(Comparons ces deux formulations : « La magie est l’application de la volonté humaine
dynamisée à l’évolution rapides des forces vivantes de la Nature » (Papus) ; et : « Les (Satyres), appelés parfois Silènes, Sylvestres, Sylvains, Faunes (Faust) symbolisent la
force expansive de la Nature et des êtres vivants » (Nadia Julien – Le dictionnaire des mythes). Et déduisons : « le domaine de la magie les concerne et ils constituent même les
arcanes dites sataniques qui étaient autrefois ceux attribués aux dieux dits « des bois » (le bois n’étant pas la forêt mais les ténèbres, le règne de l’Au-delà, de l’Autre Monde ou
Anti-Monde, là où se trouvent les Esprits des Morts dont certains, voulant rentrer dans le plan physique, sont décrits comme des loups-garous ; le maître de ces loups-garous est Faustus, le
Satan à tête de loup, maître des sorciers. Les Satyres, tels qu’on les trouve décrits ici et là, paraissent des créatures dilettantes, malsaines à fréquenter, réputés pour leur laideur ; la
science occulte ne les aborde pas du tout de la même façon et l’on peut même croire que, malgré leur conduite licencieuse, ils sont ceux que les Mages et les Sorciers fréquentent au cours de
leurs cérémonies magiques.)
Les enseignements classiques écrivent que le nom « satyre » vient du nom babylonien « stur ». S’il en est ainsi,
alors il est logique de trouver une orthographe probable de ce nom « satyre » sous la forme suivante : « rvts », dont le nombre est 666.
Or, justement, des amateurs de guématrie, qui passent la majeure partie de leur temps à traquer ce nombre qu’ils jugent « maudit », rapportent que « selon Alexandre Hyslop, dans
son ouvrage « Les deux Babylone », les romains faisaient remonter leur origine au dieu-enfant du Soleil qu’ils appelaient Lateinos et ce dieu était également identifié à Saturne, en
babylonien « Stur », « le dieu caché, le dieu des mystères ». Considérant la valeur des lettres de « Stur », on obtient aussi 666 (rvts) ». Ce qui signifie, en
conséquence, au vu de la même orthographe, que le nom « Satyre » est originellement le même que « Stur », signifiant « Saturne ».
Le nom du Génie du Soleil, « Sorath » (trvs), dont le nombre est 666,
consiste en un changement dans l’ordre de ces caractères. A son sujet, les mêmes éminents étudiants en guématrie n’hésitent pas à dénoncer « qu’il est le démonium du Soleil, une haute entité
angélique qui avait pour mission de garder l’éclat du Soleil au cours de la nuit et de la remettre à Dieu le matin, selon une philosophie occulte ». Cette histoire rappelle étrangement celle
de Lucifer dont le nom signifie « porteur de lumière » ». Sorath, Génie de Lucifer ? Lucifer lui-même ?
Que dire alors du Génie de Vénus, appelé « Suthor » (rvtvs), dont le nombre est 666+6=672,
nombre de Bacchus, ou Belzébuth, nombre occulte du phallus subtil, et chiffre permuté de 276, celui d’Eros ?
En valeur totale, « Sathor » (rvts) (pour « Satyre) a pour
nombre 1049, pouvant permuter en 419, valeur de « Teth », caractère dédié à Eros, à son Fluide Magnétique dispensé, propagé en zigzags ondulants comme fait le déplacement d’un serpent.
D’ailleurs, dans le Tableau des Correspondances, les Sylphes sont identifiés avec les Satyres et se rapportent à l’élément Air (les gazeux), donc aux influences invisibles propagées sous la forme
de rayonnements subtils.
Seulement, si la logique occultiste fait se rapporter le « Satyre » avec Saturne, nous constatons ici, qu’il peut évoluer
librement vers les arcanes du Soleil, vers ceux de Vénus, et pourquoi pas Mercure. Ainsi, dans le corpus vulgaire de la Kundalini, connaît-il aussi bien les centres psychiques Tiphereth (Anahata)
que Netzah (Manipura) et Hod (Svadhisthana). Son action et son activité influent dans chacun d’eux.
