Partager l'article ! Les « patronnes du Désir » et les « maîtres de la passion qui fait rage »: Les versets d’un hymne tantrique consacré aux force ...
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Les versets d’un hymne tantrique consacré aux forces du Désir dévoilent les Entités responsables de ces phénomènes, qui s’apparentent au moins avec les Esprits des Sensations exposés plus haut et
certaines Entités supérieures du Désir. L’hymne est accompagné d’un commentaire dont la vertu est de confirmer le sens pris par notre étude : « … L’idée centrale est qu’il existe une
puissance responsable du Désir… en remarquant enfin que la magie n’est pas étrangère à son influence ».
L’extrait de l’hymne est le suivant :
« La folle ardeur d’aimer
(ou La folle ardeur du Désir)
vient des divines Apsara ;
(…) Marouts, enivrez-le d’amour
et que l’Air l’ensorcelle aussi !
Fais-le se consumer, Agni,
Ah ! qu’il brûle pour moi ! »
Les Apsara sont nos Nagî Apsara ; les Marouts, longuement étudiés dans le volume 4 du Livre d’Eros, peuvent s’apparenter, par certains aspects plus mystiques, aux mystérieux Herukas qu’on trouve figurés et sculptés dans des postures érotiques, en union avec les Dâkinî (Nagî Apsara, Vajra-yoginî, Bacchantes, etc…) - un rapport physique appelé « yab-yum » - , considérés par ailleurs comme des « formes ou des émanations extatiques ». Enfin, Agni est ici un autre nom donné à EROS.
Les Marouts sont des Entités présentes dans « l’air » de l’Akâsha inférieur et considérés comme des « Esprits du Ciel et de la Terre », c’est-à-dire qu’ils peuvent influer autant « en haut qu’en bas » ; C’est dire s’ils sont concernés par les « forces enivrantes de l’amour » connues par les hommes. L’occultisme en fait les fils de Rudra puis d’Indra, identifié comme le MARS hindou. Indra, c’est lui qui est censé envoyer des Apsara séduire les Sages et d’autres commentaires, cités plus haut, ont conclu qu’il s’agissait de Kâma. Peu importe, car une fois encore, tout ce « beau monde » se retrouve. Les Marouts « travaillent » avec les Nagî Apsara et leur spécialité vise « la percée extatique de l’ego ».
La strophe citée plus haut fait des Marouts des Entités maîtrisant les « forces enivrantes de l’amour ou du Désir » vécues par les hommes. Ils sont doués d’une influence puissante dans ce domaine. C’est pourquoi, d’ailleurs, l’occultisme leur reconnaît trois champs d’action caractéristiques ; ils représentent :
1. Les passions qui font rage dans chaque homme ;
2. Les pouvoirs occultes ;
3. Des Entités d’une nature cosmique et psychique.
(cf. Livre d’Eros 4 pour les citations exactes)
Ils ressemblent en tous points aux Esprits des Sensations étudiés au début de notre ouvrage. La mystique leur accorde autant le don de « prodiguer du plaisir des sens physiques » que des pouvoirs occultes dans le domaine de la magie. Leurs vertus spirituelles sont cependant éminemment élevées.
Synthétisons. L’important à relever dans ces quelques versets, est que le poème met en lumière des Entités supérieures, invisibles, et dont l’action concerne la notion de Désir telle qu’elle est entendue par le genre humain, allant de la volupté à la passion. C’est la première fois qu’il est clairement exposé une sorte d’Esprits existant dans « l’Akâsha inférieur », doués d’éléments supérieurs à ceux de l’homme, mystérieux et inconnus du profane, considérés parfois comme des « deva » ou même des « Lhas » et capables d’initier et d’activer des influences passionnelles identifiées avec les forces du Désir vécues par l’homme. Ce qui confirme la formule suivante : « (…) Dans l’ensemble de notre vie actuelle, dans le corps humain lui-même, beaucoup de choses se déroulent, dont l’homme n’est pas maître, qui ne sont pas l’expression du moi humain mais sont le fait, l’action, la manifestation d’Entités des mondes supérieurs ».
Des gravures tantriques, longtemps tenues secrètes et montrant de nombreuses figures différentes, montrent cependant un phénomène presque toujours identique, résumé ainsi : « (…) L’énergie engendrée par l’acte sexuel nourrit (l’Entité supérieure), qui, en retour, alimente « ses fidèles » ». Ceux-ci sont des Esprits, le plus souvent des yoginî (Nagî Apsara, Bacchantes, mais aussi Herukas, Marouts, etc…). Peu importe le nom donné à cette Entité supérieure puisqu’en dernier lieu, il est toujours affirmé qu’il s’agit du « principe cosmique féminin ». Nous comprenons de ces gravures mystérieuses que l’excitation sexuelle produit chez l’homme, dans sa forme métaphysique, une énergie subtile (appelée par ailleurs « Tejas ») pouvant devenir, sous certaines conditions, une nourriture pour des Entités supérieures (puisque l’occultisme reconnaît, par ailleurs, que, « Dieu Lui-même se nourrit ». Bien évidemment, sa nourriture n’a rien de commun avec celle des hommes…).
