Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /2009 15:51

Il est de plus en plus clairement établi que Vénus ne fut pas toujours figurée par une belle femme mais bien par un bouc portant à la place de son sexe un caducée : « Le symbolisme utilisé dans la mythologie grecque impose de croire que le caducée est l’emblème d’Hermès. La remarque suivante tempère pareille évidence : « Le serpent à tête radiée et le serpent à tête surmontée d’un croissant sont comme les symboles de la vie mâle et de la vile femelle, ou du principe actif et du principe passif de la vie ; ne pourrait-on pas conjecturer que ces deux emblèmes nous révèlent l’origine et la véritable signification des deux serpents qui sont constamment enlacés autour du caducée d’Hermès ? Ne faut-il pas reconnaître que ces deux reptiles, l’un mâle, l’autre femelle, deviennent des hiéroglyphes idéographiques de la puissance génératrice complète comme ils le sont sur notre cône auprès de la Vénus assyrienne ou Mylitta ? » (Jean-Baptiste Félix Lajard – Recherches sur le culte, les symboles, les attributs et les monuments figurés de Vénus en Orient et en Occident ; 1837).

 

 

Puis : « Une particularité de la représentation de la Vénus androgyne est qu’elle porte un caducée fait de deux serpents : ceux-ci ne doivent-ils pas être rapprochés des deux serpents enlacés que l’on voit sur des médailles qui appartiennent à des localités où Bacchus recevait un culte particulier ? »

 

Ainsi prend la place désormais du Priape par rapport à Vénus : « l’un est l’autre et l’autre est l’un, le tout est hermaphrodite ». « Chez les Moabites ou Médianites, le Baal-Peor ou Belphégor – identifié par ailleurs à Priape – s’assimile à Baalim ou Belus, et, par conséquent, à l’ancienne Vénus androgyne Bel-Mylitta – ou Mithra - des Chaldéens ».

 

Remarquons que des prostitutions* du genre de celle qui accompagnèrent sont culte étaient liées, en Lycie, au culte d’Apollon ; en Egypte, à celui de Jupiter Thébéen, et dans l’Inde, parmi les Vanus (nom proche de Vénus) – ou Vamachara (étudiées ailleurs comme « Dâkinî de la Main Gauche, parfois succube ; ici « prostituée sacrée »), au culte de Parvati, l’épouse de Shiva.

 

(* A croire que l’on créa des dieux à ce point en nombre pour multiplier les prostitutions tant le commerce en était juteux, car il ne fut pas toujours « sacré », nous n’en doutons point.)

 

 

On sait qu’à Abydos en Egypte, un temple était consacré à « Vénus courtisane ». Des Grecs puis des Romains, depuis une certaine époque, ces deux derniers peuples, aussi bien que les Assyriens, ne regardaient-ils pas Vénus comme une divinité féminine, et ne l’adoraient-ils pas sous la figure d’une femme, alors même que les temples de cette divinité renfermaient encore d’antiques statues qui la représentaient avec les signes caractéristiques de l’un et de l’autre sexe ?

 

« Ces doctrines ont laissé sur le sol de l’Asie occidentale des traces si profondes, l’adoration du ctéis - ou mullos – n’a pas cessé d’être en usage chez certaines sectes religieuses de l’Orient, et notamment dans une localité célèbre autrefois par le culte dont Vénus y était honorée. Des mystiques rendirent dans leurs vêpres secrètes un culte aux parties sexuelles de la femme, et le leur rendent chaque vendredi soir, c’est-à-dire le jour qui fut consacré à Vénus ». En ajout, de la part de l’auteur, « ces cérémonies nous révoltent par leur obscénité. Nous lisons, au sujet de ces vêpres, dans un  écrit intitulé : « Lumière de la chandelle du soir du vendredi », que chaque initié est obligé de faire une confession générale, et que le plus grand de tous les péchés est la fornication avec les « sœurs » ou les initiées. Mais chez les Nozaïriens, qui ont conservé la cérémonie de l’adoration du ctéis, la cohabitation charnelle est considérée comme le seul moyen par lequel puisse s’accomplir parfaitement l’union spirituelle ».

 

 

La confession porte sur la luxure, les pénitents avouent leur adoration sexuelle, quasi obsessionnelle pour le sexe féminin et la pénitence leur fait fréquenter les femmes présentes charnellement, à moins que certains, jugés trop lubriques, sont punis par Priape lui-même, appelé le « Grand fornicateur ». C’est parce que le confessé aime trop la luxure féminine qu’il vient déposer aux pieds de la maîtresse (vanus) sa soumission et que le Grand fornicateur vient le chevaucher pour sa pénitence.

 

 

L’explication de Monsieur Lajard dit bien que le culte déifie « les parties sexuelles de la femme », soit devant et derrière, et non pas seulement le yoni. Ceci en rapport avec l’aspect double de Vénus : « La Vénus liée à la nuit était nommé Vesper ou Hesper, celle du jour, de la lumière, à Lucifer ou Phosphoros. C’est volontairement que je nomme Vesper avant Lucifer et que je place la nuit avant le jour. Dans l’ancien système théogonique et cosmogonique des Chaldéens d’Assyrie, la Nuit, mère de toutes choses, marquait le commencement du monde, et, pour cette raison, on supputait le temps à partir du coucher du Soleil ou de la première heure de la nuit ».

 

« Une autre représentation nous fait voir un prêtre revêtu d’un costume asiatique et accomplissant un acte d’adoration devant un autel sur lequel on voit un ctéis et l’étoile de Vénus (cinq branches ou pentagramme, qu’on trouve sur le front du Baphomet). Ici, le ctéis semble devenir l’emblème de la déesse elle-même, et nous fait involontairement songer au surnom de « Cteoulla » (cteoulla) sous lequel était adorée Aphrodite à Julis ».

 

 

Le présent rapport de Monsieur Lajard appelle à un retour sur les études enseignées à son heure par l’anglais Edward Sellon : c’est le moment d’y voir clair avec le nom « Vénus » (Lire chapitre « L’origine de Vénus chez les ésotéristes »), que nous supposons, pour notre part personnelle, plus sûrement venu d’Orient, la sonorité particulière l’atteste, dérivé de « vanus », un autre mot pour signifier la « vamachara ». Tiré des « Annotations sur les écritures sacrées des Hindous » d’Edward Sellon, cette traduction approximative et libre, néanmoins soucieuse d’apporter des informations justes, permet de constater d’où sont venues nombre des pratiques commentées jusqu’ici, d’Orient, que les Gnostiques apportèrent durant les temps antiques aux pays d’Occident : « Les Vanus, Varnus ou Vamacharis (« Vama » du nom « Vamachara » signifie « gauche » ; bien que l’on trouve aussi « vâmâ » qui veut dire « femme ») rendent un culte à leur déesse. Les adeptes pratiquent entre autres le rituel des cinq makaras, c’est-à-dire qu’ils mangent de la viande, du poisson, des céréales, boivent du vin, s’unissent aux femmes. Puis ils récitent des mantras, lisent des incantations… Ils tentent d’entrer ainsi en contact avec des esprits infernaux qu’ils nomment Yoginî ou Dhutî, attirent à eux des démons mâles et femelles afin qu’ils deviennent leurs esclaves*.

