Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 15:46

baphomet 4 éléments gigerC’est intéressant de le souligner, la kabbale noire hébraïque concerne les démons qu’ils nomment Qliphoth et Esaïe, cite parmi ceux-ci les Seirim (Velus) et les Liliths qu’ils voient œuvrer ensemble, tandis que la mystique grecque fait travailler ensemble les Satyres avec les Nymphes. Le terme hébreu « Seirim » est parfois traduit par « satyre », parfois par « bouc ». Ceci a pour conséquence de poser la question suivante : Puisque les Seirim sont les Satyres, leurs Nymphes sont-elles les Liliths ? Donc, est-ce possible que pour des raisons liées à la débauche, des détracteurs de ces mouvements cultuels libertins aient assigné ces divinités des Eléments dans le règne des démons ?

 

Esaïe écrit : « Les animaux du désert y rencontreront les chiens sauvages, et les Satyres s’y appelleront les uns les autres ; là, le spectre de Lilith aura sa demeure et trouvera son lieu de repos » (Esaïe 34-14)

Lilith dans les manuscrits de la Mer Morte : « Et moi, le Sage, déclare la grandeur de ton rayonnement, afin d’effrayer et de terrifier tous les esprits des anges destructeurs et les esprits bâtards, les démons, les Liliths, les hiboux, les chacals et ceux qui frappent soudainement l’esprit de conscience ».

 

Du côté grec, voici ce qu’on trouve écrit à propos des mêmes créatures : « Les Satyres sont des créatures des bois qui accompagnaient les Ménades (Bacchantes) durant les cérémonies dionysiaques. Ils avaient pour sœurs les Oréades et étaient connus pour leurs appétits lascifs et leur dévergondage. Par la suite, on leur attribua certaines caractéristiques animales, comme les oreilles pointues, les jambes de cheval, les sabots et les petites cornes sur la tête. Ils personnifiaient la fertilité spontanée de la nature sauvage et ils aimaient tout particulièrement poursuivre les Nymphes grâce auxquelles ils espéraient satisfaire leurs appétits » (Michael Grant/John Hazel – Dictionnaire de la mythologie).

 

« Les Oréades, écrit Nadia Julien dans « Le dictionnaire des mythes » font bel et bien partie de la famille des Nymphes, elles viennent des montagnes ».

 

Dans la magie élémentale, les Nymphes sont les Ondines (Eau). Dans ce même univers, les Sylphes (Air) leur font face et l’on peut supposer raisonnable qu’ils comptent, dans leurs rangs, des mêmes que les Satyres, puisque les deux noms ont quelques liens avec les bois et la forêt.

 

Magie élémentaire

 

 

 

Nord

Terre

Gnomes

Roi : Ghob

Kerub bvrk 

Esprit : Porlakh

Kalrvf

 

Ouest

Eau

Ondins

Roi : Nichsa

Tharsis sywre 

Esprit : Taliahad

dcyle

 

Est

Air

Sylphes

Roi : Paralda

Ariel layra 

Esprit : Chassan

Nwc

 

Sud

Feu

Salamandres

Roi : Djinn

Seraph Frw 

Esprit : Aral

lara

 

 

call girl4 satyre2Malkuth est conjoint à Qliphoth, le premier règne trouve là ses esprits planétaires (que les religieux ont nommé des « anges ») tandis que le second connaît son cortège des démons (Qlipah, Qliphoth). Les sorciers abordent les uns et les autres pareillement tandis que les mages du moyen âge, voulant s’intéresser au sujet sans éveiller les « foudres » de l’Eglise catholique, prirent l’idée de les distinguer en « bons daïmons » et « mauvais démons » ou « cacodémons ».

 

Nicksa est le gardien de l’élément Eau, associé à l’Ouest. C’est lui le souverain des Ondins, et est généralement associé à la méditation. Son symbole est le Verseau. Les rituels associés à l’élément Eau sont les rituels concernant l’amitié, l’amour (romantique), la régénération, la beauté, la guérison.

 

Gob est le gardien de l’élément Terre, associé au Nord. Il est le souverain des Gnomes, et est associé aux richesses matérielles. Son symbole est le Taureau. Les rituels associés à l’élément Terre sont les rituels de guérison, de prospérité, de fertilité et de croissance.

   

Djin est le gardien de l’élément Feu, associé au Sud. Il est le souverain des Salamandres, et est généralement associé aux rituels de pouvoir et de purification. Son symbole est le Lion. Les rituels à l’élément Feu sont les rituels de passion, de courage, de bannissement des forces du mal, d'exorcisme.

 

Paralda est la gardienne de l’élément Air, associée à l’Est. Elle est la souveraine des Sylphes, et est généralement associée aux rituels de clairvoyance. Son symbole est l’aigle. Les rituels associés à cet élément sont les rituels concernant l’agilité mentale, la sagesse, les dons psychiques, les rêves prémonitoires.

 

Voici leurs descriptions, qui n’ont rien de définitif et peuvent évoluer. Nous insistons sur la représentation de Taliahad, la maîtresse Nymphe, dont le charme magnétique fait toute sa puissance, la magicienne détient les moyens que des démonologues nommeront plus tard « sorcellerie, envoûtement, fascination, etc. ».

 

Esprits des Sphères élémentaires :

Le Feu

1. Djin

Titre/type : Roi élémentaire

Sphère : Le feu

Aspect : Cet esprit au premier coup d’œil paraît un peu vieux, pourtant, il a de grands muscles. Il est habillé dans une robe longue rouge qui drape au-dessus de son épaule droite. Djin a un lourd regard avec des flammes pour cheveux, qui se déplacent constamment autour de sa couronne d’or.

Expertise/tâches : Ce roi du feu peut expliquer plusieurs utilisations de cet élément dans les travaux magiques. En particulier, il peut t'enseigner comment autoriser tous les rituels à caractère ardent avec l'essence élémentaire si nécessaire pour le succès. Si vous l’évoquez, vous apprendrez également beaucoup de nouveaux types de rituels magiques ardents que vous ne connaissez, pas même l’existence, auquel il vous fera promettre de ne jamais révéler aux autres. Comme d’autres rois élémentaires, Djin peut te donner les noms et les sceaux de plusieurs Elémentaires dans son royaume que vous pouvez vouloir appeler.

 

belzébuth2. Saraph

Titre/type : Gouverneur élémentaire/Ange

Sphère : Le feu

Aspect : Seraph a habituellement une expression féroce sur son lisse, avec un visage non doublé. Il est vêtu seulement en flammes jaunes d’or, et il est mince mais bien développé physiquement. Il est presque impossible d’éviter de regarder ses yeux étincelants, qui semblent critiquer chacun de vos mouvements.

Expertise/tâches : Une des choses les plus efficaces que cette entité peut faire et d’enseigner la manipulation du feu élémentaire au sein d'un corps. En conséquence, vous pouvez donner vous-même l’énergie pour accomplir quelque tâches que vous souhaitiez, si elles sont magiques ou pas. Il peut également t’enseigner comment effectuer plusieurs breuvages magiques pour vous aider à contrôler cette énergie en vous-même ou chez d'autres. Comme Djin, Seraph peut vous indiquer beaucoup de Salamandres, que vous pouvez appeler pour accomplir une variété de but.

 

3. Aral

Titre/type : Ange

Sphère : Le feu

Aspect : Aral a un visage creusé et porte une robe longue bleu clair. Sur sa tête, il porte un casque à ailes bleu clair. Il a un corps masculin, cependant pas aussi musclé que les êtres ci-dessus du feu. Aral a des grandes ailes d’or, qui quand elles sont prolongées sont assez étonnantes à voir, comme vous pouvez voir les ombres danser avec des flammes sur elles.

Expertise/tâches : Cet Ange a la capacité de contrôler la manifestation physique du feu élémentaire et il peut t’enseigner comment manœuvrer réellement la chaleur et les flammes par l’utilisation de rituels spéciaux. Il y a quelques conditions que vous devez connaître, avant que d’appliquer cette technique, cependant. Aral expliquera ceci à vous quand vous l’évoquez.

 

ss bastet2 titreL’Eau

1. Nichsa

Titre/type : Roi élémentaire

Sphère : L’eau

Aspect : Nichsa, comme tous les êtres de l’eau, est agréable à voir. Ce roi dans le détail semble jeune et a des cheveux blonds et des yeux bleus. Sa couronne au premier coup d’œil est faite de verre et sa robe longue semble comme faite en un liquide bleu tourbillonnant constamment. Le fait de le regarder fixement désoriente tout à fait.

Expertise/tâches : Ce roi de l’eau peut t’enseigner comment utiliser l’eau élémentaire, dans les rituels pour les autoriser. Il peut également vous instruire par une pratique stupéfiante pour contrôler le temps, en particulier la pluie et le brouillard.

 

2. Tharsis

Titre/type : Gouverneur élémentaire/Ange

Sphère : L’eau

Aspect : Tharsis semble être presque androgyne. Son visage et le haut du corps semblent être masculins, pourtant il est distinctement féminin de la taille vers le bas du corps. La robe longue de cet être est faite d’un matériau transparent jaune.

Expertise/tâches : Tharsis est extrêmement utile dans les sujets de l’amour et des rapports. Ce gouverneur peut t’enseigner comment travailler la magie aqueuse, qui t’assure la paix dans toutes sortes de rapports, et peut expliquer la vérité derrière le concept des amis intimes.

 

incube succube3.Taliahad

Titre/type : Ange

Sphère : L’eau

Aspect : Taliahad apparaît en tant que jeune femme particulièrement belle avec les yeux complètement pourpres, doués pour hypnotiser dangereusement celui qui les regarde. Sa peau est une couleur douce d’ivoire lisse, et elle est nue, excepté une ceinture grise attachée autour de sa taille. Les Nymphes étant les entités les plus magnétiques, il faut se méfier du risque de fascination avec un être de ce type.

Tâches/d'Expertise : Taliahad est extrêmement bien informée dans l’art de la magie talismanique. Elle peut t’enseigner comment créer et charger des talismans pour accomplir à peu près n’importe quel but. Si vous désirez l’aide en trouvant une personne appropriée pour vous-même ou quelqu’un d’autre,

Taliahad peut réellement vous guider par un rituel talismanique magique pour accomplir ceci. Si vous l’interrogez au sujet de ce rituel, elle vous donnera l’heure appropriée pour l’évoquer, pour l’exécuter à nouveau efficacement.

 

L’Air

1. Paralda

Titre/type : Roi élémentaire

Sphère : Air

Aspect : Ce roi apparaît en tant qu’un chevalier blindé entouré par des nuages. Il a des ailes sur son casque et des bottes, et son armure est faite en jaune d’or métal. La face de Paralda donne à une l’impression de pensée profonde.

Expertise/tâches : Paralda est un excellent professeur dans le domaine de l’étude de nouveaux concepts. Il peut te montrer comment absorber de nouvelles idées et t’enseigner comment créer un élixir qui aidera à renforcer votre contrôle sur les facultés mentales bien claires. Le contrôle de Paralda des procédés mentaux, inclut également celle de la télépathie, et il peut t’enseigner comment maîtriser cette capacité psychique.

