Partager l'article ! Evolution de la Messe Noire à l’époque de Vintras et Boullan: Jusqu’ici, nous l’avons compris, les Messes Noires étaient prat ...
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Jusqu’ici, nous l’avons compris, les Messes Noires étaient pratiquées pour des buts très bassement matérialistes, qui répondaient aux volontés des hommes à ce point qu’ils étaient on ne peut plus « d’ordre humain » : vœu de vengeance sur un voisin, demande de mort sur un patron, maladie pour un amant, douleur pour une épouse infidèle, meurtre, sang, avortement, et sûrement plus encore. On implorait le spirituel pour agir dans le quotidien matériel, à l’exacte pratique d’aller acheter du pain à la boulangerie.
Des prêtres dits « défroqués » contraints de pratiquer dans la clandestinité ont fréquenté des sorciers du Diable, des occultistes, des théurgistes, des mages de la goétie. Ils ont comparé leurs connaissances, ce qui animait les buts de leurs activités, étudié des livres des Brahmanes, et ont fait évoluer le but de la Messe Noire en lui incluant le concept théurgiste que l’on retrouve dans toutes les mystiques, qu’elles soient occidentales ou orientales.
Pour faire court, chaque homme est accompagné d’un génie (mot romain), selon les versions
« mortel » ou « immortel », « Djinn » chez les Arabes et « Dâka » dans le tantrisme, une entité hermaphrodite constituée d’un
Dâka (mâle) et d’une Dâkinî (femelle) – Dagin -, le premier étant la « mémoire infaillible », la seconde notre « moyen d’atteindre une connaissance plus élevée ». Cela dit, la Dâkinî – nymphe – peut se présenter à certains
hommes comme une nymphomane. L’homme doit tenter la grande union – unio mystica -, celle de s’unir à cette Dâkinî, de l’épouser. On trouve cette réalité dans la note trouvée dans
« Occultisme pratique » de HP Blavatsky : « Nous parlons des antiques statuts de la sorcellerie des
Asiatiques comme de la Démonologie de l’Europe. La sorcière devait renoncer à son mari (durant les temps de sa pratique – NDA), le sorcier à ses droits d’époux sur sa femme humaine légitime,
comme le Dougpa aujourd’hui renonce au commerce avec les femmes en vie, et comme le fait le Vaudou de la Nouvelle Orléans quand il est dans l’exercice de ses pouvoirs. Tous les cabalistes savent
cela. Le cabaliste, quand il cherche à se venger, fait appel à l’Esprit femelle de Nergal pour l’aider et lui infuser le pouvoir. Le sorcier musulman un Djinn femelle, le jeteur de sort chinois à
un Houen ». De même, dans le satanisme, le
démon qui peut connaître un commerce charnel avec l’homme est d’une nature à la fois incube (mâle) et succube (femelle).
Un occultiste tout en opposition conceptuelle avec HP Blavatsky, PB Randolph, ne disait cependant pas moins : « Les initiés ont témoigné de mondes conjoints au nôtre, non originaires de la Terre, ni d’aucun monde semblable au nôtre. Les entités qui les peuplent connaissent les mystères supérieurs, et ils proclament que la véritable puissance de l’esprit s’acquiert avec le concours de la force sexuelle, parce que ces deux éléments sont complémentaires l’un de l’autre. Ces entités s’appellent les « Néréides » ». (PB Randolph – Magia Sexualis) Les Néréides sont affiliées aux Nymphes grecques, identifiées avec les Nagy Apsara (Serpentes aquatiques) ; et d’ailleurs, dans « Dagin », ayant formé « Dâkinî », on remarque « nâga », mot sanscrit signifiant « serpent ». Comme quoi, les uns et les autres, d’Occident comme d’Orient, évoquent toujours les mêmes entités subtiles.
Cette même mystique énonce qu’un homme peut pratiquer l’acte sexuel avec une entité d’un règne supérieur et même faire un enfant, qui sera donc un démon, lequel, régulièrement entretenu par son père physique, deviendra son meilleur allié dans l’invisible contre les maux du monde. Même parmi les plus catholiques, des prêtres se sont convaincus de cette possibilité : « Toutes les femmes ne demandent qu’une chose : avoir des enfants, si ce n’est dans le plan physique, au moins dans le plan spirituel. Parce qu’un homme peut fertiliser spirituellement une femme ? Oui, et si cela reste inaccessible à la plus grande majorité d’entre eux, c’est qu’ils ne sont pas allés jusqu’à la véritable spiritualité. Et après, il y a un enfant ? Bien sûr, et c’est cet enfant qui soutiendra sa mère, qui la guidera, l’éclairera, l’instruira, la protégera. On pense en général que c’est la mère qui protège l’enfant. Oui, dans le plan physique, c’est vrai, mais dans le plan spirituel, c’est l’enfant qui protège la mère ». (Omraam Mikhaël Aïvanhov – La galvanoplastie spirituelle et l’avenir de l’humanité – Editions Prosveta) Bien sûr, de la part d’un défenseur de la religion catholique, l’enfant spirituel conçu est forcément un « ange » (ailleurs, c’est un Dâka enfant, donc, un Djinn, un Daïmon, ainsi jusqu’à un démon ; Que font les amies de Lilith sinon qu’elles engendrent des démons grâce à la semence volée aux hommes pris par le désir !)
