« Si l’on doit positionner la venue de l’homme, ou l’apparenter, il vient au versant
ascendant du zodiaque dans le signe du Taureau qui est Pan (Apis, Priape) ; la femme apparaît au versant descendant dans le signe de la Balance, où l’on trouve l’importante constellation du
Serpent ».
A ce Serpent justement nombre d’aspects très négatifs cités au cours des chapitres
précédents ; un aspect qui fait sa puissance est son pouvoir dans l’art de la magie. Et il est justement précisé que la Femme à l’origine fut une « magicienne » ce qui explique en
partie l’aptitude d’une femme pour le glamour et la fascination (deux termes anciennement utilisés uniquement dans le vocabulaire magique).
« Awwah » (Eve) est sortie du Temple de AO (hvc) qui est
reconnu comme Typhon-Seth. Soit, le « Mage » engendre la « magicienne » ; ou encore, la « magicienne a de qui tenir puisqu’elle provient du Grand Mage ». Ici,
Lilith tient la chambre au côté de Typhon-Seth bien qu’elle ne soit pas, contrairement aux dires, Nephtys, l’épouse officielle du dieu devenu démon. Ou plutôt c’est ceci qu’il faut saisir, le
dieu Typhon-Seth a pour femme Nephtys mais le démon du même nom n’a pas d’épouse mais fréquente Lilith (on le connaît davantage accompagné d’Astarté ou d’Anat et chacun sait que la démone Astarté
ressemble « fortement » à Lilith.
Seth est figuré par un âne mais Typhon apparaît comme un impressionnant serpent
fréquentant les eaux et ses profondeurs abyssales. Il ressemble trait pour trait au Grand Léviathan décrit dans le Livre de Job. Le Léviathan est un des quatre grands démons cité avec Bélial,
Satan et Lucifer lors de l’invocation d’ouverture lorsque le mage présente ses hommages aux quatre points cardinaux. Léviathan est à l’Ouest et son élément est l’Eau. Certains figurent le
Léviathan comme une baleine, d’autres comme « un hippopotame femelle, invulnérable, douée d’une possibilité d’engloutissement énorme ».
L’Ophisme situe notre monde humain ainsi que celui des démones et des démons dans le même
plan inférieur que les puristes nomment « Béhémoth Léviathan ».
Anton Szandor Lavey a placé chacune des cinq lettres de son nom à chaque angle du grand
pentagramme magique ayant la figure du bouc.
Car le Léviathan est assimilé dans le tantrisme au Makara qui préside le centre
Svadhisthana dans la Kundalini. D’ailleurs, des chances existent pour croire que le Léviathan et avant lui Typhon sont identifiés avec le Makara. Et cet animal mythique Makara, correspondant au
dixième signe astrologique qui est en Occident le Capricorne, s’il ressemble bien à un impressionnant poisson en Orient, devient un bouc en Occident. La méthode de transposition des lettres
At-Bach, utilisée par les Kabbalistes, nous donne un moyen de compréhension :
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Makara (rqm)
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r
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q
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m
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Conversion At-Bach
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g
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d
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y
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Avec ces 3 lettres, on peut former le mot « Guedi » (ydg) signifiant « bouc »
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Et voici un moyen autorisant d’utiliser l’animal amphibien autant que le bouc pour figurer
une même entité.
(L’invocation du Léviathan (avec celle de Béhémoth) est la suivante, tirée du Livre de Job :
Béhémoth
tvmhb
Vois donc le Béhémoth que j'ai créé comme toi :
Il se nourrit d'herbe comme le taureau.
Admire la force qui est dans ses reins,
La vigueur qui réside dans les muscles de son ventre.
Sa queue se dresse comme un cèdre,
Les nerfs de ses cuisses sont entrelacés.
Ses os sont des tuyaux d'airain, ses vertèbres des barres de
fer.
Il est une des œuvres capitales de Dieu:
Celui qui l'a fait l'a gratifié d'un glaive.
Les montagnes produisent du fourrage pour lui,
Et là toutes les bêtes des champs prennent leurs
ébats.
Il se couche sous les lotus, sous le couvert des roseaux et des
marais,
Les lotus le protègent de leur ombre, les saules du torrent
l'enveloppent.
Voici que le fleuve se gonfle et il ne s'en émeut
point;
Il demeurerait plein d'assurance si le Jourdain lui montait à la
gueule.
Peut-on s'en emparer quand il a les yeux ouverts,
Lui percer le nez avec des harpons?
Léviathan
Ntyvl
Tireras-tu le Léviathan avec un hameçon?
