Partager l'article ! Messe noire et célébrations tantriques de la Main Gauche: Par conséquent, le sens intime de la vraie « messe noire » pre ...
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Par conséquent, le sens intime de la vraie « messe noire » prend de grandes distances avec la messe catholique* car son origine se trouve dans la chakra-pûjâ « de la gauche de la
Main Gauche » où les pratiques sexuelles ne servent qu’un seul but, l’union avec un ou une entité démoniaque dont la nature est lubrique car vraisemblablement sortie de la propre partie
sexuée du Makara (les « Vamacharas » ont un nom dont la sonorité phonétique correspond étrangement avec « va-makara »). Le plus souvent, ces Dâkinî Vamacharas se présentent
sous la forme d’une dominatrice car « ayant l’allure héroïque », à l’image célèbre de Kâlî piétinant Shiva ou assise à califourchon sur lui faisant l’amour les cheveux en bataille et
l’air en extase, il est donc logique que la yoginî qui est son médium au cours de la cérémonie, se conduise de la sorte et soit traitée comme on porterait de la considération pour une déesse.
Vénération, honneur et gloire sont au programme.
(* Qu’une « messe noire » veuille ressembler au possible à une messe catholique tout en restant volontairement un simulacre, inversant la logique de chaque rite (l’hostie blanche devient noire, le crucifix est à l’envers, la gloire est rendue à la chair et non à l’esprit…) participe de la fameuse « transgression des normes » chère aux initiés du tantrisme de la Main Gauche qui souhaitent « être mis au ban de la société » ; la cérémonie devient à l’égal d’une pièce de théâtre, d’une mise en scène libre et libérale dont le but est d’attirer non pas des anges mais des figures démoniaques. Mais ceci, nous le répétons, provient du phénomène « d’occidentalisation » de la « messe noire » car manifestement, sa « substantifique moelle » se trouve dans la chakra-pûjâ de la « gauche de la Main Gauche ».
Francis King écrit : « La messe constitue, et a toujours constitué, le point central de la pratique religieuse catholique. Rien de surprenant à ce que le miracle attribué à la messe – la transformation mystique de la substance du pain et du vin en celle des vrais corps et sang du Christ -, quotidiennement accompli par le prêtre, ait conduit le peuple à croire en une vertu magique de la cérémonie et qu’un prêtre pouvait utiliser ses pouvoirs de transsubstantation pour parvenir à ses propres fins. Il avait, entre autres, le pouvoir de célébrer la messe dans un but de mort, de convoitise sexuelle ou d’appétit matériel ».)
Dans la « messe noire » à l’identique de la chakra-pûjâ de la gauche de la Main Gauche, le célébrant ou l’invocateur ne se contentera pas de porter au sacrement le pain et le vin mais aussi le linga (lingam) et le yoni que sont respectivement le phallus et le sexe féminin. Ce seul verset du Skanda Purâna, qui abuse plus que de raison du double langage, s’autorise ce genre de commentaire, que les plus mystiques aiment comprendre de la sorte : « D’après le « Skanda Purâna », une vie passée sans vénérer le Linga de Shiva est une vie perdue alors que sa vénération apporte aussi bien les plaisirs terrestres, Bhukti, que la libération, Mukti ». (Alain Daniélou – Le mystère du culte du linga) ; mais que les yogis dévots des Dâkinî Vamachara et des Dakas interpréteront volontiers au premier degré : « Celui qui laisse s’écouler sa vie sans avoir honoré le phallus, a perdu son temps. Après la mort, il n’atteindra pas un monde meilleur. Son intelligence se dégradera. Si l’on met en balance d’un côté l’adoration du phallus et de l’autre la charité, le jeûne, les pèlerinages, les sacrifices et la vertu, c’est l’adoration du phallus, source de plaisir et de libération, qui protège de l’adversité, qui l’emporte ».
