Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 15:52

Maillard exhorte contre ces religieux convertis à l’Eglise pour rendre gloire au crucifié et qui s’adonnent vertement aux luxures les plus salaces en l’honneur de Priape ayant acquis le titre de « saint » : « La simonie, le luxe, la gloutonnerie, le concubinage du clergé, et surtout les abominables supercheries que pratiquaient les prêtres pour lever des contributions sur l’ignorance et la crédulité des peuples, parurent plus choquants à mesure qu’on fut plus éclairé ».

 

Isis-sphinx-du-chatelet-paris.jpgLa Vierge Marie fit son apparition forcée en l’an 930, jusque-là, les dévots sacrifiaient au culte d’Isis. « Les amateurs de l’Egypte ancienne connaissent bien Isis. Elle est représentée sous l’aspect d’une femme portant sur la tête le hiéroglyphe de son nom qui signifie « siège » et par extension « trône royal ». Les touristes curieux seront donc étonnés de trouver dans une cour de la rue du Cherche-Midi, un sphinx verdâtre à tête de femme. C’est l’un des vestiges du culte d’Isis pratiqué à Paris. En fait, la présence de cultes d’origine égyptienne est attestée par de nombreux monuments de Paris. La mystérieuse Dame noire de l’île de la Cité a fait naître une autre hypothèse sur les origines initiatiques de Paris. Cette déesse ne serait autre qu’Isis, figure pratiquement universelle de la Grande Mère, dont les noms et les attributs diffèrent d’ailleurs selon temps et lieux et dont le culte aurait été apporté jusqu'à l'emplacement de Paris par les navigateurs phéniciens ».

 

« Le nom de la capitale viendrait de cette grande figure du panthéon égyptien et, par extension, universelle. « Paris » découlerait de Bar-Isis (la barque d’Isis), parce que la première représentation de la Dame noire serait arrivée sur un navire remontant la Seine jusqu’à l’île de la Cité. Cela expliquerait, de plus, pourquoi le blason de la ville porte un bateau dans ses armes. On a pu mettre en doute cette théorie, « l’on ne peut raisonnablement douter, écrit pourtant l’Encyclopédie, qu’il n’y eut à Paris ou dans son voisinage un fameux temple dédié à la grande déesse des Égyptiens. Les anciennes chartes de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain-des-Prés en font mention elles disent que Clovis et Childebert, leurs fondateurs, leur ont assigné les dépouilles d’Isis et de son temple... »

 

Isis-egyptien-rue-de-sevres-paris.jpg« Il est souvent signifié, dans les chroniques les plus anciennes de la capitale, qu’Isis, maîtresse de la doctrine ésotérique et de tous les arts de la magie, a été vénérée à Paris soit d’abord dans l’île de la Cité même, à l’emplacement de Notre-Dame, soit sur les lieux où fut édifiée par la suite l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Le moine Abbon, de ce cloître, considère Isis comme la première protectrice des Parisiens dans un poème écrit au onzième siècle sur le siège de la ville par les Normands. D’ailleurs, le maître d’œuvre de la cathédrale n’omettra point par la suite de la représenter en bonne place, au portail Sainte-Anne, sous les traits d’une femme portant le thyrse. La Vierge, autre Grande Mère mythique, n’aurait donc fait que remplacer la magicienne de la vallée du Nil (comme écrit au début, des experts en Histoire la font apparaître à partir de l’an 930) ».

 

A-bast-set-invoc2-NB.jpg« Il se pourrait aussi que les cultes isiaques aient été apportés bien après la fondation de la ville dans le sillage des armées romaines, qui véhiculèrent dans leurs bagages, comme on le sait, nombre de croyances et de rites en provenance de tout le Bassin méditerranéen. Quoi qu’il en soit, cette vénération pour Isis se retrouve périodiquement d’un siècle à l’autre tout au long de l’histoire insolite de la capitale. En 1643, on arrêta deux sorcières en train de pratiquer nuitamment des envoûtements dans le cimetière Saint-Sulpice, à l'aide d’une figurine représentant la déesse pourvue de tous ses attributs occultes. En 1720, il existait une chapelle mortuaire au cimetière des Innocents, dans laquelle se réunissaient les sectateurs d’un culte isiaque pratiquant la nécromancie. Après 1850, sans doute à cause du décryptage des hiéroglyphes par Champollion et des nombreuses campagnes de fouilles organisées dans la vallée du Nil, une véritable mode d’égyptologie sacrée s’empara de l’occultisme parisien ».

