Les Grecs antiques connurent une déesse luxurieuse qui en devint deux, Cotytto, qui, à force d’excès priapiques, n’attira plus que des hommes, et Pandemos, qui inspira les affaires « rentables » de la prostitution sacrée. Dans la mythologie grecque, Cotytto ou Cotys était une déesse à l’origine Thrace et plus tard idolâtrée à Athènes. Elle était la déesse de l’impudeur, de l’hédonisme et de la débauche. Ses prêtres nommés « baptai » pratiquaient un rituel du bain, mais « des pratiques obscènes en vinrent, selon Juvénal, à dégoûter la divinité elle-même ». Bien sûr, elle d’aspect féminin, et eux pratiquant sans une femme présente sur les lieux, il y avait de quoi la dégoûter. En réalité, tout démiurge antique était hermaphrodite et les sectateurs de Cotytto la célébraient avec les arguments de Priape et ses serviteurs dont Philotês (le coït) le dieu de la fornication. D’où qu’il est encore précisé que ces « baptai » célébraient Cotytto « par d’obscènes cérémonies où certains, déguisés en femme, s’adonnaient à des danses lascives tandis que d’autres arquaient des hanches, attendant les ardeurs de Priape ». Minuit sonnait l’heure de la débauche.
Ce qui offusquait leurs détracteurs est qu’ils pratiquaient un baptême original : au lieu de verser de l’eau sur leur front pour être « saint » et « béni », ils entraient dans un bain. Quoi de choquant ? C’est qu’un dévot entrait rarement seul dans l’eau, il était accompagné d’autres sectateurs et tous portaient des tenues transparentes à y voir tout dessous au point qu’il était trop tentant de retirer la tunique et de s’imposer en tenue « d’Adam », « dans la manière la plus efféminée ». S’en suivaient hommages à Priape, Juvénal ironise en écrivant : « Gracchus a donné quatre cent mille sesterces de dot à un joueur de cor ; ou bien l’artiste ne jouait-il pas plutôt d’un instrument droit ? »
Pandemos (Aphrodite-Pandemos) (Vénus-Hétaïre (en fait Aphrodite-Hétaïre) ou Vénus-Porné (Vénus-Pornèia*) étant « Vénus fornicatrice » ou
« Vénus prostituée »), nom grec de « Vénus Vulgaris » ou Vénus Salacia » chez les Romains, Vénus en tant que déesse lascive et courtisane, avait été dans l’origine la
haute déesse génératrice recevant les hommages communs de tous les dèmes, de toutes les castes de l’Attique. Les Latins admirent une Volgivaga. On opposait la déesse ainsi fabriquée au plaisir à
Vénus-Uranie, la divinité des unions maritales. Solon bâtit un temple à cette Vénus à l’aide d’une contribution levée sur les femmes publiques. Pausanias parle d’une Vénus assise sur un bouc, et
l’appelle Pandemos. Beger regarde comme une Vénus Pandemos une déesse assise sur un char traîné par des boucs. On donnait aussi le nom de Pandemos à l’Amour (Eros), et alors on en distinguait
deux, l’un qui inspirait des désirs platoniques et purs, l’autre qui stimulait les cœurs en sens contraire.
(* « On sait bien tout ce que produit la chair : fornication (pornèia), impureté (akatharsìa), débauche (asèlgheia)…; je vous préviens, comme je l’ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n’hériteront pas du Royaume de Dieu » (Galates 5, 19-21).
Pandemos, puisqu’il s’agit d’Aphrodite-Pandemos la Grecque, laquelle
Aphrodite est Astarté, Cypris à Chypre, Derceto en Syrie, est finalement l’aboutissement chez les Romains, sous le nom même de Pandemos ou de Vénus Vulgaris, de la divinité de la débauche et des
prostitutions des Babyloniens. Babylone luxurieuse se réincarne ainsi en une nouvelle autorité, Pandemos.)
« Ce temple, écrit P. L Jacob, dédié à la Vénus-Populaire par le sage Solon, n’était pas le seul qui
témoignât du culte de la prostitution en Grèce. Il y en avait aussi à Thèbes en Béotie et à Mégalopolis en Arcadie. Celui de Thèbes datait du temps de Cadmus, fondateur de cette ville. La
tradition racontait que la statue qu’on voyait dans ce temple, avait été fabriquée avec les éperons d’airain des vaisseaux qui avaient amené Cadmus aux bords thébains. C’était une offrande
d’Harmonie, fille de Cadmus ; cette princesse, indulgente pour les plaisirs de l’amour, s’était plu à en consacrer le symbole à la déesse, en lui destinant ces éperons ou becs de métal qui
s’étaient enfoncés dans le sable du rivage pour en faire sortir une cité. Dans le temple de Mégalopolis, la statue de Pandemos était accompagnée de deux autres statues qui présentaient la déesse
sous deux figures différentes, plus décentes et moins nues. Ces statues de Pandemos avaient toutes une
physionomie assez effrontée, car elles ne
furent pas conservées quand les mœurs imposèrent des voiles même aux déesses ; celle qui était à Élis, où Pandemos eut aussi un temple célèbre, avait été refaite par le fameux statuaire Scopas,
qui en changea entièrement la posture et qui se contenta d’un emblème très transparent, en mettant cette Vénus sur le dos d’un bouc aux cornes d’or. Vénus était adorée, dans vingt endroits de la
Grèce, sous le nom d’Eraipa: ou de Courtisane ou Hétaire. « Ce n’était point assez que d’avoir donné à Vénus le nom des courtisanes qu’elle inspirait et qui se recommandaient à elle :
on lui donnait encore d’autres noms qui n’eussent pas moins convenu à ses prêtresses favorites. Celui de Peribasia, par exemple, en latin Divaricalriœ, faisait allusion aux mouvements que
provoque et règle le plaisir. La Peribasia des Grecs devint chez les Romains Salacia ou Vénus-Lubrique. On l’appelait Mucheia ou la déesse des repaires ; Castnia ou la déesse des accouplements
impudiques ; Scotia ou « la Ténébreuse »; Derceto ou « la Coureuse » ; Callipyge ou « Aux belles fesses », etc. Enfin, il y avait une Vénus Mechanitis ou Mécanique,
dont les statues étaient en bois avec des pieds, des mains et un masque en marbre ; ces statues-là se mouvaient par des ressorts cachés et prenaient les poses les plus capricieuses », pour
ne pas dire les plus scandaleuses ou les plus excitantes.
