Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 14:03

Il existe une catégorie d’Entités encore plus proches du monde des hommes, au point de les considérer comme vivant dans un plan parallèle au nôtre. Leur condition de vie est cependant différente puisqu’elles sont invisibles, immortelles et douées d’une connaissance hautement supérieure à celles des hommes, ne serait-ce que parce que les informations dont elles disposent sur le destin du monde sont reçues du Plan Astral, qui « garde les images de tout ce qui a été, les reflets des mondes passés et, par analogie, les ébauches des mondes à venir ». La proximité de ces Entités avec les hommes ne doit pas les confondre avec ce que les mages appellent des larves, des pensées changées en des êtres invisibles, encore moins avec des élémentaires et des élémentals. Les Pères de l’Eglise les appellent des Démons.

 

L’occultisme explique ainsi cette réalité : « (…) Il y a une Nature objective et visible ; une autre invisible, intime et fournissant l’énergie, modèle exact de l’autre et son principe vital ». Si ce plan invisible fournit l’énergie du plan visible, alors combien les innombrables inspirations qui motivent les hommes d’agir dans tel ou tel domaine proviennent de lui et des Entités qui le peuplent. C’est ainsi qu’il existe sûrement des Esprits du sport, des Esprits des loisirs et d’autres du travail, des Esprits de la paix et d’autres de la guerre, etc…

 

La catégorie d’Entités qui nous intéresse ici est constituée d’une sorte de BACCHANTES présentes dans ce plan invisible très voisin du nôtre, et réputées pour être des Esprits hyper sexuels au point que les pratiques du commun des mortels dans ce domaine apparaissent comme « des jeux d’enfant ». Nous reconnaissons aisément le non sens de prétendre que des Esprits – en somme des êtres non-nés, non formés, invisibles et habitant un plan tout sauf charnel – peuvent être qualifiés « d’hyper sexuels ». Peut être en est-il ainsi parce que ces Esprits là sont directement impliqués dans l’invention de la « chose érotique » et du plaisir qui en découle. Ou encore récupèrent-ils des substances de nos ébats qui leur servent de nourriture. Personne n’en sait rien et traiter de ces choses avec frivolité est inconvenant.

 

Ces Esprits sont définis « d’hyper sexuels » pour la simple raison qu’ils sont les ardents producteurs mêmes de cette énergie si particulière appelée par ses détracteurs la licence ou la débauche. En mythologie, nous dirions que l’union du couple BACCHUS phallique et VENUS lunaire engendre PRIAPE, l’Esprit personnifié par « un membrum virile en permanente érection ».

 

Une autre évocation de ces Entités est celle des Dises ou Disir de la mythologie germanique. L’auteur Jean Paul Ronecker écrit « qu’elles sont des Esprits féminins tutélaires au service de Freya, la Déesse de la sexualité ». Cette dernière est clairement identifiée à la Lune, dont les trois phases sont chacune illustrée par une femme :

 

-          la jeune femme (ou fée) est associée aux rites magiques, elle est l’amante, l’initiatrice sexuelle ;

-          la femme mûre est liée à la maîtrise sexuelle ;

-          la femme « deux fois mûre » (ou sorcière) révèle la mystique qui se trame derrière le sexe (le sexe est magie).

 

Cette Freya est envisagée comme VENUS mais notre étude contribue à croire qu’elle peut être assimilée ici avec LILITH. Ainsi, il n’est pas bien difficile de comprendre la phrase suivante : « (…) Freya est la Maîtresse des Disir, un groupe de mystérieuses divinités ». (Jean Paul Ronecker – ABC des Runes) De plus, il est intéressant de relever combien le nom germain « Disir » ressemble au mot « désir » quand nous savons qu’elles sont les Entités puissantes du Désir.

 

A les décrire de la sorte ces Entités puissantes du Désir, obstinément portées vers la luxure, soucieuses d’influencer quiconque vers le plaisir des sens et la perversion qui s’en suit, sans cesse affairées à des œuvres de séduction, nombreux sont ceux qui les confondraient presque avec des femmes qu’ils qualifient vulgairement et bien souvent par erreur de « nymphomanes », ou pire, des « obsédées du sexe ». Car, s’il est vrai qu’elles « ne pensent qu’à ça » et aiment le faire savoir, elles sont avant tout des Esprits très puissants, éminemment influents, doués d’un pouvoir magique.

 

La description des Marouts, si elle peut être réadaptée pour ces Entités, serait la suivante : « Ces Esprits puissants représentent :

 

-          des Entités d’une Nature Astrale capables d’influencer les hommes dans le domaine psychique et physique ;

-          des Êtres capables de faire naître toutes les passions qui font rage dans l’esprit et dans le corps humain ;

-          des Etres doués de pouvoirs occultes - c’est-à-dire magiques - qui se cachent sous de multiples aspects, qui peuvent agir autant dans l’astral Inférieur qu’au plus bas de l’atmosphère terrestre ».

