Partager l'article ! Les secrets de la femme nue (3) : photo et exhibitions: On connait les « Bacchantes romaines », mais il exista de ces sortes de f ...
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On connait les « Bacchantes romaines », mais il exista de ces
sortes de femmes à toutes les époques. Le premier moyen âge connut les siennes, qui étaient des prostituées, car, depuis longtemps déjà, le mot « bacchante » en était devenu un
synonyme. Des religieux « défroqués » pratiquaient des Messes Noires dans les lieux où travaillaient des filles de joie et certaines, initiées à leurs mystères, leur servaient comme
« bacchantes ». Non pas des simples prostituées, mais des femmes médiums capables de fréquenter les règnes des puissances occultes dans l’invisible.
Pareillement, à la fin du dix-neuvième siècle et
jusqu’au tout début du vingtième, d’autres défroqués, à l’image du chanoine Docre, entreprirent des expériences luxurieuses en compagnie de belles et désirables bacchantes, ayant découvert depuis
peu la photographie et comptant s’en servir pour leurs envoûtements*. Ils comprirent rapidement que l’image d’une photo contenait les mêmes qualités que la personne qui avait posé**. S’en servant
pour porter atteinte à une victime, certains, gardant leur science secrètement, étudièrent le phénomène inverse, charger une photo d’une
influence, l’envoyer à une victime afin de lui infliger un sort luxurieux. Car
on s’aperçut que tel modèle féminin photographié, éprouvant un plaisir particulier de se savoir admirée, devenait malgré lui « médium » également, extériorisant alors son « esprit
volant » lequel était doué pour entrer en commerce avec des esprits luxurieux. Chose remarquable, ces chercheurs de l’ombre remarquèrent qu’ensuite, quelque soit le destin à venir du modèle,
sa photographie émanait toujours des effluves, non pas exactement les siens mais ceux des puissances luxurieuses occultes qui l’avaient fréquenté à ces instants là de prise de
vue.
(* Une estampe de Félicien Rops, « l’incantation », montre la réalisation des rêves troubles du penseur solitaire, qui, dégoûté des bas détails et des hontes des amours humaines, désire autre chose. Il voudrait une docile amante, aux yeux étranges, aux seins durs, aux hanches larges et mobiles, à la croupe luxurieuse, cependant libérée de toutes les servitudes charnelles, un être enfin qui aurait la spiritualité d’un ange, la science d’un démon, et l’habileté érotique d’une courtisane ancienne.
C’est ainsi que l’on fut amené à chercher les moyens d’arriver à l’incubat et au succubat. Etude très hallucinante, soigneusement écartée dans tous les traités démonologiques. Les savants qui s’en occupèrent cachèrent jalousement les résultats de leurs recherches. Il serait cependant très intéressant d’examiner scientifiquement la possibilité de produire des phénomènes de ce genre.
L’extériorisation du corps astral joue un très grand rôle dans la naissance de la forme lascive. Peu de personnes sont douées naturellement de la faculté de s’extérioriser. Cette faculté peut être acquise artificiellement par un entraînement spécial. « La deux fois morte », de Jules Lermina est l’histoire d’un homme doué de grandes facultés psychiques, qui adore sa femme bien qu’elle soit morte. Toutes les nuits, il se met dans un état d’hypnose profond ; de sa poitrine s’échappe un filet de vapeur légère qui, grâce à des effluves d’éther, se matérialise au point de former un fantôme identique à la disparue et dont on sent le cœur battre. (Lermina Jules : La deux fois morte, Paris 1895))
(** Le même Jules Lermina écrivit à propos de la photo, dans une nouvelle intitulée « L’envoûteur », publiée par « l’Initiation » en juillet 1892 : « Vous croyez qu’il y a dans cette reproduction d’une forme, d’une physionomie, qu’un jeu de lumière… Ignorants ! Entre le corps qui se place devant l’objectif de la plaque sensibilisée, il s’établit un courant, enlevant à l’être, comme dans une opération galvanoplastique, d’innombrables particules de sa propre matière, de sa substance, de sa vie… »)
Du temps de Bacchus Priape, la photographie n’était point connue mais ses
mages utilisaient un autre artifice pour opérer un envoûtement à distance : le masque*. Une bacchante le portait au cours d’une soirée d’un rituel consacré au dieu-bouc ou dieu-taureau, ou
bien elle séduisait femmes et hommes pour son plaisir des sens ; ou encore était-elle le médium d’une séance d’extériorisation de la sensibilité, laissait-elle s’échapper son esprit volant…
On lui montrait le portrait d’un homme lequel était la victime des mages et elle s’activait devant le tableau à toutes les excentricités lubriques. Plus tard, quelqu’un envoyait par messager le
fameux masque, ou l’offrait tout simplement. Ce pouvait être la femme en question qui faisait présent « naïvement » de son masque à cet homme, cet objet qu’elle avait porté sur son
visage lorsqu’elle avait sué pour la luxure. La victime, heureuse d’avoir reçu d’une belle femme ce cadeau, n’hésitait point à le porter souvent avec lui, le plaçait en évidence dans sa chambre
ou près de son lit. Les mages opéraient alors à distance : ce qu’ils décidaient était communiqué à la bacchante, et se trouvait transporté au masque ; dès lors, la victime, le tenant
près d’elle comme une amulette, obéissait inconsciemment aux ordres.