Les hommes se rendaient au temple de Pandemos pour rendre un culte à la déesse des passions charnelles mais pas seulement, pour obtenir ses faveurs dans
tel domaine, pour espérer d’elle qu’elle se montre favorable dans telle affaire ; une règle existe depuis la nuit des temps chez les mages, « l’échange » que les prêtres nommaient
« pénitence » ; c’est dans ce sens que les dévots, en rapport avec ce qu’ils demandaient à la déesse, payaient leur requête par un rapport sexuel.
Il y avait le cas où un homme s’estimait avoir eu mauvaise conduite avec une ou plusieurs femmes durant sa
semaine ou son mois - de même pour une femme lorsqu’elle jugeait son comportement vis-à-vis de la gent masculine trop provocante -, il se rendait au temple de Pandemos, dénonçait sa conduite et
obtenait son
acquittement. Moyennant une
pénitence que des prêtresses lui infligeaient, de la même manière que l’Eglise instituât la confession au douzième siècle en Italie, par Saint Bonaventure dit-on, et qui impliquait, pour délivrer
le fidèle de ses péchés, une « pénitence » ; à la différence qu’au temple de Pandemos, le pénitent était délivré des torts de sa conduite mondaine en sacrifiant à la déesse… sa
luxure.
C’est peut être de cette façon et dans ces murs que vient cet usage qui sera l’apanage du Priape romain, dieu des jardins, celui de corriger les voleurs, de les punir à l’aide de son pieu arrogant. Les histoires rapportent, nombreuses, que des femmes et des hommes volaient exprès des produits du jardin afin d’être punies par Priape, c’est-à-dire par le paysan – et son épouse – qui sévissait avec ce qui fait la réputation du dieu en question. Chez Pandemos, c’était idem, pour obtenir la réparation de ses fautes, pour châtier le vice qui avait failli lors du quotidien mondain, ou parce qu’on avait trop insisté auprès d’une femme pour obtenir ses faveurs, parce que l’on avait été excité par une jeune mariée jusqu’à en atteindre des jouissances, un dévot se soumettait aux caprices des prêtresses de la déesse, convaincus qu’ils étaient issus de sa volonté divine.
Des anciens qui fréquentaient le temple de Pandemos disaient qu’aux plus initiés d’entre tous, « la déesse leur apparaissait sous sa forme naturelle, c’est-à-dire « androgyne », car toute divinité est faite des deux sexes.
« Dans le Pimandre, c’est écrit que le fils dieu et homme tout ensemble est l’auteur de la
régénération, par la volonté d’un seul dieu. Il le nomme encore le dieu très-plein de la fécondité des deux sexes. Semblablement les prêtres philosophes des Indiens disent que le monde est en
partie mâle et femelle. Orphée aussi appelle l’âme du monde et le Jupiter mâle et femelle, et dit que les deux sexes sont dans les dieux ; c’est pourquoi dans ses hymnes, il adresse son
chant à Minerve en ces termes : « Vous êtes, à la vérité, produite homme et femme, etc. Et Apulée dit : « Jupiter et mâle et femelle, ignorant la mort » (Agrippa – La
philosophie occulte ou La magie – Villain et Belhomme).
L’aspect mâle de Pandemos ou Vénus Vulgaris vient à être découvert chez l’initié à mesure qu’une phonétique s’exerce dans son
esprit, il y trouve l’anagramme implacable de sa signature et qui est « Asmodée* ». Asmodée est la partie mâle de Pandemos, à moins qu’il s’agisse de Pandemos vue sous un aspect
mâle ; Asmodée que les kabbalistes du moyen âge écrivaient « Aleph-Samech-Mem-Vau-Daleth-Yod », au lieu de Ashmeddaï, très proche de Pandemos (Phé-Aleph-Nun-Daleth-Mem-Vau-Samech).