 

2. Ariel

Titre/type : Gouverneur élémentaire/Ange

Sphère : Air

Aspect : Ariel apparaît en tant qu’un homme mince, presque avec une ressemblance féminine. Il a les ailes colorées d’or et porte une robe longue grise avec une ceinture jaune d’or. Une aura lumineuse entoure sa tête.

Expertise/tâches : Ariel peut enseigner plusieurs sciences spirituelles et naturelles. Il a le dépôt de connaissance théorique aussi bien que pratique. Une de ses capacités étonnantes est d’enseigner au magicien comment utiliser presque n’importe quelle forme de divination avec succès.

 

satyre x13. Chassan

Titre/type : Ange

Sphère : Air

Aspect : Chassan semble androgyne, avec une face large de femme, et le corps fin, il est vêtu avec une longue jupe brune.

Expertise/tâches : Chassan peut t’enseigner comment contrôler les manifestations physiques de l’air élémentaire, en particulier le vent. En travaillant avec Chassan, vous apprendrez des rituels qui vous aideront à manœuvrer des vents à des degrés étonnants. De même, rigoureusement la pratique des rituels que vous apprenez, peut vous permettre de maîtriser la lévitation par le changement de la pression atmosphérique de l’air au-dessus et ci-dessous de toi, comme Chassan expliquera.

 

La Terre

1. Ghob

Titre/type : Roi élémentaire

Sphère : La terre

Aspect : Ghob apparaît en tant qu’un homme petit avec les cheveux foncés et luminescent courts, et barbus avec des yeux qui rougeoient une couleur verte foncée. Il est habillé dans des robes longues brunes et porte un grand collier large, avec un pendentif en cristal noir.

Expertise/tâches : Ce roi de la terre peut t’enseigner comment contrôler les forces de cet élément dans des rituels magiques. Il peut également te montrer comment appeler en avant divers gnomes pour vous aider dans des efforts souterrains, tels que la chasse de trésor et l’excavation archéologique. Hormis enseigner ces techniques magiques importantes, Ghob peut également expliquer ce qu’est l’alchimie vraie et t’enseigner comment appliquer cette science à votre vie.

 

satyre62. Kerub

Titre/type : Gouverneur élémentaire/Ange

Sphère : La terre

Aspect : Ce gouverneur est un peu petit et lourd, pourtant très musclé. Il a les jambes exceptionnellement minces et porte une robe longue violette. Le visage de Kerub semble être ciselé dans de la pierre, en tant que son expression sérieuse ne disparaît presque jamais. Il porte plusieurs anneaux avec de grandes gemmes sur ses doigts.

Expertise/tâches : Kerub est un excellent professeur des propriétés mystiques des gemmes. Il peut te montrer des manières d'utiliser des cristaux et d’autres types de gemmes précieuses et accomplir presque tous les buts magiques que vous pouvez penser. Ce gouverneur est également bien informé dans l’art divinatoire de la géomancie et peut t’enseigner comment l’utiliser avec succès.

 

3. Phorlakh

Titre/type : Ange

Sphère : La terre

Aspect : Phorlakh est un Ange assez grand et androgyne qu’il a le visage et parties génitales d’une femme, mais un corps musculaire fort d’un homme. Il est vêtu avec seulement une ceinture pourpre foncée au-dessus de son épaule droite.

Expertise/tâches : Phorlakh est habile dans l’utilisation magique et pratique d’élémentaire avec les énergies de la terre. Si vous désirez l’aide dans le fait d’acquérir de l’argent, ou d’autres formes de l’abondance ou la stabilité, alors cet Ange peut vous aider en te montrant comment exécuter des rituels simples vers ces fins. Vous pouvez également assigner Phorlakh pour tâche de découvrir des choses ou pour rechercher des emplois ou des opportunités.

 

la12 fetish lilith shaktiNous relevons la proximité phonétique entre ce nom de la Nymphe « Taliahad » (Teth-Lamed-Yod-Chet-Daleth) (61) et « Thalath », sensé être celui de Lilith. Nous relevons également que les « Ménades », prêtresses de Dionysos - ex-Mendès égyptien -, et devenues les « Bacchantes » de Bacchus, lui-même ex Dionysos-Bassaros (« Bassaros » signifiait la même chose que « Pornè »), étaient comptées comme des Nymphes dans la mythologie, bien excessives dans leur comportement mais c’est ainsi. Et qu’il n’y a alors qu’un pas à faire pour imaginer que ces prêtresses d’un genre si particulier purent choquer leurs adversaires religieux d’autres contrées, d’autres cultures, d’autres religions, ou bien les attirer dangereusement, qui les auraient alors identifiées avec les fameuses « Liliths » d’Esaïe.  

 

incubus succubus collin de plancySatyres, Panisques, Faunes ou Faunisques ont beau représenter les « forces instinctives de la Nature », nombreuses sont les représentations dans l’Antiquité qui les exposaient, et bien des artistes du moyen âge, contraints de les figurer négativement en insistant sur les aspects lubriques de leur caractère, les peignaient dans de superbes tableaux.

 

La mystique dit que l’homme s’est constitué ainsi, « un esprit volant s’est accouplé à une bête ». Soit-dit, c’est une âme qui a flirté avec un bestial sexué, d’où le moyen idéal offert aux pères de l’Eglise de distinguer dans l’être humain sa partie spirituelle, destinée à remonter vers le Ciel des purs, et celle des instincts grossiers, selon eux « copie conforme de la bête ».

 

satyre7Si nous imaginons ainsi l’événement, il reste à savoir de quel animal en question il a s’agit. Et si c’était justement le Satyre cet animal ? S’il nous avait précédés ici-bas, et que, vivant avec les Nymphes, ces êtres nous auraient engendrés ? C’est ce qui expliquerait qu’en l’homme, il y a quelque chose du Satyre, et qu’en la femme, il y a quelque chose de la Nymphe.

 

Les célébrations antiques de ces entités élémentales ont sûrement, comme à chaque fois, engagé des exercices luxurieux, des débauches que le monde chrétien dénonça, et il est probable que des prêtres de ces cultes durent retourner à la clandestinité avec ces mystiques, que ces esprits élémentaires ont regagné les antres et autres caves, au point que les kabbalistes noirs en ont deviné certains comme des démons. Ce qu’ils sont devenus.  

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Jeudi 20 janvier 2011 4 20 /01 /Jan /2011 15:19

sst2-baphomet-GP.jpgAvant d’être un dieu des jardins chez les Romains, Priape était « Bacchus en érection » chez les Grecs, qu’ils nommaient Dionysos, dont la figure montrait un serpent, ce qui en fait Asmodée (tandis que Pan ou « Hermès en érection » est Samaël).

 

La légende de Priape qui en vient à haïr l’âne prouve qu’il est l’un des derniers avatars de l’antique Osiris égyptien qui fut tué et démembré par Seth, que ses sectateurs figuraient par cet animal aux grandes oreilles.

 

A remarquer encore : Dionysos, s’il est souvent compris « dieu de Nysa », trouve des proximités parmi les noms mythologiques arabes antiques, à savoir que « Nysos » a pu engendrer « Aniza », lu « Anza », lui-même issu d’Azima et Azazel, à moins qu’il en soit du contraire, qu’Aniza des Maures soit l’antique Bacchus infernal des Grecs et des Romains.

 

De même, Asmodée pris pour Priape, le nom hébreu tel qu’il est orthographié par les religieux du moyen âge, démontre qu’il est distinct du « Ashmeddaï », et si Bodin dit tant de mal de ce démon au seul supposé sens de son nom, l’étymologie des linguistes ne porte pas atteinte à la racine « As » bien au contraire, lorsqu’elle fait l’apologie des Kabirs, dieux devenus démons et adorés clandestinement à Samothrace. A noter que « Kabir » ou « Cabire » est de la même famille, en grec, de « Capri » qui est le « capri », comme quoi les « sept Kabirs » auraient été figurés par sept boucs, eux-mêmes figurant sept phallus. Les quatre Kabirs principaux sont Axiéros, Axiokersos, Axiokersa, Cadmile.

 

asmod-e1-couleur.jpgLa syllabe « as » était employée dans les cérémonies religieuses comme l’expression du plus haut respect. Ainsi en Elide, on saluait Bacchus par la formule grecque « Axie » (Alpha-Ksi-Iota-Epsilon) signifiant « vénérable taureau, saint taureau » (Axié Taur’z) (Tau-Alpha-Upsilon-Rô-Dzêta).

La « doctrine secrète », sur le même sujet, met en note : « Les noms des Kabirs impliquaient un principe de la génération, se rapportaient aux sexes, car le mot « sexe » était alors « as » ou « ax ». Si nous donnons le son inspiré à Axiéros, le mot deviendrait « Saxiéros » ou « Sexiéros » et le pôle opposé serait « Sexikersa » (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.517 – Editions Adyar) (qu’on trouve dans le nom « Abrasax » ou « Abraxas », qui signifierait alors « le Grand Démiurge sexué »).

Qui dit « entité sexuée », parmi celles qui règnent dans l’invisible, est cataloguée aujourd’hui comme « démon » vivant dans les Enfers.

Voici donc ce que « as » dans « Asmodée » pourrait signifier, qu’il s’agit d’une entité infernale « sexuée », qu’une figure sous la forme d’un bouc (Kabir, Capri) portant un Phalle (« As » ou « Ax ») représentait dans le naos ou « saint des saints ».

Vient « Modée ». Toutes les suppositions sont possibles, y compris que l’antique dieu viendrait de Médie ; mais en regard à la même mystique des Kabirs, le nom tient en lui quelque chose de « Cadmile ». La « Biographie universelle et ancienne » insiste sur ce point « que Priape était un Cadmile », et nous savons que le démon libidineux Asmodée est l’antique Priape. En somme, il faudrait trouver « As Cadmile » dans « Asmodée » et pour cela, il faut imaginer les migrations des noms et mots de pays en pays, de langue en langue ; le seul mot « Kabir » est un jour d’origine grecque, le lendemain hébreu…

De fait, s’il en était ainsi, « Asmodée » signifierait, avec « As Cadmile » ou le « sexué Priape » ce qui est un pléonasme, donc « vénérable Priape », le « sexué », ce qui va de soi…

 

 

A moins que pour « Médée », il faut directement se lier avec Aphrodite ; Clément d’Alexandrie écrit à son sujet : « Un autre nom d’Aphrodite, dont le chypriote Cinyras a eu l’audace de tirer de leur nuit les « orgies » impudiques, ne désirant que diviniser une prostituée, était Philomède, parce que née des medea, c’est-à-dire des bourses tranchées d’Ouranos, de ces débris lascifs qui, même après leur résection, souillèrent les flots ». En somme, un mot « medea » ou « mède » signifie les « testicules ». « Philomède » est Aphrodite, « l’amie des testicules », à qui les sectateurs remettaient un gâteau en forme de phallus. « Asmodée » serait ainsi « celui qui a les testicules en feu » autant que le « Grand Testiculé » (ou le "Grand Couillu").

