Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 17:07

bastet.jpg Ô toi, déesse de Bubastis, Bastet, aux yeux verts, Divine Chatte,

Lionne vénérée, Tu es le cœur de ceux qui s’élèvent au Ciel.

Salut à Toi, qui es la lionne de l’amour, la chatte noire aux griffes rouges de sang.

Tu es Celle qui, noire dans la nuit, chante son chant d’amour aux Etoiles du Nord.

Ô Bastet, Tes yeux sont les lacs verts d’Egypte, Tes yeux sont deux écailles de Rhâ, plongées dans la nuit d’Egypte, Tes yeux sont deux puits où on peut perdre son âme.

Bastet, Grande Déesse, Celle qu’on ne peut pas connaître, la Mère Cachée, la Putain de Bubastis, Celle qui blesse ses amants, Celle qui a des milliers d’esclaves.

Viens à moi, Toi, Reine, Toi Nefer, la Belle, Ishtar, Toi, les Deux Etoiles au-delà de l’Abîme, la Favorite des Hommes et des Dieux.

 

ss-bastet-titre.jpg


Tu es la Fille du Très Vert, la Maîtresse du Plaisir, Celle qui aime le sang de ses servants.

Je suis Toi, l’Unique, la Bien-aimée, Celle qui aime le sang de ses servants.

Fais l’encensement Bastet !

Tu es la plus Belle, la Première Etoile brillante de la nuit, la Plus Grande de Magie dans les Deux Terres, Anat, Bastet, Celle qui donne l’extase et l’oubli.

Ta magie est ma magie, je suis la Formule Magique Toute puissante, je suis Toi, et tu exaltes mon cœur.

Ton amour et Ta puissance sont diffusés dans mon corps comme le sel dans la mer, ma passion est Ta flamme, une voile vers l’Infini.

Quand Tu t’avances, les jeunes s’inclinent devant Toi, la rivière est du vin, Ptah est la canne, la Dorée est la fleur, Iadyt le dieu vert est son bouton, Nefertoum est le Calice.

Je suis une coupe pleine de fruits devant Celui dont le Visage est Beau.

Bastet, l’Unique Amante, sans seconde, Lumineuse et parfaite, d’or et de vrai lapis-lazuli, elle séduit par le regard de ses yeux et charme par la parole de ses lèvres.

Bastet, la Douce, la Fontaine de la Vie, la Belle de l’Ennéade, Celle qui aime les chants, Baalat, Ningal, l’Etoile du Nord, la Dame du Bubastis, la Maîtresse de l’Est, la Prophétesse, Fille de Rhâ, Celle qui protège le Double Pays, celui qui la vénère sera protégé par son bras.

Je suis Celle qui écoute les prières des rois, Celle qui introduit la Couronne Blanche, originaire d’El-Kab, dans le Nom de Ba-es-Theth.

Fais l’encensement Bastet !

Mes noms sont Kedesh, Astarté, Anat, Déesse de la Basse Egypte, du papyrus, de l’abeille et du serpent, Déesse de l’ivresse, Mère de l’Enfant Royal.

Je suis le Sept, Nefekht, Sechat, l’Etoile à Sept branches qui signe toute créature, le Sceau du Dieu caché, la Septième Etoile de la Septième Heure.

Toi dois passer par Moi, si tu es Fils d’une Etoile.

Heureux celui que j’admets en ma Présence et qui connaîtra mon noir manteau, celui qui connaîtra mes griffes et se verra dans mes yeux, car je suis la Porte des Cieux, la Bête sauvage qui doit maîtriser, la Source de la Matière.

Je suis le Nom le plus secret, Celle qui tue sa mère et dévore son père, mon Sceau est écrit dans ta chair, Bastet, la Trois Fois Grande, le Parfum des Dieux.

Voici que l’heure vient et le sistre sonne sept fois, prenez garde, la Déesse est dans son Heure, Elle vient en dansant, Elle vient en chantant, Elle vient avec sa faim de sang et de sperme, Elle est le Commencement et la Fin, le Germe et le Fruit, et toi, tu n’es que la fleur.

Fais l’encensement Bastet !

Je suis la Mystérieuse, la Mère des Fantasmes, Celle qui connaît tous les désirs, viens, Etoile toi-même ou Fils d’une Etoile, tu dois traverser ma mer, si tu te perds, ta mort sera douce et cruelle, si tu passes et tu me quittes tu le regretteras pour toujours.

Je suis ta mère, ta sœur, ton frère, ton amie, ton amante… tu n’auras jamais plus d’amour et plus de haine pour une autre.

Je suis Bastet, la Déesse, le Dieu le Plus Fort sur la Terre, et j’aime, je dévore, je protège, je torture.

aleister-crowley3.jpg Appelle-moi avec le Nom que tu caches dans ton Cœur et je suis, je suis, Ne-fe-re, mon Nom est miel, mon Corps est le lait de ta mère, ma bouche est la première que tu as connue, ma peau est ta peau.

Viens ! Danse, chante, aime ! L’heure est là ! Voici le temps de l’oubli et des souvenirs : souviens-toi de Celle que j’étais et aime moi. Je suis la Porte Ouverte, la Coupe, la Pute, la Bouche Dévorante, le Puits sans fond.

Voici que les étoiles sont sur nous, il est l’heure, le rite est prêt, les flammes sont allumées, Bastet est la Reine.

 

(Le Testament Théurgique d'Aleister Crowley - Axis Mundi éditeur)   

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Samedi 19 février 2011 6 19 /02 /Fév /2011 15:53

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(Suite de la Messe de Lilith I et II)

 

La Messe Noire » est une célébration généralement rendue à Satan mais il se trouve que des cérémonies au moyen âge étaient consacrées à Vénus*, peut être Vénus-Pornè, comprenant des rites lascifs, et c’est à cette Vénus que des Satanistes, inspirés par des kabbalistes noirs, lui supplantèrent Lilith. Le culte satanique parodie sigil-Lilith.jpgla Messe (la petite « messe » est la pratique sexuelle comme P.B. Randolph précise que la « prière est l’acte sexuel »). La Messe Noire se célébrait devant un bouc, et bien plus tard, au moyen âge, pour d’autres raisons, devant un autel surmonté d'un crucifix orné d'un Christ obscène ; les cierges étaient de cire noire, les hosties aussi, souvent l’autel était orné de coupes contenant du sang figé, soit de la graisse humaine, soit des serpents entrelacés (tout cela est fini aujourd’hui). Parfois une femme nue servait d’autel et la Messe Noire se célébrait sur son ventre. L’assistance était composée d’individus divers, pactisant avec le diable, et de servants nus sous des soutanes ou chasubles brodées de symboles sataniques. Au moment de l’Offertoire qui s’accompagnait de fumées d’encensoirs contenant des parfums divers, l’assistance la12 fetish lilith shaktiétait plongée dans une frénésie allant jusqu’au délire, qui s’achevait dans des luxures éperdues et souvent convulsives.

