Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 14:03

De toutes les divinités connues, ASTARTE (Astarté) rassemble le mieux les multiples aspects abordés jusqu’ici. En effet, les mystiques la situent dans le Plan Astral inférieur (qu’ils appellent le principe des ténèbres ; or, nous savons que « la Lumière Astrale n’est que ténèbres pour le mortel »). Elle est par ailleurs considérée comme une Divinité de la Lune. Son nom s’écrit de plusieurs façons différentes, comme Astaroth (Asheroth), Astoret, Anat, Ashera ; Astarté est identifiée autant avec Ahathoor qu’avec Ishtar et sa légende, fondée sur la « descente aux enfers », ressemble à celle du couple Isis – Osiris. Elle est associée au Dieu Ba’al ou Baal, futur Démon chez les Chrétiens, et dont l’un des noms devint Belzébuth ou Ba’al-Zaboub, soit le « Seigneur des Mouches ». En somme, ASTARTE, ou encore Bêlit – Bêlith – devient la « Maîtresse des Mouches ». Cette expression curieuse ou surprenante a pourtant une explication que connaissent seulement quelques initiés. Enfin ASTARTE, vêtue de rouge et de noir, connue pour se dévoiler lors des scènes de débauches qui lui étaient consacrées, apparaît comme une véritable Dominatrice, de fière allure, impressionnante et supérieure.

 

L’initié, doué d’une faculté sensorielle particulière, est capable de percevoir, dans l’invisible de certaines situations, des Entités aux morphologies modifiables, de couleur noire le plus souvent, avec des membres longs et une tête comme celle d’une mouche. Leur sommet du crâne est surmonté d’une corne qui pointe comme une antenne. Leurs yeux ne sont pas visibles : seule l’ouverture est visible et son inclinaison est oblique par rapport à des yeux d’homme. Ces Entités ont des pattes agiles et la glu dont ils disposent au bout de leurs membres leur permettent de sauter et de s’accrocher à quiconque les intéressent. Nous pourrions encore ajouter beaucoup d’éléments descriptifs mais ceux-ci suffisent déjà à faire comprendre qu’une comparaison est possible entre ces êtres et des mouches, sans les confondre surtout.

 

ASTARTE ou Bêlith sont naturellement identifiables avec LILITH ; de même, les auteurs s’accordent à affirmer que la VENUS des latins n’est autre, en réalité, que l’ASTARTE des Phéniciens. Donc, VENUS est avant tout une Divinité lunaire. Et Ba’al est le BACCHUS des Romains.

 

Si nous utilisons donc le nom « ASTARTE », c’est davantage pour situer l’Entité puissante du Désir « hyper sexuelle » dans le Plan qui lui revient (Plan Astral inférieur) afin de lui accorder crédit d’une influence probable pour ne pas dire prépondérante sur la libido de chaque humain. En ceci, elle est identifiable parfois avec LILITH ou LALITA, mais c’est sa façon d’être « foncièrement » concernée par le sexe sous sa forme de « débauche » - le terme « débauche » est utilisé dans les cultes rendus à BACCHUS et à ASTARTE, en convenant cependant que son sens initial a été largement travesti de nos jours – ou « d’orgie » qui confirme le rôle accordé à ces Entités puissantes du Désir « hyper sexuelles » et uniquement abordables au cours de pratiques sexuelles.   

 

Même l’orthographe officielle d’un nom peut proposer un assemblage plus ou moins faussé, leurs auteurs originels ayant choisi de le déformer pour ne pas dévoiler au profane ce qui doit demeurer secret ad aeternum. C’est pourquoi les tentatives pour comprendre les mystères d’un nom, même les plus facétieuses, n’ont rien d’inutile et même si elles ne touchent jamais le cœur de l’occulte, les explications qu’elles proposent suffisent à mieux connaître la nature de l’Esprit divin évoqué.

 

C’est le cas pour ASTARTE. Ce nom est d’origine phénicienne. En fait, nombreux sont les noms orthographiés d’une autre façon et qui concernent la même Entité : c’est le cas pour Anat, Ashera, Astaroth, Astoreth, Ishtar et même Hathor.

