De la même façon que le mage Aleister Crowley aimait identifier les dieux antiques avec des
actions pratiques, comme il énonce, par exemple, dans le livre « Energized Enthusiasm : « Les Grecs disent qu’il existe trois méthodes permettant de décharger
la bouteille de Leyde du
Génie. A ces trois méthodes, ils attribuent trois dieux. Ceux-ci sont Dionysos (Bacchus), Apollon et Aphrodite. En anglais : « Le vin, les femmes et le chant » » ; nous
procédons de même pour tenter de percer les mystères de la réalité subtile qui engendre le sexe, et nous voyons à l’œuvre Osiris (Bacchus) lorsque l’organe génital mâle est en érection,
excité ; puis celui qui est célèbre pour « trancher dans le vif », Saturne le castrateur d’Ouranos dans la mythologie grecque, est Seth, il vient avec sa faucille couper net
l’excitation lorsqu’elle atteint son paroxysme, provoquant l’éjaculation, mais en échange, il produit l’émission du semen, qui assure à la génération et profite à la luxure (L’instant du couperet
de Seth que les tantristes nomment tantôt « petite mort », tantôt « poison », d’où sa réputation de dieu malfaisant).
Mais avant, pour qu’Osiris soit excité, qui a inspiré chez lui ce sentiment « sauvage », qui a réveillé ses instincts ? Réponse : Isis ! C’est elle la « séductrice », elle qui donne toute sa puissance à Osiris. Isis est ici la puissance luxurieuse, la force d’excitation (Ce qui donne la formule tantrique connue : « Shiva, quand il est uni à Shakti, est capable de créer ; mais sans elle le dieu est incapable même de se mouvoir »).
Nous trouvons la même trinité dans le démonisme où Isis n’est autrement transfigurée en Lilith, Osiris en Samaël, Seth en Taniniver. Ce dernier nom
« Tanin’iver » signifie « serpent aveugle » mais le même mot « iver » (Ayin-Vau-Resh) peut être lu « Aor » et veut alors dire « chair ».
Taniniver devient alors le « serpent de chair », et voici tel que peut apparaitre Seth dans ses moments fougueux.
Seth, en « trancheur », en « castrateur », a tué la virilité d’Osiris, cette érection que la séductrice Isis était si bien parvenue à dresser (le « serpent tortueux » fascine son alter ego doué d’éréthisme le « serpent dressé »), moyennant les luxures appropriées dont elle est une maîtresse, aussi doit-elle recommencer à exciter son partenaire, c’est l’affaire célèbre où elle « fabrique un nouveau membre viril ». L’épisode caché, c’est lorsqu’elle ne peut que vouloir punir Seth pour son méfait, aussi le dieu malfaisant vient-il à personnifier le sadomasochisme. Il s’approche d’Isis sous la forme du cochon noir (ce « cochon » dont les moines chrétiens, au moyen âge, juraient qu’il est le symbole du souillon luxurieux, du vice sans limites). Isis sanctionne Seth, le soumet à tous les sacrifices dont raffolait dans ses écrits le célèbre Marquis de Sade. Seth est sodomite. Crowley l’identifie à la « sainte alliance », c’est qu’il figure « l’accouplement », mais le dieu malfaisant ou pervers démon, du seul fait que Saturne, sa planète, soit liée à la stérilité, n’entend là que la « copulation lubrique ».
Nous pouvons nous interroger ainsi de savoir si « Seth » égyptien (Samech-Tav) n’est pas le dieu inclus dans cette mystique des hommes-boucs puisque son nom est la première racine de « Satyre » (Samech-Tav-Yod-Resh), il en est l’un d’eux.
Pas étonnant que Rome fit d’Isis* la figure d’une Vénus et lui accorda des fonctions liées au plaisir des sens, interpréta l’accouplement comme le moyen de la célébrer, qu’il soit entre homme et femme, et même entre homme et homme selon Juvénal, au point que la statue de Ganymède vient parfois substituer celle de la partenaire d’Osiris.