Asmodée le lascif, régnant dans la Sphère Vénus, est ce prêtre du temple de Pandemos, ce dieu obscène et impudique qui sortait de l’ombre de la déesse sous sa forme phallique, qu’un priape
révélait en grande raideur, qu’un serpent dressé exhibait dans toute sa splendeur, rendait ainsi les femmes qui fréquentaient ses chambres, voluptueuses, les hommes ardents. Ceci au point que ses
prêtres envisagèrent une double figure, pour mieux distinguer cette ambigüité de l’androgynie, une Pandemos et un Asmodée, dont les prêtres du premier moyen âge ne gardèrent que la dernière
figure pour caractériser l’entité…
(* Asmodée est mentionné dans le « Livre de Tobit » (ou Tobie). Mais en préambule explicatif, des experts précisent
après une sérieuse étude des écrits : « Au premier aspect, le récit donne l’impression d’être strictement historique par l’abondance des détails sur les temps, les lieux, les personnes
et les grands épisodes de l’Histoire mais nombre des données ne résistent pas à l’examen critique. Visiblement, l’auteur ne connaît que de loin les rois dont il parle et il n’a pas voyagé dans
les régions qu’il décrit. En fait, c’est un conteur qui aime le pittoresque et les détails pris sur le vif. On peut dater l’écriture du texte aux environs de 200 avant J.-C. »
(TOB).
Impossible pour ces mêmes experts de trouver les origines de ce démon Asmodée, dont l’auteur du « Livre de Tobit » commente les sorcelleries et qu’elles concernent les affaires maritales, soit-dit les mœurs luxurieuses. D’où certains lui donnent une origine arabe, ayant entendu qu’un serpent Asmodée était honoré jusque dans le désert d’Egypte par des femmes en extase ; ou bien qu’il s’agit de cet Ashmeddaï contraint d’obéir aux ordres de Salomon. Quel rapport avec la luxure ? Les kabbalistes noirs du moyen âge, lui ayant donné une autre orthographe, lui signifient une autre identité et en font le démon « le plus libidineux » parmi tous. La Vulgate le dénonce comme le plus coupable des démons car son péché est « capital » (luxure), Bodin écrit que « c’est lui le serpent de la tentation », le plaçant ainsi, malgré lui, au fronton des antiques temples de la prostitution sacrée, de la débauche et des voluptés obscènes, lui l’Asmodée qui n’est autre que Pandemos ceinturée d’un phallus arrogant, la partie mâle de la déesse.)
Il paraît probable que le coït par devant servait aux sectateurs de Pandemos pour célébrer la déesse, dans
le cas de demandes de « vœux » bénéfiques et féconds, pour agir dans le domaine des luxures tout autant, tandis que le coït par derrière servait pour invoquer, conjurer, et dans ce
domaine, si jadis il s’agissait d’entités titrées
« dieux », ils furent vite assimilés aux démons. Dans des chambres feutrées et tamisées, les prêtres plaçaient des images dessinées ou peintes de la déesse, ainsi que
ceux démons dont les sectateurs réclamaient la présence subtile ; et la plus belle des prostituée, vénérée telle une reine, venait offrir ses charmes et ses talents luxurieux jusqu’à devenir
Pandemos elle-même, et pour cela certaines commettaient tous les excès possibles que l’indécence permet. Lorsqu’enfin elle se confondait avec l’autel sacré ou le temple de la divinité, l’opérant,
face à l’image sacrée et conjurant la déesse de toutes ses forces, pénétrait le sanctuaire intime de la belle et besognait face au tableau ou devant la statue d’un bouc concupiscent, ceci jusqu’à
ce qu’il perçoive pleinement cette présence magique de la déesse « en persona » qui le frôlait de très près. De la même manière s’exerçaient nombre des pratiques que certains nomment
« sorcelleries » puisque figurines et autres dagydes, exécutées à des fins amoureuses ou destructrices,
voyaient le sort de leur victime scellé dans ces mêmes
instants de jouissance. Les séances où des dévots se laissaient aller à une soumission physique devant ces dames ayant eu contact avec Pandemos jusqu’à la représenter en chair et en os,
s’abandonnaient volontairement à l’une d’elles - ou plusieurs -, qui insistait alors en perversions humiliantes, sachant bien que c’est ainsi que Pandemos aimait voir s’approcher d’elle ses
sectateurs.
Ce sont de mêmes rituels graveleux que nous trouvons dans le « saint des saint » qui voyait des dévots invoquer la démone Lilith, d’où il est d’évidence de croire que l’une se retrouve dans l’autre et inversement, nous le prouverons en conclusion.
Un autre aspect qui distingue les deux unions est que la première servait ordinairement dans le cadre
intime imparti au couple, associée à la vie intime et à la génération, concernait le mondain et le profane, en somme, faisait les joies du couple, les liaisons maritales, celles des
fiancés ; tandis que la seconde affectait la prostitution. Non pas que le vase de la génération était exclu de ce sacrifice pour
Pandemos, bien au
contraire, mais celui de derrière était surtout « prostitutionnel ». Comme Pandemos était la « déesse des prostitutions, de la débauche et des voluptés
obscènes », celui qui voulait s’identifier à elle, homme ou femme, celui qui voulait lui plaire ou se soumettre à sa puissance, se débauchait par ce moyen. Nombre des études
sur ce sujet jurent que les antiques Egyptiens, par exemple, considéraient les plaisirs de Sodome maléfiques pour le point essentiel que l’union n’engendre point, et la stérilité était
jugée négative. En réalité, c’est un autre problème dont il s’agit : soucieuses de ne point enfanter, prêtresses du temple et plus généralement toutes les femmes qui devaient se rendre en
chambre pour sacrifier à Pandemos (ou Astarté, Mylitta à Babylone) pratiquaient là où elles étaient sûres de prendre le moins de risques sur ce point. Nombre d’histoires, apportées par les
Hébreux, les Grecs et les Romains, content des mésaventures où des prostituées, tombées enceintes malgré elles, abandonnaient leurs rejetons et voici des mères qui ne connaissaient point leur
enfant, et plus tard, des pères qui forniquaient leur propre fille au lupanar sans le savoir. D’où que les prêtres de la luxurieuse Pandemos enseignaient que la déesse fornique toujours par
l’orifice qui n’engendre point et ainsi, ses sectateurs, tant des femmes que des hommes, soumettant leur chair à la puissance de la déesse et conjurant sa force d’entrer dans leur intimité,
dévoyaient leur corps en toutes les lubricités possibles au moyen du sexe le plus étroit.