 

(* On rappelle ce passage de la magie tantrique : Apparemment, la Dâkinî de la voie Gauche, autrement dit la Vamachara, vit par l’activité sexuelle des hommes. Pas seulement mais sûrement… Un rituel tantrique abonde dans ce sens et prépare à la pratique de la magia sexualis, disant : « La magie sexuelle de certains tantristes de la Main Gauche de Bonpa et Nyimgmapa, ou des Vamachara (is) tantriques de l’Inde, consiste à ce que la Dâkinî qui est invoquée, donc qui préside au rituel, prenne possession d’une partenaire féminine qui devient ainsi un « médium » et copule avec le yogi dévot. Inversement, un yogi dévot suffisamment formé peut devenir médium et copuler avec les éléments de ses « désirs supérieurs » durant sa méditation ou « plongée astrale ». Dans le cas d’un très bon médium, l’une ou l’autre des méthodes peut avoir pour conséquence une « apparition » ou au moins il peut résulter une « matérialisation », ainsi une deuxième copulation vient s’ajouter subtilement à la première. On voit ainsi un parallèle avec des pratiques dépravées de certains spiritualistes du 19ème siècle, s’adonner à des rituels sexuels ou des orgies dans certains « convens » de la Main Gauche, de la renaissance de la Witchcraft » (Docteur Evans-Wentz). Ce que HPB résume par ces mots dans son « Glossaire théosophique » : « Certains travaux mystiques comme magiques, dont la particularité dominante est la vénération du pouvoir féminin, forcent la personnification de la Shakti. Dévi ou Durgâ (de Kâli*) est ainsi l’énergie spécifique connectée aux rituels sexuels et aux pouvoirs magiques, le meilleur de la magie noire et de la sorcellerie ». (Lire chapitre « Magia Sexualis avec Dâkinî Vamachara ou Lilith de la Main Gauche »)

 

 

« Dans une stricte observance des exercices, la principale pratique des cérémonies du culte de la Shakti – ou Pouvoir - nécessite la présence de jeunes et belles filles, lesquelles seront la représentation vivante de la déesse. Ce culte est célébré le plus souvent dans un groupe mixte. Les hommes représentent les Bhairavas ou Viras, les femmes les Bhanravis ou Nayikis. La Shakti est personnifiée par une fille nue, à qui l’on offre à manger et du vin, distribués par les assistants. Il s’en suit des récitations de mantras, des mouvements des doigts – dans les Bacchanales, il s’agissait de danses érotiques exécutées par les bacchantes - ; s’enclenche alors une orgie dont la description est des plus licencieuses. Cette cérémonie est intitulée « Sri Chakra » ou « Purnabisheka », le « bijou de la complète initiation ».

 

Le mot « Purnabisheka » ou « Purna » (Poorna) signifiant ici « complet » ou « plein » (« Purnachandra » ou « Pleine Lune ») a-t-il servi à concevoir le nom du démon « Porna », en même temps du mot grec « pornéia » signifiant « prostituée » mais aussi « fornication ». C’est possible, compte tenu que les pratiques de Maithuna dans la pûjâ réclamaient, de la part des adeptes, vu la maîtrise des arts sexuels exigés, des filles de joie ; d’où ce verset célèbre : « peu importe sa caste ». De fait, il est des Vénus incarnées qui furent abordées dévotement par le titre de « Grande fornicatrice » ; tout comme le dieu – Priape – était le « Grand fornicateur ».

 

 

Nous devinons que des cérémonies pareilles ont pu être exercées par des initiés de haute spiritualité, exempts de toute luxure, l’esprit en harmonie à leur objectif purement mystique. Mais nous savons bien que des mêmes pûjâ ont été réalisées par des prêtres et des hommes, sachant bien qu’ils n’atteindraient point le nirvana, espérant au moins rendre un culte dévotionnel intense tout en fréquentant la luxure du plus près.

 

Cette méthode d’adoration de la Shakti est inconnue officiellement mais les textes confirment les « Vanus » come les « autorités en matière de pratiques impures ». A l’occasion d’un culte rendu à la divinité, les épouses, les femmes et les filles déposent un de leurs vêtements dans une boîte tenue par un prêtre. Puis, chaque homme vient prendre un habit au hasard, qui décidera de la femme qu’il prendra pour lui et qui personnifiera à ses yeux la divinité Shakti. Elle devient ainsi sa partenaire d’un soir au cours de cette orgie lascive. 

 

 

La danse tient une place importante dans ce culte cérémoniel. Dans chaque temple, une importance est accordée à une troupe de danseuses pouvant participer à la cérémonie. Ces femmes sont généralement recrutées jeunes, bien qu’initiées à tous les arts de la profession. Elles sont sélectionnées aussi pour leur potentiel d’attraction sur la gent masculine, qu’elles intensifient par le moyen vestimentaire, des maquillages, bijoux et une bonne connaissance des arts techniques dans le domaine érotique.

 

 

Celle qui incarne la déesse ou Shakti est considérée comme un médium, et parfois les arts hypnotiques utilisés par les mages rendent cette réalité effective. La fille est souvent une courtisane ou une danseuse érotique mais aussi une épouse, une fille sensuelle, mais toujours informée du déroulement du rituel. Le culte de Shakti est l’adoration du « pouvoir » que ces mages imagent par le yoni ou ctéis, l’argha ou la vulve, qui est le sexe féminin, devant lequel ils disent :

 

« Aswattha patra sadrusam Yoni a ram cha bh a j a nam

T a mra, r u pya, suvaruaistu rachitam tal prasasyate. »

 

Dans « l’Ananda Tantra » chapitre 7 verset 148, ainsi que dans d’autres passages, la femme intronisée apparaît comme la déesse qui préside le « pudendum-muliebre » - dérivé de « mullos », l’antique nom sacré pour le sexe féminin – ou « vulve déifiée ». Dans l’esprit de chacun, un diagramme de la Shakti se dessine, et la figure est visualisée sur la vulve de la femme. C’est « Adha-mukham » ou la « face secrète », le yoni duquel l’adorateur imagine que l’autel sacré est érigé. De tels rituels de ce culte de la Shakti ont été exportés et adaptés ici et là par des Gnostiques de l’antiquité, qui l’ont combiné à la linga-pûjâ (adoration du phallus) ».

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 14:50


Voici un extrait conséquent de l’analyse de Domenico Migliaccio à propos d’Asmodée : « Il est appelé Ashmeddai en hébreu, Asmodeus en latin, Asmadaios en grec, As’medi en araméen. En langue persane, Aeshma Deva était le « Démon Destructeur, Exterminateur ». Son nom semble signifier le « Souffle ardent de Dieu », du moins en ce qui concerne l’étymologie latine.

Dante Alighieri ne l’inséra pas entre les nombreux personnages qui peuplent sa « Comédie », mais ce n’est pas un déshonneur… Maria Magdalena n’est pas là non plus ! Cependant, Asmodée eut également son rôle de protagoniste en littérature : « El diablo cojoelo » écrit par l’espagnol Luis Velez de Guevar en 1623. Plus tard, le français Alain-René Lesage reprendra ce sujet dans son œuvre « Le Diable boiteux », une satire sur les coutumes du XVIIème siècle.

D’anciennes traditions apocryphes racontent qu’il serait né de l’union d’Adam avec Lilith, la belle et terrible Déesse Noire. Sa naissance « bâtarde » conditionna, peut-être, ses pouvoirs. Il fut toujours considéré comme le démon de la luxure. Il surveillait les accouplements qui arrivaient dans les rêves : le Succube féminin (qui ensorcelait les rêves des hommes) et l’Incube masculin (qui violait les femmes endormies). Ils étaient, tous deux, ses serviteurs. Ce pouvoir sur les « pulsions sexuelles » lui fit mériter la réputation de « Sapeur » des mariages, et on le retrouve dans ce rôle seulement une fois, dans la Bible : Tob. 3 -VIII. Le verset latin qui le concerne peut être traduit par différents mots… pour ne pas « toucher » la sensibilité de quiconque, je laisse à chacun sa propre interprétation ou être muni d’une Bible de sa langue ».

