Partager l'article ! An 1000 : courtisanes salaces et prêtres font « ménage satanique » (2): L’intérêt dans ce sujet n’est point de dé ...
eros666
L’intérêt dans ce sujet n’est point de
dénoncer la conduite immorale d’une institution religieuse sensée justement détenir les plus belles valeurs morales, de dresser la liste de ses mœurs ou d’en établir le nombre ; mais de
saisir combien c’est à cette époque déjà que les premières rencontres entre des gens aussi contradictoires que des religieux et des bourgeoises vivant de prostitution et autres femmes
luxurieuses, par leurs fréquentations intimes, engendrèrent des groupes de gens originaux, lesquels pratiquèrent des cérémonies secrètes qui constituèrent les fondements de ladite « Messe
Noire ». Animés tous autant par le stupre que par la mystique, aimant autant le ciel spirituel que le luxe qu’offrent les moyens financiers, ces personnels hétéroclites marièrent leurs
talents au service d’un culte qui devint forcément satanique. Et nous pouvons croire qu’au commencement, c’est Vénus qui aida tout ce monde à se retrouver sous les mêmes espaces, car la déesse
s’occupe autant d’amour et de luxure que de mystique et de culte sacré.
« Frère Maillard revient souvent sur l’usage des mères de prostituer leurs filles ; et Menot, qui prêchait à Paris peu de temps après lui, en confirme l’existence : « Les mères, dit-il, damnent leurs filles par le mauvais exemple qu’elles leur donnent, par le goût du luxe et des parures qu’elles leur inspirent, et par la trop grande liberté qu’elles leur laissent. Et ce qui est bien pis encore, et je ne le dis qu’en versant des larmes, elles vendent leurs propres filles à des pourvoyeuses de débauche. Propias filias venundant lenonibus. Jean Clérée, confesseur de Louis XII, parle du même usage ; et, dans une énumération de vices, il n’oublie pas celui-ci : de matre quae ad malum propriam filiam ducit. Ce n’était pas seulement les femmes de la dernière classe ni les bourgeoises de Paris qui se livraient à cette infamie : des femmes nobles ne rougissaient pas d’y prendre part ».
« En 1459, on saisit « la ceinture, ferrée de
boucles, mordant et clous d’argent doré, pesant deux onces et demie, avec une surceinture aussi ferrée de boucles, mordant et clous d’argent doré ; un « pater noster » de corail,
tels quels, un « agnus Dei » d’argent, des « heures » à femme, à un fermoir d’argent, un collet de satin fourré, etc. », sur une dame noble appelée demoiselle Laurence de
Villard, courtisane à ses heures. Voilà une femme à la fois noble, dévote et prostituée : ce mélange d’actes de débauches avec des « heures » et des « chapelets » est
monstrueux ».
« Le clergé ne fut pas à l’abri des censures des prédicateurs : la simonie, la réunion de plusieurs bénéfices, plaies incurables ; le luxe des prélats, l’ignorance de la plupart des prêtres, leurs supercheries, la vie licencieuse des uns et des autres, leur sont fortement reprochés ».
« Maillard se récrie contre les turpitudes pratiquées à Rome pour obtenir des bénéfices ; contre ces religieux coureurs, appelés « porteurs de reliques » ou « porteurs de rogatons » ; contre les prêtres qui se chargent et reçoivent le paiement d’un nombre de messes qu’ils ne peuvent acquitter et qu’ils « suspendent au croc » ; contre les prêtres de Paris qui vendent les sacrements, les confessions et autres choses ; contre le luxe des évêques et de leurs concubines qui portent des habits rouges, de diverses couleurs, plissés et fourrés de martres et de peaux de Lombardie, et qui ont les doigts remplis d’anneaux d’or ; contre l’avarice des prélats qui, possédant de grands biens, les emploient à l’entretien des filles publiques et des pourvoyeurs de débauche ».
