Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 15:30

De la même façon que le mage Aleister Crowley aimait identifier les dieux antiques avec des actions pratiques, comme il énonce, par exemple, dans le livre « Energized Enthusiasm : « Les Grecs disent qu’il existe trois méthodes permettant de décharger tableau-seth.jpgla bouteille de Leyde du Génie. A ces trois méthodes, ils attribuent trois dieux. Ceux-ci sont Dionysos (Bacchus), Apollon et Aphrodite. En anglais : « Le vin, les femmes et le chant » » ; nous procédons de même pour tenter de percer les mystères de la réalité subtile qui engendre le sexe, et nous voyons à l’œuvre Osiris (Bacchus) lorsque l’organe génital mâle est en érection, excité ; puis celui qui est célèbre pour « trancher dans le vif », Saturne le castrateur d’Ouranos dans la mythologie grecque, est Seth, il vient avec sa faucille couper net l’excitation lorsqu’elle atteint son paroxysme, provoquant l’éjaculation, mais en échange, il produit l’émission du semen, qui assure à la génération et profite à la luxure (L’instant du couperet de Seth que les tantristes nomment tantôt « petite mort », tantôt « poison », d’où sa réputation de dieu malfaisant).

Mais avant, pour qu’Osiris soit excité, qui a inspiré chez lui ce sentiment « sauvage », qui a réveillé ses instincts ? Réponse : Isis ! C’est elle la « séductrice », elle qui donne toute sa puissance à Osiris. Isis est ici la puissance luxurieuse, la force d’excitation (Ce qui donne la formule tantrique connue : « Shiva, quand il est uni à Shakti, est capable de créer ; mais sans elle le dieu est incapable même de se mouvoir »).

seth-1000.png Nous trouvons la même trinité dans le démonisme où Isis n’est autrement transfigurée en Lilith, Osiris en Samaël, Seth en Taniniver. Ce dernier nom « Tanin’iver » signifie « serpent aveugle » mais le même mot « iver » (Ayin-Vau-Resh) peut être lu « Aor » et veut alors dire « chair ». Taniniver devient alors le « serpent de chair », et voici tel que peut apparaitre Seth dans ses moments fougueux.

Seth, en « trancheur », en « castrateur », a tué la virilité d’Osiris, cette érection que la séductrice Isis était si bien parvenue à dresser (le « serpent tortueux » fascine son alter ego doué d’éréthisme le « serpent dressé »), moyennant les luxures appropriées dont elle est une maîtresse, aussi doit-elle recommencer à exciter son partenaire, c’est l’affaire célèbre où elle « fabrique un nouveau membre viril ». L’épisode caché, c’est lorsqu’elle ne peut que vouloir punir Seth pour son méfait, aussi le dieu malfaisant vient-il à personnifier le sadomasochisme. Il s’approche d’Isis sous la forme du cochon noir (ce « cochon » dont les moines chrétiens, au moyen âge, juraient qu’il est le symbole du souillon luxurieux, du vice sans limites). Isis sanctionne Seth, le soumet à tous les sacrifices dont raffolait dans ses écrits le célèbre Marquis de Sade. Seth est sodomite. Crowley l’identifie à la « sainte alliance », c’est qu’il figure « l’accouplement », mais le dieu malfaisant ou pervers démon, du seul fait que Saturne, sa planète, soit liée à la stérilité, n’entend là que la « copulation lubrique ».  

Nous pouvons nous interroger ainsi de savoir si « Seth » égyptien (Samech-Tav) n’est pas le dieu inclus dans cette mystique des hommes-boucs puisque son nom est la première racine de « Satyre » (Samech-Tav-Yod-Resh), il en est l’un d’eux.       

 

Pas étonnant que Rome fit d’Isis* la figure d’une Vénus et lui accorda des fonctions liées au plaisir des sens, interpréta l’accouplement comme le moyen de la célébrer, qu’il soit entre homme et femme, et même entre homme et homme selon Juvénal, au point que la statue de Ganymède vient parfois substituer celle de la partenaire d’Osiris.

 

(* Isis (syzya) 88 (Isiz) 227)

 

  

Seth était idolâtré par ses initiés sous la forme d’un âne, nous raconte le professeur Reuvens, et HP Blavatsky ajoute que le « nom de l’âne en langage copte, AO, est un dc7 rousse titre overblogphonème de IAO, et voilà peut être pourquoi cet animal donna un jeu de mots symboliques » (HPB – Isis dévoilée – Editions Adyar). Mais AO, à son tour, tient quelque chose d’HEVE (Hé-Vau-Hé), mot duquel découle « Eva » (la femme), du « serpent » selon Clément d’Alexandrie qui jure dans son Protreptique qu’en son temps ce lombric était nommé « Eva », d’où le cri des Bacchantes « Evohé », affirmation contredite par d’autres experts.

Toutefois, la figure d’un âne pour Seth (AO et IAO) est probable et c’est lui sans doute l’adversaire de Priape (ex-Osiris), il y a de quoi, le dieu phallique ne craint point l’âne pour sa taille concurrentielle mais bien plus parce qu’il est un trancheur d’organes, celui qui tue l’érection, coupe l’élan, et comme écrit Aleister Crowley, « en tuant, il donne la vie… » ; mais, au cas où le nom « Seth » est la base de « Satyre » (homme-bouc, demi-dieu bouc, ou Dieu-Bouc à l’image de Saturne), alors Seth revêtait la même représentation que Priape, et la différence concernait la fonction, hathor prostitution sacréele second s’affairait sans cesse à assurer la génération tandis que le premier, représentant la stérilité, était idolâtré pour des motifs autrement plus profonds, ce que la mort permet la vie, ce que la ténèbre engendre la lumière, etc. De même, et dès lors que la génération n’est plus la cause de l’union homme-femme, la célébration de Seth engageait forcément ceux qui l’adoraient à entrer dans des communications avec des esprits conjoints à notre plan et dévolus au monde démoniaque.

 

Une conjuration écrite par Aleister Crowley, et manifestement dédiée au Phallus, entièrement consacrée à l’accouplement considéré comme le grand sacrement, met en scène les mêmes dieux antiques aux instants luxurieux majeurs de l’amour sensuel lorsqu’il est dédié au Grand Démon.

 

aleister-crowley3.jpgAleister Crowley

Liber A’Ash Vel Capricorni Pneumatici Sub Figurâ CCCLXX

 

 

0.Chêne noueux de Dieu ! Dans tes branches la foudre est nichée ! Au-dessus de toi plane le Faucon Sans Yeux.