 


La phrase suivante : « Il fut toujours considéré comme le démon de la luxure. Il surveillait les accouplements qui arrivaient dans les rêves : le succube féminin (qui ensorcelait les rêves des hommes) et l’incube masculin (qui violait les femmes endormies). Ils étaient, tous deux, ses serviteurs. Ce pouvoir sur les « pulsions sexuelles » lui fit mériter la réputation de « sapeur » des mariages » ; réclame le commentaire suivant : affirmer qu’il « surveillait les accouplements » prouve son rôle dans ces temples de Vénus Mylitta dédiés à la prostitution sacrée, et définit son travers exposé au chapitre précédent, de tirer bénéfice des voyeurs. Des femmes qui s’offraient en sacrifice charnel devant le grand Bouc lascif, le croisaient forcément. Il était un pensionnaire subtil des temples, ceux justement où la recherche de luxure domina sur celle de la fécondité. Il put être le Sorcier divin ayant inspiré les mages d’utiliser l’hypnose sur les sujets médiums pour en faire des « Fantômes », de ceux décrits comme des femmes fatales des « Fantasmes » volants ; d’où que des sensibilités extériorisées agissaient sur autrui par le moyen du déplacement ; et qu’Asmodée et les siens recrutaient indirectement leurs médiums parmi les femmes qui venaient faire leur sacrifice prostitutionnel au temple de Vénus Mylitta. D’où ce verset, énigmatique au premier degré, mais compréhensible pour l’étudiant des démons incubes succubes : « Sara, la fille de Ragouël, en la donnant pour femme à Tobias, le fils de Tobit, et en expulsant d’elle Asmodée, le démon mauvais » : ceci par le moyen d’une décoction qui sentait si mauvais qu’elle le fit fuir. Domenico Migliaccio écrit : « Le Livre de Tobie nous raconte qu’Asmodée avait tué les sept maris de Sara, mais il fut battu en brûlant une « mixture » de cœur et foie de poisson (ce mélange avait été suggéré par l’Archange Raphael - le Médicament de Dieu). L’odeur terrible chassa Asmodée du corps de Sara et l’Ange Raphael put lui enchaîner mains et pieds et le traîner dans les lointains déserts de la Haute Egypte ».

 

« Une autre légende nous dit que c’était le Gardien des Sources d’Eau dans les déserts ; il avait en particulier, le contrôle de la « Source de la Vie » et, fort de celui-ci, il faisait du chantage aux lépreux et les malades en les contraignant à travailler pour lui.

Mais Asmodée n’est pas ainsi toujours mauvais, ou mieux… en quelques histoires du folklore hébraïque, il est décrit comme un diable gai, vif et espiègle (l’image du Cupidon grec, Eros, héritier du culte de Vénus : comme quoi, l’antique Vénus Mylitta était mâle, c’était Pan Priape avec sa figure de taureau ou de bouc ; puis le redevint avec Eros, avatar d’Asmodée dans le temple), un sympathique type et souvent un ami des gens. Si tu réussissais à entrer en confidence, il pouvait t’offrir pierres précieuses et bijoux d’or, il pouvait t’enseigner la géométrie et l’arithmétique, il pouvait te dévoiler les secrets de l’astronomie et de la mécanique, il pouvait te rendre invisible et, finalement, te révéler les endroits où trésors immenses étaient cachés. Il suffisait de faire un pacte avec lui ».

 

Puis, retour au caractère primordial : « Son « devoir » en Enfer était celui de contrôler et de visionner les tripots et les casinos, mais son « esprit libertin » le faisait souvent remonter au monde des vifs. Et son aspect n’était pas très rassurant. Avant tout, Il était furieux et hurlant. Il se présentait souvent armé d’une lance, en chevauchant un Dragon. Quelques-uns le voyaient comme une espèce de monstre aquatique. D’autres disaient qu’il avait trois têtes : une d’homme, une de taureau et une de bouc (et non d’un bélier comme d’habitude, regroupant ainsi les principes symboles du culte priapique antique, le taureau (puissance génésique), le bouc (puissance lascive) et l’homme charnel (l’homme est parfois montré nu et viril, puis exposé ainsi comme un roi, une couronne sur sa tête) ; auquel nous ajoutons un lion (magnétisme), un serpent (sensualité, volupté) et des pattes d’oie (impudicité)). Son corps était une chimère horrible : il avait une patte de cheval et une autre de coq, queue de crapaud, écailles de serpent, et ses bouches vomissaient des flammes ».

 

 

Asmodée a le don de rendre les femmes impudiques, exhibitionnistes. Un aspect dans la mystique, non des moindres, permet de comprendre cette relation entre l’action de l’un, ses effets sur l’autre. Nous reprenons le tableau des correspondances :

 

Chakras

Correspondance

Kabbale

Correspondance sens

Correspondance Démonologie

Manipura (Soleil)

Netzah (Vénus)

Vue (œil)

Asmodée

Svadhisthana (Mercure) (lunaire)

Hod (Mercure)

Yesod (Lune)

Goût (bouche)

Lilith

Muladhara (Mars)

Malkuth (Terre)

Odorat (nez)

Satan

 

Nous constatons que l’œil, la vue, se rapportent à Asmodée. Or, quel sens humain parmi les cinq (odorat, goût, ouïe, toucher, vue) les phénomènes d’exhibition et d’impudicité ont-ils pour vocation de satisfaire à ses luxures sinon celui de voir ? Ainsi, au cas où Asmodée aurait régné en Hod, on aurait dit de lui « qu’il est le maître des gourmets », le sens correspondant étant celui du goût. Mais puisqu’il gouverne le sens de la vue, naturellement l’impudicité est le moyen d’inspirer la luxure qui lui convient… et qui est forcément visuelle. L’œil permet la vue mais c’est l’esprit qui inspire la vision, dont le Fantasme prend la direction lorsqu’il s’empare de lui. Alain Daniélou, dans « Le mystère du culte du linga » distingue bien le sens de son organe, disant que le premier est subtil, l’autre physique ; résumant : « Les sens sont extérieurs aux organes ».

 

 

Rudolf Steiner évoque la méthode qu’utilisent les Esprits de Saturne, entités décrites « lascives » pour s’introduire dans l’homme ; nous répétons : « Ce sont des esprits capables de développer des passions d’ordre sensuel terriblement dévastatrices contre lesquelles tout ce que l’homme peut mettre en œuvre dans ce contexte, ne sont que jeux d’enfants. Les esprits saturniens s’insinuent d’une façon encore plus mystérieuse dans le corps humain, à savoir par les sensations. Lorsque l’homme dirige son regard sur une belle chose, sur une pure et noble chose, cela suscite en lui une représentation ; s’il dirige son regard vers une chose sordide et triviale, une autre représentation est suscitée. Tandis que des impressions extérieures font naître une représentation dans l’âme, les esprits saturniens, bons et mauvais, s’insinuent par ce biais et dans le même temps en l’homme. Et à travers tout ce qu’il déploie autour de lui par simple sympathie ou antipathie à l’égard de ce qui l’entoure, sous forme de ce qu’il voit, l’homme s’expose à cette infiltration furtive de tels ou tels esprits saturniens. Ceux-ci pénètrent par les yeux lorsque la sensibilité de l’homme est en action. Par l’observation occulte, il est par exemple tout à fait incroyable de constater quels esprits monstrueux contenus dans certains parfums très prisés socialement, s’insinuent par le nez des gens qui se trouvent dans cet environnement, sans parler de ce qui pénètre par le nez des personnes qui portent elles-mêmes ces parfums ». (Rudolf Steiner – L’intervention des forces spirituelles en l’homme)

 

L’anthroposophe célèbre évoque ces entités ivres de luxure par le titre des « esprits de Saturne », ce qui ne signifie point qu’ils appartiennent à la planète de ce nom. En fait, Saturne est le maître du Capricorne, ou Capri Cornus ; et l’on revient immanquablement à la forme du bouc lascif, qui est l’animal symbole… de Vénus ! Et dont la figure est dessinée sur la représentation du démon Asmodée.

Ces types de vampirisme signifient qu’on peut, à partir d’une photo, puisqu’elle demeure émettrice de Heith, extraire magiquement de cette puissance magnétique – en partie – et l’approcher de soi pour disposer temporairement de ses pouvoirs.  

Chacun remarque, lorsqu’il a les yeux fermés et qu’il veut dormir, il y parvient mieux lorsque la lumière est éteinte et qu’il fait sombre ou noir. Inversement, lorsqu’on allume la lumière, par exemple au réveil, on garde les yeux fermés pour ne pas être ébloui d’un coup, que l’œil ne soit pas blessé par l’intervention du rayonnement ; en gardant ainsi les yeux fermés, au bout d’un certain temps pourtant, le besoin d’ouvrir les yeux devient nécessaire. La lumière, en agressant subtilement les yeux, les a incités de s’ouvrir.


 

C’est idem avec la force subtile « Heith ». Rayonnée par la femme sans même qu’elle s’en aperçoive, elle a la propriété d’agresser subtilement les forces instinctives, générationnelles et certains préciseraient même « bestiales » chez le mâle. Ce phénomène a pour conséquence d’éveiller et d’animer le désir sensuel chez l’homme.