 

(* Jacques-Antoine Dulaure, dans « Des Divinités génératrices ou du culte du Phallus chez les anciens et les modernes » écrit : « Si l’on en croit une légende en vers de saint Romain, le culte de Vénus existait encore dans cette ville au septième siècle. Dans les murs de Rouen était un château fortifié : là, sous des voûtes ténébreuses, des sectaires de la déesse se livraient aux excès de la table, et puis à tous ceux de la débauche la plus effrénée. Au centre du château, s’élevait un édifice appelé « temple de Vénus » : une idole de cette déesse y était adorée ; et ses prêtresses, à qui notre légendaire peu poli donne le titre dont le vulgaire grossier apostrophe les plus viles courtisanes, y remplissaient scandaleusement leur indécent ministère. Saint Romain détruisit tous ces repaires de prostitution, renversa le temple, brisa l’idole, et mit en fuite les prêtresses et les partisans ».)

 

sceau-v-nus.jpgSigne ésotérique de Vénus

 

Pour comprendre l’esprit qui les anime, il faut faire la part de la curiosité des uns, du goût pervers du sacrilège des autres et de toute une série de particularités psychiatriques de notre temps.

Cette signification, Grillot de Givry la propose sous la forme d’une explication génétique conforme, lorsqu’il parle de la sorcellerie en général : le moyen âge, tenu dans l’épouvante par l’omniprésence de Satan, ne pouvait trouver d’exutoire à son angoisse que dans la dévotion à ce même Satan qui semblait en fin de compte bien plus puissant que Dieu. Dieu avait pour ministres des hommes, la sorcellerie aurait pour prêtresses des femmes, etc.

La Messe Noire correspond à un processus libératoire, et dans la mesure où le péché de la chair se trouvait au centre des préoccupations chrétiennes, la débauche de la chair devait faire le fond du culte à Lilith. Autrement dit, la Messe Noire est, avec le Sabbat, la revanche de Vénus et de Bacchus. Il n’y a pas de civilisation qui puisse tenir en équilibre si tous les attributs de la nature humaine ne s’y trouvent à tour de rôle glorifiés et libérés.

 

yoni single shakti heith leviathanIl faut distinguer une « cérémonie satanique » d’une « Messe Noire », comme le précise Anton Szandor LaVey : « (…) On suppose que toute cérémonie satanique se nomme « Messe Noire ». Une Messe Noire N’EST PAS une cérémonie magique pratiquée par les Satanistes. Le Sataniste ne se servira de la Messe Noire que comme une forme de psychodrame. De plus, une Messe Noire n’implique pas forcément que ceux qui y participent soient Satanistes. Une Messe Noire est surtout une parodie du service religieux de l’Eglise Catholique Romaine, mais peut facilement devenir une satire de n’importe quelle cérémonie religieuse » (Anton Szandor LaVey – La Bible Satanique).

Le sens de la « Messe Noire » évolue nettement chez Jacques Bersez, s’écarte quelque peu de cette volonté de profanation : « (…) On se trompe en croyant que la « Messe Noire » n’est faite que pour les Satanistes. Son but essentiel est « l’envoûtement ». Pourquoi donc choisir la messe, les raisons se résument brièvement :

-       la messe forme une chaîne magique qui construit un égrégore lequel est d’essence mauvaise ;

-       du « sacrilège » commis par les assistants naît leur force magnétique ;

-       les étalages sexuels attirent les larves et les démons poussés par quelque incubat ;

-       le sacrifice humain augmente la force de ces esprits ;

-       le rituel profané maintient l’assistance en concentration. »

(Jacques Bersez – Lucifuge Rofocale)

Concernant ces quatre derniers points, le spiritisme d’Allan Kardec enseigne : « Supposons une réunion d’hommes légers, inconséquents, occupés de leurs plaisirs ; quels seront les Esprits qui s’y trouveront de préférence ? Ainsi, toutes les fois que des hommes s’assemblent, ils ont avec eux une assemblée occulte qui sympathise avec leurs qualités ou leurs travers, et cela abstraction faite de toute pensée d’évocation. Admettons maintenant qu’ils aient la possibilité de s’entretenir avec les êtres du monde invisible par un interprète, c’est-à-dire par un médium ; quels sont ceux qui vont répondre à leur appel ? Evidemment ceux qui sont là, tout prêts, et qui ne cherchent qu’une occasion de se communiquer » (même auteur). C’est manifestement d’une telle manière que des anciens qui se réunissaient au cours d’assemblées nocturnes et pensaient à la débauche alors qu’ils rendaient un culte sacré devaient entrer en contact avec quelques réalités incubes succubes (Liliths, Dâkinî, Nagy Apsara, Nymphes, Sylphes, etc.), le médium étant, selon les formes de célébrations, un homme sujet aux états extatiques ou une femme attirante.

 

A-chanoine-docre-overblog.jpgComment agit le magicien ? Les ethnologues, anthropologues, sociologues et autres variétés de chercheurs sont parvenus à une classification des modes d’action du pourvoir magique. On peut les diviser en deux grandes catégories : par contagion et par similitude. « Les choses qui ont été une fois en contact, nous explique Frazer dans « Rameau d’or »,  continuent d’agir l’un sur l’autre, alors même que ce contact a cessé », ce qui peut se résumer à une seule formule : la partie vaut pour le tout. C’est en cela que quelques cheveux peuvent suffire à agir sur une personne. C’est le rite voulant, par exemple, que la couleur jaune appelle la jaunisse et en débarrasse le malade. Le voult en est l’application la plus connue.

 

Pour acquérir l’amour d’une femme (c’est l’autre but principal de l’envoûtement), on fait une image à l’heure de Vénus, on la compose de cire vierge au nom de celle que l’on aime, on y appose un caractère, et on la fait chauffer près du feu : ce faisant, on se souvient de quelque esprit démoniaque... »

 

A-asmodai-messe-noire3.jpgSabazius, quant à lui, préconise une autre méthode : remplacer l’effigie par une personne vivante et consentante avec laquelle le magicien fera l’amour, soit au cours d’une Messe Noire, soit tout simplement dans une chambre, mais sous certaines conditions : faible éclairage ; encens ; effigie placée près du couple; postures particulières ; choix des jours et heures d’après l’horoscope de la personne a séduire...