 

1.Tu es noir et foudroyé ! Suprêmement solitaire dans cette chaleur de broussailles.

 

2.Debout ! Les nouages rougeâtres planent au-dessus de toi ! C’est l’orage.

 

3.Il est une flamboyante entaille dans le ciel.

 

4.Debout.

 

5.Tu es ballotté dans l’étreinte de l’orage pour un éon et un éon et un éon. Mais tu ne donnes point ta sève ; tu ne chutes point.

 

6.Seulement à la fin lâcheras-tu ta sève lorsque le grand Dieu F.I.A.T sera intronisé au Jour du Jugement dernier. (F.I.A.T étant initiales latines des mots des quatre éléments Terre – Eau- Feu – Air ou « Focco - Aqua Terra

 

7.Car deux choses sont faites et une troisième chose est amorcée. Isis et Osiris se sont livrés à l’inceste et à l’adultère. Horus jaillit trois fois armé de la matrice de sa mère (Isis). Harpocrate son frère jumeau est caché à l’intérieur de lui. Seth est sa sainte alliance, qu’il manifestera au grand jour de Mâat (vérité).

 

aleister crowley 19028.Or en cela la puissance magique est-elle révélée.

 

9.C’est comme le chêne qui s’endurcit et tient tête à l’orage. Il est battu des vents, balafré et confiant tel un capitaine de vaisseau.

 

10.Il tire aussi tel un chien de meute en laisse.

 

11.Il possède orgueil et grand raffinement. Oui, et joie aussi !

 

12.Que le Magus agisse comme suit en sa conjuration.

 

13.Qu’il s’asseye et conjure, qu’il se rassemble en cette vigueur ; qu’il se lèvre une fois gonflé et en érection, qu’il retire brusquement le capuchon (la figure romaine de Priape le montre portant un capuchon, particularité qui vient s’opposer au pénis circoncis – NDA) de sa tête et fixe son œil de basilic sur le sceau du démon (sexe féminin – NDA). Qu’il balance alors de-ci de-là la force de celui-ci tel un satyre en silence, jusqu’à ce que la Parole jaillisse de sa gorge.

 

14.Qu’alors il ne tombe pas d’épuisement, bien qu’il ait pu être dix mille fois l’humain, mais ce qui l’inonde est l’infinie miséricorde du Genitor-Genitrix de l’Univers, dont il est le Vase.

 

15.Non que tu doives t’abuser. Il est aisé de discerner la vivante énergie de la matière morte. Il est moins aisé de discerner le serpent vivant du serpent mort.

 

16.Aussi au sujet des serments. Sois obstiné, et ne sois pas obstiné. Comprends que l’élasticité du Yoni est une avec l’extension du Lingam. Tu es les deux à la fois ; et ton serment n’est que le frémir du vent sur le Mont Meru.

 

17.Comment m’adoreras-tu, moi qui suis l’œil (Ayin) et la Dent (Shin), le Bouc de l’Esprit, le Seigneur de la Création. Je suis l’œil dans le triangle, l’Etoile d’Argent que tu adores.

 

aleister crowley218.Je suis Baphomet, c’est-à-dire la Parole Octuple qui fera contrepoids au Trois.

 

19.Il n’est pas d’acte ou de passion qui ne sera un hymne en mon honneur.

 

20.Toutes choses sacrées et toutes choses symboliques seront mes sacrements.

 

21.Ces animaux me sont sacrés, le bouc, le canard, et l’âne, et la gazelle, et l’homme, la femme et l’enfant.

 

22.Tous les cadavres me sont sacrés ; ils ne devront pas être touchés sauf pour ce qui est de mon eucharistie. Tous les endroits isolés me sont sacrés ; là où un homme se rassemble en mon nom, là bondis-je au milieu de lui.

 

23.Je suis le dieu hideux, et qui me dompte est encore plus laid que moi.

 

24.Cependant je donne plus que Bacchus et qu’Apollon ; mes cadeaux surpassent l’olivier et le cheval.

 

isis nom hébreu grec 25.Qui m’adore doit m’adorer par de nombreux rites.

 

26.Je suis caché avec toutes les dissimulations ; lorsque le Très Saint Ancien est dévêtu et promené sur la place du marché, je demeure toujours sacré et à l’écart.

 

27.Qui j’aime je châtie de nombreuses verges.

 

28.Toutes choses me sont sacrées, aucune chose n’est sacrée venant de moi.

 

29.Car il n’est aucune sainteté où je ne sois point.

 

30.Ne prends pas peur lorsque je succombe à la fureur de l’orage, car mes glands sont chassés au loin par le vent ; et en vérité je me relèverai à nouveau, et mes enfants autour de moi, de sorte que nous hisserons notre forêt jusqu’en l’Eternité.

 

31.L’Eternité est l’orage qui m’abrite.

 

32.Je suis l’Existence, l’Existence qui n’existe pas sauf durant sa propre existence, qui est au-delà de l’Existence des Existences, et plus profondément enracinée que l’Arbre du Rien et la Terre du Rien.

 

33.Et maintenant sais-tu donc lorsque je suis en Toi, lorsque mon capuchon est tendu sur ton crâne, lorsque ma puissance est plus que l’Indus canalisé, et irrésistible comme le Glacier Géant.

 

34.Car comme tu es en Ta nudité, devant une femme lubrique dans le bazar, aspiré par son espièglerie et ses sourires, ainsi te trouves-tu totalement et non plus en partie devant le symbole du bien-aimé, ne s’agirait-il que d’un Pisacha, d’un Yantra ou d’un Deva.

 

isis égypte et romaine35.Et en tout créeras-tu l’Infinie Béatitude et le maillon suivant de la Chaîne Infinie.

 

36.Cette chaîne va d’Eternité en Eternité, toujours en triangles – mon symbole n’est-il pas le triangle ? – toujours en cercles – le symbole du bien-aimé n’est-il pas un cercle ? -. A cet égard, tout progrès est vile illusion, car tout cercle est identique, et tout triangle identique !

 

37.Mais le progrès est progrès, et progrès est extase, continuelle, éblouissante, giboulée de lumière, lames de rosée, flammes de la chevelure de la Grande Déesse, fleur des roses autour de son cou. Amen !

 

38.En conséquence dresse-toi comme je suis dressé. Maîtrise-toi come je suis maître de l’accomplir. A la fin, que la fin soit aussi distante que les étoiles séjournant au cœur de la nuit, tue-toi comme je suis moi-même tué à la fin, en la mort qui est vie, en la paix qui est mère de la guerre, en la ténèbre qui tient en sa main la lumière, telle une prostituée extrayant une gemme de ses narines.