 

priape3-cupidon.jpg« En l’apparence, c’est beaucoup descendre que de tomber de cette hauteur à Eros-Priape. Tel est pourtant l’ordre naturel des idées. Priape en un sens n’est que la caricature, ou si l’on veut le pôle matériel, la face primitive d’Eros. D’ailleurs, Priape est fils de Vénus, au moins dans une de ses légendes. Puis, qu’est-ce que Priape ? Le Phalle ; et le Phalle à Samothrace, c’est Cadmile. Or, Eros, nul doute, fut un Cadmile. Eros offre pareillement quelque ressemblance avec le dieu de la volupté pratique, car originairement sans doute Eros était un Hermès ithyphallique ou un Phalle. Mais depuis les idées s’épurèrent, et l’on distingua dans les relations de sexe à sexe l’affection morale, l’attrait, l’amour qui en est le préliminaire d’avec l’acte qui en forme le dénouement. De là, Eros d’un côté, Priape de l’autre : les deux se complètent ; ce que l’un désire, l’autre l’accomplit, ce que l’un commence, l’autre le commence et l’achève » (Biographie universelle ancienne et moderne Cabire) ».

 

Nous avons plusieurs fois précisé que le nom « Asmodée » connaît deux orthographes, la plus connue étant celle qui le fait nommer en hébreu « Ashmeddaï » (Aleph-Shin-Mem-Daleth-Aleph-Yod) (356). L’autre orthographe « d’Asmodée » (Aleph-Samech-Mem-Vau-Daleth-Yod) (121), présentée par des kabbalistes noirs du moyen âge, est formée de la racine « As » ou « Ax » qu’on trouve au commencement d’un nom Kabir, tels Axieros, Axiokersa… 

 

A-asmodai-messe-noire-copie-1.jpgNotons encore que si Asmodée du moyen âge a pour nombre 121, et qu’il est Priape, c’est le même que pour la Bacchante dont nous trouvons une orthographe originale « Beth-Samech-Nun-Teth » (2+60+50+9=121) (après « As » ou « Ax » pour la virilité du mâle vient « Bas » ou « Bax » pour la puissance luxurieuse de la femme) ; ou « Beth-Yod-Samech-Mem-Teth » (2+10+60+40+9=121). 121 est 11 porté au carré, 11, un nombre important dans la magie.

 

Une formule kabbalistique laisse envisager que des ponts de liaisons d’ordre mystique existaient entre les différents cultes. Ne serait-ce que parce que les Grecs avaient occupé la Palestine. D’où qu’il existe « le nom de 22 lettres, cependant, est beaucoup plus intéressant, il apparaît pour la première fois dans le Séfer Raziel. Il a rapidement connu une large popularité, on le rencontre dans de nombreuses invocations et charmes comme un nom particulièrement puissant, et au dix-septième siècle, il fut introduit dans le rituel de la synagogue, dans une prière attachée à la lecture de la Bénédiction Sacerdotale. Le respect avec lequel il fut considéré était indubitablement dû à sa composition bizarre : « Anaqtas Pastas Paspasim Dionsis » et au fait que l’alphabet hébreu, lui-même investi des puissances mystérieuses, contient également 22 lettres. Beaucoup pensent qu’à force de distorsions des déités aussi classiques que le grec Anaxos, puis Anahita, Hephaestos, Pistus, Poseidon, Priapus et Dionysos (Bacchus) on été cachés derrière ces déguisements ; les dieux grecs étant ainsi simulés par la coutume juive pieuse !

Moshé Cordovero a laissé une table de permutations alphabétiques expliquant la dérivation de cette composition bizarre en une autre formule, hébraïque celle-ci, qu’on trouve dans « Nombres 6 -24/25) : « Que Yhwh te bénisse et que Yhwh te protège ! » (Georges Lahy (Virya) – Dictionnaire encyclopédique de la Kabbale – Editions Lahy)

 

dionysos-bacchus-formule-magique.jpg

De même, nous remarquons combien le mot « Phalle », pourtant grec, apparaît comme une permutation du caractère hébraïque « Aleph », de valeur totale 111, et ayant pour image le taureau, pour signification occulte la force, l’énergie. Le Zohar 2b à 3b, citant chaque lettre qui se présentait devant le « Saint, béni soit-Il » tandis qu’il s’apprêtait à créer le monde, choisit finalement Aleph.

 

sst2-baphomet.jpg

Viennent par bribes et sous-entendus quelques sacrifices des Bacchanales qui voyaient des prêtresses s’adonner à des luxures en vue d’honorer leur dieu Bacchus Priape ou « Bassaros Priape » (Pornè Priapos).

 

Tenant le Phallus levé, le prêtre ou la prêtresse prononce la formule magique : « Konx Om Pax ! »

« Ces mots mystérieux n’ont pas de sens en grec. Cela prouve, en tout cas, qu’ils sont très anciens et viennent de l’Orient. Wilford leur donne une origine sanscrite. « Konx » viendrait de « Kansha », signifiant : l’objet du plus profond désir ; « Om » de « Oum », âme de Brahma, et « Pax » de « Pasha », tour, échange, cycle. La bénédiction suprême de l’hiérophante d’Eleusis signifiait donc : « Que tes désirs soient accomplis ! »

 

priape-titre.jpgMantra qui précède : « Vénérable Taureau », formule pour invoquer Bacchus-Priape en grec de Samothrace : « Axié Taur’z » (orthographe phonétique).

Soit : « Axié Taur’z ; Konx Om Pax ! »

 

Puis la litanie :

« Par mon sceptre magique, par mon pacte avec les puissances infernales, par l’âme de Vénus (Lilith) !... Je t’invoque, Grand Priape (Asmodée, Satan), du plus bas des espaces, du plus profond des gouffres, de toutes parts, afflue, arrive, remplis cette caverne de tes effluves. Environne ton fils des Mystères d’un rempart de diamants et fais-lui voir dans ton sein profond les esprits de l’abîme et des enfers ».

« Alors, ajoute Edouard Schuré dans « Les grands initiés », apparurent des femmes terribles. Leurs yeux étaient injectés de sang, leurs têtes couronnées de plantes vénéneuses. Autour de leurs bras, de leurs flancs demi-nus, se tordaient des serpents qu’elles maniaient en guise de fouets : « Âmes, spectres, larves ! disaient-elles de leurs voix sifflantes, nous sommes les prêtresses de la vie ténébreuses, servantes des Eléments et des monstres d’en bas, Bacchantes sur Terre, Furies au Tartare. C’est nous qui sommes vos reines éternelles, âmes infortunées. Vous ne sortirez pas du cercle maudit des générations, nous vous y ferons rentrer avec nos fouets. Tordez-vous à jamais entre les anneaux sifflants de nos serpents, dans les nœuds du désir, de la haine et du remords ».

 

Certains experts (Clément d’Alexandrie, Arnobe, etc.) accusent des prêtres de Priape (Dionysos), comme ceux de Ba’al à Babylone, d’imposer des rituels luxurieux « immondes et infâmes » à leurs filles et femmes, comme de sacrifier leur virginité pour le dieu, alors qu’eux-mêmes, pratiquaient les mêmes approches, mais au lieu du simulacre phallique, utilisaient l’instrument de la piété, soit un fouet dont ils se servaient pour frapper jusqu’au sang leurs dévotes afin de leur apprendre la fidélité, la chasteté et la soumission pour leur époux. Ce n’est vraiment pas mieux… !

 

aphrodite-pan-cupidon.jpgLuisa Sigea rapporte : « Tu dois des obsèques à ta virginité, me dit-elle, tu lui dois des funérailles, puisqu’elle a été jusqu’à ce jour de ta vie ta digne et irréprochable compagne. – Je m’en souviens, ma mère, répondis-je, et cette obligation que vous m’avez fait contracter, je l’acquitterai quand vous voudrez ». Quoi de plus ? Nous allons trouver Theodoro, qui nous ordonne de revenir dans l’après-midi, quand le Soleil commencera à s’incliner vers le couchant. Nous sommes exactes. Il m’emmène dans une chapelle intérieure de l’église et, les portes fermées, le verrou poussé : « Vous n’avez, dit-il, rien à craindre ici, ma fille, des regards importuns ; je suis le supérieur de ce couvent. Nous ferons tout en pleine sécurité ». Il entame alors un long discours, destiné à me raffermir et à m’endurcir le courage. La tête basse, pendant qu’il parlait, et les yeux fixés sur le sol, je me préparai si bien, durant la harangue… Aussitôt qu’il me voit tout à fait prête à ce qu’il voulait : « Votre mère elle-même va vous donner l’exemple, dans cet austère exercice de piété. – Il n’en est aucunement besoin, répliquai-je. C’est moi qui de mon plein gré consentis au meurtre de ma virginité, cette chose si précieuse… - Je ne souffrirai pas, s’écria ma mère, que tu ne supportes seule cette punition. Prête-moi ton assistance, ma fille, me dit ma mère, pour que je m’acquitte au plus vite de ce pieux devoir. Je lui détache son jupon, sa tunique, sa robe ; elle se retrousse elle-même la chemise au-dessus des reins, et se mettant à genoux devant l’autel : « - N’épargnez pas mon impudique chair, saint homme, dit-elle ; purifiez par des coups le champ de ma lubricité » (Nicolas Chorier – Satyre sotadique de Luisa Sigea, sur les arcanes de l’Amour et de Vénus – Le grand livre du mois).

 

sst2-baphomet-multiple-copie-1.jpg

Au lieu des flagellations jusqu’au sang des prêtres ascétiques, ceux de Priape proposaient d’autres joies à leurs dévotes : « Dans une espèce de sanctuaire du temple de Bélus, à Babylone, était un lit magnifique où les prêtres menaient chaque nuit une des femmes de la ville pour coucher avec le dieu, et devenir son épouse. Les prêtres, tour-à-tour, on n’en doute point, jouaient le rôle de l’époux divin.

Duquesne a vu, dans les environs de Pondichery, les jeunes mariées venir faire à cette idole de bois le sacrifice complet de leur virginité. Ou bien avant d’épouser, elles asmodai-phallus3.jpgoffrent et donnent les prémices du mariage à une idole semblable au Linga, et l’on fait jouer à ce dieu le rôle de sacrificateur.

Certains prêtres, plus adroits, ont ravi à ce dieu une fonction aussi précieuse. Ce sacrifice, bien préférable au premier, a paru sans doute plus saint aux sacrificateurs et plus doux aux victimes.

Pendant huit jours, les brames donnent une femme à leur dieu. Une vierge est conduite en triomphe dans le temple ; on lui annonce que le dieu va l’épouser, et on lui recommande de l’interroger sur la récolte prochaine, sur sa stérilité ou son abondance. Un prêtre, à la faveur des ténèbres de la nuit, profite de cette aubaine, et la fille abusée croit avoir eu commerce avec le dieu » (Jacques-Antoine Dulaure – Des divinités génératrices ou du culte du Phallus chez les anciens et les modernes).

