dieu.


belzébuth biondetta cazotte le diable amoureuxEliphas Levi croit bon d’ajouter que « les personnes obsédées par des fantômes sont ordinairement exaltées par un célibat trop rigoureux, ou affaiblies par des excès de débauche ». Des cas comme ceux-ci devaient être nombreux à fréquenter les temples d’Astarté.

 

A force de ces excès en débauches, les temples antiques de Babylone ont engendré des entités infernales par millions, peut-être par milliards, lesquelles à leur tour ont jeté leur dévolu sur les uns et les autres humains qui convenaient le mieux pour assouvir leur obsession sous la ceinture.

 

Nous rappelons ce passage extrait du « Livre des Médiums » d’Allan Kardec : « Ce serait une erreur de croire qu’il faut être médium pour attirer à soi les êtres du monde invisible. L’espace en est peuplé ; nous en avons sans cesse autour de nous, à nos côtés, qui nous voient, nous observent, se mêlent à nos réunions, qui nous suivent ou nous fuient selon que nous les attirons ou les repoussons. La faculté du médium n’est rien pour cela : elle n’est tw18 mammonqu’un moyen de communication. Supposons une réunion d’hommes légers, inconséquents, occupés de leurs plaisirs ; quels seront les Esprits qui s’y trouveront de préférence ? Ainsi, toutes les fois que des hommes s’assemblent, ils ont avec eux une assemblée occulte qui sympathise avec leurs qualités ou leurs travers, et cela abstraction faite de toute pensée d’évocation. Admettons maintenant qu’ils aient la possibilité de s’entretenir avec les êtres du monde invisible par un interprète, c’est-à-dire par un médium ; quels sont ceux qui vont répondre à leur appel ? Evidemment ceux qui sont là, tout prêts, et qui ne cherchent qu’une occasion de se communiquer ».

 

Les kabbalistes ont ainsi extirpé des sciences occultes de ces mages babyloniens des satyre3démons incubes succubes qu’ils ont nommés, pour les mâles des « Lilioth » et pour les femelles, des « Lilin ». Sans doute en liaison avec l’idolâtrie que les Babyloniens entretenaient avec Astarté Mylitta, la déesse des prostitutions et des débauches. Des prêtres, ceux que nous appelons les « prêtres d’Astaroth », engendraient de ces démons à partir des unions illégitimes et entretenaient postérieurement avec eux une liaison en vue de réaliser des vœux bénéfiques ou maléfiques.

Avec la chute de Babylone sombraient déesses et dieux antiques. Leur culte perdura dans la clandestinité et bien des couples continuèrent encore de sacrifier pour Mylitta, même si au lieu d’un grand temple, une tanière ou une chambre suffit. Mais ces égrégores, ces entités infernales engendrées, ou celles supérieures qui commandaient aux hommes qu’ils exploitent des luxures continuaient de vivre et de se propager dans les airs. Ils gagnaient force et influence auprès des hommes et bientôt inspiraient eux-mêmes les réalités de l’amour sensuel tel qu’ils l’entendaient voir évoluer, se concrétiser.

 

Finalement, « l’empire des sens », au moins occidental, résulte des esprits infernaux supérieurs ou ayant été engendrés par les hommes du temps de la Grande Babylone. astaroth astarté statueD’où, « Babylone la Grande Prostituée », a fait s’émanciper, tel un essaim de guêpes, des millions, des milliards d’entités attirées par l’obscène et la débauche qui parcourent le monde et entretiennent les hommes comme s’ils voudraient continuellement la voir remettre sur ses flots, cette terre de la luxure. Et ils y parviennent, quels que soient les courants, contraires ou alliés, Babylone renaît de ses cendres à chaque génération, d’une manière plus ou moins décadente, sur quelque continent du monde, avec ses mêmes frivolités. Exit les sacrifices, peu leur importe, reste les exercices.