 

Joris-Karl Huysmans aborde un travers sexuel peu anodin, qui fut utilisé avant la photographie par les mages noirs, sûrement ceux d’Asmodée, avec l’aide de peintures, appelé « Pygmalionisme » : « Je dois vous avouer un péché absolument neuf, qui entre dans le district connu de la luxure. Il est négligé depuis le paganisme, mal défini dans tous les cas. (…) Il n’est pas facile, je vais essayer néanmoins ; dans la province de la luxure, on relève, si je ne me trompe, le péché ordinaire, le péché contre nature, la bestialité, ajoutons-y la démonialité et le sacrilège. Il y a, en sus, ce que j’appellerai le « pygmalionisme », qui tient tout à la fois de l’onanisme cérébral et de l’inceste. Imaginez, en effet, un artiste tombant amoureux de son enfant, de son œuvre, d’une Hérodiade, d’une Judith, d’une Hélène, d’une Jeanne d’Arc, qu’il aurait ou décrite ou peinte, et l’évoquant ou finissant par la posséder en songe ! Eh bien, cet amour est pis que l’inceste normal. Dans ce crime, le coupable ne peut jamais commettre qu’un demi-attentat, puisque sa fille n’est pas née de sa seule substance mais bien aussi d’une autre chair. Il y a donc, logiquement, dans l’inceste, un côté quasi naturel, une part étrangère, presque licite, tandis que, dans le pygmalionisme, le père viole sa fille d’âme, la seule qui soit réellement pure et bien à lui, la seule qu’il ait pu enfanter sans le concours d’un autre sang. Le délit est donc entier et complet. Puis, n’y a-t-il pas aussi mépris de la nature, c’est-à-dire de l’œuvre divine, puisque le sujet du péché n’est plus, ainsi que dans la bestialité même, un être palpable et vivant, mais bien un être irréel, un être créé par une projection du talent qu’on souille, un être presque céleste, puisqu’on le rend immortel, et cela par le génie, par l’artifice ? Allons plus loin encore, supposez qu’un artiste peigne un saint et qu’il s’en éprenne. Cela compliquerait de crime contre nature et de sacrilège. Ce serait énorme ! C’est tout bonnement une expression raffinée du succubat ; ce n’est pas l’œuvre enfantée qui s’anime, mais bien un succube qui en prend la nuit, les formes ! C’est un privilège des artistes, un vice réservé aux élus, inaccessible aux foules ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

Si Onan n’est pas loin d’ici, Asmodée non plus…

  

   
Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 17:50

Nous écrivions au chapitre précédent : « Un autre cas est celui d’Asmodée : connu par les mystiques sous le nom Aeshma Deva, il est une divinité perse, dieu de la guerre, d’un tempérament colérique, peu ou pas porté sur la luxure, si ce n’est durant les heures où les soldats fréquentaient le bordel. Comment ce Génie a-t-il dégénéré en un démon de l’impudicité ? Le Talmud donne une indication intéressante, disant « qu’il devint un mauvais démon comparable à un satyre grec », car un passage le décrit « se mariant avec Lilith, qui devint sa Reine ». Cette union signifie sûrement que les temples dédiés au Aeshma Deva perse succombèrent à la tentation de s’associer à ceux de Lilitu sumérienne, laquelle était encore identifiée à la Vénus Mylitta ou Ninlin, alors Déesse de la prostitution sacrée (d’où que le démon Asmodée, dont le règne est Geburah (Mars) dans Qliphoth, vient gouverner dans Netzah (Vénus), apparaît ainsi comme le maître de la luxure et de l’impudicité).

 

Ceci au point qu’Asmodée, assimilé avec la pratique des prostitutions sacrées, des libertinages en tous genres, vint personnifier Vénus à son tour et l’ensemble des rites sexuels qui la concernaient. En conséquence, les mythologues chrétiens du moyen âge le dénoncèrent comme le démon de la fornication, de la jalousie, de la sensualité, de la luxure, de la colère et de la vengeance. Sa mission principale est de perturber la vie sexuelle des couples mariés, détruire les mariages récents, et encourager le désir des hommes envers les femmes. Asmodée est également un des démons responsable des obsessions. Il a toujours été considéré comme un des démons les plus craint des Enfers. Il est habituellement représenté avec des ailes et trois têtes : un monstre, un bélier, et un taureau, symbole de virilité et de fertilité. Il est assis sur un dragon, armé d’une lance, et crache du feu. Ses pieds sont ceux d’un coq et il a une queue de serpent ».


 

Sauf que celui qui en parle le premier, nous dit-on, est Tobit, confère le Livre de Tobie publié dans certaines Bibles seulement. Les erreurs historiques existant dans le texte, les spécialistes estiment que l’écrit fut rédigé non pas en 900 avant J.C. mais vers 200… en Grèce, bien que tout concerne le monde hébreu ; comme dit l’étude des rédacteurs de Rennes-le-Château, ayant étudié Asmodée : « L’auteur se présente comme Tobit lui-même, il ne s’agit évidemment pas d’un livre écrit au moment de la captivité des Juifs dans le royaume assyrien. En fait, tout indique que le livre a été rédigé pendant la période grecque, probablement vers 200 avant notre ère (ainsi, il est question de payer l’ange Raphaël avec des drachmes en 5,15). Sans certitude, cet ouvrage est peut-être l’œuvre d’un Juif de la diaspora, qui essaye de réfléchir à la manière de vivre sa foi en milieu païen. Le livre de Tobie témoigne d’un monothéisme fervent et d’un attachement scrupuleux à la Loi. Le monde païen est perçu comme hostile et le Juif fidèle doit l’éviter autant que faire se peut. Tobie témoigne d’une réelle confiance en la providence divine, capable de se manifester alors que tout semble définitivement perdu ». A quoi s’ajoute le commentaire suivant : « Ce livre est utilisé pour prouver l’existence de Raphaël, le troisième archange reconnu par l’Église catholique, dont il est le seul à parler. Toutefois, ce livre est sujet à controverse en raison de ses inexactitudes et du fait qu’il est un écrit deutérocanonique. À ce titre, il est exclu des canons hébraïque et protestant. Par exemple, la période que couvre la vie de Tobie va de la révolte des tribus du Nord qui a eu lieu en 997 avant l’ère chrétienne après la mort du roi Salomon (Tobie 1:4,5), à la déportation de Ninive de la tribu de Tobie en 740 avant l’ère chrétienne, soit 257 ans. Pourtant, (Tobie 14:1-3) parle de la mort de Tobie à 103 ans ». La TOB dit : « Au premier aspect, le récit donne l’impression d’être strictement historique par l’abondance des détails sur les temps, les lieux, les personnes et les grands épisodes de l’histoire commune de l’Assyrie et d’Israël entre 754 et 612 avant J.C. ; mais nombre de données ne résistent pas à l’examen critique. Visiblement, l’auteur ne connaît que de loin les rois dont il parle et il n’a pas voyagé dans les régions qu’il décrit. Il veut seulement conférer vraisemblance et autorité à son récit ». En tout, l’on compte « cinq erreurs historiques en neuf pages ! »

 

Voici le texte citant Asmodée : « Il arriva en ce même jour, à Ecbatane, ville des Mèdes, que Sara, fille de Raguel, entendit, elle aussi, les injures d’une des servantes de son père. Car elle avait été successivement donnée en mariage à sept maris, et un démon, nommé Asmodée, les avait fait mourir aussitôt qu’ils étaient venus auprès d’elle. Comme elle reprenait donc cette servante pour quelque faute, celle-ci lui répondit en disant : « Que jamais nous ne voyions sur la terre ni fils ni fille de toi, meurtrière de tes maris ! Veux-tu donc me donner aussi la mort, comme tu as déjà fait mourir sept maris ? » A cette parole, Sara monta dans la chambre haute de sa maison et y resta trois jours et trois nuits, sans boire ni manger. Mais, persévérant dans la prière, elle suppliait Dieu avec larmes de la délivrer de cet opprobre. Le troisième jour, elle acheva sa prière et bénit le Seigneur, en disant : « Béni soit votre nom, ô Dieu de nos pères, qui, lors même que vous êtes irrité, faites miséricorde, et qui, au temps de la tribulation, pardonnez les péchés à ceux qui vous invoquent. Vers vous, Seigneur, je tourne mon visage, vers vous j'élève mes yeux. Je vous demande, Seigneur, de me délivrer des liens de cet opprobre ; sinon, de me retirer de cette terre. (Tb 3 – 1/10)