Lui feras-tu baisser la langue avec la ligne?
Lui passeras-tu un jonc dans les narines,
Lui perceras-tu la mâchoire avec un crochet?
Te prodiguera-t-il ses prières? Ou t'adressera-t-il de douces
paroles?
Fera-t-il un pacte avec toi? L'engageras-tu comme un esclave
perpétuel?
Te servira-t-il de jouet comme un passereau?
L'attacheras-tu pour amuser tes jeunes filles?
Les pêcheurs associés en feront-ils le commerce?
Le débiteront-ils entre les marchands?
Cribleras-tu sa peau de dards et sa tête de harpons
barbelés?
Pose seulement ta main sur lui:
Tu te souviendras de ce combat et ne recommenceras
plus!
Vois, espérer la victoire est une illusion:
A son seul aspect, n'est-on pas terrassé?
Personne n'est assez téméraire pour l'exciter:
« Qui donc oserait me tenir tête, à moi? »
« Qui m'a rendu un service que j'aie à payer de
retour? »
« Tout ce qui est sous le ciel est à moi. »
Je ne passerai pas sous silence ses membres,
Le détail de ses exploits, la beauté de sa structure.
Qui a soulevé le dessous de son vêtement?
Qui a pénétré dans la double rangée de sa denture?
Qui a ouvert les battants de sa gueule?
La terreur habite autour de ses dents.
Imposantes sont les lignes d'écailles
Qui lui servent de boucliers et pressées
Comme un sceau qui adhère fortement.
Elles se touchent de près, l'air ne pénètre pas entre
elles.
L'une est serrée contre
l'autre;
Elles tiennent ensemble
sans aucun interstice.
Ses éternuements font
jaillir la lumière,
Ses yeux sont comme les
paupières de l'aurore.
De sa bouche partent des
flammes,
S'échappent des étincelles
de feu.
De ses naseaux sort la
fumée,
Comme d'une marmite
bouillante chauffée aux roseaux.
Son haleine allume les
charbons,
De sa gueule sort une
flamme.
Dans son cou la force
réside,
Devant lui bondit la
terreur.
Les fanons de sa chair
sont adhérents,
Soudés sur lui sans
ballotter.
Son cœur est massif comme
une pierre,
Solide comme la meule de
dessous.
Quand il se dresse, les
plus vaillants tremblent
Et se dérobent sous le
coup de l'épouvante.
L'attaque-t-on avec
l'épée, elle n'a point de prise sur lui,
Pas plus que lance,
javelot ou cuirasse.
Pour lui, le fer est comme
de la paille,
L'airain comme du bois
pourri.
Le fils de l'arc ne le met
pas en fuite,
Les pierres de la fronde
se changent pour lui en chaume.
Comme du chaume aussi lui
paraît la massue,
Il se rit du sifflement
des dards.
Son ventre est garni de
tessons pointus,
Il promène comme une herse
sur le limon.
Il fait bouillonner les
profondeurs comme une chaudière;
Il rend la mer semblable à
un bassin d'onguents.
Le sillage qu'il laisse
derrière lui est lumineux:
On dirait que les vagues
ont la blancheur de la vieillesse.
Il n'a pas son pareil sur
la terre,
Lui qui est fait pour ne
rien craindre.
Il regarde avec dédain
tout ce qui est élevé:
Il est le roi de tous les
fauves altiers. )
Si tel est le cas, alors Pan, sous la forme d’un bouc, représente fondamentalement la
« force génésique » alors que Typhon-Seth figuré pareillement incarne la lubricité mais surtout la puissance magique. C’est pourquoi le Baphomet ne présente pas un bouc uniquement mais
est bien un assemblage symbolique des quatre éléments et surtout, avec son caducée posé sur ses jambes, reflète la puissance magique qui fut, avant celle de Thoth, celle de Seth.
Pour l’image ludique, Pan dans le Taureau, est doué de la force génésique mais où trouver
satisfaction ? Il doit attendre que vienne le tour de Seth d’agir dans son antre zodiacal la Balance, qu’il agisse par ses moyens, et voici que le Grand Mage AO façonne « Awwah »
la serpente-magicienne (inspirée de Sophia la Grande Serpente, de Léviathan le « poisson-serpent »). Normal alors que les mages de Satan qui veulent invoquer ce dernier réclament la
présence des femmes dans leur célébration noire puisqu’elles sont naturellement investies de « force magique ».