 

Encore une fois, la luxure (d’aspect féminin) ne peut rien seule, c’est lorsqu’elle est fécondée par la magie (d’aspect masculin) qu’elle se met à engendrer des incubes succubes, et les exercices cultuels et autres sortilèges commandés par les prêtres d’Astaroth sur le corps nu et lascivement enthousiasmé des femmes qui vendaient leur chair pour idolâtrer leur déesse, leur dieu, produisaient ces « ombres spectrales », visualisées comme des boucs lubriques, des incubes très bien membrés ou des succubes irrésistibles, lesquels, « maîtres des arts sexuels », jetèrent leur dévolu sur des proies humaines et les tinrent psychiquement « enchaînées » à leurs moindres volontés.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 17:26

Les Babyloniens honoraient une divinité Mylitta que les étudiants en mystique identifient avec la Vénus Romaine. Ils lui accordent également d’être Astarté. Quelle lilith-over-blog.jpgpeut être l’origine de ce nom « Mylitta » ? Assurément, il faut se tourner du côté des Grecs anciens qui connaissaient une certaine Ilith ou Ilithye dont ils dressent un portrait cité ici : « Ilith ou Ilithye (à la rigueur Ilithyie), Ilithyia, autrement Eleutho, haute divinité de la Grèce Asianisante, se prend pour la déesse des accouchements, mais dans la réalité, s’élève aux rôles de Nuit primitive, de Grande Fécondatrice, de Mère des êtres. Ce qui suit suffira pour convaincre, sans même qu’il soit besoin d’invoquer des preuves qu’Ilithye n’est point une déesse d’origine grecque. Ceci posé, est-il croyable que l’étymologie puisse reconnaître un mot grec dans son nom ? C’est pourtant ce que l’on a fait généralement jusqu’ici. Un prétendu verbe est, dit-on, la racine du nom d’Ilithye ».

 

« Ilithye est plus ancienne que Crone (Pausanias, VIII, 21) sans aucun doute et que tous les autres dieux, même Ourane et Océan. Le Chaos, en supposant que la théorie dont Olen était le barde admît le Chaos, n’était que contemporain d’Ilithye ; et, pour mieux aphrodite-pan-cupidon.jpgdire, lui-même était Ilithye. Ilithye est la Grande Fileuse, la Fileuse à la quenouille d’or (Pausanias, passage cité). Fileuse ici veut dire révélatrice, génitrice, déductrice des formes, des individualités, des déterminations » (cf. chapitre « L’histoire de la « divinité des débauches » : Lilith, Cotytto, Pandemos… (1)).

 

De son côté, le chercheur Jean-Baptiste Félix Lajard reconnaît au nom « Mylitta » d’être lié aux ténèbres également ; il écrit : « Les ténèbres premières ou la nuit étaient composées du mélange des ténèbres et de la lumière, et appelées, dans les idiomes sémitiques, Mylitta, Alitta, Allileth, ou Alilath, et Gâd ; dénominations qui représentent les idées de « mère » ou « génitrice », de « Nuit », et de « Destin » ou « Fortune » (Jean-Baptiste Félix Lajard – Recherches sur le culte, les symboles, les attributs et les monuments figurés de Vénus en Orient et en Occident ; 1837).

 

Ainsi, le nom « Mylitta », contenant en lui « Ilithye », résulterait de « Ma-Ilithye » ou venus pandemos « Ma-Ilithya ». La racine « Ma », liée à l’antique « Moth » signifiant « mère », peut être rapprochée de « Matrone » (fille) ou « Matronita » (mère). Très exactement, « « Matrone » signifie « Maîtresse », « Reine » et tout à la fois la fille, la fiancée, l’épouse et la sœur jumelle du Roi. Anciennement dans le saint des saints du temple, l’union entre le Roi (qu’un Dieu-Bouc figurait) et la Matrone avait lieu une fois par semaine dans la nuit du vendredi au samedi ; elle est encore une amante, une vierge et une guerrière ». Comme écrit, « Lorsque Matronita est séparée et confrontée avec le Roi, dans l’excellence du Sabbat, toutes choses deviennent un seul corps » (Ha Idra zuta Kadisha, XXII, 746).

 

Le Zohar 3.69a engage pareille vision dans un langage on ne peut plus « crépusculaire » : « Le Roi a renvoyé la Matrone, c’est la servante qui a pris la place de la Matrone, et elle favorise les païens, ainsi qu’il est écrit : « C’est pour trois choses que la terre est troublée… par un esclave lorsqu’il règne, par une servante lorsqu’elle est devenue l’héritière de sa maîtresse ».