Le Satyre (rits) appartient au Grand Ordre du
Chameau, pouvant devenir ailleurs Ordre du Bouc ou Ordre de l’Âne. Les deux derniers animaux sont le symbole de la puissance génésique, le premier est lié à la richesse mais rappelle également ce
passage troublant évoqué dans le volume 6 du Livre d’Eros : « (…) On connaît les « serpents ailés » (Ffvim Frw) ou
« Seraphim » ; mais ici, il est bien question d’un « chameau volant » (Ffvim lmg) ».
(Etudions ce nom avec les différents moyens de conversion proposés par la Kabbale. Pour commencer, le total du mot « volant » (Ffvim) est 276, comme « Aor » (rvi) ou « tunique de
peau », que nous lions, par ailleurs, à Eros ou Oro (vri). L’expression « chameau volant » ou « Gamal
Méhophep » couvrirait une entité « Zakhor » (227) créatrice de la « tunique de peau », et pas seulement… Bien sûr, nous proposons ici une interprétation la plus
simplifiée, c’est au lecteur de la faire évoluer.
En multipliant 276 par 73, on trouve le nombre 20148, soit 20.148, 148 étant la valeur de « Moznaïm » ou « Balance » (cf. le sujet occultiste
sur les Esprits supérieurs de la Balance, Créateurs de l’homme)…
En valeur totale, « chameau volant » révèle les nombres 227 et 385, lesquels ajoutés ensemble, donnent 612, pouvant permuter en 216, nombre de
« Geburah » ou « force, puissance, domination », mais aussi « sévérité », dont la Sphère d’Action dans l’Arbre Séphirotique est Mars.
Avec la méthode de la lettre+1, le double nom « chameau volant » totalise 317 et 94. 317 peut permuter en 713 ou « Zon » et 94 est la valeur de
« Mazal Guedi » ou « influence de la puissance génésique ». 317 est proche de 371, nombre de « Samaël ».
Avec la méthode de la lettre-1, le nom « chameau volant » totalise 235 et 52. 235 peut permuter en 325, rappelant « Nessirah » ou
« fente », confère aux Esprits supérieurs Créateurs de la « femme », les Esprits de la Balance ; 52, c’est 502 ou « Basar » (rwb), la « chair », mais aussi la « Bacchante » ou « Bassare », peut être la nature de cette « Lilith
Isha » ou « Isha ». 52 peut permuter en 25, la valeur totale de « Eve » (hvh) (6+13+6=25). La
« chair » contient la « puissance génésique », comme on peut dire que la « Bacchante » en est la « porteuse ».
Enfin, en calculant « chameau volant » avec les valeurs totales des lettres, avec la méthode de la lettre+1 comme avec celle de la lettre-1, on trouve, in
fine, le nombre 418, celui de « Heith » ou « Attein » ou la « Bête » : en effet, on obtient respectivement les nombres 1082 et 1046 : avec la méthode dite
« Kollel » permettant d’ajouter à une valeur son nombre de mots, 1082 devient 1084 et 1046, 1048. Et tous deux peuvent permuter en 418.
Dernières précisions : la formule réunissant les deux pôles, soit « Gamal Guedi » équivaut, en calcul kabbalistique, à 73+17=90. Plus intéressant est
de les compter avec la valeur totale des lettres qui les forment : « Gamal » a pour valeur 227 et « Guedi », 527 ; en les additionnant, on trouve le nombre
227+527=754, pouvant permuter en 574, la valeur totale de « Lilith » (74+20+74+406=574).)
L’icône du chameau n’appartient pas exclusivement à la mystique sémite puisqu’on le trouve dans la symbolique extrême orientale, figurant les élémentals de l’Air, ceux de la Terre étant
représentés par un éléphant, ceux de l’Eau par un buffle (de l’eau), ceux du Feu par un tigre.
Justement, les Satyres sont connus comme des élémentals de l’Air, bien que nous le savons, chacun des élémentals peut, selon certains moyens magiques ou liés au principe des semblables, permuter
dans un autre élément que le sien. Ainsi trouvons-nous des élémentals de l’Air comme élémentals de l’Eau et, bien sûr, du Feu.