Les prêtres
assuraient que « Pandemos se régalait des yeux » de voir ces hommes (efféminés) sacrifier à Pan, qui n’était autre qu’Hermès surexcité, ces femmes qui juraient par lui et qui en
voulaient encore de Priape, plus viril ; de Philotês, le dieu du coït ». Punitions, récompenses, pénitences, vénérations, supplices ou vœux d’identification à la déesse impliquaient
l’ouvrage du vase arrière, celui consacré à la prostitution.
Jacques-Antoine Dulaure soutient que le nom « Hermès » provient « d’ermès », un « terrain
inculte que forment les frontières ». Ce mot dérive « d’eremos », dont les Grecs ont fait « Hermès ». « Ermès, ermeus, ont une signification, en langue celtique, qui
caractérise encore mieux les frontières ; ces mots signifient « hors », « dehors ». Ainsi, réunissant ces deux significations, « hermès » exprimerait un terrain
inculte, situé hors du territoire. Par extension, on trouve sa racine dans « chômer » ou « rester dans l’inaction » ; « charmer », qui indique une opération
magique qui rend stérile. Mais ce mot « Hermès » a aussi exprimé une « borne », une « colonne terminale » ; et lorsque les bornes eurent reçu un culte, ce mot
devint le nom générique de la divinité. Il est donc démontré que le mot « Hermès », après avoir signifié le terrain inculte d’une frontière, a signifié une borne, une colonne terminale.
« Terme » ou « Terminus » était, chez les Romains, ce qu’étaient les thoths et les hermès dans leur origine. Il paraît même, et c’est l’opinion de quelques savants, que le mot
« terme » dérive du mot « hermès » ».
De son côté, la « Biographie universelle ancienne et moderne » souligne que « Cupidon passe
pour l’avatar d’Eros. Primitivement sans doute Eros était à
Samothrace un des noms subalternes et rares d’Hermès (Cadmile) : un peu plus tard, et hors de cette île mystique, il semble avoir été représenté dans Lampsaque et dans
Parium par une grosse pierre carrée, sous le titre de Phallos-Hermès ». Ceci avant d’être définitivement distinct l’un de l’autre. Lampsaque est la ville de Priape et démontre qu’à une
certaine époque, Eros était Priape et inversement. Et qu’Eros était Hermès, d’où que ce dieu en a gardé les aspects lubriques lorsque ses dévots le trouvaient excité, qu’il n’y a pas mieux que
lui pour trôner aux côtés de Pandemos, lâchée dans ses ébats graveleux, au point que ses détracteurs, surpris qu’il soit à ce point licencieux, et voyant pour cela que ses sectateurs plaçaient à
l’endroit des organes qui l’irritent à l’excès son caducée, reprirent cette dernière forme d’un serpent enlacé dans un autre qu’ils nommèrent Samaël, et sa compagne qu’il besogne, Lilith,
soit-dit Pandemos.









Rappelons ce passage d’un texte de Nathan Nata Poira, Tuv ha-aretz, p 19 : « Samaël a reçu quatre royaumes, et dans chacun d’eux, il a une
concubine. Les noms de ses concubines sont les suivants : Lilith, qu’il a pris comme épouse, et elle est la première ; la deuxième est Nâamah, la troisième Maskit, et la quatrième Igrat fille de
Mahalath (ou Agrate fille de Machalate et Samaël). Et les quatre royaumes sont : d’abord le royaume de Damas, dans lequel se trouve la maison de Rimmon, le deuxième est le royaume de Tyr, qui est
en face de la terre d’Israël, le troisième est le royaume de Malte, qui était auparavant appelé Rhodes (?) Et le quatrième est le royaume appelé Granata (Grenade), et certains disent que c’est le
royaume d’Ismaël. Et dans chacun de ces quatre royaumes demeure une de ces quatre concubines ».
Un moyen nous conduit de Samaël à Priape, permettant d’affilier Lilith « du Nord » avec la Vénus matérielle ou « Vénus
Pandemos ». Partons de Dionysos le Grec. Le sens de son nom le plus généralement apporté est qu’il est formé de « Dios et Nysa », soit « Dieu de Nysa », parce qu’il fut
élevé sur cette montagne, ou qu’il y fit son séjour. Ce nom Nysa évoque une terre mystique paradisiaque et que nous trouvons dans presque chaque mystique, « Zen » en Orient,
« Sinaï » chez les Hébreux, dont la racine est toujours « Nis » pour « nid ». Mais au fond, le nom de Dionysos n’a pas été formé de toutes pièces par les
Grecs ; ils l’ont pris des Hindous qui nomment leur Shiva, « DevaNicha » (abréviation, Déonach), dieu des monts.
