Mercredi 29 décembre 2010 3 29 /12 /Déc /2010 16:02

 

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Les Grecs antiques connurent une déesse luxurieuse qui en devint deux, Cotytto, qui, à force d’excès priapiques, n’attira plus que des hommes, et Pandemos, qui inspira les affaires « rentables » de la prostitution sacrée. Dans la mythologie grecque, Cotytto ou Cotys était une déesse à l’origine Thrace et plus tard idolâtrée à Athènes. Elle était la déesse de l’impudeur, de l’hédonisme et de la débauche. Ses prêtres nommés « baptai » pratiquaient un rituel du bain, mais « des pratiques obscènes en vinrent, selon Juvénal, à dégoûter la divinité elle-même ». Bien sûr, elle d’aspect féminin, et eux pratiquant sans une femme présente sur les lieux, il y avait de quoi la dégoûter. En réalité, tout démiurge antique était hermaphrodite et les sectateurs de Cotytto la célébraient avec les arguments de Priape et ses serviteurs dont Philotês (le coït) le dieu de la fornication. D’où qu’il est encore précisé que ces « baptai » célébraient Cotytto « par d’obscènes cérémonies où certains, déguisés en femme, s’adonnaient à des danses lascives tandis que d’autres arquaient des hanches, attendant les ardeurs de Priape ». Minuit sonnait l’heure de la débauche.

Ce qui offusquait leurs détracteurs est qu’ils pratiquaient un baptême original : au lieu de verser de l’eau sur leur front pour être « saint » et « béni », ils entraient dans un bain. Quoi de choquant ? C’est qu’un dévot entrait rarement seul dans l’eau, il était accompagné d’autres sectateurs et tous portaient des tenues transparentes à y voir tout dessous au point qu’il était trop tentant de retirer la tunique et de s’imposer en tenue « d’Adam », « dans la manière la plus efféminée ». S’en suivaient hommages à Priape, Juvénal ironise en écrivant : « Gracchus a donné quatre cent mille sesterces de dot à un joueur de cor ; ou bien l’artiste ne jouait-il pas plutôt d’un instrument droit ? » 

  

pandemos.jpgPandemos (Aphrodite-Pandemos) (Vénus-Hétaïre (en fait Aphrodite-Hétaïre) ou Vénus-Porné (Vénus-Pornèia*) étant « Vénus fornicatrice » ou « Vénus prostituée »), nom grec de « Vénus Vulgaris » ou Vénus Salacia » chez les Romains, Vénus en tant que déesse lascive et courtisane, avait été dans l’origine la haute déesse génératrice recevant les hommages communs de tous les dèmes, de toutes les castes de l’Attique. Les Latins admirent une Volgivaga. On opposait la déesse ainsi fabriquée au plaisir à Vénus-Uranie, la divinité des unions maritales. Solon bâtit un temple à cette Vénus à l’aide d’une contribution levée sur les femmes publiques. Pausanias parle d’une Vénus assise sur un bouc, et l’appelle Pandemos. Beger regarde comme une Vénus Pandemos une déesse assise sur un char traîné par des boucs. On donnait aussi le nom de Pandemos à l’Amour (Eros), et alors on en distinguait deux, l’un qui inspirait des désirs platoniques et purs, l’autre qui stimulait les cœurs en sens contraire. 

 

(* « On sait bien tout ce que produit la chair : fornication (pornèia), impureté (akatharsìa), débauche (asèlgheia)…; je vous préviens, comme je l’ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n’hériteront pas du Royaume de Dieu » (Galates 5, 19-21).

Pandemos, puisqu’il s’agit d’Aphrodite-Pandemos la Grecque, laquelle Aphrodite est Astarté, Cypris à Chypre, Derceto en Syrie, est finalement l’aboutissement chez les Romains, sous le nom même de Pandemos ou de Vénus Vulgaris, de la divinité de la débauche et des prostitutions des Babyloniens. Babylone luxurieuse se réincarne ainsi en une nouvelle autorité, Pandemos.)

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« Ce temple, écrit P. L Jacob, dédié à la Vénus-Populaire par le sage Solon, n’était pas le seul qui témoignât du culte de la prostitution en Grèce. Il y en avait aussi à Thèbes en Béotie et à Mégalopolis en Arcadie. Celui de Thèbes datait du temps de Cadmus, fondateur de cette ville. La tradition racontait que la statue qu’on voyait dans ce temple, avait été fabriquée avec les éperons d’airain des vaisseaux qui avaient amené Cadmus aux bords thébains. C’était une offrande d’Harmonie, fille de Cadmus ; cette princesse, indulgente pour les plaisirs de l’amour, s’était plu à en consacrer le symbole à la déesse, en lui destinant ces éperons ou becs de métal qui s’étaient enfoncés dans le sable du rivage pour en faire sortir une cité. Dans le temple de Mégalopolis, la statue de Pandemos était accompagnée de deux autres statues qui présentaient la déesse sous deux figures différentes, plus décentes et moins nues. Ces statues de Pandemos avaient toutes une venus-pandemos.jpgphysionomie assez effrontée, car elles ne furent pas conservées quand les mœurs imposèrent des voiles même aux déesses ; celle qui était à Élis, où Pandemos eut aussi un temple célèbre, avait été refaite par le fameux statuaire Scopas, qui en changea entièrement la posture et qui se contenta d’un emblème très transparent, en mettant cette Vénus sur le dos d’un bouc aux cornes d’or. Vénus était adorée, dans vingt endroits de la  Grèce, sous le nom d’Eraipa: ou de Courtisane ou Hétaire. « Ce n’était point assez que d’avoir donné à Vénus le nom des courtisanes qu’elle inspirait et qui se recommandaient à elle : on lui donnait encore d’autres noms qui n’eussent pas moins convenu à ses prêtresses favorites. Celui de Peribasia, par exemple, en latin Divaricalriœ, faisait allusion aux mouvements que provoque et règle le plaisir. La Peribasia des Grecs devint chez les Romains Salacia ou Vénus-Lubrique. On l’appelait Mucheia ou la déesse des repaires ; Castnia ou la déesse des accouplements impudiques ; Scotia ou « la Ténébreuse »; Derceto ou « la Coureuse » ; Callipyge ou « Aux belles fesses », etc. Enfin, il y avait une Vénus Mechanitis ou Mécanique, dont les statues étaient en bois avec des pieds, des mains et un masque en marbre ; ces statues-là se mouvaient par des ressorts cachés et prenaient les poses les plus capricieuses », pour ne pas dire les plus scandaleuses ou les plus excitantes.

000 0002Les hommes se rendaient au temple de Pandemos pour rendre un culte à la déesse des passions charnelles mais pas seulement, pour obtenir ses faveurs dans tel domaine, pour espérer d’elle qu’elle se montre favorable dans telle affaire ; une règle existe depuis la nuit des temps chez les mages, « l’échange » que les prêtres nommaient « pénitence » ; c’est dans ce sens que les dévots, en rapport avec ce qu’ils demandaient à la déesse, payaient leur requête par un rapport sexuel.

Il y avait le cas où un homme s’estimait avoir eu mauvaise conduite avec une ou plusieurs femmes durant sa semaine ou son mois - de même pour une femme lorsqu’elle jugeait son comportement vis-à-vis de la gent masculine trop provocante -, il se rendait au temple de Pandemos, dénonçait sa conduite et obtenait son pandemos1acquittement. Moyennant une pénitence que des prêtresses lui infligeaient, de la même manière que l’Eglise instituât la confession au douzième siècle en Italie, par Saint Bonaventure dit-on, et qui impliquait, pour délivrer le fidèle de ses péchés, une « pénitence » ; à la différence qu’au temple de Pandemos, le pénitent était délivré des torts de sa conduite mondaine en sacrifiant à la déesse… sa luxure.

C’est peut être de cette façon et dans ces murs que vient cet usage qui sera l’apanage du Priape romain, dieu des jardins, celui de corriger les voleurs, de les punir à l’aide de son pieu arrogant. Les histoires rapportent, nombreuses, que des femmes et des hommes volaient exprès des produits du jardin afin d’être punies par Priape, c’est-à-dire par le paysan – et son épouse – qui sévissait avec ce qui fait la réputation du dieu en question. Chez Pandemos, c’était idem, pour obtenir la réparation de ses fautes, pour châtier le vice qui avait failli lors du quotidien mondain, ou parce qu’on avait trop insisté auprès d’une femme pour obtenir ses faveurs, parce que l’on avait été excité par une jeune mariée jusqu’à en atteindre des jouissances, un dévot se soumettait aux caprices des prêtresses de la déesse, convaincus qu’ils étaient issus de sa volonté divine.    

 

Des anciens qui fréquentaient le temple de Pandemos disaient qu’aux plus initiés d’entre tous, « la déesse leur apparaissait sous sa forme naturelle, c’est-à-dire « androgyne », car toute divinité est faite des deux sexes.

 

« Dans le Pimandre, c’est écrit que le fils dieu et homme tout ensemble est l’auteur de la régénération, par la volonté d’un seul dieu. Il le nomme encore le dieu très-plein de la fécondité des deux sexes. Semblablement les prêtres philosophes des Indiens disent que le monde est en partie mâle et femelle. Orphée aussi appelle l’âme du monde et le Jupiter mâle et femelle, et dit que les deux sexes sont dans les dieux ; c’est pourquoi dans ses hymnes, il adresse son chant à Minerve en ces termes : « Vous êtes, à la vérité, produite homme et femme, etc. Et Apulée dit : « Jupiter et mâle et femelle, ignorant la mort » (Agrippa – La philosophie occulte ou La magie – Villain et Belhomme).

pandemos-asmodee.jpgL’aspect mâle de Pandemos ou Vénus Vulgaris vient à être découvert chez l’initié à mesure qu’une phonétique s’exerce dans son esprit, il y trouve l’anagramme implacable de sa signature et qui est « Asmodée* ». Asmodée est la partie mâle de Pandemos, à moins qu’il s’agisse de Pandemos vue sous un aspect mâle ; Asmodée que les kabbalistes du moyen âge écrivaient « Aleph-Samech-Mem-Vau-Daleth-Yod », au lieu de Ashmeddaï, très proche de Pandemos (Phé-Aleph-Nun-Daleth-Mem-Vau-Samech). Asmodée le lascif, régnant dans la Sphère Vénus, est ce prêtre du temple de Pandemos, ce dieu obscène et impudique qui sortait de l’ombre de la déesse sous sa forme phallique, qu’un priape révélait en grande raideur, qu’un serpent dressé exhibait dans toute sa splendeur, rendait ainsi les femmes qui fréquentaient ses chambres, voluptueuses, les hommes ardents. Ceci au point que ses prêtres envisagèrent une double figure, pour mieux distinguer cette ambigüité de l’androgynie, une Pandemos et un Asmodée, dont les prêtres du premier moyen âge ne gardèrent que la dernière figure pour caractériser l’entité…

 

baphomet pan et to pan(* Asmodée est mentionné dans le « Livre de Tobit » (ou Tobie). Mais en préambule explicatif, des experts précisent après une sérieuse étude des écrits : « Au premier aspect, le récit donne l’impression d’être strictement historique par l’abondance des détails sur les temps, les lieux, les personnes et les grands épisodes de l’Histoire mais nombre des données ne résistent pas à l’examen critique. Visiblement, l’auteur ne connaît que de loin les rois dont il parle et il n’a pas voyagé dans les régions qu’il décrit. En fait, c’est un conteur qui aime le pittoresque et les détails pris sur le vif. On peut dater l’écriture du texte aux environs de 200 avant J.-C. » (TOB).

