Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /2009 15:44

Au nom de ce sacro-saint principe « qu’on offrait les plus belles fleurs, les plus beaux fruits aux dieux qui présidaient à ces productions de la nature ; aux dieux cruels qui voulaient du sang, on leur immolait des animaux et même des hommes ; et pour satisfaire leur goût sanguinaire, on multipliait les victimes. Ainsi, plus on était cruel, plus on était religieux. En appliquant cette direction à d’autres divinités, au culte de Vénus, à celui du Phallus ou de Priape, il convenait d’excéder la mesure ordinaire des hommages qu’on leur rendait ; et offrir à leurs goûts sensuels les images variées de la volupté la plus recherchée ».

 

Le lecteur le sait, tout culte devient dangereux pour toute Autorité dès lors qu’il est exercé dans le secret ; dans le même temps, popularisé et célébré par des peuples entiers le rend profane, et dépasse l’aberration*.

 

(* Jacques-Antoine Dulaure synthétise le propos : « Aussi avons-nous vu soutenir que l’histoire de quelques dieux n’était qu’une imitation de celle de quelques personnages illustrés dans la Bible ; que toutes les fables mythologiques ne contenaient, sous une enveloppe allégorique, qu’un sens moral, que la règle des actions des hommes ; qu’elles ne contenaient que des connaissances profondes dans la physique du monde, ou seulement la doctrine de la philosophie hermétique et les secrets cabalistiques. Les uns ont encore cru que tous les dieux de l’antiquité n’étaient que des hommes déifiés par leurs vertus et leur célébrité. D’autres y ont vu des esprits infernaux, des démons, qui se sont amusés, pendant plusieurs siècles, à égarer par leurs prestiges l’esprit des nations ».) 

 

Les excès ne connaissent point leur limite, c’est le moins que l’on puisse dire. Ce qui explique sans aucun doute qu’une discipline spirituelle ait pu conduire autant d’hommes et de femmes dans une pratique de la prostitution à grande échelle sans que grand monde s’en aperçoive au point d’en devenir une affaire lucrative pour les Etats, c’est dire ! Parmi la masse, il demeura des groupes particuliers qui pratiquèrent du sexe à outrance dans leurs rituels, l’auréolant ainsi d’une mystique dont la finalité était l’approche des Démons « acteurs » (Concepteurs) de ce bas monde.

 

On peut se demander ce que la luxure vient faire dans la mystique, encore plus dans la religion. En fait, trois raisons basiques : « Tout ce qui entre dans ce bas monde (plan physique) provient de l’union d’un mâle avec une femelle » ; puis, la « semence » expulsée par le sexe engendre la vie ; enfin, plus ludique, et il n’est point besoin d’être sorcier pour le remarquer, les hommes qui avaient choisi le pilier, Djed ou Phallus, comme emblème du Soleil, remarquèrent que cet organe sexuel du mâle, qui leur servait de modèle, lui ressemblait dès lors qu’il se trouvait sous l’influence d’une luxure. De ceci, ils déduisirent que les Divinités qu’ils célébraient sous cette forme phallique devaient aussi connaître cette sensibilité à la puissance érotique. Mieux, c’est eux-mêmes, ces Puissants, qui la dispensaient aux hommes, espérant en retour des sacrifices de la même nature.        

 

Il en va ainsi pour ce « temple des « Aphaques », très ancien. « L’auteur du Traité de la Déesse de Syrie (Aphrodite Vénus) en parle comme d’une antiquité vénérable. Eusèbe en fait un tableau hideux. C’était, suivant lui, de vieilles masures, entourées d’arbustes et broussailles épaisses, où aucun chemin, aucun sentier n’aboutissaient. Les ministres du temps y tenaient école de débauche. Des hommes efféminés, impudents, pour apaiser le démon qui y présidait, se livraient entre eux aux excès du plus honteux libertinage. En outre, des hommes et des femmes mariés s’y réunissaient, se confondaient ensemble, et assouvissaient la violence de leurs désirs. Il raconte des choses semblables du temple d’Héliopolis, et dit que les habitants y prostituaient leurs filles aux étrangers qui passaient dans leur pays ». (Jacques-Antoine Dulaure – Des cultes qui ont précédé et amené l’idolâtrie)

 

 

Outre l’aspect folklorique méprisant qui domine ces pratiques, on peut raisonnablement se demander ce que des prêtres de ces temps antiques ont considéré que la pratique luxurieuse « était du goût des dieux qu’ils invoquaient ». Même si ces derniers différaient par leur nom, Belphégor ici, Bélial là-bas, Belzébuth ailleurs, tous ces « Maîtres » (Ba’al) ont trop de ressemblances dans le culte qui leur était rendu pour qu’ils n’aient pas de filiation entre eux. On remarque en outre que parmi les exercices luxurieux les plus pratiqués pour eux se trouvait « la besogne par derrière », comme au moyen-âge « Satan savait s’y bien le faire, sa mentule était fourchue ». On rapporte sur ce sujet que le dieu glorifié à Sodome fut Bélial, décrit ensuite comme « le démon le plus crapuleux », ne serait-ce que pour l’obscénité qu’il imposa à ses fidèles. Mais Ezéchiel, le prophète biblique, assura que Belphégor* (Ba’al Peor) fit pire encore.