Une figure ésotérique d’Adam le montre sous la forme « d’un squelette à tête de
bouc » ; ou, ailleurs, lorsqu’il se décrit nu au Paradis, on dit que c’est parce qu’avant, il portait une peau de bouc ; ce qui signifie qu’il est Pan dans le Taureau, c’est-à-dire
l’être qui sort de l’hiver froid (la mort) et prend vie et vigueur dans le Taureau (figure du bouc) ; Eve n’est autre alors que le Serpent dans la Balance puis le Scorpion*.
(* Ainsi l’histoire d’Isis et Osiris est une romance qui conte le phénomène cyclique des saisons :
Isis incarne la vie et Osiris la force qui l’anime ; celle-ci naît (puis renaît chaque année) au printemps, en mars et avril, lorsque nous sommes sous la constellation du Taureau (qui est
aussi celle du Bouc). La force vitale doublée de la chaleur solaire réveille la nature. C’est Osiris, ailleurs Pan. L’automne vient tuer cette force vivifiante, ce que personnifie Seth. Nous
sommes alors sous la domination de la constellation de la Balance. Surtout, nous trouvons celle du Serpent, la plus longue, qui part de la Balance, poursuit dans le Scorpion jusqu’au Sagittaire.
Au 31 octobre, Osiris est définitivement mort. Elle cherche son corps découpé en quatorze morceaux par Seth ; elle en trouve treize dans le Nil, mangés par trois poissons. Nous sommes donc
dans la constellation des Poissons. Isis porte le deuil et se vêtit d’un manteau blanc. Idem pour la terre qui se recouvre d’une neige blanche. Alors, elle fabrique le quatorzième morceau du
corps manquant, qui est le phallus et Osiris renaît : c’est le printemps ! Les quatorze morceaux ont trait à la Lune, qui connaît, à sa façon, le même processus ascendant et descendant
de la nature : un mois lunaire compte vingt huit jours et le cycle ascendant fait la moitié, donc quatorze, c’est celui d’Osiris.)
La figure du Baphomet qui pointe l’index et le majeur de la main droite vers le haut,
l’autre gauche vers le bas, au cas où un zodiaque l’entoure, montre respectivement le Taureau et la Balance.
(Précisions : Mendès Pan règne dans la constellation du Taureau, Typhon-Seth dans celle de la
Balance ; et ces deux signes ont pour seul maître Vénus. Nous comprenons mieux désormais la nature phallique du culte « consacré à Vénus », qui n’est autre qu’un ensemble de
rituels ayant été ceux de Pan et de Seth. Notons enfin qu’à la sublime image de Vénus sortant de l’écume des eaux exista une autre figure antique montrant le Léviathan (la Bête, le Nahash Heith),
monstre marin, jaillir des abysses et qu’au dire des savants de la science occulte, les deux images montrent ésotériquement la même chose. D’ailleurs, un commentaire de Nicolas Schreck à propos
de Seth (Typhon-Seth) dit qu’il est apte à apparaître sous une forme féminine, confère à la mystique de la Kundalini : « Gichtel a décrit ce feu spinal comme
le fait de prendre la forme d’un dragon puissant. Le dragon comme gardien de la sagesse féminine cachée est un symbole mythique qui peut être localisé au-delà du folklore européen dans la légende
Mésopotamienne de la déesse Tiamat, qui s’est développée plus tard dans le « dragon féminin » Léviathan Biblique, la Bête des Révélations.
Dans le culte de l’Egypte ancienne de Seth, dieu violemment dissident notoire pour sa sexualité et sa transformation occasionnelle en une femme, nous constatons que le dos et bas du dos, surtout
l’épine dorsale, est pensé être « sous le contrôle de Seth ». L’Égyptologue mystique Isha de Lubicz a décrit « le pouvoir Sethien » comme un « pouvoir actif du feu dont
le canal est la colonne vertébrale… c’est pourquoi on dit que le dos appartient à Seth ». De même, le fait de dérouler le serpent uraeus de la couronne double du pharaon égyptien divin peut
être identifié avec des dessins indiens du serpent de feu de Kundalini réveillé montant de la couronne de l’initié chakra ».
L’invocation de Seth débute ainsi, ainsi son nom
magique entier :
« Je t’invoque, toi qui séjourne dans l’air vide, toi l’effroyable, l’invisible, le Tout-Puissant, le dieu
des dieux, le corrupteur et le dévastateur... Je t’invoque Typhon-Seth ; j’accomplis ton serment, car j’invoque ton vrai nom, dans lequel tu ne peux refuser d’entendre : Io Erbëth Io Pakerbëth Io Bolkoseth Io Patathnax Io Soro Io Neboutosoualeth Aberamenthoouth Letherxanax Ethrelthuooth Namareba Aemina ».