 

39.Ainsi donc le commencement est délices, et la fin est délices, et délices le milieu, de même que l’Indus est eau dans la caverne du glacier, et eau entre les plus hautes et les plus basses des collines et au travers des remparts des collines et à travers plaines, et eau à leur embouchure lorsqu’elle bondit dans la puissante mer, oui, dans la puissante mer.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 15:29

1719. « Un jeune libertin célèbre, Philip, duc de Wharton (1698-1731) fonde un Hell-Fire Club dont les membres se retrouvent le dimanche à la Greyhound Tavern, avengers5.jpgprès de St James’ Square à Londres. Le Club est dissous par un édit royal en 1721, fit scandale, mais ne fut jamais accusé de pratiquer un culte satanique. On se contente d’y tourner la religion et la morale en dérision, et des jeunes femmes aux mœurs légères se laissent aisément persuader d’ôter leurs vêtements, avec les conséquences que l’on peut imaginer. A la même époque, sans que l’on sache s’il avait été inspiré par le Club de Londres, un artiste, Peter Lens, réunit une douzaine d’amis dans un autre Hell-Fire Club, à Dublin cette fois. Là encore, il s’agit d’un groupe de jouisseurs et d’athées qui ne vont jamais jusqu’à l’adoration du démon.

avengers4.jpgCela ressemble assurément à cette Société de Saint François de Sir Francis Dashwood qui comprend une bibliothèque dans son abbaye, remplie de livres scandaleux, comme c’est dit que là, règne Harpocrate (Dieu du silence), le paganisme, la pornographie, et les jolies femmes – dames de la noblesse ou prostituées de luxe – qui, vêtues comme des sœurs (nonnes), participent aux réunions de la Société (dont les membres se déguisent volontiers en franciscains) et en égaient les nuits dans les chambres de Medmenham. Dans le jardin veillent Vénus et Priape, tous deux en forme de statue, dont la dernière liée avec l’organe génital masculin, porte la devise « Peni tento, non penitenti » (« Au pénis dressé, non au avengers7.jpgpénitent ») » (Massimo Introvigne – Enquête sur le satanisme – Bibliothèque de l’Hermétisme).  

 

Le « Club du Feu de l’Enfer » est réputé pour être le lieu de rencontres de « personnes de qualité » qui souhaitent prendre part à des actes immoraux. La devise du Club demeure « Fais ce que vouldras », formule employée en premier par Rabelais, reprise plus tard par Aleister Crowley pour son Livre de la Loi, Thélème, et inscrite dans son abbaye.

 

Le Duc de Wharton compte se servir du Club de l’Enfer pour organiser des cérémonies avengers6.jpgaptes à ridiculiser la religion, la blasphémer, utiliser ses objets saints à des fins sacrilèges. Exercer ses rituels d’une manière à en désorienter le sens original. Une pratique dont les satanistes usaient de leur côté depuis l’an 1300. De même, le Duc veut provoquer la morale en reprenant d’elle ces rituels mondains comme le mariage, les fiançailles, la messe et les rendre immoraux en incluant dans leur conduite des ajouts luxurieux. Le Président de ce Club est le Diable, bien qu’on dépêche d’affirmer ensuite que « les membres n’étaient point des satanistes, qu’ils n’idolâtraient point les démons, bien que nombreux parmi eux se faisaient appeler par des noms de diables qu’ils s’étaient choisis ». Le Club se réunit le avengers9.jpgdimanche à un certain nombre d’endroits différents autour de Londres. La Taverne Greyhound est l’un des lieux de rencontres utilisé régulièrement, parce que les femmes ne devaient point être vues dans les tavernes.

 

Malgré les rumeurs « d’adoration du diable », les experts soulignent qu’il n’existe point de preuve formelle pour statuer sur ce point. Toujours est-il, pour forcer le caractère hédoniste exhorté par les membres du groupe, ils n’hésitent pas à proposer des repas aux noms tendancieux comme la « tourte du Saint-Esprit » (Holy Ghost Pie), le « sein de Vénus » (Brest of Venus), la « longe du diable » (Devil’s loin) pendant qu’ils boivent le « punch avengers11.jpgdu Feu de l’Enfer ».

 

Les impiétés immorales condamnent le Club du Feu de l’Enfer du Duc de Wharton à fermer ses portes deux ans plus tard, mais l’idée a fait son chemin et engendré des petits.

 

Francis Dashwood, de son côté, qui avait fondé l’Eglise de Saint François (parfois Saint Francis), procède sur le même modèle libertin et volontiers blasphémateur : selon Horace Walpole, les pratiques des membres sont rigoureusement païennes : Vénus et Bacchus (Priape assurément) sont les divinités pour qui ils sacrifient publiquement, et des femmes en nymphes ou des hommes déguisés participent aux célébrations. Les réunions ont lieu avengers10.jpgdeux fois par mois. Les membres s’appellent « frère » entre eux, et le leader est « l’abbé ». Au cours des cérémonies, ils portent un pantalon blanc, une veste et une casquette, tandis que l’abbé se voit habillé d’un ensemble rouge. Des rumeurs de « Messes Noires » persistent, sans doute car l’idée de blasphémer le rituel de la Messe persiste, agrémenter l’office d’orgies consacrées à Satan ou rendre ainsi un culte aux démons pimente l’office. Des rumeurs jurent que des femmes sont invitées, sans aucun doute des prostituées, qui prennent alors le nom de « sœurs ». Elles ont toutes les apparences d’une nonne mais finissent toujours avengers8.jpgleur travail dans le plus simple appareil d’une catin. Un homme s’approche de l’abbé pour marier une femme qu’il aimait plus que de raison, le religieux prononce l’office avec un sérieux de rigueur, la belle, toute vêtue de blanc et voilée, jure « oui » pour la vie, puis il s’avère qu’elle est une prostituée qui interprète un rôle, et s’offre ainsi aux invités, tandis que le faux époux regarde lubriquement sa fausse « mariée » se débaucher sous ses yeux à la masse et qu’il a au préalable payé chèrement, le tout sous l’œil et l’accord du diable lui-même.

 

philip duc de Wharton2 caveLe « Club de Francis » est réputé pour disposer d’une littérature érotique conséquence, livres de mêmes natures avec images, objets pornos, boissons enivrantes pour des banquets copieux.