« Philtre » vient du latin « philirum », lequel vient directement du grec « philtron », lui-même dérivé du verbe « philein », dont tout le monde sait qu’il veut dire « aimer ». Philtron est donc un moyen de se faire aimer, un moyen aux avatars divers. « Philtron » peut donc signifier : « attrait, charme, incantation et breuvage magique ». C’est ce dernier sens qui se retrouve dans notre substantif « philtre », bien qu’il y ait des variétés de philtres non liquides, se présentant sous la forme de « poudre ». Mais ces poudres se versant et se diluant dans un mets liquide - vin ou soupe - on en revient tout de même finalement au breuvage.

 

A-asmodai-messe-noire-copie-1.jpgAnton Szandor LaVey écrit : « (…) Si la cérémonie magique s’efforce de mobiliser tous les sens conscients, alors le son adéquat doit lui aussi être utilisé. Le défaut le plus notable des formules magiques écrites par le passé est sans doute le manque d’émotions exprimées lorsqu’elles sont récitées. Un vieux magicien connu de l’auteur, qui employait une invocation de son cru, se trouva à court de mots alors que son rituel atteignait son point culminant. Conscient de la nécessité de maintenir son état émotionnel, il se mit à répéter les premiers mots qui lui vinrent à l’esprit ! Ainsi, avec cette explosion finale d’adrénaline, il fut en mesure d’achever son œuvre magique ! » (Anton Szandor LaVey / La Bible Satanique).

A propos de Lilith, elle est classée au règne des démons, mais ses dévots l’appellent souvent « déesse » et même « sainte », « sainte Lilith ». Au moment de lever le calice, le célébrant peut répéter cette litanie d’origine tantrique :

Klîm ! Hrîm ! Shrîm !

Lève-toi, calice béni !

Toi en qui la Déesse habite !

Et puisses-tu, en grâce,

Me donner toujours le succès !

Qu’il soit à jamais pour les miens

Pourvu des qualités

Qui font un bon élu.

Aux quatre points cardinaux de la « chambre », on trouve les quatre démons Bélial au Nord, Léviathan à l’Ouest, Satan au Sud, Lucifer à l’Est ; pour l’office de Lilith, le célébrant salue, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, également les quatre Reines, Lilith au Nord, Igrat Mahalath à l’Ouest ; Negâh au Sud, Nâamah à l’Est. Celles qui agissent dans le plan physique en leur nom ou sous leur autorité sont les « nonnes » – « nonne » dans le sens de « servante » (Harlot) et de « sœur accoucheuse » (obstétricienne) –, confondues dans la mythologie romaine avec des « femmes Bacchantes », dans l’ésotérisme oriental avec des Yoginî, les Maîtresses étant les Dâkinî.  

 

Le Célébrant, les mains levées, profère les dernières paroles et évoque Sodome :

 

« Lève-toi, invoque les Noms blasphématoires

Le Seigneur de Sodome, le Dieu de Caïn

Le Plaisir de la Chair pour l’éternité ! »

 

S’en suit la « cérémonie » dite « interdite » puisque la « Chambre de décompression intellectuelle » devient désormais Sodome ou « Cité de Sodome », la ville – maudite - des Qliphoth évoluée dans le plan physique en un « temple » ; le célébrant dit : « Tu ne peux honorer le « Dieu de la Chair » qui est Lilith que par l’activité sexuelle. En soi, elle est une Messe Noire. Les imaginatives mises en scène qui la vêtissent servent à la mobilisation de tous les sens. Cependant, sous les voiles, le tout obéit à un immuable rituel qui Le consacre et permet de L’atteindre ».

 

Les vêtements

 

mn f nue4Les vêtements noirs sont requis pour la cérémonie, chemise et pantalon, ou cape pour les hommes, idem pour les femmes, toutes de noir vêtues. Ceci compte comme des indications relatives, ne tenant pas compte si la Messe Noire est dite seul ou à plusieurs. Anton Szandor LaVey voit les femmes « portant des vêtements sexuellement suggestifs ». Ce qui augure de toutes les combinaisons possibles. Ne pas croire que la solitude joue à ses dépens, est un inconvénient : au contraire, la concentration est parfois plus forte, les résultats meilleurs.

 

La prêtresse incarnant Lilith porte une cape ; en outre, elle porte sur elle les talismans correspondants, chaines, collier et bagues adéquats, le tout dégageant un luxe de premier ordre. Un trône lui sert de siège, ou, au moins, le meilleur des fauteuils. 

 

L’autel

 

mn f nue5« Les premiers autels étaient humains, faits de chair » dit Anton Szandor LaVey ; aujourd’hui, la plupart sont une table ou un édifice spécialement conçu pour exercer. Des images particulières, symboliques ou dessinées avec des caractères ésotériques appropriés peuvent supplanter une personne, ou une image suggestive comme Clément d’Alexandrie vient dénoncer la pratique déjà en son ancien temps : « Aujourd’hui, vous ne rougissez pas de contempler sans vous cacher et en public des peintures qui représentent les postures les plus impudiques ; bien plus, vous les gardez suspendues en ex-voto, comme naturellement vous le faites pour les images de vos dieux ; vous consacrez ainsi chez vous des stèles d’impudeur, y représentant aussi bien les postures de Philainis (une courtisane qui avait composé des ouvrages pornographiques, nous apprend Athénée VIII, 335B) que les exploits d’Héraclès. L’indulgence pour ces actes licencieux, nous la dénonçons ». 

 

La chaîne magique

 

A chaque point cardinal où l’on salue une démone, nous trouvons une image, symbolique, ésotérique ou érotique, idem sur l’autel, il se peut qu’une personne précise permette, via sa photographie, de faire entrer un succube dans le lieu cérémonial. Ce moyen se nomme « chaîne magique ».

 

Encens

 

Voici une proposition d’encens pour une Messe Noire ou un rituel particulier.