 

Le texte, fidèle au leitmotiv religieux « croissez et multipliez », s’inquiète toujours du problème de la génération : et manifestement, pour eux, la femme ne sert vraiment qu’à cela, procréer. Bien sûr, tel contexte rend toute femme pleine d’inquiétude, surtout après avoir eu sept époux, tous morts. L’on invoque l’action d’Asmodée. Celui qui le nomme sait que c’est lui qui s’occupe des affaires luxurieuses ; ou plutôt, de son ancienne relation avec Lilith dans les temples antiques pratiquant la prostitution sacrée, son obsession n’était pas la génération mais la luxure. Quand la loi établissait cette pratique officiellement au lieu de la préserver au cadre intime de la vie de couple et de la laisser aux dépens de la volonté de chacun - l’affaire étant trop juteuse pour l’Etat -, il est à croire que le diabolique Asmodée utilisa dans ses chambres religieuses des moyens de rentabiliser les lieux en faisant voir les exercices prostitutionnels par des œilletons ou des miroirs sans tain à des voyeurs moyennant quelques finances. Des rumeurs ont pu courir ici et là que certains visiteurs louchaient les parties fines qui s’y déroulaient, sous couvert de religiosité, mâtaient des pratiquantes à leur insu, des voisins admiraient ainsi leurs voisines alors qu’elles sacrifiaient pour Vénus. Nous voilà effectivement bien loin de la procréation.

 

Puis, nous trouvons ces versets citant Asmodée : « Dans l’instant même, leur prière à tous deux fut entendue en présence de la gloire de Dieu et Raphaël fut envoyé pour les guérir tous deux : Tobit, en faisant partir les leucomes de ses yeux, afin qu’il voie de ses yeux la lumière de Dieu ; Sara, la fille de Ragouël, en la donnant pour femme à Tobias, le fils de Tobit, et en expulsant d’elle Asmodée, le démon mauvais, c’est à Tobias, en effet, qu’il revenait de l’obtenir avant tous les autres représentants ». (Tb 3 – 16/17) Cette fois-ci, un phénomène connu des prêtres sataniques, mages de Bacchus Priape, sorciers noirs et autres nécromanciens a lieu : celui d’un exorcisme où l’on est capable d’extérioriser la sensibilité d’une personne, en faisant d’elle un « fantôme », ou bien d’introduire en elle la force d’un démon, laquelle peut rendre des services maléfiques. D’une femme fatale, un nécromancien extériorisera son « esprit volant », le rendant « fantasme » (les Fantasmes d’antan, entités fantomatiques identifiées à des vampires ayant l’aspect de larves) ou, inversement, il condamnera une femme qui veut être mère à la stérilité en incorporant en elle une entité anti-générationnelle. Que ces phénomènes soient pratiqués avec réussite ou pas ne nous intéressent pas présentement ; mais que pour une pratique de sorcellerie visant la stérilité, l’auteur du Livre de Tobit mentionne le nom du démon Asmodée. Paradoxal que ce diable, maître de Vénus, haut règne s’il en est un de la génération, soit pourtant réputé de garantir la stérilité. Signe sûrement que le dieu antique était bel et bien déchu en l’an 200 avant J.C., tombé en disgrâce auprès des foules, et que des kabbalistes l’avaient disposé en bonne place dans le grand Arbre Qliphotique composé pour l’essentiel des antiques dieux que la génération n’intéressa pas. Il ne faut point croire là que « procréer » fut l’obsession de toutes les Divinités antiques. Oui dans les cultes monothéistes, non chez les polythéistes.

 

Comme en témoigne, avec sa plume agressive de surcroît violente, l’odieux Marquis de Sade, dans un pamphlet tiré de « Justine ou les malheurs de la vertu » : « Mais ceci serait-il une erreur du siècle, et la femme est-elle mieux vue chez ceux qui précédèrent ? Les Perses, les Mèdes, les Babyloniens, les Grecs, les Romains honoraient-ils ce sexe odieux dont nous osons aujourd’hui faire notre idole ? Hélas ! Je le vois opprimé partout, partout rigoureusement éloigné des affaires, partout méprisé, avili, enfermé ; les femmes, en un mot, partout traitées comme des bêtes dont on se sert à l’instant du besoin, et qu’on recèle aussitôt dans le bercail. M’arrêté-je un moment à Rome, j’entends Caton le gage me crier du sein de l’ancienne capitale du monde : Si les hommes étaient sans femmes, ils converseraient encore avec les dieux. J’entends un censeur romain commencer sa harangue par ces mots : Messieurs, s’il nous était possible de vivre sans femme, nous connaîtrions dès lors le vrai bonheur. J’entends les poètes chanter sur les théâtres de la Grèce : Ô Jupiter ! Quelle raison put t’obliger de créer les femmes ? Ne pouvais-tu donner l’être aux humains par des voies meilleures et plus sages, par des moyens, en un mot, qui nous eussent évité le fléau des femmes ? Je vois ces mêmes peuples, les Grecs, tenir ce sexe dans un tel mépris qu’il faut des lois pour obliger un Spartiate à la propagation, et qu’une des peines de ces républiques est de contraindre un malfaiteur a s’habiller en femme, c’est-à-dire à se revêtir comme l’être le plus vil et le plus méprisé qu’elles connaissent.

Mais sans aller chercher des exemples dans des siècles si loin de nous, de quel œil ce malheureux sexe est-il vu même encore sur la surface du globe ? Comment y est-il traité ? Je le vois, enfermé dans toute l’Asie, y servir en esclave aux caprices barbares d’un despote qui le moleste, qui le tourmente, et qui se fait un jeu de ses douleurs. En Amérique, je vois des peuples naturellement humains, les Esquimaux, pratiquer entre hommes tous les actes possibles de bienfaisance, et traiter les femmes avec toute la dureté imaginable ; je les vois humiliées, prostituées aux étrangers, servir de monnaie dans une autre. En Afrique, bien plus avilies sans doute, je les vois exerçant le métier de bêtes de somme, labourer la terre, l’ensemencer et ne servir leurs maris qu’à genoux. Suivrai-je le capitaine Cook dans ses nouvelles découvertes ? L’île charmante d’Otaïti, où la grossesse est un crime qui vaut quelquefois la mort à la mère, et presque toujours à l’enfant, m’offrira-t-elle des femmes plus heureuses ? Dans d’autres îles découvertes par ce même marin, je les vois battues, vexées par leurs propres enfants, et le mari lui-même se joindre à sa famille pour les tourmenter avec plus de rigueur.

Oh, Thérèse ! Ne t’étonne point de tout cela, ne te surprends pas davantage du droit général qu’eurent, de tous les temps, les époux sur leurs femmes : plus les peuples sont rapprochés de la nature, mieux ils en suivent les lois ; la femme ne peut avoir avec son mari d’autres rapports que celui de l’esclave avec son maître ; elle n’a décidément aucun droit pour prétendre à des titres plus chers. Il ne faut pas confondre avec des droits, de ridicules abus qui, dégradant notre sexe, élevèrent un instant le vôtre : il faut rechercher la cause de ces abus, la dire, et n’en revenir que plus constamment après aux sages conseils de la raison. Or la voici. Thérèse, cette cause du respect momentané qu’obtint autrefois votre sexe, et qui abuse encore aujourd’hui, sans qu’ils s’en doutent, ceux qui prolongent ce respect.