 

« L’Ishtar de Babylonie, l’Atagartis de Syrie, l’Aphrodite orientale (et donc la Vénus romaine – NDA) sont identifiables avec l’Astarté de Phénicie et de Canaan. En tant que lune, cette dernière apparaît comme une triade, selon les trois phases de cet astre : elle est envisagée comme Déesse du Ciel, Déesse de la Terre et Déesse des Enfers ». Ceci convient sur le plan religieux mais nous convenons d’Astarté comme une triade en mystique, nous la trouvons présente dans le Plan Spirituel supérieur, dans le Plan Astral et dans l’Inférieur Astral en tant qu’Entité toute puissante. C’est cette dernière qui nous intéresse ici.

 

(Il peut être utile de relever, au sujet du nom « Ishtar » qu’il existe, dans la langue sanscrite, un mot ayant une forte ressemblance avec lui puisqu’il s’agit de « Ishta », signifiant « élue ». En fait, le mot sous entend une pratique rituelle dont la forme équivaut à une forme de célébration somme toute classique mais dont le fond, compte tenu de l’ensemble de notre étude, laisse deviner un processus correspondant à celui consacré à ASTARTE ou à LILITH, l’Ardat Lili ou la Zermashitu.

 

L’auteur de « L’Enseignement secret de la Divine Shakti » écrit : « La forme la plus simple du culte consiste en la vénération (pûjâ) d’une image de la Divinité. Ladite image peut être purement mentale : le fidèle concentre sa pensée sur le nom de la Déesse, puis « construit » la figure qu’il va adorer (…) : tel visage, tels vêtements, tels attributs brandis par tant de mains, telle position de jambes, tel animal de compagnie, etc… » (la figure télésmatique permet une telle approche – NDA). Lorsque l’image mentale est là, toute entière, il peut la contempler et lui dédier ses prières ou chanter ses louanges. C’est là la forme du culte de l’adoration mentale à laquelle les initiés s’adonnent en l’absence de toute image concrète de leur « divinité d’élection » (ishta-dévatâ), c’est-à-dire de celle qu’ils ont choisie dans le panthéon pour lui vouer un culte intérieur ».)

 

Les initiés écrivent à son sujet : « (…) Servie par des collèges de prostituées sacrées, elle est elle-même la prostituée divine qui se porte garante des rites de souveraineté. Elle est en même temps la Terrible et la Compatissante, la Déesse du Plaisir (L’Entité puissante du Désir la plus supérieure) ». (Encyclopédie des Symboles)

 

Loin de détailler ici son histoire, d’autres l’ayant fait mieux que nous (Lilith, la Lune Noire – Les Gouttelettes de Rosée), nous précisons simplement quelques points importants de sa « biographie ». D’abord, il y a l’Antique Déesse-Mère Innana ou Innini qui devient Ishtar, la Grande Déesse honorée à Babylone. Un fossé se creuse rapidement entre les deux divinités, qui n’en font en réalité qu’une : à Ishtar est peu à peu retiré le caractère érotique des nombreux rituels qui lui sont dédiés en vue de purifier son culte, tandis qu’Innana devient clairement une Divinité de la débauche ». L’une comme l’autre étant Astarté, le culte rendu à la première veut préserver un caractère religieux toujours plus « propre » et plus correct pendant que la seconde devient « la personnification de la concupiscence ». Cette Innana Astarté devient rapidement « la patronne de l’amour libre ». Le phénomène des incubes et des succubes lui revient : l’incube est appelé en accadien « Lillal » et la succube « Ardat Lili ».