 

Voici par exemple, le genre de proclamation que le célébrant lançait à ses membres lors de son introduction à la cérémonie du Feu de l’Enfer :

     

philip-duc-de-Wharton.jpg Le célébrant :

« Et que le Diable nous emporte, dans sa diabolique chaleur !

Son feu, son enfer, son Royaume de Pluton,

Son empire cruel des limbes,  son purgatoire, son bagne, ses tortures,

Buvons, messieurs, à l’enfer !

 

L’assemblée :

A l’enfer !

Que la course aux filles commence !

 

Le célébrant :

Mes seigneurs, minuit approche, l’heure des sorcières !

Et afin de célébrer cette heure,

Et comme symbole de l’esprit du Mal,

En tant que promoteur et pourvoyeur de cette nuit du péché,

Je vous livre la reine du péché : Lilith !

 

avengers1.jpgElle est à vous... Faites d’elle tout, tout ce que vous voudrez...

(Ce qui reprend la formule « Fais ce que vouldras »)

 

Lorsqu’ils ajoutent l’Eucharistie pour intensifier le blasphème, Lilith-Isis remplace le Christ ; le communiant vient s’incliner devant l’autel ; le célébrant, qui se tient à côté de la prêtresse qui incarne Lilith-Isis, lui défait sa cape et son aube, dévêtant entièrement la dame ; et se trouvant ainsi dans une impudicité insolente, elle s’approche du communiant, toujours agenouillé, et tenant une hostie au goût épicé dans sa main droite, une coupe d’un vin capiteux dans la gauche, lui tend la galette sacrée à la bouche et dit :

 

fd2 dessin over« Ceci est mon corps, le corps de la chair lascive, tentatrice et luxurieuse, la chair qui fait des hommes des bêtes, qui affole et étourdit, instigue toutes les audaces et tous les outrages ;

 

Puis, tendant la coupe, elle dit :

 

« Ceci est mon sang, le sang de la frénésie et du stupre, le sang de la puissance sexuelle, le sang qui rend fou, qui rend lubrique, qui enchaîne tes volontés et contraint à la jouissance. »

 

Wharton, sous la férule magique du Diable, affirmait combien « la luxure appartient à l’élite, pas aux crédules, aux ignares ; elle est affaire de noblesse, point des masses qui confondent copulation et érotisme. Les grands démons ont donné un sexe à chacun, mais la sexualité des génies, ils l’ont accordée à leurs seuls élus ».  

 

(Photos extraites de la série "The Avengers" et le "Club du Feu de l'Enfer")

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 17:38

Soukkot-Bénoth ou Succoth-Bénoth est une idole assyrienne sur l’essence de laquelle les orientalistes varient. Certains, frappés du rapport des noms Vénus et Bénoth, regardent l’idole comme une forme de la Vénus d’Assyrie. Dupuis semble tendre à succor-benoth2.jpgidentifier de façon ou d’autre la déesse-planète et la constellation.  Suivant Gesenius et Rosenmüller, Succoth-Bénoth ne désignerait pas la divinité même, mais bien des objets relatifs à son culte, les tentes sous lesquelles les Babyloniens se prostituaient en l’honneur de Mylitta, ou bien l’arche, le tabernacle, la sainte Bari dans laquelle les nomades transportaient de déserts en déserts les objets de leur vénération. Au fond, rien n’empêche qu’arche, tentes et déesse, tout cela n’ait été plus ou moins amalgamé par les dévots, et que dans la suite des temps on n’ait vu dans Succoth-Bénoth une espèce d’Ilith ambulante. C’est à Babylone que l’histoire ghoreb-zaraq.jpgnous montre le siège du culte de Succoth-Bénoth. Il fut établi aussi dans la ville de Samarie par le vainqueur Salmanazar. On offrait à cette idole des grains de blé et des gâteaux. Kircher voit dans le choix de ces offrandes une allusion évidente aux colombes et au taureau. De plus, il croit retrouver son image dans des médailles de Sélinonte, où sont réunis le taureau et les colombes (Péléiades, d’où Pléiades) ».

Le bestiaire symbolique reconnaît le taureau et la colombe comme des attributs de Vénus. La contrepartie de la colombe est le corbeau dont c’est la figure du chef des Qliphoth liées à Vénus, Ghoreb Zaraq, ce qui semble corroborer l’hypothèse que Succoth-Bénoth est un autre nom de Vénus.  

 

En même temps, ce peut être Vénus mais aussi Saturne, puisqu’un nom de ce dernier en égyptien, qui est « Remfa » peut être pour « Pan-Râ », est aussi « Sovk », ou « Souchos, Soukhos », pourquoi pas Souccoth ? Dans ce cas, Vénus, Saturne et le Soleil, les trois astres concernés par la génération, leur représentation est toujours la même, celle du Priape le plus connu, le Pan antique, Mendès, l’actuel Baphomet.

 

baal-peor.jpgLe Livre des Rois 2 rend compte de Succoth-Bénoth, voici l’extrait : « Mais chaque nation se confectionna ses divinités et les érigea dans les maisons des hauts-lieux édifiées par les Samaritains, chacune dans les villes qu’elle habitait. Les gens de Babel firent Souccot-Benot ; ceux de Couth, Nergal ; ceux de Hamat, Achima. Les Avites firent Nibhaz et Tartak ; les Sefarvites brûlaient leurs enfants dans le feu en l’honneur d’Adrammélec et d’Anammélec, dieux de Sefarvayim. Ils adoraient l’Eternel, mais ils instituèrent des prêtres de hauts-lieux, choisis parmi eux, qui célébraient le culte dans la maison des hauts-lieux. Ils adoraient l’Eternel, tout en rendant un culte à leurs dieux, à l’exemple des nations qu’on avait exilées de ces contrées » (Rois 2 ; 17-30/33).

 

Jacques-Antoine Dulaure tentait lui-même d’expliquer de la manière suivant le nom « Succoth-Bénoth » (ou « Benoth ») : « La cité de Cartharge s’est remplie d’habitants grâce aux dons apportés par la prostitution », la divinité étant « Succoth Benoth » (signifiant « tentes des filles », les filles devant alors se prostituer dans des tentes dédiées à la divinité ; Benoth peut être aussi cette divinité exposée sous la forme d’une pierre priapique honorée par ces prostitutions). Ce nom aurait servi à faire celui de « Vénus ».