C’est courant de trouver posé sur l’autel un godemichet ou phallus artificiel, d’une taille généralement convenable puisque représentant le sexe du dieu invoqué. Francis King écrit à ce sujet : « Pour son admission au troisième degré, la future sorcière s’était attendue à subir la copulation rituelle avec le grand prêtre, mais elle apprit que la grande prêtresse, apparemment l’individualité dominante, avait décidé de l’initier elle-même à l’aide d’un dildo*. Pour justifier ce projet, la grande prêtresse avança cet argument : un intermède de sodomisation, ayant eu lieu entre le grand prêtre et un jeune néophyte mâle, avait « renversé au plan physique les polarités des chefs » et il importait, pour rétablir l’équilibre, qu’elle-même joue le rôle masculin dans ce qu’elle appelait sans ambages un « acte d’amour lesbien ». (Francis King – Esotérisme et sexualité)
Si le dildo ou « god » (un mot lié lointainement (antique) à « God » pour « dieu » ou « Goth » et plus sûrement encore à « Goat » pour « bouc ») représente l’organe phallique d’un démon (ou d’une démone), il portera le long de sa rampe les caractères de son noms, sa signature ou un symbole qui lui est propre.
(Comme on peut trouver sur l’autel un phallus artificiel, on peut voir un vagin artificiel, autre attribut original, dont l’objet de sa présence connaîtra un sens diamétralement différent : le copulateur de vagin artificiel répond à la logique masochiste, il est humilié par la maîtresse, brimé, souillé, sali*… un rite pareil suit celui qu’on trouve généralement au premier degré et qui implique la soumission, la flagellation, ceci en rapport à la devise des initiés : « Souffrir pour connaître » ; ou encore « Seul celui qui s’humilie sera élevé ».
Car en général, et c’est bien connu, le fait qu’une femme utilise fréquemment un dildo ou god participe activement de son érotisme ; tandis qu’un homme qui se sert d’un vagin artificiel pour ses ébats connaît la honte et sa vie érotique apparaît comme une misère sexuelle.)
Comme le Ciel mystique est composé d’une trinité Père – Mère – Esprit, comme la formule du Fluide est formée de trois syllabes (Od Ob Aour), la « messe noire » porte au sacrement non seulement le mâle (1) (phallus), la femme (2) (sexe féminin) mais aussi l’union (3) (fornication).
Ces pûjâs de la gauche de la Main gauche, les initiés tantriques leur donnent le nom de « Sri Chakra » ou « Purnabisheka », soit le Cercle de la Roue, ou l’Initiation totale ». Est-ce d’ici que dérive ce nom « Purna » ou « Purnah », signifiant « plein » ou « total », et identifié à une figure de la licence puisqu’en sa présence la débauche a lieu, un Daka Purna ou une Dâkinî Purnâ, ayant évolué dans la Kabbale en un Esprit Porna établi dans le règne de Vénus, devenu démon ou Qlipah, et incitateur à toute activité pornographique ainsi qu’à toute fornication ?
Parfois, des novices viennent à porter des vêtements particuliers, et même bizarres lorsqu’ils s’avèrent être du genre opposé au leur ; Francis King enseigne à ce sujet : « On se représentait les dieux comme masculins et féminins… conséquence de cette dualité divine, les cultes de la fécondité ont abouti à ceci, qu’on considéra comme assez impropre pour un homme d’adorer un dieu ou pour une femme d’adorer une déesse. Car rendre un culte à une divinité de son propre sexe équivaut à une violation du principe de la bipolarité. D’après l’écrivain latin Macrobe, le transvestisme pouvait servir à maintenir la fiction de la dualité sexuelle : ainsi, au temple d’Aphrodite, à Chypre, les « desservantes » s’habillaient en hommes, alors qu’à Cos les prêtres d’Hercule n’approchaient de l’autel que vêtus d’habits féminins*. Notons avec intérêt que dans le rituel magique dégénéré du Moyen Âge, on assiste à une inversion totale du concept de polarité : le praticien devait appartenir au même sexe que la puissance invoquée, quel que fût son sexe. Maïmonide, philosophe et théologien juif médiéval, a parlé d’un manuel de magie dans lequel il était dit que lorsqu’un homme invoquait Vénus**, il lui fallait s’habiller de vêtements féminins*** et que quand une femme s’adressait à Mars, elle devait porter, comme un homme, armes et armure ». (Francis King – Esotérisme et sexualité)
(* C’est sans aucun doute ce qui explique pourquoi la mythologie relate une époque de la vie de Bacchus où il porte des vêtements féminins et que plus tard, les prêtres qui l’invoquent se travestissent.)