 

« Ardat Lili », d’abord Servante de l’Astarté licencieuse, devient bientôt son alter ego, car « le sens immoral des luxures consacrées à l’une et à l’autre » finissent par les dénaturer en vampires succubes. Cependant, ne nous y trompons pas : l’érotisme, même le plus torride ou le plus indécent, lorsqu’il est abordé sous sa face mystique, n’est jamais seulement une fantaisie vulgaire et de surcroît primaire : elle voile un ésotérisme subtil, assimilable par les seuls initiés. Ainsi l’auteur Michel Desimon recense les différents aspects de LILITH :

 

-          la LILITH biblique, avec un impressionnant corpus de textes apocryphes ;

-          la LILITH mystique et érotique ;

-          la LILITH des évocations et conjurations, une ramification à caractère ésotérique et magique.

 

Finalement, LILITH travaille pour ASTARTE et inversement. Pourquoi ne pas affirmer qu’elles sont les mêmes divinités ? Parce que la première « traîne » avec elle cette réputation d’être contre tout acte de procréation, tandis que la seconde, avatar d’ISHTAR, est avant tout une Divinité de la génération et de la fertilité.

 

Le même auteur cité plus haut explique que LILITH est appelée « Zermashitu », un mot signifiant « celle qui oublie la semence ». En fait, nombre de ses fidèles pratiquaient ce que les Tantristes appellent la « rétention du semen ». Les initiés tenaient à ce que le semen soit gardé en eux, puis changé en lumière (Mahârasa), jusqu’à ce qu’il soit récupéré par les succubes. Comme la richesse d’un pays se mesurait au nombre de ses habitants, nous comprenons pourquoi les pratiques effectuées par les initiés de LILITH furent considérées comme dangereuses pour l’avenir de la patrie. Et LILITH devint une incarnation du Mal avant de devenir une Diablesse.

 

Mais il ne fait aucun doute, si nous considérons ici le seul plan de l’Astral inférieur, que nous trouvons ASTARTE et LILITH présentes côte à côte, à moins qu’elles soient définitivement la même Entité. Au cas contraire, elles sont deux Maîtresses influentes et prépondérantes du Règne des Entités puissantes du Désir et autres Esprits des Sensations. Un auteur astrologue n’hésite pas à écrire que « LILITH, positionnée « à cette hauteur », donne une puissante influence au sujet sur les aspects matériels, charnels, le goût des basses jouissances, gloutonnerie, érotisme puissant, etc… »

 

Cette ASTARTE présente et influente dans l’Astral inférieur ne fait pas non plus « dans la dentelle ». Elle aussi endosse l’habit de la nymphomane mais il serait malaisé de ne la considérer que de la sorte puisque ses fidèles sans cesse l’évoquent, l’honorent et même la prient. Ils savent bien qu’elle est beaucoup plus que cela. Déjà elle permet aux initiés de traverser le premier voile qui les séparent du plan de l’invisible où agissent certains Esprits puissants.

 

ASTARTE, l’Entité puissante du Désir, la Maîtresse dominante, est assimilée avec la Lune : aussi hérite-t-elle de sa réputation érotique. Surtout, elle est intimement liée avec le fameux Sabbat lunaire. Et BA’AL devient ainsi l’avatar de l’Antique SATURNE.

 

A propos des danses, on dit qu’elles revêtent officiellement un caractère astronomique et mystique certain ; celles effectuées au fond des bois par les BACCHANTES, honorant pourtant le même culte, proposent une interprétation toute opposée. Edouard Schuré écrit dans son livre « Les Grands Initiés » : «(…) Chez les Thraces, les Prêtresses de la Lune étaient tour à tour magiciennes, séductrices (…), elles avaient leurs sanctuaires en des vallées sauvages et reculées. Par quel charme sombre, par quelle ardente curiosité hommes et femmes étaient-ils attirés dans ces solitudes d’une végétation luxuriante et grandiose ? Des formes nues – des danses lascives au fond d’un bois… puis des rires, un grand cri – et cent bacchantes se jetaient sur l’étranger pour le terrasser. Il devait leur jurer soumission et se soumettre à leurs rites ou périr (…). La nuit, les bras enroulés de serpents, elles se prosternaient (…) et évoquaient « BACCHUS souterrain, au double sexe et à face de taureau ». Elles en faisaient autant devant Hécate qui n’est autre que la LILITH magicienne ou ASTARTE.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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