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Au sol, on trouve ce premier cercle, qui se charge de protéger le célébrant (le prêtre) et le fait pénétrer dans le règne Qliphothique, Amasarac, Asaradec, Akibeec, Berkaial comptent ici comme les Gardiens de l’entrée du Temple maudit où va se tenir la cérémonie.
Le deuxième cercle sacré se trouve, soit sur le sol, soit sur l’autel : si c’est une personne qui tient le rôle de ce dernier, elle peut s’allonger sur lui. A chaque angle, on trouve les noms exacts des Démons pleinement concernés par l’activité luxurieuse.
Au Nord est posé le cadre de Belphégor ou Ba’al Peor, dont le règne est Tiphreth dans Qliphoth, influencé par le Soleil, mais qu’on trouve au Nord car identifié par ailleurs avec Priape, qui est Apis, Mendès, Bacchus, Belzébuth. A l’Ouest est posé le cadre de Léviathan dont les associés sont Lilith et Samaël, Taniniver le Serpent Aveugle, et Gamaliel Nahashiel le Serpent Obscène, la Gorge Profonde, réputé pour son obscénité. Au Sud est posé le cadre de Satan, dont « la mentule gratifie le mâle comme la femelle, passe par devant comme par derrière ». A l’Est est posé le cadre du maître de la cérémonie Asmodée, démon de l’impudicité et de la luxure.
Au traditionnel tableau d'Asmodée lui est préféré parfois le suivant :
Des moines slavons d’un autre temps, celui de ce moyen-âge où libertinage composait avec religion, convoquaient donc ces Démons de la virilité (Belphégor), de la désinvolture (Lilith), du vice (Samaël), de l’obscénité (Nahashiel), de l’impudicité (Asmodée), en même temps qu’ils imploraient sa venue. Ils n’exerçaient pas la pratique sexuelle pour elle-même, mais pour le rituel qu’il fallait respecter à la lettre. Aucune action sans raison. Les associés à l’œuvre de Raspoutine invoquaient le démon de la luxure, sa parèdre en vidant leur coupe de vin, s’en servant encore jusqu’à la beuverie, pas l’ivrognerie, car l’objectif restait de garder le contact avec les puissances vampiriques présentes au cours de la cérémonie. Ce rituel présenté ici est « L’hommage à Tchort », qui est le Satan le plus délicieux, celui porté sur la luxure, qu’on aborde sous le nom d’Asmodée. Là, c’est Satan. Morena est Lilith. Comme la célébration est supposée se dérouler dans l’Anti-Monde, le prêtre tient un os près du calice dans la version officielle. Nous lui avons préféré celle où il prêche armé d’un phallus et d’un mullos (sexe féminin, emblème de la luxure). Pour l’ambiance, seul doit dominer un goût pour l’hédonisme. Le tout est ludique (lubrique ?), enthousiaste, complètement orienté sur le sexe, et les démons siégeant aux quatre points cardinaux doivent compter parmi les plus luxurieux. La version officielle (Anton Szandor LaVey – Les rituels sataniques – éditions du Camion Noir) rend compte d’une cérémonie se déroulant à plusieurs ; celle-ci se pratique seul.
Hommage à Tchort
Le célébrant :
Au nom de Celui qui règne dans le firmament de feu et de glace… levez-vous, laquais de Tchort le Seigneur ! Ô, que s’élève le blizzard en travers des steppes, et réponds à notre signal ! Mes lèvres se délectent de Tes louanges, Ô Tchornibog ! Je suis une créature de Ta création, engendrée par Ta flamme, rendue folle par Ton esprit, porteuse de changement ! Que les comètes saluent Ton arrivée, quand nous, Tes fils, attendons sur les hauteurs de Triglav les présages de Ta volonté ! Les braises rougeoyantes des anciens sacrifices donnent naissance aux ombres spectrales qui vivent à nouveau en tant que dieux du vin et de la joie !
(Le célébrant baisse les bras)
Le célébrant :
Lève-toi et appelle les Os ! Les os qui vivent sur le Trône !
Slava, Slava yevo silye ! Slava !
Kashchei ! Kashchei ! Homme immortel de folie ! Slava Tchortu !
Kashchei* ! Kashchei ! Slava Tchortu !