Impossible pour ces mêmes experts de trouver les origines de ce démon Asmodée, dont l’auteur du « Livre de Tobit » commente les sorcelleries et qu’elles concernent les affaires maritales, soit-dit les mœurs luxurieuses. D’où certains lui donnent une origine arabe, ayant entendu qu’un serpent Asmodée était honoré jusque dans le désert d’Egypte par des femmes en extase ; ou bien qu’il s’agit de cet Ashmeddaï contraint d’obéir aux ordres de Salomon. Quel rapport avec la luxure ? Les kabbalistes noirs du moyen âge, lui ayant donné une autre orthographe, lui signifient une autre identité et en font le démon « le plus libidineux » parmi tous. La Vulgate le dénonce comme le plus coupable des démons car son péché est « capital » (luxure), Bodin écrit que « c’est lui le serpent de la tentation », le plaçant ainsi, malgré lui, au fronton des antiques temples de la prostitution sacrée, de la débauche et des voluptés obscènes, lui l’Asmodée qui n’est autre que Pandemos ceinturée d’un phallus arrogant, la partie mâle de la déesse.)  

 

Il paraît probable que le coït par devant servait aux sectateurs de Pandemos pour célébrer la déesse, dans le cas de demandes de « vœux » bénéfiques et féconds, pour agir dans le domaine des luxures tout autant, tandis que le coït par derrière servait pour invoquer, conjurer, et dans ce domaine, si jadis il s’agissait d’entités titrées 000 0017-copie-1« dieux », ils furent vite assimilés aux démons. Dans des chambres feutrées et tamisées, les prêtres plaçaient des images dessinées ou peintes de la déesse, ainsi que ceux démons dont les sectateurs réclamaient la présence subtile ; et la plus belle des prostituée, vénérée telle une reine, venait offrir ses charmes et ses talents luxurieux jusqu’à devenir Pandemos elle-même, et pour cela certaines commettaient tous les excès possibles que l’indécence permet. Lorsqu’enfin elle se confondait avec l’autel sacré ou le temple de la divinité, l’opérant, face à l’image sacrée et conjurant la déesse de toutes ses forces, pénétrait le sanctuaire intime de la belle et besognait face au tableau ou devant la statue d’un bouc concupiscent, ceci jusqu’à ce qu’il perçoive pleinement cette présence magique de la déesse « en persona » qui le frôlait de très près. De la même manière s’exerçaient nombre des pratiques que certains nomment « sorcelleries » puisque figurines et autres dagydes, exécutées à des fins amoureuses ou destructrices, 000 0014voyaient le sort de leur victime scellé dans ces mêmes instants de jouissance. Les séances où des dévots se laissaient aller à une soumission physique devant ces dames ayant eu contact avec Pandemos jusqu’à la représenter en chair et en os, s’abandonnaient volontairement à l’une d’elles - ou plusieurs -, qui insistait alors en perversions humiliantes, sachant bien que c’est ainsi que Pandemos aimait voir s’approcher d’elle ses sectateurs.

Ce sont de mêmes rituels graveleux que nous trouvons dans le « saint des saint » qui voyait des dévots invoquer la démone Lilith, d’où il est d’évidence de croire que l’une se retrouve dans l’autre et inversement, nous le prouverons en conclusion.   

 

Un autre aspect qui distingue les deux unions est que la première servait ordinairement dans le cadre intime imparti au couple, associée à la vie intime et à la génération, concernait le mondain et le profane, en somme, faisait les joies du couple, les liaisons maritales, celles des fiancés ; tandis que la seconde affectait la prostitution. Non pas que le vase de la génération était exclu de ce sacrifice pour hathor prostitution sacréePandemos, bien au contraire, mais celui de derrière était surtout « prostitutionnel ». Comme Pandemos était la « déesse des prostitutions, de la débauche et des voluptés obscènes », celui qui voulait s’identifier à elle, homme ou femme, celui qui voulait lui plaire ou se soumettre à sa puissance, se débauchait par ce moyen. Nombre des études sur ce sujet jurent que les antiques Egyptiens, par exemple, considéraient les plaisirs de Sodome maléfiques pour le point essentiel que l’union n’engendre point, et la stérilité était  jugée négative. En réalité, c’est un autre problème dont il s’agit : soucieuses de ne point enfanter, prêtresses du temple et plus généralement toutes les femmes qui devaient se rendre en chambre pour sacrifier à Pandemos (ou Astarté, Mylitta à Babylone) pratiquaient là où elles étaient sûres de prendre le moins de risques sur ce point. Nombre d’histoires, apportées par les Hébreux, les Grecs et les Romains, content des mésaventures où des prostituées, tombées enceintes malgré elles, abandonnaient leurs rejetons et voici des mères qui ne connaissaient point leur enfant, et plus tard, des pères qui forniquaient leur propre fille au lupanar sans le savoir. D’où que les prêtres de la luxurieuse Pandemos enseignaient que la déesse fornique toujours par l’orifice qui n’engendre point et ainsi, ses sectateurs, tant des femmes que des hommes, soumettant leur chair à la puissance de la déesse et conjurant sa force d’entrer dans leur intimité, dévoyaient leur corps en toutes les lubricités possibles au moyen du sexe le plus étroit.    

 

samael lilith spermatophagieLes prêtres assuraient que « Pandemos se régalait des yeux » de voir ces hommes (efféminés) sacrifier à Pan, qui n’était autre qu’Hermès surexcité, ces femmes qui juraient par lui et qui en voulaient encore de Priape, plus viril ; de Philotês, le dieu du coït ». Punitions, récompenses, pénitences, vénérations, supplices ou vœux d’identification à la déesse impliquaient l’ouvrage du vase arrière, celui consacré à la prostitution.  

 

samael-phallus-caducee.jpgJacques-Antoine Dulaure soutient que le nom « Hermès » provient « d’ermès », un « terrain inculte que forment les frontières ». Ce mot dérive « d’eremos », dont les Grecs ont fait « Hermès ». « Ermès, ermeus, ont une signification, en langue celtique, qui caractérise encore mieux les frontières ; ces mots signifient « hors », « dehors ». Ainsi, réunissant ces deux significations, « hermès » exprimerait un terrain inculte, situé hors du territoire. Par extension, on trouve sa racine dans « chômer » ou « rester dans l’inaction » ; « charmer », qui indique une opération magique qui rend stérile. Mais ce mot « Hermès » a aussi exprimé une « borne », une « colonne terminale » ; et lorsque les bornes eurent reçu un culte, ce mot devint le nom générique de la divinité. Il est donc démontré que le mot « Hermès », après avoir signifié le terrain inculte d’une frontière, a signifié une borne, une colonne terminale. « Terme » ou « Terminus » était, chez les Romains, ce qu’étaient les thoths et les hermès dans leur origine. Il paraît même, et c’est l’opinion de quelques savants, que le mot « terme » dérive du mot « hermès » ».

De son côté, la « Biographie universelle ancienne et moderne » souligne que « Cupidon passe pour l’avatar d’Eros. Primitivement sans doute Eros était à baphomet special2Samothrace un des noms subalternes et rares d’Hermès (Cadmile) : un peu plus tard, et hors de cette île mystique, il semble avoir été représenté dans Lampsaque et dans Parium par une grosse pierre carrée, sous le titre de Phallos-Hermès ». Ceci avant d’être définitivement distinct l’un de l’autre. Lampsaque est la ville de Priape et démontre qu’à une certaine époque, Eros était Priape et inversement. Et qu’Eros était Hermès, d’où que ce dieu en a gardé les aspects lubriques lorsque ses dévots le trouvaient excité, qu’il n’y a pas mieux que lui pour trôner aux côtés de Pandemos, lâchée dans ses ébats graveleux, au point que ses détracteurs, surpris qu’il soit à ce point licencieux, et voyant pour cela que ses sectateurs plaçaient à l’endroit des organes qui l’irritent à l’excès son caducée, reprirent cette dernière forme d’un serpent enlacé dans un autre qu’ils nommèrent Samaël, et sa compagne qu’il besogne, Lilith, soit-dit Pandemos.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 16:11

pandemos1.jpgRappelons ce passage d’un texte de Nathan Nata Poira, Tuv ha-aretz, p 19 : « Samaël a reçu quatre royaumes, et dans chacun d’eux, il a une concubine. Les noms de ses concubines sont les suivants : Lilith, qu’il a pris comme épouse, et elle est la première ; la deuxième est Nâamah, la troisième Maskit, et la quatrième Igrat fille de Mahalath (ou Agrate fille de Machalate et Samaël). Et les quatre royaumes sont : d’abord le royaume de Damas, dans lequel se trouve la maison de Rimmon, le deuxième est le royaume de Tyr, qui est en face de la terre d’Israël, le troisième est le royaume de Malte, qui était auparavant appelé Rhodes (?) Et le quatrième est le royaume appelé Granata (Grenade), et certains disent que c’est le royaume d’Ismaël. Et dans chacun de ces quatre royaumes demeure une de ces quatre concubines ».

Mais surtout cet autre paragraphe : « D’autres versions disent qu’Igrat Mahalat règne sur Salamanque (Ouest), Nâamah sur Damas (Est), Lilith sur Rome (Nord) et Negâ sur l’Égypte (Sud) » : donc, en situant le règne de Lilith la Nordiste sur Rome, ils la placent là où Messaline sacrifiait pour Priape, mais pas seulement.

 

000 0005-copie-1Un moyen nous conduit de Samaël à Priape, permettant d’affilier Lilith « du Nord » avec la Vénus matérielle ou « Vénus Pandemos ». Partons de Dionysos le Grec. Le sens de son nom le plus généralement apporté est qu’il est formé de « Dios et Nysa », soit « Dieu de Nysa », parce qu’il fut élevé sur cette montagne, ou qu’il y fit son séjour. Ce nom Nysa évoque une terre mystique paradisiaque et que nous trouvons dans presque chaque mystique, « Zen » en Orient, « Sinaï » chez les Hébreux, dont la racine est toujours « Nis » pour « nid ». Mais au fond, le nom de Dionysos n’a pas été formé de toutes pièces par les Grecs ; ils l’ont pris des Hindous qui nomment leur Shiva, « DevaNicha » (abréviation, Déonach), dieu des monts.

 

000 0007-copie-1Edouard Schuré produit cette même dérivation du nom « Dionysos » mais il en donne un sens très différent, éminemment révélateur pour nos études : « Dans les traditions égyptiennes, l’époque de Rama est désignée par le règne d’Osiris, le Seigneur de la Lumière, qui précède le règne d’Isis, la Reine des Mystères. En Grèce enfin, l’ancien héros demi-dieu était honoré sous le nom de Dionysos qui vient du sanscrit « Deva Nahousha », le Divin Rénovateur. Orphée donna ce nom à l’Intelligence divine et le poète Nonnus chanta la conquête de l’Inde par Dionysos selon les traditions d’Eleusis… » (Edouard Schuré – Les grands initiés). Les sens diffèrent pour « Nahousha » mais reconnaissons que ce mot sanscrit ressemble fort à celui hébreu « Nahash » voulant dire « serpent ». Comme quoi « Dionysos » pourrait signifier « dieu-serpent ». Tel le principe d’un « cercle rouge », où tout vient se rejoindre en un seul point central, ce Samaël, dont les kabbalistes noirs en firent un démon, peut être ce Dionysos qui est Bacchus ici, Osiris là, OB ou encore Mendès ailleurs… Il est celui dont la représentation était celle d’un « dieu-serpent », comme Shiva, et, n’en doutons pas, dans ce cas, « serpent », ne serait-ce que pour sa seule forme, ne fut utilisé que pour masquer sa représentation véritable qui était celle d’un phallus. Autrement dit, « Dionysos » ou « dieu-serpent » - l’antique Shiva -, était le « dieu-phallus », dont le terme « Phalle » deviendra son nom lorsqu’il connaît l’érection, devenant alors Priape. Ainsi, l’on devine comme l’image du bouc est venue supplanter celle du serpent lors des rites comprenant des luxures.  