Dans un genre plus phallique, on relève, dans le texte reproduit plus haut, que les valeurs totales de « chameau volant » sont
227 et 385, nombres respectivement de « Zakhor » et « Zakhor N’qava ». On devine alors l’image obscène possible avec de pareils chiffres, d’autant mieux lorsqu’on lit ce qui
est dit au sujet de la forme de la lettre « Guimel » : « Guimel (g) est constituée par un Vav
(v) et un Yod
(y) : d’un
certain point de vue, le Vav est un sexe masculin en érection et le Yod est sa semence ». (Georges Lahy – L’alphabet hébreu et ses symboles) Pour une fois que ce n’est pas nous qui abordons
le sujet, nous ne nous privons pas d’une pareille citation ; et sûrement des élémentals de l’Air sexualisés (occupés aux affaires mondaines ou sexuelles des hommes) connaissaient ce point de
vue ; aussi, identifiés à ce dernier icône l’ont-ils cachés par un chameau.
A propos des Eléments, on peut lire la précision suivante : « (…) Tout est Feu ; l’Air est du Feu fluide ; l’Eau est
du Feu liquide ; la Terre du Feu solide ». (HPB BLAVATSKY ; Doctrine secrète 3 ; p.164) (vrai : dans « Isha » (hwa) ou « femme », on
trouve la racine « Ash » (wa) ou « feu » ajouté au « moyen de procréer » (h) ; et « Ash »
entoure « Aish » (wya) ou « homme », le « porteur du semen » (y)). Ainsi, nous pouvons évoquer,
dans une certaine mesure, les élémentals de l’Air « élémentals du Feu fluide* » ; ceux de l’Eau « élémentals du Feu liquide » ; ceux de la Terre « élémentals du
Feu solide ».
Dans une étude à propos des « djinn » ou « jinn », il est déclaré : « (…) Les Créatures des quatre
Eléments sont les « djinn » de lumière, ceux du Feu, ceux de l’Eau et les hommes (Esprits de la Terre) ». La science occulte apprend que les uns cherchent les autres, voire
« s’attirent » les uns aux autres, « car le masculin attire le féminin et inversement », ce qui ne peut être que le cas des « djinn » nommés « Shayatin »
ou « Sheitan ». D’un côté, nous trouvons les élémentals de l’Eau et de la Lumière (Air), de l’autre ceux du Feu et de l’Argile (Esprits de la Terre).
(* Ici, l’Air est du « Feu fluide », là l’Air est de la lumière ; les élémentals de l’Air sont assurément directement liés au Fluide Magnétique, à
son transport, à sa propagation… à son pouvoir et aux œuvres pour lesquelles il se livre…)
Des mystiques, foncièrement distants de l’activité génésique, apportent une description de certaines entités pouvant accompagner ces vampires Satyres : « (…) Les êtres humains qui ont quitté
la terre, et dans lesquels les éléments « kâmiques » (Eros) (Plan Astral (inférieur) – Kâma-Loka) étaient prédominants, peuvent être facilement attirés par les éléments kâmiques des
vivants, et, avec leur aide, avoir de nouveau conscience des scènes qu’ils viennent de quitter ». (Annie Besant – La mort et l’au-delà)
Et d’ajouter encore, façon « d’enfoncer le clou » sur ces « pauvres luxurieux » qu’ils sont restés : « Quant aux personnes ayant mené une existence immorale, qui
n’ont pensé qu’à stimuler et gratifier leurs passions animales, qui ont développé outre mesure les appétits de leur Corps du Désir (…), tourmentées par le désir ardent de la vie terrestre
qu’elles ont abandonnée, et par celui des plaisirs charnels qu’elles ne peuvent plus goûter depuis la perte de leurs corps physique. Ce sont elles qui entourent les médiums et les sensitifs, et
essaient de s’en servir pour leur satisfaction ; aussi comptent-elles parmi les forces les plus dangereuses que les curieux et les étourdis puissent affronter dans leur
ignorance ».