 

En somme, « Mylitta », abouti de « Ma-Ilithye », signifierait « Maîtresse Ilithye ».

 

Mylitta, appelée encore Ninlil, était la Vénus babylonienne. Jacques-Antoine Dulaure eros5 aphrodite mylittadécrit certains sacrifices qui étaient rendus dans ses temples et qui décrivent des pratiques luxurieuses, car la prostitution sacrée alimentait les lieux. Nous reprenons : « Les Babyloniens, dit-il, ont une loi bien honteuse. Toute femme, née dans le pays est obligée, une fois dans sa vie, de se rendre au temple de Vénus, pour s’y livrer à un étranger. Quand une femme a pris place en ce lieu, elle ne peut retourner chez elle que quelque étranger ne lui ait jeté de l’argent sur les genoux, et n’ait eu commerce avec elle hors du lieu sacré. Il faut que l’étranger, en lui jetant de l’argent, lui dise : « J’invoque la déesse Mylitta. Or, les Assyriens donnent à Vénus le nom de « Mylitta ». Quelque modique que soit la somme, il n’éprouvera point de refus, la loi le défend ; car cet argent devient sacré. Enfin, quand elle s’est acquittée de ce qu’elle devait à la Déesse, en s’abandonnant à un étranger, elle retourne chez elle. Après cela, quelque somme qu’on lui donne, il n’est pas possible de la séduire. Plusieurs d’entre elles, dédaignant de se voir confondues avec les autres, à cause de l’orgueil que leur inspirent leurs richesses, se font porter devant le temple dans des chars couverts. Là, elles se tiennent assises, ayant derrière elles un grand nombre de domestiques qui les ont accompagnées ; mais la plupart du temps s’asseyent dans la pièce de terre dépendante du temple de Vénus, avec une couronne de ficelle autour de la tête. Les unes arrivent, les autres se retirent. On voit en tout temps des allées séparées par des cordages tendus. Les étrangers se promènent dans ces allées, et choisissent les femmes qui leur plaisent le plus. Quand une femme a pris place en ce lieu, elle ne peut retourner chez elle que quelque étranger ne lui ait jeté de l’argent sur les genoux, et n’ait eu commerce avec elle. Il faut que l’étranger, en lui jetant de l’argent, lui dise : « J’invoque la déesse Mylitta ». Or, les Assyriens donnent à Vénus le nom de Mylitta » (Jacques-Antoine Dulaure – Des divinités génératrices).

 

mylitta100.jpgCar « Mylitta, aussi nommée Ninlil, est la parèdre de Enlil ; dans la version akkadienne, on la retrouve aussi sous le nom de Mulissu. Elle est la Déesse de la fertilité et de l’amour physique à qui il était rendu un culte sous forme de prostitution sacrée selon ce que raconte Hérodote. Sa légende venue de Nippur la décrit ayant une relation amoureuse avec Enlil, et de leur union nait trois créatures infernales. La jeune Ninlil est séduite par le dieu Enlil alors qu’elle se baigne dans un canal, en dépit des mises en garde de sa mère et elle donne naissance au dieu Nanna. Lorsqu’Enlil est banni de Nippur à cause de cette relation coupable, Ninlil le suit dans sa fuite jusque dans l’Ikalla. Elle parvient à s’accoupler encore avec lui, malgré les déguisements multiples du dieu, et conçoit chaque fois un nouvel enfant. Le dernier passage chante les louanges d’Enlil et de Ninlil devenus parents.

Dans la mythologie sumérienne, Ninlil (de « dnin » « lil » ou « Demoiselle du champ ouvert » ou « Demoiselle du Vent ou de l’Air »), est appelée Sud, puis Mullitu » (Source Wikipédia).

 

Hérodote dit du nom « Mylitta » qu’il représentait, dans la langue des Assyriens, la même idée qu’expriment, dans le grec et le latin, les mots « mère » (maîtresse, domina) et « génésique ». Ses attributs furent le cratère (Mullos ; sexe féminin) et le serpent.

