Partager l'article ! L’église de l’an 1000 : la messe de saint Priape et la naissance de Satan: L’Inquisition condamne officiellement la sorcellerie mais e ...
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L’Inquisition condamne officiellement la sorcellerie mais elle n’est rien ou si peu en regard à la science telle que nous la connaissons aujourd’hui ; en fait, c’est la chasse ouverte contre celles et ceux, ici et ailleurs, qui continuent de se consacrer au culte de saint Priape au lieu du Christ. Si Priape demande qu’on lui rende honneur par la pratique sexuelle, alors c’est que celle-ci doit être condamnée définitivement, œuvre de perdition et d’égarement, sinistre et dangereuse, « qui fait oublier l’âme et rend chacun à l’égal de l’animal ».
Les « farouches » de Priape doivent glorifier leur saint dans la clandestinité, sans quoi ils risquent la torture, le bûcher, la mort. C’est ce saint Priape, devant lequel des femmes et des hommes pieux « défroqués » continuèrent d’honorer d’une manière décrite comme « indécente », « provocatrice », devint Satan. Preuve en est que les deux sont représentés par le même emblème du Baphomet, qui est un bouc viril. A l’aide d’un voile, on cache sa virilité, et devant, l’on ajoute un caducée, ce qui en fait la reproduction exacte du « Termes » ou « Hermès » grec.
Priape, saint phallique, devint Satan*, dieu de la chair (démon). Celui que l’on adora jadis comme dieu sous la forme d’un phallus dressé fut converti en démon de la licence sexuelle. Bien qu’il demeure aujourd’hui encore une phonétique troublante entre les mots Gott (Allemand), Goth (Anglais) signifiant « Dieu » et « God » pour « godemichet » (phallus) et surtout « goat » (Anglais) signifiant « bouc ». Les dévotes qui s’agenouillaient devant Priape sous la forme du saint Phallus l’appelaient « my Goth » ou « my Goat », ce que nombre de femmes anglo-saxonnes répètent aujourd’hui encore soit en invoquant leur dieu ou en voyant un objet viril oblong.
(On reprend cette note où le mystique Bunsen propose sa solution étymologique du nom « Satan » : « Les facétieux semblent s’en être emparés, comme c’est leur coutume, et ont fait « Satan », du verbe « Sitan » (New) signifiant « s’opposer ». (HPB – Isis dévoilée ; p.156) On trouve une autre orthographe de « Satan » (Natiw), logiquement plus juste, et liée à la magie élémentale des Djinn, les Djinn sexués étant appelés les « Shayatan ».)
Et comme les dévots de ce Priape risquaient à chaque instant la mort, ce Priape Satan devint « Prince des ténèbres ». Mais aussi, les moines et prêtres dits « défroqués » étudiaient la kabbale, celle qu’ils pouvaient se procurer, et trouvèrent dans les enseignements antiques l’Arbre Séphirotique des entités Qliphoth, lesquelles règnent sur notre monde, puisque l’activité majeure de chacun concerne un des sept péchés capitaux, et l’ensemble forme les seules motivations qui agitent les hommes ici-bas.
Plusieurs listes existent de ces attributions, celle qui semble la plus conforme aux caractères réputés de chacun est la suivante :
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Péché capital |
Archidémon |
Son lieu d’influence |
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7 |
Envie |
Belzébuth |
Saturne (Binah) |
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6 |
Colère |
Moloch |
Mars (Geburah) |
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5 |
Avarice |
Belzébuth |
Saturne (Binah) |
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4 |
Luxure |
Asmodée |
Vénus (Netzah) |
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3 |
Gourmandise |
Béhémoth |
Jupiter (Chesed) |
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2 |
Orgueil |
Lucifer |
Soleil (Tiphereth) |
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1 |
Paresse |
Lilith |
Yesod (Lune) |
Note : le « lieu d’influence » est à distinguer du « règne » : par exemple, Asmodée (Asmodai) règne dans Geburah (Mars) mais agit dans Netzah (Vénus).
Les lieux qui voyaient honorer Priape et les siens devinrent des cimetières, ou bien dessus, on fit construire des nouvelles églises. Du coup, les « défroqués » allaient invoquer leurs dieux phalliques déchus au fin fond des lieux réservés aux morts, espérant qu’une de leurs figures subtiles leur apparaîtrait, sous la forme d’un nuage ou d’un animal vivant ou « crevé » : ainsi, Satan devint le « prince des ténèbres ». Les Siddhis tantriques font pareil, ils prient leur Dâkinî près des endroits crématoires.
