Partager l'article ! Le symbole de la panthère: Nous devons ici ouvrir une grande parenthèse concernant ces Divinités figurées sous la forme d’animaux. Ici, ...
eros666
Nous devons ici ouvrir une grande parenthèse concernant ces Divinités figurées sous la forme d’animaux. Ici, nous le remarquons, les évocations mythologiques ou ésotériques des Entités supérieures nous les figurent sous la forme principalement d’un taureau, d’un bouc, d’un serpent ou d’une panthère. Tant d’autres animaux sont utilisés pour représenter des Divinités (surtout dans la mythologie égyptienne) ; cependant, pour notre sujet principal, les quatre animaux cités à l’instant dominent d’importance.
Nous comprenons d’office que le bouc concerne le mâle (Aleister Crowley écrit : « Celui qui craint le bouc a peur du phallus ») ; pourtant, une LILITH au moins (la Lilith hermétique) est montrée sous la forme d’un bouc. Nous voyons fréquemment des Entités comme Saturne, Baal, Bacchus, Satan, mais aussi Agni ou Shiva représentés sous la forme d’un bouc. De son côté, le taureau figure davantage des Divinités féminines, du seul fait déjà que ses cornes illustrent, d’une façon originale, des phases de la Lune. Aussi l’animal représente le plus souvent des Entités féminines, surtout lorsqu’il s’agit d’Esprits impliqués dans l’art érotique. Le taureau étant fougueux et impétueux, il image parfaitement la nature des Divinités d’aspect féminin souveraines du Désir.
Le serpent, nous l’étudions sans cesse, et à chaque instant, nous saisissons davantage pourquoi il est tant considéré comme un Tentateur de l’Amour. Nous le découvrons presque plus féminin que masculin. D’abord identifié avec Satan, nous en faisons à présent l’effigie de LILITH (Ishtaritu Lilitu – Kiel Lillal et les Nagî Apsara, etc…)
Et ce n’est pas Pierre-Henry Salfati qui dira le contraire puisque lui-même écrit dans ses « Rencontres avec des diables remarquables » : « (…) Ainsi donc la première véritable figuration de Satan serait une femme, une femme de la nuit » ; et plus loin, voulant confirmer son propos : « (…) Or, s’il s’agit, avec Lilith, de la première figuration de Satan, avant même l’évocation du Serpent ; c’est qu’elle est l’image de la tentation primordiale ». (Le Diable ; Colloque de Cerisy ; Cahiers de l’Hermétisme)
Il reste à comprendre pourquoi la panthère est considérée comme un animal susceptible de représenter un ou des aspects propres à l’activité érotique. Déjà, on sait que sa peau tachetée remporte un intérêt qui vaut pareillement pour celui que les hommes manifestent à l’égard de la peau d’une femme, sa douceur, son odeur, etc… Car la panthère est un félin… parfumé.
Dans « Dionysos mis à mort », l’auteur Marcel Detienne écrit : « La panthère est une bête parfumée. Aucune bête ne dégage naturellement une bonne odeur, écrit Théophraste, sauf la panthère. (…) Sa bonne odeur, la panthère la connaît et l’utilise pour capturer ses victimes. Aristote explique que la panthère se rend compte que les animaux sauvages aiment humer son parfum ; elle se cache pour les chasser ; ils s’approchent tout près, et elle attrape ainsi même les biches. (…) Dans sa technique de chasse, la panthère combine la tromperie et la séduction : le piège qu’elle tend à ses victimes n’est autre que son corps de fauve dont le parfum fait oublier la mort vorace qu’il recèle en lui-même. Cette séduction par l’odorat devait entraîner l’intime association de la panthère avec l’image de la femme parfumée au corps désirable ».
« Pour s’emparer des panthères, les hommes n’ont qu’à retourner contre eux leur pouvoir de séduction et de tromperie. La recette en est livrée par Oppien : c’est l’arôme du vin. Il suffit d’en répandre quelques flacons à proximité d’un point d’eau. Alertées par l’odeur, les panthères s’approchent et boivent autant qu’il y en a. Il ne reste plus qu’à s’en emparer en profitant de leur ivresse ».