 

d-mon-paris3-overblog.jpgC’est à cette même époque que l’on entend parler du « diable » à Paris. « Le Satan traditionnel, avec ses cornes et ses pieds fourchus, n’apparaît pas avant ce onzième siècle. Afin de combattre l’influence des anciens rites et de la faire disparaître, le christianisme a tenté d’en assimiler les éléments principaux chaque fois qu’ils pouvaient s’accorder avec ses propres conceptions. Il a bâti ses églises sur les vieux temples. Il a également transformé Esus, Pan Priape ou Cernunnos en une seule image, celle du Diable. Le Diable est d’ailleurs partout présent à Paris et notamment sur la Cathédrale de Notre-Dame. La légende raconte que les chanoines commandèrent la ferronnerie à un artisan du nom de Biscornet. Le travail était colossal et le serrurier se rendit dans une officine d’un suppôt de Satan. Il signa un pacte avec le sang de son index et le Diable l’assura de son assistance. La veille du jour où il devait rendre son œuvre, il tomba en syncope. Pourtant, tous purent admirer les ferronneries grandioses qu’il n’avait pas façonnées. Satan avait œuvré pour lui.

d-mon-paris2-overblog.jpgGargouilles et diables sculptés ornent les murs de la cathédrale. Ces monstres païens deviennent l’incarnation du Diable. Au moyen-âge, ces créatures cauchemardesques sont là pour effrayer et non comme ornement. C’est en Egypte que la métempsycose est née. Selon cette croyance, l’homme et l’animal se confondent. A la mort, l’esprit quitte le corps et redevient libre. Il peut alors entrer dans un nouvel être, quel qu’il soit. Cette croyance n’avait aucun rapport avec les notions de bien ou de mal. Il a fallu environ deux siècles pour que la mythologie païenne s’émancipe de l’enfer. Cependant, une foule de croyances ont subsisté. Ces rites sont, pour beaucoup, à l’origine de l’histoire mystérieuse de Paris ».

 

d-mon-paris4-overblog.jpg« Il y a eu véritablement un règne du Satan parisien. Ce passé n’est d’ailleurs pas révolu puisque Paris compte le plus grand nombre de sorciers, pythonisses ou thaumaturges. Aujourd’hui, il existe toujours des groupements ésotériques de la capitale qui affirment être en possession de savoirs occultes et à dates fixes, ses membres se réunissent dans la crypte de Notre-Dame, où l’on a jadis adoré les dieux antiques. De plus, de nos jours, il y a plusieurs groupements initiatiques à Paris qui se réclament de la magicienne (Isis), qui fut peut-être la déesse tutélaire de la ville ».

(Les mystères de Paris, Inexpliqué p.862 à 865. Le Diable à Paris, Inexpliqué. p.906 à 909. Le bestiaire des cathédrales, Pierre Ripert, De Vecchi 2004. Secret des cathédrales, A.Roversi Monaco, De Vecchi 2000)

 

Nous ajoutons, car si Isis devint la Vierge, bien des cultes antiques l’identifiaient avec Vénus, l’Aphrodite des Grecs ou l’Astarté phénicienne, que parmi les rituels de ses moyen-age1.jpgMystères, il est forcé d’en d’avoir certains très luxurieux, puisqu’il est rapporté que « ses Mystères, dans l’Antiquité, ne furent plus célébrés que la nuit. Les jeunes garçons qu’on y admettait n’avaient jamais plus de vingt ans. D’un âge plus avancé, ils auraient eu moins d’emportement pour les plaisirs, une imagination moins inflammable, un esprit moins crédule et moins propre à recevoir les impressions qu’on voulait leur donner. Introduit par des prêtres dans des lieux souterrains, le jeune initié se trouvait livré à leur luxure.

Les excès de la table, où le vin coulait en abondance, excitaient à d’autres excès que la nuit favorisait par ses ténèbres. Tout âge, tout sexe, étaient confondus. Chacun satisfaisait le goût auquel il était enclin ; toute pudeur était bannie ; tous les genres de luxure, même ceux que la nature réprouve, souillaient le temple de la divinité. Dans sa Satire IXème, Juvenal revient sur ces Bacchanales comme sur les prostitutions pratiquées dans le temple d’Isis (l’appelant « le temple de la putain Isis) : il nous apprend que Vénus Isis y était souvent remplacée par Ganymède ».


 

ganymède

 

 Ganymède et Jupiter

 

Propos cités tirés du livre de Jacques-Antoine Dulaure, « Histoire civile, physique et morale de Paris », 1825.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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