Des confusions entrent en scène après la révolution française. Le satanisme évolue. Les Messes Noires pour tuer son voisin n’intéressent plus du tout les occultistes, ils les condamnent officiellement ; désormais, ils cherchent la « substantifique moelle » du rituel. L’abbé Vintras entre dans cette quête, tandis qu’il combat les satanistes au point de finir par pratiquer comme eux, peut être et sûrement même pire, au point de prêcher « des dépravations sexuelles vraiment insensées ». « Aux hommes, il leur enseignait qu’en tant qu’anges incarnés, ils pouvaient créer de nouveaux anges au Ciel par leur semence, en se masturbant au cours de cérémonies organisées par lui – parfois des masturbations devant l’autel - ; aux femmes, Maréchal, un autre prêtre du Mouvement, prêchait qu’elles pouvaient devenir les mères d’Esprits célestes grâce à des unions sexuelles avec leurs confesseurs et avec leurs « esprits semblables » repérés dans l’œuvre, qui étaient rarement leurs maris ». On admet que le lieu saint devint alors « le théâtre des plus scandaleux transports ». (Massimo Introvigne – Enquête sur le satanisme – Bibliothèque de l’Hermétisme)
Eugène Vintras
Le même auteur, dans son enquête, rapporte les bases d’un rituel au cours d’une Messe Noire qui aurait très bien pu être celui de Satan ou d’Asmodée : « Un sataniste implore : « Omnipotente Intelligence qui vas t’habiller de nos fluides, révèle-toi ». Alors un Esprit apparaît dans l’air et déclare : Je suis Amon-Rhâ de l’Amenti. Les présents inscrivent leurs noms sur des bouts de papier qui sont brûlés. L’Esprit infernal poursuit : « Vous me devez en récompense la chair virginale de la jeune fille endormie ». « Tu l’auras, répond le chef des satanistes, mais fais que nous recevions ton active puissance comme nous t’abandonnons la nature immaculée de cette enfant. Ne nous cèle aucun de tes dons comme nous te faisons don de cette vierge souple. Possède-là. Nous célébrerons tes voluptés par l’immolation du sacrifice. Soulève et excite le prêtre que nous t’avons consacré ». S’en suit une scène liée à de la magie noire, le prêtre à du mal à agir, subissant des influences adverses extérieures. C’est l’épisode qui veut cela. A chaque fois qu’il est sur le point de jouir, les satanistes autour de lui s’exclament : « Consacre ! Consacre ! »
Joseph-Antoine Boullan peaufine encore ce type de rituel. Son enseignement part de l’histoire
d’Adam et Eve et peut se synthétiser comme suit : « La chute édénale s’étant effectuée par un acte d'amour coupable, c’est par des actes d’amour religieusement accomplis que peut et doit
s’opérer la Rédemption de l’Humanité ». Par
conséquent, de chacun, d’où l’importance pour lui de l’activité sexuelle, non pas pour une copulation gratuite mais entièrement orientée vers le sacré, ce dernier terme s’entendant forcément dans
l’enceinte satanique avec la fréquentation des Esprits sexués donc des démons.
Joseph-Antoine Boullan
Lui aussi énonce que l’homme est pris du devoir d’évoluer, et pour le faire, doit s’unir avec une entité d’un cycle supérieur. Et, pour sa part, il doit « aussi faire évoluer un être inférieur à lui », ce qui laisse songeur, le propos étant vague a quelque chose de zoophile peu attirant. Ce qu’il appelle les « unions de vie ». Seule manière pour lui de « se célestifier », un verbe qu’il aime prononcer. C’est ici qu’on assiste à un déballage vrai ou faux, exagéré ou pas, de pratiques sexuelles démentes puisque, selon les ouvrages, au lieu des anges qui viennent, ce sont nos fameux démons incubes succubes qui viennent s’exalter dans de bonnes chevauchées charnelles. Au point qu’on nous décrit des scènes se déroulant au fond de caves dans des chambres intimes remplies d’objets sataniques avec des mystiques vêtus comme des moines, travaillant des mises en scène teintées de mystère, finir par se faire assaillir par un incube, même plusieurs qui les forniquent sans fin, les prenant par derrière, et eux qui s’accrochent tant bien que mal à leur crucifix lequel était posé à l’envers. Les descriptions sont efficaces, pornographiques, mais l’on nous assure que la quintessence mystique se trouve ici, dans ces ouvrages copulatoires. C’est, nous assure-t-on, que « nombre de ces fantômes sont lubriques ».
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