Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 13:34

(suite de l'article : Messa lie : sexe et sorcellerie)


C’est Joris-Karl Huysmans qui donne la réponse à une pareille question dans son roman « Là-bas » ; nous citons : 

« 

-Oui, et il n’y a pas autre chose, dit Gévingey. Gorres, si savant, si précis, dans sa mystique naturelle et diabolique, passe rapidement sur cette question, la néglige même, comme fait l’Eglise, du reste, qui se tait, car elle n’aime pas à traiter ce sujet (le démonisme de l’incubat et du succubat - NDA) et elle voit d’un mauvais œil le prêtre qui s’en occupe.

 

-Pardon, dit Carhaix, toujours prêt à défendre l’Eglise, elle n’a jamais hésité à se prononcer sur ces ordures. L’existence des succubes et des incubes est attestée depuis saint Augustin, par saint Thomas, par Saint Bonaventure, par Denys le Chartreux, par le pape Innocent VIII, par combien d’autres ! Cette question est donc résolument tranchée et tout catholique est tenu d’y croire ; elle figure aussi dans les vies de saints, si je ne me trompe ; dans la légende de saint Hippolyte, Jacques de Voragine raconte qu’un prêtre, tenté par un succube nu, lui jeta son étole à la tête et qu’il ne resta devant lui que le cadavre que quelque femme morte que le diable avait animé pour le séduire.

 

 

-Vous savez très bien, repris Gévingey, qu’à l’heure actuelle, ce sont moins souvent les démons que des morts évoqués qui remplissent l’imperdable rôle d’incube et de succube. Autrement dit, jadis, dans le cas du succubat, il y avait, pour l’être vivant qui le subissait, possession. Par l’évocation des morts qui joint au côté démoniaque le côté charnel atroce du vampirisme, il n’y a plus possession dans le sens strict du mot, mais c’est bien pis. Alors l’Eglise n’a plus su que faire ; ou il fallait garder le silence ou révéler que l’évocation des morts, déjà défendue par Moïse, était possible et cet aveu était dangereux, car il vulgarisait la connaissance d’actes plus faciles à produire maintenant qu’autrefois, depuis que, sans le savoir, le spiritisme a tracé la route !

 

 

-Aussi l’Eglise s’est tue. Et Rome n’ignore point cependant l’effroyable développement qu’a pris de nos jours l’incubat dans les cloîtres ! (…) Quoiqu’il en soit, pour vous édifier complètement, messieurs, sur cette matière, je dois diviser les êtres atteints d’incubat et de succubat en deux classes : la première est composée de personnes qui se sont vouées, elles-mêmes et directement, à l’action démoniaque des esprits. Celles-là sont assez rares ; elles meurent, toutes, par le suicide, ou par l’une des formes de mort violente. La seconde est composée de gens auxquels l’on a imposé, par voie de maléfice, la visite de ces esprits. Ceux-là sont très nombreux, surtout dans les couvents que les sociétés démoniaques assiègent. Ordinairement, ces victimes finissent par la folie. Les maisons d’aliénés en regorgent. Les médecins, la plupart des prêtres même ne se doutent pas de la cause de leur démence, mais ces deux cas-là sont guérissables. Un thaumaturge que je connais a sauvé bien des maléficiés qui hurleraient, sans lui, sous le fouet des douches ! Il y a certaines fumigations, certaines exsufflations, certains commandements portés en amulettes et écrits sur une feuille de parchemin vierge et par trois fois béni, qui presque toujours finissent par délivrer le malade !

 

 

-Une question, demande des Hermies, la femme reçoit-elle la visite de l’incube, pendant qu’elle dort ou pendant qu’elle veille ?

 

 

-Il faut établir une distinction. Si cette femme n’est pas maléficiée, si c’est elle qui a voulu s’accoler volontairement à un esprit de vice impur, elle est toujours éveillée lorsque l’acte charnel a lieu. Si, au contraire, cette femme est victime d’un sortilège, le péché se commet, soit pendant qu’elle sommeille, soit lorsqu’elle est parfaitement éveillée, mais alors elle est dans un état cataleptique qui l’empêche de se défendre. Le plus puissant des exorcistes de ce temps, l’homme qui a le mieux approfondi cette matière, le docteur en théologie Johannès me disait avoir sauvé des religieuses qui étaient chevauchées sans arrêt, ni trêve, pendant deux, trois, pendant quatre jours, par des incubes ! »

 


 

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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