Pour revenir un instant sur l’association panthère / femme, l’auteur cite encore Aristophane : « (…) Pour lui, une courtisane est une panthère. Mais le mot n’a pas la connotation injurieuse et méprisante. Dans (une pièce intitulée) Lysistrata, après la défaite des mâles contraints de céder aux arguments de leurs épouses, le coryphée masculin rend un hommage à la puissance du désir que fait naître le corps féminin : « Point de bête plus indomptable, point de feu plus dévorant, nulle panthère aussi audacieuse ». Les amies de Lysistrata viennent précisément de montrer qu’avec les chemisettes transparentes, les petites tuniques safranées et les parfums, elles sont capables de faire « rôtir », et de « mettre sur le gril leurs époux ». (Marcel Detienne ; Dionysos mis à mort)
Tout ceci jusqu’à cette autre explication qui en rejoint une autre par ailleurs : « (…) (Myrrhina) qui s’éclipse, après s’être inondée de parfum, en laissant son mari se consumer, ne fait-elle pas preuve d’une férocité plus grande que la panthère envers les victimes convoquées par son odeur ? » Cette seule phrase, apparaissant comme une question posée sur une attitude adoptée par une femme (Myrrhina), sur sa façon de se comporter, d’un point de vue d’une réflexion presque philosophique, correspond pourtant, si nous la lisons avec une compréhension mystique, à la fameuse technique exposée par Julien Vendatour au sujet des femmes initiées celtes : « (…) Il arrivait que des femmes initiées se mettent toutes nues (devant les guerriers) ; puis elles choisissaient l’un d’eux qu’elles prenaient en charge pour l’initier. (…) Cela se passait de la sorte : elles l’excitaient sexuellement et se refusaient à lui ». Nour reviendrons sur cet aspect des choses plus loin…
Aimant l’alcool et douée d’une séduction « féroce », la panthère est un animal fétiche pour le culte de BACCHUS (Dionysos) ; aussi voyons-nous, sur de nombreuses gravures, des panthères tirer son char.
De plus, nous connaissons une Divinité de L’Egypte Antique, non pas accompagnée par une panthère, mais représentée sous sa forme : « (…) Les effigies de chats domestiques on peu à peu remplacé celles des Divinités léonine - ou à face de panthère - ; la Déesse BASTET était ainsi, en des temps très anciens, représentée sous les traits d’une lionne – ou d’une panthère - ».
Pour Aristophane, « la panthère combine tromperie et séduction » et l’auteur ne manque pas d’associer l’animal tacheté avec la femme. D’autres auteurs suggèrent la peur au lieu de la tromperie, un autre moyen soi-disant connu comme une technique pour que « le sujet conserve son semen ». Michel Desimon propose son explication : « (…) La prostitution sacrée (qu’il ne faut surtout pas confondre avec la prostitution actuelle, une pratique et l’autre n’ayant strictement rien de commun - NDA) était un élément de purification et de destruction des éléments impurs, des scories psychiques. Ainsi, les courtisanes sacrées (rappel : Aristophane utilise ce mot « courtisane » et lui adjoint un synonyme : « panthère » ; sans aucun doute il connaissait le culte de BASTET, pratiqué en Egypte. Mais, soulignons-le ici, des pratiques de ce culte ont très certainement été récupérées par celles qui ont mises en œuvre le culte de BACCHUS avec ses BACCHANTES, accompagnées par des panthères. D’ailleurs, on sait qu’Aristophane connaissait très bien les Mystères de BACCHUS comme Plutarque par ailleurs – NDA), attachées au culte de la Déesse BASTET en Egypte, manifestent un aspect dévorant voire parfois infernal. « BASTET vampirisait la vitalité sexuelle des hommes, mais dans un sens mystique ». (Jean Louis Bernard ; Les Archives de l’Insolite et L’Egypte dans Bandelettes) Son caractère – exactement comme celui de Kiel Lillal ou Ishtaritu Lilitu – doit être compris comme une réaction contre l’identification et l’enchaînement au monde illusion (MAYA) ». (Michel Desimon – Lilith, la Lune Noire) C’est par ailleurs le signe de l’initiation avec sa quête, sa seconde naissance, la compréhension douloureuse de la chute dans le monde d’en bas, etc…
Mais comme à chaque fois, si nous ne gardons, pour notre part, que les aspects purement érotiques du sujet, BASTET figure une panthère, c’est-à-dire, qu’elle recèle le plus grand pouvoir de séduction sans pour autant que son but ultime soit celui du seul plaisir éphémère qui plaît tant aux hommes. Quant à la tromperie, elle concerne obligatoirement l’action de la « seconde épouse », la « femelle nocturne », la Succube, soit Ardat Lili, Kiel Lillal ou Ishtaritu Lilitu. C’est l’image, à la fois cocasse et pourtant pleine de mystère, d’un homme qui croit faire l’amour à une femme pendant qu’il est, sans le savoir, en union avec l’Entité puissante du Désir… Comme peut le faire la panthère pour d’autres motifs, la Succube est capable de supplanter la femme qui fait l’amour, de prendre sa place en un instant puis de disparaître aussitôt, d’influencer pendant quelques secondes ou de très longues heures, sans même qu’aucun des deux partenaires ne remarque quoi que ce soit d’anormal.
