Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 16:19

(Suite de « La magie des Bacchantes »)

 

La photo n’existait pas au moyen âge, ni dans l’Antiquité. Mais sorcières et sorciers, prêtresses et prêtres noirs opéraient des prouesses magiques par le moyen de l’image. Les spécialistes dans le domaine de l’hypnose du dix-neuvième siècle, conçurent de nombreuses expériences sur des sujets afin de vérifier s’il était possible qu’une action menée sur une image ou une photo d’une personne puisse l’affecter. Cela fonctionna. L’ouvrage d’Albert de Rochas, « L’extériorisation de la sensibilité », est un ouvrage majeur pour éclairer sur ces réalités qui dépassent le commun des mortels.

 

Nous citons en introduction cette synthèse apportée par Démocrite, louant les influences secrètes de l’œil ; distinguant la « vue » de la « vision », la première étant l’aptitude de l’œil, la seconde celle du cerveau. Le texte est quelque peu touché, l’original étant écrit en vieux français, un peu difficile à la lecture : « Démocrite, à propos de la fascination, dit qu’il sort des images des yeux de ceux qui sont doués en sorcellerie, et ce, non sans quelque sentiment ou quelque inclinaison, ainsi étant plein de l’envie et de la méchanceté, perturbent et offensent leurs corps,  l’âme et l’entendement ». (…) Mais d’être offensé en étant seulement regardé, cela est possible par les effluves qui en sortent, comme autant du corps. Le sentir, la voix, la parole et l’haleine dégagent invisiblement des effluves et il en est de même plus intensément par les yeux. Car la vue étant un sentiment fort léger et mobile, répand une merveilleuse puissance enflammée quand c’est l’esprit qui la dirige, de manière que l’homme par le moyen de la vue, fait et souffre de plusieurs effets notables, et reçoit des choses qu’il voit, des plaisirs et déplaisirs qui ne sont pas petits. Car l’amour, qui est l’une des plus grandes et plus véhémentes passions de l’âme, prend sa source et origine dans la vue, au point que celui qui est épris d’amour, se fond et s’écoule tout en regardant la beauté des personnes qu’il aime comme s’il était en elles. Au moyen de quoi l’on pourrait avec raison s’ébahir, comment il y en a qui confessent que l’homme peut bien souffrir et recevoir de dommages par la vue, et trouvent étrange qu’il fasse du mal et porte nuisance par la même vue. Car le regard des personnes qui sont en fleur de beauté, ce qui sort de leurs yeux, soit en lumière ou en effluves d’esprits, fond les amoureux et les consume avec je ne sais quelle volupté mêlée de douleur, qu’ils appellent eux « aigre-douce ». Car ils ne sont pas tant férus et ulcérés ni pour écouter ni pour toucher, que pour regarder et être regardés, tant il se fait profonde pénétration et inflammation grande par la vue, de sorte qu’il me semble que ceux-là n’ont jamais senti ni éprouvé que c’est de l’amour ; car les yeux des belles créatures allument un feu dans les âmes et entrailles des amoureux, même en regardant de très loin ». (Plutarque - Propos de table (liv. V))

 

Les tantristes savent bien que le corps Kundalini de l’homme est formé de sept centres de forces, chacun doué d’un caractère particulier, qu’il transmet au cerveau lequel est l’écran qui doit manifester, exprimer et présenter les choses autant que ces chakras lui en ont donné la possibilité. De ces centres de forces viennent les images qui sont projetées là-haut sur l’écran du cerveau ».

 

 

La vue concerne donc l’œil, c’est-à-dire l’aptitude physique, point son interprétation, sa compréhension, qui dépendent du mental et de la mémoire. Ceux-ci, nous l’explique Monsieur Houston, travaillent et agissent hors du plan physique, « baignent complètement dans l’éther ». De plus, ils projettent les influences des centres de forces, lesquels se comportant comme des antennes, reçoivent aussi leurs influences (ou informations) du plan de l’éther.   

 

Finalement, chaque centre de force, puisqu’il est représenté sous une forme sphérique, pourrait bien être un œil subtil doué d’un pouvoir d’animation autant que d’action. Pour toutes les activités liées à l’éros, nous savons que le chakra Svadhisthana est le maître d’œuvre, dont l’emblème animal est le Makara, identifié au Léviathan des profondeurs (Lilith – Samaël) et assimilé en occident au bouc lascif (Pan, Baphomet).