(** Il faut s’entendre ici à propos de Vénus. La mythologie la personnifie en une entité féminine, déesse de l’amour et de la beauté, la science occulte la figure soit comme une femme très belle soit comme un bouc. Les nombreux Esprits qui forment son magistère ont chacun la propriété d’apporter la virilité aux hommes, une très forte attractivité aux femmes. C’est que la belle déesse Vénus cache une autre réalité : « Vénus » signifie « génération » (vénérien) dont l’emblème est le taureau et pour la force lubrique qu’elle contient le bouc. En hébreu, « Vénus » se dit « Nogah » et l’une des quatre Liliths est « Negâh », deux mots ayant une proximité phonétique avec le mot sanscrit « Nagah » qui est le « serpent ». Soit, à l’origine, avant que Vénus ne soit représentée par la plus belle de toutes les femmes, l’entité supérieure qui gouverne cette Sphère était adorée sous la forme d’un taureau ou d’un bouc (génération) et d’un serpent (tentation, désir), peut-être le makara, et les sacrifices qui lui étaient rendus contenaient forcément des intentions d’ordre phallique et sexuel.
D’ailleurs, dans l’enseignement kabbalistique, c’est un dieu et non une déesse que l’on trouve gouvernant la Sphère de Vénus, « Jehovah Tzabaoth » ; dans l’ordre des Archons, c’est Horaïos ; la Doctrine secrète dit que « dans le brahmanisme exotérique, Vénus est Shukra, une divinité mâle. (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.45) En note ajoutée, « Vénus, dans la philosophie ésotérique, est mâle et femelle, ce qui explique la Vénus « barbue » de la mythologie ».
Dans son livre « Energized Enthusiasm », Aleister Crowley, reprenant des enseignements des initiés de la Grèce antique, affirme « qu’il existe trois méthodes permettant de décharger la bouteille de Leyde du Génie, lesquelles sont liées à trois divinités : Dionysos, Apollon et Vénus ». « Soit-dit, reprend Francis King, on peut invoquer le dieu ou le démon par la boisson (il précise le vin), le chant et le sexe ». Et le même auteur, pour illustrer la méthode la plus occultée, « l’invocation par le sexe », commente un rituel pratiqué par Crowley lui-même qui met en scène – malgré lui - un bouc… A nouveau, Vénus et le caprin cornu participent de concert… Crowley appelle le rituel sexuel un « opus » ; vient la consécration des participants par la récitation des mantras ou formules appropriées ; la pénitence est marquée par la flagellation – dans l’ancien rituel Wicca – ou toute autre pratique SM ; l’invocation se fait par la fornication ou la pratique dite d’Onan ; le sacrement par l’éjaculation, de même le sacrifice. Chez Anton Lavey, la bénédiction se fait avec la pratique de l’ondinisme.
L’astronomie antique ajoute à cette filiation du bouc avec Vénus : l’étude sur la fameuse étoile Capella, anciennement Mendès, brille dans la constellation du Cocher, laquelle se trouve dans la constellation du Taureau qui a pour Maître Vénus. Donc, logiquement « Mendès a pour Maître Vénus », ce qui veut dire encore « qu’on peut trouver l’un dans l’autre et inversement ».