 

 prostitution temple grec« Dans les cérémonies du culte de Vénus, l’acte de la génération était sanctifié. La jeunesse des deux sexes venait offrir solennellement à cette déesse, ses premiers essais dans ce genre ; ainsi qu’ailleurs on offrait à d’autres divinités, les prémices des fleurs, des fruits, et les nouveau-nés des animaux domestiques. On peut joindre ici l’exemple qu’offrent les Gindanes, peuple de la Lybie, voisin des Maces. Leurs femmes portent chacune autour de la cheville du pied, autant de bandes de peaux qu’elles ont vu d’hommes : celle qui en a davantage est la plus estimée, comme ayant été aimée d’un plus grand nombre d’hommes » (Hérodote, Melpomène, chap.176).

 

apis-priape-over-blog.jpg Son pieu à lui Priape, Phalle, « on l’invoquait d’abord pour écarter les charmes contraires à la fécondité des femmes ; mais, dans cette circonstance, bien loin d’être considéré comme un dieu-soleil, il n’était employé que comme un talisman. Il présidait aux plaisirs légitimes du mariage, mais encore plus aux excès de la débauche. Si l’on voyait quelques époux parmi ses adorateurs, leur plus grand nombre était des libertins et des prostituées ».

Puis, les sortilèges de la luxure augmentant ses comportements lubriques, tout cérémonial cultuel implique bientôt des exercices immoraux : « Plein d’indignation pour cet usage, saint Augustin s’écrie, en nous instruisant des motifs de cette cérémonie : « Ainsi, pour apaiser le dieu Liber (Bacchus), pour obtenir une récolte abondante, pour éloigner des champs les maléfices, une femme vénérable est obligée de faire en public ce qu’elle ne devrait pas permettre sur le théâtre à une prostituée ! De quelle honte, de quelle confusion, dit-il ailleurs, ne devrait pas être saisi le mari de cette femme, si par hasard il était au courant de ce couronnement ! »

 

priape-romain.jpgLes simulacres phalliques ne se présentent plus seulement simples, « il y eu des « fascinum » (Phallus) doubles ou triples ou figurés par deux ou trois branches partant du même centre. Les triples Phallus étaient fort en usage dans l’antiquité. On a vu que Plutarque nous dit que dans la fête des Pamylies en Egypte, Osiris figurait par un triple Phallus, pour signifier la multiplication de sa faculté productive. On retrouve encore sur plusieurs monuments antiques, des Phallus doubles ou triples, isolées ou adhérents à un corps humain ». Une femme réclamait trois hommes en même temps pour sacrifier à Priape Triphalle.  

 

Ce que nous appelons aujourd’hui Satan est un temps apparu sous la forme du Bacchus romain, celui descendu dans l’Hadès, qui est mort et ressuscité sous une forme, et ainsi de suite jusqu’au Diable du moyen âge, ayant pris là sa figuration la plus sombre, mais peut être la plus complète.

 

Son nom, nous le trouvons dans « Le miracle de Théophile », du célèbre trouvère du XIIIème siècle, Rutebeuf, on entend le sorcier Salatin conjurer le diable en ces termes qui n’appartiennent à aucune langue connue :

 

Bagabi laca bachabé

Lamac cahi achababé

Karrelyos

Lamac lamec bachalyas

Cabahagy sabalyos

Baryolas

Lagoz atha cabyolas

Samahac et famyolas

Harrahya

 

satan anal3Pour la Messe Noire, si Samaël est Pan (Hermès en érection), qu’Asmodée est Priape (Bacchus en érection), le premier situé à l’Ouest (Mercure), le second à l’Est (Vénus) ; qui est au Nord, qui est au Sud ? Au Nord, dont l’Elément est la Terre et la planète Saturne, nous ne pouvons que trouver Mammon, démon des tentations, lequel, en rapport avec les dieux antiques, est Seth (Saturne), Cronos ou encore Bélial ; au Sud, dont l’Elément est le Feu et la planète le Soleil, nous devinons Apollon (Abaddon), mais puisqu’il s’agit d’une cérémonie axée sur la luxure, Belus de Babylone paraît mieux trouvé, soit Ba’al et les siens, alors Belphégor qui est lui-même Priape mais montré tel un Saraph (serpent de feu) est le mieux disposé.

 

C’est Jacques-Antoine Dulaure qui attestaient lui-même que « les membres destinés à la génération, dit-il, sont sacrés chez les peuples de l’Assyrie et de la Perse, parce qu’ils sont les symboles du Soleil, de Saturne et de Vénus, planètes qui président à la fécondité ».

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 16:48

bacchus2aBacchus, dieu de l’ivresse et des processions phalliques, qui, en érection, devient Priape, est sans aucun doute le meilleur des Satan, même si le commun des mortels assure que le Diable du moyen âge figuré par un bouc était Pan. Ceci malgré que Clément d’Alexandrie imagina à partir de la vie de dieu celle du crucifié : « De même, écrit Fabienne Jourdan (« Dionysos dans le Protreptique de Clément d’Alexandrie » – « Initiations dionysiaques et mystères chrétiens ») que Clément a converti Orphée dont la transfiguration scelle l’avènement du chantre christique, suggérerait-il implicitement un parallèle entre Dionysos (Bacchus) et le Christ destiné à intégrer dans la sphère chrétienne un dieu fascinant mais insaisissable ? Ceci après que dans son « Exhortation aux Grecs », Clément d’Alexandrie dénonce vigoureusement le caractère scandaleux des multiples figures de Dionysos. Il est néanmoins remarquable qu’il rattache cette divinité à tous les mystères païens dont Orphée serait l’initiateur. Le choix de concentrer presque exclusivement son attaque sur cette cible et ses avatars révèle sans doute son intention d’adapter la thématique dionysiaque aux mystères chrétiens.

 

Il est extraordinaire, autant que révélateur, de constater que la personnification divine Dionysos (Bacchus) ait pu servir à Clément d’Alexandrie pour envisager celle du Christ au même moment d’autres en faisaient Satan Lui-même.

Pour le premier cas, Fabienne Jourdan écrit : « Il est évident que ce dieu intéresse Clément tout particulièrement. Il faut noter que cette utilisation du vocabulaire des initiations dionysiaques transforme complètement la visée des mystères païens, leur conférant une dimension spirituelle qui leur faisait défaut et leur prêtant une perspective de changement radical dans l’attitude religieuse qu’ils n’avaient pas. De même qu’il a converti Orphée dont la transfiguration scelle l’avènement du chantre christique, suggérerait-il implicitement un parallèle entre Dionysos et le Christ destiné à intégrer dans la sphère chrétienne un dieu fascinant mais insaisissable ? Nombre d’indices laissent penser que Clément a peut-être été tenté d’opérer semblable transfiguration. Son discours, avons-nous dit, tend à élever les païens à la religion du Dieu unique. Dionysos surtout est le fils de Zeus et dans une perspective chrétienne comme celle de Clément, il aurait pu être rapproché du Christ, Dieu, Fils de Dieu. La similitude était à ce point perceptible que Justin était allé jusqu’à prétendre que les démons avaient inventé des fils à Zeus et leur avaient attribué des actions semblables à celles du Christ afin de reprocher au christianisme de n’être qu’une pâle imitation de la religion païenne. Justin avait du moins déjà fait remarquer que la similarité baphomet-belz-buth.jpgperçue à son époque entre le mythe de Dionysos et l’histoire du Christ était suffisamment forte pour constituer un danger. Il n’en demeure pas moins que nous devons à Clément, qui est souvent notre principale source d’information concernant certains éléments rituels, une vision devenue traditionnelle des mystères païens. Sa description des cérémonies chrétiennes par le biais du vocabulaire des initiations dionysiaques a investi pour longtemps ces dernières d’une dimension spirituelle et d’une perspective de conversion religieuse qu’elles n’avaient pas en elles-mêmes » (Fabienne Jourdan - Protreptique de Clément d’Alexandrie).

Pour le second, Collin de Plancy écrit dans son « Dictionnaire infernal » : Les démonographes regardent Bacchus comme l’ancien chef du Sabbat fondé par Orphée ; « Bacchus, dit Leloyer, n’était qu’un démon épouvantable ayant cornes en tête et javelot en main. C’était le maître guide-danse, et dieu des sorciers et des sorcières : c’est leur chevreau, c’est leur bouc cornu, c’est le prince des bouquins, satyres et silènes. Il apparaît toujours aux sorciers et sorcières, dans leurs sabbats, les cornes en tête ; et hors des sabbats, bien qu’il montre visage d’homme, les sorcières ont toujours confessé qu’il a le pied difforme, tantôt de corne solide comme ceux du cheval, tantôt fendu comme celle du taureau ». « Ce qui appuie, ajoute Collin de Plancy, cette opinion que le démon du sabbat (Satan) est le même que Bacchus, c’est le souvenir des orgies qui avaient lieu aux Bacchanales ».

 

bacchus1.jpgBacchus est l’aboutissement romain de la carrière de ce dieu venu d’Egypte, Osiris, figuré par un taureau, reconnu plus tard dans Mendès, qu’un bélier figurait avant qu’il s’agisse d’un bouc, puis Apis, Bacis ; qu’on retrouve à Babylone sous le nom de Baal, Belus, Adon, Thammuz et démonisé en Baal Peor pour Belphégor (Priape) et Belzébuth. Adon devient Dionysos grec, mais inspiré également par les influences orientales, il est Deva Nahousha le dieu-serpent, un autre nom du Shiva représenté par un linga.

 

« Pour inviter les Grecs païens de sa cité à embrasser la religion chrétienne, Clément d’Alexandrie entreprend d’abord de les détourner de leurs propres traditions mythiques et cultuelles. Le Protreptique dénonce tous les aspects choquants qu’elles peuvent comporter aux yeux d’un homme cultivé de l’époque (IIe-IIIe ap. J.-C.). Bien que vraisemblablement composé à l’aide d’un manuel, ce discours prétend « mettre à nu » les différents rites secrets afin d’en dévoiler l’inanité et l’immoralité. Dans la présentation qu’en donne l’apologiste, ces derniers ont tous Orphée pour initiateur et se rattachent presque tous à la figure de Dionysos par le biais de ses multiples épiclèses. Pourquoi un tel choix ? Le dieu de l’ivresse et des processions phalliques constitue assurément une cible idéale pour qui veut condamner la luxure qui aurait caractérisé les initiations grecques. Il n’en demeure pas moins que Clément réadapte habilement tout le vocabulaire des mystères bacchiques dans son exhortation à se convertir au christianisme ».

 

Dans sa « condamnation des multiples figures de Dionysos », deux reproches sont adressés aux mystères païens : tous sont marqués du sceau de la luxure et ne sont que cérémonies funèbres, par sa prédominance du sexe dans les cultes et l’omniprésence du serpent, incarnation du Mal qui induit à la lubricité.

 

C’est ce qui explique les satanistes du moyen âge de pouvoir faire d’une messe catholique une « Messe Noire » puisque cette dernière tient ses fondements du culte antique rendu à Bacchus et que ses rituels précédèrent ladite messe, le dernier terme étant déjà connu des Romains sous la forme « missa ».  

 

Les rituels sexuels découlent de la vie même de Dionysos (Bacchus), dont chaque épisode apparaît comme une version modifiée de celle d’Osiris.