(* Masque : nom masculin ; prononciation : « ma-sk’ » ; étymologie possible : Bas-latin, « mascha » signifiant « sorcière ». Du sens de sorcière on a pu passer, et il paraît bien effectivement qu’on a passé au sens de faux visage, destiné à faire peur : au 12ème siècle, « Mascha, simulacrum quod terret, quod vulgo dicitur mascarel, quod apponitur faciei ad terrendos parvos, UGUTIO, dans DU CANGE, masca ». (Dico définitions))
Comme écrit plus haut, les expériences d’hypnose et autres envoûtements faits à partir de photos furent toujours cachés du grand public : « L’étude très hallucinante, est soigneusement écartée dans tous les traités démonologiques. Les savants qui s’en occupèrent cachèrent jalousement les résultats de leurs recherches. Il serait cependant très intéressant d’examiner scientifiquement la possibilité de produire des phénomènes de ce genre ». Dans le règne d’Eros, les photographes emploient souvent le vocabulaire des hypnotiseurs, bien souvent à tort et à travers, leur métier consistant à faire rêver et pas à rendre compte de phénomènes étudiés par quelques docteurs dont les orientations sont tournées vers la mystique. C’est ainsi qu’ils disent, par exemple, « qu’un sujet érotique est capable d’envoûter son spectateur, de le fasciner », des termes propres à l’hypnose. Le modèle photo, dans ce cas, « domine » son sujet : normal, c’est la conséquence directe qu’il diffuse intensément du fluide Heith de couleur bleue, qui concerne l’attitude assurée, dominante pour ne pas dire dominatrice (lire chapitre « Le caducée dans Qliphoth »).
Comme semble vouloir le décrire la
scène suivante : « (…) Ce soir-là, une quarantaine de « danseuses sacrées » dansaient sur une large estrade avant d’aller adorer la Déesse. Que représentait cette danse ?