 

baal-peor2.jpg « Quelques savants pensent que « Succoth » signifie « tente », et « Benoth » la divinité ou la pierre honorée par ces prostitutions. Quoi qu’il en soit, il paraît certain que « benoth » est l’origine du nom « Vénus ». Il est très fréquent de trouver, dans les anciens écrivains, le B changé en V (« Beth » en hébreu peut se prononcer B parfois V) : ainsi, de « Benoth », on a fait « Venoth » ; on sait aussi que le « thêta » final est souvent prononcé comme le « sigma ». D’où « Vénos ». Suidas appelle « Vénus », « Benos » ». On note, en plus, que « Lune » en hébreu, se dit « Levanah », et s’écrit « Lebanah » (Lamed – Beth – Nun – Hé), racine « banah » proche de « benoth ». « Il est très probable, reprend Jacques-Antoine Dulaure, que le mot « Benoth », venu de la Syrie et de la Phénicie, est passé à Carthage avec quelque altération, et de là s’est établi dans la grande Grèce et dans l’Etrurie, où il a été prononcé « Vénus ».

 

succor-benoth1.jpgAu moyen âge, changement de consonne et de style, Succoth-Benoth renaît de ses cendres sous le nom de Succor-Benoth (Samech-Kaph-Vau-Resh-Beth-Nun-Vau-Tav) (744), devient un démon du troisième Ordre, Chef des démons eunuques de Belzébuth, également diable de la jalousie, chef des harems et des prisons, amant de Proserpine.

 

« Les démons du troisième Ordre sont appelés les « Terrestres » car ils ont été précipités du Ciel sur la terre pour leurs démérites. Les uns habitent dans les bois et les forêts et tendent des pièges aux chasseurs, les autres en large campagne font égarer les voyageurs. Le reste des démons, moins furieux, se délecte d’habiter parmi les hommes ».

 

Les éléments manquent, figures, signature, sceau, pour établir avec Succor-Benoth le moyen de l’invoquer correctement. Tout au plus, il apparaît fort bien qu’il détient des signes liés à Vénus et à Saturne.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 17:19

 (Suite du chapitre « Rencontres avec les Satyres (2) »)

 

rempha tableau

 

ss bastet titreNous relevons encore du tableau qu’Ilith est Poubasti, qui est « Bubastis », ou « Per-Bast », laquelle avant d’être une divinité, était la ville qui voyait ses habitants rendre un culte à Bastet. Ce qui démontre pourquoi Lilith, héritière d’Ilith elle-même Bastet et Hathor à la fois - les deux plus puissantes divinités égyptiennes de la prostitution sacrée -, était tant maudite par ses prêtres opposants qui voyaient en cette « maîtresse des pouvoirs luxurieux » l’instigatrice démoniaque de la corruption des mœurs sexuelles.  

 

Le mage P.R. Nelchael écrit sur Hathor que « la divinité qui présidait aux rituels de réalisation pour favoriser l’amitié, l’amour et la sexualité était, en Egypte, Hathor (Hathor Ptérophore). Hathor est fille du Soleil, Dame du Ciel, assimilée par les Grecs à Aphrodite future Vénus. Le troisième mois de l’année chez les Egyptiens lui était consacré.

 

A-bast-set-invoc2-NB.jpgUn rituel dont le but doit répondre à un désir luxurieux fait prononcer le texte suivant par le célébrant devant sa représentation dans le temple : « Anubis, dieu terrestre, souterrain et céleste, chien, chien, chien, prends tout ton pouvoir et ta force à Titer, qui fut enfanté par Sophia. Débarrasse-la (si vous convoitez une femme) / le (si vous convoitez un homme) de l’orgueil, de la réflexion et de la pudeur, et amène-la/le ici à mes pieds, languissant(e) de passion à toute heure de jour et de nuit, songeant sans cesse à mois, quand elle (il) mange et quand elle (il) boit, quand elle (il) travaille et quand elle (il) cohabite, quand elle (il) se repose, et quand elle (il) rêve et quand elle (il) est rêveuse (eur). Quand, tourmenté(e) par toi, elle (il) se hâte, languissant(e) après moi, les mains pleines, l’âme généreuse, s’offrant à moi et remplissant le devoir des femmes (hommes) envers les hommes (femmes), servant à satisfaire ma convoitise et la sienne propre sans ennui et sans honte, serrant sa cuisse contre ma cuisse, son ventre contre mon ventre, son duvet contre mon duvet de la plus douce façon ! »

 

hathor4.jpgPuis, soucieux d’augmenter son magnétisme dans le but de séduire : « Hathor, augmente mon magnétisme dans le but de séduire. Fais tout ce qui est prescrit pour moi. Si tu me désobéis, le disque solaire s’enflammera et l’obscurité recouvrira le monde entier. Le scarabée descendra jusqu’à ce que tu accomplisses pour moi tout ce que j’écris ou dis dans une stricte obéissance envers moi. Immédiatement. Vite, vite, vite. Ce n’est pas moi qui te dis cela, Hathor, c’est la Magie qui te dit cela. Ce n’est pas moi qui dis cela, ce n’est pas moi qui le répète, mais assurément le dieu qui dit cela, et c’est assurément le dieu qui le répète ».

 

« Hathor » est « Athyr » qui signifie la nuit chez les Coptes (Et « Lilith » est censée être tirée de « Lailah » signifiant « nuit, noire » - NDA), et Vénus était adorée en Egypte sous le nom de Scotia, la Ténébreuse ; Hésychius nous apprend qu’elle avait un temple sous ce nom. Le nom de Vénus ne fut connu des Egyptiens que lorsque les Grecs s’établirent parmi eux : cette divinité s’appelait Athyr. En Egypte, la nuit ou les ténèbres étaient le principe de tout, mais ce sont ces ténèbres qui avaient été le berceau de la nature universelle, qui en contenaient les principes et les éléments, et que toutes les cosmogonies ont connues sous le nom de chaos, d’érèbe, de matière confuse, d’espace informe, selon les différents langages des temps et des lieux.

hathor2.jpg Les Egyptiens firent de cette notion un personnage symbolique, qui répondait à peu près à la Vénus céleste, ou Uranie des Grecs, à leur Lucine ou Illythie (l’originale Lilith, d’où la désormais assimilation évidente de cette Lilith avec Vénus – NDA). Ainsi les ténèbres divinisées sous le nom de Vénus ou d’Athyr, et caractérisées sous l’emblème d’une vache, étaient honorées en Egypte, comme un des principes originaires et universels, comme la matière et la mère des êtres. Dans les cantiques sacrés, on en répétait trois fois le nom « Ô nuit ! Nuit sacrée ! Nuit mère de Tout ! ». Si « Athyr » - Vénus - était figurée par un taureau, Lilith peut bien être montrée par un bouc : « par une chèvre », préciseront certains ; « pas nécessairement, répondront d’autres », le bouc exposé étant androgyne, l’aspect féminin lui est inclus.