Dans les Gaules jadis, c’est-à-dire dans cette seule partie du monde qui ne traitait pas totalement les femmes en esclaves, elles étaient dans l’usage de prophétiser, de dire la bonne aventure : le peuple s’imagina qu’elles ne réussissaient à ce métier qu’en raison du commerce intime qu’elles avaient sans doute avec les dieux ; de là elles furent, pour ainsi dire, associées au sacerdoce, et jouirent d’une partie de la considération attachée aux prêtres. La Chevalerie s’établit en France sur ces préjugés, et les trouvant favorables à son esprit, elle les adopta ; mais il en fut de cela comme de tout : les causes s’éteignirent et les effets se conservèrent ; la Chevalerie disparut, et les préjugés qu’elle avait nourris s'accrurent. Cet ancien respect accordé à des titres chimériques ne put pas même s’anéantir, quand se dissipa ce qui fondait ces titres : on ne respecta plus des sorcières, mais on vénéra des catins, et ce qu’il y eut de pis, on continua de s’égorger pour elles. Que de telles platitudes cessent d’influer sur l’esprit des philosophes, et, remettant les femmes à leur véritable place, qu’ils ne voient en elles, ainsi que l’indique la nature, ainsi que l’admettent les peuples les plus sages, que des individus créés pour leurs plaisirs, soumis à leurs caprices, dont la faiblesse et la méchanceté ne doivent mériter d’eux que des mépris.

Mais non seulement, Thérèse, tous les peuples de la terre jouirent des droits les plus étendus sur leurs femmes, il s’en trouva même qui les condamnaient à la mort dès qu’elles venaient au monde, ne conservant absolument que le petit nombre nécessaire à la reproduction de l’espèce. Les Arabes, connus sous le nom de Koreihs, enterraient leurs filles dès l’âge de sept ans, sur une montagne auprès de La Mecque, parce qu’un sexe aussi vil leur paraissait, disaient-ils, indigne de voir le jour. Dans le sérail du roi d’Achem, pour le seul soupçon d’infidélité, pour la plus légère désobéissance dans le service des voluptés du prince, ou sitôt qu’elles inspirent le dégoût, les plus affreux supplices leur servent à l'instant de punition. Aux bords du Gange, elles sont obligées de s’immoler elles-mêmes sur les cendres de leurs époux, comme inutiles au monde, dès que leurs maîtres n’en peuvent plus jouir. Ailleurs on les chasse comme des bêtes fauves, c’est un honneur que d’en tuer beaucoup ; en Égypte, on les immole aux dieux ; à Formose, on les foule aux pieds si elles deviennent enceintes. Les lois germaines ne condamnaient qu’à dix écus d’amende celui qui tuait une femme étrangère, rien si c’était la sienne, ou une courtisane. Partout, en un mot, je le répète, partout je vois les femmes humiliées, molestées, partout sacrifiées à la superstition des prêtres, à la barbarie des époux ou aux caprices des libertins. Et parce que j’ai le malheur de vivre chez un peuple encore assez grossier pour n’oser abolir le plus ridicule des préjugés, je me priverais des droits que la nature m'accorde sur ce sexe ! Je renoncerais à tous les plaisirs qui naissent de ces droits !... Non, non, Thérèse, cela n’est pas juste : je voilerai ma conduite, puisqu’il le faut, mais je me dédommagerai en silence, dans la retraite où je m’exile, des chaînes absurdes où la législation me condamne, et là, je traiterai ma femme comme j’en trouve le droit dans tous les codes de l’univers, dans mon cœur et dans la nature ».


 

Manifestement, nous sommes loin des conceptions mystiques du tantrisme et même du satanisme, où la femme est tant idolâtrée. Ce qui permettrait du coup pleinement de comprendre pourquoi ce dernier mouvement fut tant et tant condamné.

 

(A suivre au chapitre suivant « Asmodée et les femmes impudiques, exhibitionnistes… »)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 17:08

Jacques-Antoine Dulaure livre ses recherches au sujet des origines probables du nom « Vénus », elles sont très intéressantes mais un bémol est à mettre sur la portée de ses études, car, il l’avoua lui-même, le contenu ésotérique des réalités qu’il étudiait lui échappa volontairement. A nous de l’approcher.

 

On relève ainsi qu’aux temps antiques, tout ce qui est féminin contient la racine « va », comme « Hovah » ou, pour Eve, « Hawwah » (hvvc). Le mot « Amour », dont le nom servit à Cupidon, fils de Vénus, se dit « Ahavah » (hbha) : bien qu’on trouve « Beth », la sonorité qui en sort est « v » (comme « Benoth » ou « filles » devint « Venoth »). On trouve encore, dans l’antique culte rendu à Seth, le phonème « AO », qui rejoint la « première femme », selon les Grecs, « IO », et qui, selon les auteurs ésotériques, s’écrit « hvh » ou « cvh » ou « hvc », lié à IAO. Ce Seth, dont certains affirment que le nom provient de « Teth » ou « serpent magnétique », et que sa figure le montre en serpent avec une tête d’âne, rejoint l’autre phonème « OB » de la formule chère à Eliphas Lévi (Od Ob Aour), lequel chez les Phéniciens antiques signifiait le « serpent », ce même « B » pouvant se prononcer « V », faisant indirectement référence au « principe féminin ». Donc, « vah » ou « veh » se rapporte à la « féminité » ; et certains ajouteront au « serpent », d’autant plus que « Nahash » veut dire « serpent » (« sorcier » également) et « Nashim » est « femmes » au pluriel.

 

Pareillement au « B » prononcé « V », nous trouvons « N’qava » (Nun – Quoph – Beth – Hé) (hbqn), signifiant « féminin », évoluant en « pôle féminin » jusqu’à « sexe féminin » ; on trouve d’ailleurs dans « N’qava » quelque chose de « Benoth », logique puisque « féminin » conduit à « fille ». Ce qui veut encore dire que « Vénus » peut lointainement venir de « N’qava », et en suivant alors l’orthographe de ce dernier mot, nous obtenons pour « Vénus » : « svnhb », nom dont le chiffre est 123, celui de « Oneg » (gni) ou « plaisir ». Le même rapprochement peut se faire du côté masculin : « Zakhor » (rkz) signifie autant « masculin » que « sexe mâle » en mystique, et l’on sait que Pan, Priape, Apis furent tous figurés par un phallus avant même d’être montrés comme un bouc. En somme, le mot même de « phallus » les identifia mieux que « bouc » ou « taureau ». Et nous trouvons un peu de « Zakhor » dans « Zagreus » grec, divinité qui devint plus tard « Bacchus » (de Zakhor à Bakhor), dieu romain rendu démon justement parce que son culte était devenu… trop phallique*.

 

(* La « messe » antique voyait donc pour objets d’adoration les sexes mâle (Zakhor) et femelle (N’qava) – ou Bacchus et Vénus -, dont le nombre est 227+157=384 ; que les Gnostiques antiques trouvèrent dans le nom de leur divinité « Nahash IAO » (hvhy scn), 384. D’où aussi le phonème mantrique épelé à haute voix par les Bacchantes lors de leurs incantations : « évohé ».)     

 

Passons à « Nos » ou « Nus ». Certains chercheurs l’assimilent à « Nysa », une contrée située dans l’au-delà pour de nombreux mystiques et pouvant être assimilée à un paradis. Le mot hébreu « Sinaï », selon HPB, peut s’y rapporter, comme « Zen » aussi, mot oriental. On trouve « Nysa » dans « Dionysos » - que certains traduisent par « dieu de Nysa » - ; et par la même logique, on obtiendrait Vah ou Veh-Nysa, « Hovah-Nysa », la « féminité synonyme de réjouissance ».

 

Il y a plus occulte encore. Aleister Crowley évoque le mot latin « nox » signifiant « nuit » et qu’il identifie avec une formule secrète, « NOX » ou « N.O.X. », entendue dans la science occulte comme la « nuit de Pan ». Car « Pan » est « Tout », le début de la vie jusqu’à la fin, la naissance, la vie, la mort. « N » est lié au treizième arcane du Tarot, la Mort ; et « X » est le Phallus, emblème de la vie, de la procréation, de la génération. Reste « O » qui est le « cœur », ou le ventre, « ce qui donne », « ce qui fait entrer dans la vie », caractère lié au principe féminin, « O » que l’on retrouve dans AO. Somme toute, « NOX » englobe le sens de la vie avec ses trois mots-clés mort, procréation (génération), vie. Sens profond que l’on trouve dans « PAN » : « P » pour « dualité » (sexualité) ; « A » pour « énergie » ; « N » pour « mort ».