Inutile de chercher si BASTET est LILITH, ou si elle est ASTARTE. En fait, un rituel qui lui est consacré, censé être le Testament d’Aleister Crowley, marque : « (…) Toi, Reine, Toi la Belle, Ishtar ». Puisque la pratique du semen, et toutes les autres pratiques sont les mêmes dans le culte de BASTET comme dans celui de LILITU, forcément, sous leurs aspects ésotériques à chacune, elles ont la même identité. Le fait qu’une Entité soit personnifiée de différentes façons permet de distinguer et d’honorer plus particulièrement certains de ses trop multiples aspects.
Appelée plus tard « la première étoile brillante de la nuit », soit VENUS, puis ANAT, elle finit par s’identifier toute seule avec ASTARTE ou encore Ishtaritu Lilitu.
Et encore : « (Elle) devint successivement taureau, lion(ne), léopard ». Des aspects du culte de BASTET se retrouvent dans celui des BACCHANTES. C’est pourquoi on les dit accompagnées par des panthères. D’un point de vue strictement ésotérique, les explications sur le symbole du léopard chez les Egyptiennes ont inspiré les initiées aux Mystères de BACCHUS. D’ailleurs, quand la panthère BASTET se change en un chat, ce dernier est considéré pour son lien mystérieux qu’il est censé entretenir avec la Lune, l’astre si cher aux Prêtresses d’Hécate et de LILITH.
Il faut relever la ressemblance entre ces deux phrases ; la première dit : « (…) La panthère combine la tromperie et la séduction : le piège qu’elle tend à ses victimes n’est autre que son corps de fauve dont le parfum fait oublier la mort vorace qu’il recèle en lui-même » ; et la seconde, en évoquant une chasse particulière appelée « chasse d’Aphrodite » pratiquée par une femme courtisane, explique : « (…) Le désir est le piège, et qui en est victime est saisi d’amour ». Comprises dans un sens mystique, ces deux phrases apportent la compréhension suivante : l’Entité puissante du Désir, « Celle qui rend possible tout mouvement (érotique) », est comparée à une panthère tant leurs deux façons d’agir, dans des activités très différentes, sont semblables (tout désir est compté en mystique comme une énergie, c’est pourquoi il est écrit avec un « D » majuscule. De plus, une Entité d’essence divine vient personnifier cette énergie). Le Désir apparaît ici comme un piège ; celui qui fait la démarche de s’en approcher est déjà « condamné ». L’énergie du Désir est semblable au parfum puissant et invisible que dispense la panthère : elle se propage en effluves irrésistibles où bon lui semble et vient troubler qui elle veut. Elle est trompeuse car nul sujet la devine du premier coup et chacun peut se prendre, naïvement et innocemment, dans ses filets.
Sitôt un homme éprouve le moindre désir qu’il est déjà sa victime. Il lui obéit et se soumet à lui, tant sa vulnérabilité dans ce domaine est grande. La force du Désir est la plus puissante. Tout homme, ou presque, peut accepter de devenir un esclave pour satisfaire son désir le plus cher. C’est même une raison pour laquelle il s’incarne dans ce « bas monde », en conformité avec la formule du mystique Akron : « (…) Nous devons descendre (en bas) pour mourir, afin de pouvoir renaître dans le Moi (corps astral – corps divin), afin de remonter le plus haut possible ». Nous acceptons de nous soumettre en espérant que cette soumission aura valeur de gloire et de rédemption dans l’au-delà. Les mystiques ascétiques prônent l’abstinence des désirs, le temps de l’ascèse : mais combien sont-ils à tenir pareils sacrifices ? Et ces derniers, sont-ils bien « source de gloire » ? Bref, discourir d’une façon spirituelle ou à l’inverse philosophique au sujet du Désir concourt uniquement à faire de cette force une énergie aux vertus négatives (par exemple : Arthur Schopenhauer : Aphorismes sur la sagesse dans la vie).
