Partager l'article ! Science du Diable : comment une femme luxurieuse devient-elle un succube humain ?: On connaît la prêtresse Bacchante. Mais il existait aussi ce ...
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On connaît la prêtresse Bacchante. Mais il existait aussi cette autre sorte de Bacchante que
les sorciers créèrent par la magie diabolique. Une femme, celle réputée la plus luxurieuse, était mise sous hypnose, et son corps astral (fantôme) extériorisé, posé sur le Baphomet en attendant
que Belphégor vienne s’habiller de lui comme un homme enfile un vêtement ; puis, on le déplaçait à nouveau par des passes magiques pour le ramener vers le sujet mis en léthargie ; les
nécromanciens produisaient ainsi la combinaison des deux corps appelée le « rapport » : la personne physique n’était plus seulement elle-même mais le démon invoqué
aussi !
Le sujet témoin médium jouait un rôle majeur dans une pareille expérience, c’est lui qui alertait des événements subtils et occultes qui ont lieu dans l’espace, tressaillait en remarquant une fréquentation démoniaque ; de même, les conjurations faites par les sorciers nécromanciens passaient par lui.
Les nécromanciens juraient de pouvoir envoyer le fantôme d’un médium à des kilomètres de là nuire à une personne désignée, verser dans son vin du poison, etc. Plus tard, pour éviter les délations qui leur portaient préjudice, ils choisirent d’invoquer ces esprits des morts.
Les rapporteurs de ces récits, soucieux de faire sensation, révélèrent
nombre de confessions en rapport avec la mort. Très peu en lien avec l’érotisme car les conséquences touchaient au domaine « toujours plus privé » des uns et des autres. En intimité,
seuls certains le savaient, les nécromanciens pouvaient envoyer à des longues distances le fantôme d’une femme nymphomane perturber celui d’une épouse dite « frigide » ou d’un notable
épris de morale. Les mêmes déplaçaient ainsi le corps astral de plusieurs femmes nymphomanes en direction des plus ascétiques en leur ordonnant de semer parmi eux la plus impérieuse nécessité de
débauche. Ils rendaient ainsi fou furieux plus d’un mystique retiré en solitaire et l’irritait au point de succomber à ce qu’il réprouvait le plus, l’infâme luxure. Un véritable succubat sous
forme humaine…
Joris-Karl Huysmans écrit sur ce sujet dans « Là-bas » : « On a le
choix entre deux moyens pour atteindre l’ennemi que l’on vise. Le premier est celui-ci : le magicien se sert d’une voyante, d’une femme qui s’appelle, dans ce monde-là, un « esprit
volant » ; c’est une somnambule qui, mise en état d’hypnotisme, peut se rendre en esprit où l’on veut qu’elle aille. Il est dès lors possible de lui faire porter, à des centaines de
lieux et à la personne qu’on lui désigne, les poisons magiques. Ceux qui sont atteints par cette voie, n’ont vu personne et ils deviennent fous ou meurent, sans même soupçonner le
« vénéfice ». Le second moyen consiste à évoquer, ainsi que dans le spiritisme (anciennement la nécromancie), l’esprit d’un mort et à l’envoyer frapper, avec le maléfice préparé, la
victime. Le résultat est le même, mais le véhicule change ».
Cela paraît incroyable que le corps astral nommé ici « fantôme » d’un sujet mis en état d’hypnose, puisse s’éloigner « à des centaines de lieux de son propre corps ». Le colonel de Rochas, étudiant scientifiquement ces phénomènes, rapporte que « dans certaines hystéries de somnambulisme, on observe un développement tout particulier de la sensibilité qui rend les sujets impressionnables à des sensations dont l’objet est en dehors de la sphère d’impression normale. Ainsi, tels extatiques perçoivent des bruits à des distances considérables, ils ressentent des douleurs des personnes présentes, ils sont impressionnés agréablement ou péniblement, curativement ou physiologiquement, par telles ou telles personnes, par le contact ou l’approche des mains et même par la volonté de ces personnes ».
A propos de ce déplacement du corps astral dans l’espace par certains
nécromanciens, des spécialistes firent l’expérience suivante : ils mirent sous hypnose deux sujets A (femme) et B (homme), extériorisèrent la sensibilité (corps astral, fantôme) de chacun,
et tentèrent une interversion. Pour ce faire, ils prirent un bocal rempli d’eau qu’ils passèrent sur le corps du sujet A et demandèrent au sujet B de le boire ; réaction de A, qui tombe comme une
masse à la renverse, puis témoigne d’une horreur « celui qui a bu sa vie » ; réaction de B, qui trouve que « l’eau a une odeur épouvantable de bouc, lui serre la gorge au
pharynx, il réclame de manger de la chair rouge, presque crue, devient presque bestial alors qu’ordinairement, ses goûts sont ceux d’un gourmet ». Deuxième interversion où l’on passe un
bocal d’eau à hauteur du cerveau : le sujet B connaît instantanément les pensées du sujet A. Troisième interversion où l’on met le bocal au niveau des parties génitales du sujet A (femme)
puis on l’approche de la tête du sujet B (homme) : rien.
C’est au
niveau de la nuque que des troubles se précisent (dans d’autres expériences, il suffit de passer un parfum érotique (laurier cerisier élémi) contre la nuque pour qu’il se produise une érection),
une gêne, une irritation ; le sujet A également s’irrite au point de devoir la maintenir physiquement. Lorsque le bocal est descendu jusqu’au ventre, l’énervement de B augmente, une
excitation très forte le prend. Et quand le bocal est près de ses organes sexuels, le sujet B, d’un geste précipité, s’empare de l’objet, le renverse et le casse. Sur le coup, le sujet A tombe
dans un spasme général caractéristique « d’où un hypnotiseur la tire en la plongeant, par une pression au milieu du front, dans une extase religieuse où elle voit des formes blanches qui la
ravissent ».
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