 

(*A propos du nom « Belphégor » ou, plus justement, « Ba’al Peor » (Seigneur de Peor, Peor étant une ville ; « Aor » signifiant « tunique de peau », ce qui lie d’emblée Belphégor avec le « rapport charnel ») : parmi les nombreuses propositions apportées ici et là au sujet du nom « Bacchus », Jacques-Antoine Dulaure estimant que le nom vient de « Seigneur de Koush » ; mais « Ba’al Peor » (rvif lib) contient « Phé » (f), caractère confondu souvent avec « Kaph » (k), comme « Vamachara » (k), mot sanscrit, devient « vampire » (f) une fois occidentalisé ; et « Ba’al Peor » évolue phonétiquement en « Ba’al Keor » ou, sous forme diminutive, « Bakor », devenant en grec « Bakos ». Comme Jacques-Antoine Dulaure dit que Ba’al Peor est le Priape grec, lequel est le fils de Bacchus, forcément, c’est mathématique mais est-ce historique, Bacchus est Ba’al Peor ou Belphégor et inversement.)

 

« Ba’al » sert de racine à chacun des démons, « ancien dieu », cité ici. Le nom « est peut être une contraction de « père des moissons » ou « celui des moissons », comme « Belzébuth » ou « Ba’al Zebub » dont le nom subsiste dans celui de plusieurs villages d’Asïr comme Dhabûb et Dhuabâbah, dans la région de Jizan, et Âl Dhubâbah, près de Khamis Mushait. On comprend aisément pourquoi ce Ba’al Zebub (nom que l’on considère généralement comme voulant dire « le Seigneur des mouches ») ne fut jamais identifié à Yahvé. A en juger par le sens de « zbb » en arabe, son nom indique qu’il était le « père des récoltes à l’énorme phallus » ». (Kamal Salibi – La bible est née en Arabie)

 

Bélial fut adoré par les habitants de Sodome, c’est pour cela qu’on fit de lui le démon de la sodomie (au sens bisexuel du terme). Pour les chrétiens, Bélial illustrait les cultes de l’Antiquité. Il était représenté conduisant un char de feu. On le comparait également à l’Antéchrist et à la Bête de l’Apocalypse. La « Petite clef de Salomon » le mentionne en 68ème position de sa liste de démons. Selon l’ouvrage, Bélial est un puissant roi des Enfers, créé juste après Lucifer. Il apparaît sous la forme de deux beaux anges assis dans un chariot de feu. Il apporte honneurs et faveurs, ainsi que d’excellents familiers. Il commande à 50 légions infernales, parfois 80. Pour certains, il procure dignités et faveurs, fait vivre les amis en bonne intelligence, donne d’habiles serviteurs et secourt ceux qui se soumettent à lui. Pour d’autres, il incarne la réunion du vice et de la crapulerie sous une apparence séduisante. (source Wikipédia)

 

La ville de Sodome n’existe plus aujourd’hui ; mais Kamal Salibi l’affirme, « le nom de la cité disparue de Sodome survit aujourd’hui sous la forme de celui de « Wadi Dâmis », affluent de l’oued Sabya, qui coule directement au nord des deux volcans du djebel ‘Akwah, et dans leurs champs de lave. Gomorrhe était soit une autre cité disparue de l’oued Dâmis, se trouvant comme Sodome, sous la lave, ou bien l’actuel Ghamr, située sur les pentes du djebel Harub, en amont de l’oued Dâmis ». Dâmis se trouve à proximité d’un volcan, ce qui expliquerait la pluie de feu qui s’abattit sur la ville, comme à Pompeï. « Mais il pourrait s’agir de l’actuelle ville Sudûmah sauf que celle-ci n’est point proche d’un volcan ». (Kamal Salibi – La bible est née en Arabie)

 

 

Des agissements luxurieux exercés au nom d’un culte dit religieux, Pierre les juge ainsi : « Il y eut aussi les faux prophètes dans le peuple ; et beaucoup les suivront dans leurs débauches ; le Tout-Puissant condamna à l’anéantissement les villes de Sodome et Gomorrhe en les réduisant en cendres à titre d’exemple pour les impies à venir ; il délivra Loth accablé par la manière dont vivaient ces criminels débauchés avec leurs œuvres scandaleuses, ceux qui courent après la chair dans leur appétit d’ordures, ces gens vouées par nature aux pièges et à la pourriture, insultent ce qu’ils ignorent et pourriront comme pourrissent les bêtes. Ils trouvent leur plaisir à se dépraver en plein jour ; ce sont des souillures et des ordures qui se délectent de leurs mensonges quand ils font bombance avec vous. Leurs yeux pleins d’adultère, ils sont insatiables de péché, appâtant les âmes chancelantes, champions de cupidité, enfants de malédiction. Débitant des énormités pleines de vide, ils appâtent par les désirs obscènes de la chair ceux qui viennent à peine de s’arracher aux hommes qui vivent dans l’erreur ». (Pierre 2 ; 2 ; 1-18)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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