(* Isis (syzya) 88 (Isiz) 227)
Seth était idolâtré par ses initiés sous la forme d’un âne, nous raconte le professeur
Reuvens, et HP Blavatsky ajoute que le « nom de l’âne en langage copte, AO, est un
phonème de IAO, et voilà peut être pourquoi cet animal donna un jeu de mots symboliques » (HPB – Isis dévoilée –
Editions Adyar). Mais AO, à son tour, tient quelque chose d’HEVE (Hé-Vau-Hé), mot duquel découle « Eva » (la femme), du « serpent » selon Clément d’Alexandrie qui jure dans
son Protreptique qu’en son temps ce lombric était nommé « Eva », d’où le cri des Bacchantes « Evohé », affirmation contredite par d’autres experts.
Toutefois, la figure d’un âne pour Seth (AO et IAO) est probable et c’est lui sans doute
l’adversaire de Priape (ex-Osiris), il y a de quoi, le dieu phallique ne craint point l’âne pour sa taille concurrentielle mais bien plus parce qu’il est un trancheur d’organes, celui qui tue
l’érection, coupe l’élan, et comme écrit Aleister Crowley, « en tuant, il donne la vie… » ; mais, au cas où le nom « Seth » est la base de « Satyre »
(homme-bouc, demi-dieu bouc, ou Dieu-Bouc à l’image de Saturne), alors Seth revêtait la même représentation que Priape, et la différence concernait la fonction,
le second s’affairait
sans cesse à assurer la génération tandis que le premier, représentant la stérilité, était idolâtré pour des motifs autrement plus profonds, ce que la mort permet la vie, ce que la ténèbre
engendre la lumière, etc. De même, et dès lors que la génération n’est plus la cause de l’union homme-femme, la célébration de Seth engageait forcément ceux qui l’adoraient à entrer dans des
communications avec des esprits conjoints à notre plan et dévolus au monde démoniaque.
Une conjuration écrite par Aleister Crowley, et manifestement dédiée au Phallus, entièrement consacrée à l’accouplement considéré comme le grand sacrement, met en scène les mêmes dieux antiques aux instants luxurieux majeurs de l’amour sensuel lorsqu’il est dédié au Grand Démon.
Aleister Crowley
Liber A’Ash Vel Capricorni Pneumatici Sub Figurâ CCCLXX
0.Chêne noueux de Dieu ! Dans tes branches la foudre est nichée ! Au-dessus de toi plane le Faucon Sans Yeux.
1.Tu es noir et foudroyé ! Suprêmement solitaire dans cette chaleur de broussailles.
2.Debout ! Les nouages rougeâtres planent au-dessus de toi ! C’est l’orage.
3.Il est une flamboyante entaille dans le ciel.
4.Debout.
5.Tu es ballotté dans l’étreinte de l’orage pour un éon et un éon et un éon. Mais tu ne donnes point ta sève ; tu ne chutes point.
6.Seulement à la fin lâcheras-tu ta sève lorsque le grand Dieu F.I.A.T sera intronisé au Jour du Jugement dernier. (F.I.A.T étant initiales latines des mots des quatre éléments Terre – Eau- Feu – Air ou « Focco - Aqua Terra
7.Car deux choses sont faites et une troisième chose est amorcée. Isis et Osiris se sont livrés à l’inceste et à l’adultère. Horus jaillit trois fois armé de la matrice de sa mère (Isis). Harpocrate son frère jumeau est caché à l’intérieur de lui. Seth est sa sainte alliance, qu’il manifestera au grand jour de Mâat (vérité).
8.Or en cela la puissance
magique est-elle révélée.
9.C’est comme le chêne qui s’endurcit et tient tête à l’orage. Il est battu des vents, balafré et confiant tel un capitaine de vaisseau.
10.Il tire aussi tel un chien de meute en laisse.
11.Il possède orgueil et grand raffinement. Oui, et joie aussi !
12.Que le Magus agisse comme suit en sa conjuration.
13.Qu’il s’asseye et conjure, qu’il se rassemble en cette vigueur ; qu’il se lèvre une fois gonflé et en érection, qu’il retire brusquement le capuchon (la figure romaine de Priape le montre portant un capuchon, particularité qui vient s’opposer au pénis circoncis – NDA) de sa tête et fixe son œil de basilic sur le sceau du démon (sexe féminin – NDA). Qu’il balance alors de-ci de-là la force de celui-ci tel un satyre en silence, jusqu’à ce que la Parole jaillisse de sa gorge.
14.Qu’alors il ne tombe pas d’épuisement, bien qu’il ait pu être dix mille fois l’humain, mais ce qui l’inonde est l’infinie miséricorde du Genitor-Genitrix de l’Univers, dont il est le Vase.
