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La pratique « par derrière » concernait l’œuvre et le sacrifice au démon. Par quel trait de génie ou au
contraire de folie ces anciens mystiques ont-ils réussi à se convaincre qu’une telle pratique pouvait être bonne aux yeux de leur « Seigneur », tel démon ? Ils l’affirment pour
Belphégor, « il fallait forniquer en pensant à son dieu », tel est le moyen magique, « se
concentrer sur le démon que l’on invoque en forniquant, en utilisant son phallus »…
Quand la Bible rend compte de Sodome, le verset suivant supposé contenir la faute ou le péché est rempli d’énigme : « Ils n’étaient pas encore couchés, lorsque les gens de la ville, les gens de Sodome, s’attroupèrent autour de la maison, jeunes et vieux ; le peuple entier, de tous les coins de la ville. Ils appelèrent Loth et lui dirent : « Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Fais-les sortir vers nous, que nous les connaissions ! » (Gn 19 – 5). Les commentateurs bibliques expliquent alors que ce verbe « connaissions » détient un double sens, qu’il signifie surtout « afin que nous ayons avec eux des rapports charnels, que nous les connaissions sexuellement ». D’accord, mais s’il s’agissait d’une simple invitation pour une partie de jambes en l’air, le texte n’aurait rien à faire dans la Bible. L’exacte phrase renvoie à la pratique mystique pour un culte autre que celui défendu par le Livre Saint. Les spécialistes envisageant des Divinités adorées dans ces contrées telles que Belphégor (Ba’al Peor) ou Bélial, sachant que les rites d’adoration comprenaient des rites sexuels, alors, le sous entendu du verset devient le suivant : tout nouveau venu, homme et femme, dans Sodome devait être converti au culte du dieu de cette ville – beaucoup affirment qu’il s’agissait de Bélial – et pour cela, devait se soumettre à certaines pratiques sexuelles appropriées.
De Belphégor, les religieux du moyen âge dressent le portrait suivant : « Belphégor (Baal-Peor), dit « Seigneur de l’Ouverture », « Seigneur Baal du Mont Peor » ; un dieu Moabite, dont les rituels comprenaient du libertinage, et qui figura comme démon dans l’Ordre des Principautés. En enfer, Belphégor est le démon des découvertes et des inventions ingénieuses. Quand il est invoqué, on dit « qu’il apparaît sous la forme d’une jeune femme mais en général c'est plutôt sous la forme d'un monstre hideux et barbu. Une paire de cornes orne son front. Ses mains et ses pieds sont terminés par des ongles acérés et il siège sur une chaise percée ». Rufinus et Jérome l’identifient à Priape. Dans son « Dictionnaire infernal », Collin de Plancy indique que certains dignitaires de l’Empire infernal sont des ambassadeurs aux nations de la Terre, et que Belphégor a été accrédité en France. Victor Hugo dans « Travailleurs de la mer » confirme ce que dit de Plancy en l’accréditant à Paris. Selon Milton, Belphégor est une variante de Nisroc, qu’il nomme comme un maître des premières principautés, un « Eros du mal », suggère qu’il est la contrepartie de l’hindou Rutrem, qui est généralement représenté par un phallus en érection. De plus, il est associé aux excréments et aux orifices impurs, d’où son titre de « seigneur des fèces », et ses partisans ont l’habitude de pratiquer sur sa représentation le baiser à l’anus.
Nous y voilà ! La pratique « par
derrière », celle que tous les religieux ascétiques maudissent davantage encore que le démon, vient les provoquer par son insolente volonté de toujours refaire surface. Les cultes pieux s’en
protègent, l’Histoire religieuse abonde de menaces pour empêcher qu’elles les souillent, de crimes pour anéantir ceux qui la recommandent. Malgré tout, elle persiste et signe, à la manière d’un
pacte signé avec des hommes.