 

Naissance de Dionysos

bacchus3.jpg« La naissance du dieu constitue un premier récit donnant lieu à un rituel secret. Zeus, identifié à Sabazios, l’engendre après un second viol et inceste, dans lequel il prend la forme d’un serpent. Les mystères rattachés à cet épisode font allusion à une union charnelle. Elle est mimée par le geste qui consiste à faire passer un serpent dans le giron de l’initié ».

 

Union charnelle ou hiérogamie. Le serpent et la ceinture ne sont pas des éléments anodins dans cette scène. Une autre confession de la vie mondaine précise l’usage rituel et important de la ceinture, une jeune femme va connaître l’amour pour la première fois avec un homme, Tullia raconte : « Au secours, déesse Virginensis, dieu Subigus, déesse Prema, déesse Pertunda, divinités amies des nouveaux époux. Ces dieux indigènes accouraient sur l’ordre d’Hymen, autour du lit nuptial. Dès que les Paranymphes s’étaient éloignées, ils préparaient, par leur assistance, la nouvelle mariée à montrer une solide et invincible patience. Virginensis aidait l’époux à dénouer la ceinture de l’épouse, fortement serrée du nœud d’Hercule ; Subigus survenait quand, la ceinture dénouée, l’époux descendait, pour combattre, dans l’arène ouverte ; quand il pressait l’épouse de tout son poids. Prema empêchait celle-ci de se dérober, et Pertunda faisait qu’elle ne laissât perforer, percer d’outre en outre par le javelot, qu’elle n’arrachât pas l’épieu lorsqu’elle se sentait déchirer son corps si tendre ».

 

Le rituel implique une union charnelle sous la forme d’une hiérogamie, la femme (prêtresse) incarne la déesse et l’homme (prêtre) le dieu.

 

Le sexe du défunt

« Après le récit de la mise à mort du jeune Dionysos, suit celui du meurtre du bacchus5.jpgCorybante par ses deux frères. Le syncrétisme sans cesse à l’œuvre les assimile aux Cabires, et le sexe du défunt devenu objet de piété chez les Tyrrhéniens se révèle finalement être celui de Dionysos. Dans le texte, Clément joue sur l’effet oratoire de la triple répétition du terme « aidoia » (« parties honteuses ») pour stigmatiser un rituel qu’il juge licencieux ».

 

Nous connaissons par ailleurs l’idolâtrie pour le Phallus d’Osiris qui était mis en scène par les prêtresses d’Isis, reproduisant l’épisode mythologique où leur déesse, ayant perdu sur quatorze parties démembrées de son époux l’organe génital, en façonne un de ses propres mains. En Orient, Shiva est figuré par un linga dressé. Les prêtresses du temple gardent précieusement dans leur tabernacle l’objet phallique qui représente Dionysos (Bacchus).

 

Le rituel implique une idolâtrie du Phallus (dieu Phalle ou Priape) qui est Bacchus ou Priape.

 

Iacchos

« Dionysos est peut-être aussi présent dans l’histoire de Déméter et Baubo à rattacher aux mystères d’Éleusis. Il apparaîtrait cette fois sous son épiclèse « d’Iacchos ». Clément explique que Baubo, face à la déesse qui, dans son chagrin, refuse de boire bacchus4.jpgle cyceon, découvre ses parties honteuses. Démeter rit et accepte la coupe. Le terme « Iacchos », quant à lui, soit référerait à l’importun et trop jeune spectateur d’une scène impudique, soit serait une désignation du sexe auquel Baubo donne la forme d’un enfant dans la version du mythe transmise par Arnobe. Clément évoque encore un mythe et recourt à deux épiclèses destinées à confiner le dieu dans le domaine de la luxure.

 

Le concept du « trop jeune spectateur d’une scène impudique » se trouve également chez le diable Asmodée, dont certains démonologues disent qu’il est Samaël, tandis que ce dernier est Pan. Asmodée serait ainsi à Samaël ce que Priape (Bacchus) est à Pan (Hermès), qu’une figure montre comme un serpent luxurieux puis un bouc. Asmodée tient d’Iacchos dans son jeu de rôle décrit ici.

Le Sage, dans « Le diable boiteux », assure qu’Asmodée est Cupidon (l’Eros grec) mais ce dernier fut Priape durant un certain temps avant de prendre la figure de l’enfant ailé au carquois (Biographie universelle et ancienne).  

 

Le rituel implique une scène impudique devant un ou plusieurs spectateurs. Juvenal approche cet aspect lorsqu’il commente les Bacchanales : « Les Bacchanales étaient célébrées dans le bois sacré appelé Stimula, situé près du Tibre. Des hommes furent introduits, et les désordres avec eux. Par ordre de la prêtresse, les Mystères ne furent plus célébrés que la nuit. Les jeunes garçons qu’on y admettait n’avaient jamais plus de vingt ans. D’un âge plus avancé, ils auraient eu moins d’emportement pour les plaisirs, une imagination moins inflammable, un esprit moins crédule et moins propre à recevoir les impressions qu’on voulait leur donner. Introduit par des prêtres dans des lieux souterrains, le jeune initié se trouvait livré à leur luxure ».

 

Descente de Dionysos-Bacchus aux enfers

asmodai-phallus3.jpg« Il assigne au récit de la descente de Dionysos aux enfers la fonction d’expliquer les processions phalliques dans les cités. Prosymnos (Prosumus ou Polymnos) aurait indiqué au dieu le chemin de l’Hadès en échange de la promesse d’obtenir de sa part le plaisir charnel à son retour. Son « passeur » étant mort entre-temps, Dionysos s’acquitta néanmoins à l’aide d’une branche de figuier. Clément d’Alexandrie ne mentionne pas le but de cette descente aux Enfers et concentre uniquement son récit sur la prostitution à laquelle se livre le prétendu dieu : « Eh bien voilà l’ignominie que répandent sur le monde entier les jeux publics et les phallus consacrés à Dionysos, un fléau qui infeste les mœurs. Dionysos, en effet, désirait vivement descendre dans l’Hadès mais en ignorait le chemin. Un homme, du nom de Prosymnos, promit de le lui montrer, mais non sans réclamer un salaire. Or, ce salaire n’avait rien de convenable ; pour Dionysos cependant, il l’était. Il s’agissait de se procurer du plaisir charnel, tel était le salaire exigé. Le dieu consentit à la demande. Il promit de le lui procurer s’il revenait de l’Hadès et confirma sa promesse par un serment. Après avoir appris quel chemin prendre, il s’en alla. De retour, il ne A-asmodai-messe-noire3.jpgretrouva plus Prosymnos. En effet, il était mort. Pour s’acquitter consciencieusement de la promesse faite à son amant, Dionysos se hâta vers sa tombe plein d’un désir luxurieux. Après avoir coupé une branche de figuier (cf. figuier de la Genèse ; l’arbre ayant un lien avec le sexe, une branche peut égaler un Phalle) qui se trouvait là, il confectionna une sorte de membre viril et s’assit sur la branche, accomplissant ainsi sa promesse à l’égard du mort. Le mystère célébré en souvenir de cet épisode : des phallus consacrés à Dionysos que l’on dresse à travers les cités ». Arnobe est plus précis encore : « Dionysos s’enfonça le pénis au plus profond de son fion jusqu’à le combler entièrement en plaçant bien son derrière en partie nu, s’assit dessus jusqu’à être totalement rempli. Pris d’une humeur folâtre lascive, il éleva son fessier puis le rabaissa, opéra un mouvement de va-et-vient, toujours plus intense, et le voici le pieu semblable au bois, endurant, parce que cela faisait longtemps déjà en vérité que ce qu’il avait promis était livré ».  

 

satan anal3La scène joint le cheminement vers l’Hadès, qui est l’enfer, les ténèbres, le monde souterrain et démoniaque en parallèle avec la pratique de Sodome. D’où l’identification symbole de l’un à l’autre, de l’un pour l’autre ; de même, le culte de Bacchus s’avère hautement luxurieux. De là à ce que des sectateurs de Bacchus-Priape sacrifient à leur dieu de la même manière que Lui-même honora la mémoire de son ami Prosymnos, cela touche à l’évidence, de même, explique pourquoi la pratique fut depuis cataloguée comme celle de Satan.

 

Le rituel implique que le Phalle idolâtré serve au sacrifice des sectateurs de Dionysos Bacchus pour Lui, leur dieu, ceci par l’orifice honoré après la descente dans l’Hadès.  

 

Dionysos-Bassaros

« Dionysos apparaît encore dans le Protreptique sous le nom de « Bassaros ». Ses initiations sont alors caractérisées par la présence du serpent – instrument du Mal et de la luxure aux yeux du chrétien -, et des grains de sel évocateurs du sperme. Cette épiclèse se rattache peut-être originellement à un substantif désignant le « renard », comme le propose Hésychius, et évoquerait la peau de cet animal portée par les baphomet-mendes3.jpgBacchantes. Il aurait évolué par la suite dans le sens licencieux qu’entend vraisemblablement Clément. Le lexique de Suidas donne en effet « pornikos » comme synonyme de « bassarikos » et définit la « bassaris » comme une « hetaira », une « pornè », c’est-à-dire « une courtisane, une prostituée » ».

 

Marcel Detienne, dans « Dionysos, mis à mort » (Gallimard), suggère que le nom « Bacchantes » provient des anciennes « Bassares ». A son tour, « Bassares » ou « Bassaros » a pu évoluer en Baccharos avant de devenir Bacchus à Rome. Le même auteur identifie les Bassares à des « panthères » disant qu’elles étaient des prostituées ; pas celles des rues mais des temples et titrées « prêtresses ». La sorcellerie est leur pouvoir bien qu’établies comme des « pornè ». De fait, Bacchus est un dieu proxénète, bien qu’au temple, il soit nommé « prêtre » ou « mage » (magus). Ses prêtresses, lorsqu’elles le portent sous la forme du Phalle, font entrer Bacchus jusque dans le plan physique et charnel. Bacchus figure tel un bouc, tel un serpent aussi.

 

« Bassaros » trouve une proximité phonétique avec le mot hébreu « Basar » (ou « Bashar ») (Beth-Shin-Resh) (502) signifiant « chair ». De fait, plus encore, « Bassaros » est le « dieu de la chair », les prêtresses « Bassares » deviennent les « Charnelles », ce qui suggère une prostitution sacrée, des rites lascifs assurément, au point que « Bassaros » devient « Pornè » ou le « dieu fornicateur », prolongement évident s’il prend sa source dans la « chair ».  

 

Le rituel implique une prostitution sacrée dans un cadre adultérin, orgie ou débauche. « Il semble qu’il faut aussi donner l’étymologie des mots « orgies » et « mystères » : le premier vient de la « colère » (orgè) que Déo ressentit contre Zeus, le second de la souillure (musos) qui eut lieu autour de Dionysos ».   