15.Non que tu doives t’abuser. Il est aisé de discerner la vivante énergie de la matière morte. Il est moins aisé de discerner le serpent vivant du serpent mort.
16.Aussi au sujet des serments. Sois obstiné, et ne sois pas obstiné. Comprends que l’élasticité du Yoni est une avec l’extension du Lingam. Tu es les deux à la fois ; et ton serment n’est que le frémir du vent sur le Mont Meru.
17.Comment m’adoreras-tu, moi qui suis l’œil (Ayin) et la Dent (Shin), le Bouc de l’Esprit, le Seigneur de la Création. Je suis l’œil dans le triangle, l’Etoile d’Argent que tu adores.
18.Je suis Baphomet, c’est-à-dire la
Parole Octuple qui fera contrepoids au Trois.
19.Il n’est pas d’acte ou de passion qui ne sera un hymne en mon honneur.
20.Toutes choses sacrées et toutes choses symboliques seront mes sacrements.
21.Ces animaux me sont sacrés, le bouc, le canard, et l’âne, et la gazelle, et l’homme, la femme et l’enfant.
22.Tous les cadavres me sont sacrés ; ils ne devront pas être touchés sauf pour ce qui est de mon eucharistie. Tous les endroits isolés me sont sacrés ; là où un homme se rassemble en mon nom, là bondis-je au milieu de lui.
23.Je suis le dieu hideux, et qui me dompte est encore plus laid que moi.
24.Cependant je donne plus que Bacchus et qu’Apollon ; mes cadeaux surpassent l’olivier et le cheval.
25.Qui m’adore doit m’adorer par de
nombreux rites.
26.Je suis caché avec toutes les dissimulations ; lorsque le Très Saint Ancien est dévêtu et promené sur la place du marché, je demeure toujours sacré et à l’écart.
27.Qui j’aime je châtie de nombreuses verges.
28.Toutes choses me sont sacrées, aucune chose n’est sacrée venant de moi.
29.Car il n’est aucune sainteté où je ne sois point.
30.Ne prends pas peur lorsque je succombe à la fureur de l’orage, car mes glands sont chassés au loin par le vent ; et en vérité je me relèverai à nouveau, et mes enfants autour de moi, de sorte que nous hisserons notre forêt jusqu’en l’Eternité.
31.L’Eternité est l’orage qui m’abrite.
32.Je suis l’Existence, l’Existence qui n’existe pas sauf durant sa propre existence, qui est au-delà de l’Existence des Existences, et plus profondément enracinée que l’Arbre du Rien et la Terre du Rien.
33.Et maintenant sais-tu donc lorsque je suis en Toi, lorsque mon capuchon est tendu sur ton crâne, lorsque ma puissance est plus que l’Indus canalisé, et irrésistible comme le Glacier Géant.
34.Car comme tu es en Ta nudité, devant une femme lubrique dans le bazar, aspiré par son espièglerie et ses sourires, ainsi te trouves-tu totalement et non plus en partie devant le symbole du bien-aimé, ne s’agirait-il que d’un Pisacha, d’un Yantra ou d’un Deva.
35.Et en tout créeras-tu
l’Infinie Béatitude et le maillon suivant de la Chaîne Infinie.
36.Cette chaîne va d’Eternité en Eternité, toujours en triangles – mon symbole n’est-il pas le triangle ? – toujours en cercles – le symbole du bien-aimé n’est-il pas un cercle ? -. A cet égard, tout progrès est vile illusion, car tout cercle est identique, et tout triangle identique !
37.Mais le progrès est progrès, et progrès est extase, continuelle, éblouissante, giboulée de lumière, lames de rosée, flammes de la chevelure de la Grande Déesse, fleur des roses autour de son cou. Amen !
38.En conséquence dresse-toi comme je suis dressé. Maîtrise-toi come je suis maître de l’accomplir. A la fin, que la fin soit aussi distante que les étoiles séjournant au cœur de la nuit, tue-toi comme je suis moi-même tué à la fin, en la mort qui est vie, en la paix qui est mère de la guerre, en la ténèbre qui tient en sa main la lumière, telle une prostituée extrayant une gemme de ses narines.