 

lilith logo1Des figures dessinées sur des cônes montrent, à propos du culte de Mylitta, des expositions phalliques supposant une pleine virginité de la part de ses fidèles. Cependant, « le culte dégénéra, dans la suite, en de honteuses prostitutions. Le souvenir des excès de ce genre qui souillèrent les temples de la divinité se trouve consigné dans de nombreuses traditions » (Jean-Baptiste Félix Lajard – Recherches sur le culte, les symboles, les attributs et les monuments figurés de Vénus en Orient et en Occident ; 1837). Le même auteur ajoute : « On trouve encore une représentation de Vénus Mylitta sous l’emblème d’un palmier femelle entouré de deux boucs (Jean-Baptiste Félix Lajard – Recherches sur le culte, les symboles, les attributs et les monuments figurés de Vénus en Orient et en Occident ; 1837).

 

Jacques-Antoine Dulaure précise son évolution, ajoute : « La Vénus de Syrie était en conséquence considérée comme ayant les deux sexes ; et lorsqu’on célébrait ses mystères, les hommes prenaient les vêtements des femmes, et les femmes ceux des incube succubehommes. Les prêtres de cette Déesse remplissaient ordinairement les fonctions de leur ministère avec des habits de femme. La plupart des Grecs déclarèrent Vénus du sexe féminin, et les Romains adoptèrent cette décision. On voit, par ce précepte, que ce n’était pas seulement les filles, mais aussi les jeunes hommes qui se livraient à cette infâme dévotion qu’est la prostitution sacrée » (Jacques-Antoine Dulaure - Des cultes qui ont précédé l’idolâtrie).

 

D’après l’écrivain Macrobe, le transvestisme pouvait servir à maintenir la fiction de la dualité sexuelle : ainsi, au temple d’Aphrodite (Vénus-Mylitta), les « desservantes » s’habillaient en hommes, alors que les prêtres d’Hercule ne s’approchaient de l’autel que vêtus d’habits féminins. Au moyen âge, Maïmonide a évoqué une inversion totale du principe, évoquant un livre de magie dans lequel il était dit que lorsqu’un homme invoquait Vénus, il lui fallait s’habiller de vêtements féminins et que quand une femme uruk5 fornicates’adressait à Mars, elle devait porter, comme un homme, armes et armure » (Francis King – Esotérisme et sexualité).

 

Une figure de Mylitta nous la montre sous les traits d’une femme assise sur un trône, et faisant, avec une patère qu’elle tient de la main gauche, une libation sur un autel placé à ses pieds. Elle est coiffée d’une tiare crénelée (couronne) d’où s’échappe une touffe considérable de cheveux bouclés et tombant sur la nuque. La déesse est nue jusqu’à la ceinture. Une ample draperie est attachée au bas des reins, couvre les hanches et le reste du corps. Derrière elle pointe un adolescent ailé qu’il est impossible de ne pas prendre pour Eros ou l’Amour ».

 

« Ilithye » contient l’idée de « nuit », idem pour « Mylitta », pareillement encore pour « Lilith ». Creuzer a vu plus juste en le rapprochant de Lilith, Alilath, Mylitta, ces mystérieuses divinités babyloniennes et arabes dont le nom (le même au fond), implique les idées de Nuit et d’Enfantement (Selden, de « Diis syris », II, 2, p.249-254). uruk6 culte unionToutes deux, la dernière surtout, conviennent à Ilithye. Lorsque Babylone vient à « chuter » (Le Livre de l’Apocalypse - Ap 18), déesses et dieux eux-mêmes sont jetés, leurs temples sont détruits, leurs prêtres poursuivis, leurs réalités subtiles chassées sous terre. Un ordre suffit pour qu’ils quittent le Ciel et tombent dans les ténèbres. Des dévots continuent de les idolâtrer mais clandestinement. Comme cela, Mylitta ou « Ma-Ilithye » devient « Lilith » et gagne les profondeurs ténébreuses. Privée de ses temples, elle est en manque de sexe, d’où qu’elle est décrite comme une « insatiable ». A moins que ce dernier qualificatif provienne encore des sacrifices luxurieux et débauchés qui lui étaient rendus du temps où elle était Mylitta.

