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La confusion est maîtresse par le moyen du seul choix des mots : aussi
« sodomite » est-il tantôt utilisé par les uns comme synonyme d’un homosexuel, qu’ils appellent en grec « Arsenokoitai » - qu’ils traduisent par « les hommes qui ont
ensemble des relations conjugales » ou « les hommes sur le canapé » confère à la prostitution du temps des Grecs anciens - ; tantôt concernant ce mouvement mystique de
certains Gnostiques qui s’appelèrent les « Sodomites » en référence à la ville Sodome et à ses pratiques, aussi appelés « Arsenokoitai », sans aucun doute aussi à leur
opposition spirituelle au Dieu de l’Ancien Testament. Ces derniers furent accusés d’exercer des « pratiques licencieuses infâmes », d’un point de vue sexuel des pénétrations entre eux,
ceci en l’honneur des nombreux Esprits qu’ils connaissaient. Ce sont ces derniers hommes que nous évoquons dans nos études et non pas les premiers. On rapporte qu’ils vouèrent un culte aux hommes
de Sodome, au point de vouloir porter leur nom « Sodomite » et exercèrent leurs techniques luxurieuses à des fins sacrées ou magiques, toutes celles qui n’engageaient aucune chance
d’engendrer.
La haine portée contre le dieu créateur de ce bas monde fut telle que ces Sodomites furent sensibles à l’idée que des Esprits démoniaques aient permis à l’homme de profiter des réjouissances charnelles sans la conséquence de mettre en vie. Une conception qui en appelle une autre car ce dieu, on le sait, les Gnostiques l’appelaient « Ildabaoth » qu’ils jugeaient « répressif et punisseur », au contraire du Serpent, « permissif et licencieux » (comme Sophia Prunikos, d’après certains). La dualité évoluant dans le domaine du corps en un dieu « qui l’humilie et le châtie en le considérant comme un obstacle pour la réalisation de la perfection spirituelle ; et l’autre qui l’exalte comme seule source de plaisir », entendez Satan pour ce dernier. Il exista une distinction jadis entre Satan et le Serpent, car d’après l’enseignement ophite, le premier fut engendré par Ildabaoth contre le second ; mais ensuite, les deux se ressemblèrent tant qu’on les imagina identiques. La mystique ophite devenant confuse, le Serpent finit par être Satan et inversement.
Pour pratiquer l’opus charnel sans enfanter, le tantrisme inventa la
pratique de la rétention du semen, méthode sensée apporter à celui qui est doué des pouvoirs supérieurs et mystérieux. En fait, cela permet d’ajouter aux trois techniques non générationnelles
décrites avant, fellation, sodomie et masturbation une quatrième, le « retrait » avant l’acmé dans le rapport physique. Trouver le plaisir mais point la fécondité. Aussi, soit le
« retrait », soit la non émission du semen où des spécialistes (André Van Lysebeth – Tantra, le culte de la Féminité) argumentent à utiliser pour réussir son prodige. Nombre
d’occultistes du dix-neuvième siècle ont pareillement enseigné l’abstinence d’une telle réjouissance, l’acmé, l’émission du semen – jugée comme une « pure perte », un
« gaspillage », le vrai sens du nom « Bélial » - permettant pour le mage d’acquérir des pouvoirs supérieurs. C’est cela qui fut reproché aux différents mystiques Gnostiques
qui fréquentaient les Naos d’Esprits phalliques et pratiquaient à des fins sacrées des techniques comme les quatre énoncées ici et s’autorisaient l’émission du semen mais surtout pas pour
procréer (Bélial).
Et plus les « castrateurs religieux » gagnaient du pouvoir et prenaient de l’influence, plus celles et ceux qui orientaient leur vie sensuelle
à l’extérieur de toute génération augmentèrent leur provocation et s’affichèrent tels des exemples à suivre, inspirèrent des foules de les copier, jusqu’à ce que des vengeances publiques aient
lieu et des meurtres odieux. Les vainqueurs ne montrèrent pas le bon exemple longtemps, car ce n’est pas en tuant les hommes qu’on détruit les démons, bien au contraire. Ceux-ci se glissèrent des
uns aux autres (« glisser » étant le sens de « lubrique », cf. les démons « lubriques ») et vinrent inspirer des religieux d’un nouveau cadre. On sait, grâce aux
écrits de Jacques-Antoine Dulaure, que l’Eglise du premier moyen-âge reprit beaucoup des cultes romains et grecs, au point que Priape continua sa carrière sous différents noms de saints mais
qu’il fut toujours fréquenté sous la forme d’un Pieu obscène.
Ces anciens Gnostiques Sodomites enseignaient que les quatre techniques, exécutées dans un cadre sacré, leur permettaient de fréquenter les démons qu’ils
appelaient alors des dieux, qui étaient des Esprits (élémentals) de ce règne conjoint au nôtre, appartenant aux quatre éléments que sont le Feu, l’Air, l’Eau et la Terre, et un cinquième les
regroupant, l’Ether. De même, ils possèdent une nature androgyne, d’où le fait qu’on les trouve à la fois incube et succube au moyen-âge, autrefois Lilin et Lilis. Les temples maudits consacrés à
Lilith voyaient des Gnostiques les visiter pour cette raison principale, qu’ils pouvaient connaître physiquement des femmes – et peut-être des hommes – et pratiquer l’opus concentré sur les
démons et absorbé par eux et absolument pas sur la génération. Chaque technique faisait aborder l’un d’eux, qui sous sa forme incube ou succube, venait commercer charnellement avec lui, d’où ses
nombreuses descriptions futures de nonnes chevauchées des heures durant par des démons impétueux.
De telles pratiques jetèrent le trouble et l’anathème sur les protagonistes qui furent jugés comme des sorciers. Sauf qu’à Rome, nombre des puissants s’autorisèrent à des sorcelleries similaires, en organisant les plus sales raffinements de la débauche et les dédiant aux dieux qu’ils invoquaient, avec Priape comme invité d’honneur.
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