39.Ainsi donc le commencement est délices, et la fin est délices, et délices le milieu, de même que l’Indus est eau dans la caverne du glacier, et eau entre les plus hautes et les plus basses des collines et au travers des remparts des collines et à travers plaines, et eau à leur embouchure lorsqu’elle bondit dans la puissante mer, oui, dans la puissante mer.









près de St James’
Square à Londres. Le Club est dissous par un édit royal en 1721, fit scandale, mais ne fut jamais accusé de pratiquer un culte satanique. On se contente d’y tourner la religion et la morale en
dérision, et des jeunes femmes aux mœurs légères se laissent aisément persuader d’ôter leurs vêtements, avec les conséquences que l’on peut imaginer. A la même époque, sans que l’on sache s’il
avait été inspiré par le Club de Londres, un artiste, Peter Lens, réunit une douzaine d’amis dans un autre Hell-Fire Club, à Dublin cette fois. Là encore, il s’agit d’un groupe de jouisseurs et
d’athées qui ne vont jamais jusqu’à l’adoration du démon.
Cela ressemble
assurément à cette Société de Saint François de Sir Francis Dashwood qui comprend une bibliothèque dans son abbaye, remplie de livres scandaleux, comme c’est dit que là, règne Harpocrate (Dieu du
silence), le paganisme, la pornographie, et les jolies femmes – dames de la noblesse ou prostituées de luxe – qui, vêtues comme des sœurs (nonnes), participent aux réunions de la Société (dont
les membres se déguisent volontiers en franciscains) et en égaient les nuits dans les chambres de Medmenham. Dans le jardin veillent Vénus et Priape, tous deux en forme de statue, dont la
dernière liée avec l’organe génital masculin, porte la devise « Peni tento, non penitenti » (« Au pénis dressé, non au
pénitent ») » (Massimo Introvigne – Enquête sur le satanisme – Bibliothèque de l’Hermétisme).
aptes à
ridiculiser la religion, la blasphémer, utiliser ses objets saints à des fins sacrilèges. Exercer ses rituels d’une manière à en désorienter le sens original. Une pratique dont les satanistes
usaient de leur côté depuis l’an 1300. De même, le Duc veut provoquer la morale en reprenant d’elle ces rituels mondains comme le mariage, les fiançailles, la messe et les rendre immoraux en
incluant dans leur conduite des ajouts luxurieux. Le Président de ce Club est le Diable, bien qu’on dépêche d’affirmer ensuite que « les membres n’étaient point des satanistes, qu’ils
n’idolâtraient point les démons, bien que nombreux parmi eux se faisaient appeler par des noms de diables qu’ils s’étaient choisis ». Le Club se réunit le
dimanche à un certain
nombre d’endroits différents autour de Londres. La Taverne Greyhound est l’un des lieux de rencontres utilisé régulièrement, parce que les femmes ne devaient point être vues dans les
tavernes.
du Feu de l’Enfer ».
deux fois par mois.
Les membres s’appellent « frère » entre eux, et le leader est « l’abbé ». Au cours des cérémonies, ils portent un pantalon blanc, une veste et une casquette, tandis que l’abbé
se voit habillé d’un ensemble rouge. Des rumeurs de « Messes Noires » persistent, sans doute car l’idée de blasphémer le rituel de la Messe persiste, agrémenter l’office d’orgies
consacrées à Satan ou rendre ainsi un culte aux démons pimente l’office. Des rumeurs jurent que des femmes sont invitées, sans aucun doute des prostituées, qui prennent alors le nom de
« sœurs ». Elles ont toutes les apparences d’une nonne mais finissent toujours
leur travail dans le
plus simple appareil d’une catin. Un homme s’approche de l’abbé pour marier une femme qu’il aimait plus que de raison, le religieux prononce l’office avec un sérieux de rigueur, la belle, toute
vêtue de blanc et voilée, jure « oui » pour la vie, puis il s’avère qu’elle est une prostituée qui interprète un rôle, et s’offre ainsi aux invités, tandis que le faux époux regarde
lubriquement sa fausse « mariée » se débaucher sous ses yeux à la masse et qu’il a au préalable payé chèrement, le tout sous l’œil et l’accord du diable lui-même.
Le « Club de Francis » est réputé pour disposer d’une littérature érotique conséquence, livres de mêmes natures avec images, objets pornos, boissons enivrantes pour des
banquets copieux.