 

000 0017-copie-1Très probablement, ce dieu Priape, appelé aussi Phalès ou Phalle, dieu de l’ithyphallisme et des voluptés obscènes, dégénéré en dieu de l’horticulture et des jardins, de la fructification, n’est qu’un dédoublement de Bacchus. En effet, 1° Bacchus se rend de l’Est à l’Ouest ; 2° il s’adapte au cabiroïdisme corybantique, et s’y fait Cadmile-phalle ; phalle, il est enseveli dans une ciste magique, et devient l’objet de vénération ; 3° il a pour parèdres ordinaires des êtres lascifs, des Silènes, des Satyres, des Pans ; 4° la coupe d’ivresse qu’il offre aux hommes excite à la volupté, et stimule l’organe par lequel on le symbolise pour l’instant ; 5° le nom de Priape rappelle celui de Fré (Soleil) (Frey dans la mythologie scandinave), et peut être APE est-il l’asp final de tant de noms persans (plutôt Apis pour « taureau »). Priape est nommé aussi Phalle lors de certaines cérémonies.

Les dociles citoyennes de Lampsaque, disciples non moins ardentes que Mars, prennent tant de goût aux leçons de Priape que les maris se fâchent. Priape est banni de la ville ; mais qu’arrive-t-il ? Une épidémie d’une espèce nouvelle consume et mine les pâles Lampsaciennes, veuves inconsolables du dieu qui a grandi dans leurs murs. Après de longs débats, les maris rappellent Priape, et lui demandent pardon.

 

tableau samael2Le tandem Samaël-Lilith trouve sa représentation dans les mondes grec et romain en la personnification de Pan (Hermès ithyphallique), comme celle de Priape (Bacchus ithyphallique), accompagnés dans leurs antres cérémoniaux par Vénus Vulgaris ou Pandemos, la déesse des débauches et de la prostitution qui tient son siège au côté de Pan.

 

Puisque chaque force de la Nature était personnifiée par une divinité, la débauche et le plaisir des sens, parce qu’ils sont aptes à apporter tant d’attraits et de jouissances, avaient bien droit à leur dieu et déesse, et que le sacrifice à leur égard concernaient les prétentions luxurieuses des hommes. Finalement, les licences débridées apparaissaient comme autant de sacrifices, de moyens de les célébrer. Bientôt, le monde grec, imaginatif, le monde romain, pragmatique, abondaient en déesses lubriques à mesure qu’ils en inventaient une pour chaque pratique graveleuse.

 

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Les Grecs connurent Cotytto ; les Romains, Pandemos. D’abord identiques, leurs sectateurs allaient pourtant donner à chacune une orientation distante à mesure que leurs perversions augmentaient. Les sectateurs de Cotytto finirent par exclure les femmes de leurs enceintes, préférant les usages entre hommes ; ceux de Pandemos devinèrent l’intérêt pécuniaire d’une telle entreprise luxurieuse et les temples remplis de prostituées sacrées prospérèrent sur tout le territoire.   

 

pandemos3.jpgParmi les divinités exigeant des hommes le sacrifice de leur sexualité, le ciel romain pouvait compter sur Voluptas ou Volupté, divinité allégorique personnifiant le plaisir sensuel : elle comptait parmi les Indigitamenta des Romains qu’ils voyaient représentée sous les traits d’une belle jeune femme sensuelle à l’attitude lascive. Une représentation qui trouve un prolongement dans l’étude du Basilic, ce serpent doué pour fasciner autrui par son seul regard, Henri Durville écrit dans « Le dragon, maître des secrets », « à cet égard, plusieurs Pères de l’Eglise ont vu, dans le basilic, l’image de la femme débauchée, parce que sa vue seule suffisait pour corrompre ». Quelle ressemblance… S’il en est ainsi, un lien formel est établi entre l’icône du serpent et de la femme luxurieuse, exactement comme Lilith est le plus souvent identifiée à une serpente (serpent tortueux).

 

Volupté connaît un culte dans lequel sont honorés Volumnus et Volumna, deux dieux, l’un mâle, l’autre femelle, qui présidaient aux plaisirs du sexe, avaient un temple à Rome (« Volo » d’où « Volup » et « Voluptas », et lié à l’expression érotique latine « adlubescere », ainsi que le nom de la déesse Lubentina). On sait qu’il y avait beaucoup d’autres divinités chargées de veiller aux détails les plus secrets des unions. Les amants portaient au cou chacun l’image de la divinité de son sexe, en or ou en argent, puis lors des préliminaires avant l’union, ils échangeaient les deux images l’une contre l’autre.  

 

000_0009-copie-1.jpgVient Vénus Génétyllide, en tant que présidant à la génération, avait à Phalère une chapelle dans le temple de Vénus Côlias. Les Latins eurent aussi leur Génétyllide : ils lui donnaient le nom de Génétrix. Il semble y avoir quelque chose de plus grave dans Génétrix : Génétyllide n’a l’air que d’une machine à plaisir. Selon leur usage commun, les Grecs dédoublèrent la Génétyllide, et en firent plusieurs nymphes homonymes. On voyait des statues de Génétyllides dans cette chapelle de Phalère. On appelait familièrement les efféminés et les voluptueux. Les Romains, en créant leurs Prema, Pertunda, Perfica, faisaient, dans toute la force du terme, une trinité de Génétyllides ; mais ils ne songèrent pas à réunir leurs trois déesses en un groupe, que les Grecs à scinder leur groupe en nymphes distinctes, et à donner à chacune un nom, un rang et un rôle.

 

Perfica préside aussi aux plaisirs des sens. Peu de noms sont plus propres à prouver combien il est vrai qu’en mythologie on s’est plu à personnaliser, à diviniser toutes les abstractions. Ce n’était pas assez d’avoir une déesse spécialement consacrée aux amours : on scinda ce fait, et on voulut distinguer en quelque sorte la passion, de l’autre les actes physiques, la volupté ; puis, décomposant celle-ci, on crut en saisir au moins trois, et on les dota chacun d’un nom particulier. De là cinq divinités partielles, issues de Vénus :

 

Vénus

 

Lubitina

(de Libet, lubet)

Volupia

(de Volupta, Voluptas)

 

Prema, Pertunda, Perfica

 

Prema, comme Pertunda, les deux autres déesses latines, deux des déités obscènes qui présidaient à la consommation du mariage.

 

Pour l’anecdote, nous comptons encore la divinité Clytoris, qui est la fille de Myrmidon, réputée de si petite taille que Jupiter, pour la posséder, se métamorphosa en fourmi. Ou « Cyprine », nom qui vient de « Cypris » ou « Chypre », et qui était la Vénus luxurieuse venue de ces terres.  

 

000 0009Eros quant à lui finit par offrir quelque ressemblance avec le dieu de la volupté pratique Priape, car originairement sans doute Eros était un Hermès ithyphallique ou un phalle. Mais depuis les idées s’épurèrent, et l’on distingua dans les relations de sexe à sexe l’affection morale, l’attrait, l’amour qui en est le préliminaire d’avec l’acte même qui en forme le dénouement. De là, Eros d’un côté, Priape de l’autre : les deux se complètent, ce que l’un désire, l’autre l’accomplit, ce que l’un commence, l’autre le consomme et l’achève.

Dans les doctrines du vieil Olen, c’est rapporté qu’Eros est le fils d’Ilithye (l’originale Lilith). 

 

Chez les Orphiques, le monde naît de l’harmonie d’Eris et d’Eros ou Philia (l’amitié) et Philotês ou Philotis (le coït). Soit, Eros est identifié avec Philotês (le coït). Et Philotês est mentionné de nombreuses fois comme trônant à côté de Cotytto.  

 

Ce nom « Philotês » est trop proche de celui du démon Philotanus pour ne pas y trouver une identification probable que les sorciers auraient effectué au moyen âge. Le démonisme en fait un diable particulièrement pervers qui sodomise les femmes comme les hommes. Pour expliquer son nom, un recueil de poèmes consacrant Philotanus écrit : « Philotanus pour Philos-anus. Ce nom est composé de deux mots, dont le premier est grec, « Philios » ; et le second latin et même français « anus ». « Philios » signifie « ami », « anus » désigne cet endroit du corps dont les fonctions sont directement opposées à celles de la bouche, et que les gens polis se font de la peine de nommer. On accuse les Italiens et une certaine communauté de personnes religieuses de ne pas se piquer de délicatesse sur l’article…

 

Messaline-overblog-copie-1.jpgDes disciples de « Philotanus » forment le cortège des idolâtres de Cotytto. Certains croient, parce qu’ils étaient nommés « Baptes », qu’ils seraient des premiers chrétiens « baptisés » mais vite dégénérés car dévoyés. Or, l’époque de 70 après J.-C. empêche toute interprétation sérieuse vers une orientation chrétienne ; le baptême, sous une autre forme que celle connue aujourd’hui, existait déjà. Il y avait le « baptême de Mithra » ou « Baptême de Métis » (« Métis » est un autre nom de « Mithra) (« Baphé-Métis » ou « Baphomet », une origine du nom possible), où l’on saignait un taureau au-dessus d’une galerie, et le dévot qui s’y trouvait dessous se voyait arrosé de ce bain rouge, ainsi devenait-il un initié. Les sectateurs de Cotytto conçurent, plutôt que de voir du sang versé sur le néophyte, d’autres liquides dont celui que la morale réprouve et qui sert d’ordinaire à la génération. Ajoutant à cela sans aucun doute des rites de spermatophagie. Ou cet usage particulier où l’opérant entrait dans un bain, nu, et se trouvait rapidement accompagné d’autres mâles et la suite demeure aux arpents du mystère. Mais Juvénal, ne voulant rien trop révéler tout en confiant quelque peu, nous met sur la aphrodite-pan-cupidon.jpgvoie lorsqu’il évoque, à propos des Baptes, leurs séances d’épilation anale : « 1-35. M’enfuir d’ici jusque par delà les Sarmates et l’Océan glacial, ah, que ne puis-je ! Chaque fois qu’ils osent parler de mœurs, ceux qui posent aux Curius et mènent la vie comme une bacchanale ! Ce sont des gens incultes tout d’abord, bien que chez eux le plâtre de Chrysippe frappe partout les yeux ; car la suprême élégance pour eux, c’est d’acheter un portrait d’Aristote ou de Pittacos, c’est de mettre sur leur bibliothèque un Cléanthe de première main. Ne jugez pas sur la mine. Quel quartier n’abonde en polissons à l’air grave ? Tu prétends châtier les pratiques honteuses, toi, alors que parmi les débauchés socratiques tu es l’égout le plus notoire ? Certes, la peau de tes membres qui pique, les soies rudes de tes bras promettent une âme inflexible ; mais de ton anus épilé, le médecin en riant tranche de grosses excroissances. Ces gens-là parlent peu, ils ont un goût prononcé pour le silence, avec les cheveux plus courts que les sourcils. Il y a encore plus de sincérité ingénue chez Péribomius ; c’est la faute des destins, si cet homme avoue son mal sur sa physionomie, dans son allure. Des hommes de cette sorte ont une franchise pitoyable, c’est leur passion même qui doit leur valoir indulgence : bien pires sont ceux qui vitupèrent contre de telles pratiques avec des mots d’Hercule et, tout en parlant de vertu, tortillent le derrière. « Tu ressembles à un chien remuant la queue, Sextus, et j’aurais pour toi de l’estime ? » dit l’infâme Varillus : « En quoi est-ce que je vaux moins que toi ? »

