Partager l'article ! Les secrets de la femme nue (5) : possessions à distance: Jadis, des mages de Bacchus Priape mettaient sous hypnose des femmes dont on savait qu ...
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Jadis, des mages de Bacchus Priape mettaient sous hypnose des femmes dont on savait que le
seul mot « luxure » suffisait à échauffer les sangs, fortes d’un magnétisme qui fait d’un homme un esclave, extériorisaient leur « esprit volant » qu’ils envoyaient à des
kilomètres de là agresser un homme dont ils avaient reçu la demande d’en faire une victime. Ils agissaient la nuit et commandaient à ce fantôme de s’introduire d’abord dans les rêves du monsieur,
d’irriter son esprit par des visions érotiques. Ainsi, à distance, les mages parvenaient à provoquer à leur victime une « satyriasis » (priapisme). Puis, ils demandaient le retour de
« l’esprit volant » dans son corps physique et réveillaient la femme bacchante. Ils reprenaient les mêmes exercices dans les deux ou trois nuits suivantes.
Puis, connaissant leur victime, où elle logeait, où elle se déplaçait, les mages demandaient à la femme bacchante d’aller marcher sur ce chemin aux bons horaires. Jusqu’à ce que cet homme vienne à la croiser, croyant à un hasard fantastique, et tombe sous le charme, saisi d’un coup de foudre. Assuré du miracle, il marquait un fort engouement pour la bacchante alors qu’elle avait reçu pour mission, sans le rejeter, de le dédaigner.
La nuit venue, les mages pratiquaient à nouveau, réclamaient à « l’esprit
volant » d’inspirer dans l’esprit de la victime, des images toujours plus salaces, d’imaginer des situations toujours plus pornographiques. Un « succubat humain », qu’interprète
ainsi le mystérieux auteur Jules Delassus dans « Les incubes et les succubes » : « Ces phénomènes, étant d’ordre astral, avec violente répercussion sur le corps physique,
avant d’agir sur les parties génitales, affectent d’abord les organes qui sont le plus en rapport avec le corps astral, les poumons et les viscères de la poitrine. Une angoisse immense étreint
l’être qui sent l’approche de l’incube ou du succube. La gorge se serre ; un commencement de suffocation se produit, en même temps, toutes les muqueuses sont caressées par des titillements
voluptueux. Il semble qu’un amant extraordinairement expert vous enveloppe, vous pénètre, se fond en vous. La jouissance alors est insensée, la dépense nerveuse terrible. L’imagination s’exalte,
la clairvoyance somnambulique arrive. Vous voyez distinctement l’être fantastique et glauque qui vous travaille, qui vous fait grincer les dents dans les spasmes. Puis, soudain, il s’évanouit.
Mais lorsqu’on a supporté une fois cette accointance, l’esprit reste fortement affecté. Les mêmes faits se renouvellent souvent. L’incube pour sa maîtresse – ou le succube pour son maître – prend
une existence de plus en plus vraie. Il se nourrit d’elle et c’est une obsession de tous les instants. La fatigue très grande, la surexcitation nerveuse constante entretiennent l’état
somnambulique qui fait que l’on perçoit réellement l’incube ou le succube. Les troubles physiologiques ou psychologiques les plus graves peuvent se produire alors : satyriasis, nymphomanie, ou
folie ».
La victime est désormais atteinte, de jour comme de nuit, de satyriasis, elle oublie le monde qui l’entoure et son esprit est obsessionnellement absorbé par la beauté sensuelle de cette femme avec qui il veut faire sa vie. Il la cherche dans les rues de son quartier, elle lui a inventé de fausses adresses, peut être une fausse identité ; il devient fou.
Tandis que les mages invoquaient désormais Lilith, lui
demandant d’accompagner « l’esprit volant » pour faire de la victime un esclave : ce dernier, ils le représentaient sous la forme d’une figurine en cire qu’ils avaient posée sur
l’autel des envoûtements. L’on rapporte, dans les commentaires relatifs à ces histoires, que la bacchante, dont l’homme s’était épris, s’offrait au dieu Priape en sacrifiant au vice et à la
luxure, additionnant les mâles pour faire mieux que Messaline, « ses eaux intimes et ses sueurs étant versées sur la statuette, laquelle avait pour particularités que le sexe était dressé et
disproportionné par rapport au corps ».
Les rêves érotiques se multipliaient dans l’esprit de la victime, qui souffrait de satyriasis en même temps qu’il transpirait fort chaque nuit. Les images pornographiques ne le quittaient plus, ses obsessions luxurieuses le dominaient. Lorsqu’un jour vint où il croisa à nouveau l’objet de ses irritations, il l’apostropha et lorsqu’elle se retourna vers lui, il fut brûlé par son seul regard. Il lui confia immédiatement son état moral déplorable, la confusion qu’il éprouvait entre le grand amour et les instincts de la bête. Elle montra une distance à ces souffrances, au point qu’il se sentit déchu de l’intérieur. Seuls les mages le savaient, il ne se confiait plus à la femme, Lilith l’avait supplantée.
Ceux-ci enfermaient sa statuette en cire dans un papier peint des signes et sceaux de Lilith et l’invoquaient disant : « Voici pour toi en sacrifice cette bête… ; fais-en l’usage qui te convient, toi qui ne connais aucune limite dans la soumission… ». Puis ils brûlaient le tout dans le feu sacré et commandaient à la bacchante de changer de quartier. La victime, quant à elle, devenait l’esclave des démons incubes succubes du plan subtil.