Maillard dénigre encore : « Combien d’ecclésiastiques entretiennent des femmes publiques et célèbrent tous les jours la messe ! Et les curés sont assez complaisants pour ne pas leur refuser l’eucharistie ! Saint Nicolas n’entassait pas des trésors comme le font nos prélats modernes ; il n’entretenait point, comme eux, des femmes débauchées, « à pain et à pot » : à tous les diables une telle conduite ! » Ce saint ne provoquait point les jeunes filles au libertinage, et ne leur faisait point gagner leur mariage à la peine de leur corps ». Car ces prêtres forniquaient ces demoiselles avant de les unir au mariage. « Lorsqu’un évêque ou un abbé fréquente une maison, les personnes qui l’habitent sont diffamées. Messieurs les prêtres, vous faites de vos clercs de vils agents de prostitution ».
« Les moines et religieux de Paris avaient une conduite aussi scandaleuse que celle des autres ecclésiastiques. Maillard rapporte plusieurs exemples de leurs débordements et de leur mépris pour les convenances. « Les religieux courent les rues de Paris sans observer la règle ; ils scandalisent les novices par leur mauvaise conduite ; il en est qui tiennent des cabarets ; j’en vois qui fréquentent les lieux de débauches (in Lupanar) ; j’y vois aussi entrer un abbé qui ne s’occupe qu’à entasser de l’argent par des friponneries ».
« Aujourd’hui, dit notre prédicateur, les ecclésiastiques sont plus scandaleux que les séculiers, ils les surpassent en infamies et en turpitudes. (…) Il paraît que des prêtres, dans leurs actes de libertinage, ne respectaient pas même les lieux consacrés au culte. « Si les piliers des églises avaient des yeux, dit Maillard, et qu’ils vissent ce qui s’y passe ; s’ils avaient des oreilles pour entendre, et qu’ils pussent parler, que diraient-ils ? Et Maillard de recommander aux ecclésiastiques d’observer les règles de la chasteté ».
« Les ecclésiastiques ne prenaient pas même le soin de cacher au public leurs dissolutions. Ils semblaient même en faire parade : on a vu un moine de Clugny, évêque de Langres, et son frère, évêque de Troyes, avouer publiquement leur libertinage, et demander au roi la légitimation de leurs bâtards ; on va voir un moine du couvent des Mathurins de Paris se vanter de ses débauches ».
« Ces prêtres considéraient toujours la religion comme étrangère à la morale, et croyaient cette dernière inutile. Les chanoines, plus libres que les moines, se laissaient aller au torrent de la corruption générale ; presque tous avaient leurs concubines, et menaient la vie la plus voluptueuse : aussi un écrivain du quinzième siècle, ayant à offrir le tableau de la condition la plus heureuse, n’en voit point de préférable à celle d’un chanoine ».
« Les mœurs des religieuses, si l’on en croit les plus graves écrivains du temps, n’étaient pas plus régulières. Le respectable Jean Gerson, chanoine et chancelier de l’Eglise de Paris, qui avait sans doute puisé dans les couvents de cette ville ou de ses environs ses notions sur la conduite des filles cloîtrées, parle de leurs maisons comme de lieux de débauche : « Ouvrez donc les yeux, dit-il, et voyez si ces couvents de moinesses ne ressemblent pas aux repaires de la prostitution (quasi prostibula meretricum). Suit le témoignage de Gerson : « Que de choses à dire sur ces couvents de religieuses, qui sont moins des communautés de vierges consacrées à Dieu, que des lieux de prostitution, habités par des femmes livrées à tous les excès de la débauche, à la fornication, à l’inceste, à l’adultère, à tous les actes de luxure et de méchanceté en usage chez les femmes publiques ; mais je suis retenu par la pudeur et par la crainte de m’engager dans de trop longs discours ; car nos monastères actuels, que je ne puis appeler des « sanctuaires de Dieu », sont-ils autre chose que des « infâmes repaires de Vénus », qu’un refuge où des jeunes gens, lascifs, impudiques, viennent assouvir leur luxure ? Et aujourd’hui, n’est-il pas reconnu que faire prendre le voile à une jeune fille, c’est comme si on la livrait à la prostitution dans un lieu de débauche ? »
C’est à ce sujet que le prédicateur Barlette s’écrie : « Oh ! Que de luxures, que de sodomies, que de fornication ! »
Propos cités tirés du livre de Jacques-Antoine Dulaure, « Histoire civile, physique et morale de Paris », 1825.