 

Séphirah

Planète

Archidémon

Encens de l’archidémon

Binah

Saturne

Belzébuth

Soufre, Asa Foetida, Encens de Jérusalem

Chesed

Jupiter

Béhémoth

Noix de muscade, Galbanum, Euphraise, Encens d’Arabie

Geburah

Mars

Moloch

Poivre noir, Ortie, Santal rouge, Myrrhe

Tiphereth

Soleil

Lucifer

Encens mâle (Olibanum)

Netzah

Vénus

Asmodée

Verveine, Fougère, Encens d’Arabie

Hod

Mercure

Samaël

Benjoin noir, Camomille

Yesod

Lune

Lilith

Jasmin, Myrrhe, Camphre

  

Le symbole de Baphomet

baphomet-mendes3.jpgLa cérémonie se déroule devant une représentation du bouc luxurieux, bouc lascif ou lubrique, dont certains devinent les traits de Lilith, d’autres de Satan, les deux en fin de compte puisqu’il s’agit d’une entité androgyne, à l’origine Bacchus et Vénus. Ce peut être le fameux pentagramme inversé avec la tête de bouc dessinée à l’intérieur entouré du mot « Léviathan » en hébreu, ou la célèbre figure d’Eliphas Lévi, ou, dans le cas idéal, sa statue.

 

Les bougies

 

Les bougies utilisées sont d’une couleur violette ou mauve, et noire. En général, elles sont au nombre de cinq sur l’autel, placées à chaque angle d’un pentagramme inversé.

La couleur pourpre, admise comme celle de la spiritualité, concernait jadis la prostituée, et convient ainsi à Lilith, comme il est enseigné : « En la Rome ancienne comme en Grèce, les prostituées communes étaient des femmes indépendantes et parfois influentes qui devaient porter des robes de couleur pourpre qui les différenciaient des autres femmes, et devaient payer des impôts ».

 

sceau-caract-re-de-v-nus-Jacques.jpgSigne de Vénus à placer à la base du phallus artificiel 

 

Le calice

 

asmodai-phallus3.jpgLe calice est généralement en argent, et au mieux, porte un pentagramme inversé, ou un signe de Vénus, ou d’une grappe de raisin.

 

Le phallus

 

« Le phallus, écrit Anton Szandor LaVey, est la version non-hypocrite de « l’aspersion d’eau bénite » du Catholicisme » ; le mieux est d’en trouver sous forme d’un objet symbolique, en bois, en argile, en cire, etc. qui peut se joindre et s’unir à un mullos (sexe féminin).

 

L’huile

 

« L’huile d’onction a une très grande importance en magie, car elle permet la consécration des objets rituels majeurs, comme l’épée, la dague, la baguette-trident, les pentacles, etc. L’huile d’onction se compose comme suit : myrrhe en larmes une partie, cannelle fine deux parties, racines de Galanga une demi-partie, de l’huile phallus-mullos2.jpgd’olive dix parties. Laissez macérer le tout dans un bocal de verre se fermant hermétiquement, à l’abri de la lumière pendant 40 jours, puis filtrer ».

 

Le parchemin

 

En matière végétale et pour certains signes ésotériques de quelque démon en particulier, peut être en matière animale.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Jeudi 17 février 2011 4 17 /02 /Fév /2011 13:47

Avant qu’il finisse dans la Rome décadente en « protecteur des récoltes », dont l’actuel nain de jardin en est une énième figure ludique, asexuée pour lui ôter son priape-im1.jpgsigne ostentatoire, moqueuse jusqu’au risible, Priape ou Pri-Apis (Le taureau fécond ou Bacchus) inspirait ses sectateurs jusqu’aux arts occultes des sortilèges. Ceci dit, en incluant foule de luxures puisque « Bassaros », ancien nom de Bacchus, était synonyme de « Pornè » qui signifie aussi « fornicateur ».

 

Horace (« Les grotesques » - Livre I – Satire 8) le fait « se raconter » : « Avant d’être un dieu grotesque, j’étais l’inutile tronçon d’un figuier desséché ; le manœuvre qui me dégrossit avait eu d’abord l’intention de faire un banc... il fit un Priape, et me voilà devenu un dieu terrible aux oiseaux... voire aux voleurs. - Plus d’un voleur s’est arrêté net à l’aspect de ce bras menaçant et de cet appendice obscène et peint en rouge qui surgit de ma triste image... posé sur ma tête, un roseau qui vacille au gré du vent, suffit à chasser les oiseaux importuns de ces jardins nouvellement plantés.

 

saint priape4Ici même, autrefois, l’esclave apportait, dans le cercueil banal, son camarade et son ami d’esclavage à peine mort ; ici s’ouvrait, béante, une fosse où se jetaient, dans un affreux pêle-mêle, tous les morts sans aveu ; Pantolabus le bouffon, Nomentanus le débauché n’ont pas eu de sépulture plus décente. Une inscription, gravée sur un cippe, indiquait mille pieds de façade à prendre sur trois cents de profondeur, ajoutant que les héritiers du donataire n’auraient jamais rien à réclamer de cette donation.

 

Or, voici qu’à cette heure, il n’y a pas d’air plus salubre et de position plus charmante que ces mêmes Esquilies ; ce champ couvert de ronces et d’ossements est devenu une élégante arène à l’usage des promeneurs... Mais les plus tristes hôtes de ces beaux lieux, la bête fauve ou le brigand, sont, à mes yeux, un moindre sujet d’inquiétude et de terreur que ces viles sorcières, dont chaque parole est un trouble, un poison. Quelle force, hélas ! Nous délivrera de ces monstres ? Quant à moi, je ne suis pas assez dieu pour les empêcher, à la pure clarté de la lune errante sous le nuage, de ramasser l’herbe empoisonnée, et la dépouille des morts.

 

pan fb6J’ai vu, de mes yeux vu, Canidie elle-même ! Elle accourait les pieds nus, les cheveux épars, sa robe horriblement troussée... Ah ! La vieille Sagane était avec elle, et l’une et l’autre, elles hurlaient à qui hurlerait le plus. Elles étaient pâles, elles étaient blêmes, et d’un hideux aspect. Et les voilà qui se mettent à fouiller la terre avec leurs ongles. Les voilà qui déchirent à belles dents une brebis couleur de l’Erèbe... le sang, remplissant la fosse, attirait les mânes, les âmes étaient obéissantes aux évocations de ces filles d’enfer.

 

Les sorcières tenaient en main, celle-ci une image en laine, et celle-là une image en cire : la laine représentait une femme irritée et superbe qui menaçait son esclave ; l’esclave en cire, à genoux, les mains jointes, semblait implorer une pitié qu’il n’espérait guère. Alors, aux invocations de Canidie, appelant : « Hécate ! Hécate ! » aux clameurs de Sagane, invoquant la Tisiphone implacable, surgit de l’abîme un drame affreux ! Les serpents sifflaient, les chiens hurlaient, la lune, épouvantée, honteuse à contempler ce désordre, se cachait derrière les grands tombeaux.

