Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /2009 11:28

Les habitants de Sodome furent accusés d’idolâtrer des cultes rendus à des divinités qui personnifiaient la stérilité et non la génération. La pratique du « culte de Vénus » a toujours consisté à rendre gloire à la perpétuation de l’espèce, à l’inverse de nombreux Gnostiques des temps antiques, lesquels, voyant dans le Créateur de ce monde qu’ils nommaient Ildabaoth le responsable des malheurs des hommes, pratiquaient volontairement toute activité luxurieuse dont la particularité portait sur la stérilité. Partant de là, ils rendirent gloire à des divinités figurant ce pouvoir de non engendrer une descendance, ainsi que toutes les pratiques qui les accompagnent. Le sexe féminin fut nommé le « temple de Vénus » tandis que le sexe mâle devint « l’idole ». L’anus apparut comme un sexe à part entière puisque son conduit connaît la plus sensible zone érogène. Mais est-il le « temple de Vénus » lui aussi alors qu’il n’engendre point ?

 

(* « Les Egyptiens ne désignaient sous le nom de Typhon, que la stérilité, l’ennemie de la fécondité, la corruption : ils avaient ainsi personnifié, suivant le génie des Orientaux, le vice radical inhérent à la matière, l’imperfection nécessaire attachée aux êtres produits. Loin de l’adorer comme l »gal du premier Être, après quelques sacrifices faits pour l’apaiser, ils lui faisaient mille insultes, s’il ne se rendait pas favorable, c’est-à-dire, si les maux qu’ils éprouvaient ne cessaient pas ». (P.N. Rolle – Recherches sur le culte de Bacchus. 1819))

 

L’astronomie vient aider à répondre à pareille question, car elle fait exister une Vénus lumineuse et une Vénus noire, comme une Pleine Lune et une Nouvelle Lune (Lune Noire). La Vénus lumineuse concerne la génération et la Vénus noire par voie de conséquence la stérilité. Aux temps antiques, on appela la Vénus lumineuse « Lucifer » (Vénus-Lucifer) et la Vénus noire devint, à fortiori, « Satan » (Vénus-Satan). Dans ce cas, le sexe féminin devint le temple de Vénus, et l’anus celui de Satan. Aux meilleures invocations, l’on entendit réciter : « Sur ce temple de Vénus, je viens brûler l’encens… ; sur ce temple de Satan, je présente l’idole… »

 

Des divinités aptes à personnifier la stérilité, nous en connaissons beaucoup, et les principales se nomment Bélial, Typhon futur Seth, Anubis, Lilith, puis Satan… enfin la quasi-totalité des démons, accusés de forniquer avec les hommes pour engendrer des leurs dans le plan subtil et non des êtres de chair et de sang.

 

Au premier moyen âge, les religieux, confondus entre le culte ascétique devant être rendu à leur crucifié et celui autrement luxurieux hérité des mythologies grecque et romaine, approchèrent la question mystique avec la plus grande lubricité, libérés de toute contrainte car convaincus de fréquenter par leur sacerdoce les arcanes de la vertu. De nombreuses séances de flagellations servirent à cela, autant que la confession, à expier une lubricité qui les irritait sans cesse.  

 

Nombreux sont les écrivains talentueux qui aiment s’entretenir au sujet de Donatien Alphonse François le célèbre Marquis de Sade et surtout de ces écrits si particuliers mais peu s’interrogent de savoir à partir de quelles sources l’auteur s’inspirait pour rédiger ses récits. On lui prête une imagination de dégénéré mais on fait rarement le lien entre ses écrits et la réalité sociale du moyen âge qui le précéda. Souvent, il se sert du contexte religieux pour mettre en scène ses histoires, ce qui lui vaut de son vivant des peines de prison, car il rattache tout à son temps. Et beaucoup d’historiens, se penchant sur son cas, en font autant. Car il y a fort à parier que le Marquis a puisé ses inspirations à partir de tous les rapports rendus au cours de ce premier moyen-âge barbare, sanglant et où le crime est impuni, pire encore, se monnaie. Jacques-Antoine Dulaure, dont nous avons rapporté nombre de commentaires sur ce sujet, dénonce bien une époque « aux mœurs ignobles par la faute d’une absence de lois justes, d’une administration efficace, faisant dominer le Mal sur le Bien, laissant les hommes se convaincre que leurs défauts sont des qualités » ; l’ensemble du système reposant sur la religion, rendue par la force et le pouvoir apte à répondre à toutes les questions du corps social et humain, s’imposant dans tous les domaines de son incompétence telle la science, la médecine, jusqu’à l’intimité de la vie d’un couple. Ce dernier point n’a d’ailleurs pas tellement évolué.