C’était connu, avec Lilith, la torture morale partageait son lit avec la luxure. Finalement, la démone conduit, par le seul moyen phallique, les hommes comme elle le souhaite : aux uns la génération, aux autres la stérilité ; le cocuage ou l’adultère ; la prostitution ou l’onanisme cérébral dans la soumission.
On fait remonter au temps du moyen âge le moyen magique de la fascination,
dont le livre maudit Malleus Maleficarum en rend compte. En fait, la pratique était connue depuis les temps romains antiques de Priape. La « fascination » consistait pour les sorcières
d’opérer un sortilège maléfique contre un homme mâle, lequel se voyait stupéfait d’être démuni de son organe génital, ou ne le voyait plus ; ou, surtout, devenait impuissant. Et
« fascination », mot utilisé au moyen âge pour nommer cette sorcellerie, peut dériver de « fascinum », qui était l’organe sexuel mâle chez les
Romains.
Une prêtresse bacchante, voulant maléficier la vie mondaine d’un homme mâle, pouvait
prendre la dagyde qui le représentait, et la jeter dans le feu, ou bien coupait son sexe disproportionné et le faisait brûler devant Priape (Belphégor du moyen âge) en disant : « Voici,
Priape (Belphégor), je te livre en sacrifice ce pieu afin que tu le réduises à rien et que tu fasses de son propriétaire ce que tu veux bien ; nous te le soumettons et te promettons qu’il
saura te servir telle une parfaite servante ».
Ou encore elle plaçait sous le feu le priape en cire, ce qui avait pour conséquence de le faire fondre, que sa dureté en subisse l’effet jusqu’à s’abaisser et mollir, signe d’une totale impuissance chez la victime.
Souvenons-nous de quelles sortes de rituels des femmes
bien sous tous rapports étaient capables d’exercer pour obtenir des hommes ce qu’elles voulaient ; Jacques-Antoine Dulaure relate : « Parlerais-je de ce Mutunus (Priape), dit
Lactance, sur l’extrémité duquel les nouvelles mariées viennent s’asseoir, afin que le dieu paraisse avoir le premier, reçu le sacrifice de leur pudeur ? » Lactance, par ces derniers
mots,
semble rappeler ce que pratiquent les jeunes épousées dans quelques
contrées de l’Inde, où le dieu, de bois ou de fer, opère entièrement le sacrifice. On croirait que la formalité remplie par les jeunes femmes romaines auprès de cet objet sacré n’était qu’une
modification, un diminutif de l’usage indien, et que la jalousie des maris romains avait mis des bornes à la dévotion de leurs femmes. Les femmes mariées se soumettaient aussi à cette pratique,
sans doute afin de détruire le charme qui les maintenait dans un état de stérilité ; mais, plus aguerries que les jeunes épousées, leur dévotion s’étendait plus loin. « Ne
conduisez-vous pas, même avec empressement, dit Arnobe aux maris, vos femmes auprès de Tutunus (Priape) ; et, pour détruire de prétendus ensorcellements, ne les faites-pas vous pas enjamber
l’horrible et immense Phallus de cette idole ? »
« (…) Considéré comme une amulette, comme un
fétiche portatif, le Phallus recevait le nom de « fascinum », et était d’un usage très fréquent chez les Romains qui ne
connaissaient point de préservatif plus puissant contre les charmes, les malheurs et les
regards funestes de l’Envie. C’était ordinairement une petite figure du Phallus en ronde bosse, de différentes matières ; quelquefois, c’était une médaille qui portait l’image du Phallus. On
les pendait au cou des enfants et même ailleurs. On les plaçait sur la porte des maisons, des jardins, des édifices publics. Les empereurs, au rapport de Pline, en mettaient au devant de leurs
chars de triomphe. Les vestales, lorsqu’on célébrait des sacrifices à Rome, lui rendaient un culte ».
On croit toujours que les rituels pratiqués avec l’utilisation d’un phallus concernaient des vœux liés à la génération. Ce qu’on dit moins, pour en occulter le caractère magique, est qu’on pratiquait aussi à des fins luxurieuses, un mari trompeur, une femme sauvage ou au contraire qui se refusait trop souvent, un amant volage ou une jeune demoiselle trop infidèle.
Lorsqu’un homme désirait une femme qui s’empêchait à lui, il pouvait demander, moyennant finances, un rituel pour lui faire changer son état mental. On opérait via une figurine en cire ; mais parfois, ce pouvait être une personne en chair et en os qui devenait une dagyde humaine, une mumie. L’exercice délirait en une partie de jambes en l’air, la femme étant travestie à l’identique de celle qu’il convoitait, et lui qui faisait avec elle ce qu’il voulait entreprendre avec l’autre. Sauf que les mages veillaient autour. La femme figurine était ensuite endormie et son « esprit volant » transféré vers l’autre, laquelle recevait des visions extatiques de l’homme exposé dans toute sa virilité. Et lorsqu’elle venait à le croiser, toujours par un hasard qui n’en est pas, un charme la saisissait, la rendant infiniment séduite par le monsieur.
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