Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /2009 16:07



On se saisit à nouveau de ce paragraphe :

 

« En outre, l’entité était mâle ou femelle, selon la région où elle était respectée. La Vénus de Syrie, dit-il, était en conséquence considérée comme ayant les deux sexes ; et lorsqu’on célébrait ses mystères, les hommes prenaient les vêtements des femmes, et les femmes ceux des hommes ». Propos confirmé par Maïmonide : « Lorsqu’un homme invoquait Vénus, il fallait qu’il s’habille de vêtements féminins et lorsqu’une femme s’adressait à Mars, elle devait porter, comme un homme, armes et armure ». Macrobe, pour sa part, insiste sur ce point que « le dévot devait s’habiller des vêtements selon le sexe du démon qu’il invoquait ». C’est, bien plus tard, « les Grecs qui déclarèrent Vénus du sexe féminin, et les Romains adoptèrent cette décision. Une des principales cérémonies du culte de cette divinité, celle qui lui a valu chez les Grecs les titres de « Reine de la Beauté », de « Déesse des Amours et des Voluptés », consistait dans une prostitution religieuse ; et l’on consacrait le prix de cette prostitution à la divinité et à l’entretien de son culte ».

 

L’homme vêtu en femme et celle-ci portant les habits virils de Mars*, nous voici au chevet du fétichisme, et découvrons les origines des pratiques aujourd’hui nommées « sado masochisme ». Les cultes mystiques les avaient initiés avant le Marquis de Sade et Leopold von Sacher-Masoch.

 

(* En cela, Vénus noire est Lilith, Mars, Asmodée (l’Arbre Séphirotique des Archidémons place Asmodée dans la Sphère Geburah dans l’astre correspondant est Mars) ; on trouve alors les exacts comportements fétichistes qu’on voit dans les pratiques sado masochistes où des hommes travestis en femme ou en soubrette se soumettent à des maîtresses portant des vêtements de cuir, latex, vinyles leur donnant l’allure dominante, virile.)  

 

Comme précisé plusieurs fois déjà, au plus loin qu’on peut remonter l’Histoire antique, Vénus fut représentée par une pierre brute, parfois ayant une forme pyramidale très élevée, parfois comme un phallus. Elle fut indistinctement confondue avec Mercure, dont l’emblème était identique. L’origine du nom « Mercure » fait foi : « Merc » veut dire « borne » en romain, « une borne ayant des écritures », d’où l’actuel mot « marque ». Une « borne » anciennement avait une forme phallique. « Our » dérive du chaldéen signifiant « lumière », « influence magnétique » ; aussi, « Mercure » semble vouloir dire « borne phallique douée d’une influence magnétique ou magique », l’icône idéal d’un dieu. Idem pour Vénus.

 

Avant que les Romains décrètent que le sexe de Vénus est féminin, l’entité fut autant mâle que femelle, selon les volontés locales ou son culte fut rendu. Ce fut un bonheur pour le peuple d’apprendre qu’on célèbrerait Vénus sous la forme d’une belle femme attirante ; mais les initiés, et nombre de leurs fidèles, n’oublièrent pas le culte original. Et lorsque sa dévotion commença à perdre de son influence populaire, des siens étudiés influencèrent pour qu’elle se change en un culte nouveau, d’aspect masculin. Ce fut déjà ainsi pour le dieu Mendès métamorphosé en Apis puis Pan ; à peine ses opposants religieux annoncèrent sa mort que Silène vit le jour, puis Bacchus. Celui-ci mortifié par ivrognerie, il mit au monde Priape, en s’accouplant avec… Vénus. Le Phallus, plus que jamais reprit du service. Mais le Mullos ne passa pas pour autant à la trappe… Un autre culte vit le jour, permettant ainsi la reconversion de Vénus en une nouvelle divinité, car elle engendra un autre fils pour survivre dans le temps, du nom de « Cupidon ».

