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« Satan le Maudit, Satan le pourri, Satan criminel, sale ordure, dangereux démon ! » Les qualificatifs abondent contre lui, que nous décrivons ici comme un antique dieu phallique qui ne voulait que le bonheur des hommes et des femmes. Sauf qu’on le sait désormais, les fidèles qui se rendaient à la messe, au cours de ce moyen-âge faisaient des vœux de toutes sortes, et réclamaient souvent la mort, la maladie ou la douleur pour des proches dont ils avaient juré la vengeance.
Les Messes Noires servaient essentiellement pour réaliser des vœux liés à la luxure ou à la vengeance. Dans le premier cas, on invoquait Vénus ; dans le second, Saturne.
Dans la messe noire consacrée à la luxure, on trouve donc Priape régnant au Nord (Vénus en Taureau), Asmodée à l’Est (Vénus en Balance), Sorath au Sud (Vénus en Lion) et Lilith Samaël (Léviathan) à l’Ouest (Vénus en Scorpion). Mais lorsqu’il s’agit d’une volonté de vengeance, demande de mort ou d’une souffrance, les positions évoluent puisque ce n’est plus Vénus qui gouverne la cérémonie mais Saturne.
Du coup, Priape régnant au Nord, s’adapte en conséquence car la donnée astrale qui le concerne n’est plus « Vénus en Taureau » mais « Saturne en Capricorne », ce dernier signe rappelant quand même l’icône du bouc cornu. C’est le démon de l’hiver, du froid glacial, de la mort. « Saturne » est « Stur » dans la mythologie babylonienne, c’est « Shabbathai » en hébreu. En démonologie, il apparaît sous la forme du Satan de glace, régnant entouré de cadavres et de têtes de mort. C’est en trouvant cette affinité par le moyen des points cardinaux, que des premiers catholiques du moyen-âge ont identifié Priape avec Satan et honni celui-ci car seuls ceux qui fomentaient vengeance et châtiment mortel sur autrui l’invoquaient ou le consultaient. C’est le Satan qui tue. Les prêtres « défroqués » qui travaillaient avec lui lors des Messes Noires sentaient en eux cette force d’avoir le droit de vie ou de mort sur autrui.
Très vite, on l’entoure d’une horde d’autres démons qui s’attèlent aux mêmes basses
œuvres que lui : Bélial devient un maître dans l’art de la méchanceté ; Asmodée est un roi de la vengeance ; Belzébuth est un destructeur ; Astaroth est un criminel. Merimim
s’occupe des maladies, des germes destructifs ; Azazel fabrique des armes meurtrières ; Abadon inspire les guerres et les pillages.
Ainsi, Priape dieu phallique, devient Satan le tueur, une position cardinale a suffit pour que cette identification ait lieu. Ce Satan de glace n’occupe pas nos études ; bien sûr, au moyen-âge, lors de ces Messes Noires, il se trouvait parfois des prêtres qui officiaient avec Vénus pour un rituel d’attirance, invoquant Satan dans son règne vénusien ; puis avec Saturne pour un rituel de vengeance, conjurant Satan dans son règne saturnien. Par exemple, une jeune femme mariée de force à un vieil époux aisé financièrement et ayant pour amant un homme viril : ce dernier demanda comme « vœu » au prêtre de pouvoir vivre avec celle qu’il désirait et que l’époux âgé décède au plus vite afin que sa désirée touche de l’héritage. Ou bien qu’un employé demande une augmentation de salaire, conjurant les démons vénusiens, ou sinon qu’il arrive malheur au patron, appelant les démons saturniens dont Satan le plus fort d’entre tous pour ces affaires là. C’est connu chez les satanistes, la loi du talion demeure, et le rituel pour la destruction d’un ennemi est dans leur programme.
Dans ce moyen-âge décadent, on imagine comme Satan fut de nombreuses fois
sollicité.
célèbre abbé Guibourg travaillant parfois pour la Voisin
Tiens, c’est comme l’argent, on répète toujours qu’il sert « comme un moyen et non un but ». On oublie que l’argent connaît une autre raison d’exister : il est un révélateur. Il met en lumière les travers des hommes, accentue leurs défauts, exalte leurs tendances, toujours les plus mauvaises. Aux uns, l’argent révèle leur cupidité, surtout leur orgueil démesuré ; aux autres, leur avarice, leur égoïsme. Ou bien il pousse à des ambitions folles, dévoile un caractère démentiel, fabrique les voleurs, enthousiasme dans la vie ou à l’inverse jette au suicide. L’argent dévoile les aspects du caractère de chacun dans lesquels on reconnaît les fameux sept péchés capitaux. A celui-ci paresse ; à cet autre gourmandise, à ce dernier envie ou vanité démesurée. L’argent trahit la nature angélique de chacun, qu’il n’a pas, et justement lui indique son caractère fondamentalement égoïste. L’argent fait de l’homme un jouisseur invétéré et vulgaire de la vie, mais ce bas monde est fait de la sorte. Certains d’entre eux sont capables des pires choses pour l’argent.
D’où cette idée anciennement gnostique que c’est Satan qui tient le monde des hommes par le moyen de l’argent, énergie servant au fonctionnement du bas monde en même temps que révélateur de la nature médiocre de chacun des hommes.