La vertu mystérieuse du mantra, telle qu’elle est expliquée par l’auteur de « La symbolique du feu », présente un processus un peu similaire dans son déroulement métaphysique (cf. la citation précédente au sujet des « syllabes mantriques » (Jean-Pierre Bayard – La symbolique du feu)).
André Van Lysebeth ne révèle pas mieux lorsqu’il écrit : « (…) L’énergie produite par le Désir forme un cône de puissance, similaire au vortex tourbillonnant ; à mesure que l’excitation sexuelle et émotionnelle grandit, plus de rayonnement, plus de « vapeur » est dégagée, disponible pour les usages occultes ». De ceci, le mage explique que ces « vapeurs » doivent servir comme d’un « vêtement subtil » afin que des Entités supérieures puissent descendre jusque dans le plan physique (d’où cette formule citée précédemment : « (…) Il est dans la nature de la femme (favorable ou yoginî) d’émaner des particules très subtiles, une matière impalpable, et celle-ci peut recevoir la forme qu’une Entité sublimissime lui donnera ».). Le mystique évoque, pour sa part, que ces « vapeurs » transmutées dans l’autre plan, deviennent la nourriture des Entités supérieures du Désir. Celles-ci dispensent une énergie qu’ils comptent bien récupérer ensuite, ceci en conformité avec les deux versets suivants de la Table d’Emeraude :
5/ (…) Sa force est entière si elle est convertie en Terre.
7/ Il monte de la Terre au Ciel et derechef, il descend en Terre et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures.
L’affirmation profondément mystique, citée dans un précédent volume, prend ici son sens le plus véritable : « Des désirs intenses éveillent des forces puissantes ». Soit, par le principe des semblables, les énergies existant « en bas » sont tenues par des fils invisibles aux forces correspondantes « en haut ». De même, nous pouvons comprendre que « des désirs intenses attirent à eux des puissances supérieures », celles qui correspondent avec la nature de ces désirs.
Reprenons une phrase écrite plus haut, en la simplifiant quelque peu : « (…) L’énergie engendrée par l’acte sexuel nourrit (l’Entité supérieure) ou « le principe cosmique féminin », qui, en retour, alimente « ses fidèles » ». L’étude du Maïthuna, pratique connue dans le tantrisme, consiste en la pratique sexuelle en vue d’entrer en union avec le « principe cosmique féminin ». L’éveil de la Kundalini commence en Muladhara et remonte jusqu’au centre Sahasrara ou Shunya situé à hauteur du plexus pinéal, dont la vertu mystique est « l’union ». Le terme « Shunya » signifiant « vide » rejoint le mot tibétain « sûnyatâ » ou « le grand vide », qui équivaut au zéro, le chiffre-symbole de la Dâkinî (Nagî Apsara, etc…).
L’union sexuelle pratiquée entre un homme et une femme peut-elle conduire vers la connaissance du « principe cosmique féminin », personnifié par la Déesse ? Nombreuses sont les commentaires qui abondent dans ce sens. Même la mystique tibétaine ascétique enseigne cette réalité : « (…) La « haute connaissance » (mystique) du principe cosmique féminin consiste dans le processus d’accomplissement dans la réunion des propriétés polarisées de sa nature, du principe masculin et du principe féminin ». L’union homme – femme vécue et considérée sous sa forme mystique permet éventuellement la « haute connaissance » du principe cosmique féminin, le principe masculin n’existant pas, puisqu’étant considéré comme étant le principe « non-manifesté ».
Ici, nous comprenons mieux encore le sens occulte de la lame 15 du Tarot figurant le Diable et si controversée par ailleurs. Elle concerne l’union sexuelle et c’est ce qui la rend maudite. En réalité, Eros lui-même jette un voile sur ses agissements et tient à ce que le monde humain en fasse autant. Contrairement aux apparences, les arcanes du Désir nécessitent une initiation et le profane en est écarté par des moyens les plus divers. L’union sexuelle de la lame 15 ne vaut pas pour elle-même ; elle ne consiste pas en une « vulgaire partie de jambes en l’air » : elle est un moyen permettant à l’initié d’obtenir la « haute connaissance » mystique du principe cosmique féminin.