Le tandem Samaël-Lilith trouve sa représentation dans les mondes grec et romain en la personnification de Pan (Hermès ithyphallique),
comme celle de Priape (Bacchus ithyphallique), accompagnés dans leurs antres cérémoniaux par Vénus Vulgaris ou Pandemos, la déesse des débauches et de la prostitution qui tient son siège au côté
de Pan.
Parmi les divinités exigeant des hommes le sacrifice de leur sexualité, le ciel romain pouvait compter sur Voluptas ou Volupté, divinité allégorique
personnifiant le plaisir sensuel : elle comptait parmi les Indigitamenta des Romains qu’ils voyaient représentée sous les traits d’une belle jeune femme sensuelle à l’attitude lascive. Une
représentation qui trouve un prolongement dans l’étude du Basilic, ce serpent doué pour fasciner autrui par son seul regard, Henri Durville écrit dans « Le dragon, maître des secrets »,
« à cet égard, plusieurs Pères de l’Eglise ont vu, dans le basilic, l’image de la femme débauchée, parce que sa vue seule suffisait pour corrompre ». Quelle ressemblance… S’il en est
ainsi, un lien formel est établi entre l’icône du serpent et de la femme luxurieuse, exactement comme Lilith est le plus souvent identifiée à une serpente (serpent tortueux).
Vient Vénus Génétyllide, en tant que présidant à la génération, avait à Phalère une chapelle dans le temple de Vénus Côlias. Les
Latins eurent aussi leur Génétyllide : ils lui donnaient le nom de Génétrix. Il semble y avoir quelque chose de plus grave dans Génétrix : Génétyllide n’a l’air que d’une machine à
plaisir. Selon leur usage commun, les Grecs dédoublèrent la Génétyllide, et en firent plusieurs nymphes homonymes. On voyait des statues de Génétyllides dans cette chapelle de Phalère. On
appelait familièrement les efféminés et les voluptueux. Les Romains, en créant leurs Prema, Pertunda, Perfica, faisaient, dans toute la force du terme, une trinité de Génétyllides ; mais ils
ne songèrent pas à réunir leurs trois déesses en un groupe, que les Grecs à scinder leur groupe en nymphes distinctes, et à donner à chacune un nom, un rang et un rôle.
Eros quant à lui finit par offrir quelque ressemblance avec le dieu de la volupté pratique Priape, car originairement sans doute Eros était un Hermès
ithyphallique ou un phalle. Mais depuis les idées s’épurèrent, et l’on distingua dans les relations de sexe à sexe l’affection morale, l’attrait, l’amour qui en est le préliminaire d’avec l’acte
même qui en forme le dénouement. De là, Eros d’un côté, Priape de l’autre : les deux se complètent, ce que l’un désire, l’autre l’accomplit, ce que l’un commence, l’autre le consomme et
l’achève.
Des disciples de « Philotanus » forment le cortège des idolâtres de Cotytto. Certains croient, parce qu’ils étaient nommés
« Baptes », qu’ils seraient des premiers chrétiens « baptisés » mais vite dégénérés car dévoyés. Or, l’époque de 70 après J.-C. empêche toute interprétation sérieuse vers une
orientation chrétienne ; le baptême, sous une autre forme que celle connue aujourd’hui, existait déjà. Il y avait le « baptême de Mithra » ou « Baptême de Métis »
(« Métis » est un autre nom de « Mithra) (« Baphé-Métis » ou « Baphomet », une origine du nom possible), où l’on saignait un taureau au-dessus d’une galerie, et
le dévot qui s’y trouvait dessous se voyait arrosé de ce bain rouge, ainsi devenait-il un initié. Les sectateurs de Cotytto conçurent, plutôt que de voir du sang versé sur le néophyte, d’autres
liquides dont celui que la morale réprouve et qui sert d’ordinaire à la génération. Ajoutant à cela sans aucun doute des rites de spermatophagie. Ou cet usage particulier où l’opérant entrait
dans un bain, nu, et se trouvait rapidement accompagné d’autres mâles et la suite demeure aux arpents du mystère. Mais Juvénal, ne voulant rien trop révéler tout en confiant quelque peu, nous met
sur la
voie lorsqu’il évoque, à propos
des Baptes, leurs séances d’épilation anale : « 1-35. M’enfuir d’ici jusque par delà les Sarmates et l’Océan glacial, ah, que ne puis-je ! Chaque fois qu’ils osent
parler de mœurs, ceux qui posent aux Curius et mènent la vie comme une bacchanale ! Ce sont des gens incultes tout d’abord, bien que chez eux le plâtre de Chrysippe frappe partout les
yeux ; car la suprême élégance pour eux, c’est d’acheter un portrait d’Aristote ou de Pittacos, c’est de mettre sur leur bibliothèque un Cléanthe de première main. Ne jugez pas sur la mine.