La phrase : « ce sont elles qui entourent les médiums et les sensitifs, et essaient de s’en servir pour leur satisfaction » ;
décrit parfaitement l’activité même du vampire.
Si l’animal fétiche pouvant figurer la Salamandre ou « Vulcanale » peut être, dans le domaine de la luxure, le Basilic, dans le cas du Sylphe ou ici vampire Satyre, c’est le bouc
(voici, par exemple, une traduction du Livre d’Esaïe : « Les chats sauvages rencontreront les hyènes, le satyre appellera le satyre, là encore
se tapira Lilith, elle trouvera le repos » (Is 34 – 14) ; une autre : « Les animaux du désert y rencontreront les chats sauvages, et les boucs s’y appelleront les uns les autres ; là, le spectre de Lilith aura sa demeure, et trouvera son lieu de repos ».
On trouve le nom « Lilith » écrit au pluriel, « Liliths », permettant ainsi de l’identifier avec la « Lamia » grecque, elle-même accompagnée de ces
« Lamies ». Ces dernières sont décrites comme des « fantômes », une description proche du « spectre ». Par extension, du vampire…
Les « chats sauvages » se confondent avec la Divinité égyptienne Bastet, dont c’est l’animal emblématique ; la Kabbale associe le symbolisme du chat à celui du serpent. Sur son
Arbre Séphirotique, Aleister Crowley place Bastet dans la Sphère de Vénus, et la science occulte rend compte de l’activité d’une vampiresse Bastet : « (…) Ainsi, les courtisanes sacrées
attachées au culte de Bastet en Egypte (antique) manifestent-elles un aspect dévorant voire parfois infernal. Bastet vampirisait la vitalité sexuelle des hommes, mais dans un but mystique ».
(Jean-Louis Bernard – Les archives de l’insolite et l’Egypte sans bandelettes) D’où, paraît-il, les pratiques de « retenue du semen » connues et pratiquées dans un certain tantrisme et
supposées exercées dans le culte secret rendu à Lilith, d’où sa réputation de « détruire les progénitures des hommes, d’attiser la haine des enfants et de freiner les semences de la
vie ». Au contraire, le culte de Lilith, comme celui de Bastet, étant considérés comme des « religions de la chair », il y a lieu de croire que ce n’est pas de « retenue du
semen » qu’il s’agissait mais que son offrande devait être consacrée – ou dédiée – à Lilith plutôt qu’à la femme ou future mère. Dans un texte ésotérique consacré à Bastet trouvé dans
« Le testament théurgique d’Aleister Crowley », on trouve la formule : « (…) elle vient avec sa faim de sang et de sperme » ; une expression on ne peut plus significative
lorsqu’on décrit l’activité d’une vampiresse.
La phrase « les boucs s’y appelleront les uns les autres » paraît bien innocente au premier abord ; cependant, si l’on se réfère à
celle trouvée dans le récit concernant la cité de Sodome* : « Fais-les sortir vers nous pour que nous les connaissions ». (Gn 19 – 5)
Signifiant : « pour que nous ayons des relations sexuelles avec eux », suggère des pratiques luxurieuses.
Dans la science occulte, c’est parce que cet ensemble d’élémentals, réputés pour leur goût immodéré de la luxure, est capable de former un groupe si important en nombre et doué d’influences très
puissantes d’origine magnétique, qu’il en devient un égrégore au sens défini par Jacques Bersez, c’est-à-dire que ces entités, puisqu’elles
peuvent régner par leurs « pensées-forces » caractéristiques et ayant des vertus fascinantes, sont capables de « constituer un être collectif » les représentant tous, pouvant
être connu lors d’un culte sous la forme d’un symbole imagé ou plusieurs (les Satyres – ou « Shayatin » - par leurs « pensées-forces » finissent par « constituer un être
collectif » Satyre – Shayatin -). Le nom qu’il porte est « Sator » (rvts) - dont provient « satyre » -, provenu du lointain « Stur » ou Saturne
babylonien, et qu’on trouve caché derrière le trop connu « Satan », qualifié d’habitude « Maître des puissances obscures de la Nature », ou « Pan » grec
(« Shayatan » a pour nombre 371 qui est une permutation du Shayatan collectif 713).
