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Des scientifiques du dix-neuvième siècle voulurent élucider ces mystères
des dites sorcelleries moyenâgeuses héritées depuis les temps antiques des mages, en dévoilant les subterfuges dont des sorciers catalogués en charlatans abusaient de faire croire depuis trop
longtemps. Manque de chance, les expérimentations les plus sérieuses autorisèrent les plus grands scientifiques de l’époque d’être saisis à leur tour, au cours de leur ouvrage, de croire à ces
fantômes, car ils les découvraient sous leurs yeux. Stupéfaction ! Les grands collèges nièrent en bloc ces travaux scientifiques portés sur la sorcellerie et l’envoûtement, mais tant pis,
ceux qui s’investirent dans cette branche, prenant le parti de décrire ce qu’ils découvraient sans l’interpréter, évitant soigneusement toute référence au satanisme, ne faisaient, malgré eux, que
le conforter et l’enrichir. L’anglais William Crookes, l’inventeur du tube cathodique, dévoila, dans son livre « Recherches sur les phénomènes du spiritualisme – Nouvelles expériences sur la
force psychique », publié une première fois en 1923 puis en 1927, des phénomènes étranges, que le spiritisme d’Allan Kardec avait déjà classés au rang des activités des « Esprits
frappeurs ».
Extraits : « Les exemples où des corps lourds, tables, chaises, canapés,
ont été mis en mouvement, sans le contact du médium, sont nombreux. Ma propre chaise a en partie décrit un cercle, mes pieds ne reposant pas sur le parquet. Sous les yeux de tous les assistants,
une chaise est venue lentement, d’un coin éloigné de la chambre, et toutes les personnes présentes l’ont constaté ; un fauteuil vint à l’endroit où nous étions assis, et sur ma demande, s’en
retourna lentement, à la distance d’environ trois pieds. Quand des manifestations de ce genre sont exposées, on fait généralement cette remarque : « Pourquoi n’y a-t-il que des tables
et des chaises qui produisent ces effets ? Pourquoi cette propriété est-elle particulière aux meubles ? Il est clair que dans une salle à manger, si un corps pesant, inanimé, doit
s’élever au-dessus du plancher, ce ne peut guère être autre chose qu’une table et une chaise. J’ai de nombreuses preuves que cette propriété n’est pas particulière aux meubles seuls ; mais
comme pour les autres démonstrations, l’intelligence ou la force, quelle qu’elle soit, qui produit ces phénomènes, ne peut se servir que des objets qu’elle trouve appropriés à son
but ».
« On assiste à des « enlèvements de corps humains » : ces faits se sont produits quatre fois en ma présence, dans l’obscurité. Je vis ainsi une chaise, sur laquelle une dame était assise, s’élever à plusieurs pouces du sol*. Une autre fois, pour écarter tout soupçon que cet enlèvement était produit par elle, cette dame s’agenouilla sur la chaise, de telle façon que les quatre pieds en étaient visibles pour nous. Alors, elle s’éleva à environ trois pouces, demeura suspendue pendant dix secondes à peu près, et ensuite elle descendit lentement ». (William Crookes – Recherches sur les phénomènes du spiritualisme – Nouvelles expériences sur la force psychique – éditions de la B.P.S. 1923)
(* On trouve ici la célèbre couverture de
« Tintin et les sept boules de cristal » ; au phénomène des chaises qui s’élèvent du sol avec des personnes assises dessus, on ajoute la technique de l’envoûtement, que les
sorciers et autres nécromanciens pratiquaient de pair. Le livre de William Crookes est publié en 1923.)
Allan Kardec connaît bien ces Esprits qu’il décrit de la sorte dans « Le Livre
des Médiums » : « 160. Les médiums à effets physiques sont plus spécialement aptes à produire des phénomènes matériels, tels
que les mouvements des corps inertes, les bruits, etc. On peut les diviser en médiums facultatifs et médiums involontaires.
Les médiums facultatifs sont ceux qui ont la conscience de leur pouvoir et qui produisent des phénomènes spirites par l’acte de leur volonté. Cette faculté, bien qu’inhérente à l’espèce humaine, comme nous l’avons déjà dit, est loin d’exister chez tous au même degré ; mais s’il est peu de personnes chez lesquelles elle soit absolument nulle, celles qui sont aptes à produire les grands effets, tels que la suspension des corps graves dans l’espace, la translation aérienne et surtout les apparitions, sont plus rares encore. Les effets les plus simples sont ceux de la rotation d’un objet, des coups frappés par le soulèvement de cet objet ou dans sa substance même. Sans attacher une importance capitale à ces phénomènes, nous engageons à ne pas les négliger ; ils peuvent donner lieu à des observations intéressantes et aider à la conviction. Mais il est à remarquer que la faculté de produire des effets matériels existe rarement chez ceux qui ont des moyens plus parfaits de communication, comme l’écriture ou la parole. Généralement la faculté diminue dans un sens à mesure qu’elle se développe dans un autre.
La nature des communications est toujours relative à la nature de l’Esprit, et porte le cachet de son élévation ou de son infériorité, de son savoir ou de son ignorance ; mais à mérite égal, au point de vue hiérarchique, il y a incontestablement chez lui une propension à s’occuper d’une chose plutôt que d’une autre ; les Esprits frappeurs, par exemple, ne sortent guère des manifestations physiques.
On note aussi les « médiums typteurs » ; ceux par l’influence desquels se produisent les bruits et les coups frappés. Variété très commune, avec ou sans la volonté. Et les « médiums moteurs » : ceux qui produisent le mouvement des corps inertes. Très communs ».