 

En associant « Veh » à « Nox », on obtient la formule ésotérique « dans le féminin (O), la nuit de Pan (N(O)X) ». De même, « Veh-Nox », par « Veh » contient secrètement « Seth » ; par « Nox », « Pan ». Ce qui est logique, puisque nous savons par ailleurs que le culte de Vénus fut celui de Pan, que celui-ci considéré « mort » par ses ennemis, un autre culte prit naissance nommé « Priape », lequel fut admis comme le fils de Vénus. La « nuit » fait référence à ce qu’il y a de plus profond, de plus secret, de plus mystique : soit, « le mystère de Vénus est Pan ». La « nuit » signifie aussi la « subtilité », aussi « Veh-Nox » pourrait s’entendre : « du féminin paraît subtilement Pan » (un sens que les mages et les sorciers affectionnent pour accomplir leurs sortilèges). Aleister Crowley insiste sur ce point sans le faire remarquer trop fort par le caractère « Ayin » (i), dont l’élément est le bouc, figure de Pan en même temps que le « O » de « NOX » (xin) (valeur 210), attribué au pôle féminin.

 

« AO », « Ava… », « Hovah » sont autant de mots et de noms qui proviennent de « IAO », « OB », « Benoth ». Le son « v » tiré du « b » domine. Pour « é », l’orthographe désigne « Hé » (h) parce que « féminin » ; Aleister Crowley lui ajoute ou lui préfère « Ayin » (i), caractère plus subtil puisque lié au bouc, donc au démon dont c’est l’animal emblématique. AO est autant le nom avec lequel l’initié invoque Seth, dont la représentation est celle d’un âne phallique, que du principe féminin. Pratique courante chez lui, puisqu’il change le « Vau » (v) dans « Baphomet » par « Ayin » (i). 

 


 Finalement, la syllabe « Veh » dérive partiellement de la lettre « b » ou « Beth » (b) – Aleph (a) étant le masculin, Beth (b) est le féminin -, lié au temple, à l’intérieur, l’intimité, le couple ; c’est aussi la première lettre du mot « Bath » (tb) signifiant « fille » comme au pluriel « Benoth » dans l’antique Carthage. Et « Nox » ou la « nuit de Pan » contient le trinitaire « mort – procréation (génération) – vie » : et « Vénus » signifiait à son début pour les Gnostiques, « génération ».

 

Gardons « Veh », précisons « Neh ». Cette dernière racine paraît concerner la luxure, car la divinité Innana (que beaucoup identifient aujourd’hui avec la Lilith antique) fut « l’aspect immoral de la déesse Ishtar ». « Un goût prononcé pour les pratiques immorales au cours des rituels qui lui étaient consacrés » caractérise la nature d’Innana. « Neh » est dans « Innana », même deux fois, d’où son tempérament « doublement » plus luxurieux. Car Innana ou Inanna est la déesse de l’Amour et du Désir chez les anciens Sumériens, un nom que l’on peut trouver sous différentes formes, allant de Ennin (Nnya), Ninnin, Ninanna, Ninnar, Innina, Ennina, Irnina, Innini, Nana et Nin, probablement héritée de « Nin-ana » ou « Demoiselle du Ciel », quoique Gelb en 1960 suggère une forme plus ancienne, « Dinnin », proche de « Djinn » ou « Djinnia ». Toujours « Neh » ou « Ni », allant jusqu’à « Nue » et inspirant une forte connotation luxurieuse.

 


 « M », dont l’élément est l’Eau, est, pour les théosophes, la lettre « du redoutable pouvoir féminin ». Soit, « Veh » pour le principe féminin, « Neh » pour la puissance luxurieuse, « M » (Mem) pour le « redoutable pouvoir féminin » : nous obtenons « Venem » (Mhnhv), dont le chiffre est 666 ; le nombre simple est 26 ; le nombre total 211, le même que Bar-go (211) Go-bar (211) pour l’inspiration et l’expiration, le « souffle » ; que nous concevons aussi pour le rapport physique dans l’activité charnelle. « Venem » est peut-être le mot-clé ésotérique, agréablement voilé par le nom « Vénus ».

 

Compte tenu des différents exposés à propos du nom « Vénus », si celui-ci est bien dérivé de « Benoth », et sachant que « th » se prononce comme « s », d’ailleurs en guématrie « th » grec a la même valeur 300 que « s » (Shin) hébreu, nous obtenons pour le mot « Benoth » (wvnb) ou « Filles » le même nombre 358 que « Nahash » (wcn) ou « Serpent ». Comme si les « filles descendaient du serpent » ou que « les filles du temple ou des tentes conduisaient au serpent ». Certains auteurs prouvent même que « serpent » et « taureau » sont le même mot : « Je commencerai par les serpents. Le rôle particulier de ce reptile dans tous les systèmes religieux de l’antiquité nous montre que l’on considérait comme un symbole de vie, et que, pour cette raison, on l’attribuait aux divinités dont la principale fonction est de présider à la création du monde, à la reproduction des êtres, à la conservation de la vie et de la santé. Aussi, dans la plupart des langues dites « sémitiques », le mot qui signifie la « vie », « hay » « haya » (hyc), veut dire également « serpent » ; de même que dans certaines langues indo-scythiques, le mot qui sert à désigner le taureau, autre symbole de la vie, a la double signification de « vie » et « taureau » (Jean-Baptiste Félix Lajard – Recherches sur le culte, les symboles, les attributs et les monuments figurés de Vénus en Orient et en Occident ; 1837).

    

En outre, le fameux « Heit » (tyc), mot par lequel nous nommons le fluide subtil responsable de l’activité sexuelle, signifie « bête » en même temps que « fluide vital », se rapporte à la « Grande Bête » figurée par le Bouc lascif (ou le dieu-taureau Bacchus) et contient « serpent » indirectement en lui.

 

 

Enfin, pour notre part, les auteurs cités ci-dessus ne sont pas allés chercher du côté de l’Orient : le nom « vanus » pour la « vamachara », connu des tantristes, signifiant « fille » ou « femme » et désignant celle qui vient personnifier la Shakti au cours du culte qui lui est rendu, dont sa représentation est celle d’un sexe féminin ou « yoni », est trop proche de « Vénus » pour ne pas y trouver une origine presque certaine. D’autant que d’autres noms divins, Dionysos ou Mithra, Asmodée (Aeshma Deva), Lilith (Lalita) largement connus en Occident, sont aussi venus d’Orient. Dans le culte de la Shakti, la femme s’y trouve déifiée, ce qui est le propre de toute cérémonie consacrée à Vénus (Lire chapitre « Vénus, Baphomet et le rituel des scènes de débauche »).

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 17:43

Ces dieux puissants figurés par des Phallus virils, ils les ont enterrés, jetés dessus la terre noire ou abandonnés au fond des sanctuaires après avoir cassé leur effigie obscène, et espéré ainsi qu’ils disparaitraient définitivement de la surface du sol*… Mais là, dans le silence, car les dieux ne meurent jamais, ces puissances jadis adorées devinrent les Génies secrets teintés de noir. Puisque les Anciens les figuraient par d’immondes objets oblongs, les nouveaux spiritualistes les logeraient plus bas que terre, dans les règnes des ténèbres. Paradoxalement, c’est là qu’ils vivent le mieux à leur place, et c’est en leur compagnie que les hommes se sentirent plus à l’aise pour pratiquer leurs messes sexuelles. Ils plaçaient les effigies des pires diables à chaque point cardinal, et commençaient leur sacrifice, en le leur dédiant.



(* Cité dans « Horus, 666 et le culte du Phallus », Pierre Nicolas Rolle apporte ce fait historique : « Ce culte subsista en Egypte jusqu’à la fin du quatrième siècle de l’ère chrétienne. Lorsqu’en 389, l’évêque Théophile obtint de l’empereur Théodose la permission de détruire l’idolâtrie égyptienne, il mit en fuite les prêtres, brisa les idoles, démolit les temples ou y établit des monastères. Le temple d’Osiris tombant en ruines fut converti en temple chrétien, et on trouva dans les souterrains un grand nombre de phallus que l’évêque Théophile fit apporter au milieu de la place publique, afin, dit Socrates, de couvrir d’ignominie les mystères des païens. Quelques-uns des Phallus étaient doubles, d’autres triples, d’autres avaient des ailes : suivant Kircker, les ailes signifiaient la prompte puissance de la faculté génératrice. Dans la table Isiaque, Osiris est représenté avec des ailes ».)