Ici, la figure du Satan, logiquement une entité unique, voile un « collectif » puissant en nombre et doué d’influences, constitué comme un égrégore, d’élémentals « Sator »
(Vampires Satyres), dont la « nourriture » est la luxure et les débordements lubriques.
Ces satyres, s’ils sont nommés des « boucs », c’est que le nom « Guedi » (ydg), de valeur 17, leur convient. Un autre mot original connaît le même chiffre, c’est
« Zeboub » (bvbz), dont il est rapporté qu’ils ont parfois la forme d’une
mouche, et « qu’ils sont vêtus de cuir ». Un rituel de Raspoutine décrit l’apparition des Satyres « volant avec leurs ailes de cuir et s’élançant par-dessus le sommet de la
montagne, répandant leur ombre sur la terre ». (Anton Szandor LaVey – Hommage à Tchort – Les rituels sataniques). En outre, on trouve le même chiffre 94 (puissance génésique) dans la valeur
totale de « Zeboub » et dans « Mazal Guedi » ou « influence du bouc ».
« Guedi » converti par At-Bach devient « Makara » (rqm) :
|
y
|
d
|
g
|
|
Conversion At-Bach
|
|
|
|
m
|
q
|
r
|
Nous avons beaucoup écrit au sujet du Makara, et l’on se souvient de sa description dans le Dictionnaire des symboles, « qu’il est un serpent (un poisson, un crocodile et pourquoi pas alors
aussi, dans certains cas, un Basilic ? - NDA) glouton, il apparaît comme un « dévorateur » (« doué d’une possibilité d’engloutissement énorme »), dont « l’avalement
est anéantissement ou passage au-delà des conditions de l’existence temporelle ». Dans notre sujet, on peut trouver là toute l’activité des vampires, ceux qui sucent le sang ou Fluide vital
des hommes car certains sont déclarés par la science occulte des « mortels », ceux qui s’approprient du semen humain car il leur sert à procréer des démons, etc…Chacun, homme, vampire
ou démon, se sert de l’activité génésique et luxurieuse pour manger de l’autre pour sa propre subsistance ou sa propre survie. Ce n’est donc pas sans raison si l’activité sexuelle s’appelle
« Zakhor va N’qava » ou « Zon », « Zon » signifiant par ailleurs « nourrir », « manger ».
Makara a pour valeur totale 186 comme une certaine orthographe du nom « Lamia ».
Le collectif évoqué sous la forme d’un égrégore, décrit plus haut, formant un être collectif appelé « Sator » (satyre) pouvant évoluer en « Satan » règne dans l’espace astral
à l’image d’un palier ; et toutes les entités d’aspect féminin qui « circulent » au-dessus sont les Dominatrices, celles en-dessous les Soumises.
Autre aspect intéressant à relever d’une précédente citation : « Les boucs s’y appelleront les uns les autres » ; ou, autre tournure, non moins explicite, « le satyre
appellera le satyre » ; « les satyres s’y répondront, là aussi s’installera Lilith ». Les allusions du genre « s’appeler » ou « se répondre » conviennent
si bien au fait de « faire connaissance », celle-ci voilant l’autre, « avoir des relations sexuelles », qu’elle signifie bien que les satyres pratiquent des relations
sexuelles entre eux comme le font des homosexuels, soit que leur nature est logiquement bisexuelle. Bien qu’il soit ajouté qu’ils connaissent des relations sexuelles entre eux en présence de
Lilith.
Dans le dictionnaire, le « vampire » est une figure comme une « grande chauve-souris » et décrit parfois tel un « esprit divin » ( ? – NDA), remplit une
fonction génitrice chez les Mayas ; ou c’est la personnification du dieu agraire (Saturne dans la mythologie romaine – NDA) ; il symbolise le processus germinatif et par analogie, la
mort suivie de la régénération par les rayons solaires. On le représente tombant du ciel accompagné de pluies torrentielles pour symboliser la chute de la substance divine sur la terre au moment
du passage du soleil au zénith producteur de la pluie qui fera germer le maïs ».