C’était toujours les mêmes contorsions des bras, des doigts et des orteils, les mêmes déhanchements, le ventre et les seins
projetés en avant : offerts… (…) Ce qui retenait l’attention, c’était le
cercle de mâles, une bonne centaine, pressés autour de l’estrade, les yeux dilatés… Les mystiques hindous parlent de samâdhi, l’extase, dans laquelle l’esprit n’est plus conscient que d’un unique
objet, toutes autres choses étant annihilées pour lui. Ces hommes, hypnotisés autour de cette estrade, avaient véritablement atteint un genre d’extase parfaite : le samâdhi en rut. (…) Les
filles (dévadâsis) descendirent de l’estrade et s’engouffrèrent hâtivement dans les corridors sombres conduisant au sanctuaire de la déesse. Ce fut une ruée. La horde des hommes affolés les
suivait, vaguement retenus par les gestes d’une vieille femme, la gardienne des danseuses, sans doute une bayadère retraitée. La terreur qui se lisait sur le visage des filles – pourtant des
prostituées – serrées en troupeau, se bousculant pour gagner au plus vite le sanctuaire protecteur, était aussi bouleversante que l’avidité immonde de leurs poursuivants ». (Alexandra
David-Neel – L’Inde où j’ai vécu)
De ce point de vue, on pense alors que seul celui qui regarde succombe, par un moyen de fascination, et entre dans une sorte d’hypnose, tantôt que le modèle photo domine, de toute sa hauteur et de sa splendeur, les effets qu’il procure, tel un chat s’amuse avec une souris. Certains ajoutent que c’est bien souvent pareils phénomènes qui se produisent lorsqu’un client est en affaire avec une fille de joie. Sauf que dans le domaine de la photo, il existe un aspect très particulier, jamais approché en étude par les spécialistes, ou qui se gardent bien de rendre compte publiquement de leurs compréhensions dans ce domaine, c’est le lien plus qu’étrange pouvant exister entre le modèle érotique et l’appareil de photo ou la caméra, disons l’objectif. Ou, dit sous une autre forme : « Quelle est la nature de l’exhibitionnisme ? »
Le mage Papus énonce, à propos de l’hypnose, ce théorème simple : « Nous savons déjà que toute excitation anormale d’un des centres impulsifs produit la rupture des rapports qui unissent l’être impulsif à l’homme de volonté » (Papus – Traité méthodique de magie pratique). Ce qui signifie que dans la scène décrite plus haut, le spectateur n’est pas le seul qui connaît son phénomène hypnotique, le modèle érotique vit le sien aussi tandis qu’il évolue devant l’objectif.
Déduisons : le modèle érotique à l’allure dominante à l’image
semble « posséder » celui qui la regarde, manifeste une aisance hors du commun, ce qui est la nature même du fluide de couleur bleue (domination), sachant que c’est le courant Heith qui
se superpose à lui, celui qui est le « fluide de la Bête ».
Mais on peut penser aussi que chez certains sujets, l’objectif d’un appareil photo (vidéo, caméscope) participe du même pouvoir que celui du magnétiseur ; et l’actrice ou le modèle exhibitionniste, tout en dominant indirectement le spectateur, se sachant constamment épiée et voulant justement l’être, se conduit à l’exacte réplique d’un sujet pouvant être mis sous hypnose car « très sensitif ». A sa manière, le modèle érotique est un sujet « très sensitif » à l’image, ce qui a pour conséquence que son propre fantôme (corps astral mais aussi et surtout « esprit volant ») connaît des exaltations, autant des inspirations* lui venant d’esprits luxurieux avec lesquels il est en harmonie. Dans un état d’exaltation qualifié « d’anormal », « la rupture des rapports qui unissent l’être impulsif à l’homme de volonté » s’opère et l’on peut envisager de croire que c’est le fantôme, invisible et paradoxalement épris de lumière, qui devient « l’acteur principal », « l’esprit volant », à la manière d’un farfadet de Berbiguier, qui agit subtilement dans l’image, l’actrice le suivant avec engouement.
(*« 182. Toute personne qui, soit dans l’état normal, soit dans l’état d’extase, reçoit, par la pensée, des communications étrangères à ses idées préconçues, peut être rangée dans la catégorie des médiums inspirés ; c’est, comme on le voit, une variété de la médiumnité intuitive… L’inspiration nous vient des Esprits qui nous influencent en bien ou en mal, elle s’applique à toutes les circonstances de la vie dans les résolutions que nous devons prendre ; sous ce rapport, on peut dire que tout le monde est médium, car il n’est personne qui n’ait ses Esprits (…) qui font tous leurs efforts pour suggérer à leurs protégés des pensées salutaires. La preuve que l’idée qui survient est bien une idée étrangère à soi, c’est que si elle eût été en soi, on en eût toujours été maître, et il n’y aurait pas de raison pour qu’elle ne se manifestât pas à volonté ». (Allan Kardec – Le Livre des Médiums))
Ce n’est donc pas un leurre de penser cette réflexion extraite d’un film : « Qu’est-ce que ça te fait quand tu te revois dans un vieux film ?
- Je ne revois jamais mes vieux films...
- Pourquoi ?
- Parce que les vieux films, c’est plein de fantômes ; et ce sont ces fantômes qui ont le pouvoir, pas nous ».
- Quels pouvoirs ?
- Le pouvoir… »
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