 

Les occultistes expliquent alors que si la vue appartient à l’œil, la vision est l’affaire du mental, de l’âme qu’ils appellent le corps astral. On dit du corps astral de l’homme qu’il est d’aspect féminin (on utilise bien le terme « féminin » et non pas « femelle ») et celui de la femme, masculin. En fait, la partie « esprit » du corps astral de l’homme est masculin, c’est sa partie « sexuelle » qui est féminin. Et chez la femme, les occultistes nous enseignent que la partie « esprit » de son corps astral est d’aspect féminin, tandis que sa partie « sexuelle » est masculin. Tout simplement parce que cette partie est « émissive » alors que celle de l’homme mâle est « réceptive ». La femme érotique se présente devant l’homme lequel garde d’elle des images car la partie « sexuelle » de son corps astral est d’aspect féminin, dont la propriété est de « recevoir, capter, préserver ». Au demeurant, l’imagination étant aussi d’aspect féminin, cette partie peut fabriquer des images à partir de celles reçues. La femme, et plus encore la femme érotique, émet des influences qui se traduisent par des images, car, nous l’avons dit, le sexe de son corps astral est d’aspect masculin. Sa présence suffit à fabriquer dans l’esprit de l’homme des visions.

 

Les expériences pratiquées par le colonel de Rochas sont riches d’enseignements sur ce sujet : « (En état d’hypnose)… Quand le sujet n’a pas naturellement les yeux ouverts dans cet état, il suffit de lui ordonner de les ouvrir pour qu’il les ouvre. Il voit alors plus ou moins directement le « fluide » qui s’échappe des yeux, des doigts, des narines, des oreilles du magnétiseur ou des personnes avec lesquelles on le met en rapport. Ce fluide se présente, d’ordinaire, sous la forme d’effluves bleus du côté gauche et rouge du côté droit ; il paraît également, pour le sujet, sortir des aimants, des cristaux, etc. ». Plus tard, il précise : « La plupart des sujets, quand on hypersthésie leurs yeux par certaines manœuvres, voient s’échapper des animaux, des végétaux, des cristaux et des aimants, des lueurs qui pourraient avoir un rapport direct avec ces rayonnements. C’est ce qu’a constaté pour la première fois, il y a une cinquantaine d’années, par de nombreuses expériences, un savant chismiste autrichien, le baron de Reichenbach (Les phénomènes odiques). Chez l’homme, ces effluves sortent des yeux, des narines, des oreilles et de l’extrémité des doigts, pendant que le reste du corps est simplement recouvert d’une couche analogue à un duvet lumineux. Quand on extériorise la sensibilité d’un sujet, le sujet « voyant » voit cette couche lumineuse quitter la peau et se porter précisément dans la couche d’air où l’on peut constater directement la sensibilité du patient par des attouchements ou des pincements ».

 

exemple de vision sous hypnose (Papus - Traité méthodique de magie pratique)

 

 

Ces études n’abordent point le domaine érotique, aussi, les experts de l’époque se contentent de répéter ce que leur disent les sujets mis en état d’hypnose. Que ceux-ci voient des lumières diffuser des yeux ou des bouts des doigts apparaît fascinant et révèle la réalité d’un corps astral subtil mais les échappées d’animaux semblent pour le moins un phénomène curieux ; des mêmes expériences plus récentes et concernant les activités érotiques tendent à montrer qu’il peut s’agir de boucs qui sortent des yeux ainsi que de toutes les extrémités du corps humain lorsqu’il y a œuvre de luxure.

 

Plus fort encore, le colonel de Rochas, travaillant avec de nombreux sujets mis en état d’hypnose, ceux-ci lui répètent qu’ils voient de l’homme s’échapper d’un côté des « effluves odiques » (lumières) de couleur bleue, de l’autre côté, des mêmes de couleur rouge. Selon le degré d’endormissement profond du sujet, la couleur bleue est tantôt à droite, tantôt à gauche ; pareillement pour le rouge. Difficile de délivrer un rayonnement coloré définitif. Des occultistes ayant étudié la kabbale s’étaient référés à l’arbre Séphirotique, qui voit le vert et le bleu à droite et l’orange et le rouge à gauche*. La théosophie dit que l’œil gauche correspond à Vénus (vert – bleu) et l’œil droit à Mercure (orange – rouge).

 

 

(* De plus, « droite » et « gauche » procèdent régulièrement d’erreurs, car les côtés diffèrent selon que celui qui les marque se rapporte à ce qu’il voit devant lui ; ou bien les propres « droite » et « gauche » du sujet.)

 

Pour compliquer encore un peu plus la donne, le scientifique Saches dit que les « couleurs bleu et rouge se comportent comme les pôles opposés de la lumière. La plante s’endort dans la lumière rouge et se réveille dans la lumière bleue ; des graines germent dans la lumière bleue, tandis que le jaune et rouge les font périr ».

 

Aussi, même si le colonel de Rochas préfère positionner que la couleur rouge sort de l’œil gauche, nous restons sur notre propre examen lié à nos études sur l’éros, et placer le rayonnement bleu sortant de l’œil gauche (celui du sujet), le rayonnement rouge de l’œil droit (celui du sujet).