Vénus est Maître du Taureau et de la Balance. Or, ce dernier signe est chargé d’une histoire occulte particulière, développée par ailleurs : ce signe, longtemps caché par les initiés – ils comptaient 10 signes astrologiques, Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge (plus tard distinguée en Vierge – Scorpion (Vierge tombée dans la génération, séparée par la Balance), Sagittaire, Capricorne, Verseau, Poissons -, a pour vocation « la séparation, la distinction, la spécificité ». Il se situe en 7ème position sur le zodiaque, coïncide au basculement (d’où « Balance ») du cycle ascendant vers le descendant. En faisant coïncider les événements mythologiques avec ceux astronomiques, l’action de la Balance correspond avec la séparation de l’androgyne Ha-Adam en homme et femme. En apparaissant, et donc en agissant, la Balance prend pour initiative la création de la femme (qui est alors la « Dâkinî). La science occulte fait se rapporter la Balance avec Vénus (avec Hermès aussi) ou « génération » qui est le « bouc » et l’on se reprend à évoquer « Mendès ».)
(*** Pour Kâlî ou Lilith, la même pratique est portée à son paroxysme puisque le novice est travesti en femme d’une façon qui participe de la moquerie et de la satire (cf. Satyre) ; c’est voulu.)
Parce que la femme favorable ou yoginî viendra bientôt à incarner la déesse, la Shakti, sa beauté est mise en valeur, ceci depuis toujours : « Les meilleures courtisanes ne boivent pas, observent une scrupuleuse propreté corporelle, s’habillent avec somptuosité, portent une profusion de bijoux à souhait, sont bien élevées… Connaissant sur le bout du doigt tous les arts et subtilités de l’amour, elles sont capables de satisfaire n’importe quel goût. Pour le visage comme pour l’allure, aucune femme dans le monde ne peut rivaliser avec elles. Elles ont une coutume qui paraît singulière, non seulement, elle se rasent le mont de Vénus, mais elles se tiennent parfaitement glabres par en dessous et, lorsqu’on jette un coup d’œil sur leurs seins durs, pleins, enchanteurs et beaux au-delà de toute comparaison, on s’imagine contempler des statues. Les femmes du Râjputâna arrachent leurs poils, au moyen d’une pince, dès qu’ils sortent, comme faisaient les femmes de la Grèce antique… » (Edward Sellon)
Vient sa consécration : « La Shakti, si elle n’a pas été préalablement initiée, on fera d’elle une adepte, à l’issue de cette partie de la cérémonie, en lui transmettant le grand mantra qui sera murmuré trois fois à son oreille. L’acte final se déroule, comme il faut s’y attendre, mais toujours accompagné de mantras et de méditations, bien peu à leur place à ce stade ».
Elle se tient devant le mandala qui correspond dans la messe noire satanique au pentagramme ayant la figure du bouc.
On trouve dans « les directives » d’une magie sexuelle dans un document intitulé « Die astrologischen Aspekt-Zeichen als Geheim-Symbolik für Coitus-Stellungen : « Les êtres d’origine démoniaque font sentir leurs vibrations astrales en s’infiltrant, en quelque sorte à la manière de vampires, au travers des corps éthériques des participants*. Par là, l’acte charnel devient comme un sacrifice au démon appelé ou, dans les cultes exclusivement religieux, un sacrifice à l’être divin ou au dieu que l’on adore ».
(* Parfois, et c’est même souvent le cas, le célébrant peut agir seul ; des versets tantriques motivent cette solitude : « … l’adepte doit se rendre à minuit, seul, dans un cimetière »… ou : « Pour l’observance de tels rites et de beaucoup d’autres, la solitude est requise, mais toutes les autres cérémonies les plus importantes comprennent l’adoration de la Shakti, l’Energie, et exigent la présence d’une fille jeune et belle, en tant que symbole vivant de la déesse ». On pense alors à la pratique masturbatoire, ressemblant à l’exacte du soupirant qui frotte la lampe (d’Aladin) attendant que le Génie en sorte. Sinon, on pense au « péché d’Onan » une « expression aujourd’hui périmée pour désigner la masturbation, dit Francis King ; il ajoute : « Rappelons qu’Onan est ce personnage de l’Ancien testament qui « répandait sa semence sur la terre », ce qui souleva la colère de Jehovah. La plupart des érudits hébraïsants pensent, de nos jours, que ce passage de la Bible ne se rapporte pas à la masturbation, mais au « coitus interruptus », pratique qui consiste à se retirer avant l’éjaculation ».
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