baphomet-mendez2.jpg« Le nom de « Maïa », donné à Cybèle, à Rhéa était aussi donné à la nuit. « Je te chanterai, dit Orphée, Ô mère des dieux et des hommes, nuit sacrée, principe de tout, qu’on nomme encore Vénus ». Chez les Egyptiens donc, Athyr était Vénus, Isis présidait aux amours, Olen de Lycie dit que Lucine ou Illithye était « mère de l’amour » (la précision de la fonction prêtée à Lucine ou Illithye, lorsqu’on sait qu’elle débouche sur une prostitution sacrée de grande envergure dans les grands temples permet de comprendre la mauvaise réputation que les Hébreux créditaient à Lilith puisque cette dernière et Illithye sont les mêmes, c’est-à-dire qu’il s’agit ici d’Athyr Hathor – NDA) ».

L’auteur l’écrit lui-même, disant, « dommage que ces enseignements et paroles sacrées ont été réduits aux emplois très subalternes, d’enflammer et de tourmenter les amants ».

apis-priape-over-blog.jpg Lors de ses fêtes, son cortège montrait un Apis (taureau) ainsi qu’un voile noir symbole de la nuit (Satan est lui-même le « prince des ténèbres », ou « nuit », c’est-à-dire le lieu d’origine, celui d’où nous venons et où nous retournons – NDA).

« Les Grecs élevèrent un grand temple à la nuit, dans les temps les plus reculés. L’auteur de l’argument des Pythiques de Pindare, rappelle l’oracle de la nuit à Delphes, comme étant le plus ancien. Suivant Pausanias, on voyait, dans le temple de Diane d’Ephèse, la chapelle de la nuit. Dans le dialogue de la nuit et de Jupiter, le maître des dieux s’adresse ainsi à la nuit :

« Nutrix deorum summa, nox immortalis, etc. »

Aussi les Grecs l’appelaient-ils la déesse antique. Tous les poètes grecs, et tous les anciens théologiens regardaient la nuit comme la créatrice des choses. Aristote a dit « ut dicunt theologi, qui omnia ex nocte producunt » » (Pierre Nicolas Rolle – Recherches sur le culte de Bacchus. 1819).

    

Si le mage Nelchael préfère en rester à l’explication traditionnelle du nom « Hathor » par « la maison mondaine d’Horus », P.R. Rolle évoque la « nuit », celle des « ténèbres », cause première, révèle ainsi sans le vouloir la Lilith sombre : celle-ci, comme Hathor, est une prostituée, mais aussi règne dans ce Ciel Noir que sont les enfers.

 

Si l'orthographe diffère, la phonétique est proche, il y a de "Athyr" dans "Satyre", il y a de la "nuit" dans le "velu", il y a de la communion entre la prêtresse d'Hathor et le célébrant du Seir, d'où ces images mythologiques où les boucs fréquentent les plus belles nymphes...

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Samedi 19 mars 2011 6 19 /03 /Mars /2011 18:23

ca6 lilith & les satyres2« Le bouc sacré avait avec Priape d’autres conformités. Les Grecs, sous les noms de Pan, de Faune, de Silvain, de Satyre, etc., adoraient des divinités champêtres dont les figures représentaient à la fois les formes du bouc et l’attribut le plus caractéristique de Priape. Elles avaient les cornes, quelquefois les oreilles et toujours les cuisses, les jambes et les pieds de cet animal, et en même temps le phallus, dans un état d’énergie. « On leur a érigé des temples, dit Diodore de Sicile, en parlant de ces divinités à cornes et à pieds de bouc ; elles y sont représentées dans un état d’énergie et de lubricité, afin qu’elles parussent imiter le naturel lascif du bouc » (Jacques-Antoine Dulaure - Les divinités génératrices).

 

Si Esaïe dans ses versets fait des Seirim (Satyres) de pauvres boucs laissés à leur misérable destin dans une terre aride, les temps antiques à ceux que nous nommons de ce nom les voyaient glorifiés au point que des temples leur étaient érigés. Ce qui signifie alors que les antiques Satyres n’étaient pas seulement ces « hommes des satyre n1bois » sauvages que beaucoup craignaient de rencontrer dans les forêts mais bien ces personnels déguisés à l’image du bouc, dont c’était la figure de l’antique Saturne, portant sur eux ses signes ostentatoires, et s’autorisaient ainsi des exercices, ayant endossé le « costume » du maître.

D’où « Satyre » se trouve dans des mots comme « Stur » (« Saturne » en chaldéen), Saturne, Satariel, Satoriel… Le même démon Satoriel est nommé aussi Seiriel, preuve que les deux mots signifient la même chose, et « Seir » se trouve dans les noms « Asir » (« En réalité, le nom d’Asir (en hébreu Ayin–Shin-Yod-Resh) désigne les hautes terres tribales qui entourent Abhâ, bien que l’usage administratif ait conduit à l’employer pour la région plus vaste que j’ai indiquée. Le nom apparaît comme une survivance par métathèse du « Seïr » biblique, ou mont Seïr (Gn14 – 6/8 que voici : « … les Horites dans leur montagne en Seïr jusqu’à Eil-Parân qui est près du désert. Puis ils revinrent vers Ein-Mishpar, c’est-à-dire Qadesh, ils ravagèrent toute la campagne amalécite et même les Amorites habitant Haçaçôn-Tamar. Alors le roi de Sodome s’avança, et les rois de Gomorrhe… » (Kamal Salibi – La Bible est née en Arabie – Grasset).), « Assyrie » (A-Seirim), « Syrie », pourquoi pas « Asie » et même « Egypte » (« Aegypan » ou pays du dieu-bouc (chèvre)).

 

ainsi-parla-satan.jpg Reprenons Jacques-Antoine Dulaure : « Voilà pourquoi Priape a souvent les formes du bouc ; voilà pourquoi on le confond souvent avec les dieux Pan, Silvain, Satyre, qui ont la même origine que lui.

Les femmes se découvraient indécemment devant le taureau Apis ; elles faisaient la même chose devant le bouc de Mendès (Mandou) ou de Chemnis, et poussaient même beaucoup loin leur étrange dévotion.