 

Prenez Amon-Râ le dieu des dieux de l’Egypte antique, il devint au moyen âge, grâce à Collin de Plancy, le grand et puissant marquis de l’empire infernal, non plus illustré par un bélier mais avec une figure de loup et une queue de serpent, qui vomit des flammes lorsqu’il prend une forme humaine, qui n’a de l’homme que le corps, sa tête étant celle d’un hibou et son bec laissant voir des dents canines très effilées.

 

Un autre cas est celui d’Asmodée : connu par les mystiques sous le nom Aeshma Deva, il est une divinité perse, dieu de la guerre, d’un tempérament colérique, peu ou pas porté sur la luxure, si ce n’est durant les heures où les soldats fréquentaient le bordel. Comment ce Génie a-t-il dégénéré en un démon de l’impudicité ? Le Talmud donne une indication intéressante, disant « qu’il devint un mauvais démon comparable à un satyre grec », car un passage le décrit « se mariant avec Lilith, qui devint sa Reine ». Cette union signifie sûrement que les temples dédiés au Aeshma Deva perse succombèrent à la tentation de s’associer à ceux de Lilitu sumérienne, laquelle était encore identifiée à la Vénus Mylitta ou Ninlin, alors Déesse de la prostitution sacrée (d’où que le démon Asmodée, dont le règne est Geburah (Mars) dans Qliphoth, vient gouverner dans Netzah (Vénus), apparaît ainsi comme le maître de la luxure et de l’impudicité).

Ceci au point qu’Asmodée, assimilé avec la pratique des prostitutions sacrées, des libertinages en tous genres, vint personnifier Vénus à son tour et l’ensemble des rites sexuels qui la concernaient. En conséquence, les mythologues chrétiens du moyen âge le dénoncèrent comme le démon de la fornication, de la jalousie, de la sensualité, de la luxure, de la colère et de la vengeance. Sa mission principale est de perturber la vie sexuelle des couples mariés, détruire les mariages récents, et encourager le désir des hommes envers les femmes. Asmodée est également un des démons responsable des obsessions. Il a toujours été considéré comme un des démons les plus craint des Enfers. Il est habituellement représenté avec des ailes et trois têtes : un monstre, un bélier, et un taureau, symbole de virilité et de fertilité. Il est assis sur un dragon, armé d’une lance, et crache du feu. Ses pieds sont ceux d’un coq et il a une queue de serpent.

Il est le surintendant de toutes les maisons de jeu des Enfers, mais également le pourvoyeur général des distractions. Il sème la discorde et l’erreur.

 

 

Quant à Vénus elle-même, nous l’avons compris lors de nos derniers sujets (Lire « Lilith, Déesse des prostitutions sacrées (1 - 2) » ; « Précisions sur Vénus Mylitta, Mithra Baphomet »), son culte connut des divisions. Le religieux, obéissant à l’appel du Seigneur : « Croissez et multipliez », il n’accorde de reconnaissance qu’à celui des cultes qui œuvre pour la génération. Inversement, ses détracteurs, entre autres beaucoup des Gnostiques, considéraient que la pratique, dégénérant dans le folklore, avait perdu tout son caractère magique puisque les vœux des participants portaient presqu’exclusivement sur la fécondité et la prospérité. De plus, les mauvaises langues assurant les rumeurs, certains affirmèrent que des arrangements étaient opérés par des prêtres, lesquels étaient aussi des copulateurs, laissant profiter des charmes d’une dame à un ou plusieurs hommes qui la convoitaient jusque là comme épouse d’un ami et qui tremblaient de pouvoir la forniquer. D’où, ailleurs, l’écriture de ce commandement : « Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain ».

 

Ceux-ci, considérant que le vœu de la fécondité détournait le pratiquant du but réel du sacrifice, qu’en plus il n’y avait point de génération à assurer dans un monde aussi bas dominé par un Dieu méchant, ces Gnostiques érigèrent en Déesse celle qui consommait de la sexualité des hommes loin des espoirs de fécondité et trouvèrent chez Mylitta la Déesse idéale pour leurs sacrifices. Pour eux, la luxure n’éloignait pas du mystique au contraire du vœu obsessionnel de la génération, une croyance inverse de celle du religieux monothéiste. Ces temples furent alors déconseillés et une certaine Mylitta entra dans la clandestinité ; toute relative, car nombre de femmes et d’hommes s’y pressaient tout de même. On envisagea alors des expériences magiques assimilées plus tard à la sorcellerie. Les Gnostiques forgeaient pour grande ambition de fréquenter les esprits élémentaires parmi lesquels les esprits infernaux.

 

« La plupart des Grecs déclarèrent Vénus du sexe féminin, et les Romains adoptèrent cette décision », écrit Jacques-Antoine Dulaure : si le culte populaire figura ainsi Vénus par une belle femme, des Gnostiques continuèrent de la représenter par un Phallus (Priape), un Mullos et un bouc lascif – « animal consacré à Vénus » -. On sait, par exemple, que les mystiques de la secte des Baptes honoraient leur Vénus populaire sous une forme phallique : « (…) Les initiés qui se livraient à tous les excès de la débauche, y employaient le Phallus d’une manière particulière ; ils étaient de verre, et servaient de vase à boire. On ajoute à leur sujet que leurs rites devinrent si lascifs qu’ils en dégoûtèrent leur déesse elle-même ; en fait, ils aimaient tant le phallus qu’ils succombèrent au plaisir homosexuel. Bisexuels qu’ils étaient devenus tout sûr. Juvénal, dans ses Satires, insiste au sujet de ces Baptes, qu’il accuse de se maquiller à la manière des femmes, rendus homosexuels à des fins d’adoration de leur dieu figuré sous cette forme, à moins que le plaisir libidineux ait supplanté le caractère religieux de leurs rituels : « … au comble de l’infamie. Tu te laisseras insensiblement entraîner dans la secte de ces prêtres qui, dans leurs assemblées secrètes, surchargent leurs têtes de longues aigrettes, leur cou de nombreux colliers ; qui se concilient la bonne déesse par le sacrifice d’une jeune truie, et l’offrande d’un grand vase rempli de vin : car, usurpant l’ancien culte des femmes, ils les ont chassés du sanctuaire. Le temple ne s’ouvre plus que pour les hommes. Loin d’ici, profanes ! s’écrient-ils ; vos chanteuses sont bannies de ces lieux. Ainsi les Baptes célébraient dans Athènes, à la lueur des flambeaux, leurs nocturnes orgies, et, par des danses lascives, fatiguaient leur Cotytto. L’un se peint, en clignotant, les paupières et les sourcils avec une aiguille noircie ; l’autre boit dans un priape de verre, se couvre d’une robe bigarrée, et rassemble ses longs cheveux dans un filet doré ; cependant son esclave, non moins fidèle au rit féminin, ne jure que par Junon. Cet autre tient le miroir que l’infâme Othon portait avec plus de faste… un miroir dans l’attirail d’une guerre civile ! » Othon connaît une réputation homosexuelle ».

 

Cette Vénus, ou ces Vénus, désormais extérieures à la génération mais orientées vers la recherche des plaisirs vénériens en toute salacité, des rites magiques en vue de commercer avec des dieux désormais répugnants comme des diables, assurant des prostitutions pour la vénalité, finirent d’achever Mylitta, laquelle ressuscita en une Lilith maîtresse du lupanar romain, bacchante devant le dieu-taureau, courtisane panthère telle Bastet, magicienne car inspirée par certains Gnostiques. Une chose était devenue sûre à ces derniers, cette déesse démone n’avait point de temps à perdre à s’occuper de la génération mais que des arts sexuels et des opérations magiques (sorcellerie). Un caractère qui fit d’elle la plus redoutable des démones.
Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


 

 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)


 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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