Le
célébrant :
Elle est à vous...
Faites d’elle tout, tout ce que vous voudrez...
« Ceci est mon corps, le corps de la
chair lascive, tentatrice et luxurieuse, la chair qui fait des hommes des bêtes, qui affole et étourdit, instigue toutes les audaces et tous les outrages ;
identifier
de façon ou d’autre la déesse-planète et la constellation. Suivant Gesenius et Rosenmüller, Succoth-Bénoth ne désignerait pas la divinité même, mais bien des objets relatifs à son culte,
les tentes sous lesquelles les Babyloniens se prostituaient en l’honneur de Mylitta, ou bien l’arche, le tabernacle, la sainte Bari dans laquelle les nomades transportaient de déserts en déserts
les objets de leur vénération. Au fond, rien n’empêche qu’arche, tentes et déesse, tout cela n’ait été plus ou moins amalgamé par les dévots, et que dans la suite des temps on n’ait vu dans
Succoth-Bénoth une espèce d’Ilith ambulante. C’est à Babylone que l’histoire
nous montre le siège du culte de Succoth-Bénoth. Il fut établi aussi dans la ville de Samarie par le vainqueur Salmanazar. On offrait à cette idole des
grains de blé et des gâteaux. Kircher voit dans le choix de ces offrandes une allusion évidente aux colombes et au taureau. De plus, il croit retrouver son image dans des médailles de Sélinonte,
où sont réunis le taureau et les colombes (Péléiades, d’où Pléiades) ».
Le Livre des Rois 2 rend compte de Succoth-Bénoth, voici l’extrait : « Mais chaque nation se confectionna ses divinités et les
érigea dans les maisons des hauts-lieux édifiées par les Samaritains, chacune dans les villes qu’elle habitait. Les gens de Babel firent Souccot-Benot ; ceux de Couth, Nergal ; ceux de Hamat,
Achima. Les Avites firent Nibhaz et Tartak ; les Sefarvites brûlaient leurs enfants dans le feu en l’honneur d’Adrammélec et d’Anammélec, dieux de Sefarvayim. Ils adoraient l’Eternel, mais ils
instituèrent des prêtres de hauts-lieux, choisis parmi eux, qui célébraient le culte dans la maison des hauts-lieux. Ils adoraient l’Eternel, tout en rendant un culte à leurs dieux, à l’exemple
des nations qu’on avait exilées de ces contrées » (Rois 2 ; 17-30/33).
« Quelques savants pensent que « Succoth » signifie « tente », et « Benoth » la divinité ou la pierre honorée par
ces prostitutions. Quoi qu’il en soit, il paraît certain que « benoth » est l’origine du nom « Vénus ». Il est très fréquent de trouver, dans les anciens écrivains, le B
changé en V (« Beth » en hébreu peut se prononcer B parfois V) : ainsi, de « Benoth », on a fait « Venoth » ; on sait aussi que le « thêta »
final est souvent prononcé comme le « sigma ». D’où « Vénos ». Suidas appelle « Vénus », « Benos » ». On note, en plus, que « Lune » en
hébreu, se dit « Levanah », et s’écrit « Lebanah » (Lamed – Beth – Nun – Hé), racine « banah » proche de « benoth ». « Il est très probable, reprend
Jacques-Antoine Dulaure, que le mot « Benoth », venu de la Syrie et de la Phénicie, est passé à Carthage avec quelque altération, et de là s’est établi dans la grande Grèce et dans
l’Etrurie, où il a été prononcé « Vénus ».
Au moyen
âge, changement de consonne et de style, Succoth-Benoth renaît de ses cendres sous le nom de Succor-Benoth (Samech-Kaph-Vau-Resh-Beth-Nun-Vau-Tav) (744), devient un démon du troisième Ordre, Chef
des démons eunuques de Belzébuth, également diable de la jalousie, chef des harems et des prisons, amant de Proserpine.
Nous relevons encore du
tableau qu’Ilith est Poubasti, qui est « Bubastis », ou « Per-Bast », laquelle avant d’être une divinité, était la ville qui voyait ses habitants rendre un culte à Bastet. Ce
qui démontre pourquoi Lilith, héritière d’Ilith elle-même Bastet et Hathor à la fois - les deux plus puissantes divinités égyptiennes de la prostitution sacrée -, était tant maudite par ses
prêtres opposants qui voyaient en cette « maîtresse des pouvoirs luxurieux » l’instigatrice démoniaque de la corruption des mœurs sexuelles.