Ce passage compliqué peut cependant se résumer en une idée simple : si le vampire, par nature, vorace et glouton qu’il est, prend quelque chose en l’homme qu’il fréquente, il apporte quelque
chose en compensation, d’ordre supérieur ; comme si une loi ou un mécanisme de rétribution imposait cela.
Le « sang » vient s’ajouter au sujet : « La sorcellerie est une liaison ou un charme qui, de l’esprit du sorcier,
passe par les yeux de celui qu’on ensorcèle à son cœur, et le sortilège est l’instrument de l’esprit. C’est-à-dire une vapeur pure, luisante, subtile, provenant du plus pur sang engendré par la
chaleur du cœur, lequel renvoie continuellement par les yeux des rayons qui sont semblables, et ces rayons portent avec eux une vapeur ; cette vapeur porte le sang comme nous en voyons dans
les yeux chassieux et rouges, dont le rayon envoyé aux yeux de ceux qui regardent attire, avec la vapeur, du sang corrompu, et leur fait contracter la même maladie ».
Jacques Moritz
Ce sang, dont il est question, n’est pas exactement le sang physique mais le fluide vital ; il y a quelque chose de magique dans le propos de l’auteur, et ce rapprochement « fluide
vital – magie » est plus à propos de ce que cherchent les vampires dans l’homme que la substance liquide rouge nommée « sang ». L’étonnement intellectuel des hommes, provoquant des
émotions particulières, produit une « vapeur » dont les vampires, paraît-il, se nourrissent…
Tiré du Livre d’Hermès, avec des ajouts de l’auteur pour les points intéressants pour notre sujet : « … (…) Autour du Soleil et de sa lumière, comme une armée de satellites, sont les chœurs innombrables de Génies (la science occulte enseigne
que la Lumière Astrale de la Terre est générée par le Soleil ; par « Soleil », on peut entendre aussi le Feu et la Lumière Astrale proprement dit ; les Génies sont bien entendu les
élémentals, manifestement, les Maîtres - NDA). C’est le Soleil qui conserve et nourrit toutes les créatures, et, de même que le Monde Idéal (mondes des idées, soit Plan de la Formation ou Plan
Astral – NDA), qui entoure le monde sensible (plan physique – NDA), remplit celui-ci de la plénitude et de l’universelle variété des formes… »
Du feu, dont les élémentals affiliés sont les Salamandres, l’enseignement théosophique précise « qu’il n’est pas un élément mais
une chose divine. L’Ether est du Feu. Les élémentals du Feu sont les plus élevés : lorsqu’ils viennent sur la terre, ils prennent forme et flottent légèrement dans la flamme sous l’aspect de
Salamandres. Dans l’air, vous avez des millions d’êtres vivants et conscients, en plus de vos pensées qu’ils saisissent. Les élémentals du Feu se rattachent au sens de la vue, et absorbent les
élémentals de tous les autres sens. Ainsi, par le moyen de la vue, vous pouvez avoir conscience du toucher, de l'ouïe, du goût, etc... Puisque tous ces sens sont compris dans celui de la
vue ». (HPB BLAVATSKY – Doctrine secrète 6 ; p.306)
Attention, beaucoup des exposés bien pensants au sujet des vampires sont directement inspirés des tableaux, images et autres
représentations des Dâkinî, Heruka, Gauris, Pisacis et Isvaris que les anciens « explorateurs » religieux avaient trouvé en Orient. Ils interprétèrent ce qu’ils voyaient des figures ou
bien terrifiantes ou bien osées sans vouloir en saisir le sens dit « crépusculaire ». De fait, de nombreux portraits de Dâkinî ressemblant à des « sorcières » crachant du sang
ou le buvant, le sang étant dans l’ésotérisme bouddhique tantôt le symbole de la connaissance tantôt celui du fluide vital (prâna), furent assimilés à des caricatures de vampires, ces entités
vivant dans le plan des morts.