Belphégor sodomite, Bacchus l’est forcément tout autant. Pour preuve son exercice de condoléances, rapporté dans un précédent chapitre, inimaginable aujourd’hui : « Les prêtres de Bacchus avaient composé une ou plusieurs fables dans lesquelles on rendait raison de leur association avec le phallus ; en voici une : Bacchus ayant perdu sa mère Sémélé, s’en va parcourir plusieurs pays pour la chercher. Au cours de son périple, il rencontre un jeune homme, appelé Polymnus ou Prosumus, qui promet de le conduire auprès de sa mère, et de lui montrer le chemin des enfers s’il en a besoin ; mais Polymnus, devenu amoureux de Bacchus, exige, pour prix de ce service, une complaisance honteuse : le dieu consent sans difficulté. Polymnus mourut en chemin. Bacchus lui éleva un tombeau ; et, en mémoire du défunt, il fabriqua avec une branche de figuier un phallus, qu’il plaça sur ce monument. Deux pères de l’église, qui me fournissent ces détails, Arnobe et Clément d’Alexandrie, en ajoutent de fort scandaleux. Leurs expressions sont si peu ménagées qu’à cause de la sévérité de notre langue et de la délicatesse de nos oreilles, je ne puis les traduire. Je me bornerai à dire que Bacchus, jaloux de remplir ses engagements, planta le phallus de bois sur le tombeau du défunt, s’assit à nu sur sa pointe, et que, dans cette attitude, il s’acquitta complètement envers ce simulacre de la promesse qu’il avait faite au jeune Polymnus. Arnobe dit : « Il s’enfonça le pénis au plus profond de son fion jusqu’à le combler entièrement en plaçant bien son derrière en partie nu, s’assit dessus jusqu’à être totalement rempli. Pris d’une humeur folâtre lascive, il éleva son fessier puis le rabaissa, opéra un mouvement de va-et-vient, toujours plus intense, et le voici son propre pieu semblable au bois, endurant, parce que cela faisait longtemps déjà en vérité que ce qu’il avait promis était livré ». (Jacques-Antoine Dulaure – Des Divinités génératrices ou du culte du Phallus chez les anciens et les modernes)
On relève une fois encore cette secte des Baptes, dont le culte fut d’abord rendu à Vénus, normalement figurée par une belle femme ; or, il faut rapidement question d’un Phallus, puis, que les fidèles ne voulant se consacrer qu’à lui ne voulurent plus de la présence des femmes dans leur temple.
« Les initiés de Vénus se livraient à tous les excès de la débauche, y employaient le Phallus d’une manière particulière, puisqu’il leur servait de vase à boire ; on ajoute à leur sujet que leurs rites devinrent si lascifs qu’ils en dégoûtèrent leur déesse elle-même ; en fait, ils aimaient tant le phallus qu’ils succombèrent au plaisir homosexuel. Bisexuels qu’ils étaient devenus tout sûr ». Juvénal, dans ses Satires, insiste au sujet de ces Baptes, qu’il accuse de se maquiller à la manière des femmes, rendus homosexuels à des fins d’adoration de leur dieu figuré sous cette forme, à moins que le plaisir libidineux ait supplanté le caractère religieux de leurs rituels : « … au comble de l’infamie. Tu te laisseras insensiblement entraîner dans la secte de ces prêtres qui, dans leurs assemblées secrètes, surchargent leurs têtes de longues aigrettes, leur cou de nombreux colliers ; qui se concilient la bonne déesse par le sacrifice d’une jeune truie, et l’offrande d’un grand vase rempli de vin : car, usurpant l’ancien culte des femmes, ils les ont chassés du sanctuaire. Le temple ne s’ouvre plus que pour les hommes. Ainsi les Baptes célébraient dans Athènes, à la lueur des flambeaux, leurs nocturnes orgies, et, par des danses lascives, fatiguaient leur Cotytto. L’un se peint, en clignotant, les paupières et les sourcils avec une aiguille noircie ; l’autre boit dans un priape de verre, se couvre d’une robe bigarrée, et rassemble ses longs cheveux dans un filet doré ; cependant son esclave, non moins fidèle au rit féminin, ne jure que par Junon. Cet autre tient le miroir que l’infâme Othon portait avec plus de faste… un miroir dans l’attirail d’une guerre civile ! ». Othon connaît une réputation homosexuelle.
Comme écrit plus avant, « les envoûtements et désenvoûtements, les ensorcellements et les désensorcellements se faisaient au moyen de la pénétration. On voulait le bien ou le mal de telle personne, on l’identifiait par une dagyde, on faisait une cérémonie pour ou contre lui, une « Messaline » servait d’autel, souvent celle concernée par le « vœu », ce dernier lui étant promené sur le corps avant qu’elle se couche dessus. La conjuration, en même temps que la volonté d’ensorcellement se faisait par le célébrant au moment exact où lui-même, ou un acolyte, pénétrait l’autel et entrait en fornication. L’exacte entrée dans l’orifice féminin devait coïncider avec l’ensorcellement. Pour un vœu de mariage, on passait « par devant » ; pour un vœu de débauche, « par derrière ». Idem pour contacter « les démons noirs » (Qliphoth).
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