Lundi 13 juillet 2009 1 13 /07 /Juil /2009 18:14

Comme cela a été rapporté dans le chapitre « D’où viens-tu et qui es-tu, divin Eros ? », Mars, dieu de la guerre, engendra avec Vénus, une progéniture divine nommée Eros, dont le culte originel ne devait pas être d’une grande importante, et qui n’intéressait que l’univers sanguinolent des soldats. 

 

On a précisé en note une proximité phonétique entre « Arès » et le mot hébreu « Aryeh » (216) signifiant « lion » ; en référence au signe du Lion, dont le maître est le Soleil, et le caractère « Teth », figuré par un serpent magnétique. En plus de la lance, « Arès » peut être lié à « lion », un animal de référence pour les soldats ; pour Eros, la lance devient une flèche et le lion le fait figurer comme un « serpent magnétique au déplacement luxurieux, « sifflant en se glissant ça et là en zigzags » (HPB – Doctrine secrète 1 ; p.55) ; ou « se déplaçant sinueusement à la manière du crocodile (Makara) car incarnant la nature sensuelle de la personne dominée par le chakra Svadhisthana » (Harish Johari – Chakras)… Tout comme avance encore le « serpent tortueux » (נָחָשׁ עֲקַלָּתוֹן) normalement figuré par Lilith. Ce qui préciserait dans ce cas qu’Eros est en réalité une femme, chose étonnante à priori ; mais, au regard de l’Histoire, son culte ayant succédé à celui de Vénus, dont la personnification est une femme, rend l’affirmation moins surprenante. La flèche rend le Génie dans une nature androgyne ; puis, le bébé angelot lui confirme son caractère ludique, espiègle, que les poètes affectionnèrent tant.

 

 

On doit probablement la figuration d’Eros en un angelot à la description, telle qu’elle était représentait au fond des temples, des « Kerubim » (cf. Kharouf arabe, chérubin chrétien, Kabir grec) ; nous citons : « Les Kerubim apparaissent comme des créatures ailées semi divines. (…) D’après le Midrash, les déités se rapprochent des Kerubim comme le taureau ailé de Babylone et d’Assyrie ou le sphinx d’Egypte. Les Kerubim sont connus pour leurs quatre visages, un lion (Feu), un taureau (Terre), un aigle (Eau) et un humain (Air). D’après le Talmud, lorsque les gens commettaient des péchés, les visages des Kerubim se détournaient ; lorsqu’ils se repentaient, ils se faisaient face et « s’étreignaient comme un mâle étreint une femelle ». Que signifie « Kerub » ? « Semblable à un enfant ». On les appelle « Kerubim parce qu’ils ont l’air d’enfants ». Le Kerub dérive peut être aussi du « Karibou » de la tradition assyro-babylonienne, ce nom est une étrange déformation de la racine sémitique « barak » (bénir) ». (Georges Lahy – Dictionnaire encyclopédique de la kabbale)

 

 

Eros Cupidon


Un terme rapprochant de « Karibou » est « Ketou » dans le tantrisme, de « Makara-Ketou » et assimilé à Kâma ou Eros. De même, « Barak » est une inversion de « Kabar », mot lié au « Kabir » grec, à « Barakah » (bénédiction, chance), à « Zakhor » (mâle) comme à « Barah » de « Nahash Barah » ou « serpent dressé (viril) ». En outre, le terme est encore lié à la lumière avec « Habir ».

 

 

Kâma

 


Les formules imagées comme « semblable à un enfant », « créatures ailées » et « comme un mâle étreint une femelle » conviennent parfaitement à la représentation classique officielle présentée par les Grecs ; mais ces aspects apparaissent comme des codes secrets signifiant qu’Eros est à classer au rang des Kerubim. Lui-même, figuré par un lion pour son caractère « Teth », serait ainsi un Kerub de l’élément Feu, une salamandre, un Djinn ou Saraph, dont le nombre 580 est à rapprocher de « Seïr » ou « velu », identifié au Satyre. En même temps que le nom tantrique « Marout » (que Max Müller cite comme origine du nom « Mars » - et pourquoi pas le contraire – (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.558 ; note2) désigne l’Esprit du Désir comme le veulent les versets suivants :

 

« La folle ardeur d’aimer

Vient des divines Nagy Apsarâ (Nymphes ; Dâkinî de l’Eau) ;

Marouts, enivrez-le d’amour,

Faites qu’il me désire,

Lancez sur lui le dard brûlant,

La folie du désir ! »

(Jean Varenne – L’enseignement secret de la Divine Shakti – Grasset)

 

… rend son exploration orientée, confère au chapitre « D’où viens-tu et qui es-tu, divin Eros ? », à savoir la terminaison « os » grecque anciennement « oth » ou « outh » depuis Carthage : et nous trouvons « Marouth » contenant « Mars » mais aussi et surtout « Eros ». La figure télésmatique figurait le « Marout* » à l’exacte ressemblance d’un Satyre, d’où l’Eros fréquenté au fond des temples de Samothrace avait la figure du bouc lascif, à n’en pas douter. Responsable du pouvoir magnétique, que sorcières et sorciers tentaient de s’approprier pour opérer favorablement leurs sortilèges, le divin cumula l’apparence du bouc avec celle du serpent. Ce n’est pas tout, le Kabir Eros est sexué, d’où son identification future avec l’érotisme. Autre importance, étant à la fois « serpent tortueux » et « serpent dressé », le bouc qui le présentait dans le temple se voyait entouré des femmes les plus attirantes. Normalement, comme dit plus haut, Eros devrait être personnifié par une femme car il représente d’abord « le serpent tortueux ». D’ailleurs, on sait mieux qui est sa mère, Vénus, que son père, Mars ; car la mythologie se montre souvent hésitante sur ce point, affirmant tantôt qu’il est le fils de Mercure, de Mars ou de Jupiter. C’est que son fluide magnétique, d’une nature luxurieuse – qui est figuré par la flèche -, est diffusé par la femme. L’androgynie est apportée par le mot « viril » car il est le « serpent dressé » aussi.

 

(* On trouve pour « marouts », nom ayant inspiré d’après certains « Martius » ou « Mars », les « onze jeunes dieux des vents qui gardent le Soma pour Indra » ; ce nom trouvé en hébreu signifie « obédience ». Dans la même lignée hébraïque, « mamrits » se rapporte à « tonique, tonifiant, stimulant » ; « merets » à « énergie, entrain », « merouts » à « satisfait » ou « tamrits » encore à « stimulant ». Autant d’adjectifs qui correspondent au caractère du Marout, une fois qu’on lui a levé son armure de soldat.)

 

Quant aux Kerubim, on sait par Jacquette Luquet-Juillet que « l’idole – Baphomet - serait la figure sculpturale d’un arcane ayant la même signification que le Kerub assyrien, le Kharouf arabe ou le sphinx égyptien : c’est le pentacle fondant en une seule figure les quatre animaux divins ». Soit un lion (Feu), un taureau (Terre), un aigle (Eau) et un humain (Air).

 

 

On raconte alors que ces entités devenues démoniaques car jouissant d’un pouvoir redoutable, étaient honorés dans les temples de Samothrace sous la forme d’un Phallus (puisqu’ils sont nommés les « Virils » en plus des « lumineux »), ce qui fait dire à HP Blavatski « que leur culte devint en grande partie phallique et, par suite, obscène au profane ». (HPB – Doctrine secrète 3 ; p.517)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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