Priape était jadis un dieu appartenant à une religion
polythéiste ; donc, Satan se trouvera entouré d’une horde de démons, tous plus mal foutus les uns que les autres, remplis des vices les plus dégoûtants, aptes à conduire les hommes vers le
péché. Il suffit d’ouvrir les livres antiques pour en sortir tant et tant de dieux phalliques et de les reproduire avec des faces monstrueuses, les accabler de toutes les tares humaines
condamnables pour en faire les plus terrifiants démons. Seulement voilà, peut être qu’à force de les avoir trop évoqués, certains religieux ont fini par les engendrer pour de bon. Les abbayes,
anciennes maisons de passe, devinrent des lieux clos pour nonnes ascétiques, et les murs, qui logeaient nombre de larves et d’empuses procréées sur l’autel du stupre, se jetèrent un temps sur ces
pauvres religieuses, les forniquèrent dans la honte ; puis s’enfuirent, les laissant seules définitivement, et certaines osèrent invoquer jusqu’à la Vierge Marie pour qu’elles leur trouvent…
un mâle ! (Jules Michelet – La sorcière)
L’image de Priape, héritée des Grecs, demeure celle d’un gnome porteur d’un organe sexuel démesuré et raide. L’autre figure est plus obscène encore et tire de son nom : « Pri – Apis ». « Apis » est le taureau en égyptien. En figure symbolique, lorsqu’on trouve une tête de taureau seulement, elle concerne une Divinité, ou un principe solaire. Lorsque la bête est figurée entièrement, elle représente la « génération », célèbre la vie « par les organes de la reproduction ». Apis fut donc d’abord emblème solaire, puis, symbole de la génération. « Pri », même racine que « pharaon » (Phé – Resh – Yod) signifie « fructification » en même temps « qu’élévation ». Chacun comprend. Donc, Pri-Apis signifie « le taureau au sexe dressé ». A noter encore que « Pharo » (Phé – Resh – Ayin) signifie « lâcher la bride, se libérer », mot qui convient parfaitement dans l’activité charnelle.
Aussi, dans la mesure où des prêtres « défroqués » voulaient continuer de vivre leur culte rendu à Priape et qu’ils devaient le faire en secret et en grand silence, autant, se disaient-il, qu’il ne soit plus représenté sous sa forme ludique, populaire à ce point d’être ridicule, mais sous sa véritable apparence qui est celle du « taureau au sexe dressé » ou « bouc au sexe dressé ». Emblème imposant et indisposant le commun des mortels, choquant le novice, le faisant fuir, attirant l’initié habité d’hédonisme. C’est ici que naissent les pères du chanoine Docre, héros du livre de Joris-Karl Huysmans « Là-bas ». En même temps, ceux qui avaient accepté de se soumettre aux vertus du Christ reconnurent vite que le Saint homme protégeait le riche et lâchait le pauvre. En 1300, une vraie polémique habitait les cœurs des petites gens, lesquels constataient que le Fils de Dieu préservait précieusement une société civile saturée d’injustices sociales. D’où un nombre importants d’homélies prononcées lors des messes de saint Priape contre le Messie.
Lorsqu’on évoque aujourd’hui Vénus, on l’illustre toujours par une femme belle et désirable. Mais dans l’Antiquité, cette même Vénus pouvait être célébrée sous une forme féminine mais plus encore mâle. C’est pourquoi c’est un phallus qui était glorifié en son nom. La mythologie grecque rend compte d’une union maritale entre Vénus et Bacchus, et les deux ont engendré Priape. Ceci signifie que le culte de Bacchus, anciennement en Egypte Mendès, Apis, Pan, s’unit jusqu’à se confondre avec celui de Vénus, puis les deux devenus un engendrèrent celui de Priape… soit toujours le même. Le culte de Cupidon fut lancé de la même façon, il succède à celui de Vénus et l’on y trouva également le phallus exposé. En démonologie, il prit le nom d’Asmodée.
Un épisode mythologique conté par Ovide dans les « Métamorphoses », par Eschyle dans les « Héliades » et par Euripide dans « Phaeton » est le suivant : « Phaeton (le brillant) fut aimé de la déesse (Vénus) qui l’enleva encore enfant et en fit le gardien nocturne de son temple ». Or, Phaeton est l’ancien nom du Cocher dans la constellation du même nom, celle qui fut aussi Amalthée et Mendès en Egypte. La phrase d’Eschyle marque la proximité entre Vénus, les activités de son temple, et l’introduction en lui du taureau viril Mendès. De fait, nous trouvons, nombreux sont les auteurs d’écrits mythologiques le rapportent, que l’animal emblématique de Vénus est le bouc (Mendès) ou le taureau.
Puis, « Phaeton, ce jeune dieu (le qualificatif « jeune » précise que le dieu-bouc ou dieu-taureau fut réputé pour sa virilité), ayant eu la permission de conduire le char solaire, ses chevaux s’emportèrent, le char incendia le ciel et Phaeton fut foudroyé par Jupiter avant d’être précipité dans l’Eridan ». Derrière la fable, il faut trouver le phénomène astronomique. Mais aussi l’évolution des pratiques et la fin du mythe de Mendès, que d’autres mouvements religieux auront, de gré mais surtout de force, terrassé.
Une chose demeure certaine : l’antique culte rendu à Vénus eut lieu devant un phallus ou surtout devant un bouc (ou un taureau). L’illustration de la femme belle et désirable ne vint que plus tard, sûrement apportée par les Grecs qui ont apporté à la mythologie l’art de la poésie…
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