 

pan démon look baphomet Si je ne dis pas ici toute la vérité, je veux bien que les corbeaux souillent ma tête de leur craie infecte ; je veux que Pediatius la prostituée mâle et Voranus le voleur fassent de moi leur sentine et leur latrine. Est-ce assez, et dois-je aussi vous rapporter le dialogue impie entre Sagane et ces ombres aiguës, froides et pleines d'échos semblables aux vents du Nord ? Vous dirai-je aussi comment ces furies, visibles à moi seul, ont enterré la nuit, dans la même fosse, en grand mystère, les moustaches du loup et les dents de la couleuvre tachetée ? En même temps, voyez ce feu sombre, qui jette un éclat surnaturel à mesure que la cire étend sa lumière dans le brasier. Témoin consterné, mais vengeur, de ces saturnales de la nuit, j'eus bientôt châtié comme il convenait les crimes et les chansons de nos deux furies.

 

satyre6Soudain, mon figuier pète et crève, avec le bruit de l’outre d’Eole. Ah ! Quelle épouvante ! Il fallait voir courir nos deux magiciennes du côté de la ville, en semant sur leur passage leurs dents, leurs cheveux, leurs herbages de maléfices et les bandelettes de leurs sortilèges ! Comme on eût ri... comme on se fût moqué de bon cœur ! »

 

Le propos d’Horace démontre que Priape, placé en des endroits jadis réservés à la sorcellerie, n’en demeure pas seulement un ludique sous la forme d’une souche qui exhibe un pieu au point d’en rendre sa divinité superficielle et rien qu’obscène, des prêtresses d’Hécate et d’autres de Perséphone (Proserpine) viennent sacrifier à quelques pas de sa souche, jettent leurs sorts, font des victimes pour des enchantements, des charmes.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 15:42

 

Lycurgue, en grec ancien « celui qui tient les loups à l’écart », est un législateur mythique de Sparte. Plutarque, dans ses « Vies parallèles », consacre une « Vie » à LycurgueLycurgue, dont il situe l’existence au quatrième siècle avant J.-C. avertissant « qu’on ne peut absolument rien dire sur le législateur Lycurgue qui ne soit sujet à controverse, son origine, ses voyages, sa mort, l’élaboration enfin de ses lois et de sa constitution qui ont donné lieu à des récits historiques très divers » (Wikipédia). Ce qui peut expliquer que des textes le décrivent comme un tyran, et parfois comme un libertin au pouvoir.

 

C’est à l’époque d’un Lycurgue régnant à Sparte qu’un prophète biblique décrit les activités luxurieuses d’un démon Asmodée. Celui-ci est rapidement identifié comme un esprit infernal de l’impudicité, ceci du côté du continent européen. C’est qu’il y a fort à parier qu’il est un prêtre du temple de Vénus Pandemos (anagramme d’Asmodée) (lire chapitre « Priape ou Bacchus ithyphallique). Idem pour ce Lycurgue au pouvoir, maître de Sparte, et dont il ressort d’épisodes mondains qu’il forme les filles au courage par le moyen de l’impudicité.   

 

messaline5 anneka lori wagner« C’étaient les vues de Lycurgue, lorsqu’à Sparte il institua des exercices et des danses où les jeunes filles et les jeunes garçons figuraient en public entièrement nus. « Pour prévenir la mollesse d’une éducation sédentaire, dit Plutarque, il accoutuma les jeunes filles à paraître nues en public, comme des jeunes gens ; à danser, à chanter certaines solennités, en présence de ceux à qui, dans leurs chansons, elles lançaient à propos des traits piquants de railleries, lorsqu’ils avaient fait quelques fautes, comme elles leur donnaient des louanges quand ils les avaient méritées… La nudité des filles n’avait rien de honteux, parce que la vertu leur servait de voile et écartait toute idée d’intempérance. Cet usage leur faisait contracter des mœurs simples, leur inspirait entre elles une vive émulation de vigueur et de force, et leur donnait des sentiments élevés, en leur montrant qu’elles pouvaient partager avec les hommes le prix de la gloire et de la vertu…

callipyge2 paul merwart 1855-1902C’était aussi une amorce pour le mariage, que ces danses et ces exercices que les jeunes filles faisaient en cet état, devant les jeunes gens qui se sentaient attirés, non par cette nécessité géométrique dont parle Platon, mais par une nécessité plus forte encore, celle de l’amour » (Plutarque - Vie de Lycurgue, chap. 21 et 22). On a beaucoup raisonné sur les institutions de Lycurgue, et notamment sur celle dont je viens de parler. On s’est beaucoup récrié sur l’indécence de ces filles offertes nues aux regards du public, et même sur l’indécence plus irritante encore de leur costume ordinaire, qui laissait en partie leurs cuisses à découvert.

 

Platon adopta ces mêmes idées qui, sans doute, n’étaient point contraires à celles de son temps et de son pays : il voulait que les filles, avant l’âge de puberté, entrassent nues dans la carrière, et que les jeunes gens des deux sexes dansassent ensemble nus, afin de se connaitre réciproquement. Il lui fallait des femmes qui ne fussent ni délicates, ni bégueules, ni timides mais des « viragos »…

 

faune nymphe mosaique villa hadriniIl faudrait joindre ici la description des exercices gymniques, des scènes indécentes qui accompagnaient les pompes religieuses, et les fêtes de diverses divinités, des danses lascives des grecs et des romains, où les nudités et même les gestes lubriques ne blessaient aucunement la décence et ne rappelaient souvent que des idées religieuses ; mais mon objet n’est point d’offrir ces nouveaux tableaux » (Jacques-Antoine Dulaure – Des divinités génératrices ou du culte du Phallus chez les anciens et les modernes).

 

Un énième sortilège du démon Asmodée ?

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 14:51

Préambule

mn f nue4Le portrait de Lilith hébraïque, la « première femme d’Adam », est suffisamment rapporté ici et là qu’il n’est point nécessaire d’y revenir, il est évident que cette histoire est récupérée de la mythologie des Gnostiques Ophites antiques et de leur Sophia, mère de Dieu (Ildabaoth), et dont le Serpent était son allié pour apporter une âme à l’homme : « Ildabaoth façonne un homme ; mais celui-ci n’est pas un succès. C’est un monstre sans âme, ignorant, rampant à quatre pattes sur le sol, comme une bête matérielle. Sophia-Achamoth lui transmet un rayon de la lumière divine, et de cette manière elle anime l’homme et le dote d’une âme. C’est alors que commence l’animosité d’Ildabaoth pour sa propre créature. Impuissant à détruire l’Arbre de la Connaissance qui pousse dans sa Sphère, il défend l’homme de manger de son fruit. Mais Sophia-Achamoth, qui aime et protège l’homme qu’elle a animé, lui envoie son propre génie, Ophis, sous forme d’un serpent, pour lui conseiller de transgresser le commandement égoïste injuste. L’homme devient, de cette manière, capable de comprendre les mystères de la création » (C.W. King – Les Ophites). Certains textes assurent même que le serpent n’était autre que Sophia-Achamoth elle-même. Ajoutons que dans le récit de la Genèse, l’Eternel voulant punir le serpent, le condamne à ramper (« tu marcheras sur ton ventre ») ce qui semble signifier que jusque-là, il tenait debout, donc, qu’il ne s’agit point du lombric que nous connaissons actuellement.