c882-142. Un jour, tu iras plus loin encore dans l’indécence ; personne n’est arrivé d’une fois à la perfection de la honte. Tu finiras par faire partie de la confrérie des gens qui s’enferment chez eux, s’enrubannent le front, se mettent des colliers au cou et font leur cour à la Bonne Déesse en lui offrant le ventre d’une jeune truie et un grand cratère ; mais ils renversent la tradition : défense formelle aux femmes d’entrer, les mâles seuls ont droit à l’autel de la déesse. « Au large ! Profanes, s’écrient-ils, aucune joueuse de flûte ne vient ici faire gémir son instrument ». Tels furent les mystères orgiaques qu’avaient coutume de célébrer les Baptes d’Athènes et qui dégoûtaient jusqu’à Cotytto. Il y en a un qui, d’un fin pinceau, allonge son sourcil au noir de fumée, il y travaille en clignant des yeux qu’il lève au ciel. Un autre boit dans un verre en forme de priape, son énorme chevelure prise dans un résille d’or, habillé d’une étoffe d’azur brochée ou vert pâle unie, et c’est par la Junon du maître que jure son esclave. Un troisième tient un miroir, insigne d’Othon le débauché, « dépouille d’Actor l’Auruncien » dans lequel Othon se call girl4 satyre2regardait en armes quand il donnait l’ordre de marche. Que les annales nouvelles et l’histoire de notre temps ne laissent pas échapper ce fait : un miroir dans les bagages d’une guerre civile ! Il est assurément d’un grand chef de tuer Galba et de se soigner la peau ; c’est l’énergie d’un grand citoyen qui guette dans les plaines de Bédriac la proie palatine et masse à la mie de pain son visage : ni la souveraine d’Assyrie, Sémiramis, armée de son carquois, ni Cléopâtre angoissée sur la galère d’Actium, n’en ont fait autant. Ici plus de pudeur dans les mots, aucun respect de l’autel ; ici toute licence comme aux mystères de Cybèle, toute liberté de parler à voix d’eunuque. C’est un vieillard fanatique qui tient le rôle du prêtre, rare et mémorable modèle d’ample gosier, avantageux à engager comme professeur. Qu’attendent donc ces gens-là pour livrer au couteau, selon le mode phrygien, un appendice devenu inutile ? Gracchus a donné quatre cent mille sesterces de dot à un joueur de cor ; ou bien l’artiste ne jouait-il pas plutôt d’un instrument droit ? L’acte signé, le « Tous nos vœux » prononcé, la noce, — c’est une belle noce, — se met à table, l’époux tient la nouvelle mariée sur ses genoux.

c4Des garnitures en or, de longues robes, le voile rouge du mariage, voilà ce dont s’affuble un homme qui a sué sous le poids des boucliers sacrés à la courroie mystérieuse. Ô protecteur de la ville, comment les pâtres du Latium sont-ils devenus de tels sacrilèges ? Comment, Gradivus, pareil prurit s’est-il emparé de tes petits-fils ? II se livre à un homme, cet homme de haute naissance, cet homme riche, et tu n’agites pas ton casque, tu n’ébranles pas la terre de ta lance, tu ne te plains pas à ton père ? ».

 

c6mOn peut s’étonner de ce que des Baptes (« Baptai ») prenaient tant de soin à épiler leur anus si ce n’était pas pour servir avec lui Cotytto. D’ailleurs, cela pouvait être le cas pour Pandemos aussi puisque le nom est resté, dans l’histoire des mœurs, comme celui d’une prêtresse dominatrice.

 

Logique puisque son pouvoir redoutable rendait ses dévots des idolâtres excessifs, comme sa puissance détenait de transcendance au point que ses sectateurs n’hésitaient point à s’avilir pour elle, affronter la honte, le blasphème et même le sacrilège, jusqu’à devenir des bêtes et des esclaves à seules fins de lui prouver leur attachement.    

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 13:58

 

ss-hypnose-od-ob-aour.jpgLa prédominance des « ophiolatries » dans le pays de Canaan atteste du témoignage historique qu’il existait jadis un culte du serpent, qu’on retrouve dans des écrits sacrés et même classiques. Le nom du serpent sacré, selon Monsieur Bryant était, dans l’ancienne langue de Canaan, selon la prononciation AUB, AB, OUB, OB, OPH, EPH, EV, chacun se référant au phonème original « Aleph-Vau-Beth », ou « Aleph-Beth », signifiant « gonfler, se développer », propriété appliquée au serpent pour sa particularité d’augmenter sa taille lorsqu’il est irrité.

Ces notions ainsi que ce culte seront récupérés par les Grecs antiques, OB deviendra une divinité pareillement chez eux, de même qu’il signifiera le « serpent » et autant le « gonflement ».

Le dieu OB est mentionné dans les Ecritures bibliques ; Moïse se réfère à son oracle lorsqu’il commande à tous les AUB, AB, OB d’être mis à mort : « Un homme ou une femme qui a un esprit familier (Aleph-Vau-Beth) devront être mis à mort » (Lv 20 – 27). D’autres versions préfèrent mentionner une « évocation » ou « divination » ou « sortilège ». Ceci confirme l’idée du « serpent » puisque, par exemple, le mot hébreu « Nahash » signifie « serpent » mais également « divination » ou « présage ». Des prêtres hiérophantes étaient nommés « serpents » comme c’est leur titre parce qu’ils enseignaient.

 

ob-samael1.jpg La version anglaise substitue à « esprit familier » le sens de « ventriloque », pas évident. Il faut chercher dans les coutumes, ainsi, nous savons qu’il existait l’une d’elles chez les Païens pour la prêtresse ou le prêtre de prendre le nom de la divinité qu’il servait. Ainsi Clément d’Alexandrie appelle le prêtre de Cnouphis en Egypte, « Secnouphis ». Ce fut le prêtre avec qui conversa Platon et lui dit que son dieu était le même que « OB » en Canaan, c’est le dieu-serpent du pays. Nous lisons également de Pythagore qu’il aurait appris l’astronomie d’un prêtre d’Héliopolis nommé « Oinouphis ». Héliopolis, « la ville du Soleil », a été appelée en Egypte « ON », qui est un titre de la divinité solaire. Oinouphis donc, ou plutôt Onuphis, était le dieu solaire ON, symbolisé par le serpent sacré OPH.

Ce Onuphis, parfois Conuphis, évolue en « Cnuphis ». Jablonski dit que « Secnouphis » signifie littéralement « Se-Pci-Cnouphis » ou « le serviteur du dieu Cnouphis » (parfois nommé Knef).

 

Or, Chnouphis ou Chnuphis est assimilé le plus souvent au dieu grec Hermès, dont la planète correspondante est Mercure. L’Arbre kabbalistique des Qliphoth place dans la Sphère qui se rapporte à cette planète le démon Samaël, qui se rapporterait logiquement à un Mercure noir, qui serait figuré sous la forme du serpent OB.

 

« Le symbole de Cnouphis, écrit Champollion, est, entre autres, celui d’un énorme serpent debout sur jambes humaines ; ce reptile, emblème du Bon Génie, est un véritable Agathodaemon. Il est souvent représenté avec une barbe… Cet animal sacré, identique au serpent des Ophites, se retrouve gravé sur de nombreuses pierres gnostiques ou basilidiennes… Le serpent a différentes têtes, mais on retrouve toujours l’inscription de son nom en lettres grecques » (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.303 – Editions Adyar).

 

Certains ajoutent, « avant le culte du bouc, il y avait celui du serpent ». Cnouphis se trouve ainsi identifié plus tard avec Pan et Mendès.

 

De la même manière la prêtresse de Delphes est appelée Pythie car sa divinité est Python ; la sorcière d’Endor* est appelée « OB », et dans les pays d’Afrique, « OBI », tirée du serpent « OB », de sorte que le vieux nom anglais d’une sorcière provient de la racine « Hak », appartenant à une ancienne façon britannique d’appeler le « serpent ».

 

La femme d’Endor à qui Saül rend un oracle est appelée « Behelath-OB » (Beth-Ayin-Lamed-Tav—Aleph-Vau-Beth), qui signifie dans son sens littéral « prêtresse d’un OB ».

 

ob-samael2.jpg(* « Il semble bien que la grande sorcière classique, celle qui domine toute la chrétienté de son imposante figure, parce qu’elle est citée à une place d’honneur dans l’Ancien Testament, la première en date et la plus célèbre de toutes, ait été de la catégorie des sorcières possédées. C’était une sorcière nécromancienne ; le roi Saül, selon le récit biblique, la fait rechercher par ses serviteurs afin qu’elle lui fasse apparaître le prophète Samuel ; et cette sombre anecdote se lit dans le Livre de Samuel, chapitre 28 verset 7 : « Les serviteurs de Saül lui dirent : il y a à Endor une femme Behelath-Ob ». Le mot « OB » a été rendu, par les traducteurs grecs, par « Python », ce qui veut dire un dragon, un serpent ou un esprit mauvais. Behalath-Ob signifie donc « maîtresse d’un python », d’où « Domina Pythonis », c’est-à-dire « ayant un python en sa possession » ; ou bien encore, conforme au génie de la langue hébraïque : « en puissance d’un Python » (Grillot de Givry – Le musée des sorciers mages et alchimistes – Henri Veyrier – Tchou éditeur).

Ce texte nous intéresse pour étudier le fluide que les anciens nommaient OB, de couleur rouge et qui concernait l’aspect électrique. Pour autant, l’auteur cité, même s’il intervient avec précision sur le sens occulte de OB, n’aborde pas la divinité de ce nom.)

 

Le verset du Lévitique cité plus haut devient ainsi : « Un homme ou une femme parmi vous qui est un OB (c’est-à-dire un prêtre ou une prêtresse de OB) sera certainement mis à mort » ; et de même pour le mot « divination » voilant « un conseiller des prêtres de OB » dans Deutéronome 18 -11.

 

ob-samael3.jpgLe serpent OB, qui était adoré en Canaan, était appelé « le bon daemon », comme nous apprend Eusèbe citant Sanchoniathon. D’où que les Phéniciens l’appelèrent Agathodaemon ; les Egyptiens à leur tour le nommèrent Knef (Chneph), l’imageant parfois comme un faucon en raison de son activité.

 

« Agathodaemon » ou « Agathodaïmon » est identifié avec Satan (HPB – Isis dévoilée – Editions Adyar) ; voici un premier rapprochement possible avec un ennemi du culte des Hébreux, OB le dieu-serpent, identifié à Hermès (Mercure ; la planète étant celle de Samaël dans Qliphoth ; et Samaël sous la forme d’un serpent étant identifié à Satan).

 

Le nom OB ou AB est parfois chargé de ON, nom du Soleil, parce que le serpent était jadis considéré comme symbole de cet astre. Des prophètes et des prêtres sont souvent appelés dans la mythologie du nom du dieu qu’ils adoraient. Le fils de Thabion était ainsi le prêtre de Thabion : nom composé « Th’Ab-ion » formé d’abréviation de « Thoth » et « Ab’ion » ou « Dieu serpent-Soleil ».