Un rituel dont le but doit répondre à un désir luxurieux fait prononcer le texte suivant par le célébrant devant sa
représentation dans le temple : « Anubis, dieu terrestre, souterrain et céleste, chien, chien, chien, prends tout ton pouvoir et ta force à Titer, qui fut enfanté par Sophia.
Débarrasse-la (si vous convoitez une femme) / le (si vous convoitez un homme) de l’orgueil, de la réflexion et de la pudeur, et amène-la/le ici à mes pieds, languissant(e) de passion à toute
heure de jour et de nuit, songeant sans cesse à mois, quand elle (il) mange et quand elle (il) boit, quand elle (il) travaille et quand elle (il) cohabite, quand elle (il) se repose, et quand
elle (il) rêve et quand elle (il) est rêveuse (eur). Quand, tourmenté(e) par toi, elle (il) se hâte, languissant(e) après moi, les mains pleines, l’âme généreuse, s’offrant à moi et remplissant
le devoir des femmes (hommes) envers les hommes (femmes), servant à satisfaire ma convoitise et la sienne propre sans ennui et sans honte, serrant sa cuisse contre ma cuisse, son ventre contre
mon ventre, son duvet contre mon duvet de la plus douce façon ! »
Puis, soucieux d’augmenter
son magnétisme dans le but de séduire : « Hathor, augmente mon magnétisme dans le but de séduire. Fais tout ce qui est prescrit pour moi. Si tu me désobéis, le disque solaire
s’enflammera et l’obscurité recouvrira le monde entier. Le scarabée descendra jusqu’à ce que tu accomplisses pour moi tout ce que j’écris ou dis dans une stricte obéissance envers moi.
Immédiatement. Vite, vite, vite. Ce n’est pas moi qui te dis cela, Hathor, c’est la Magie qui te dit cela. Ce n’est pas moi qui dis cela, ce n’est pas moi qui le répète, mais assurément le dieu
qui dit cela, et c’est assurément le dieu qui le répète ».
Les Egyptiens firent de cette
notion un personnage symbolique, qui répondait à peu près à la Vénus céleste, ou Uranie des Grecs, à leur Lucine ou Illythie (l’originale Lilith, d’où la désormais assimilation évidente de cette
Lilith avec Vénus – NDA). Ainsi les ténèbres divinisées sous le nom de Vénus ou d’Athyr, et caractérisées sous l’emblème d’une vache, étaient honorées en Egypte, comme un des principes
originaires et universels, comme la matière et la mère des êtres. Dans les cantiques sacrés, on en répétait trois fois le nom « Ô nuit ! Nuit sacrée ! Nuit mère de
Tout ! ». Si « Athyr » - Vénus - était figurée par un taureau, Lilith peut bien être montrée par un bouc : « par une chèvre », préciseront certains ;
« pas nécessairement, répondront d’autres », le bouc exposé étant androgyne, l’aspect féminin lui est inclus.
« Le nom de « Maïa », donné à Cybèle, à Rhéa était aussi donné à la nuit. « Je te chanterai, dit Orphée, Ô mère
des dieux et des hommes, nuit sacrée, principe de tout, qu’on nomme encore Vénus ». Chez les Egyptiens donc, Athyr était Vénus, Isis présidait aux amours, Olen de Lycie dit que Lucine ou
Illithye était « mère de l’amour » (la précision de la fonction prêtée à Lucine ou Illithye, lorsqu’on sait qu’elle débouche sur une prostitution sacrée de grande envergure dans les
grands temples permet de comprendre la mauvaise réputation que les Hébreux créditaient à Lilith puisque cette dernière et Illithye sont les mêmes, c’est-à-dire qu’il s’agit ici d’Athyr Hathor –
NDA) ».
Lors de ses fêtes, son cortège montrait un Apis (taureau) ainsi qu’un voile noir symbole de la nuit (Satan est lui-même le « prince
des ténèbres », ou « nuit », c’est-à-dire le lieu d’origine, celui d’où nous venons et où nous retournons – NDA).