Justement, le « chemin » du « corps du Désir » suit une voie précise exposée dans « La mort et
l’au-delà » de l’auteure Annie Besant : « (…) Prâna, cette portion de l’énergie vitale que l’homme s’approprie pendant son incarnation, ayant perdu son véhicule, le double
éthérique, lequel, de même que le corps physique, s’est soustrait à la force qui le gouvernait, est obligé de retourner au grand réservoir de la vie universelle. Pareil à de l’eau contenue dans
un verre que l’on plonge dans un bassin et qui, lorsque le verre se brise, se mêle forcément à l’eau qui l’entoure, Prâna, lorsqu’il a perdu les corps qui formaient son enveloppe extérieure, se
mêle de nouveau à la vie universelle ».
Prâna, ou « l’énergie vitale » - ou « fluide vital » - est identifié avec l’eau, ou appelé ainsi. Or, dans les
correspondances, c’est le centre Svadhisthana (Hod) qui se rapporte à l’élément eau, lequel se trouve au centre du pentagone appelé « corps du Désir » ou « corps Kâma ». C’est
lui qui reçoit « prâna » ou « fluide vital », dans lequel il trouve « l’énergie sexuelle », de même, d’une façon bien plus obscure, une certaine conscience de la
mort, puisque c’est de « l’au-delà » que tout vient.
Donc, il faut se méfier des interprétations passées, parfois volontairement facétieuses, souvent fantaisistes : les Dâkinî
« buveuses de sang » et les Heruka terrifiants à la face courroucée (il existe une proximité phonétique entre les noms « Dâkinî » et
« Djin », cette dernière entité étant appelée dans la science occulte « Shaitan » ; de même entre « Heruka » et « Kerub », autre nom du
« Djin ») ne sont peut pas uniquement des vampires cherchant en vain à aspirer le sang des vivants mais peut être que ce sont eux
justement qui le dispensent… Ce sang est le fluide vital absorbé par l’entité Dâkinî qui, en le buvant, le régénère puis le renvoie vers le genre humain, via Svadhisthana ou le « corps du
Désir ». Manifestement, c’est l’homme qui a besoin de prâna pour vivre, peut être pas l’entité supérieure régnant dans l’au-delà.)
L’activité sexuelle humaine est instiguée, inspirée par une catégorie de « Daïmon » particuliers appelés parfois « vampires » parfois « fantômes », car ces derniers
véhiculent des « Images » et que le processus de propagation du Désir fantasmatique repose sur le transport d’images ; le Corpus Sexualis ayant symboliquement la figure d’un Œil.
(Nombreuses sont les Divinités antiques qui ont été « reléguées » au rang de démons par les religions concurrentes désireuses de dominer par tous les moyens sur toute foi humaine en les
combattant mortellement, établissant leurs rites en cultes païens, confinant leurs mouvements spirituels en paganisme. Ces démons, dont de nombreux noms sont connus, ne sont cependant pas ceux
évoqués ici dans ces lignes.)
On évoque ces « Daïmon » par le nom de « vampires » car ils sont des élémentals sexualisés ; de sorte que,
logiquement, comme l’homme, ils sont mortels bien que leur mort diffère de la nôtre. Pour s’assurer leur force vitale, ils doivent s’approcher de l’homme et impérativement se nourrir de son sang
qui est son fluide vital. Ou bien de son énergie produite au cours de l’activité sexuelle.
En réalité, il est plus certain que le « statut » vital de ces vampires n’a rien de commun avec celui de l’homme, que ces
entités soient sexualisées ou pas ; par contre, un processus d’échange paraît nécessaire, car, selon ce principe, « seul peut exister ce qui parvient à se fixer dans le plan
physique ».
Les images subtiles servent aux fantômes vampires pour motiver toute activité érotique, qui sont captées magnétiquement par toute psyché
humaine, via les centres de force concernés du Corpus Sexualis. L’image sensuelle – que la science occulte identifie à un « spectre », c’est-à-dire à un « fantôme », soit une
entité réelle et vivante – provoque l’imagination - c’est sa raison d’être -, au point de l’agiter, comme un homme se mettrait à courir dans « tous les sens ».
Jacques Moritz