 

ob samael5Les fidèles du serpent primitif contre lequel Moïse mit ses enfants d’Israël en garde, étaient les Hivites. Ce mot, selon Bochart, est dérivé de Hhivia, un serpent (Lev, Levi, Heva, Hivia…), et de la racine « Ep » ou « Ev », des variations de OB. De « Hivites » ou « Ephites », viendrait le nom « Ophites », nom par lequel les Historiens grecs désignent les « adorateurs du serpent » entendus comme des « Gnostiques » antiques. Le mot même de « OB » évolue ainsi en « OPH », nom égyptien du reptile. Des enfants d’Israël mariés avec ces Hivites ont servi leurs dieux, ceux-ci ont été nommés « Baalim », qui, étant au pluriel, concernent le dieu Baal ou Bel sous ses différentes formes de culte, dont celui du serpent en est un, comme l’a démontré l’Ophiolâtrie à Babylone.

 

Le « serpent de la tentation » dans l’épisode de la Genèse correspond au serpent Ophis des Gnostiques ; Madame Blavatsky reprend le texte avec le serpent, disant qu’il est Hermès, alors que d’autres envisagent qu’il s’agit de Samaël. De toute évidence, les trois se confondent en un seul, qui, au commencement, est nommé par le phonème OB.

 

Ezéchias met en lumière que le culte subsista en son temps, lorsque des Hébreux brûlaient l’encens pour le « serpent éhonté ». Mais qu’à cette heure aussi commencèrent les luttes pour supprimer les « hauts-lieux », réduire les bosquets, etc. Le culte du serpent ne fut pas supprimé pour autant, les Ophites gardant puissance jusqu’à ce que les premiers Chrétiens ayant gagné du pouvoir s’attaquent à eux qu’ils nommaient les « Gnostiques ». Epiphane voit dans ces derniers les Nicolaïtes qu’il accuse de pratiques luxurieuses pour le serpent qu’ils adorent. « Les Ophites, observe-t-il, attribuent toute sagesse au serpent du paradis, et disent qu’il est l’auteur de la connaissance donnée aux hommes ».

 

kundalini1Des pratiques cultuelles décrites rappellent certaines exercées en l’honneur de Bacchus, pour lequel des serpents étaient enfermés dans des coffres, paniers, dans lesquels étaient distribués des nourritures, gâteaux et pains. Les légendes racontent que les Bacchantes portaient des serpents autour des bras. Certains pensent aujourd’hui qu’il s’agissait de bijoux à l’effigie d’un serpent ou en forme torsadée, et des tatouages.

 

On trouve encore autant de pratiques « ophiolâtres » dans les environs de Damas, où il y avait deux temples Ophites, montrant dans leurs intérieurs des peintures de dragons. Monsieur Bryant souligne que la région de « Trachonitis » a reçu son nom des nombreux cultes rendus au serpent, et une erreur de lettrage grec du « T » au « D » a jeté son trouble pour voir inventé le mot « Drachonitis » : c’en fût assez pour que le serpent devienne un dragon*, rendant le reptile plus terrifiant, mais le culte reste le même.

 

(* « En sanscrit, le serpent est appelé « drgvischa » ou « œil poison » (fluide influent), et « drkcruti » ou « drkkarna », « celui dont l’œil est oreille », expression énergique pour indiquer que toute la vigilance du serpent se concentre dans le sens de la vue » (Henri Durville – La dragon, maître des secrets – Librairie du magnétisme éditions).)

 

lilith et samaelEn Syrie antique, le culte du dieu-serpent a fortement marqué la religion du peuple de Tyr. Les Phéniciens de Tyr consacraient une image du serpent et suspendu dans leurs temples sa figure. Parfois l’on trouve la représentation célèbre de l’Ouroboros, du serpent qui se mange la queue (auto-existence – éternité – génération).

 

La cité de Tyr intéresse particulièrement pour mettre en lien ce dieu-serpent OB et le démon Samaël dont les anciens disaient qu’il figurait « comme un serpent » ; nous citons encore le Nathan Nata Poira, Tuv ha-aretz, p 19 : « Samael a reçu quatre royaumes, et dans chacun d’entre eux, il a une concubine. Les noms de ses concubines sont les suivants: Lilith, qu’il a pris comme épouse, et elle est la première ; la deuxième est Nâamah, la troisième Even Maskit, et la quatrième Igrat fille de Mahalath (ou Agrate fille de Machalate et Samael). Et les quatre royaumes sont : d’abord le royaume de Damas, dans lequel se trouve la maison de Rimmon, le deuxième est le royaume de Tyr, qui est en face de la terre d’Israël, le troisième est le royaume de Malte, qui était auparavant appelé Rhodes (?) Et le quatrième est le royaume appelé Granata (Grenade), et certains disent que c’est le royaume d’Ismaël. Et dans chacun de ces quatre royaumes demeure une de ces quatre concubines ». Tyr est dénoncée comme le « deuxième royaume » de Samaël, preuve qu’il y règne ; or, le sujet abordé ici stipule qu’il s’agit du dieu-serpent OB. L’un est-il l’autre ?

 

nagakhalElagabale peut signifier « El-og-ob-el », « le dieu OB, le dieu-serpent ». Ou peut être « Og » d’où « Ogham » ou « Ogmius » que des marins phéniciens exportèrent jusqu’en Gaule et même en Irlande, et qui deviendra un composé entre Hercule et Mercure, lequel porte, comme son ancêtre, un caducée composé de serpents. Ce caducée aide à joindre OB à Hermès (Mercure), lequel dans le monde noir, devient Samaël chez les Hébreux.

 

Nous saisissons bien combien les premiers prêtres Hébreux pouvaient avoir d’opposition contre les Dieux de Canaan lorsqu’ils entrèrent dans ce pays. Pas étonnant donc de constater combien nombre de ces dieux devinrent dans la kabbale des démons. Nous trouvons, par exemple, écrit dans le Zohar ce texte suivant :

 

« Lorsqu’Adam habitait le jardin d’Eden, il était couvert du vêtement céleste, qui est le vêtement de lumière céleste. L’homme céleste fut créé par les dix Sephiroth du Monde Jetziratique (Monde de la Formation) et, en vertu de leur pouvoir commun, les sept esprits d’un Monde encore plus inférieur engendrèrent l’Adam terrestre. Samaël tomba le premier et, trompant( ?) alors l’homme, causa également sa chute » (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.162 – Editions Adyar). L’homme a chuté par la faute de Samaël, lequel a usé de sa malice pour commettre son forfait.

 

Or, voici un autre texte traitant du même sujet et que nous trouvons dans « Le livre d’Hermès », écrit ayant être écrit au premier ou deuxième siècle :

  

baphomet belzébuth« Alors que Phôs (nom de l’Adam céleste chez les Grecs) était au Paradis prenant le frais ( ?), à l’instigation de la Fatalité, les Archontes (les Archons) le persuadèrent, disant que c’était sans malice et sans portée, de revêtir le corps d’Adam qui sortait de leurs mains, qui était issu de la Fatalité, qui était formé des quatre éléments. Lui, comme c’était sans malice, ne s’y refusant point, et eux se glorifièrent, à la pensée que désormais ils le tenaient en esclavage » (A.-J. Festugière – La révélation d’Hermès Trismégiste – Paris Les belles lettres).

 

Les sept Archons ou Archontes sont : Ildabaoth ou « enfant désolation », ou « enfant de l’œuf », le plus méchant d’entre tous, lié à Saturne ; puis les six autres : Sabbaoth ou Mars ; Adonaios-Sol ou le Soleil ; Iao, la Lune ; Eloaios, Jupiter ; Astaphaios, Mercure ; Horaios, Vénus ». (HPB – Isis dévoilée ; p.213 ; p.330 - éditions Adyar) ; les orthographes françaises diffèrent d’un texte à l’autre : voici les plus fiables. Pas la moindre trace d’un Samaël parmi eux… !

 

C’est tout le contraire… Ceux que les Gnostiques, parmi eux les Ophites, dénonçaient comme les responsables de la situation malheureuse de l’homme ici-bas ont été remplacés par Samaël et les siens démons. D’ailleurs, au sujet du mot « démon », la Doctrine secrète apprend que « ce ne fut qu’après s’être séparé des néoplatoniciens que Clément d’Alexandrie commença à traduire « gigantes » (Géants) par « serpentes » (Serpents), en expliquant que « serpents et géants signifient démons ». Inversement, les sectateurs du dieu-serpent qui se faisaient nommer par le nom de leur divin et portaient le titre de « serpent » furent nommés, à leurs dépens, « démons » (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.400).

 

La même « doctrine secrète », citant le Zohar, souligne ce constat : « Vient le Monde de l’Action, le Monde Assiatique, qui est la Terre ou notre Monde. Pourtant l’on dit de ce Monde, appelé aussi Qliphoth, que c’est la résidence du « Prince des Ténèbres », la kabbale disant qu’il s’agit de Samaël ». Ici, Qliphoth ne paraît pas le contraire d’Assiah, mais complémentaire. On dirait même que toutes ces forces travaillent ensemble, ce qui démontrerait, histoire de lier le sorcier avec le mage, qu’il n’y a pas ici les bons, là les mauvais, le Mal est bien ailleurs. Les Qliphoth ne sont pas les forces contraires des esprits planétaires mais celles qui compensent. Les hommes subissent les volontés négatives des Archons, les Qliphoth apportent des compensations.   

 

Une différence est établie entre les esprits planétaires et les Qliphoth, les seconds sont montrés sexués, ce qui suffît jadis aux religieux pour les condamner aux enfers. Et pourtant, en rapport à notre propre condition, ces démons, dont Samaël serait un chef, paraissent bien être nos plus proches parentés dans l’invisible.

 

Enfin, Eliphas Lévi, traitant du sujet du Fluide Magnétique, écrit dans son « Dogme et rituel de haute magie » : « Il existe un agent unique universel de toutes les formes et de la vie : il s’appelle Od Ob Aour, est actif et passif, positif et négatif, comme le jour et la nuit ». Des spécialistes croient bon d’ajouter « qu’Od est la lumière magnétique (couleur bleue), Ob est la lumière électrique (couleur rouge) dont les sorciers anciens se servaient. Aour (Or) est la synthèse des deux, apportant l’équilibre ». Dans la table des correspondances occultes, Od est diffusé par l’œil gauche, Ob par l’œil droit. A son tour, l’œil gauche se rapporte à vénus, l’œil droit à Mercure. D’où, conséquence, que le fluide Ob revient à Mercure, confère au dieu-serpent OB, et dans une configuration plus luxurieuse, il s’agit forcément du Fluide de Samaël.

 

Ce qui ajoute au caractère démoniaque de Samaël est la précision suivante, confère au Fluide Magnétique OB : « Ce que les sorciers et les nécromanciens cherchaient surtout dans leurs évocations de l’esprit impur, c’était cette puissance magnétique qui est le partage du véritable adepte, et qu’ils voulaient usurper pour en abuser indignement. La folie des sorciers étant une folie méchante, un de leurs buts surtout, c’était le pouvoir des envoûtement et des influences délétères ».  

 

De nombreux écrits traduisent le nom « Samaël » par « poison de Dieu » ; nous trouvons, dans une note ajoutée à un sujet concernant le serpent, que le mot « Saraph » signifiait pour certains, « venin enflammé ou ardent » (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.297 ; Editions Adyar). Or, « Saraph » est un serpent : d’où que les traducteurs ayant voulu lui donner un sens négatif l’appelèrent « venin » ; idem pour Samaël : « poison » (venin) est utilisé au lieu de « serpent », la terminaison « Al » ou « Ael » étant le diminutif de « Alheim » pour « Dieu », « Samaël » signifie donc correctement « dieu-serpent », ce qui renvoie inévitablement à OB et Cnouphis.  