 

Reprenons. Nos Esprits « hyper sexuels » apparaissent comme des Instructrices des hommes, influentes dans l’invisible (d’autres les appellent des « Initiatrices »). Parce qu’elles affirment agir au nom de l’enseignement, l’occultisme les figure sous la forme d’un serpent, un symbole de la connaissance (cf. le Caducée d’Hermès). En fait, ces Esprits sont issus des « Maîtresses du Sabbat » (BACCHANTES) et forment un groupe dont l’action concerne le plaisir charnel, non pas pour son aspect basique mais pour sa mystique et son énergie produite. Ces Entités sont douées d’un goût pour les choses sexuelles qui dépasse tout entendement au point de s’impliquer directement dans toute action érotique « au nez et à la barbe » des amants légitimes ou pas. Leur audace ne connaît point de limites. Sans elles, l’action sexuelle ne connaîtrait nul érotisme, donc pas de plaisir, point de volupté, jamais de félicité. Il est important de croire que leur aptitude à la maîtrise des Arts sexuels dépasse de très loin celle des hommes, même s’ils n’ont pas de forme visible et point de corps.

 

Ces Entités puissantes du Désir, douées d’une force érotique impressionnante, produisent dans l’astral inférieur les mises en situation licencieuses qu’elles souhaitent voir se réaliser dans le plan physique. On pourrait les appeler des « Lîlâ » - un nom dérivé de Lalitâ » - puisqu’il signifie « le plaisir du jeu » et qu’en l’occurrence, cette expression est à la base de toute perversion.

 

La mythologie germanique ou scandinave nous fait connaître cette divinité Frey. Nous l’avons évoqué dans nos précédents ouvrages et identifié avec EROS. Ici, il nous intéresse pour un aspect majeur de sa personnification : ses « concepteurs » l’envisagent comme un Dieu de la sexualité en même temps qu’un Dieu de la richesse. Voici sa description détaillée par la mythologie : « (…) Traduit littéralement, Frey signifie « Seigneur ». Il est le dieu phallique de la paix, du bonheur et de l’abondance, et non de la guerre. Il est le dieu de la richesse, et rend riches ceux qui l’honorent ». (Jean Paul Ronecker – ABC des Runes)

 

Frey est considéré à la fois comme le frère, l’amant et l’époux de Freya (la rune qui lui est consacrée est Feoh : A). On se souvient de la mise en garde faite par l’auteur de la Doctrine secrète au sujet de ces liens de famille entre divinités et qui signifient tout à fait autre chose que des filiations comme le seraient celles des hommes entre eux ici bas. Freya, considérée comme la Triple Déesse ou Déesse Blanche, est censée être la Lune. Puis, douée d’une Ceinture comme celle de Vénus, nous devinons sa « doublure » présente, active, puissante et influente dans le Plan Astral. Lorsqu’enfin les auteurs de récits mythologiques distinguent Frigg (épouse d’Odin) de Freya pour la raison que la première personnifie « l’amour fidèle, l’amour conjugal » tandis que la seconde est « l’amour sexuel, la relation charnelle ou physique », nous devons admettre son influence majeure dans l’Astral inférieur le plus voisin de celui des hommes).

 

Les rituels qui permettent d’entrer en liaison avec elle (rites de communication ; rites de communion) sont tous à connotation sexuelle. Les hommes qui les pratiquent sont appelés des prêtres. L’auteur de « l’ABC des Runes » écrit : « Durant la cérémonie de la fête de Frey se produisait l’accouplement rituel d’un prêtre et d’une prêtresse qui étaient considérés comme le Seigneur (Frey) et la Dame (Freya). Le culte comportait des actes sexuels rituels, de la prostitution sacrée (qui n’a rien à voir avec la prostitution d’aujourd’hui : la « prostitution sacrée » consiste en une pratique où la femme devient l’incarnation de la Déesse évoquée - NDA), des danses, des mariages sacrés, des rites d’initiation sexuelle et des hommes travestis en femmes (ce dernier aspect est intéressant à remarquer quand nous savons par ailleurs que l’Entité puissante du Désir est perçue par l’initié comme un Œil « démesurément agrandi » ou un phallus impressionnant rayonnant érigé dans l’invisible de la femme favorable ou yoginî ; ainsi l’initié qui veut recevoir des projections du Fluide Magnétique doit multiplier les qualités qui sont celles d’une femme habituellement, à savoir « l’ouverture d’esprit, une réceptivité intuitive, une aptitude à percevoir, un « don de soi », le fait de savoir s’offrir ou de se donner – NDA) ».

 

Cette pratique n’est pas étrangement exclusive au culte de Freya puisque nous la retrouvons dans la mystique du BACCHUS grec. En effet, l’auteur Nadia Julien, qui raconte cette aventure, explique les raisons sociales qui pouvaient expliquer ce genre de mœurs en Grèce, à cette époque. Elle ne donne par contre aucune explication de cette pratique sur un plan mystique. Elle écrit : « (…) ZEUS confia alors Dionysos (BACCHUS) à Perséphone (connue comme Reine des Enfers – NDA), qui l’emmena chez le roi Athamas d’Orchomène et sa femme Ino, qui lui firent porter des vêtements féminins pour échapper à la fureur de la Déesse (Héra – NDA) ». Puis elle ajoute ce commentaire : « Dionysos est présenté avec des habits de fille comme Achille, parce c’était la coutume en Crète de garder les jeunes garçons « dans l’obscurité », c’est-à-dire dans le quartier des femmes, jusqu’à la puberté ».