« Le bouc sacré avait
avec Priape d’autres conformités. Les Grecs, sous les noms de Pan, de Faune, de Silvain, de Satyre, etc., adoraient des divinités champêtres dont les figures représentaient à la fois les formes
du bouc et l’attribut le plus caractéristique de Priape. Elles avaient les cornes, quelquefois les oreilles et toujours les cuisses, les jambes et les pieds de cet animal, et en même temps le
phallus, dans un état d’énergie. « On leur a érigé des temples, dit Diodore de Sicile, en parlant de ces divinités à cornes et à pieds de bouc ; elles y sont représentées dans un état
d’énergie et de lubricité, afin qu’elles parussent imiter le naturel lascif du bouc » (Jacques-Antoine Dulaure - Les divinités génératrices).
bois » sauvages que beaucoup craignaient de rencontrer dans les forêts mais bien ces personnels déguisés à l’image du bouc, dont c’était
la figure de l’antique Saturne, portant sur eux ses signes ostentatoires, et s’autorisaient ainsi des exercices, ayant endossé le « costume » du maître.
Reprenons Jacques-Antoine Dulaure : « Voilà pourquoi Priape a souvent les formes du bouc ; voilà pourquoi on le confond souvent
avec les dieux Pan, Silvain, Satyre, qui ont la même origine que lui.
prostitution. « On y voit, dit Vivant Denon,
un édifice enfoui jusqu’au comble. C’est sans doute le temple dédié à Pan, autrefois consacré à la prostitution. On y rencontre aujourd’hui, comme à Metabis, nombre « d’Almès » et de
femmes publiques, sinon protégées, au moins reconnues et tolérées par le gouvernement. On m’a assuré que, toutes les semaines, elles se rassemblaient à un jour fixe, dans une mosquée près du
tombeau du Sheik Haridi, et que, mêlant le sacré au profane, elles y commettaient entre elles toutes sortes de lascivités ».
Pour Pierre Delancre, dénonçant la « danse » comme un prétexte au stupre, « toutes ces danses se font encore avec
beaucoup de liberté et plus effrontément au sabbat, car les sages et modérées croient ne pas faillir en commettant l’inceste toutes les nuits avec leur père, frère et autres plus proches, voire
en présence de leur mari, et tiennent même à titre de royauté comme reine du sabbat, 
L’auteur cité, soucieux de distinguer les forces du Bien avec celles du Mal, se contente de décrire des
« entités », les bonnes et les mauvaises ; l’ésotériste, par l’héritage acquis des sciences occultes du moyen âge, nomme les premières les « esprits planétaires » (liés à
Malkuth et Assiah) (les fameux « anges » chrétiens), les secondes les Qliphoth.
En outre,
nous rappelons une fois encore par quel moyen malicieux leurs servants à eux s’insinuent en l’homme et l’affectent : « Les esprits saturniens s’insinuent d’une façon encore plus
mystérieuse dans le corps humain, à savoir par les sensations. Lorsque l’homme dirige son regard sur une belle chose, cela suscite en lui une représentation ; s’il dirige son regard vers une
chose sordide et triviale, une autre représentation est suscitée. Tandis que des impressions extérieures font naître une représentation dans l’âme, les esprits saturniens s’insinuent par ce biais
et dans le même temps en l’homme. Et à travers tout ce qu’il déploie autour de lui par simple sympathie ou antipathie à l’égard de ce qui l’entoure, sous forme de ce qu’il voit, entend et sent,
l’homme s’expose à cette infiltration furtive de tels ou tels esprits saturniens. Ceux-ci pénètrent par les yeux, les oreilles et par la peau, lorsque la sensibilité de l’homme est en action. (…)
Vous voyez donc que nous devons nous représenter l’homme comme un être tout à fait complexe, comme un compagnon issu de divers mondes et de divers êtres » (Rudolf Steiner – L’intervention
des forces spirituelles en l’homme).
propriété du bouc, qui est puant et
lascif. Or, la propriété des démons est d’avoir puissance sur la cupidité lascive et brutale, comme les Hébreux ont remarqué, quand ils disent au Livre « Aboth Pirke » que Satan est
porté du serpent, que Philon a interprété « la volupté » ; et pour la même cause, les Grecs ont signifié les démons en figure de satyres paillards, moitié boucs et moitié
hommes.


