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 18:20

000 0016« Ilith ou Ilithye (à la rigueur Ilithyie), Ilithyia, autrement Eleutho » peut évoluer jusqu’à une nouvelle personnification divine nommée « Cotytto » (Qot-ith/Qoti-thye/Qoti-tho), dont Juvénal dit qu’elle tirait de Vénus mais que sa représentation tenait du bouc Priape. Cet animal était un emblème de Vénus mais aussi un avertissement qui prévenait celles et ceux curieux par le genre de rituels qui pouvaient s’exercer au sein de son culte. Comme la divinité jurait toujours contre les joies de l’enfantement tout en promettant pour autant à ses sectateurs une sexualité au-dessus des normes, elle inspirât ses sectateurs à la débauche et aux pratiques non liées à la génération, les mêmes que les Gnostiques d’alors revendiquaient d’exercer pour leur cultes.

Il est intéressant de saisir dès lors que Cotytto, divinité des débauches, et tant contestée par ses détracteurs, détient davantage de parenté de l’antique Lilith que de Vénus elle-même bien que les auteurs parlent de la seconde et jamais de la première.

Celle que les Romains nommaient « Venus Vulgaris » n’est autre que Pandemos, 000 0009divinité des débauches et de la prostitution. Il y a de Cotytto dans Pandemos et inversement, seulement Pandemos exerça dans ses temples la « prostitution sacrée » tandis que les sectateurs de Cotytto, excités par Priape, privilégièrent les exercices homosexuels. Jacques-Antoine Dulaure écrit : « On a déjà évoqué la secte des Baptes, des membres qui vénéraient Vénus sous son nom de Cotytto et qui finirent par exclure les femmes pour ne vouloir se soumettre qu’au Phallus, ce dernier impliquant nécessairement la présence du Mullos. Les initiés se livraient à tous les excès de la débauche, jusqu’à employer le Phallus d’une manière particulière, comme un verre qui leur servait de vase à boire, des verres en Priape ; leurs rites devinrent si lascifs qu’ils en dégoûtèrent leur déesse elle-même ; en fait, ils aimaient tant le phallus qu’ils succombèrent au plaisir homosexuel. Bisexuels qu’ils étaient devenus tout sûr ». Juvénal ajoute dans ses Satires : « Tu te laisseras insensiblement entraîner dans la secte de ces prêtres qui, dans leurs assemblées secrètes, surchargent leurs têtes de longues aigrettes, leur cou lilith logo1de nombreux colliers ; qui se concilient la bonne déesse par l’offrande d’un grand vase rempli de vin : car, usurpant l’ancien culte des femmes, ils les ont chassés du sanctuaire. Le temple ne s’ouvre plus que pour les hommes. Loin d’ici, profanes ! s’écrient-ils ; vos chanteuses sont bannies de ces lieux. Ainsi les Baptes célébraient dans Athènes, à la lueur des flambeaux, leurs nocturnes orgies, et, par des danses lascives, fatiguaient leur Cotytto. L’un se peint, en clignotant, les paupières et les sourcils avec une aiguille noircie ; l’autre boit dans un priape de verre, se couvre d’une robe bigarrée, et rassemble ses longs cheveux dans un filet doré ; cependant son esclave, non moins fidèle au rit féminin, ne jure que par Junon. Cet autre tient le miroir que l’infâme Othon portait avec plus de faste… un miroir dans l’attirail d’une guerre civile ! » Othon connaît une réputation homosexuelle.

 

D’où l’assertion connue où c’est Samaël qui prend la place de Lilith sa compagne et descend forniquer avec les hommes…

 

000 0015Cotytto tirerait son nom de « Cotis », dont les experts rapportent « qu’il était un Roi de Thrace, qui se livrait dans l’ombre des bois aux plus voluptueuses orgies et voulut épouser Minerve. Sans nul doute ce prince est la déesse Cotys douée du sexe mâle et prise comme personnage historique. D’où Cotytto était la déesse de l’impudicité. Son culte passa dans la Thrace dans la Phrygie, et de là dans la Grèce continentale, puis à Rome. Les cérémonies par lesquelles on l’honorait (les Cotytties) étaient mystérieuses et sont encore inconnues. Les danses lascives y tenaient, à ce qu’on présume, le premier rang. Il est possible qu’elles se composassent aussi de phallagogies et de phallophories ou processions, translations solennelles du phalle. Ce qui semble certain, c’est que jamais il n’y eut au fond du culte rendu à Cotytto, les idées graves qui, primitivement, distinguèrent les cultes de 000_0007-copie-1.jpgShiva-Lingam aux Indes, d’Amon-Mandou (Amon-Mendès) en Egypte, de Dionysos-Cadmile à Eleusis. Les prêtres de Cotytto s’appelaient Baptes. Cependant, des savants croient que les Baptes étaient des laïques dévots à l’impure déesse. Le poète Eupolis avait composé une comédie des Baptes qui rendit son nom célèbre, mais qui lui devint funeste. Ceux qu’il avait voués au ridicule le noyèrent dans la mer. On a même écrit que c’est Alcibiade qui commit ou fit commettre le crime sous ses yeux dan sa traversée d’Athènes en Sicile. Cette fable ne vaut pas la peine d’être répétée. Beaucoup d’autres divinités se rapprochent de Cotytto. Telles sont, outre l’Aphrodite Pandemos ou Vénus Vulgaris commune aux Grecs et aux Romains, Colias, Acca Larentia, la Bonne Déesse, Volupie peut être, puis toute cette série de personnifications cyniques fameuses chez les Romains, Subiga, Pertunda, Perfica, Prema.

 

Ainsi la divinité des débauches apparaît sous la forme d’une femme lascive sous les traits de Cotytto et d’une femme portant un sexe d’homme sous la figure de Cotis.

 

000_0017-copie-1.jpg« L’autre Vénus », plus jeune, fille de Jupiter et de Junon (Dioné), est Ilithye et qui prit figure de Venus Vulgaris chez les Romains, Pandemos : c’est la première divinité que Thésée fit adorer par le peuple qu’il avait rassemblé dans les murailles d’Athènes ; c’est la première statue de déesse qui fut érigée sur la place publique de cette ville naissante. Cette antique statue, qui ne subsistait plus déjà quand Pausanias écrivit son « Voyage en Grèce », et qui avait été remplacée par une autre, due à un habile sculpteur, et plus modeste sans doute que la première, faisait un appel permanent à la Prostitution, Les savants ne sont pas d’accord sur la pose que l’artiste lui avait donnée, et l’on peut supposer que cette pose avait trait au caractère spécial de la déesse. Thésée, pour que ce caractère fût encore plus clairement représenté, avait placé près de la statue de Pandemos celle de Pitho, déesse de la persuasion. Les deux déesses disaient si bien ce qu’on avait voulu leur faire exprimer, que l’on venait à toute heure, de jour comme de nuit, sous ses yeux, faire acte d’obéissance publique. Aussi, lorsque Solon eut réuni, avec les produits des dicterions qu’il avait-fondés à Athènes, les sommes nécessaires pour élever un temple à la déesse de la Prostitution, il fit bâtir ce temple vis-à-vis de la statue qui attirait autour de son piédestal une procession de fidèles prosélytes ».

 

000_0005-copie-2.jpgD’où ces versets très énigmatiques mais qui peuvent trouver ici un éclaircissement nouveau… Selon le Nathan Nata Poira, Tuv ha-aretz, p 19 : « Samael a reçu quatre royaumes, et dans chacun d’entre eux, il a une concubine. Les noms de ses concubines sont les suivants: Lilith, qu’il a pris comme épouse, et elle est la première ; la deuxième est Nâamah, la troisième Maskit, et la quatrième Igrat fille de Mahalath (ou Agrate fille de Machalate et Samael). Et les quatre royaumes sont : d’abord le royaume de Damas, dans lequel se trouve la maison de Rimmon, le deuxième est le royaume de Tyr, qui est en face de la terre d’Israël, le troisième est le royaume de Malte, qui était auparavant appelé Rhodes (?) Et le quatrième est le royaume appelé Granata (Grenade), et certains disent que c’est le royaume d’Ismaël. Et dans chacun de ces quatre royaumes demeure une de ces quatre concubines ». Mais d’autres versions disent qu’Igrat Mahalat règne sur Salamanque (Ouest), Nâamah sur Damas (Est), Lilith sur Rome (Nord) et Negâ sur l’Égypte (sud) ».

 

Lilith, sur Rome ? Pourquoi « sur Rome », sinon parce que c’était elle Venus Vulgaris ou Pandemos, dont les Hébreux manifestaient contre elle une hostilité absolue ? Celle contre qui ils jetèrent leur dévolu, dénoncèrent les plus grands défauts et réclamèrent de leurs mères qu’elles l’évitent pour mieux protéger leurs enfants, qu’ils affectèrent au rang des démones, n’était-elle pas cette divinité des débauches et de la prostitution (sacrée) que le monde romain et grec idolâtrait, conciliant ainsi avec elle leurs obligations rendues au culte et leurs nécessités de jouissances ?

 

000 0002Dans le temple de Mégalopolis, la statue de Pandemos était accompagnée de deux autres statues qui présentaient la déesse sous deux figures différentes, plus décentes et moins nues. Ces statues de Pandemos avaient toutes une physionomie assez effrontée, car elles ne furent pas conservées quand les mœurs imposèrent des voiles même aux déesses ; celle qui était à Élis, où Pandemos eut aussi un temple célèbre, avait été refaite par le fameux statuaire Scopas, qui en changea entièrement la posture et qui se contenta d’un emblème très transparent, en mettant cette Vénus sur le dos d’un bouc aux cornes d’or.

 

Vénus était adorée, dans vingt endroits de la Grèce, sous le nom d’Eraipa : ou de Courtisane ou Hétaire… ou de Pornéia ou Vénus-Porné (signifiant autant la « fornicatrice » que la « déesse des prostitutions »).

 

Le poète Philétère s’écrie-t-il avec enthousiasme, dans sa Corinthiaste : « Ce n’est pas sans raison que dans toute la Grèce on voit des temples élevés à Vénus-Courtisane et non à Vénus-Mariée. »

 

000 0017Vénus avait en Grèce bien d’autres dénominations qui se rapportaient à certaines particularités de son culte, et les temples qu’on lui élevait sous ces dénominations souvent obscènes étaient plus fréquentés et plus enrichis que ceux de Vénus-Pudique ou de Vénus-Armée. Tantôt on l’adorait avec le nom de Mélanis ou la Noire, comme déesse de la nuit amoureuse : ce fut elle qui apparut à Laïs pour lui apprendre que les amants lui arrivaient de tous côtés avec de magnifiques présents ; elle avait des temples à Mélangie en Arcadie ; à Cranium, près de Corinthe ; à Thespies en Béotie, et ces temples étaient environnés de bocages impénétrables au jour, dans lesquels on cherchait à tâtons les aventures. Tantôt on l’appelait Mucheia ou la déesse des repaires ; Castnia ou la déesse des accouplements impudiques ; Scotia Ou la Ténébreuse; Derceto ou la Coureuse, divinité des Syriens par ailleurs ; Callipyge ou Aux belles fesses, etc.

Il y avait encore une Vénus Mechanitis ou Mécanique, dont les statues étaient en bois avec des pieds, des mains et un masque en marbre ; ces statues-là se mouvaient par des ressorts cachés et prenaient les poses les plus capricieuses.

 

D’où que notre célèbre et non moins luxurieuse Impératrice romaine Messaline, s’il est connu qu’elle sacrifiait au culte de Priape, elle en faisait donc autant pour celui de Venus Vulgaris ou Pandemos, la jeune Ilithye ou Lilith.

