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En regard à
« Justine ou les malheurs de la vertu » du Marquis de Sade, et surtout en référence aux enseignements apportés par Jacques-Antoine Dulaure sur le sujet des bordels au temps du premier
moyen-âge, des moines de l’Eglise ayant la charge de ces « maisons closes » (abbayes), il était facile pour ces religieux de recruter des prostituées pour mettre en scène la théâtralité
de leurs cérémonials.
De même, pour sanctionner leurs sentiments coupables de succomber autant au vice de la chair, réclamaient-ils la punition infligée par des filles de joie. Ceci pour convenir à leur précepte : « punir le Mal par le Mal, la luxure par la luxure ». Se sacrifier pour Lilith la stérile, mais aussi et surtout, Lilith l’Immorale…
La femme
érotique inquiète ces religieux par son pouvoir d’envoûtement cependant qu’ils cherchent à le capter pour des usages magiques, ou pour entretenir un commerce avec des puissances occultes. Le
kabbaliste Eliphas Lévi le confirme : « Ce que les sorciers et les nécromanciens cherchaient avant tout dans leurs évocations de l’Esprit du Mal, c’est le pouvoir magnétique qui est la
propriété légale du véritable adepte et dont ils désiraient obtenir la possession dans de mauvaises intentions… Un de leurs objectifs principaux était le pouvoir de jeter des sorts ou de produire
des influences délétères… Ce pouvoir peut être comparé à un réel empoisonnement au moyen d’un courant de lumière astrale. A l’aide de cérémonies, ils exaltaient leur volonté au point de la rendre
venimeuse à distance… » (Eliphas Lévi – Dogme et rituel de haute magie).
On dit que
l’excitation signale qu’un démon, sous quelque forme mauvaise, incube succube, larve, empuse, surtout Fantasme vient irriter le mâle et l’enchaîne au point de ne plus pouvoir se défaire de
lui ; que la Maîtresse (femme érotique) détient le pouvoir de le faire sortir du corps - un exorcisme sexuel – après l’avoir fatigué et de le renvoyer de là où il veut. Comédie hypocrite
pour voiler une séance masochiste entre un religieux (moine) et une prostituée. Mais il est très probable aussi que certains parmi eux, plus érudits que d’autres, aient tâché d’utiliser ces
moyens, en les ajoutant à ceux des mystères, pour espérer entrer en contact avec des Esprits infernaux et qu’ils y parvinrent.
Ensuite, on eut l’idée que chaque excitation, témoignant la présence d’un incube débridé, on le contenterait et obéirait à sa luxure, mais en même temps, en sacrifiant pour lui, en
brûlant l’encens pour son nom, on lui rendrait sa gloire. L’abstinence et la solitude dans des lieux, où les murs sont infectés de satyres devenus odieux et hystériques avec le temps, eurent des
conséquences sur les religieux moines qui se faisaient posséder par des puissances occultes, eux à qui l’on imposait la chaste conduite. Ce qui en rendait certains très vicieux et entendirent
résoudre leurs maux à l’aide des filles maîtresses les plus perverses du bordel d’à-côté. S’en suivirent non pas des parties de jambes en l’air mais des cérémonies originales, car nourris des
armes ésotériques, les exécutants voulaient connaître « l’unio mystica », le tout teinté d’un fort fétichisme.
Pour être
certain de fréquenter Lilith, un moine d’alors recrutait parmi les filles de joie les plus expérimentées : « Combien de mâles t’ont connue depuis ce matin ? demande-t-il ;
Trente deux… répondit-elle ; Tu mens… ; un baron m’en imposa six ensemble, que j’ai fatigués avant de venir te voir, et tu me vois intacte… Chacun dépensait son souffle exagérant,
espérant en venir à bout de moi, que je le trouverai meilleur que la concurrence, alors que je le regardai amusée les pensées prises ailleurs… » ; Des propos qui hallucinèrent ce
religieux, il pouvait se jeter aux genoux de la belle, ayant reconnu à travers elle l’immorale Lilith.