(* Kashchei : dieu-squelette)
Le célébrant :
Invoque la déesse dansante, avec Pschent* en flammes. Ses désirs ardents ne connaissent aucune limite. Voici Sa nuit pour charmer les foules qui attendent le jugement de ta luxure ! Morena ! Morena ! Morena ! Vyelikaya Mats ! Moch eta nasha !
(* Double couronne formée de la couronne blanche (Hedjet) et de la couronne rouge (Dechret) symbolisant les royaumes unifiés de Haute et de Basse Egypte. Dans le satanisme façon Crowley, on imagine un phallus (Djed) et un yoni réunis, tout un concept on ne peut plus phallique.)
(La congrégation fait une metanea (brève révérence, la main droite baissée), puis se tient debout. Le prêtre s’avance vers l’autel et dépose un baiser sur son corps, puis se recule et se place devant l’encensoir. L’acolyte le lui présente, il parfume d’abord l’autel, puis la congrégation. Puis il rend l’encensoir à l’acolyte et poursuit son invocation :)
Le célébrant :
Sors de la gorge de la nuit et viens ! Vole avec tes ailes de cuir et élance-toi par-dessus le sommet de la montagne. Répands ton ombre sur la Terre en réponse à notre appel !
Knyazyam Idut ! Dorogu im !
Tchort ! Slovye nye abeé myeny !
L’Exaltation
(Invocation des démons)
Ballam ! Slovye nye sogliya dayémi
Pyerun (Mars) ! Seela posti zheé maya !
Kors (Celui qui lie) ! Mudrostye nye domisli maya !
Dracula (Satan) ! Pravilnoye vos krye syé niye !
Kashchei ! Gospodstvo nye eez chét noye !
Iarilo (Pan Priape) ! Tsarstvo nye pobye deé moye !
Sabazios (Bacchus) ! Krepaste viso chay shaya !
Morena (Lilith Vénus) ! Vlastye vyéch naya !
Svarog (Législateur) ! Vladichestvo Byeko nyéch noye !
Slava Tchortu ! Slava Tchortu !
(Le prêtre reçoit le calice, le place devant l’autel, le parfume, et le bénit avec la mûdra de la flamme (mains croisées au bout des doigts, vers le haut). Il lève le calice en l’honneur de l’autel, puis le vide. L’acolyte le reprend.)
Le célébrant :
Souvenez-vous des chercheurs de joie, qui ont péri aux mains de la vertu artificielle et perfide, nous, Tes frères, désirons ardemment : la domination sur les campagnes grouillantes sous le ciel assombri, sur la mer détrempée !
Groznoye Bozhe Tchornava ognia padai seela !
Le redoutable Seigneur de la Flamme Noire donne le pouvoir !
Le célébrant :
S’élèvent des tourelles et les dômes massifs aux murs d’acier et aux tribunaux de pierre !
Groznoye Bozhe Tchornava ognia padai krepost !
Le redoutable Seigneur de la Flamme Noire donne le pouvoir !
(Le prêtre reçoit le phallus de son acolyte, le tient en l’air et, faisant face à la congrégation :)
Le célébrant :
Tu es une tour de puissance et de pouvoir, et nous, Tes frères, te proclamons le Seigneur de tous les temps !
(Le prêtre se tourne vers l’autel, tenant le phallus en l’air :)
Le célébrant :
Slava Tchortu !
(Le prêtre rend le phallus à l’acolyte. L’autre acolyte s’avance et encense le prêtre, qui ensuite fait face à l’autel :)
L’autoglorification
Le célébrant :
Une fois, j’ai volé sur un grand vent, à travers les cieux opalescents, jusqu’à l’endroit brillant de mes désirs. J’ai pénétré les mondes cachés sous les cratères, dans les vastes steppes. Là, sous les foules serviles, au milieu du fifre virevoltant et des timbales fracassantes, les joies de la vie sont à mon goût. Là, parmi les chansons languides des Rusalki (Nymphes vampiresses), je vis une vie de luxure à me prélasser seul dans la paresse gratuite, dans les salles cramoisies de débauche… car je suis un homme sauvage !