Dans le tantrisme, il convient au guerrier de ne point chercher à combattre la force du Désir mais au contraire à s’en servir pour mieux se connaître soi-même. On le sait, la « démarche » tantrique consiste toujours en une quête en direction de l’intérieur, vers soi.
En découplant le Désir de celle qui le projette, nous découvrons une énergie semblable à l’action déployée par la panthère pour attraper ses proies. Celle-ci une fois personnifiée par une figure représentant une Divinité, nous découvrons la Serpente couverte d’une parure d’un léopard. En fait, l’animal tacheté figure un aspect précis de cette Energie dispensée par la Serpente, qui concerne sa force attractive redoutable capable de s’abattre sur sa proie d’une manière « vorace », ne laissant aucune chance à la victime de se sauver.
En mystique pure, le Désir est une conséquence du phénomène d’attraction, soit de l’électricité magnétisée. Eliphas Lévi écrit qu’il préfère appeler « lumière » cette force magnétique. Qui dit lumière dit Fluide Magnétique, et une fois encore la formule OD – OB – AOUR. Cette fois, c’est la nature du Fluide qui nous intéresse. Elle est agressive (elle ne connaît ni frontières, ni territoires interdits), combative (elle gagne toujours), séductrice (son parfum invisible est irrésistible) et trompeuse (elle peut exister là où nul ne la voit ni la perçoit), comme les aspects décrits ici de la panthère.
BASTET personnifie la nature du Fluide Magnétique décrite ci-dessus. D’où l’évocation que « BASTET montre un aspect dévorant voire infernal ». Où encore que les femmes celtes initiaient sexuellement les guerriers « mais leur faisaient parfois peur ». La force du Désir est si redoutable qu’elle peut causer le plus grand bonheur comme le pire malheur. Elle est indomptable (comme la panthère). Tout initié doit donc l’approcher avec une certaine méfiance, ce qui se traduit par une humilité, un respect, une déférence. Car l’homme devant le Désir est un esclave : et cette condition d’être peut faire de lui un homme abattu ou au contraire, par l’illumination, un homme nouveau né.
Un autre propos semblable est trouvé entre l’auteur qui évoque BASTET et celui qui traite des femmes initiées celtes ; le premier dit : « BASTET vampirisait la vitalité sexuelle des hommes mais dans un but mystique » ; le second ajoute : « Mais en même temps, par des évocations d’esprits et des transformations qu’elles arrivaient à réaliser, elles créaient des rapports entre la sexualité et la peur ». Dans la première citation, le verbe utilisé « vampiriser » peut valoir pour un synonyme de « vouloir faire peur ». Dans ce cas, la première situation décrite et la seconde sont finalement les mêmes. Mais « vampiriser » concerne généralement l’action des « vampires », tout comme celle des Succubes. Par définition, le vampire est un être mort (par extension, un « être d’un autre monde ») qui vient dans ce monde pour sucer le sang des vivants, sa nourriture. Par cette façon de faire, il nous fait penser aux Lamies de la mythologie grecque. L’auteur Nadia Julien dit « qu’elles sont des « fantômes féminins » d’une grande beauté qui, comme les vampires, sont friands de sang humain. Ils se déplacent en émettant une sorte de sifflement (cf. déplacement en zigzag du serpent – NDA) et se transforment parfois en serpents ». Ne serait-ce qu’avec cette seule explication, mettant en relief des « fantômes féminins d’une grande beauté capables de se transformer en serpent », nous devinons l’Entité LILITH, Kiel Lillal, Ishtaritu Lilitu et Nagî Apsara. Joël Schmidt nous apprend que les Lamies sont des Entités dépendant de Lamia, dite la Gloutonne. Il écrit : « (…) Lamia prend l’apparence d’un fantôme (comme la Succube – NDA) ; elle avait été autrefois une belle jeune femme (Lilith, la première femme avant Eve ? – NDA). (…) Héra la priva alors de sommeil (Kiel Lillal ou Ardat Lili, la « seconde épouse femelle nocturne » - NDA) ; Zeus, pour consoler son amante, lui accorda le pouvoir d’enlever ou de mettre ses yeux à volonté (cf. les chapitres concernant l’œil (Ayin) et l’œil « démesurément agrandi »).