Le fameux conte mettant en scène Lilith rend compte « d’innombrables » démons qui l’accompagnent : « (…) Et lorsque le miroir fut enlevé de la maison hantée, la démone vint avec lui. Car, chaque miroir est une porte vers l’autre Monde et est directement relié à la grotte de Lilith ; la grotte où elle eut ses ébats avec ses amants démons. De ces multitudes d’unions, des démons naquirent, qui affluent de cette grotte et s’infiltrent dans le monde. Et lorsqu’ils veulent revenir, ils entrent simplement dans le miroir ». (Howard Schwartz – Les contes juifs du surnaturel ; Harper & Row, San Francisco, 1988) (cf. chapitres « Les milles masques de la Maîtresse (Prêtresse de Lilith) » ; et Le « Miroir »)
La kabbale nous fait connaître au moins ses principaux Serviteurs avec leur chef nommé Gamaliel Nahashiel, Gamal signifiant « chameau », Nahash « serpent », mais l’objet de son activité étant tourné vers le vice, on dit de lui qu’il est « l’Obscène » (le « Cul obscène » ou « l’Obscène sodomite ») ; Gamal veut dire aussi « gorge profonde », ce qui l’approche du Léviathan, le Grand glouton, ce qui est juste puisque le règne est situé à l’Ouest, dans l’élément de l’Eau, du côté des Nymphes (Ondins) magnétiques, dans le signe du Scorpion.
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(Archidémone, Reine Qlipah…) Lilith |
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(Esprit infernal serviteur ; Qlipah ; Incube) Gamaliel Nahashiel |
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(Esprits serviteurs adjoints) Gedebriel ; Materiel ; Lapreziel ; Idexriel ; Alephriel ; Labrazeziel |
Certains lieux saints ayant été, au cours de leur histoire passée, les endroits de la débauche et de l’iniquité, ceux qui les
occupaient depuis, moines et nonnes, cherchaient la paix pour méditer et prier. Mais on dit bien parfois : « Si les murs pouvaient parler… » Ceux-ci, infestés des satyres les plus
odieux à force d’être aigri devant pareil spectacle ascétique, redoublaient leurs tentations et conduisaient ces hommes et ces femmes vers d’infernaux
tourments. Les cas de possessions sont légions dans les monastères et couvents
de cette époque, qui firent contagion. Des épidémies eurent lieu à l’intérieur de nombreux lieux saints, au point que Jean Wier fut contacté en 1560 pour composer son livre des « Prestiges
du démon » afin de les répertorier. Des possessions* démoniaques eurent lieu du genre de celle-ci : « C’était en 1124 au couvent de Prémontré, au temps même de saint Norbert :
le plus grand désordre régnait dans sa maison : la plupart des religieux étaient devenus extatiques, visionnaires, prophètes, enthousiastes, et la maison était remplie de fantômes contre
lesquels ils se battaient le jour et la nuit, comme des insensés, avec le glaive et le bâton.
Quelques-uns, doués de la vue à distance, se contentaient de considérer ce qui se passait en des lieux éloignés. Norbert quitta sa mission, revint et guérit
les moines par le jeûne, la prière, les exorcismes et l’imposition des mains. (…) Un siècle plus tard eut lieu la possession dans un couvent de femmes en Saxe : il suffit qu’une religieuse
soit attaquée dans une communauté pour que la maladie gagnât une partie de ses compagnes. Les malheureuses grimpaient aux murs, couraient sur les toits, s’agitaient comme des bacchantes,
imitaient les cris de tous les animaux. Elles parlaient des langues étrangères, pénétraient la pensée, dévoilaient les secrets des consciences, voyaient à distance ».
(* Des « possessions » qui cachaient en réalité bien des maladies, même bénignes, que la science d’alors, malmenée par les Autorités religieuses, ne pouvaient pas soigner ; puis qui arrangeaient bien les affaires de l’Eglise puisqu’elles les portaient au crédit de Satan, personnification du Mal, et justifiait du même coup l’utilité spirituelle du Christ.)
Les
satyres vengeaient leur manque sur les religieux. Certains d’entre eux, du temps où le crucifié n’était pas encore la lumière des lieux sacrés mais que Priape et ses saints exhibant les organes
de la génération régnaient en maître, ces prêtres et autres moines étaient aussi régulièrement attaqués par ces démons fornicateurs. Mais ils prenaient soin de les étudier pour deviner à qui ils
avaient à faire. Intuitivement, ils imaginaient la couleur qui dominait leur esprit : du violet, et c’était un démon de la Lune, du rouge, un autre de Mars, un jaune celui de Mercure… Puis
des symboles, des signes, des signatures posés ici et là pour reconnaître celui qui sévissait.
