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Il faut encore distinguer le corps de Lilith de celui d’Eve ou de l’homme mâle, comme nous l’avions fait plus haut au sujet de la nudité. En effet, il est intéressant de relever ici la réalité paradoxale suivante qui obéit cependant au principe de l’androgynie. Si le Fluide Magnétique du corps astral inférieur de la femme favorable Lilith pouvait prendre soudain une forme visible, c’est assurément une forme phallique qui se dessinerait au travers de son corps. Ce phallus « démesurément agrandi » prend la place du corps physique mais peut le dépasser largement également. Donc, si physiquement, la femme favorable Lilith est dotée d’un sexe féminin à l’image d’une matrice, son double métaphysique est porteur d’un phallus viril. Chez l’homme mâle, c’est l’inverse : lui qui est muni d’un organe génital phallique, si le Fluide Magnétique de son corps astral pouvait prendre une forme visible, c’est une matrice « géante » qui apparaîtrait dans son corps ou le dépassant. Cette matrice ressemblerait à un œil et fonctionnerait comme lui, sauf qu’il serait placé dans un sens vertical et non horizontal.
Un phénomène de ce genre confirme l’androgynie de l’homme. Il permet de comprendre également certains dictons populaires comme celui-ci : « L’homme propose ; la femme dispose ». Celui qui propose est toujours celui qui s’ouvre à l’autre, qui veut capter les désirs non exprimés par son interlocuteur afin de les satisfaire : c’est une attitude très féminine en somme et pourtant c’est celle de l’homme mâle dans les affaires de l’amour. Celui qui dispose est celui qui décide : c’est un comportement très phallique, masculin de surcroît et pourtant, c’est celui adopté par la femme.
Ce phénomène s’explique encore mieux d’une manière mystique. L’alchimie fait correspondre l’OD avec le soufre (principe masculin), actif, et l’OB avec le mercure (principe féminin), passif. Pourtant, dans notre étude, concernant nous le reconnaissons un tout autre sujet, l’OD est intensément dispensée par la femme favorable ou yoginî (la femme Lilith), l’OB l’étant moins, servant surtout à augmentant l’OB dans l’homme mâle, chargé de transmuter cette énergie et de la faire remonter en vue de la purifier (cf. mystique de Soma et de Tejas).
Des études de Frazer reprises par Stanislas de Guaita expliquent que « du corps de la femme jaillit le feu, et plus particulièrement de ses organes génitaux. Le feu est inhérent à la femme et il doit être tiré par le mâle ». Ce feu, dont il est question ici, n’est pas autre chose que le rayonnement émis par le Fluide Magnétique du corps astral inférieur de la femme Lilith. Ces radiations projetées, douées d’une force active, percutante, pénétrante et virile sont l’OD. Et la citation ci-dessus précise que seule la femme favorable ou yoginî (la femme Lilith) en dispense. En ajoutant que ce rayonnement est « inhérent à la femme », l’auteur confirme que seule la femme Lilith est capable d’un tel prodige mais pas l’homme ; surtout, il souligne l’aspect phallique, puissamment actif chez elle même s’il demeure invisible. A l’inverse, le rôle de l’homme, défini par ces seuls mots : « Le feu (rayonné et projeté par la femme Lilith) doit être tiré par le mâle », décrit l’action d’absorber, de recevoir, d’assimiler qui est celle ordinairement d’une matrice. En conséquence, si le plan physique nous fait voir le mâle comme la force active et la femme comme la force passive, le plan métaphysique nous met face à une autre réalité : la femme Lilith est porteuse d’un phallus viril, au désir impérieux de pénétrer et l’homme mâle apparaît comme une matrice pouvant « démesurément s’ouvrir ».