 

baphomet-mendez4-blog.jpgDionysos Choiropsale

« L’Alexandrin mentionne enfin Dionysos Choiropsale ou « préposé aux parties féminines ». L’étymologie du nom suffirait à elle seule à condamner cette figure du dieu aux yeux d’un chrétien : « choiros », le « porcelet », est une désignation du « sexe féminin » ; le verbe « psallein » signifie quant à lui « tirer brin à brin, poil à poil ». Un scholiaste aux Perses d’Eschyle expliquait qu’il était synonyme de « tillein » et donnait précisément cet exemple : « Dionysos Choiropsale, celui qui épile les parties des femmes » : « Quant à Dionysos Choiropsale (« Qui épile le sexe des femmes ») maintenant, le passerai-je sous silence ? Les Sicyoniens l’adorent après l’avoir préposé aux parties féminines, révérant dans l’instigateur de la démesure le gardien de l’ignominie ». « C’est Dionysos devenu fou que célèbrent les Bacchantes dans leurs A-Messaline-priape.jpgrites, mangeant de la chair crue dans leur délire sacré. Couronnées de serpents, elles poussent un grand cri : « Evohé » que certains identifient avec « Eva », cette Eve responsable de la faute qui lui est associée. Le signe des rites bacchiques est un serpent qui intervient dans l’initiation. De fait, maintenant, d’après la prononciation rigoureuse des Hébreux, le nom d’Héva reçoit l’esprit rude et signifie « serpent femelle » ».

 

priape6Nous laissons l’interrogation pour le dernier point, Edouard Schuré ayant affirmé dans « Les grand initiés » que le cri « Evohé » provient « d’Iévé » ou Yod Hé Vau Hé, tétragramme très connu dans l’Antiquité. L’iconographie du serpent fait se rejoindre une fois encore les cultes de Bacchus et Priape avec ceux respectivement des démons Samaël et Asmodée.

 

Le rituel implique une séance d’épilation, mais sûrement à son tour une idolâtrie pour le sexe féminin autant qu’une soumission à son enseigne. Un serpent, ou un bouc entouré de serpents, sous une forme statuaire ou dessinée, surveille les ébats.   

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Samedi 15 janvier 2011 6 15 /01 /Jan /2011 15:46

Dans la Rome antique, les applications pratiques des mœurs cultuelles portent toujours leurs lots de stupres sous toutes ses formes possibles que seule peut freiner l’imagination. Les dieux leur servent à justifier les activités des hommes quelles qu’elles soient.

 

messaline3 affiche ss

Une « mode » nouvelle s’empare de Rome pour celle qui veut rendre sa gloire à Vénus, maintenant que les sénateurs ont fait de la divinité une femme par le vote d’une loi : multiplier les amants lors d’une nuit d’amour, que ces échanges soient convertis en couronnes de lauriers et plus le nombre de ces dernières est conséquent, plus l’importance du sacrifice est reconnue. Octavia avoue : « Je n’en finirai pas, si je voulais tout te compter par le menu. Conrad m’aima six fois ; Aloisio et Fabrizio, le premier cinq fois, l’autre sept ; La Tour aussi, sept. Je soutins donc vingt-cinq assauts à moi seule et je restai victorieuse : tous furent d’avis que j’avais bien gagné de me voir le front ceint par Vénus de la couronne de laurier, pour avoir si heureusement milité et combattu. Pourtant, n’en doute point, Octavia, après tant de labeurs accomplis, les forces me manquaient presque. A peine pouvais-je me tenir sur mes pieds ; néanmoins, je remportai la victoire ».

 

Les mœurs prenant un tour de vice supplémentaire, les hommes inspirés par Vénus sont influencés de luxures toujours plus salaces, d’où que cette union qui sert à procréer ne les inspire plus, les mères de famille sont mises au rebut, exemptées d’intérêt érotique. Tullia confie : « Ils prirent des femmes, mais ne cultivèrent leur champ qu’en vue d’avoir des enfants et aucunement par amour. Dès qu’elles étaient enceintes, ils les traitaient comme des réprouvées, s’abstenaient de tout commerce venus-domina2.jpgavec elles, les reléguaient dans les endroits les plus reculés de la maison et ne les jugeaient plus dignes ni de leurs baisers, ni de leurs embrassements. Être mère, c’était, pour ces malheureuses, un motif d’injure et de réprobation. Chez les rois d’Asie, notre sexe était presque un objet de dégoût. Bagoas fit les délices de Darius : il incendia même Alexandre. Les peuples se modèlent sur l’exemple des princes qui les gouvernent. L’infamie dont nous parlons s’était emparée de tous, dans tous les gens d’état et de conditions. Tous brûlaient de la même fureur, la plèbe, les grands, les rois. Cette dépravation causa la mort de Philippe, roi de Macédoine ; il mourut de la main de Pausanias, qu’il avait violenté. Cette passion soumit au roi Nicodème Jules César, femme de tous les hommes et homme de toutes les femmes. Auguste n’évita pas ce déshonneur ; Tibère et Néron s’en faisaient gloire ; Néron épousa Tigellin, Sporus épousa Néron. Trajan, le meilleur des Princes, se faisait accompagner d’un « paedagogium », alors qu’il parcourait l’Orient de victoire en victoire : ce qu’il appelait son « paedagogium », c’était une troupe de jolis garçons bien découplés, que jour et nuit il appelait à venir entre ses bras. Antinoüs (l’amant) servait de maîtresse à Adrien ; rival de Plotine (l’épouse), il fut plus heureux qu’elle. L’empereur le pleura mort, et celui qui avait cessé d’être au nombre des vivants, il le plaça parmi les dieux, lui consacra des autels et des temples. Antonin Héliogabale, neveu de Sévère, avait coutume, ainsi que parle un vieil auteur, de se faire administrer du plaisir « par tous les creux du corps » ; ses contemporains le regardèrent comme un monstre. Devant cette Vénus dansa la gravité de l’austère philosophie, mêlée au cœur des pédérastes. Alcibiade et Phédon dormaient avec Socrate lorsqu’ils voulaient rendre leur précepteur de bonne humeur. C’est du genre d’amours de cet homme sacré que tire son origine la locution usitée en matière érotique : aimer d’un amour socratique. Toutes les actions, toutes les paroles de Socrate furent considérées comme sacrées par toutes les sectes de philosophes : on lui bâtit un temple, on lui érigea un autel ; ses actions eurent force de loi ; ses paroles, l’autorité d’un oracle ».

 

« Les jeunes filles et les femmes se voyant négligées, les unes par ceux qu’elles aimaient, les autres par ceux qui les avaient admises comme épouses à leurs foyers, si elles ne servaient que comme femmes, en arrivèrent à se mêler au rôle de garçons. 000 0014La dépravation fut portée à ce point que l’on extorqua des nouvelles épousées cette complaisance, comme auparavant des femmes mariées ; de la sorte, le mari allait par le garçon à la jeune fille (utilisait le vase de derrière d’habitude exploité chez l’homme), et les deux sexes se trouvaient réunis en un seul et même corps. Dans les poésies badines des anciens, Priape menace tout voleur de légumes qui s’approchera de son épieu de le forcer à lui accorder « ce que la première nuit on accorde à l’ardent époux alors que, sotte, elle craint qu’il ne la blesse autre part » (le première nuit de noces, le mari prenait son épouse par derrière). Usant du droit d’imaginer, Valerius Martial feint d’entendre sa femme murmurer qu’elle a aussi des fesses, pour le détourner de l’amour insensé des garçons. « Junon, lui dit-elle, par ce côté, plaît aussi à Jupiter » ».

 

« Sous l’écriteau et sous la lampe, dans les lupanars se tenaient assis des garçons et des filles, ceux-là ornés sous la stola d’ajustements féminins (des hommes habillés en femme), et des filles, celles-ci habillées en hommes sous la tunique, et la chevelure arrangée à la mode des garçons. Sous l’apparence d’un sexe, on trouvait l’autre. « Toute chair avait corrompu sa voie ». Considère combien fut fréquent cet usage des garçons et des filles de mentir à leur sexe ! Ganymède et Junon présentent à tour de rôle l’un et l’autre leurs fesses à Jupiter, se prévalant l’un l’autre des attraits qu’ils ont dans le trésor de leur derrière ».

 

prostitution-temple-grec.jpgJustesse est de s’interroger ici en quoi ces débauches par derrière avec des hommes travestis en femme et des femmes en homme peuvent-elles intéresser la mystique ? Il faut croire qu’un lien existe puisque le commentaire en verset de Paul dans son « Epître aux Romains » exhorte justement contre ce phénomène, nous comprenons mieux ici son sermon : « C’est pourquoi Dieu les a livrés, par les convoitises de leurs cœurs, à l’impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps. Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, adoré et servi la créature au lieu du Créateur qui est béni éternellement. Amen. C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions avilissantes : leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature (des commentaires entendent ici le lesbianisme mais il s’agit aussi sûrement du changement d’apparences décrit plus haut où les femmes prennent des allures d’hommes pour des accouplements comme ceux qui concernent les mâles entre eux, saint Augustin décrivant la sodomie comme un « rapport contre nature ») ; les hommes de même, abandonnent les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement » (Rm 1 – 24/30). Manifestement, la sodomie inquiète Dieu le Seigneur tout puissant des Chrétiens, Paul le fait savoir.

 

Tullia continue sa confession : « Les Italiens et les Espagnols se délectent le plus de ce plaisir, tant avec les hommes qu’avec les femmes. Lorsqu’ils nous le demandent à nous les filles, ils appellent cela le « corollaire » (petite couronne) ; lorsque c’est à de jeunes garçons, cela prend le nom de « complaisance ». Chez les Osques, c’était un amusement qui n’avait rien de déshonnête. Tu sais combien les Grecs furent gens éminemment intelligents ? Eh bien, ils adoraient la Vénus Callipyge*, c’est-à-dire « Vénus aux belles fesses », et ils décernèrent le prix de la grâce aux deux sœurs Callipyges ; ce qu’ils honorèrent en elles, ce ne fut ni l’éclat de leurs yeux, ni le charme de leurs visages, mais leurs belles fesses. Certes, qui ne hait pas les cuisses doit nécessairement ne pas haïr les fesses ». Les Grecs ainsi, puis les Romains, adoraient Callipyge non seulement pour son derrière rebond mais pour l’usage salace que la « petite couronne » offrait d’aptitudes à la jouissance du pédicon.

 

callipyge1.jpg (* L’histoire de Vénus Callipyge est rapportée dans les Deipnosophistes d’Athénée 12.554 CE : « Les gens d’alors étaient si attachés à leurs plaisirs sensuels qu’ils sont allés jusqu’à dédier un temple à « Aphrodite des belles fesses ». Et voici la raison : « Il était une fois un fermier qui avait deux filles superbes. Un jour, elles entrèrent en discussion pour savoir laquelle avait le plus beau derrière et elles sortirent sur la voie publique. Et par hasard passa à cet endroit un jeune homme qui était le fils d’un riche vieillard. Elles se montrèrent à lui, et quand il les eut vues, il se prononça en faveur de l’aînée. En fait, il était tombé amoureux d’elle ; quand il revint en ville, il se mit au lit et raconta à son jeune frère tout ce qui s’était passé. Ce dernier se rendit également à la campagne, vit les filles, et tomba amoureux de la seconde. Et quand le père de ces garçons essaya de les amener à se marier avec des filles de la haute société, il n’arriva pas à les persuader, et il ramena donc les filles de la campagne, avec la permission de leur père, et les donna en mariage à ses fils. C’est pourquoi ces filles furent appelées « aux jolies fesses » par leurs concitoyens, ainsi que le dit Cercidas de Mégalopolis en vers iambiques: « Il y avait à Syracuse une paire de filles aux jolies fesses ». Pour cette raison, ces filles, devenues riches et célèbres, fondèrent un temple pour Aphrodite qu’elles appelèrent la « déesse aux jolies fesses », comme Archélaüs de Chersonèse nous le dit en vers iambiques ». Le fait est qu’il existait à Syracuse un culte à Aphrodite callipyge, culte mentionné également par un auteur chrétien, Clément d’Alexandrie, dans une liste de célébrations érotiques dans la religion païenne. Clément cite le poète Nicandre de Colophon, et cite généreusement le terme alternatif utilisé par lui « kalligloutos » (aux jolies fesses) (Source Wikipédia).)