Il a suffit à certains mystiques détracteurs de changer les noms, de réécrire les histoires pour supplanter aux personnifications de Sophia Achamoth (nommée encore « Prunikos » ou « La Concupiscente ») et du serpent Ophis celles de Lilith et de Samaël. De même, Ildabaoth ayant engendré le maudit Ophiomorphos pour faire du mal à l’homme, c’est lui que les prêtres nommèrent « Satan ». La même légende mystique complète le tableau, disant qu’Ophis, déçu par son sort pour avoir aidé l’homme, le maudit à son tour, et que ses actions mauvaises vinrent à être confondues avec celle d’Ophiomorphos, au point que Samaël fut identifié à Satan.

Quant à l’Arbre de la Connaissance, il est entendu souvent par Lilith et Samaël.

 

sirène figurinePourquoi ces noms ? Et pourquoi Lilith « première femme d’Adam » avant Eve ? Les différentes références historiques aux civilisations antiques ont attesté que les « Liliths » étaient des servantes travaillant au temple, c’est-à-dire des filles qui pratiquaient la « prostitution sacrée ». Au point que certains commentaires, compte tenu des réalités cultuelles de ces époques, ajoutent qu’avant d’être une mère (Eve), chaque femme était une prostituée (Lilith).

 

C’est pourquoi les célébrations, cérémonies, cultes et rituels rendus à Lilith ne se rapportent point à cette « démone première femme d’Adam » maudite par les Hébreux mais font gloire à l’Aphrodite Pandemos grecque (Ilythie) ou Vénus Vulgaris des Romains, en même temps qu’à Cotytto, chacune « divinité des prostitutions » ; son aspect morbide hérité des profondeurs de l’Hadès, elle l’hérite de Proserpine (Perséphone grecque), et dans ce cas, elle est Shakti Kâlî l’orientale divinité des tantriques.

 

yoni single shakti heith leviathanUn certain Shaktisme démoniaque lui est définitivement consacré et le rituel tantrique des 5M, dans ce cas, est l’un des siens assurément (lire chapitre « De la nature de la force sexuelle (1) »).

 

Pour le reste, une « Eglise de Lilith » (« Church of Lilith ») est aussi rare à trouver qu’il est possible de repérer une « Eglise de Satan » ou un « Temple de Seth ». Lilith, tant luxurieuse, déchaîne à ce point les excitations qu’elle n’incite point aux méditations et autres prières ennuyeuses, son règne est là où sévit le sexe sous toutes ses formes possibles tant qu’il procure de la jouissance. Comme dit le verset du Livre de la Loi : « Mon extase est dans la vôtre. Ma joie est de voir votre joie » (1-13). Toutefois, Lilith, étant d’abord une entité subtile, réclame des hommes, qu’elle contraint de devenir ses dévots, des cérémonies dévotionnelles où la pratique sexuelle est exclue, où seul doit demeurer le caractère mystique pour en percevoir tout l’apport magique : ceci de temps à autre, par temps de Lune Noire.

 

shakti kali et lilith
 
Un certain Docteur Huxley écrit : « Sans sortir du domaine de ce que nous savons, il est facile, par analogie, de peupler l’univers d’Entités de grades toujours plus élevés. Si ces Entités n’ont pas les mêmes organes que nous, si leurs sens correspondent à des vibrations différentes de celles qui affectent les nôtres, nous pouvons vivre les uns à côté des autres, nous pouvons nous côtoyer, nous rencontrer, passer même à travers les uns des autres, sans en savoir davantage sur notre existence réciproque ». Puis, par ailleurs : « Le Plan Astral est une région peuplée, tout comme notre monde, d’Etres plus ou moins intelligents, et remplie de formes et de types vivants divers, aussi différents entre eux qu’un brin d’herbe et un tigre, et qu’un tigre et un homme. Ce monde et le nôtre sont enlacés l’un dans l’autre, mais leur substance matérielle diffère complètement » (Annie Besant – La mort et l’au-delà).

 

Pour fréquenter ces entités que « nous pouvons côtoyer, rencontrer, passer même à travers les uns des autres », l’occultisme enseigne qu’il existe au moins trois moyens : la méditation, la prière et le rapport physique ou luxure. D’où que ce dernier exercice vient peser son poids et son influence dans le domaine de la magie.

 

sigil Lilith Voici donc Lilith la sexuelle. Les détracteurs de son temple antique maudissaient son culte non seulement parce que la divinité était de sexe féminin, non seulement parce que des pratiques spermatophages allaient à l’encontre de celles usitées par certains religieux gnostiques hommes, mais surtout parce que les dévots mâles qui pénétraient son cœur (naos) prenaient instamment la qualité « d’esclave ». Il n’y avait pas d’autre moyen d’approcher la divinité diabolique que dans la soumission.

 

Ainsi, même aujourd’hui, édifices, bâtiments ou lieux consacrés officiels pour Lilith ne tiendraient point longtemps sous le poids des révélations qui seraient faites à son encontre, car il n’y aurait que débauches, orgies, parties carrées et autres rapports sodomites. Inutile de décrire le moindre rituel pour Lilith, le moindre manuel de pratiques sado masochistes en est rempli. Ses prières remplissent les ouvrages pornographiques, qu’ils soient faits d’écritures ou de photographies. Une « Messe Noire de Lilith » consiste en une mise en scène jouée par des personnages incarnant chacun un rôle mais dont le tout finira probablement par une partouze. Un langage « crépusculaire » s’efforce de joindre du liturgique au graveleux, car probablement, d’antiques débauches (lire chapitre « Sodome ou les cultes aux mœurs sexuelles dégoûtantes 1 » sur les « Mystères d’Aphaques ») pour Vénus comptaient comme une « messe ». Pour exemples, la fellation, le cunnilungus et l’anulungus sont la « prière » ; la masturbation s’implique dans « l’idolâtrie » ; accouplements illégitimes dans quelque vase que ce soit sont nommés « l’immolation » ; le bassin de l’homme avec son sexe érigé est le « trône » tandis que le fessier de la femme est « l’autel », ses orifices les « sanctuaires » ; quant au liquide séminal, il est « l’encens » ; ainsi de suite…