Le Rituel de BASTET dit : « (…) Voici que l’heure vient et le sistre sonne sept fois, prenez garde, la Déesse est dans son Heure, Elle vient en dansant. Elle vient en chantant. Elle vient avec sa faim de sang et de semen. Elle est le Commencement et la Fin, le Germe et le Fruit, et toi, tu n’es que la fleur ». Avec la seule phrase : « Elle vient avec sa faim de sang et de semen » (semen subtil), l’auteur de ce texte suggère que BASTET agit à la ressemblance d’un vampire, ou d’une Lamie. En mystique symbolique, le langage crépusculaire utilisé veut que les mots ne soient pas considérés dans leur sens premier ; ainsi le sang n’est pas ce liquide rouge qui coule dans les veines de chaque homme mais sa vie. De fait, la Déesse vient chercher chez le sujet ce qu’il lui consacre de vie, le temps qu’il passe à l’honorer. Le semen fait appel à quelque chose de plus subtil et qui concerne la lumière subtile, non physique, nous le savons. « Shukra » signifie la « lumière de la Lune » et fait référence au semen mâle. Ce dernier doit être transmuté pour devenir une sorte d’élixir, puis une lumière chargée de changer le corps astral en corps de lumière, le futur véhicule de l’homme « après sa mort ». Cette transmutation ne se fait pas sans une aide supérieure. Le Rituel de BASTET démontre qu’elle participe à cette opération.
Dans ce cas, le verbe « vampiriser » n’est pas synonyme de « vouloir faire peur ». Cependant, nous ne pouvons nous ôter cette éventualité. Alors BASTET apparaît comme la plus authentique Dominatrice car personne ne lui résiste. Son pouvoir – la force du Désir – recèle en lui une violence, une puissance conquérante, un art de l’attaque soudaine, une séduction qui ne connaît aucune limite. Nombreux sont les auteurs qui traitent de ces sujets en les prenant « au pied de la lettre ». Ainsi nous décrivent-ils des BACCHANTES se comportant comme des panthères, cannibales et destructrices, tueuses d’hommes et heureuses de manger leur chair crue. En mystique, rien de tout ceci est concevable. La panthère doit être décelée dans la force violente qui peut se dégager d’un désir fougueux par exemple. Cette puissance soumet le sujet au point de lui apparaître comme une Dominatrice. La peur devient ainsi une traduction de cette soumission mais elle n’a rien à voir avec une peur vécue par un sujet dans le monde profane. L’initié éprouve un sentiment de peur parce qu’il a conscience d’être impressionné par cette force qui règne dans la puissance du Désir. La Maîtresse initiatrice exploite cette forme de « férocité » qui peut régner dans le pouvoir redoutable du Désir ou de l’attraction. On le répète : « (…) Myrrhina (une courtisane) qui s’éclipse, après s’être inondée de parfum, en laissant son mari se consumer, ne fait-elle pas preuve d’une férocité plus grande que la panthère envers les victimes convoquées par son odeur ? » Et plus loin : « Pline insiste : la panthère est habile à se dissimuler. Car si les animaux sont tous étrangement attirés par son odeur, en revanche la mine farouche du carnassier les met en fuite. C’est pourquoi la panthère prend grand soin de cacher sa tête autant que le reste de sa personne ». La panthère dispense son parfum (le Désir) mais se cache soigneusement (la « force féroce » contenue dans le Désir). Ici Myrrhina la courtisane éveille fortement le Désir chez son mari puis se montre volontairement totalement indifférente à sa situation de mâle excité. Autant pratiquent les femmes initiées celtes, les initiatrices du temple de BASTET ou des BACCHANTES. Comme il convient à ces courtisanes d’éveiller chez l’homme l’envie la plus forte sans le satisfaire physiquement puisqu’il faut l’aider à produire du semen sans qu’il ne le perde, ce dernier étant destiné « aux affaires » des Lamies, des « fantômes féminins d’une grande beauté », de BASTET ou de Kiel Lillal, d’Ishtaritu Lilitu ou de Nagî Apsara.
On connaît le sens commun du mot « courtisane » grâce au dictionnaire : « Prostituée d’un rang social élevé ; personne capable de séduire quiconque ». Le même mot envisagé sous son sens mystique impose de redéfinir le terme « prostituée » aujourd’hui détourné de son sens originel. En fait, il concerne la prostitution sacrée, une pratique qui voit une femme initiée incarner une Divinité précise « afin qu’elle découvre sa véritable identité en relation avec l’Entité divine qu’elle honore ». De même, l’homme mâle se sert de ce moyen pour se mettre en lien d’adoration et de vénération avec la Déesse. C’est ainsi que des mystiques appellent « courtisanes » des Entités supérieures, celles du Désir. Aristophane utilise le mot « panthère » comme synonyme de « courtisane ». Ainsi, il nous met sur la voie. Il existe des femmes courtisanes et des Entités supérieures désignées par ce même mot, appelées de plus « panthère » parce qu’elles sont les Dispensatrices du Désir, nommé aussi « piège ». C’est pourquoi la femme courtisane est entendue comme une prostituée « d’un rang social élevé, fréquentant une cour » car Celle qui est appelée par le même nom dans le Plan Astral est une Entité supérieure, exclusivement dominatrice.