Dans l’intention, sans doute, de détruire le charme prétendu qui les maintenait dans un état de stérilité, elles s’offraient au bouc sacré, et se livraient à son ardeur brutale ».

 

Le bouc, considéré par des détracteurs du culte comme l’animal, d’où que le folklore populaire a pu envisager des exercices zoophiles, alors que le rituel des élus initiés nommait par « bouc » le serviteur du prêtre qui portait sur lui les signes ostentatoires du caprin cornu, emblème bestiaire de Pan Mendès. Rien à voir avec une quelconque union avec un animal, la crédulité emporte toujours les esprits ignares, le bouc était un serviteur qui portait sur lui le déguisement du dieu qu’il idolâtrait.

 

Puis : « Il existe encore à Chemnis (la ville) quelques traces de cette dégoûtante baphomet-mendes3.jpgprostitution. « On y voit, dit Vivant Denon, un édifice enfoui jusqu’au comble. C’est sans doute le temple dédié à Pan, autrefois consacré à la prostitution. On y rencontre aujourd’hui, comme à Metabis, nombre « d’Almès » et de femmes publiques, sinon protégées, au moins reconnues et tolérées par le gouvernement. On m’a assuré que, toutes les semaines, elles se rassemblaient à un jour fixe, dans une mosquée près du tombeau du Sheik Haridi, et que, mêlant le sacré au profane, elles y commettaient entre elles toutes sortes de lascivités ».  

 

Jacques-Antoine Dulaure confirme et à la fois complète le propos tenu par Collin de Plancy dans son « Dictionnaire infernal » : « Il y a quelques siècles qu’un derviche nommé Haridi y mourut ; on lui éleva un tombeau et des peuples vinrent lui adresser des prières. Un jour, un autre derviche fit croire que le Tout-Puissant avait fait passer l’esprit du défunt dans le corps d’un serpent », lequel était doué de pouvoirs magiques. Collin de Plancy évoque du charlatanisme dans l’ouvrage mais souligne que Paul Lucas voulût voir ce serpent « et fit le voyage d’Akhmin, qu’il s’adressa à Assan-Bey, lequel fit venir le derviche avec le serpent ou l’ange », soit le démon. De la même façon le même auteur, citant toujours Paul Lucas, relatant ses voyages dans le « Courrier de l’Egypte », affirme « que le peuple de ce pays  adore encore le serpent Asmodée, lequel a un temple dans le désert de Ryanneh. On ajoute que ce serpent se coupe par morceaux, et qu’un instant après, il n’y paraît pas ».

baphomet-666.jpgPour Pierre Delancre, dénonçant la « danse » comme un prétexte au stupre, « toutes ces danses se font encore avec beaucoup de liberté et plus effrontément au sabbat, car les sages et modérées croient ne pas faillir en commettant l’inceste toutes les nuits avec leur père, frère et autres plus proches, voire en présence de leur mari, et tiennent même à titre de royauté comme reine du sabbat, d’être connues publiquement devant tout le monde de ce démon, bien que son accouplement soit accompagné d’un merveilleux et horrible tourment, comme nous le dirons plus en avant dans le texte.

Il est bien certain que la plupart des peuples, autrefois, usaient et pratiquaient la danse durant leurs sacrifices, voire en toutes leurs fêtes les plus solennelles. Les filles en Perse, s’approchant de la coutume qui s’observe au sabbat, adoraient le Soleil, dansant toutes nues au son de quelques instruments, comme font nos sorcières, qui dansent en ces maudites assemblées, parfois nues, parfois en chemise, un gros chat attaché à leur dos, comme nous l’ont dit plusieurs d’entre elles ».

 

Ainsi, les noms des Qliphoth semblent être ceux des dieux les plus anciens, ceux-là même qui furent supplantés par les dieux antiques. D’où Satariel ou Satoriel, appelé non sans raison également Seiriel, peut bien être l’ancienne figure de Saturne, l’authentique Satan qu’on voyait apparaître la nuit lors de la célébration de Bacchus. Son nom évolué à partir de Stur (Samech-Tav-Vau-Resh) ressemblait fort au verbe hébreu « Sitan » (Shin-Teth-Nun) signifiant « qui s’oppose », et comme les rites de celui-ci étaient condamnés par les religieux Hébreux, ils en firent leur « Adversaire ».  

arbre-sephiroth3-nom-en-h-breu.jpg

Le caractère des « mauvais » esprits de Saturne vient également « jouer » contre eux. L’anthroposophe Rudolf Steiner écrit : « Nous pouvons décrire les entités de Saturne par comparaison, en disant qu’elles sont infiniment inventives, ne cessent d’innover à chaque instant de la vie, car il serait faux de dire qu’il s’agit du fruit de leur pensée. Chez elles, ce don d’invention se traduit à peu près ainsi : c’est comme si l’on regardait et que dans le même temps il nous vienne à l’esprit comment lui donner une autre forme. Aussitôt naît en elles l’invention. Ces esprits ont pour contrepartie d’autres entités qui se profilent comme des forces qui possèdent tout ce qui vit en l’homme sous forme de désir et de luxure sensuels mais à un degré bien plus poussé, bien plus effrayant.

Dans les endroits où l’homme se livre à des inventions, où travaillent des ingénieurs, dans les ateliers, l’atmosphère est propice à cette nature d’entités inventives de Saturne.

Inversement, les actes les moins raffinés des hommes, les plus sauvages forment le règne de leurs contreparties.

Ces contreparties saturniennes développent des passions d’ordre sensuel terriblement dévastatrices contre lesquelles tout ce que l’homme peut mettre en œuvre dans ce contexte, ne sont que jeux d’enfants » (Rudolf Steiner – L’intervention des forces spirituelles en l’homme – Editions anthroposophiques romandes).

 

baphomet-belz-buth.jpgL’auteur cité, soucieux de distinguer les forces du Bien avec celles du Mal, se contente de décrire des « entités », les bonnes et les mauvaises ; l’ésotériste, par l’héritage acquis des sciences occultes du moyen âge, nomme les premières les « esprits planétaires » (liés à Malkuth et Assiah) (les fameux « anges » chrétiens), les secondes les Qliphoth.

 

Les mages noirs nous dressent alors la liste de ces Qliphoth de Saturne, dont le chef est « Satariel », sûrement mieux « Satoriel », qui voile à peine « Stur » (Sator) (Samech-Tav-Vau-Resh) (666), le Grand 666, sans doute le nom le plus ancien tel qu’il était invoqué dans le temple. Voici la liste de ses sept serviteurs :

 

Saturniel ; Abnexiel ; Tagariel ; Asteriel ; Reqraziel ; Abholziel ; Lareziel.