 

mn sadeCette « Messe Noire » se divise en quatre parties :     

La soumission

La dévotion

Le sacrifice

La bénédiction

 

La soumission réduit le dévot à endosser le statut « d’esclave », la démone lui apparaît comme une maîtresse dominatrice. La dévotion s’associe à l’idolâtrie. S’en suit « l’invocation » qui porte à la gloire l’art du pédicon. Avec la femme, l’acte est nommé « invocation à Lilith » ; avec l’homme, c’est le « sacrifice ». Lilith tient le phallus comme une Reine brandit son sceptre et c’est ainsi qu’il faut admettre la figure, d’où l’une de ses représentations, lorsqu’elle ouvrage en Vénus, « une Regina ayant un sceptre (phallus) dans sa main assise sur un bouc (puissance lascive) ».

 

« L’esclave », prosterné sur l’autel devant le bouc viril au regard concupiscent, entend la prêtresse lui dire : « Et nous t’immolerons sur l’autel de Lilith ! » ; en appelant alors à la démone : « Ô Lilith-la Puissance luxurieuse, daigne agréer le sacrifice que je vais t’offrir ! » ; levant le sceptre sous la forme d’un phallus : « Soumets-toi, infecte créature ! »

Les mantras favoris en ces instants fougueux : « le adoro et invoco… » et « Krîm Krîm Krîm Hûm Hûm Hûm Hrîm Hrîm » répétés à haute voix ou récités dans sa tête.

 

callipyge1 Quant à la « bénédiction », c’est la fameuse « douche dorée » qui s’inscrit dans le cadre d’un rituel satanique, comme la met en scène Anton Szandor LaVey :

 

« Frère éclaireur, nous demandons une bénédiction.

(Le sous-diacre apporte le pot de chambre et le présente à la nonne, qui s’est approchée. La nonne se dénude et urine dans le pot. Pendant ce temps, le diacre s’adresse à la congrégation :)

 

Diacre :

Elle fait résonner les fonts baptismaux avec les larmes de sa mortification. Les eaux de sa honte deviennent une pluie de bénédictions dans le tabernacle de Satan, et pour cela elles ont été recueillies en cascade, et avec elle, sa piété. Le grand Baphomet, qui est au milieu du trône, doit la soutenir, car elle est une fontaine vivante.

 

(La nonne finit d’uriner et le diacre poursuit :)

 

Diacre :

Et le Seigneur sombre doit essuyer les larmes de ses yeux, car il m’a dit : c’est fait. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le début et la fin. Je lui donne librement car il est assoiffé de la fontaine de l’eau de la vie.

 

(Le sous-diacre prend le pot et le tient devant le diacre, qui y trempe en l’aspergeant. Puis, tenant celui-ci devant ses parties génitales, le diacre se tourne vers chacun des points cardinaux, secouant l’aspergeant deux fois à chaque point et dit :)

 

Diacre :

(Face au Sud) Au nom de Satan, nous le bénissons avec ceci, le symbole de la verge de la vie.

(Face à l’Est) Au nom de Satan, nous le bénissons avec ceci, le symbole de la verge de la vie.

(Face au Nord) Au nom de Satan, nous le bénissons avec ceci, le symbole de la verge de la vie.

(Face à l’Ouest) Au nom de Satan, nous le bénissons avec ceci, le symbole de la verge de la vie ».

 

La même « bénédiction » pour la femme, nous devinons aisément de quoi il s’agit, le semen mâle ne sert rarement à rien dans tout exercice luxurieux.

 

sf28 lilith démon completFrancis Barney rapporte la cérémonie sabbatique avec le « pacte du sang », il a suggéré en filigranes la même nuit dédiée aux démons avec le « pacte de la chair » ou « pacte charnel ». Car c’est de cela aussi que les détracteurs de Lilith reprochaient à la divinité, les hommes sacrifiaient aux dieux habituellement par des holocaustes ou meurtres d’animaux « immolés », initiations par le sang (initiation au culte de Mithra par le sang d’un taureau ; pacte du sang), tandis qu’elle réclamait d’eux un « sacrifice charnel », un « corps-à-corps voluptueux ». La sorcière (prêtresse femme fatale ou bacchante) tourne autour du dévot désormais « l’esclave de Lilith », devant la figure symbolique du Baphomet dans son pentagramme en forme de bouclier. Le suppôt consacre le sacrifice du stupre, répétant l’invocation :

 

« -Gloire à toi Lilith Maîtresse du monde, Maîtresse des enfers ; Gloire à tes séides et ministres ; Nous sommes tes serviteurs ; donne-nous Ta force et Ton pouvoir de malheur ».

« -Gloire à tous les démons de l’enfer ; gloire aux richesses, aux voluptés de ce monde ; Lilith nous les donne comme nous lui donnons nos âmes ». 

 

vénus domina2Puis consacre le sacrifice :

 

« -Alpha, Rey, Tetragrammaton, par les noms ineffables, par Belzébuth et Astaroth, par Asmodée qui dit l’amour, Lilith, je te conjure d’accepter le sacrifice de cette volupté… »

 

« -Par le pacte de l’amour à minuit quand dorment les chrétiens, je t’ai donnée mon âme Lilith. Tu es ma Maîtresse. Au nom de la dévotion qui m’unit à toi, je te conjure de venir à moi qui suis ton esclave… »

 

La voici maintenant la prêtresse sortant du tabernacle un membre postiche qu’elle nomme Satan, Priape, Pan, Hermès, Dionysos, Asmodée, Belzébuth, Samaël ou quelque autre phallique encore, consacré* depuis au moins la veille, qui peut se tenir en main ou en ceinture, et qu’elle envisage de faire entrer dans l’esclave, lui montrant l’objet viril et lui répétant : -« Satan va maintenant entrer en toi… Veux-tu te soumettre à la puissance luxurieuse de Lilith ? Alors, qu’il en soit ainsi… Emen-hétan ! emen-hétan ! » (Ici et là ! ici et là !)

 

Réponse du dévot « esclave » : « Ô Lilith, Maîtresse démoniaque, infâme fornicatrice dévoreuse d’âme,  prends forme et viens à moi ; fais-moi connaître ton enfer, la peur ; Matriarche du royaume des flammes, j’attends ta grâce et ta cruauté avec délectation… » 

 

haxan mme claude messe noire titrePuis la formule magique :

 

« Ton corps est un temple, où demeurent tous les démons. Tu es un panthéon de chair !