Quel quartier n’abonde en polissons à l’air grave ? Tu prétends châtier les pratiques honteuses, toi, alors que parmi les débauchés socratiques tu es l’égout le plus notoire ? Certes,
la peau de tes membres qui pique, les soies rudes de tes bras promettent une âme inflexible ; mais de ton anus épilé, le médecin en riant tranche de grosses excroissances. Ces gens-là
parlent peu, ils ont un goût prononcé pour le silence, avec les cheveux plus courts que les sourcils. Il y a encore plus de sincérité ingénue chez Péribomius ; c’est la faute des destins, si
cet homme avoue son mal sur sa physionomie, dans son allure. Des hommes de cette sorte ont une franchise pitoyable, c’est leur passion même qui doit leur valoir indulgence : bien pires sont
ceux qui vitupèrent contre de telles pratiques avec des mots d’Hercule et, tout en parlant de vertu, tortillent le derrière. « Tu ressembles à un chien remuant la queue, Sextus, et j’aurais pour
toi de l’estime ? » dit l’infâme Varillus : « En quoi est-ce que je vaux moins que toi ? »
82-142. Un jour, tu iras plus loin encore dans l’indécence ; personne n’est arrivé d’une fois à la perfection de la honte. Tu finiras par faire partie de la confrérie des
gens qui s’enferment chez eux, s’enrubannent le front, se mettent des colliers au cou et font leur cour à la Bonne Déesse en lui offrant le ventre d’une jeune truie et un grand cratère ;
mais ils renversent la tradition : défense formelle aux femmes d’entrer, les mâles seuls ont droit à l’autel de la déesse. « Au large ! Profanes, s’écrient-ils, aucune joueuse de flûte
ne vient ici faire gémir son instrument ». Tels furent les mystères orgiaques qu’avaient coutume de célébrer les Baptes d’Athènes et qui dégoûtaient jusqu’à Cotytto. Il y en a un qui, d’un
fin pinceau, allonge son sourcil au noir de fumée, il y travaille en clignant des yeux qu’il lève au ciel. Un autre boit dans un verre en forme de priape, son énorme chevelure prise dans un
résille d’or, habillé d’une étoffe d’azur brochée ou vert pâle unie, et c’est par la Junon du maître que jure son esclave. Un troisième tient un miroir, insigne d’Othon le débauché, « dépouille
d’Actor l’Auruncien » dans lequel Othon se
regardait en armes quand il donnait l’ordre de marche. Que les annales nouvelles et l’histoire de notre temps ne laissent pas échapper ce fait : un miroir dans les bagages d’une guerre
civile ! Il est assurément d’un grand chef de tuer Galba et de se soigner la peau ; c’est l’énergie d’un grand citoyen qui guette dans les plaines de Bédriac la proie palatine et masse
à la mie de pain son visage : ni la souveraine d’Assyrie, Sémiramis, armée de son carquois, ni Cléopâtre angoissée sur la galère d’Actium, n’en ont fait autant. Ici plus de pudeur dans les
mots, aucun respect de l’autel ; ici toute licence comme aux mystères de Cybèle, toute liberté de parler à voix d’eunuque. C’est un vieillard fanatique qui tient le rôle du prêtre, rare et
mémorable modèle d’ample gosier, avantageux à engager comme professeur. Qu’attendent donc ces gens-là pour livrer au couteau, selon le mode phrygien, un appendice devenu inutile ? Gracchus a
donné quatre cent mille sesterces de dot à un joueur de cor ; ou bien l’artiste ne jouait-il pas plutôt d’un instrument droit ? L’acte signé, le « Tous nos vœux » prononcé, la
noce, — c’est une belle noce, — se met à table, l’époux tient la nouvelle mariée sur ses genoux.
Des garnitures en or, de longues robes, le voile rouge du mariage, voilà ce dont s’affuble un homme qui a sué sous le poids des boucliers sacrés à la courroie mystérieuse. Ô
protecteur de la ville, comment les pâtres du Latium sont-ils devenus de tels sacrilèges ? Comment, Gradivus, pareil prurit s’est-il emparé de tes petits-fils ? II se livre à un homme,
cet homme de haute naissance, cet homme riche, et tu n’agites pas ton casque, tu n’ébranles pas la terre de ta lance, tu ne te plains pas à ton père ? ».
On peut s’étonner de ce que des Baptes (« Baptai ») prenaient tant de soin à épiler leur anus si ce n’était pas pour servir avec lui Cotytto. D’ailleurs, cela
pouvait être le cas pour Pandemos aussi puisque le nom est resté, dans l’histoire des mœurs, comme celui d’une prêtresse dominatrice.
La prédominance des « ophiolatries » dans le pays de Canaan atteste du témoignage historique qu’il existait
jadis un culte du serpent, qu’on retrouve dans des écrits sacrés et même classiques. Le nom du serpent sacré, selon Monsieur Bryant était, dans l’ancienne langue de Canaan, selon la prononciation
AUB, AB, OUB, OB, OPH, EPH, EV, chacun se référant au phonème original « Aleph-Vau-Beth », ou « Aleph-Beth », signifiant « gonfler, se développer », propriété
appliquée au serpent pour sa particularité d’augmenter sa taille lorsqu’il est irrité.
La version anglaise substitue à « esprit familier » le sens de « ventriloque », pas évident. Il faut chercher dans les coutumes,
ainsi, nous savons qu’il existait l’une d’elles chez les Païens pour la prêtresse ou le prêtre de prendre le nom de la divinité qu’il servait. Ainsi Clément d’Alexandrie appelle le prêtre de
Cnouphis en Egypte, « Secnouphis ». Ce fut le prêtre avec qui conversa Platon et lui dit que son dieu était le même que « OB » en Canaan, c’est le dieu-serpent du pays. Nous
lisons également de Pythagore qu’il aurait appris l’astronomie d’un prêtre d’Héliopolis nommé « Oinouphis ». Héliopolis, « la ville du Soleil », a été appelée en Egypte
« ON », qui est un titre de la divinité solaire. Oinouphis donc, ou plutôt Onuphis, était le dieu solaire ON, symbolisé par le serpent sacré OPH.