 

De même, par adaptation, la théosophie enseignant que l’œil gauche dépend du mental cérébral (lié aux activités physiques, intellectuelles) et l’œil droit au domaine intuitif, nous précisons que le rayonnement bleu sortant de l’œil gauche concerne le sexe, le rayonnement rouge de l’œil droit, le magnétisme. Le rayonnement bleu est projeté sous la forme d’éclairs vifs et droits, tandis que le rayonnement rouge est tourbillonnant.

 


 

Le résumé suivant doit prolonger notre sujet présent : « Aussi les anciens philosophes avaient déjà admis que l’un des éléments de nos sensations était la projection d’effluves matériels lancés par la volonté, de la surface de notre corps, à la rencontre du rayonnement des objets extérieurs. Nous supposerons donc qu’il existe chez tout homme vivant un fluide qui circule le long de ses nerfs comme l’électricité d’un réseau télégraphique circule le long des fils métalliques. Ce fluide vient affleurer la peau par l’extrémité de tous les nerfs et y séjourne à l’état statique : il s’échappe, à l’état dynamique, par les pointes du corps (doigts, orteils), par l’haleine et le souffle qui en sont chargés, enfin par les yeux et les oreilles, organes de la vue et de l’ouïe ». (Albert de Rochas – L’extériorisation de la sensibilité)

 

Comme ces spécialistes nous font distinguer l’œil - permettant la vue – de la vision – œuvre de l’activité mentale, le corps physique d’un corps lumineux -, il existe forcément un sexe physique et un sexe astral et le second gouverne le premier. Exactement comme veut le faire comprendre Eliphas Lévi quand il dit à propos du corps astral : « Le médiateur plastique (corps astral) fait à l’image et à la ressemblance de notre corps, dont il figure lumineusement tous les organes, a une vue, un toucher, une ouïe, un odorat et un goût qui lui sont propres » (Eliphas Lévi – La clef des grands mystères). Nous mettons un bémol sur « l’exacte ressemblance entre organes physiques et correspondants subtils » ; mais chose est établie que ce corps astral possède un sexe et que c’est lui, doué de son propre cerveau, qui gère les activités luxurieuses dans l’homme, et connaît ses tenants et ses aboutissants qui prennent leur source dans le fameux grand éther.

 

D’où la volonté des mystiques d’évoluer de la science expérimentale et d’autres recherches dans le domaine intime de l’homme pour fréquenter les différentes sciences magiques, ésotériques, leur permettant de connaître ce Ciel de l’éther noir rempli des esprits infernaux que notre sexe astral ne peut que connaître.

 

On raconte ainsi que les prêtresses Bacchantes pouvaient avec leur seul regard puissant faire entrer dans le plan physique quelque incube ou succube, démon infernal afin qu’il aide à un sortilège ou un envoûtement qu’elles voulaient voir s’accomplir, et qu’elles l’attiraient simplement en l’ayant mentalement appelé.

 

De là sans aucun doute cette réalité que des sujets mis sous hypnose aient vu des animaux sortir des yeux de ceux qu’ils observaient en état de fascination, qu’on nous dit être des boucs lorsqu’il s’agit d’opérations liées à la luxure. On sait encore que les satyres ou Seirim (« Velus ») apparaissent sous cette forme, vérité entretenue par la mythologie et donc vouée à la légende, mais que les expériences sur des sujets hypnotisés ont tenté de crédibiliser à nouveau.   

 

 

Le satanisme ajoute, pour conforter ces enseignements, « qu’il sort des boucs du corps de la femme érotique lorsqu’elle paraît dans toute sa beauté magnétique » : ce qui va absolument dans le sens de l’expérience décrite, que chez « la plupart des sujets, quand on hypersthésie leurs yeux par certaines manœuvres, voient s’échapper des animaux, des végétaux, des cristaux et des aimants, des lueurs qui pourraient avoir un rapport direct avec ces rayonnements ».

 

Enfin, avec les mêmes expériences, les preuves ont été faites d’une interaction possible entre un sujet et son image. On peut ainsi agir à distance, en piquant avec une aiguille la photo, provoquer une douleur au sujet. A l’inverse, la photo d’un sujet va projeter ses effluves et selon son intention, vont affecter celui qui la recevra. L’extrait du dialogue qui suit, oriente malgré lui l’étude vers le domaine satanique :

 

« Qu’est-ce que ça te fait quand tu te revois dans un vieux film ?

- Je ne revois jamais mes vieux films...

- Pourquoi ?

- Parce que les vieux films, c’est plein de fantômes ; et ce sont ces fantômes qui ont le pouvoir, pas nous.

- Quels pouvoirs ?

- Le pouvoir… »

 

En effet, un sujet mis sous hypnose sera capable de voir des fantômes se promener dans les images de certains films, agissant indépendamment de son action et de la vie même des acteurs présents devant la caméra. 

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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