Soudain, on m’emmène et je sens le jugement de mon double achèvement. Mon esprit est élevé par l’illumination de Ta création ! Mes pieds sont comme la base de la montagne, stables dans la maison de la joie. Mes yeux sont comme un pinacle qui voit les foules éparpillées de fous qui cherchent à l’aveuglette les choses célestes, qui s’inclinent et grattent des dieux blafards et cireux, la progéniture des hommes à l’esprit superficiel, renonçant à la vie terrestre tout en se glissant dans leur tombe. Je contemple les masses qui suffoquent, comme le poisson de Pierre tiré des douces eaux vivantes du lac. Périr dans les vapeurs croupies du Paradis, voilà leur destin ! La justice est le destin des fous !
Je suis le tentateur de la vie qui se cache dans chaque bête et dans chaque ventre. Une caverne vibrante, torpide, chargée de nectar, avec l’attrait des plus fins plaisirs. (tenant en l’air le mullos, l’exposant aux démons des 4 points cardinaux)
Je suis une verge dynamique avec une tête d’acier, attirant vers moi des myriades de nymphes, tumescentes de désir ! (tenant en l’air le phallus, l’exposant pareillement)
Je suis une joie charnelle luxuriante, un agent porté par le mouvement fou de l’extase ! (tenant en l’air le phallus planté dans le mullos, l’exposant pareillement)
A travers la glace déchiquetée, mon père lorgne avec des yeux caverneux, sous la sphère de la Terre qui est ma mère, humide et fertile putain de délices barbares !
Mon corps est un temple, où demeurent tous les démons. Je suis un panthéon de chair !
(Le prêtre reçoit le phallus de l’acolyte et le place en position verticale entre les cuisses de l’autel (s’il est seul, sur une image). Il fait une metanea. La congrégation fait de même. Le brasero est placé devant l’autel.)
La grande litanie du Désir
Le célébrant (face au brasero) :
Entends-nous alors que nous invoquons Ta bénédiction :
Dans les plaisirs de la chair et la tranquillité de l’esprit…
Soutiens-nous, Seigneur sombre !
Le célébrant :
Avec une franche convoitise, désirant tout ce qui peut être maintenu dans la dignité et la grâce…
Soutiens-nous, Seigneur sombre !
Le célébrant :
Par la fierté de chacun de nos actes, qui ne nous montrent pas comme des fous…
Soutiens-nous, Seigneur sombre !
Le célébrant :
Pour la sagesse d’être semé dans les champs qui portent la grande moisson…
Soutiens-nous, Seigneur sombre !
Le célébrant :
Pour le temps libre à la poursuite de son propre plaisir, durant lequel nous nous abstenons de parler de la vile nécessité…
Soutiens-nous, Seigneur sombre !
Le célébrant :
Car Tu es un puissant Seigneur, Ô Tchort, et en Toi tout est pouvoir, honneur et domination. Que nos visions brillantes soient transformées en réalité, que nos œuvres persistent. Car nous sommes des esprits semblables, des démons frères, des enfants de la joie terrestre, qui proclamons d’une seule voix :
Ainsi soit-il ! Slava Tchortu !
(Le prêtre lève les mains, doigts écartés :)
Le célébrant :
Lève-toi, invoque les Noms Blasphématoires
Le Seigneur de Sodome, le Dieu de Caïn
Le Plaisir de la Chair pour l’éternité !
Ogon ! Ty Tchortu Ogonyok ! Razgoraisa Poskorei !
(Le prêtre jette la poudre dans le brasero, le gong est frappé, il crie :)
Sabatan !
Sabatan !
(Le brasero est enlevé et le prêtre s’approche de l’autel, les mains levées, et doucement mais fermement, répète l’Exaltation. Il remplit encore la coupe et boit, inspiré par les démons, non pas par goût pour l’ivrognerie). Puis il enlève le phallus des cuisses de l’autel et se recule. Il s’applique le phallus sur le front et dit :)
Le célébrant :
Ya Tsyebyeh dayu padarok Tchorta (que le don de Tchort soit avec toi)
(Le prêtre pointe le phallus vers le symbole de Baphomet et dit :)
Le célébrant :
N’oublie pas ce qui fut, ce qui sera !
Chair sans péché, monde sans fin !
(Le prêtre clôt la cérémonie.)