 

Le seul nom de Freya (logiquement « Segnora ») suffit à l’identifier. En effet, « freya » et « frey » sont sans aucun doute à l’origine du mot anglais « free » signifiant « libre ». Dans son cas précis, Freya invite au libertinage. En temps que « patronne de l’amour libre », comme l’est de son côté l’Ishtar babylonienne, Freya se mélange parfois avec Frigga et inversement. Malgré tout, ces noms engendrent les mots « free » en anglais et « frei » en allemand. De fil en aiguille, nous obtenons « Friday » et « Freitag » pour le jour du vendredi. Et comme chacun sait, le vendredi est le jour consacré à Vénus, autrement dit l’Astarté phénicienne.

 

Freya est la Maîtresse des Disir, et par ailleurs de la magie et les enchantements. Assurément ici le couple Freya – Frey règne dans l’Astral inférieur le plus en lien avec la nature physique et charnelle des hommes. Le fait que la pratique sexuelle sert aux initiés à leur rendre directement hommage suppose qu’ils sont directement impliqués dans l’aspect physique de notre monde, même s’ils sont des non-nés, non formés, invisibles et immortels. Par conséquent, il existe des Entités de cette Nature qui ne sont « fréquentables » qu’au cours des pratiques sexuelles des hommes. Non pas qu’elles soient comptées comme des « nymphomanes » (un terme odieux et impropre), des « obsédées du sexe », car elles n’ont absolument rien de charnel ; elles connaissent autant de mystères et de secrets du monde que toutes les autres Entités, et le but de leur action, aussi paradoxal que ceci peut paraître, concerne toujours le progrès spirituel de chaque individu.

 

Mais le sexe reste tabou et peut être dangereux, rigoureusement défendu aux enfants, dégoûtant aux non initiés et répugnant pour les autres parce qu’il consiste en une épreuve initiatique au cœur de laquelle règnent des puissances ténébreuses quasiment inaccessibles d’accès pour le profane. Ces Entités n’ont pas pour habitude de « se jeter » sur le premier venu pour tenter de le corrompre et de le posséder par le Mal, comme voudraient tant le faire croire les nombreux récits chrétiens du Moyen Age ; il n’existe aucune Entité du Règne supérieur qui irait jusqu'à s’abaisser pour tenter de convertir quiconque d’humain.

 

Seulement il est un fait - et nous le découvrons une nouvelle fois avec le mythe de Freya - qu’il existe une sorte d’Entités toutes particulières qui ne peuvent être approchées que pendant la pratique sexuelle. Elles communiquent des informations, projettent des radiations particulières, ou entretiennent des liaisons mystérieuses, et qui nous échappent, avec notre corps astral. Déjà citée plusieurs fois, la description d’un rituel de la Wicca va dans ce sens : « (…) Le sexe est magie, c’est-à-dire l’art de sentir puis de modeler les forces invisibles et subtiles qui s’expriment dans le monde… (Les Entités) sont évoquées dans chaque participant. La force subtile qui modèle la réalité est éveillée… A mesure que l’excitation sexuelle et émotionnelle grandit, plus de « vapeur » est dégagée, disponible pour les usages occultes ». (Starhawk / André Van Lysebeth – Tantra, le culte de la féminité)

 

Faut-il croire encore que dans ces radiations projetées, il se trouve des effluves apportant la richesse matérielle ? C’est en tout cas ce que tente de faire croire le mythe de Frey. En effet, ce dernier ne peut que représenter, pour les initiés, la nature même du Fluide Magnétique. Cette Lumière magnétisée (OD), qui apporte la connaissance supérieure (ODIN), est la propriété des Entités puissantes du Désir « hyper sexuelles » (ici les Disir), dont la Maîtresse est LILITH (ici Freya). Si les évidences laissent croire que l’apport est simplement d’ordre licencieux, la description mythologique de Frey suggère désormais que ce Fluide Magnétique, lorsqu’il est correctement perçu par l’initié, est source de richesse. 

 

Un autre point doit être soulevé ici : les Entités puissantes du Désir n’ont point de forme physique, nous le savons, cependant elles peuvent véhiculer des images d’elles projetées dans leur Règne du Plan Astral inférieur. Alors ces Entités décrites ci-dessus peuvent aussi produire des images forcément érotiques et qui constitueront les sources d’inspiration pour les futures pratiques semblables des hommes d’ici bas. Aussi ce temple peut bien ressembler au plus vulgaire des lupanars, il n’est pas autre chose que le véritable Empire des Sens duquel ces Entités, douées de pouvoirs très puissants, règnent autant sur le psychisme que sur le physique des hommes.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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