 

(Photos tirées du film "Caligula" de Tinto Brass, avec les scènes additionnelles réalisées par Bob Guccione et Giancarlo Lui)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 18:00

venus---pan.jpgLilith, tantôt une servante du temple des prostitutions, tantôt la Nuit stérile, figurée par une démone qui n’a d’autre plaisir que celui de tuer les petits enfants, lascive pour les uns mais mortifère pour les autres, il y a de quoi semer des confusions ; tantôt assimilée à Astarté, déesse de l’amour, du plaisir et de la jouissance sous le nom d’Inanna, tantôt identifiée à Kâlî, divinité orientale invoquée près des lieux de crémation, ayant la bouche pleine du sang de ses victimes tandis qu’elle piétine Shiva, dominante.

 

Les Grecs anciens connaissaient une certaine Ilith ou Ilithye dont ils dressent un portrait cité ici, qui révèle les raisons de l’existence de cette Lilith dont les Hébreux dirent plus tard tant de mal.

 

Voici le texte : « Ilith ou Ilithye (à la rigueur Ilithyie), Ilithyia, autrement Eleutho, haute divinité de la Grèce Asianisante, se prend pour la déesse des accouchements, mais dans la réalité, s’élève aux rôles de Nuit primitive, de Grande Fécondatrice, de Mère des êtres. Ce qui suit suffira pour convaincre, sans même qu’il soit besoin d’invoquer des preuves qu’Ilithye n’est point une déesse d’origine grecque. Ceci posé, est-il croyable que l’étymologie puisse reconnaître un mot grec dans son nom ? C’est pourtant ce que l’on a fait généralement jusqu’ici. Un prétendu verbe est, dit-on, la racine du nom d’Ilithye.

Creuzer a vu plus juste en le rapprochant de Lilith, Alilath, Mylitta, ces mystérieuses divinités babyloniennes et arabes dont le nom (le même au fond), implique les idées de Nuit et d’Enfantement (Selden, de « Diis syris », II, 2, p.249-254). Toutes deux, la dernière surtout, conviennent à Ilithye.

Passons à la conception fondamentale d’Ilithye. Eau ou pâte primordiale irrévélée et, pour employer une image, couverte de ténèbres, en d’autres termes Nuit, selon tous les théologiens de l’antiquité, voilà ce qui préexiste à la création. La création vient ensuite, mais elle suppose un créateur et une matière à qui sa puissance imprime des formes, et impose comme condition d’existence réalisée l’organisation. Certes, cette matière n’est point créatrice, point fécondatrice, point génératrice dans le sens philosophique du mot. Mais en mythologie, on n’y regarde pas de si près. La matière Nature-Passivité est dite Mère Universelle (magna mater), T-Ar-Moouth, et on la regarde comme mère par excellence. Il y a plus : quoique de la Nuit-Onde-Pâte primordiale à la grande fécondatrice il y ait toute la distance de l’irrévélé à la révélation, souvent l’idée de l’identité de ces deux puissance triomphe, et la Nuit est prise pour la Grande-Mère, la Grande-Mère pour la Nuit ».

 

ilithye-lilith.jpg

Cette conception originelle se retrouve dans le dogme des antiques Gnostiques, des Ophites, qui voient leur Sophia comme la mère d’Ildabaoth (le dieu de la matière). Il y a d’Ilithye dans Sophia et inversement.

D’autre part, les Rabbins disent bien que « Lilith, première femme d’Adam, ne pouvait le suivre, n’étant pas faite de la même matière que lui mais de boue ».

 

lilith-giger.jpg« La divine Ilithye se présente donc en quelque sorte à la tête des actions cosmogoniques. C’est l’Abîme, la Nuit, l’Inorganisme, l’Androgynisme ; l’Ovaire immense où l’œuf du monde encore inerte gît en attendant que le fécondateur inclus en lui se développe, se distingue à part ».

 

L’Abîme, la Nuit, l’Inorganisme, l’Androgynisme, autant de symboles qui deviendront des emblèmes de la divinité, le vide (l’Abîme), la couleur noire (Nuit), la femme avec un sexe d’homme ou deux moitiés mâle et femelle pour une seule entité (l’Androgynisme) ; quand à l’Inorganisme, l’heure viendra pour Ilithye de personnifier la femme stérile, celle qui n’enfante pas.

 

« Ce moment arrive enfin ; et soit comme Force ou Principe caché (Amour, Eros), soit comme dieu mâle distinct (Jupiter ou autre), la Nuit est mère. Dans ce nouveau drame trois instants surtout, trois phénomènes, trois scènes attirent l’attention : 1°la conception et la gestion ; 2°l’accouchement ; 3°l’allaitement de l’enfant. Toutes trois se reflétèrent diversement dans la mythologie, mais plus particulièrement l’accouchement. Ainsi, va-t-on dire, Ilithye, la Nuit, la Conceptivité enceinte du monde, fut dite de préférence la Grande Accouchée ? Oui, et de plus la Grande Accoucheuse. Car quelle autre qu’elle-même l’accoucherait ? L’Accouchée. L’Accoucheuse, c’est tout un. Ilithye, selon les hymnes sacrés chantés à Délos, était la mère de l’Amour (Pausanias, 1 IX, v.27). Mais qu’est-ce que l’Amour dans ces antiques théogonies ? Le rapport entre le fécondant et le fécondé, l’affinité en vertu de laquelle se joignent deux êtres, le lien de la cause aux effets. C’en est assez pour que des mythologues aient conçu à part la Nature (Ilithye) et l’Amour, et qu’ils aient fait du dernier le fils de la première, puisque la réflexion n’aperçoit, ne distingue le rapport que postérieurement au regard spontané qui a fait voir la matière, le réel en bloc ».

 

Ilithye tenant dans ses bras l’Amour ou Eros, c’est la preuve que Lilith fût Vénus avant la naissance de cette dernière, comme elle fût Mylitta puisque celle-ci est montrée portant l’enfant de l’Amour contre elle.    

 

lilith-logo1.jpg« Ilithye est plus ancienne que Crone (Pausanias, VIII, 21) sans aucun doute et que tous les autres dieux, même Ourane et Océan. Le Chaos, en supposant que la théorie dont Olen était le barde admît le Chaos, n’était que contemporain d’Ilithye ; et, pour mieux dire, lui-même était Ilithye. Ilithye est la Grande Fileuse, la Fileuse à la quenouille d’or (Pausanias, passage cité). Fileuse ici veut dire révélatrice, génitrice, déductrice des formes, des individualités, des déterminations.

Qu’est-ce que le Chaos ? Un écheveau embrouillé, une quenouille. Qu’est-ce qu’organiser le Chaos ? C’est débrouiller ou dévider l’écheveau ; c’est former et conduire en un long fil l’indigeste et informe conglomérat qui enveloppe la sommité de la quenouille. Que ce fil immense, éternel de la création est beau ! C’est de la soie, c’est de l’or !

Plus tard, la mythologie envisagea Ilithye venue du pays des Hyperboréens à Délos pour y secourir Latone en travail. Lorsque le système crétois, dans lequel Jupiter et Junon figurèrent au premier rang, se répandit en Grèce, on voulut implanter Ilithye dans cette famille, et on la supposa, ainsi qu’Hébé, provenue de l’union légitime de ces deux grandes divinités. Dans la terminologie romaine, c’est Lucine qui occupa le rang d’Ilithye. Elle est mère d’Eros dans Olen ».

 

Ainsi, Ilithye, ancienne divinité au point que ses propres sectateurs devaient eux-mêmes se lasser d’elle, opère une résurrection en devenant la fille légitime de Junon et de Jupiter. C’est le principe du phénix qui renaît de ses cendres, Ilithye prend visage nouveau, identité nouvelle pour une nouvelle idolâtrie.

 

« De nombreuses confusions mythologiques et autres assimilations jettent un trouble sur l’identité d’Ilithye : la primitive Artémis du théologien d’Arpinum se confond avec sa mère Proserpine qui, certes, est bien Hécate, est bien la Nuit ténébreuse, est bien Ilithye. Identifications diverses jusqu’à ce qu’Ilithye soit prise, sous certaines faces, pour Bouto, pour Neith, pour Hathor ; pour Opis, pour Bendis, pour Diane-Tauropole ; pour la Nuit, le Chaos ; pour Mylitta, Alilath, Lilith ; pour Aphrodite, pour Imarmène ou la Destinée ; pour Cybèle, pour Cérès, pour Proserpine, pour Junon, pour Dioné, cette élégante Andyomène, mère de l’Amour ; pour Latone et pour Maïa.   

eros5 aphrodite mylitta

Ilithye, elle n’a ni père ni époux : fécondatrice, elle a un époux, Accoucheuse, elle a un père ; qu’importe qu’n les mentionne ou non ? Qu’importe que leur nom soit Zeus (Jupiter) ou Crone (Cronos Saturne), Knef ou Baal ? Le nom de Zeus indique seulement l’origine crétoise de la légende. Zeus est le père d’Ilithye-Lucine, Zeus est l’époux d’Ilithye-Héra, Zeus est l’amant d’Ilithye-Latone ».

 

Ainsi le prénom latin le plus affilié à Lilith est Lucine, dont dérivent Mélusine et Lucifera (autre nom pour Vénus).  

 

« Ainsi vient-on à évoquer plusieurs Ilithye. Rhode conjecture que l’on distingue une Ilithye salutaire, présidant à la délivrance, et une Ilithye funeste (comme la méchante Lilith des Rabbins). Vraisemblablement leur nombre monta plus tard à trois dont deux favorables aux jeunes mères et aux enfants : toutes trois ensemble se nommèrent Génétyllides (Pausanias, I, 6 ; Hésychius).

La cruelle péninsule arménienne ne voyait dans cette déesse, que la nuit, la mort, l’horreur et l’inhospitalité : c’étaient Brimo, Hécate, Proserpine ».

 

lilith-sur-la-bete.jpgDe là peut provenir ce grand mépris que les Rabbins hébreux connaissent pour Lilith : les peuples exhortaient les divinités pouvant apporter la fécondité, les bénéfices favorables, pécuniaires ou liés à la santé. La noire Ilithye, personnifiant la stérilité autant que la nuit, n’attirait point les hommes, mieux, elle les faisait fuir. De plus, une prostitution sacrée assurée par les prêtres animait les temples des grandes divinités ; or, Ilithye n’assurait point ces offices, elle qui vivait dans la nuit, incarnait la stérilité et même la frigidité.

 

Jusqu’à ce retournement de situation lors de sa résurrection : Jupiter et Junon engendrent la fille Ilithye. Or, la mythologie officielle dit : « Il y a deux Vénus, une Céleste (Venus Coelestis), née de la mer au moment de la chute des organes génitaux d’Uranus consécutive à sa castration ; une Vénus terrestre (Venus Vulgaris) née de l’union de Jupiter et de Junon ». Voici qu’il y a d’Ilithye dans la « Venus Vulgaris » et qui est cette dernière ? Celle que des sectateurs grecs nommaient « Cotytto ». Et cette dernière, au contraire d’être une frigide, apparaît comme la plus débauchée d’entre toutes, d’où cet autre effet sur ces hommes populaires, de les voir fuir celle qui deviendra la Reine de Sodome.       

