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Le moyen âge religieux, avec son cortège de superstitions qui n’entendent plus rien
d’une quelconque raison, fait résonner deux mots du même son de cloche : Satan et sodomie. Nous apprenons ainsi qu’il n’y a pas « plus grand sodomite que Satan ».
Conséquence, les religieux de l’Inquisition pourchassent quantité de femmes et d’hommes réputés pour se faire prendre par derrière, pratiquant ainsi l’Opus avec le Diable. Le mot
« sodomie » n’était
alors pas défini comme aujourd’hui ; ce faisant, nombre de
commentaires dans le Malleus Maleficarum, repris par le mystérieux Jules Delassus, précisent bien de quoi il s’agit pour eux, car « le Malin possédant une mentule particulière, prend ses fidèles aussi bien
par devant que par derrière ». Notamment, on sait que des fidèles à Satan s’offensaient le plus intime orifice pour lui plaire. C’est que le Diable, affirmait-on, n’avait
d’autre obsession plus infernale que « de forniquer le
fion des siens* ».
Devons-nous cette croyance à Seth, le démon malfaisant d’Egypte qui sodomisa son frère Horus, le Conducteur du Char du Soleil ? Des
archéologues ont trouvé des fragments où est rapportée une histoire étonnante au cours de laquelle Seth vient à réclamer de forniquer Horus par le derrière, titrée « L’homosexualité de Seth » : « L’incident avec Horus dans les « Aventures » a longtemps passé
pour un trait ribaud isolé qui témoignerait de la culture populaire, ipso facto vulgaire, de l’Égypte tardive (la période des Ramsès étant l’apogée, et les derniers feux, de la période
pharaonique) ; ainsi l’éditeur Alan Gardiner critiquait la valeur à la fois littéraire et morale de l’œuvre, qu’il imaginait récitée par un conteur, à la veillée, devant des auditoires de
paysans. De même, on a pu estimer que les « Aventures », en raison de cet épisode de promiscuité et d’autres passages scandaleux comme la décollation d’Isis, appartiennent à une branche
spéciale de la littérature égyptienne. Mais deux autres passages homosexuels, l’un connu depuis plus d’un siècle, le papyrus de Lahun / Kahun (du Moyen Empire égyptien), où Seth interpelle Horus
en vantant la belle croupe de ce dernier, à la suite de quoi Horus raconte à Isis que Seth veut le prendre sexuellement et celle-ci explique à son fils comment le duper durant le rapport ;
l’autre annoncé seulement en 1977 et publié en 2001 (un des textes des pyramides inédit, datant de la Vème dynastie (trouvé dans l’antichambre de la pyramide de Pépi Ier), où Seth et Horus sont
décrits en toutes lettres comme se sodomisant mutuellement, démentent cette conclusion et laissent à penser que la bisexualité de Seth, tour à tour sexuellement agressif et efféminé (hmty), doit
être un trait de sa personnalité divine comme figure de la confusion et du chaos ».
On sait que le Satan du premier moyen-âge est engendré à partir de Seth et d’Anubis, mais aussi de Pan ou Priape. L’anecdote mythologique de Priape qui
haït l’âne, illustre, de façon poétique propre aux Grecs, la rivalité concurrente qui pouvait exister dans les temps antiques entre le culte de Pan Apis (Osiris ; Mendès ; Bacis ; Priape) et celui de Typhon-Seth – Anubis. Au moyen-âge, époque des
miracles, les ennemis d’hier devinrent les meilleurs amis du monde, puisque la mystique de cette époque conçut le Satan médiéval à partir de Priape, de Seth et d’Anubis. Avec de tels parents
sodomites, le nouveau Diable ne pouvait qu’adorer prendre ses fidèles par derrière. La sorcellerie antique le précisa : « Forniquez et j’apparaîtrai… » ; les unions devant être illégitimes et tout enfantement exclu, celles et
ceux qui s’exécutaient commettaient par derrière, « car
Satan le voulait ainsi ».
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