Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 15:13

En parallèle à la Messe Noire pratiquée par des nécromanciens conjurant Mammon (qu’au moyen âge, on trouve sous le nom complet de « Mammon-Râ », dont le chiffre est 406, une permutation de 640, nombre du « Soleil »), on trouve une cérémonie satanique où l’esprit invoqué est « Ammon-Râ » (forte ressemblance, d’autant que certains font venir Mammon de Amon le dieu-bélier égyptien) mais qui se déroule mal, suite à une interférence produite à distance par le prêtre libertin Eugène Vintras. Pour opérer la connexion, il envoie un « esprit volant » extériorisé d’une femme ou d’un homme mis sous hypnose ; et si l’exécuteur n’a pas d’objet de sa victime, pas d’ongles, de cheveux, encore moins d’une dent, il envoie une lettre dite « magique ». Quand celui à qui la lettre est destiné la touche et la lit, il subit l’envoûtement.

 

Massimo Introvigne rapporte cette expérience d’envoûtement à distance réalisé par Eugène Vintras (1807 – 1875), trouvé dans des archives, durant son exil à Londres en 1855, où le prêtre parvint à troubler une Messe Noire qui se déroula à Paris dans une maison dont les murs étaient contigus à un cimetière : « Vintras, à distance, voit dans cette maison trois hommes en transe : une jeune femme de vingt ans, un vieux prêtre, un homme mûr. Autour du corps de chacun, des fils de fer favorisent « l’action des fluides et la possession par les esprits ». Ces fils courent jusqu’à une chambre proche, où trois guéridons du type de ceux employés par les spirites entourent une autre table, placée plus haut sur une marche. Cette table sert d’autel : sur elle se dresse une croix et une statue de Vénus. Autour des guéridons, quatorze satanistes célèbrent ce qui ressemble à une séance spirite.



Dans l’autre pièce, un sataniste implore : « Omnipotente Intelligence qui vas t’habiller de nos fluides, révèle-toi ». Alors – c’est toujours Vintras qui voit la scène, à laquelle il assiste miraculeusement depuis sa résidence londonienne -, un esprit apparaît dans l’air et déclare : « Je suis Ammon-Râ, l’Ammon-Râ de l’Amenti ; je conduis les âmes des morts dans la barque impitoyable… Vous me devez la chair virginale de la jeune fille endormie ». « Tu l’auras, répond le chef des satanistes, mais fais que nous recevions ton active puissance comme nous t’abandonnons la nature immaculée de cette fille. Ne nous cèle aucun de tes dons comme nous te faisons présent de cette vierge souple. Possède-là. Nous célébrons tes voluptés par l’immolation du sacrifice. Soulève et excite le prêtre que nous t’avons consacré ». La jeune fille entre dans la deuxième pièce, nue. Encore en transe, elle semble chanter. Elle s’étend sur l’autel vers lequel monte le vieux prêtre, qui laisse tomber ses vêtements et se dénude. Les opérateurs, rapporte le récit de Vintras, semblent « désormais sûrs de leur triomphe », tandis que le prêtre indigne s’approche de la jeune fille. « Consacre ! Consacre ! », hurlent les satanistes. Mais le prêtre « semble pétrifié et s’arrête ». Le chef des satanistes comprend que quelque chose ne va pas et lui demande : « Qu’as-tu, lâche ? » Le prêtre est obligé de répondre : « Il y a ici, invisible, un étranger ». Il s’agit naturellement de Vintras, qui voit tout depuis Londres. « Son commandement – plus fort que le vôtre – m’a couvert d’une onction impérative. Maintenant, je suis lié par sa volonté ». « Consacre quand même ! », ordonne le chef. Mais le prêtre ne peut rien faire : « Vous voyez bien que mon corps chancelle, que ma langue s’embourbe – je n’entends plus que l’onction magistrale de sa parole ». « Consacre ! Consacre ! » Trois satanistes veulent se jeter sur l’autel, mais une force invisible les précipite à terre. La même tempête occulte fait vaciller l’autel, fait tomber la croix par terre, la statue, le pain. Mais le chef des satanistes refuse de se rendre. Vintras sait qu’il va vaincre, ne serait-ce que parce qu’il est parvenu à faire introduire dans la chapelle une lettre magique ; autour du chef des satanistes se forme une « prison magnétique » dont il ne réussit pas à sortir. Il se jette contre les barreaux de sa prison invisible, mais alors le sang lui sort par les yeux, le front, les oreilles. Le sataniste ne meurt pas pour autant ». (Massimo Introvigne - Enquête sur le satanisme – éditeur Bibliothèque de l’Hermétisme)

 

Car, normalement, une Messe Noire doit fonctionner mieux que cela. Le même auteur nous apprend que « dans différentes localités de la France, de la Belgique, de l’Angleterre et de l’Italie, de chapelles diaboliques aux murs couverts de fresques sataniques et obscènes. Ces chapelles seraient ornées de statues de divinités païennes comme Vénus et Apollon, mais aussi du diable et d’images blasphématoires et parodiques de Jésus-Christ, représenté par exemple avec des oreilles d’âne. Lors des rites, les satanistes n’utiliseraient pas seulement de l’encens mais aussi des parfums forts et enivrants, et l’on nous décrit un rite où un prêtre de Satan nu monte sur l’autel, ouvre une cassette fermée par une chaîne et contenant des hosties consacrées, revêt alors un manteau décoré d’images blasphématoires du Christ et offre les hosties à une image du diable, un bouc à visage humain, placée sur la table qui sert d’autel. Il remet ensuite les hosties aux participants qui les foulent aux pieds ou bien les introduisent dans les orifices sexuels des femmes. Le rite se termine par une orgie dont l’obscénité collective est le symbole même de la confusion induite par la Malin ». (Massimo Introvigne - Enquête sur le satanisme – éditeur Bibliothèque de l’Hermétisme)

 

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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