 

callipyge2-paul-merwart-1855-1902.jpgLe culte idolâtre de l’impératrice Messaline pour Priape suggère à certains que des dispositions génitales très extensibles lui faisaient désirer au-delà du possible les prétentions viriles du dieu. « Tu vas comprendre. Chez les Italiennes et Espagnoles, le guichet de Vénus est bien plus large que chez les autres femmes. Avec nous, à moins d’être fourni et outillé outre mesure, l’homme, au lieu de faire l’amour, croirait plutôt s’exercer au javelot sous de vastes portiques. La conque (le sexe féminin), lorsqu’elle admet trop facilement le visiteur, diminue beaucoup son plaisir ; la mentule aime trop être comprimée, sucée ; si elle se promène trop à l’aise, elle est mécontente. Or, en usant de la « Vénus postérieure » (Sodome), la chose se pratique mieux. L’entrée est difficile pour la mentule qui y cherche son chemin : lorsqu’elle y pénètre, non seulement elle remplit tout le logement, mais elle le fait craquer. Le stade ne se trouve donc pas avoir plus d’ampleur que le coureur n’en désire ; l’auberge s’accommode à l’hôte qu’elle reçoit, les muscles pouvant se resserrer ou se relâcher à volonté. Au contraire, la vulve, dès qu’une fois elle a été ouverte et changée en un horrible gouffre, nulle industrie, nulle posture de la femme, nul mouvement ne fera jamais qu’elle ne soit large, qu’elle ne s’ouvre comme un horrible gouffre pour la misérable mentule, la honte de l’union des sexes. C’est pour cela que les amateurs du plaisir dépravé sont si nombreux chez nous ».

 

« Tullia : Des bêtises ! Nous avons été toutes deux données en mariage à de monstrueuses mentules. Après que Priape eut été au rang des dieux, si Lampsaque avait possédé deux hommes tels que sont Callias et Caviceo, les jeunes femmes atteintes de démangeaisons n’eussent pas regretté Priape défunt, lui qui tenait ce magnifique propos :

 

Notre mentule a cet énorme privilège

Qu’aucune femme pour moi ne peut être large.

 

Lorsque Sempronia et Victoria données à leurs maris, quoique ceux-ci fussent de beaux mâles et d’un âge plus avancé que Giocondo, dès le premier assaut elles donnèrent ample satisfaction à leurs époux. C’est comme cela cousine : le guichet de devant de Vénus bâille de la plus énorme façon chez les Italiennes et les Espagnoles ; on croirait qu’elles sont faites non pour les hommes seulement mais pour des mulets » (Nicolas Chorier – Satyre sotadique de Luisa Sigea, sur les aracanes de l’Amour et de Vénus – Le grand livre du mois).

 

000 0007-copie-1N’oublions pas que le culte de Vénus connu des Romains consiste à ses sectateurs d’honorer une déesse. Mais anciennement, « Vénus » vient de « Benoth » signifiant « filles » pour « Succoth Benoth » ou « tentes des filles », des lieux de prostitutions sacrées où les filles s’adonnaient aux hommes qui rendaient un culte à Priape ou « Bacchus en érection ». Donc, l’originale Vénus était figurée par un bouc viril dont le nom le plus connu est « Priape ». D’où que les sectateurs de Vénus glorifiaient selon leurs goûts, tantôt une divinité sous la forme d’une femme très attirante, tantôt sous celle d’un caprin cornu ithyphallique.  

 

Viennent les positions. « Quelques-uns prétendent que la façon de faire l’amour indiquée par la Nature est celle où, pour l’accouplement, la femme se présente à la mode des quadrupèdes, inclinée et les reins projetés en arrière (« prosternation » ou levrette) ; le soc viril pénètre ainsi plus commodément dans le sillon féminin et le flot faune-nymphe-mosaique-villa-hadrini.jpgde semence dans le champ génital : « Dans la pose des quadrupèdes généralement sont réputées les femmes concevoir mieux, parce qu’ainsi les organes peuvent absorber la semence, le torse étant fléchi, les reins soulevés. Les mouvements lascifs ne conviennent pas aux épouses, car la femme s’empêche de concevoir et si dérobe si, joyeuse, elle active des fesses la volupté de l’homme et, en se désarticulant tout le corps, provoque des flots. Par là, en effet, elle chasse hors du sillon et du droit chemin le soc, et s’en détourne du but le jet de semence. Les putains usent, dans leur intérêt, de tels trémoussements, crainte d’être souvent pleines et de languir en gésine, afin qu’aussi la volupté ait pour l’homme plus d’attrait : à nos épouses il ne semble en être aucunement besoin. D’autres recommandent le commun usage et la posture ordinaire (position du missionnaire) ; ils veulent que l’homme s’allonge sur la femme couchée à la renverse, sein contre sein, ventre contre ventre, pubis contre pubis, écartant de son rigide épieu la fente délicate. Ceux-ci ordonnent à la femme d’exécuter des mouvements violents et répétés pendant qu’elle fait l’amour ; ceux-là les lui défendent ».

 

Le semen mâle ne doit-il servir qu’à la procréation ou peut-il être lâché pour des messalina13 filmplaisirs vénériens ? Tullia répond : « A la vérité, les hommes naissent avec une propension marquée pour l’amour du sexe des femmes ; ils sont portés davantage à user de ces parties de notre corps par où nous sommes femmes sans doute sous l’impulsion de la Nature, mère de toutes choses. C’est, en effet, ainsi qu’elle promet aux être l’immortalité, par l’union des sexes entre eux. Mais toute cette quantité de semence qui s’élabore dans les reins des hommes et des femmes n’est pas nécessairement réservée à la génération. Par exemple, pour ce qui est du blé, une partie sert d’aliment aux animaux et est consommée par eux ; une partie est réservée pour les semailles. Lorsqu’on eut abandonné l’usage du gland, Cérès apprit aux mortels l’art de faire du pain avec le blé, et ce nom fut donné au pain parce qu’on traçait dessus la figure de Pan. Cette portion est la part du ventre et de la gourmandise ».

 

On le saura donc désormais, bien avant ces temps du siècle passés où les prêtres enseignaient aux hommes de tracer un signe de la croix sur le pain, des anciens Romains faisaient dessus la figure de Pan, forcément phallique, et c’est de ce dieu vigoureux que provient le mot « pain » ».

 

A-Messe-Noire-Anubis-titre-NB.jpgTout se mélange, les activités au lupanar ressemblent à celles du temple et inversement. « Le terme « lupa » (louve) est un équivalent chez les Romains de « prostituée », qui vient des rites pratiqués en février en l’honneur du dieu Faunus Luperco (Faunus romain étant le Pan grec, il s’agit de Pan à tête de loup, Grand magicien ; les sorciers portaient une tunique en peau de loup lorsqu’ils présidaient leurs cérémonies). Les femmes qui exerçaient la prostitution sacrée dans le temple de ce dieu étaient nommées, par leurs prêtres, des « louves ». De là dérive le mot « lupanar » ou « bordel des louves », une maison close ou maison de rendez-vous, c’est-à-dire le lieu où le client vient payer pour les services d’une prostituée ».

 

En effet, l’on compte un « Dionysos-Bassaros », qui apparaît encore dans le Protreptique sous le nom de « Bassaros » (II, 22, 4). Ses initiations sont alors nagakhalcaractérisées par la présence du serpent, « instrument du Mal et de la luxure aux yeux du chrétien, et des grains de sel évocateurs du sperme » (Samaël figure lui-même en serpent, et les Hébreux le situent dominant quatre terres dont celle de Rome, assurément il est le Bacchus des Romains). Dionysos-Bassaros devient Bassaros puis Baccharos avant de devenir Bacchus à Rome, « dieu de l’extase et des transes » (« l’extase » étant les premières techniques d’hypnose des mages antiques). Cette épiclèse se rattache peut-être originellement à un substantif désignant le « renard » (ou « panthère »), comme le propose Hésychius, et évoquerait la peau de cet animal portée par les Bacchantes. Il aurait évolué par la suite dans le sens licencieux qu’entend vraisemblablement Clément. Le lexique de Suidas donne en effet « pornikos » comme synonyme de « bassarikos » et définit la « bassaris » comme une « hetaira », une « pornè », c’est-à-dire « une courtisane, une prostituée ». L’activité du lupanar revient à celle du temple, à la seule différence majeure que la courtisane du lupanar vaut à l’égal d’une « fille des rues » tandis que celle du temple est une prêtresse qui incarne la déesse aux yeux de ses dévots.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 15:04

sf28-lilith-demon-complet.jpg« Ce que les sorciers et les nécromanciens cherchaient avant tout dans leurs évocations de l’Esprit du Mal, c’est le pouvoir magnétique qui est la propriété légale du véritable adepte et dont ils désiraient obtenir la possession dans de mauvaises intentions… Un de leurs objectifs principaux était le pouvoir de jeter des sorts ou de produire des influences délétères… Ce moyen peut être comparé à un réel empoisonnement au moyen d’un courant de lumière astrale » (Eliphas Lévi – Dogme et rituel de haute magie – Envoûtements et sorts).

 

Chaque sorcier ne cherche pas à s’approprier du fluide magnétique pour engager des rituels de destruction à volo, mais construit aussi des actions très positives, notamment dans le domaine de la séduction. Un rituel du Livre des Morts égyptien met en scène Hathor pour invoquer la puissance de séduction.

 

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Ce fluide magnétique qui intéressait ces sorciers était celui émis par la femme, abordé par ailleurs : « La puissance de la femme est immense, car elle possède un magnétisme spécial sous forme de petites particules qui s’échappent d’elle. Ce n’est donc pas tellement dans le plan physique qu’elle a le plus de pouvoir, mais dans le domaine des émanations. Si l’on a présenté la femme comme une magicienne, une fée, c’est à cause de ces émanations que lui a données la nature et avec lesquelles elle est même capable de former des corps de nature éthérique. Ces émanations de particules forment une matière impalpable, et cette matière peut recevoir la forme qu’un esprit sublime lui donnera » (Omraam Mikhaël Aïvanhov – La galvanoplastie spirituelle et l’avenir de l’humanité – Editions Provesta).