Sitôt l’un d’eux désirait la luxure, il se savait pris dans les filets d’un démon salace. Très vite, il ne parvenait plus à dégager ses pensées des vices. C’était signe que le démon
l’influençait de ses plus bas desseins. Il s’enfermait dans sa chambre vide, rien à faire, le démon traverse les murs, il s’accroche au cerveau. Jusqu’à ce que l’homme succombe. Mais à cette
époque, au lieu de l’exorciser pour le faire fuir, les cérémonies pratiquaient pour le connaître, lui rendre gloire et invoquer ses services. Car un trait de caractère dominait chez eux, en plus
de la jalousie, l’orgueil : « Les démons ont des joies et des douleurs. La joie ne procède
pas chez eux du bien mais du mal (saint Augustin, contre les Manichéens, ch. 17). La douleur chez eux ne vient pas de la faute commise, du mal accompli, mais
au contraire de la crainte de ne pas assez nuire. Ils s’attristent, nous voyant insuffisamment pervers, et se désolent que nous ne soyons pas tous damnés. (…) Pour gagner les âmes, les démons
obéissent aux hommes exerçant les sortilèges, parce que toutes ces choses leur apparaissent comme un signe d’honneur divin dont ils sont très jaloux. C’est là le fondement de toutes les
opérations des sorciers et des devins. Si on n’accordait pas confiance aux démons et si on ne leur rendait pas honneurs et adorations, ils n’obéiraient pas, en prêtant leur concours ».
(Les arcanes du Diable – Manuel secret des confesseurs ou Diaconales - éd. Jean de Bonnot)
L’orgueil du démon, paradoxalement, l’incite à la pratique infâme ; comme on trouve ce principe dans « Les prospérités du vice » : « (…) pour des têtes organisées comme les nôtres (supérieurement intelligentes), l’humiliation de certains actes de libertinage sert d’aliment à l’orgueil ».
C’est
pourquoi, avec des objets sacrés, ce religieux allait au bordel pratiquer ce qui deviendra la Messe Noire, en compagnie des plus vicieuses filles de joie, afin qu’elles accomplissent les
perversités exigées par le démon qui le tenait prisonnier de ses caprices. Au point que plus tard, condamnant la luxure, l’Eglise inclut le péché du sacrilège, écrivant : « La
luxure, qui tire son nom du mot « luxer », est ainsi appelée parce que le propre du vice est de relâcher, de détruire les forces de l’âme et du corps : aussi l’appelle-t-on
quelquefois dissolution ; et on dit de ceux qui s’y livrent par trop qu’ils sont dissolus. On la définit très bien : l’appétit désordonné des plaisirs vénériens. On compte six
sortes de luxure : la fornication, le stupre,
le rapt, l’adultère, l’inceste
et le sacrilège. Le sacrilège, en tant que péché de luxure, est la profanation d’un objet sacré par l’acte charnel. Il constitue indubitablement une espèce de luxure à part, car, outre le péché
contre la chasteté, il renferme évidemment quelque chose de contraire au respect dû à Dieu. (…) Celui donc qui est consacré à Dieu est coupable de sacrilège lorsqu’il commet un péché contre la
chasteté. (…) Tout acte vénérien accompli volontairement, même d’une manière cachée, dans un lieu sacré, entraîne la malice du sacrilège ; le lieu se trouverait souillé par la publicité de
cet acte et par l’écoulement de la matière séminale, quoiqu’elle ne fût pas répandue sur le pavé (décrét., tit. 68, c.3, et de la Consécr., tit. 1 c. 20). Il y a beaucoup d’auteurs qui prétendent
que les regards, les baisers, les discours déshonnêtes et
les
attouchements impurs dans le lieu sacré, même sans danger prochain de pollution, entraînent la malice du sacrilège ; d’autres pensent que c’est seulement par l’écoulement de la matière
séminale que le lieu sacré se trouve souillé. Il résulte de cette diversité d’opinions entre les savants, que la circonstance du lieu sacré doit être dévoilée, surtout si l’acte est par trop
honteux, comme de regarder ou de toucher les parties génitales ». (Les arcanes du Diable – Manuel secret des confesseurs ou Diaconales - éd. Jean de Bonnot)
(suite au chapitre "L'union charnelle avec Satan")
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