L’intérêt dans ce sujet n’est point de dénoncer la conduite immorale d’une institution religieuse sensée justement détenir les plus belles valeurs morales, de dresser la liste de ses mœurs ou d’en établir le nombre ; mais de saisir combien c’est à cette époque déjà que les premières rencontres entre des gens aussi contradictoires que des religieux et des bourgeoises vivant de prostitution et autres femmes luxurieuses, par leurs fréquentations intimes, engendrèrent des groupes de gens originaux, lesquels pratiquèrent des cérémonies secrètes qui constituèrent les fondements de ladite « Messe Noire ». Animés tous autant par le stupre que par la mystique, aimant autant le ciel spirituel que le luxe qu’offrent les moyens financiers, ces personnels hétéroclites marièrent leurs talents au service d’un culte qui devint forcément satanique. Et nous pouvons croire qu’au commencement, c’est Vénus qui aida tout ce monde à se retrouver sous les mêmes espaces, car la déesse s’occupe autant d’amour et de luxure que de mystique et de culte sacré.
« Frère Maillard revient souvent sur l’usage des mères de prostituer leurs filles ; et Menot, qui prêchait à Paris peu de temps après lui, en confirme l’existence : « Les mères, dit-il, damnent leurs filles par le mauvais exemple qu’elles leur donnent, par le goût du luxe et des parures qu’elles leur inspirent, et par la trop grande liberté qu’elles leur laissent. Et ce qui est bien pis encore, et je ne le dis qu’en versant des larmes, elles vendent leurs propres filles à des pourvoyeuses de débauche. Propias filias venundant lenonibus. Jean Clérée, confesseur de Louis XII, parle du même usage ; et, dans une énumération de vices, il n’oublie pas celui-ci : de matre quae ad malum propriam filiam ducit. Ce n’était pas seulement les femmes de la dernière classe ni les bourgeoises de Paris qui se livraient à cette infamie : des femmes nobles ne rougissaient pas d’y prendre part ».
« En 1459, on saisit « la ceinture, ferrée de boucles,
mordant et clous d’argent doré, pesant deux onces et demie, avec une surceinture aussi ferrée de boucles, mordant et clous d’argent doré ; un « pater noster » de corail, tels
quels, un « agnus Dei » d’argent, des « heures » à femme, à un fermoir d’argent, un collet de satin fourré, etc. », sur une dame noble appelée demoiselle Laurence de
Villard, courtisane à ses heures. Voilà une femme à la fois noble, dévote et prostituée : ce mélange d’actes de débauches avec des « heures » et des « chapelets » est
monstrueux ».
« Le clergé ne fut pas à l’abri des censures des prédicateurs : la simonie, la réunion de plusieurs bénéfices, plaies incurables ; le luxe des prélats, l’ignorance de la plupart des prêtres, leurs supercheries, la vie licencieuse des uns et des autres, leur sont fortement reprochés ».
« Maillard se récrie contre les turpitudes pratiquées à Rome pour obtenir des bénéfices ; contre ces religieux coureurs, appelés « porteurs de reliques » ou « porteurs de rogatons » ; contre les prêtres qui se chargent et reçoivent le paiement d’un nombre de messes qu’ils ne peuvent acquitter et qu’ils « suspendent au croc » ; contre les prêtres de Paris qui vendent les sacrements, les confessions et autres choses ; contre le luxe des évêques et de leurs concubines qui portent des habits rouges, de diverses couleurs, plissés et fourrés de martres et de peaux de Lombardie, et qui ont les doigts remplis d’anneaux d’or ; contre l’avarice des prélats qui, possédant de grands biens, les emploient à l’entretien des filles publiques et des pourvoyeurs de débauche ».
Maillard dénigre encore :
« Combien d’ecclésiastiques entretiennent des femmes publiques et célèbrent tous les jours la messe ! Et les curés sont assez complaisants pour ne pas leur refuser l’eucharistie !