Entends-nous Lilith alors que nous invoquons Ta bénédiction : dans les plaisirs de la chair et la tranquillité de l’esprit…

 

Pour la consécration* :

« Devant cette congrégation rassemblée des débauches, voici que je pointe ce Saint Phallus vers le symbole de Baphomet… »

 

…et se tournant vers l’opérant :

« N’oublie pas ce qui fut, ce qui sera !

Chair sans péché, monde sans fin ! »

 

Vient la conjuration finale : « Au nom du Saint-Bouc (Satan, qui est « tous » et « chacun »), Asmodée, Belphégor, Belzébuth, je vous conjure d’apparaître, Esprits des enfers, par le pacte de la chair je vous ai donné mon corps, mon c.. et mon sexe. Je vous donne ainsi mon âme à tout jamais et sans regret. Je renie tout autre Dieu que vous et par devant vous en cette nuit je piétine le Christ qui ne fut jamais mon maître. Ave Satanas 666… »

 

incube succubeLa consécration d’une femme s’établissait de la manière suivante au moyen âge, Jules Michelet décrit, dans « La sorcière », « comment des femmes frottent leur sexe contre le phallus du Satan de bois, exagérément long et dressé situé à son postérieur, pour se consacrer et se prêtent aux hommes ensuite, lesquels sentent qu’ils forniquent avec un démon succube ; ou « qu’ils sont eux-mêmes copulés par un incube ».

 

Donc, si une « Messe Noire de Lilith » consiste à détailler les différentes pratiques d’un catalogue SM, à quoi bon instituer pour cette démone une « Eglise » portant son nom ? Toutefois, et de temps en temps, la maîtresse démoniaque réclame de ses dévots une Messe Noire très particulière, exempte d’activités sexuelles, et totalement absorbée par une influence liturgique.  

 

Galles Baphomet fémininL’apparence vestimentaire de la prêtresse de Lilith rejoint celle des maîtresses dominatrices du SM, c’est connu. Elle porte, en plus, les signes ostentatoires spécifiques à la personnification de Lilith, comme la Lune Noire, Vénus et la croix inversée, ou encore son nom en caractères hébraïques ou magiques. Nous voyons dessinée sur son front le pentagramme inversé ou un L ou le nombre 666, à moins que celui-ci ne soit inscrit sur sa poitrine ; et sur son bras gauche, nous voyons l’inscription « SOLVE » et sur son bras droit « COAGULA », de même qu’une ceinture autour de sa taille. Ce qui en fait une figure du Baphomet. Ce n’est pas sans raison ; le mystique irlandais Christos Beest confie une légende de son pays : « C’est une tradition née il y a sept cents ans, selon la légende, les habitants pratiquaient divers rites associés à une déesse noire que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Baphomet. Baphomet a traversé les âges sous l’aspect baphomet charnel overblogd’une figure composite. Le fameux symbole de la tête de bouc n’en est qu’une variante éloignée. La déesse est, le plus souvent, représentée sous les traits d’une femme… » (Gavin Baddeley – L’essor de Lucifer – Camion Noir). Voilà la clé : si un bouc cornu et sexué pouvait figurer Pan ou Priape, le Baphomet exprime davantage l’androgynie d’où sa physionomie mâle-femelle, ajouté à ceci que le caprin, symbole de la « puissance lubrique », est idéal pour représenter le pouvoir qui est celui de Lilith, la « puissance luxurieuse ».

 

Les kabbalistes noirs enseignent que l’Arbre Séphirotique des Qliphoth est inversé. Dans ce cas, Lilith règne à son sommet, qu’elle soit nommée la « jeune » (fille) ou la « nordiste » (mère) importe peu. Elle répond alors à un poème tantrique mettant en scène les dieux orientaux au moment où ils conçurent la création de leur divinité d’aspect féminin, la plus belle créature, et disant que « tout passera par elle ». En effet, toute influence dans l’Arbre Séphirotique, celle d’Astaroth ou celle d’Asmodée, doit passer par Lilith pour pouvoir sortir.

 

sirène grecque pattes d'oie caducéeNous devons remarquer aussi la proximité figurée sous la forme de sculpture d’une Sirène antique et de celle de Lilith que d’autres nomment Astarté, et sachant que « Sirène » ou « Seiren » en grec a quelque lien mystique avec le « Seir » ou « Satyre », nous croyons deviner une Sirène derrière Lilith, ce qui fait d’elle une « femme fatale », que nous appelons aujourd’hui une « bombe sexuelle ». L’antique Sirène aux pieds d’oie jouait moins la « vamp » que nous le prétendons mais assurait au règne mystique un rôle glamour nous n’en doutons point, et l’assure encore.

 

Dans tel cas d’une pratique luxurieuse entendue comme une « Messe Noire », la femme ou l’homme qui tient lieu « d’autel » se tient dans un mandala, comme veut une cérémonie tantrique. Mais celui-ci peut revêtir des formes imaginées différentes, bien que le pentagramme inversé vienne le plus souvent ; l’Arbre Qliphotique est efficace aussi.

 

A-eros666-3-qlipoth-copie-1.jpgS’il est question de faire entrer les démons noirs du règne de Lilith dans le cours de cette « Messe Noire », non les Archidémons mais leurs Serviteurs (Qliphoth), Gamaliel Nahashiel, l’adjoint de Lilith, verse dans l’obscénité, c’est un maître dans l’art du graveleux qu’il aime agrémenter de sorcelleries en tous genres ; Samaël goûte autant de la femme que de l’homme, c’est un bisexuel diabolique ou diabolique bisexuel, toujours effréné ; Ghoreb Zaraq, malgré sa figure de corbeau, implique une dimension mystique dans la pratique érotique ; Tagiriron inspire au voyeurisme avec ses conséquences de satisfactions et de frustrations ; Golachab rend la luxure on ne peut plus magnétique ; Gash’Khalah inspire les comportements interdits et engage les vampires ; Satariel est le maître des Seirim (Satyres) sodomites ; Ogiel met en cage « l’esclave » le contraignant à produire du fantasme, fort de sa frustration ; Thaumiel est bicéphale, il engage le mâle dans la femelle puis les sépare et ainsi de suite…     

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

lilith sm latex

 

 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

ca9 lilith2 NB satyres titre

 

 

« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

ca5-complet.jpg

 

« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

Texte Libre





















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