C’est forcément ici que nous retrouvons l’Entité « Feu-Serpente » ou Nagî Apsara. En effet, un texte la concernant, la décrit exactement ainsi : « (…) Son aspect premier est celui de « Quintessence des Eaux » ; son aspect second est celui de courtisane, la « patronne » du Désir ; dans ce domaine, elle est la Souveraine en même temps que la Messagère de Kâlî – ici Kiel Lillal et Ishtaritu Lilitu – ; elle appelle en outre les hommes à l’amour de la Divinité ». En somme, et pour conforter le propos d’Aristophane, cette Nagî Apsara courtisane est une « panthère ».
Nagî Apsara la Serpente voit sa peau muer sans cesse et l’une d’elles est sûrement celle d’une panthère tachetée. D’autres ajoutent que « le feu sacre le corps » et donc « l’ardeur sacre le corps du Désir », ce dernier devenant le temple de l’Entité puissante supérieure chez la femme favorable ou yoginî. Le feu « sépare le subtil de l’épais », en conformité avec la Table d’Emeraude ; c’est comme « la prostitution sacrée (pratiquée dans le temple de BASTET) qui sert comme un élément de purification et de destruction des éléments impurs, des scories psychiques ». (Michel Desimon – Lilith, la Lune Noire) Ainsi les « courtisanes mystiques » de BASTET sont les Nagî Apsara de Kâlî, ces Entités puissantes et supérieures qui sont les Souveraines du Désir dans leur monde comme dans le nôtre. Car c’est cela la meilleure interprétation de la lame 6 de l’Amoureu(se) : la panthère astrale (l’Entité puissante du Désir) fréquente notre monde au point de connaître l’amour avec les hommes mâles, par l’intermédiaire des courtisanes, des femmes favorables ou yoginî.
Enfin, il n’y a pas que des panthères tachetées. Nous connaissons bien le léopard noir ou le jaguar. De son symbole, Nadia Julien écrit « qu’il est associé à une Divinité Lune - Terre », signifiant clairement qu’il s’agit d’une Entité supérieure (de l’Astral) pouvant influer jusque dans les moindres pores de la chair humaine. Plus loin, l’auteur ajoute : « (…) Le jaguar symbolise le besoin de puissance, de jouissance charnelle ». CQFD.
Les légendes Maya nous intéressent également ; l’une d’elle dit que « les Prêtresses Magiciennes se présentent sous la forme du jaguar et elles sont l’expression des phases de la Lune », d’où cette dérive de BASTET lionne ou panthère qui apparaîtra plus tard figurée par un chat.
La Feu-Serpente, couverte de la parure d’une panthère, figure son aptitude à régner comme une Souveraine jusque dans les plans les plus physiques de la création ; autrement dit, pour reprendre un verset de la Table d’Emeraude - « Sa force est entière si elle est convertie en terre » -, nous pourrions proposer l’aphorisme suivant : « Sa force peut régner jusqu’au bout des ongles ». Car les ongles de la femme favorable ou yoginî ressemble toujours à ceux d’une panthère.
La Feu-Serpente apparaît au monde manifesté, dans le cœur des hommes, dans leur esprit et dans leurs yeux sous la forme d’une panthère. Cette réalité relationnelle, nous la trouvons dans le caractère sacré « Nun » de son nom « Nagî Apsara ». « Nun » est entendu comme le scorpion, un animal réputé comme un emblème de la mort ; de plus, « Nun » correspond avec la lame 13 de la Mort. En mystique, nous comprenons qu’au lieu de mort, il s’agit de l’homme, c’est-à-dire de l’être immortel (corps divin & corps astral) qui s’est revêtu d’un vêtement « mortel » (corps physique), c’est-à-dire soumis à la condition mortelle. Ainsi, le sens ici de ce caractère sacré est que l’Entité supérieure est influente jusque dans le corps physique, l’impliquant dans des considérations d’ordre charnel.
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||