 

Les études linguistiques à partir du Chaldéen sont très intéressantes pour comprendre son nom. Mais ici, nous étudions son origine à partir de Rome. D’après tous les enseignements apportés ici et là, nous pouvons saisir du nom le sens caché suivant : « Cupidon » est formé de « cupa » signifiant « coupe, grand vase », ce qui fait référence au sexe féminin, au Mullos ; « don » ou « done » veut dire « sacrifice », « offrande faite aux dieux », précise l’activité liée à un culte, des rites, une mystique. Ce qui donnerait « Cupadon » ; s’il y a « pi », c’est peut être pour rappeler « Apis », le taureau phallique, précisant ainsi que le Phallus demeure comme objet de vénération, et que le culte de Cupidon est voisin de celui de Priape, d’où ses flèches qu’on lui affublera plus tard sur sa ludique représentation. De plus, les poètes le nommèrent aussi « Amour », ce mot semblant contenir la racine « mar » de « merc » signifiant « borne », confère » au Phallus. « Cupidon » est donc le « culte avec sacrifice rendu à la Matrice », ce qui est bien la continuité de Vénus d’aspect féminin.

 


Jacques-Dulaure va chercher au Proche-Orient une pratique cultuelle qu’on appelé la « Fête de la Matrice » ; voici le texte presque entier : « Comme les Adamites, les Yézidis, il existe les Nézeires qui forment une secte particulière dans la Syrie et ont une singulière fête appelée du nom de la « Matrice ». On les voit, dans cette solennité, saluer les femmes avec un saint respect, se prosterner devant elles, et embrasser affectueusement leurs genoux. De là vient qu’on les nomme « Adorateurs de la Matrice ». Le libertinage est érigé en maxime. Entre autres dépravations, ils admettent la pluralité des femmes. Le jour de la circoncision, qui commence leur année, on rassemble toutes les femmes dans la salle du sacrifice ; on ferme les fenêtres, et l’on éteint les lumières ; viennent ensuite les hommes, et chacun d’eux prend, au hasard, la première femme qui lui tombe sous la main, sans s’inquiéter de la connaître. Cette abomination se renouvelle plusieurs fois l’année, et particulièrement à la fête de la Matrice, en mémoire de la création de l’homme et de la femme. Il est d’usage que le chef de la loi y assiste avec son épouse, obligée, comme toute autre, de se confondre dans la foule ».

 

 Une pratique exactement pareille est celle de « L’ascèse à 16 » exercée par les tantristes de la Main Gauche.   

 

L’emblème de Priape est une souche ou une borne, un Phallus ; celui de Cupidon est le vase, la coupe, la Matrice, le Mullos. En même temps que le premier culte cité voit la présence de très nombreuses femmes, maîtresses, qui sont des ex Ménades, ex Bacchantes ; le second voit croître sans cesse le nombre de ses fidèles mâles sachant que le culte rend gloire aux femmes, lesquelles remplissent le cortège.

 

 

A n’en pas douter, l’originel culte de Cupidon n’idolâtra pas le célèbre angelot porteur d’un carquois rempli de flèches mais bel et bien un Phallus et un Mullos, et probablement une nouvelle prostitution sacrée fit son délétère chemin. On a déjà évoqué la secte des Baptes, des membres qui vénéraient Vénus sous son nom de Cotytto (Cottito) et qui finirent par exclure les femmes pour ne vouloir se soumettre qu’au Phallus, ce dernier impliquant nécessairement la présence du Mullos. « Les initiés se livraient à tous les excès de la débauche, jusqu’à employer le Phallus d’une manière particulière, comme un verre qui leur servait de vase à boire, des verres en Priape ; « leurs rites devinrent si lascifs qu’ils en dégoûtèrent leur déesse elle-même ; en fait, ils aimaient tant le phallus qu’ils succombèrent au plaisir homosexuel. Bisexuels qu’ils étaient devenus tout sûr ». Voici au moins le moyen de ravir hommes et femmes, le fameux vase (Cupa) put prendre une apparence autant d’aspect féminin que masculin ; idem pour la pyramide pointue, autant emblème initial de Vénus que semblable au Phallus divin.

 

Finalement, même en ayant changé de nom, l’antique culte rendu au Bouc demeura, quelque soit sa forme adoptée. Car avant de devenir un angelot, les cérémonies en l’honneur de Cupidon se célébrèrent autour du Bouc.

 
Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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