 

Et comme la religion n’était point apte à se substituer à la science en même temps qu’elle ne voulait partager le pouvoir avec personne, elle imposa de croire qu’elle pouvait soigner quiconque ou résoudre les moyens de chacun par un moyen unique qu’elle maîtrisait bien, la magie.

 

Manifestement, le Marquis de Sade eut vent, et même large connaissance, de tous ces excès de ces religieux du premier moyen âge qui usèrent et abusèrent de leur position sociale pour afficher une vertu dans les moindres détails alors qu’ils fréquentaient le vice dans toute son horreur. Les constructions de leurs loges connaissaient de nombreux couloirs secrets, des antres réduits aux cloisons secrètes et pouvaient ainsi indûment, à l’écart de tous, pratiquer les lubricités à sa guise en risquant au pire, une distinction.

 

Sade commet le tort de s’inspirer de faits anciens et d’y mettre en scène des religieux de son époque, ce qui le conduit droit à la prison, qu’il fréquentera, selon les historiens, quarante ans durant de sa vie. Dans « Juliette ou les prospérités du vice », il attaque le pape Braschi d’exercer des lubricités immondes. Son goût pour la provocation l’influença à pareille initiative, ce qui dépêcha les uns de jurer que c’est du blasphème et de se plaindre d’une atteinte à la personne morale, les autres de dire que ce n’était point vrai. C’est pourtant l’actuel écrivain italien Luigi Cascioli, auteur entre autres de « La fable du Christ » qui écrit : « Selon l’historien Benedetto Varchi, l’évêque de Faenza, Monseigneur Cheri mourut alors qu’il était sodomisé par Pierluigi Farnese, fils bâtard de Paul III. La débauche du clergé était désormais pratiquée avec une telle normalité que Léon X la légalisa avec le livre-code « Camera Taxe », qui avec ses 35 articles permettait d’obtenir le pardon de tous les crimes, même les plus cruels, derrière le paiement d’une amende qu’il fallait verser au trésor public pontifical ».

 

Dans « Justine ou les malheurs de la vertu », la visite dramatique de Thérèse (Justine) dans un monastère révèle des pratiques immondes et intolérables par quatre moines vivant dans ce lieu saint. Ceux qui s’exclament jugent le texte du Marquis, s’en fichent de savoir le vrai du faux. Mais l’auteur cité plus haut, Luigi Cascioli, étudiant ces sujets avec la rigueur de l’historien, rapporte des éléments d’études qui ne font que conforter ceux racontés par Sade :

 

« (…) Si les Franciscains et les Carmélites eurent la renommée d’être de grands amateurs de femmes, les Jésuites l’acquirent comme pédérastes. D’après Voltaire, Grécourt, Mirabeau et d’autres écrivains et historiens de l’époque, les Jésuites avaient établi comme règle dans leurs instituts de considérer comme récompense aux mérites scolaires le fait de se porter les élèves au lit. Les ordres religieux qui s’engagèrent le plus dans les miracles de la fécondation furent les Franciscains et les Carmélites qui, après avoir séparé les hommes des femmes, c’est-à-dire les maris des épouses, vu les principes imposés par la morale chrétienne, portaient les femmes dans leurs cellules en les faisant passer au travers de portes secrètes et de galeries qui continuèrent à être utilisées jusqu’au XVIIIème siècle malgré le fait que le concile de Paris du 1212 en avait ordonné la fermeture. Comme ils étaient sexuellement actifs dans leurs cellules, ces moines, de la même façon ils l’étaient au-dehors lorsqu’ils laissaient les couvents pour se rendre dans les contées en tant que prédicateurs ou comme demandeurs de quête. Le motif pour lequel les Franciscains et les Carmélites se distinguèrent par rapport aux autres ordres dans l’activité sexuelle dépendit surtout de l’excessive sévérité de leurs règles qui considéraient même comme péché le seul fait de toucher le corps pour se gratter. Que le prohibitionnisme ait été à l’origine de leur avidité sexuelle, cela nous est aussi prouvé par le fait que, malgré la grande facilité qu’ils avaient de baiser femmes de tous âges et de toutes classes sociales, ils pratiquaient aussi quand-même et sans aucune retenue l’homosexualité. La pédérastie était imposée avec un si grand naturel sur les novices de la part des anciens que, lorsque ceux-ci s’éloignaient du propre couvent, ils emportaient toujours avec eux un des jeunes ».

 

Son imagination au Marquis, jugée folle et outrancière, débridée et violente, par ses critiques, résulte des époques historiques antérieures à la sienne, ce premier moyen-âge où le crime pouvait se négocier moyennant finances, où les enlèvements étaient légions, les épidémies diagnostiquées « cause du Diable », les administrations incompétentes et les lois injustes.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés