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Il y a nécessité de mieux connaître le centre-racine appelé Muladhara-chakra.
Comme nous l’avons écrit plus haut, certains enseignements, comme la mystique tibétaine par exemple, accordent de rassembler plusieurs chakras en un seul pôle : c’est le cas pour Svadhisthana qui fait partie du pôle de l’ombilic, dans lequel nous trouvons Manipura-chakra (associé au plexus solaire) et Muladhara-chakra (plexus pelvien). Ce dernier est appelé aussi le centre-racine.
Pour le sujet qui nous intéresse, ce centre-racine est aussi important que le centre sacré avec lequel il communique comme deux voisins le feraient si aucun cloisonnement mural ne séparait leurs habitations respectives.
Muladhara-chakra est aussi appelé le centre de vie parce que c’est lui le premier qui reçoit le fluide vital qu’il dispense ensuite aux autres centres de force. Il est tout autant concerné par les organes génitaux que peut l’être Svadhisthana, même si certains suggèrent que le premier s’occupe des éléments extérieurs et le second les mécanismes intérieurs. En fait, c’est un simple moyen pour les distinguer.
Car les organes censés être sous la responsabilité de Muladhara-chakra sont les suivants selon l’auteur et médecin phytothérapeute William Berton : « (…) Les pieds, les genoux, le bassin, la vessie, le gros intestin, le rectum, l’anus et les organes génitaux externes ». (William Berton – La vie énergie) La prostate est donc exclue. Le mystique Alain Daniélou ne dit pas mieux quand il décrit l’icône de Muladhara : « (…) Dans le Muladhara, le linga représente le principe de non-dualité situé au centre du triangle formant le yoni. Muladhara est le premier chakra, situé dans le rectum ».
Le mystique tibétain Lama Anagarika Govinda écrit ceci à propos de Muladhara : « (…) Le centre-racine représente l’élément « terre » ; celui qui lui est immédiatement supérieur correspond au plexus hypogastrique, Svadhisthana. Dans le système tibétain de méditation, ces deux centres ne sont pas mentionnés séparément ou considéré chacun comme un centre indépendant. Svadhisthana est associé à Muladhara-chakra ».
Sans détailler l’icône, Muladhara correspond au centre « où sommeille la lovée endormie ». C’est-à-dire le serpent, ou la Serpente. L’enseignement tibétain dit que « le centre-racine est représenté par un lotus à quatre pétales, dont le réceptacle contient un carré jaune, symbole de l’élément terre, et que son animal symbole est l’éléphant d’Indra Airâvata, avec ses sept trompes ».
Pour ajouter encore des éléments informatifs, on se souvient des trois centres de force constituant les chakras majeurs pour l’action des Dâkinî :
1. Celui en lequel Amitâbha est réalisé, c’est-à-dire dans le centre de la gorge (Vishuddha-chakra) ;
2. Celui de Manipura-chakra ;
3. Celui du centre-racine (Muladhara-chakra).
On sait, par ailleurs, que l’enseignement de la Kundalini a évolué, dans d’autres lieux et dans d’autres cultures, au culte du Baphomet par exemple. Nous avons ainsi, en partie, dévoilé le mystère du bouc. A présent, nous devons connaître celui de l’éléphant. L’animal, par son symbole, conduit à la sagesse, au besoin de sécurité, à la vertu. Ceci tant que l’éléphant est considéré comme la monture du Dieu Indra.
Il existe cependant des versions occultes plus intéressantes et qui supplantent à Indra le Dieu Kâma (d’ailleurs, nous trouvons écrit ce commentaire très intéressant dans « l’Encyclopédie des symboles » : « L’éléphant sert de monture au Dieu de la Foudre Indra, mais aussi à Kâma, le Dieu de l’Amour »). D’abord, Indra est un frère jumeau d’Agni et nombreuses sont les études pour reconnaître en Kâma le Divin Agni. On connaît aussi cette autre suggestion d’une interversion : « (…) Le roi des Dieux, Indra, envoie une belle Apsara appelée Pramlochâ pour séduire Kandu la Sage… Pramlochâ est la Lilith hindoue ; et dans ce cas, ce n’est pas Indra mais Kâma-déva, le Dieu d’amour et de désir, qui envoie Pramlochâ sur la Terre. En effet, Kâma est le roi et le Seigneur des Apsara, dont Pramlochâ fait partie ». (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.252)
S’il est des cas où Kâma-déva est le Dieu présent là où certains y voient Indra, alors son éléphant cache une réalité occulte également. Elle est simple à trouver. L’icône montre un triangle rouge inversé dans lequel se trouve un linga, lui-même cerclé d’un serpent, et dessous figure un éléphant. Et ailleurs, dans la reproduction du Baphomet, tel que l’idole exista dans le grand temple rouge de Calcutta, nous trouvons la représentation « d’un serpent qui se dresse, bien qu’il dessine deux S, ayant la tête située devant un Soleil rayonnant (Manipura-chakra), et qui est appelé « le serpent (indien) d’Eléphanta ». Les initiés de ce temple rouge ont fait évolué le symbole et en même temps, révèlent sa vérité : « Le serpent d’Eléphanta est l’Impératrice à son lieu d’éveil ».
Le symbole occulte de l’éléphant concerne le Fluide vital ou Fluide de vie. Le courant entre par lui et l’homme vient à la vie. Par lui aussi vient le Fluide Magnétique du corps astral inférieur puisque l’éléphant est la monture de Kâma.
Enfin, il existe une légende à propos des éléphants, racontée par Pline et Elien et qui a le mérite de confirmer le sens où nous souhaitons conduire notre sujet : « (…) Quand brille la Lune Nouvelle (qui est la dernière nuit de la Lune Noire ; cf. Lilith – NDA), les éléphants, d’après ce que j’entends dire, mus par quelque intelligence naturelle et mystérieuse, emportent des rameaux (plante symbole de gloire – NDA), récemment arrachés aux forêts où ils paissent, les élèvent et, tournant leurs yeux vers le ciel, agitent doucement ces branches, comme s’ils adressaient une prière à la Déesse, afin de se la rendre propice et bénévole ». Ce court paragraphe rassemble tous les éléments symboliques propres à notre étude : soit LILITH, ou LALITA, la Nouvelle Lune et l’éléphant glorifiant la Déesse, comme s’il se devait de prouver qu’il a quelque lien éminent et cependant mystérieux avec elle. A croire par ailleurs, que le siège de la Nouvelle Lune est dans Muladhara-chakra et que la « Pleine Lune (Purna Chandra) est dans Sahasrara-chakra, situé au sommet du crâne, le centre de l’union (Harish Johari – Chakras ; centres d’énergie de transformation).
En fait, il n’y a pas d’éléphant dans Muladhara, mais des aspects particuliers de son
symbole ; l’icône demeure dans ce centre-racine avec « la lovée », soit la Serpente endormie et qui demande l’éveil afin de remonter au moins jusqu’au centre solaire (d’où la
figure du serpent ayant sa tête à hauteur d’un Soleil). La Serpente, si elle contient en elle des aspects du symbole de l’éléphant, forcément ses initiés l’appelleront du nom mystérieux de
« Serpent d’Eléphanta ».
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