Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /Sep /2008 11:25



Il existe une mystique toute secrète, aléatoire et quelque peu fantaisiste à propos de Vénus ; ce faisant, elle mérite d’être évoquée. On se souvient d’avoir rendu compte, dans le volume 1 du Livre d’Eros, qu’une possibilité étymologique de son nom proviendrait du nom « Hovah » et du mot « Nysa » ou « Nissi » (en égyptien) signifiant « terre paradisiaque ». En somme, Vénus est la « femme paradisiaque », ou la femme sous sa forme la plus idéale. Ce qui explique aussi par ailleurs la filiation romantique élaborée entre Vénus et Bacchus. En effet, ce dernier est, chez les Grecs, Dionysos, soit le « Dieu de Nysa ». En tenant compte que « Nysa » est une terre supérieure, Vénus apparaît comme le modèle idéal de la « femme astrale ».

 

De cette formule « Hovah Nysa » ou « Hovah Nissi », les linguistes mystiques ont envisagé un patronyme simplifié « Vénus », tiré de « Vah-Nys » ou « Vah-nis ».

 

Peu à peu, nous retrouvons la Vénus icône du plaisir des sens, de la volupté, de la sexualité. On se souvient par ailleurs, d’une démonstration proposée plus haut au sujet des deux « Hé » inversés susceptibles de caractériser une Entité dont la particularité est que son énergie rayonne dans l’immoralité. Ce « Hé » inversé, nous pouvons l’obtenir de la façon suivante : le « Hé » correspond avec le signe du Bélier, avec l’animal du même nom également. Celui-ci est signifié « masculin » et son semblable « féminin », donc inverse, est le bouc. Or, nous trouvons ce dernier figuré dans le signe du Capricorne. Lui-même correspond avec le caractère sacré « Ayin ». Ce qui suppose ici et seulement ici que « Ayin » équivaut au « Hé » inversé.

 

 

La lame du Soleil, dans le Tarot, correspond avec le caractère « Resh ». La figure télésmatique correspondante montre une entité « fière, dominatrice ». Mais « Resh », c’est aussi la « tête ». Soit, la « tête de Vénus » vient se positionner à hauteur du centre solaire (« Resh »), d’une façon renversée (inversus). Soit, là où est le centre (Manipura-chakra) vient se loger la « tête de Vénus » subtile, renversée et inversée. Elle est donc capable de s’approprier ce qu’on appelle, dans l’enseignement cabaliste, la « troisième tête » et qui est le triangle Netzah – Hod – Yesod, correspondant, dans le plan physique, au plexus uro-génital.

 

Le caractère « Resh » est le Soleil, il est donc lié en symbolique à la Lumière, notamment ici, à la « Lumière Magnétique ». La « tête de Vénus », subtile et invisible, compte cependant comme une sphère pleine du Fluide Magnétique. Entrée par le centre solaire, elle porte les cornes du Bélier et au milieu, un Soleil resplendissant.

 

Rappelons ce que nous écrivions plus haut à propos du cerveau : « (…) Le plexus solaire est donc lui aussi un cerveau, mais inversé. L’origine, la source, c’est le plexus solaire ; et le cerveau est l’écran qui doit manifester, exprimer et présenter les choses autant que le plexus solaire lui en donne la possibilité. Du plexus solaire viennent les images qui sont projetées là-haut sur l’écran du cerveau ».

 

Quant un sujet est passionnément « accaparé » par les plaisirs sensuels, sa tête, son visage deviennent la propriété exclusive de la « tête de Vénus », logée dans le « corps sexuel » à hauteur du centre solaire. Les yeux et le visage (et finalement tout le corps), s’ils sont sincères, servent, comme un écran, à diffuser les impressions dégagées dans la « tête de Vénus » ; à fortiori, les expressions propres à l’attitude dominatrice reflètent les images « subtiles » projetées depuis la « tête de Vénus ». Ce même processus concerne les subtiles influences étudiées dans nos précédents chapitres.

 

La « tête de Vénus » sort du corps et entre en lui comme bon lui semble. C’est la magie de la chose et son grand mystère. C’est la preuve que son origine provient des plans supérieurs, principalement le Plan Astral. Donc, si la « tête de Vénus » est cette réalité « astrale » qui peut entrer et sortir du corps, le fait qu’elle vienne se loger dans le centre si près des organes génitaux (voir schéma ci-dessous), prouve combien la nature originelle de ceux-ci les lie au monde supérieur astral et combien leur importance autant dans les plans physique que métaphysique est grande.

 


Sur ce centre subtil, l’enseignement occultiste vient positionner le corps kâmique, c’est-à-dire le corps des passions (Kâma – EROS). Ils le dessinent ou le représentent sous la forme d’une étoile de couleur rouge et ayant la pointe en bas, comme le fameux pentagramme.

 

Ces symboles se superposent et certains mystiques choisissent alors de les réunir. A savoir que la « tête de Vénus » entre par le Centre situé à hauteur de Manipura, lié au plexus solaire, consacré à Agni (Dieu du Feu, identifié parfois avec EROS, et figuré monté sur un Bélier ou un Bouc), dont l’animal symbole est le bélier. Là, elle se renverse et s’inverse, rayonnante comme un Soleil ou une « Sphère de la fascination irrésistible » (Fluide Magnétique). En voulant se loger dans le Centre, la « tête de Vénus » prend la figure de son icône, soit la tête du bélier (ou du bouc) et règne dans la forme de sa représentation symbolique qui est le pentagramme inversé. Résultat : nous obtenons la figure d’un bélier cornu ou d’un bouc dans un pentagramme inversé. Mystérieux et caché, venu de la Lumière Astrale qui est ténèbres pour les hommes, il est de couleur noire ; ou maître de la puissance génésique originelle, il est de couleur rouge vif.