Le tantrisme connaît la « grande nuit de Shiva » qui correspond à la nuit ou la Lune entre en union avec le Soleil. Pareillement l’enseignement cabaliste énonce : « Lorsque la Lune est « confrontée » avec le Soleil, dans l’excellence du Sabbat, toutes choses deviennent un seul corps ».
Enfin, la parole du mage a son importance ici, et nous reviendrons plus loin sur son affirmation révélatrice : « (…) Un véritable mage n’a aucun désir d’avoir des enfants dans le plan physique ; les seuls enfants qu’il veut créer sont des Entités spirituelles, c’est pourquoi il se lie sans cesse avec la Femme Cosmique, le principe féminin éternel ».
L’éveil de la Kundalini semble inhérent à ce phénomène : (…) Quand l’âme (le corps astral – NDA) de (l’homme mâle) est devenue comme une jeune princesse parée de perles et de pierres précieuses (un collier de perles peut figurer ici les chakras de la Kundalini – NDA), (l’Entité supérieure) vient à elle pour la fertiliser. Au moment où cette union se produit, l’homme mâle (l’initié) sent que, pour la première fois, il se passe quelque chose de beau, d’immense, de grandiose, et il est bouleversé, tout son être vibre de joie ».
(évitons les confusions : affirmer que le mage n’a d’autre désir que celui de créer des enfants dans le plan supérieur ne doit pas signifier qu’il souhaite ardemment que ses pensées deviennent des forces vivantes qui seraient en fait des larves et rien de plus. Croire ensuite que le mage se lie sans cesse avec la « Femme Cosmique » suppose qu’il est un vil macho et que la « Femme Cosmique » est sans volonté ; or, dans chaque monde, « l’homme propose, la femme dispose » : la « Femme Cosmique », qui est la Déesse, une Divinité androgyne d’aspect féminin, confondue avec la Lune, régnant dans des plans supérieurs au nôtre, accepte ou non une liaison avec le mage, moyennant un processus initiatique qu’il doit intimement intégrer en lui. Enfin, la liaison éventuellement vécue entre cette « Femme Cosmique » et le mage correspond tout à fait à l’unio mystica, et surtout à Maïthuna pratiqué par certains initiés tantriques de haut niveau).
L’enseignement tantrique de la Kundalini converge dans cette possible procréation d’un enfant dans un plan supérieur : « (…) Le siège du Cœur est le centre (Manipura ; Svadhishthana ; Muladhara). L’initié remplit la matrice (yoni) ; et celle-ci, imprégnée de conscience, donne naissance à un « être sanctifié ». Une telle union ne se situe plus dans le corps mais dans le domaine (subtil) du centre, par-delà la différenciation homme – femme et par-delà également les centres corporels. (…) C’est la « bouche de la yoginî » qui dirige la matrice ».
L’énergie subtile « Tejas » peut être appelée aussi « Mahârasa ». L’enseignement tantrique révèle à son sujet : « (…) « Mahârasa étant dirigé vers le haut, l’homme la conserve. Un maître thésaurise cette essence sans jamais la gaspiller comme la chose éminemment précieuse, la meilleure des énergies, à n’employer qu’à des fins spirituelles. En effet, grâce à cette pure essence, il progresse à grands bons dans la vie mystique. Devenu maître de cette puissance qu’il respecte, il ne la perd plus, même si le corps est vieux ou épuisé. La femme ne tient pas cette essence (au centre ou au sommet de sa tête) mais (à hauteur) du centre solaire (Manipura ; Svadhisthana ; Muladhara) qui s’épanouit ; de là l’essence se répand en la roue centrale, qui chez elle est stable. (…) Quant à l’union entre un maître et une (femme yoginî), elle exige un maître aussi compétent que parfait pour faire descendre cette pure substance ainsi tenue en réserve pour faire descendre cette pure substance tenue en réserve et la transmettre à une femme, d’autant plus dans le cas de la conception d’un « enfant sanctifié » (ou un « enfant procréé dans un plan supérieur ») ». (Lilian Silburn - La Kundalini, l’énergie des profondeurs)
Sans que ce soit son intention, cette citation permet des incursions originales dans le domaine de la morphologie et que nous relèverons plus loin dans notre étude.
Il est bon de relever, de cette dernière citation la formule : « (…) Devenu maître de cette puissance qu’il respecte » ; à propos du semen subtil « converti » ou transmuté en « Mahârasa ». Car nous connaissons une semblable formule exprimée dans le fameux hymne ésotérique consacré à Kâlî : « (…) De toutes les puissances / Il deviendra le maître / et pour toujours sera Voyant (l’Œil « ancestral » éveillé, transformé) celui qui méditera sur Ton Nom / tout en faisant l’amour / avec pour yoginî / une fille… ». L’expression « de toutes les puissances » semble être ici « Mahârasa ».
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