Sauf que ce « magnétisme spécial », que le sage cité répertorie par flatterie à un niveau supérieur quasi spirituel, les sorciers le classaient au rang de la « puissance luxurieuse », et comme il appartient aussi à la Nature, et extrait par le pôle féminin, détient un pouvoir procréateur, une aptitude à engendrer, d’où des phénomènes magiques énoncés tel celui de l’homoncule ou des incubes succubes.

 

Une expérience pratiquée par le Docteur Luys, du temps du colonel de Rochas, approche d’une méthode susceptible d’expliquer ce qu’Eliphas Lévi tente de faire entendre dans sa citation.

 

h10 « Plus tard, le docteur Luys s’est borné à placer un aimant en fer à cheval d’abord sur la tête du malade pendant cinq à six minutes, puis sur celle du sujet mis préalablement en état de léthargie hypnotique. Voici comment il rendait compte, le 10 février 1894, à la Société de Biologie, de son expérience :

« Je présente une couronne aimantée qui s’adapte sur la tête, l’embrasse circulairement et laisse libre la région frontale.

Elle constitue ainsi un aimant courbe avec un pôle positif et un pôle négatif. Cette couronne a été placée, il y a plus d’un an, sur la tête d’une femme atteinte d’une mélancolie avec des idées d’agitations. L’application de cette couronne aimantée sur la tête de cette malade amena, au bout de cinq ou six séances, un amendement progressif dans son état et, au bout de dix jours, j’ai cru pouvoir la renvoyer de l’hôpital sans danger. Au bout d’une quinzaine de jours, cette couronne ayant été isolée à part, j’eus l’idée purement empirique de la placer sur la tête du sujet ici présent.

C’est un sujet mâle hypnotisable, hystérique, atteint de crises fréquentes de léthargie. Quelle ne fut pas ma surprise de voir ce sujet, mis en état de somnambulisme, proférer des plaintes, tout à fait les mêmes que celles proférées, quinze jours auparavant, par la malade guérie !

Il avait pris d’abord le sexe de la malade ; il parlait au féminin ; il accusait de violents maux de tête ; il disait qu’il allait devenir « folle », que ses voisins s’introduisaient dans sa chambre pour lui faire du mal, etc. En un mot, le sujet hypnotique avait, grâce à la couronne aimantée, pris l’état cérébral de la malade mélancolique. La couronne aimantée avait dont suffisamment agi pour soutirer l’influx cérébral morbide de la malade (qui avait guéri) et pour se perpétuer, comme un souvenir persistant, dans la texture intime de la lame magnétique. C’est là un phénomène que nous avons reproduit maintes et maintes fois, depuis plusieurs années, non seulement chez le sujet présent ici, mais chez d’autres sujets ».

 

Le même phénomène se serait certainement produit si le malade était mort, de telle sorte qu’on aurait pu, par ce procédé, avoir une sorte d’évocation d’une personnalité qui ne serait plus de ce monde ».

 

ss-111-people.jpgDans le cadre de nos études sur le fluide érotique, cette dernière remarque souligne combien il est bon de distinguer la « puissance luxurieuse » qui émane du corps féminin de la femme elle-même : si une partie naturelle lui revient, celle qui la rend redoutable d’attirance lui échappe. De même, du fait que la puissance luxurieuse d’un sujet féminin dure un temps de sa vie, comme si elle entrait en elle puis en ressortait, son image durant ce temps la recèle encore, alors qu’elle n’est plus dans sa réalité physique. Une sorcellerie effectuée sur cette image permet d’en dégager cette force redoutable, de la personnifier au demeurant, et de la traiter pour des usages occultes.

 

Albert de Rochas continue : « L’aimant serait donc une substance particulièrement propre à servir de mumie (dagyde, voult, ex-voto) – ou de moyen d’agir sur une mumie (dagyde, voult, ex-voto) en envoyant sur elle des aspects du sujet qu’elle est censée figurer – dans les maladies du système nerveux ». Sachant que le système nerveux est le corps sur lequel vient se reposer le corps astral, lequel se soulève du corps physique chaque nuit de sommeil… « On ne peut détruire les propriétés mumiques de la couronne en faisant tremper les deux pôles dans l’eau et j’ai constaté que l’eau se chargeait alors aux dépens de l’aimant et devenait ainsi active pour les sujets » (Albert de Rochas – L’extériorisation de la sensibilité).

 

Des expériences de l’anglais William Crookes ont amené le constat que la puissance luxurieuse est infiltrée par des puissances étrangères, à moins justement que ce soit dans la nature même de sa composition. Elle serait proportionnellement plus ou moins influente à mesure des présences incubes succubes qui la forment.

 

theumis-asmodee-incube-francis-barrett-overblog.jpg« Le Livre des Médiums » d’Allan Kardec abonde dans le même sens, même s’il ne s’occupe pas des « démons qui ont commerce charnel avec l’homme » ; il entrevoit des présences d’esprits là où la puissance magnétique de l’homme est à l’œuvre. Il la décrit en action dans un contexte médical et nous userons des réflexions des diaboliques pour envisager ses déductions dans le domaine de la séduction ; nous citons : « Il est évident que le fluide magnétique joue ici un grand rôle ; mais quand on examine ce phénomène avec soin, on reconnaît sans peine qu’il y a quelque chose de plus. L’intervention d’une puissance occulte, qui constitue la médiumnité, devient évidente en certaines circonstances, elle l’est surtout quand on considère que la plupart des personnes que l’on peut avec raison qualifier de médiums guérisseurs ont recours à la prière, qui est une véritable évocation.

176. Voici les réponses qui nous ont été faites aux questions suivantes adressées aux Esprits sur ce sujet.

sorciere-nue1-pretre-bouc-f.king.jpg1. Peut-on considérer les personnes douées de la puissance magnétique comme formant une variété de médiums ?

« Vous n’en pouvez douter ».

2. Cependant, le médium est un intermédiaire entre les Esprits et l’homme ; or, le magnétiseur, puisant sa force en lui-même, ne semble être l’intermédiaire d’aucune puissance étrangère ?

« C’est une erreur ; la puissance magnétique réside sans doute en l’homme, mais elle est augmentée par l’action des Esprits qu’il appelle à son aide. Si tu magnétises en vue de guérir, par exemple, et que tu invoques un bon Esprit qui s’intéresse à toi et à ton malade, il augmente ta force et ta volonté, il dirige ton fluide et lui donne les qualités nécessaires ».

3. Il y a cependant de très bons magnétiseurs qui ne croient pas aux Esprits ?

« Penses-tu donc que les Esprits n’agissent que sur ceux qui croient en eux ?

4. Celui qui ayant la puissance croirait à l’intervention des Esprits, agirait-il plus efficacement ?

« Il ferait des choses que vous regarderiez comme des miracles ».

5. Certaines personnes ont-elles véritablement le don de guérir par le simple attouchement, sans l’emploi des passes magnétiques ?

« Assurément ; n’en avez-vous pas de nombreux exemples ? »

6. Dans ce cas, y a-t-il action magnétique ou seulement influence des Esprits ?

« L’un et l’autre. Ces personnes sont de véritables médiums, puisqu’elles agissent sous l’influence des Esprits ; mais ce n’est pas à dire qu’elles soient médiums guérisseurs comme vous l’entendez ».

7. Ce pouvoir peut-il se transmettre ?

« Le pouvoir, non ; mais la connaissance des choses nécessaires pour l’exercer si on le possède. Tel ne se douterait pas qu’il a ce pouvoir s’il ne croyait qu’il lui a été transmis » » (Allan Kardec – Le Livre des Médiums).

 

astaroth-abaddon-mammon-francis-barrett-overblog.jpgLes diaboliques suggèrent ainsi, en conformité avec ce qui vient d’être énoncé, que la puissance luxurieuse, qui contient un magnétisme redoutable, est augmentée par l’action des esprits infernaux (Démons, Qliphoth) qui viennent à son aide. Un sujet qui magnétise en vue de séduire invoque un esprit infernal affilié à cette cause, qui augmente sa force et sa volonté, dirige le fluide et lui donne les qualités nécessaires. Peu importe que le sujet ait conscience de cette réalité occulte ou pas, par contre, elle s’émancipe et devient magiquement active lorsqu’elle célébrée dans un contexte cérémoniel.  

 

Suit « l’influence du milieu ». « Ce serait une erreur de croire qu’il faut être médium pour attirer à soi les êtres du monde invisible. L’espace en est peuplé ; nous en avons sans cesse autour de nous, à nos côtés, qui nous voient, nous observent, se mêlent à nos réunions, qui nous suivent ou nous fuient selon que nous les attirons ou les repoussons. La faculté du médium n’est rien pour cela : elle n’est qu’un moyen de communication. Supposons une réunion yoni-single-shakti-heith-leviathan.jpgd’hommes légers, inconséquents, occupés de leurs plaisirs ; quels seront les Esprits qui s’y trouveront de préférence ? Ainsi, toutes les fois que des hommes s’assemblent, ils ont avec eux une assemblée occulte qui sympathise avec leurs qualités ou leurs travers, et cela abstraction faite de toute pensée d’évocation. Admettons maintenant qu’ils aient la possibilité de s’entretenir avec les êtres du monde invisible par un interprète, c’est-à-dire par un médium ; quels sont ceux qui vont répondre à leur appel ? Evidemment ceux qui sont là, tout prêts, et qui ne cherchent qu’une occasion de se communiquer » (même auteur).

C’est manifestement d’une telle manière que des anciens qui se réunissaient au cours d’assemblées nocturnes et pensaient à la débauche alors qu’ils rendaient un culte sacré devaient entrer en contact avec quelques réalités incubes succubes (Liliths, Dâkinî, Nagy Apsara, Nymphes, Sylphes, etc.), le médium étant, selon les formes de célébrations, un homme sujet aux états extatiques ou une femme attirante.

 

 

Ces mêmes diaboliques affirment en déduction que cette « puissance luxurieuse », dès lors qu’elle est distinguée de sa source émissive qu’est la femme, est identifiable comme le « fluide de Satan ». Qu’il est, par conséquent, possible, dès lors qu’il est capté à sa juste dimension par l’esprit du sorcier, de pénétrer aux portes de la tanière de Satan. Ou, disons qu’il s’agit du « fluide satanique » plutôt, dont nous trouvons le calcul - par guématrie - suivant : le « fluide de Satan » par le pôle masculin est « Our Satan » (Satan le Serpent) (Samech-Teth-Aleph-Nun), formule ayant pour nombre 207+120=327, nombre de Shiva (Phallus, Linga) ; citant ce dieu, nous ne pouvons qu’invoquer Shakti, dont le chiffre est 339, auquel nous lui soustrayons 207 pour la « lumière » ou « l’influence », et nous trouvons 339-207=132, nombre ésotérique du Baphomet (Beth-Phé-Mem-Aleph-Teth) qui est l’équivalent du Léviathan (par la méthode de conversion Ath-Bash, Baphomet devient Léviathan) ; ce qui signifie que la « puissance luxurieuse » est produite par la chair subtile de la Bête ou Léviathan, monstre marin. La « puissance luxurieuse » étant faite « d’Our Satan et Our Baphomet (Léviathan), nous obtenons 327+339=666.  

 

 

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Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

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« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

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« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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