 

Voici la dernière partie du texte sur Ilithye : « Aucune de ces localités ne présente la déesse sous ses vrais traits et son vrai nom. Selon Creuzer, une première émigration religieuse (venue d’Ephèse) introduisit dans Délos le nom d’Ilithye ; ensuite vient Olen le barde saint, pour qui la grande Fileuse fut la déesse de prédilection, mais qui joignit son nom à ceux d’Apollon et d’Artémis. Les Perphères et deux vierges achevèrent son ouvrage. Au reste, le nom de Latone semble s’être, dès la seconde mission sacrée, introduit dans les traditions populaire ; et quelque évident qu’il soit pour nous que cette amante de Jupiter et Ilithye ne font qu’un, il est fort remarquable de voir l’opinion admettre en quelque sorte quatre membres dans la famille apollinaire, et fournir matière à une tétrade cabiroïdique, telle, par exemple, que la suivante :

 

LATONE

Qui met au monde, n’importe par quel moyen

Apollon          Artémis

Lumière-mâle     Lumière-femelle

Le tout d’

ILITHYE

 

Les hymnes d’Olen se chantaient encore du temps de Pausanias, et le nom d’Ilithye retentissait à cette époque comme mille ans avant l’ère chrétienne dans le sanctuaire de Délos. « Ilithye, sorcière » est le titre d’un traité de Boettiger (Ilithya die Hexe, Weimar, 1799) ».

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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 Précision : l'auteur garantit qu'il n'est ni gourou, ni maître, ni enseignant prosélyte, ni prêtre défroqué, encore moins responsable de secte ; ni sataniste, ni luciférien, ni mage, ni sorcier ou autre. Se souvenir toujours de ses deux devises préférées : "Satan satisfait son orgueil mais ne rend point de service" ; et cette autre de Bélial : "Ni dieu ni maître". Il est seulement un étudiant passionné par ces sciences occultes étudiées au 19ème siècle et abandonnées lors de l'avènement du progrès des sciences modernes. L'auteur essaie, du mieux possible, de les rendre lisibles pour chacun ; entre les lignes se trouvent toutes les ficelles pour monter soi-même toutes les messes et les cérémonies possibles, qu'on souhaite faire pour l'expérience ou plus sérieusement ; c'est une curiosité particulière vers tous ces sujets plutôt qu'une conversion sectaire.

 

Avant tout, chacun est invité à la liberté et au libre-arbitre intellectuel ! Halte à la manipulation mentale "de tous poils" ! Vive l’hédonisme !

 


  

 

Anton Szandor LaVey et le mariage satanique

 

Church of Satan - Anton Szandor LaVey - performing marriage

 

http://www.youtube.com/watch?v=HiLU120f91U

 

Hymne satanique 666

 

satanic hymn-666 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ny-qNiGGK7g

 

 

 

Anton Szandor Lavey Calliope

 

Anton La Vey and his calliope

 

http://www.youtube.com/watch?v=6FEV2F55g6A

 

 

« Messaline » by Aleister Crowley (poetry reading)

 

http://youtu.be/wxxu_Ymg_so

 

 


 

"Les Démons furent, les Démons sont, et les Démons seront encore. Ils sont venus, et nous sommes ici. Ils dorment, et nous les surveillons. Ils doivent dormir, et nous devons mourir, mais nous reviendront à travers eux. Nous sommes leurs rêves, et ils doivent se réveiller. Salut aux anciens rêves".

(Howard Phillips Lovecraft (1890 - 1937)

 

baphomet charnel overblog

 

« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».  


 

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A-jack-devant-baphomet-v-nus-feu.jpg

 

 

 

 

« Chaque goutte de semence répandue par Hermès représente un monde. Le terme technique pour ladite semence est Kratos… Les êtres peuplant les mondes sont comme des asticots sur une pomme. Toutes formes de vie engendrées par les mondes appartiennent à la nature des parasites.

Ma est le nom du dieu qui séduisit le Phallus et le détacha du Yoni ; ceci explique l’univers physique. Tous les mondes sont des excrétions, car ils représentent de la semence gâchée. Et ainsi donc, tout est blasphème. Ceci nous explique pourquoi l’homme a fait Dieu à sa propre image ».

Aleister Crowley

 

ca9 lilith2 NB satyres titre

 

 

« Oh, il ne faut pas jouer avec les choses d’outre-tombe et trop nier les Esprits du Mal. J’ai connu jadis un garçon riche, enragé de sciences occultes. Il fut président d’une société de théosophie à Paris et il écrivit même un petit livre sur la doctrine ésotérique, dans la collection de l’Isis. Eh bien, il ne voulut pas, comme les Péladan et les Papus, se contenter de ne rien savoir, et il se rendit en Ecosse où le diabolisme sévit. Là, il fréquenta l’homme qui, moyennant finances, vous initie aux arcanes sataniques et il tenta l’épreuve. Vit-il celui que dans « Zanoni » Bulwer Lytton appelle « le gardien du seuil du mystère » ? Je l’ignore, mais ce qui est avéré c’est qu’il s’évanouit d’horreur et revint en France épuisé, à moitié mort.

Diantre ! fit Durtal. Tout n’est pas rose, dans ce métier ; mais voyons, lorsqu’on entre dans cette voie, l’on ne peut évoquer que les Esprits du Mal ?

T’imagines-tu que les anges, qui n’obéissent, ici-bas, qu’aux saints, reçoivent les ordres du premier venu ? Un prêtre me disait un soir, que les larves indifférentes, neutres, habitent un territoire invisible et naturel, quelque chose comme une petite île qu’assiègent, de toutes parts, les bons et les mauvais Esprits. Or, à force de les évoquer, les occultistes finissent par amener les Esprits du Mal, et, qu’ils le veuillent ou non, sans même le savoir, ils se meuvent dans le diabolisme. C’est là, en somme, où aboutit à un moment donné, le spiritisme !

(…) Alors, tu ne crois pas à la magie blanche ?

Non, c’est de la blague ! C’est un oripeau qui sert aux gaillards à cacher leurs plus répugnants essais de magie noire. Personne n’ose avouer qu’il satanise ; la magie blanche, malgré les belles phrases dont l’assaisonnent les hypocrites ou les niais, en quoi veux-tu qu’elle consiste ? Où veux-tu qu’elle mène ?

Ah, dit Durtal, ça vaut mieux que de causer de politique ou de courses, mais quelle pétaudière ! Que croire ? La moitié de ces doctrines est folle et l’autre est si mystérieuse qu’elle entraîne ; attester le satanisme ? Dame, c’est bien gros, et pourtant cela peut sembler quasi sûr… Le jour où les grandes sciences du moyen âge ont sombré dans l’indifférence systématique et hostile d’un peuple impie, c’a été la fin de l’âme, en France ! Il ne nous reste plus maintenant qu’à nous croiser les bras et à écouter les insipides propos d’une société qui, tour à tour, rigole e grogne ! Pourtant, il y a des moments où je sens que ça vient, où je crois presque. Ce qui est, en tout cas, avéré pour moi, c’est que le surnaturel existe, qu’il soit chrétien ou non. Le nier, c’est nier l’évidence, c’est barboter dans l’auge du matérialisme, dans le bac stupide des libres-penseurs ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)

 

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« L’homme adore une démone dont il porte en lui le portrait-robot idéal. Les aimées, les désirées en sont, ici et maintenant, l’incarnation. Les rôles sont inversés pour la femme qui, dans ses amants, adore un démon favori ».


 

 

« Au sens ésotérique, Anubis, dieu psychopompe, instructeur des vivants, « Chef du Pylône divin », est celui qui « ouvre les chemins ». Il dévore le cadavre, en ce sens qu’il fait disparaître de l’esprit de l’adepte les préoccupations basses et vulgaires qui entravent son développement spirituel » (Henri Durville – Le dragon, maître des secrets – Sorts et enchantements – Librairie du magnétisme éditions).

 

 

 

 

Texte Libre

Citations

« Satan satisfait son orgueil, mais ne rend point de service ». 

 

 

« Pour les hommes, les femmes sont les « images » servant leur imagination ; pour les femmes, les hommes servent de miroir, en particulier de leur beauté ». (l’auteur)


 


« Voilà pourquoi la magie, considérée synthétiquement, est la science de l’amour (…) ; voilà pourquoi la femme, prêtresse instinctive de l’amour ici-bas, soit qu’elle agisse en mode lunaire comme mère de famille, soit qu’elle agisse en mode de Vénus comme amante, épouse ou courtisane, la femme est la magicienne née de l’humanité, et telle gardeuse de pourceaux de la veille trône aujourd’hui dans un hôtel luxueux par la vertu magique de son regard servi par les enseignements d’Hévé (Eve) qui illumine toute femme venant en ce monde ».

 


 

« La femme, gardienne née des mystères d’Eros, sait instinctivement bien des secrets magiques qui demandent au chercheur un long travail et une constante étude pour être déductivement pénétrés ».

 


 

« L’amour a deux voies de réalisation : la génération en bas, l’extase en haut ».

 

 

« Mais à mesure que l’être psychique prend de l’essor, des amours nouvelles se révèlent à l’homme, et la sainte Kabbale nous enseigne que le sage, consacrant ses efforts et ses veilles au culte désintéressé de la vérité, sera aidé dans ses travaux par la présence de plus en plus perceptible de « l’âme sœur », entité astrale sacrifiant son évolution personnelle à celle du bien-aimé. C’est là un des arcanes les plus profonds du « mystère de l’amour » ; ceux qui étudieront la Kabbale pénétreront seuls tout le secret ».

 

 

« La femme profite de sa passivité apparente pour pénétrer la nature intime de l’homme sur lequel elle veut agir ; elle classe ses manies, ses ambitions, ses passions, et plusieurs mois sont consacrés à ce travail préparatoire rendu facile par l’abandon intellectuel de l’homme vis-à-vis de celle qu’il aime. Quand cette étude est achevée, la femme connaît son compagnon mieux que lui-même ne se connaît ; elle l’enveloppe lentement de son action et remplace progressivement ses volitions et ses déterminations par des habitudes, par des idées chères et souvent évoquées, et en quelques années l’être est emprisonné dans un cercle de réflexes plus difficile à briser que des chaînes d’acier. L’amour peut alors disparaître, l’habitude a pris sa place, et la magicienne a, une fois encore, accompli son grand œuvre ». (Papus – Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Une définition de Lucifer, indirectement de Satan

« Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli, d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale (les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un), laquelle guidée et attirée par nous, est le Karma de l’humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la vie et de la mort Universelles ». (HPB – Doctrine secrète 4 ; p.83)


 


 « La sexualité est le centre autour duquel s’organise l’ensemble de la vie sociale comme de la vie intérieure de l’individu ». (Wilhelm Reich) 

 

 

 

« Honni par le XVIIème siècle classique, dédaigné par le XVIIIème siècle rationaliste, Satan allait être réhabilité par un XIXème siècle romantique et réaliste, dont le réalisme n’était souvent qu’une attitude romantique. Le renouveau d’intérêt pour le moyen-âge « gothique », plein d’obscurités suggestives, devait servir la figure qui avait tenu un rôle si important. Les romantiques, qui se passionnaient de sorcellerie et de démonologie, de magie, de mystère et de fantastique, les trouvaient dans des recueils de sciences occultes ou de secrets sataniques. Il y avait le Diable pittoresque, médiéval, comme dans le « Dictionnaire infernal » de Collin du Plancy, qu’allait utiliser Victor Hugo pour son « Notre-Dame de Paris » ; mais il y avait aussi le Diable héroïque, prométhéen, symbole de libre pensée pour Gautier, d’esprit critique et analytique pour Flaubert, de relativisme antidogmatique pour Renan, Satan, c’était le héros romantique même. C’était son ombre gigantesque qui se dressait au centre de toutes les avenues de la littérature. Déplacés dans ce monde, des déchus eux aussi, mais aussi fiers et rebelles, les romantiques se sentaient une affinité pour le premier des révoltés contre un ordre établi, premier de ceux qui luttèrent contre le ciel injuste, comme l’appelait Vigny. Leconte de Lisle l’appelle trouve en lui le premier rêveur, la plus vieille victime ».  (Léo Taxil – Satan franc-maçon)

 

 

 

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