(* « Il semble bien que la grande sorcière classique, celle qui domine toute la chrétienté de son imposante figure, parce qu’elle
est citée à une place d’honneur dans l’Ancien Testament, la première en date et la plus célèbre de toutes, ait été de la catégorie des sorcières possédées. C’était une sorcière
nécromancienne ; le roi Saül, selon le récit biblique, la fait rechercher par ses serviteurs afin qu’elle lui fasse apparaître le prophète Samuel ; et cette sombre anecdote se lit dans
le Livre de Samuel, chapitre 28 verset 7 : « Les serviteurs de Saül lui dirent : il y a à Endor une femme Behelath-Ob ». Le mot « OB » a été rendu, par les
traducteurs grecs, par « Python », ce qui veut dire un dragon, un serpent ou un esprit mauvais. Behalath-Ob signifie donc « maîtresse d’un python », d’où « Domina
Pythonis », c’est-à-dire « ayant un python en sa possession » ; ou bien encore, conforme au génie de la langue hébraïque : « en puissance d’un Python »
(Grillot de Givry – Le musée des sorciers mages et alchimistes – Henri Veyrier – Tchou éditeur).
Le serpent OB, qui était adoré en Canaan, était appelé « le bon daemon », comme nous apprend Eusèbe citant Sanchoniathon. D’où
que les Phéniciens l’appelèrent Agathodaemon ; les Egyptiens à leur tour le nommèrent Knef (Chneph), l’imageant parfois comme un faucon en raison de son activité.
Les fidèles du serpent primitif contre lequel Moïse mit ses enfants d’Israël en garde, étaient les Hivites. Ce mot, selon Bochart, est dérivé
de Hhivia, un serpent (Lev, Levi, Heva, Hivia…), et de la racine « Ep » ou « Ev », des variations de OB. De « Hivites » ou « Ephites », viendrait le nom
« Ophites », nom par lequel les Historiens grecs désignent les « adorateurs du serpent » entendus comme des « Gnostiques » antiques. Le mot même de « OB »
évolue ainsi en « OPH », nom égyptien du reptile. Des enfants d’Israël mariés avec ces Hivites ont servi leurs dieux, ceux-ci ont été nommés « Baalim », qui, étant au pluriel,
concernent le dieu Baal ou Bel sous ses différentes formes de culte, dont celui du serpent en est un, comme l’a démontré l’Ophiolâtrie à Babylone.
Des pratiques cultuelles décrites rappellent certaines exercées en l’honneur de Bacchus, pour lequel des serpents étaient enfermés dans des
coffres, paniers, dans lesquels étaient distribués des nourritures, gâteaux et pains. Les légendes racontent que les Bacchantes portaient des serpents autour des bras. Certains pensent
aujourd’hui qu’il s’agissait de bijoux à l’effigie d’un serpent ou en forme torsadée, et des tatouages.
En Syrie antique, le culte du dieu-serpent a fortement marqué la religion du peuple de Tyr. Les Phéniciens de Tyr consacraient une
image du serpent et suspendu dans leurs temples sa figure. Parfois l’on trouve la représentation célèbre de l’Ouroboros, du serpent qui se mange la queue (auto-existence – éternité –
génération).
Elagabale peut signifier « El-og-ob-el », « le dieu OB, le dieu-serpent ». Ou peut être « Og » d’où « Ogham » ou
« Ogmius » que des marins phéniciens exportèrent jusqu’en Gaule et même en Irlande, et qui deviendra un composé entre Hercule et Mercure, lequel porte, comme son ancêtre, un caducée
composé de serpents. Ce caducée aide à joindre OB à Hermès (Mercure), lequel dans le monde noir, devient Samaël chez les Hébreux.
« Alors que Phôs (nom de l’Adam céleste chez les Grecs) était au Paradis prenant le frais ( ?), à l’instigation de la
Fatalité, les Archontes (les Archons) le persuadèrent, disant que c’était sans malice et sans portée, de revêtir le corps d’Adam qui sortait de leurs mains, qui était issu de la Fatalité, qui
était formé des quatre éléments. Lui, comme c’était sans malice, ne s’y refusant point, et eux se glorifièrent, à la pensée que désormais ils le tenaient en esclavage » (A.-J. Festugière –
La révélation d’Hermès Trismégiste – Paris Les belles lettres).
« Ilith ou Ilithye (à la rigueur Ilithyie), Ilithyia, autrement Eleutho » peut évoluer jusqu’à une nouvelle personnification divine nommée
« Cotytto » (Qot-ith/Qoti-thye/Qoti-tho), dont Juvénal dit qu’elle tirait de Vénus mais que sa représentation tenait du bouc Priape. Cet animal était un emblème de Vénus mais aussi un
avertissement qui prévenait celles et ceux curieux par le genre de rituels qui pouvaient s’exercer au sein de son culte. Comme la divinité jurait toujours contre les joies de l’enfantement tout
en promettant pour autant à ses sectateurs une sexualité au-dessus des normes, elle inspirât ses sectateurs à la débauche et aux pratiques non liées à la génération, les mêmes que les Gnostiques
d’alors revendiquaient d’exercer pour leur cultes.
de nombreux colliers ; qui se concilient la
bonne déesse par l’offrande d’un grand vase rempli de vin : car, usurpant l’ancien culte des femmes, ils les ont chassés du sanctuaire. Le temple ne s’ouvre plus que pour les hommes. Loin
d’ici, profanes ! s’écrient-ils ; vos chanteuses sont bannies de ces lieux. Ainsi les Baptes célébraient dans Athènes, à la lueur des flambeaux, leurs nocturnes orgies, et, par des
danses lascives, fatiguaient leur Cotytto. L’un se peint, en clignotant, les paupières et les sourcils avec une aiguille noircie ; l’autre boit dans un priape de verre, se couvre d’une robe
bigarrée, et rassemble ses longs cheveux dans un filet doré ; cependant son esclave, non moins fidèle au rit féminin, ne jure que par Junon. Cet autre tient le miroir que l’infâme Othon
portait avec plus de faste… un miroir dans l’attirail d’une guerre civile ! » Othon connaît une réputation homosexuelle.