 

Bien des experts modernes soutiennent que les Qliphoth dispensent l’exacte énergie contraire à celle des esprits planétaires, ainsi donc ils devraient « apporter la frustration, l’impuissance », l’exposé de Rudolf Steiner atteste tout du contraire.

 

baphomet mosaiqueEn outre, nous rappelons une fois encore par quel moyen malicieux leurs servants à eux s’insinuent en l’homme et l’affectent : « Les esprits saturniens s’insinuent d’une façon encore plus mystérieuse dans le corps humain, à savoir par les sensations. Lorsque l’homme dirige son regard sur une belle chose, cela suscite en lui une représentation ; s’il dirige son regard vers une chose sordide et triviale, une autre représentation est suscitée. Tandis que des impressions extérieures font naître une représentation dans l’âme, les esprits saturniens s’insinuent par ce biais et dans le même temps en l’homme. Et à travers tout ce qu’il déploie autour de lui par simple sympathie ou antipathie à l’égard de ce qui l’entoure, sous forme de ce qu’il voit, entend et sent, l’homme s’expose à cette infiltration furtive de tels ou tels esprits saturniens. Ceux-ci pénètrent par les yeux, les oreilles et par la peau, lorsque la sensibilité de l’homme est en action. (…) Vous voyez donc que nous devons nous représenter l’homme comme un être tout à fait complexe, comme un compagnon issu de divers mondes et de divers êtres » (Rudolf Steiner – L’intervention des forces spirituelles en l’homme).

 

A ajack curé overblog

A son tour, le kabbaliste du moyen âge Bodin (Jean Bodin Angevin – De la démonomanie des sorciers) écrit sur ces Satyres : « Et que Satan fait croire aux uns qu’il apparaît en bouc, chose étrange qu’il prend la forme d’une bête puante et salace. Car en la sainte Ecriture, on voit que les diables sont appelés « boucs », comme l’interprète chaldéen Esaïe tourne ce mot « Seir » qui signifie « bouc ». Car le prophète dit que les dragons et les boucs danseront en Babylone… « Le Satyre criera après son compagnon ». Zoroastre, parlant des boucs, entend les démons, pour la la2 Baphomet overblogpropriété du bouc, qui est puant et lascif. Or, la propriété des démons est d’avoir puissance sur la cupidité lascive et brutale, comme les Hébreux ont remarqué, quand ils disent au Livre « Aboth Pirke » que Satan est porté du serpent, que Philon a interprété « la volupté » ; et pour la même cause, les Grecs ont signifié les démons en figure de satyres paillards, moitié boucs et moitié hommes.   

L’enseignement biblique exhorte au fidèle de ne jamais aller après de vos boucs ou satyres sacrifier ; ou le rabbin Moise Maymon, ayant lu les Livres des mystères et les sacrifices des Chaldéens et Sabéens qu’il rapporte, dit que la coutume était d’aller aux lieux déserts sacrifier aux diables… Au Deutéronome, qui est l’interprétation plus claire de la loi divine, les esprits malins sont appelés en leur propre signification « Lascedim* », que tous ont tourné en « Daemonia ». Et peut-être que le mot de « Lacedemon » est composé de l’hébreu et du grec signifiant les mêmes choses.

Bien souvent aussi, Satan se montre en figure humaine, grand et noir, comme j’ai dit de celui qui apparut à Catherine Daree, à Jeanne de Haruillier : laquelle confessa qu’à l’âge de douze ans, sa mère lui montra le diable en forme d’un grand homme fort noire et velu tout de noir et toujours botté ». 

 

 

(* Le mot « Lascedim » employé par Jean Bodin est entendu aujourd’hui comme une expression : « la-Shedim » ou » lé-shedim » qui signifie littéralement « aux démons » ; dans le Deutéronome, nous trouvons : « Sacrifier aux démons », la préposition « lé » marquant la destination en hébreu. Les esprits malins sont appelés tout simplement « Shedim ».)

 

Dans son « Traité méthodique de magie pratique », Papus cite pour chaque planète le nom de son génie. En fait, le mage tire ce nom des « Treize-douze », soit l’assemblée des divinités égyptiennes du second ordre. Sans doute ce sont les plus anciens noms de ces génies planétaires :

 

Le Soleil

Pi-Ré, Fré, etc.

Jupiter

Pi-Zéous

Mars

Ertosi, Artès

Vénus

Suroth

Mercure

Pi-Hermès ou Thoth second

Saturne

Remfa

Le Ciel

Imuthis (mieux Imôouth), Esculape

La Lune

Bubastis (ou mieux Poubasti)

L’Ether

Neith

Le Feu terrestre

Vesta

L’Eau

Vénus

L’Atmosphère

Latone

La Terre

Rhéa ou Cérès

 

 

Remfa, parfois Remphan, fait penser à « Phan-Ré » (Pan-Râ). Ce même génie saturnien est nommé aussi Sovk (ou Souchos ou Soukhos) et figuré par un crocodile (le Makara des Orientaux tantriques ?) et, si certains ne le croient pas, « Souchos » tient quelque chose de Succoth-Benoth, dieu ou déesse selon les cas, idolâtré depuis Carthage jusqu’à Babylone, « maître des tentes » où se commettaient les prostitutions sacrées. L’Encyclopédie antique précise : « Au fond, rien n’empêche qu’arche et tentes, arche, tente et déesse, tout cela n’ait été plus ou moins amalgamé par les dévots, et que dans la suite des temps on n’ait vu dans Succoth-Benoth une espèce d’Ilith ambulante. C’est à Babylone que l’histoire nous montre le siège du culte de Succoth Benoth ». Jacques-Dulaure estime que Succoth Benoth était Priape, ici, il s’agirait d’une déesse identifiée à Ilith (encore Lilith), et les prêtres noirs du moyen âge en firent un démon Succor Benoth.

 

Pour Pi-Zéous, sa parèdre est Sati (nom proche de Satan) et que les anciens identifient à Illithye, celle que nous considérons comme la véritable Lilith.

 

De même, Bubastis, divinité lunaire, est Ilith ou Illithye.

 

rempha-tableau.jpg

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

baphomet charnel overblog

 

« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

lilith sm latex

 

 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

ca9 lilith2 NB satyres titre

 

 

« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

ca5-complet.jpg

 

« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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