Une autre démonstration nous est proposée. Elle dit ceci : « L’organe génital du mâle est positif tandis que celui de son double astral est négatif ; en revanche, l’organe génital de la femme est négatif mais celui de son double astral est positif ». Certains penseurs ont cru pouvoir déceler, par cette seule phrase, combien la femme est mauvaise. En fait, « positif » et « négatif » n’ont rien à voir avec le Bien et le Mal. De même, ils ne concernent pas l’électricité. Tout simplement, ils sont à replacer dans le vocabulaire utilisé par les alchimistes. Le « positif » est l’action du soufre et le « négatif » est l’action du mercure. Or, le soufre est dit « mâle », « masculin » et « actif » ; tandis que le mercure est dit « passif » et de surcroît, correspondant à l’action connue par le genre féminin dans le plan physique. Soit, en reprenant la citation ci-dessus, nous obtenons à présent : « L’organe génital du mâle est (masculin actif) tandis que celui de son double astral est (féminin passif) ; en revanche, l’organe génital de la femme est (féminin passif) mais celui de son double astral est (masculin actif) ».
En disant « qu’il doit être tiré par le mâle », l’auteur confirme le sens de notre étude et marque bien que ce rayonnement, inhérent à la femme, lui est propre et qu’en aucun cas, il n’est émis pareillement par l’homme mâle.
Nous précisons que ces phénomènes concernent l’activité de la séduction entre homme et femme. Sinon, pour le reste, nous n’envisageons pas un Fluide Magnétique différent pour le mâle et pour la femelle. Leurs fonctions ne sont pas les mêmes parce qu’elles se complètent. Une propriété majeure du Fluide Magnétique est qu’il est doué d’androgynie et sa figure subtile d’une matrice en forme d’œil vertical peut laisser sortir, lorsqu’elle s’ouvre suffisamment, un phallus érigé, ceci aussi bien chez l’homme que chez la femme. La forme de la matrice correspond au phénomène de dilatation de la Lumière Magnétique ; celle du phallus s’apparente à l’effet de concentration. En se dilatant, le Fluide Magnétique veut répandre son champ d’influence à des distances considérables et aimanter à lui le plus grand nombre de sujets ; en se resserrant, en se concentrant ou en se redressant, il les attire puissamment à lui.
Un dernier exemple permet de saisir l’androgynie subtile de l’homme. Ce qui garantit au mâle un rôle essentiel dans le genre humain, c’est qu’il est le seul détenteur du semen, appelé aussi « lumière liquide ». Des auteurs scientifiques ont posé la question de savoir si la femme était détentrice de ce semen ; finalement le mâle ne serait plus d’aucune utilité dans le processus de procréation. André Van Lysebeth écrit : « (…) Le mâle est une invention utilitaire très bénéfique mais le plan de base est et reste « femelle ». Le mâle est une femelle modifiée ». Ou celle du professeur V. Dröscher, qu’il cite dans son ouvrage « Tantra, le culte de la féminité » : « (…) On peut parfaitement renoncer au mâle… Avec le mâle, certains perfectionnements ont été apportés au processus de reproduction… Ce n’est pas Adam qui a précédé Eve, et celle-ci n’a nullement été créée ultérieurement (…), c’est l’inverse qui s’est passé ». Abordons la même question posée avec les enseignements occultistes suivants : le semen est appelé « shukra » qui est le nom d’une Divinité identifiée avec Vénus. Le terme « shukra » signifie lui-même, en langage occulte, la « lumière de la Lune ». Bref, rien n’interdit plus de croire que le « porteur du germe » (phallus) soit l’emblème du pôle masculin et que le « germe » soit une substance propre au féminin. Or, la forme astrale de l’homme mâle peut être celle d’une vulve « démesurément agrandie ». Ce qui signifierait encore que ce « semen » ou « shukra » est de la « lumière liquéfiée », c’est-à-dire que son essence subtile est acquise par le corps astral de l’homme mâle. On assiste alors à une vraie reconnaissance de l’état androgyne de l’homme.
La Nature (ou la volonté de nos Supérieurs Invisibles) a façonné les matériaux nécessaires à l’œuvre de procréation chez la femme, dans son corps physique ; et chez l’homme, dans son corps astral sous sa forme femelle. Dès lors, le « semen » (semen liquide et semen subtil) prend forcément une dimension nouvelle puisque nous le découvrons, non seulement comme une substance rare, symbolique, et douée du pouvoir créateur, mais elle est le reflet d’une essence subtile produite par une source tout aussi subtile qui est son corps astral.
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