Cotytto tirerait son nom de « Cotis », dont les experts rapportent « qu’il était un Roi de Thrace, qui se livrait dans l’ombre des bois aux
plus voluptueuses orgies et voulut épouser Minerve. Sans nul doute ce prince est la déesse Cotys douée du sexe mâle et prise comme personnage historique. D’où Cotytto était la déesse de
l’impudicité. Son culte passa dans la Thrace dans la Phrygie, et de là dans la Grèce continentale, puis à Rome. Les cérémonies par lesquelles on l’honorait (les Cotytties) étaient mystérieuses et
sont encore inconnues. Les danses lascives y tenaient, à ce qu’on présume, le premier rang. Il est possible qu’elles se composassent aussi de phallagogies et de phallophories ou processions,
translations solennelles du phalle. Ce qui semble certain, c’est que jamais il n’y eut au fond du culte rendu à Cotytto, les idées graves qui, primitivement, distinguèrent les cultes de
D’où ces versets très énigmatiques mais qui peuvent trouver ici un éclaircissement nouveau… Selon le Nathan Nata Poira, Tuv
ha-aretz, p 19 : « Samael a reçu quatre royaumes, et dans chacun d’entre eux, il a une concubine. Les noms de ses concubines sont les suivants: Lilith, qu’il a pris comme épouse, et elle est
la première ; la deuxième est Nâamah, la troisième Maskit, et la quatrième Igrat fille de Mahalath (ou Agrate fille de Machalate et Samael). Et les quatre royaumes sont : d’abord le royaume de
Damas, dans lequel se trouve la maison de Rimmon, le deuxième est le royaume de Tyr, qui est en face de la terre d’Israël, le troisième est le royaume de Malte, qui était auparavant appelé Rhodes
(?) Et le quatrième est le royaume appelé Granata (Grenade), et certains disent que c’est le royaume d’Ismaël. Et dans chacun de ces quatre royaumes demeure une de ces quatre concubines ».
Mais d’autres versions disent qu’Igrat Mahalat règne sur Salamanque (Ouest), Nâamah sur Damas (Est), Lilith sur Rome (Nord) et Negâ sur l’Égypte (sud) ».
Vénus avait en Grèce bien d’autres dénominations qui se rapportaient à certaines particularités de son culte, et les temples qu’on lui élevait sous ces
dénominations souvent obscènes étaient plus fréquentés et plus enrichis que ceux de Vénus-Pudique ou de Vénus-Armée. Tantôt on l’adorait avec le nom de Mélanis ou la Noire, comme déesse de la
nuit amoureuse : ce fut elle qui apparut à Laïs pour lui apprendre que les amants lui arrivaient de tous côtés avec de magnifiques présents ; elle avait des temples à Mélangie en Arcadie ; à
Cranium, près de Corinthe ; à Thespies en Béotie, et ces temples étaient environnés de bocages impénétrables au jour, dans lesquels on cherchait à tâtons les aventures. Tantôt on l’appelait
Mucheia ou la déesse des repaires ; Castnia ou la déesse des accouplements impudiques ; Scotia Ou la Ténébreuse; Derceto ou la Coureuse, divinité des Syriens par ailleurs ; Callipyge ou Aux
belles fesses, etc.
Lilith, tantôt une servante du temple des prostitutions, tantôt la Nuit stérile, figurée par une démone qui n’a d’autre plaisir que
celui de tuer les petits enfants, lascive pour les uns mais mortifère pour les autres, il y a de quoi semer des confusions ; tantôt assimilée à Astarté, déesse de l’amour, du plaisir et de
la jouissance sous le nom d’Inanna, tantôt identifiée à Kâlî, divinité orientale invoquée près des lieux de crémation, ayant la bouche pleine du sang de ses victimes tandis qu’elle piétine Shiva,
dominante.
« La divine Ilithye se présente donc en quelque sorte à la tête des actions cosmogoniques. C’est l’Abîme, la Nuit, l’Inorganisme,
l’Androgynisme ; l’Ovaire immense où l’œuf du monde encore inerte gît en attendant que le fécondateur inclus en lui se développe, se distingue à part ».
De là peut provenir ce grand mépris que les Rabbins hébreux connaissent pour Lilith : les peuples exhortaient les divinités
pouvant apporter la fécondité, les bénéfices favorables, pécuniaires ou liés à la santé. La noire Ilithye, personnifiant la stérilité autant que la nuit, n’attirait point les hommes, mieux, elle
les faisait fuir. De plus, une prostitution sacrée assurée par les prêtres animait les temples des grandes divinités ; or, Ilithye n’assurait point ces offices, elle qui vivait dans la nuit,
incarnait la stérilité et même la frigidité.


























