Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 13:43

Si donc, on croit à l’affirmation de Jules Lermina lorsqu’il écrit dans sa nouvelle « L’envoûteur », publiée par « L’initiation » (numéro de juillet 1892) : « Vous croyez, n’est-il pas vrai, continua-t-il, qu’il n’y a dans cette reproduction d’une forme (photo d’une femme – NDA), d’une physionomie, qu’un jeu de lumière… Ignorants ! Entre le corps qui se place devant l’objectif et la plaque sensibilisée, il s’établit un courant, enlevant à l’être, comme dans une opération galvanoplastique, d’innombrables particules de sa propre matière, de sa substance, de sa vie… La chimie les fixe, rien de plus, et comprenez-moi bien, entre cette représentation qui vous semble morte (photo – NDA) et l’être qui est là-bas vivant, il existe un lien que rien ne peut jamais rompre. De l’un à l’autre, des fils innombrables subsistent comme un réseau de cordons électriques » : alors on saisit combien la photo apporta des services aux différents sorciers. En effet, jusque-là, les antiques mages, les nécromanciens et nombre de sorciers versés dans l’art d’invoquer les esprits des morts travaillaient à leurs envoûtements à partir des femmes, anciennement les bacchantes, dont ils extériorisaient la sensibilité - le corps astral -, devenant ainsi « esprit volant » et lui confiaient des missions précises. Désormais, ils pouvaient opérer pareille pratique à partir de la photo d’une femme dite « bacchante ». Car celle-ci n’était en rien choisie par hasard, outre ses caractéristiques zodiacales, elle devait dispenser un fluide « Heit » puissant.

 

Ces sorciers prenaient en compte un autre paramètre qu’on trouve dans les articles 163, 232 et 182 tirés du Livre des Médiums d’Allan Kardec : « 163. On aurait tort cependant de les regarder comme des médiums ceux qui sont doués d’une certaine dose d’électricité naturelle, car la véritable médiumnité suppose l’intervention directe d’un Esprit ». Ce que nous mettons en lumière constamment dans nos approches des sujets mystiques, confère aux Bacchantes romaines mises sous hypnose et dont « l’esprit volant » parvient à entrer en commerce avec un esprit infernal. Puis : « 232. Ce serait une erreur de croire qu’il faut être médium pour attirer à soi les êtres du monde invisible. L’espace en est peuplé ; nous en avons sans cesse autour de nous, à nos côtés, qui nous voient, nous observent, se mêlent à nos réunions, qui nous suivent ou nous fuient selon que nous les attirons ou les repoussons. La faculté médianimique n’est rien pour cela : elle n’est qu’un moyen de communication. D’après ce que nous avons vu sur les causes de sympathie ou d’antipathie des Esprits, on comprendra aisément que nous devons être entourés de ceux qui ont de l’affinité pour notre propre Esprit, selon qu’il est élevé ou dégradé ». Ce qui signifie donc, logiquement, que les femmes luxurieuses sont entourées d’esprits de la luxure, puisqu’il y a affinité. Quoique ceci, pour nous, ne compte pas comme une règle obligatoire, un grand intellectuel peut être entouré de nombreux esprits luxurieux et une femme très attirante n’en trouver aucun autour d’elle, car ces phénomènes dépendent aussi du quotidien de chacun, du milieu dans lequel il évolue, etc. Enfin, l’article 182 : « L’inspiration nous vient des Esprits qui nous influencent en bien ou en mal, elle s’applique à toutes les circonstances de la vie dans les résolutions que nous devons prendre ».

 

En somme, certaines femmes bacchantes, réputées pour leur pouvoir magnétique redoutable, sont assurément escortées par des esprits infernaux de la luxure. Dans certains cas, ce n’est absolument pas général, la reproduction fixée sur une image (photo) d’une d’entre elles, « qui semble morte » selon les propres termes de Jules Lermina, ne l’est pas tout à fait, car son « esprit volant » s’étant extériorisé du seul fait des circonstances (« Nous savons déjà que toute excitation anormale d’un des centres impulsifs produit la rupture des rapports qui unissent l’être impulsif à l’homme de volonté » (Papus – Traité méthodique de magie pratique)), un phénomène médiumnique s’étant volontairement ou involontairement produit, un autre Esprit – un esprit infernal de la luxure – a pu venir entrer en commerce avec lui ; dans telle circonstance, le fréquente, parfois le supplante, influence subtilement les lieux et s’introduit définitivement dans l’image. L’adverbe « définitivement » veut dire qu’à l’inverse du modèle exposé, dont on dira qu’il a pris, avec les années, un « coup de vieux », l’esprit infernal ne prendra point d’âge, demeurera tout aussi actif et toujours autant doué d’influence luxurieuse (Heith).

 

Des nécromanciens du dix neuvième siècle travaillèrent ainsi à partir de photos, ne s’arrêtant point sur la représentation visuelle mais travaillant à partir des influences subtiles qui grouillaient dedans et que l’ignorant n’imaginait point.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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