Saint Nicolas n’entassait pas des trésors comme le font nos prélats modernes ; il n’entretenait point, comme eux, des femmes débauchées, « à pain et à pot » : à tous les
diables une telle conduite ! » Ce saint ne provoquait point les jeunes filles au libertinage, et ne leur faisait point gagner leur mariage à la peine de leur corps ». Car ces
prêtres forniquaient ces demoiselles avant de les unir au mariage. « Lorsqu’un évêque ou un abbé fréquente une maison, les personnes qui l’habitent sont diffamées. Messieurs les prêtres,
vous faites de vos clercs de vils agents de prostitution ».
« Les moines et religieux de Paris avaient une conduite aussi scandaleuse que celle des autres ecclésiastiques. Maillard rapporte plusieurs exemples de leurs débordements et de leur mépris pour les convenances. « Les religieux courent les rues de Paris sans observer la règle ; ils scandalisent les novices par leur mauvaise conduite ; il en est qui tiennent des cabarets ; j’en vois qui fréquentent les lieux de débauches (in Lupanar) ; j’y vois aussi entrer un abbé qui ne s’occupe qu’à entasser de l’argent par des friponneries ».
« Aujourd’hui, dit notre prédicateur, les ecclésiastiques sont plus scandaleux que les séculiers, ils les surpassent en infamies et en turpitudes. (…) Il paraît que des prêtres, dans leurs actes de libertinage, ne respectaient pas même les lieux consacrés au culte. « Si les piliers des églises avaient des yeux, dit Maillard, et qu’ils vissent ce qui s’y passe ; s’ils avaient des oreilles pour entendre, et qu’ils pussent parler, que diraient-ils ? Et Maillard de recommander aux ecclésiastiques d’observer les règles de la chasteté ».
« Les ecclésiastiques ne prenaient pas même le soin de cacher au public leurs dissolutions. Ils semblaient même en faire parade : on a vu un moine de Clugny, évêque de Langres, et son frère, évêque de Troyes, avouer publiquement leur libertinage, et demander au roi la légitimation de leurs bâtards ; on va voir un moine du couvent des Mathurins de Paris se vanter de ses débauches ».
« Ces prêtres considéraient toujours la
religion comme étrangère à la morale, et croyaient cette dernière inutile. Les chanoines, plus libres que les moines, se laissaient aller au torrent de la corruption générale ; presque tous
avaient leurs concubines, et menaient la vie la plus voluptueuse : aussi un écrivain du quinzième siècle, ayant à offrir le tableau de la condition la plus heureuse, n’en voit point de
préférable à celle d’un chanoine ».
« Les mœurs des religieuses,
si l’on en croit les plus graves écrivains du temps, n’étaient pas plus régulières. Le respectable Jean Gerson, chanoine et chancelier de l’Eglise de Paris, qui avait sans doute puisé dans les
couvents de cette ville ou de ses environs ses notions sur la conduite des filles cloîtrées, parle de leurs maisons comme de lieux de débauche : « Ouvrez donc les yeux, dit-il, et voyez
si ces couvents de moinesses ne ressemblent pas aux repaires de la prostitution (quasi prostibula meretricum). Suit le témoignage de Gerson : « Que de choses à dire sur ces couvents
de religieuses, qui sont moins des communautés de vierges
consacrées à Dieu, que des lieux de prostitution, habités par des femmes livrées à tous les excès de la débauche, à la fornication, à l’inceste, à l’adultère, à tous les actes de luxure et de
méchanceté en usage chez les femmes publiques ; mais je suis retenu par la pudeur et par la crainte de m’engager dans de trop longs discours ; car nos monastères actuels, que je ne puis
appeler des « sanctuaires de Dieu », sont-ils autre chose que des « infâmes repaires de Vénus », qu’un refuge où des jeunes gens, lascifs, impudiques, viennent assouvir leur
luxure ? Et aujourd’hui, n’est-il pas reconnu que faire prendre le voile à une jeune fille, c’est comme si on la livrait à la prostitution dans un lieu de
débauche ? »
C’est à ce sujet que le prédicateur Barlette s’écrie : « Oh ! Que de luxures, que de sodomies, que de fornication ! »
Propos cités tirés du livre de Jacques-Antoine Dulaure, « Histoire civile, physique et morale de Paris », 1825.