 

Car dans les premiers temps, Lilith est décrite parfaitement comme une prostituée : « Elle se farde de divers maquillages comme une abominable prostituée qui se tient à l’angle des rues et des routes pour séduire les hommes. Le sot qui s’approche d’elle, uruk1elle le saisit, l’embrasse… ses cheveux sont peignés et teints en rouge. A ses oreilles pendent des bijoux, sa bouche est tenue à peine ouverte, superbement offerte et sa langue est effilée comme une épée. Ses lèvres magnifiques sont rouges, elle est vêtue de pourpre. Le fou la suit, boit la coupe de vin, puis se débauche avec elle et s’égare après elle. Lorsqu’elle ôte ses vêtements, elle se transforme en un guerrier puissant qui se dresse contre lui habillé d’un vêtement de feu ardent » (Mystère des mystères – traduction C. Mopsik).

 

De plus, la précision à propos de Mylitta, « La déesse est nue jusqu’à la ceinture », vient coïncider à cette hauteur même où Lilith connaît elle aussi une particularité : ilithye lilith« La matrona Lilith a l’aspect d’une belle femme avec une tête fine, mais sous la taille, elle brûle, du nombril aux pieds est faite de feu » (Kabbalah Mâassith). D’un point de vue mystique, le haut du corps peut représenter le Ciel ; le bas, l’Enfer, Mylitta montrait le haut, Lilith le bas. Mais nous sommes assurés par Monsieur Lajard que leurs attributs symboliques à Mylitta et à Lilith étaient les mêmes.

 

Les transformations d’une divinité en démon lui font perdre nombre d’atours et même parfois sa physionomie se trouve « revue et corrigée » complètement. Pour exemple, le dieu des dieux des Egyptiens Amon, vénéré à Karnak, est montré sous une forme humaine, avec deux grandes plumes sur sa tête, et assis sur un trône. Sa peau est bleue comme la pierre lapis lazuli, fortement prisée et semi-précieuse, il porte un « kilt » court. Tandis qu’Amon devenu démon, gradé « grand et puissant marquis de l’empire infernal », il a la figure d’un loup, avec une queue de serpent, il vomit de la flamme lorsqu’il prend la forme humaine ; il n’a de l’homme que le corps, sa tête ressemble à celle d’un hibou et son bec laisse voir des dents canines très effilées. C’est le plus solide des princes des démons. Il sait le passé et l’avenir, et réconcilie, quand il le veut, les amis brouillés. Il commande à quarante légions ».

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 15:35

(Suite du chapitre « Seth, Isis, Osiris… Litanie pour exiger du sexe »)

 

chakras et liens entre eux2 S’il est entendu que « Lilith et Samaël » personnifient les énergies qui émanent de mn f nue3Svadhisthana, par déduction nous trouvons là Isis la séductrice et Osiris le premier Priape, lesquels, parce que leur chakra est en liaison avec Ajna, sont liés à Seth, maître de ce dernier centre de force. Comme l’écrivait Jacques-Antoine Dulaure, « Vénus, le Soleil et Saturne ont affaire avec la génération ». Quel est le rôle de Seth ? Il est la « conscience » de la luxure, support indispensable à toute excitation, c’est lui qui met un nom aux choses et leur donne ainsi une réalité, donc une émotion. Si nous disons à quelqu’un : « Ceci est un objet », c’est clair dans l’esprit de celui qui écoute, mais très vague ; si nous précisons : « Ceci est un piano », l’auditeur peut immédiatement imaginer l’objet. Ici, c’est pareil, ce qui produit une excitation de ce qui n’enthousiasme rien dans le domaine érotique, c’est Saturne-Seth qui en a cette conscience et qui intervient dès qu’une réalité peut contenir du sensuel en elle et stimuler le génital qui est « Isis et Osiris ». Ou, tout au contraire, qui peut bloquer tout désir sexuel et empêcher le couple cité de s’enthousiasmer…

 

mn4-lilith-overblog.jpgLors de la cérémonie noire, un autel sert aux usages magiques. Dans la Messe Noire, la célébration satanique de Tchort, celle de Seth, d’Isis et d’Osiris (Bacchus et Vénus), une femme nue sert d’autel, pas systématiquement, et certains se demandent quelles paroles peuvent être prononcées sur ce corps découvert, offert sensuellement, comme consécration. Le mage Aleister Crowley en avait proposé une efficace pour Babalon ; et nous estimons, pour les idolâtres de Lilith, qu’il suffit de prendre ce texte et d’y substituer à Babalon « Lilith » pour obtenir les paroles magiques parfaites.

