Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 20:03

Asmodée est le Satan de la luxure. En guématrie, déjà remarqué par ailleurs, son nom a pour chiffre 356, lequel ajouté au nombre de ses lettres en hébreu, 6, donne 362, comme « Satan », 359+3=362. D’un caractère « brûlant » même « volcanique », son corps est rougeâtre ; agissant dans Netzah, dont la planète correspondante est Vénus, son règne baigne de vert. On l’évoque alors comme « Satan toujours vert », signifiant « toujours jeune », « toujours viril ».

 

 

Les scènes de débauche, les pratiques indécentes de chacun décrites dans le culte rendu à Asmodée s’expliquent comme suit, la règle d’or était : « pour plaire à ton dieu (démon), tu feras pour lui ce qui lui plait ». Donc, Asmodée étant le Satan de la luxure, il convenait pour les dévots qui lui demandaient de l’aide favorable de « se montrer à la hauteur » pour lui, d’être suffisamment audacieux dans la démonstration luxurieuse ; les preuves ne connaissant pas de limite, les adorateurs sombraient vite dans les arcanes de la débauche. Pour mériter ses services, il fallait que le fidèle lui confirme quel degré d’immoralité il était capable d’atteindre.  

 

La formulation connue : « Parfois, le démon prend les traits d’une très belle femme ou d’une femme débauchée » (Gamaliel Nahashiel, Belphégor, Bélial, Asmodée) ; signifie que durant la Messe Noire, telle femme particulière peut être choisie par le prêtre (devenant l’Elue), selon certaines dispositions planétaires de son thème astral, et autres, pour représenter Asmodée dans le plan physique ; sur son corps était tatoué le sceau du démon, des signes et des caractères qui lui appartenaient. Les dévots « se soumettaient à elle, elle les dominait, ils l’adoraient comme s’ils avaient affaire à Asmodée en persona ». Aussi, à Lilith la jeune, femme d’Asmodée. Car Asmodée ne reste jamais longtemps seul lorsqu’il est invoqué au cours d’une Messe Noire. Lilith la jeune, vient le rejoindre. Sa mère la Reine, a pour serviteur Qlipah Gamaliel Nahashiel, dont on dit qu’il est le « serpent obscène », tout un programme.


 

 La femme choisie doit être consacrée pour incarner Asmodée et exercer comme tel. Un rituel précis existe en ce sens. Les descriptions rapportées ici et là, dans ces écrits « avoués » de participants au moyen-âge, paraissent facétieux, utiles pour accabler ce culte maudit. Ils insistent sur un comportement débridé, disant que les femmes incarnant Asmodée au cours de la Messe Noire, sur ordre du prêtre, pratiquaient nues sous leur longue robe noire, qu’elles étaient ornées de colliers de pentacles appropriés, leur corps était enduit d’une huile (onguent) dont les effets sont aphrodisiaques. D’ordinaire, les rédacteurs sur ces sujets évoquent la belladone mais il existe d’autres onguents ayant des propriétés sur la sensualité et l’aptitude charnelle. Non pas pour une pratique coïtale mais pour un exercice d’envoûtement.

 

 

Des femmes initiées dans l’assistance en avaient l’esprit échauffé : « On chantait des chansons indécentes en l’honneur du démon, roi du festin. Cela avait pour but de préparer mentalement chacun aux actes licencieux de la plus infâme débauche. Puis, hommes et femmes dansaient nus, presque tous ayant le crapaud cornu sur l’épaule. Ils faisaient de prodigieuses culbutes pour amener la lubricité des assistants et pour donner satisfaction à la malice impure du démon ». (Berith Andrax – Grimoire de magie noire et magie rouge – Axiome éditions) « Bayle, pour exprimer ses énormités, appelle les faits des « péchés sur contre-nature », car le Diable faisait ordinairement dans l’un ou l’autre sexe, par devant comme par derrière ».

 

De Lancre (un juge de l’Inquisition, un grand meurtrier) insiste de cette façon, en donnant la formule des 6 commandements de Satan – Asmodée - :

 

1.Tu danseras indécemment ; 2.Tu festoieras ordement* ; 3.Tu t’accoupleras diaboliquement ; 4.Tu sodomiseras exécrablement ; 5.Tu blasphèmeras scandaleusement ; 6.Tu te vengeras insidieusement.

 

  (* ordement : salement, vilainement, glouton. Du latin « horridum ».)

 

Conjuration :

 

 

« Saint Asmodée, maître de tous les diables Incubes Succubes luxurieux,

Tu es le Très Libidineux, infiniment expert dans l’art érotique, pratiquant en maître les plus sales raffinements de la volupté la plus perverse. C’est que Tu viens des enfers qui doivent être une excellente école de la salacité, je Te prie de m’être favorable dans l’appellation que je Te fais, ayant envie de faire pacte avec Toi ; je Te prie aussi de me protéger dans mon entreprise – qui est la Tienne -. Ô Saint Asmodée ! Sois-moi propice mon Incube, et fais que, dans cette nuit, Tu m’apparaisses sous une forme humaine, et sans aucune mauvaise odeur, et que Tu m’accordes, par le moyen du pacte que je vais Te présenter, toutes les richesses dont j’ai besoin.

 

Ô grand Asmodée ! Je te prie de quitter ta demeure, dans quelle partie du monde qu’elle soit, pour venir m’apporter faveurs et bénéfices… Shemhamforash ! »

 

(Faire le signe de croix suivant en disant « Atah (touchez le milieu de son front), Malkuth (au niveau du cœur), Ve-Geburah (touchez l’épaule droite), Ve-Gedulah (touchez l’épaule gauche), Le-Olam, Amen (joignez les mains), le tout signifiant : « Atah (tu es) Malkuth (le Royaume), Ve-Geburah (et le pouvoir), Ve-Gedulah (et la gloire), Le-Olam, Amen (pour toujours, amen).) 

 

+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

 

« Tu es le Diable de l’Enfer le plus vif et le plus laborieux ; tu es un Diable d’importance, celui de tous qui a le plus de réputation dans l’un et l’autre monde.

 

Pour toi, tu as d’autres occupations : tu fais des mariages ridicules : tu unis des barbons avec des mineures, des maîtres avec leurs servantes, et des filles mal dotées avec de tendres amants qui n’ont point de fortune. C’est toi qui as introduit dans le monde le luxe, la débauche, les jeux de hasard et la chimie. Tu es l’inventeur des carrousels, de la danse, de la musique, de la comédie, et de toutes les modes nouvelles. En un mot, tu t’appelles Asmodée, surnommé le Diable boiteux.

 

Tu es le Démon de la luxure, ou pour parler plus honorablement, le Dieu Cupidon; car les Poètes t'ont donné ce joli nom, et ces Messieurs te peignent fort avantageusement. Ils disent que tu as des ailes dorées, un bandeau sur les yeux, un arc à la main, un carquois plein de flèches sur les épaules, et avec cela une beauté ravissante.

 

Tu m’instruiras de tout ce qui se passe dans le monde. Tu me découvriras les défauts des hommes. Tu seras mon Démon tutélaire, et plus éclairé que le génie de Socrate, tu prétends me rendre encore plus  savant que ce grand Philosophe. En un mot, tu te donnes à moi avec tes bonnes et mauvaises qualités ; elles ne me seront pas moins utiles les unes que les autres.

 

Tu l’as assuré, « Pour moi, outre que je ne puis trop payer le service que j’attends de vous, je suis esclave de mes serments et je vous jure par tout ce qui les rend inviolables, que je ne vous tromperai point. Comptez sur l’assurance que je vous en donne ». »

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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