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Les expériences de ces scientifiques de la fin du dix-neuvième siècle avaient le devoir, en étudiant le domaine occulte de l’homme par le moyen de l’hypnose entre autres, de se préserver de toute tentation mystique ; tandis que le sataniste, le simple étudiant d’Eros, ont toute la liberté de faire évoluer ces sciences secrètes vers des horizons mystiques, même si le commun des mortels se fera un plaisir de les taxer « d’illuminé », être libre de ses goûts et de ses choix demeure le chemin à suivre.
Ces spécialistes ont vérifié scientifiquement l’existence d’un fluide qui sort du corps humain, par les yeux, le nez, la bouche, le bout des doigts, et même, les sujets fortement hypnotisés le voient émettre de chaque organe à l’intérieur du corps charnel, rayonnant plus ou moins selon son état de santé.
C’est ainsi qu’à ces passionnantes recherches et découvertes nous ajoutons celle-ci, qu’à ce rayonnement s’ajoute une autre irradiation, que nous avons appelé « Heith » (orgone diffusant le fluide déclenchant tout désir sensuel et sexuel), et que d’autres ont nommé le « Fluide de la Bête ». C’est lui qui propage ces émanations dont certains sujets mis sous hypnose disent qu’ils voient des boucs s’échapper des yeux ou du bout des doigts, parfois des taureaux, des crocodiles (makaras), et des serpents.
Donc, en reprenant les études sur les effluves projetés subtilement hors du corps et vus par un sujet mis sous hypnose, le colonel Albert de Rochas (d’Aiglun) (1837-1914), citant le professeur Luys, dit : « D’après ses observations, le côté droit du corps humain présente, en général, une coloration bleue. Les yeux, les oreilles, les narines, les lèvres dégagent des irradiations de mêmes couleurs, et ces irradiations sont d’autant plus intenses que le sujet est plus vigoureux. (…) On verra que des sujets inversent souvent les colorations qu’ils attribuent aux effluves, selon leur degré d’endormissement ; tantôt le côté gauche est vu rouge, tantôt bleu » (lire à ce sujet le chapitre « Le caducée dans Qliphoth »).
Relevant ici que « ces irradiations sont d’autant plus intenses que le sujet est plus vigoureux », nous l’adaptons au fluide « Heith », disant que l’intensité de ces rayonnements décide de la vigueur luxurieuse du sujet. C’est la femme qui fait entrer ce rayonnement « Heith » dans le plan physique et c’est l’homme qui en est saisi, dont la fonction et le rôle sont de sacrifier pour lui.
Albert de Rochas affirme, par le biais des sujets mis sous hypnose, que ce fluide s’échappe du corps charnel sous la forme de petites flammes, et que le rayonnement vaporeux dépasse le corps physique d’un mètre ou un peu plus, que sa puissance ne signifie pas qu’il s’étend mais que sa lumière s’intensifie.
Voici des précisions sur ce point précis qu’il reçoit par courrier : « Il voit les effluves d’une personne sous l’apparence d’une lueur d’autant plus vive que la personne s’approche plus de lui. Cette lueur enveloppe le corps entier et ne lui parait pas définie comme contour. Elle est plus vive aux yeux et aux mains. Quand un magnétiseur concentre sa volonté dans son regard, l’effluve qui s’échappe de ses yeux n’est pas plus long, mais il est plus brillant, comme si le fait de vouloir produisait une accélération dans le mouvement moléculaire de l’effluve. Ces mouvements moléculaires sont visibles pour le sujet. Ce sont, dit-il, des molécules qui tournent très vite autour d’elles-mêmes et les unes autour des autres. Il prétend que les mouvements varient en direction et en intensité suivant le caractère et l’état d’âme de la personne. Si deux personnes se placent l’une devant l’autre se faisant face, le sujet dit que les effluves ne se mélangent pas et qu’il distingue parfaitement le bleu derrière le jaune-orangé et réciproquement ».
Ce rayonnement originel fait d’effluves bleus d’un côté, rouges de l’autre,
appartient à ce que les occultistes appellent le corps astral. Mais pas toujours, nous le saurons plus loin. C’est ainsi que s’exprime sur ce sujet Albert de Rochas : « Allons plus
loin. Si, sur un sujet suffisamment sensible, on continue les passes magnétiques, on constate, soit par la vue d’un autre sujet dont la vue est hyperesthésiée, soit par des pincements faits par
le magnétiseur, que les enveloppes lumineuses et sensibles qui se sont peu à peu formées autour du sujet magnétisé finissent par se condenser en deux sortes de fantômes, l’un à droite, l’autre à
gauche du sujet, et dans lesquels se trouve concentrée toute la sensibilité dudit sujet ; puis ces deux colonnes se réunissent en un seul fantôme qu’on appelle le « double » ou le
« corps astral », situé généralement entre le magnétiseur et le sujet, à environ un mètre de ce dernier. Ce fantôme est relié au corps physique par un lien fluidique qu’il serait très
dangereux de rompre brusquement, et il peut être déplacé par la volonté du sujet qui peut également faire mouvoir ses membres fluidiques. (…) Quand, à l’aide de passes prolongées, on a déterminé
la formation d’un corps astral et qu’on a reconnu son emplacement dans l’espace au moyen de pincements, on constate que, si l’on place l’extrémité de l’un des fils sur un point quelconque de la
colonne fluidique ainsi reconnue, le sujet entend la musique et réagit en conséquence. Il ne réagit pas si l’on place cette extrémité partout ailleurs, même sur son propre corps charnel ».
(Albert de Rochas – L’extériorisation de la sensibilité)
L’auteur scientifique a beau s’interdire toute incursion dans le domaine mystique, voulant éviter d’être catalogué au rang des illuminés, il n’en demeure pas moins qu’il se trouve contraint à un moment donné d’utiliser du vocabulaire qui appartient normalement au domaine des sciences occultes. C’est le cas pour le mot « fantôme » : si le corps astral est entendu comme un « fantôme », celui de n’importe quel incube décrit par un homme du moyen âge l’est tout autant. Et rien n’empêche plus de croire que des sortes d’affinités peuvent se former entre des fantômes, donc entre des « êtres subtils » et le corps astral. Ensuite, celui-ci, les expériences d’extériorisation de la sensibilité veulent le démontrer, détient la vraie sensibilité du corps, et s’il peut se déplacer ou être déplacé, sortir momentanément de sa structure charnelle ou être sorti, bien que lié à lui par la fameuse « corde d’argent », c’est lui qui détient la clé de la sensibilité et donc, des goûts de chacun dans le domaine de la luxure, et non le corps physique.
Ces fameuses prêtresses Bacchantes qui pouvaient faire
sortir des démons de leurs yeux et leur inspirer d’agir de telle manière ou telle autre avec les hommes pratiquaient ces sorcelleries dans la mesure où leur structure astrale était saturée de
ce magnétisme, de cette puissance redoutable invisible que nous
nommons « Heith ». Leur volupté redoutable était le résultat de ce que leur corps astral projetait subtilement du « fluide de la Bête », lequel pouvait contenir sans problème
un démon incube succube. On remarque aussi que les emblèmes des Bacchantes, le serpent, la panthère, le bouc ou le taureau, nous les trouvons dans les animaux vus par des sujets mis sous hypnose,
nous avons dit « des boucs s’échapper des yeux ou du bout des doigts, parfois des taureaux, des crocodiles (makaras), et des serpents ».