 

A-chanoine-docre-overblog.jpgVêtu des apparats de Satan avec la cape, le célébrant prononce la consécration en pointant avec son index, sa baguette magique ou son épée (bien que chaque objet ait son rôle particulier, la baguette servant à attirer, comme le doigt, tandis que l’épée sert à chasser ; mais dans le cas présent, l’épée peut receler un caractère d’impressionnabilité plus important) aux endroits dont il cite la direction, Est, Sud, Nord, Ouest, etc.

 

 

Babalon

(Aleister Crowley)

 

Fais ce que voudras sera le tout de la Loi.

Ne regrette point à cette heure le coupable sentiment,

Dague du Diable que le sang fait couler !

Je jure en direction de l’Ouest

mn f nue4Sous l’impudente poitrine de Babalon

Je jure en direction du Sud

Sur sa folle et joyeuse bouche

Je jure en direction de l’Est

Sur sa Coupe écorchée, ardente

Je jure en direction du Nord

Sur Son disque basané, sauvage

Je jure en direction des Hauteurs

Sur la malice de ses cinq doigts

Je jure en direction des Profondeurs

Sur le sommeil souriant de Son âme

Je jure en direction du Centre

Par Elle et Lui qui L’envoyèrent

Je prête ce Serment

De Foi

Envers Babalon

Ma propre sœur

Et Ecarlate putain

mn f nue5Je suis Son Prêtre la Bête

Afin de faire naître

Sur cette terre

Ma parole de mystère et d’effroi

La Loi de Volonté

Au-dessus d’Amour à Babalon

Seule

Ce serment de foi

Dur comme acier

En Sa chaste Coupe

Est scellé !

 

Lilith

 

métropolis1Fais ce que voudras sera le tout de la Loi.

Ne regrette point à cette heure le coupable sentiment,

Dague du Diable que le sang fait couler !

Je jure en direction de l’Ouest

Sous l’impudente poitrine de Lilith

Je jure en direction du Sud

Sur sa folle et joyeuse bouche

Je jure en direction de l’Est

Sur sa Coupe écorchée, ardente

Je jure en direction du Nord

Sur Son disque basané, sauvage

Je jure en direction des Hauteurs

Sur la malice de ses cinq doigts

Je jure en direction des Profondeurs

Sur le sommeil souriant de Son âme

métropolis2Je jure en direction du Centre

Par Elle et Lui qui L’envoyèrent

Je prête ce Serment

De Foi

Envers Lilith

Ma propre sœur

Et Ecarlate putain

Je suis Son Prêtre la Bête

Afin de faire naître

Sur cette terre

Ma parole de mystère et d’effroi

La Loi de Volonté

Au-dessus d’Amour à Lilith

Seule

Ce serment de foi

Dur comme acier

En Sa chaste Coupe

Est scellé !

       

N’oublions pas que « Babylone la Grande » fut longtemps identifiée à Lilith : « Viens, que je te montre le jugement de la prostituée fameuse, assise au bord des grandes mn f nue1eaux ; c’est avec elles qu’ont forniqué les rois de la terre, et les habitants de la terre se sont saoulés du vin de sa prostitution ». Il me transporta au désert, en esprit. Et je vis une femme, assise sur une Bête écarlate couverte de titres blasphématoires et portant sept têtes et dix couronnes. La femme, vêtue de pourpre et d’écarlate, étincelait d’or, de pierres précieuses et de perles ; elle tenait à la main une coupe en or, remplie d’abominations et des souillures de sa prostitution. Sur son front, un nom était inscrit – un mystère ! – « Babylone la Grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre ». Et sous mes yeux, la femme se saoulait du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus. A sa vue, je fus bien stupéfait ; mais l’ange me dit : « Pourquoi t’étonner ? Je vais te dire, moi, le mystère de la femme de la Bête qui la porte, aux sept têtes et aux dix cornes » (Ap 17 – 2/18).

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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