 

Notre propre mystique, aux allures fantaisistes, nous suggère, de plus, les constatations suivantes : cette Vénus mystérieuse écrite avec des « Hé » inversés, soit winiv, totalise 19 (le Soleil dont le carré magique donne pour chaque ligne et chaque colonne le fameux nombre 666). On sait qu’elle est une « Sphère de la fascination irrésistible », entièrement faite du Fluide Magnétique, soit 11 (lame de la Force ou du Désir). Cette Vénus est donc 19+11 ; c’est-à-dire 30 ou 3+0, 3, soit l’Impératrice, correspondant avec la planète Vénus. Mais 30, c’est aussi la valeur du caractère « Lamed », première lettre du nom « Lilith » ou « Lalita » ; ou « Lux », la Lumière (en particulier ici la Lumière Magnétique).

 

Et voilà comment une certaine Lilith peut se trouver représentée sous la forme d’un bouc dans un pentagramme inversé. Faux symbole magique mais véritable icône du pouvoir génésique, à fortiori sexuel et érotique !

 

Le centre solaire Manipura figure un triangle rouge ayant la pointe en bas, comme le pentagramme décrit plus haut. C’est le chemin subtil pris par la « tête de Vénus » quand elle entre dans le centre figuré par le bélier. Elle descend jusqu’à la racine, la source située au niveau des organes génitaux, ou, sur un plan subtil, Muladhara. Là, elle devient la « bouche de la yoginî » et vit « enroulée », attendant son heure décisive. Elle est la « lovée », évoquée dans le tantrisme mystique comme Kundalini ; plus généralement, elle devient la « Feu-Serpente » (l’expression « Feu-Serpente » est mieux comprise ici : le « feu » correspond avec « Resh » et le « serpent » avec « Teth » ou le Fluide Magnétique, propriété de Vénus).

 

Cette Vénus, prenant la tête d’un bouc s’inscrivant dans un pentagramme inversé, ressemble, à s’y méprendre, à la figure célèbre du diable ou encore du Baphomet. Cependant, il ne faut pas les confondre ; nous le comprendrons plus loin.

 

Rappelons ici la formule suivante : « (…) Si on étudie la polarité de l’homme et de la femme dans les différents plans, on s’apercevra qu’il existe des croisements extraordinaires. L’homme, qui est émissif dans le plan physique, est réceptif dans le plan astral, émissif à nouveau dans le plan mental, etc… Et inversement pour la femme qui est réceptive dans le plan physique, émissive dans le plan astral, à nouveau réceptive dans le plan mental ». Et de conclure alors que « le corps astral de la femme, si nous pouvions le faire apparaître, présenterait un phallus « démesurément agrandi » et le corps astral de l’homme une « vulve » démesurément agrandie.

 

Ce paradoxe demande des réflexions complémentaires. Les mathématiques nous enseignent de résoudre parfois les problèmes par l’absurde. Envisageons les choses ainsi ; on se souvient que l’organe génital mâle se dit « Sacr’ » ou « Zakhor » (rkz) et la valeur des caractères de ce mot est 11, soit « la force ou le désir », ou aussi « Teth » (e), c’est-à-dire que l’organe prend non seulement la force influente du serpent mais sa forme également. L’organe femelle est « N’cabvah » (hbqn) et les valeurs de ses caractères totalisent 13 (ou 4, soit « Hé », la matrice), correspondant au caractère « Nun » ou poisson. Le poisson règne dans les eaux et il est un symbole de la fécondité.

 

La lame de la force prend le sens suivant : « Force et soumission (le partenaire surmonté par un processus de transformation) ». (Akron) Ordinairement, dans les rapports physiques homme femme, l’un, parfois malgré lui, domine l’autre et ce peut être aussi bien l’homme que la femme qui prend cette attitude. Dans le cadre d’une compréhension mystique de la sexualité, c’est le corps astral de la femme (phallus ; 11 ; Force) qui domine celui de l’homme (vulve ; 13 ; Mort). Pourquoi ? Parce que le corps astral de la femme favorable ou yoginî est intrinsèquement lié à la « tête de Vénus », l’originale Maîtresse des Arts du Désir, ce qui n’est pas le cas du corps astral de l’homme, dont la démarche sensuelle est « soumise à un processus de transformation ».

 

Cette seule notion de mort mérite une explication. Il ne s’agit pas de cette « faucheuse ». L’hymne tantrique consacré à Kâlî évoque, à de nombreuses reprises, Shiva, présent sous la forme d’un cadavre : « (…) Toi qui parée d’une ceinture (sur le plan anatomique, la ceinture peut s’identifier avec le bassin que nous étudierons plus loin) / Te couches dans un cimetière / sur un cadavre / et fais l’amour avec Shiva ! (…) Partout des ossements / Que se disputent les chacals / des cadavres, des crânes, / et Toi, jeune et jolie, / et jouissant de Ton mari… ».

 

C’est l’Eros qui réveille le cadavre, le Fluide de Vie. Mais c’est aussi et surtout le Fluide Magnétique qui l’anime, qui l’oriente dans ses actions. D’où cet autre verset important : « Shiva, quand il est uni à Shakti (la voluptueuse Kâmeshvarî, parèdre de Kâma – EROS -), est capable de créer ; mais sans elle, le Dieu est incapable même de se mouvoir ».

 

Le corps astral de l’homme est aussi décrit comme un cadavre car au contraire de la femme, il ne projette pas (ou si peu) des émanations de son Fluide Magnétique, connu plus haut sous la formule « OD OB ». Il n’émet pas, il ne dispense pas. Pour cela, l’homme s’incline avec humilité et dévotion devant le corps astral de la femme favorable ou yoginî, duquel rayonne le Fluide Magnétique « émissif ».

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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