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Voici un extrait conséquent de l’analyse de Domenico Migliaccio à propos
d’Asmodée : « Il est appelé Ashmeddai en hébreu, Asmodeus en latin, Asmadaios en grec, As’medi en araméen. En langue persane, Aeshma Deva était le « Démon Destructeur,
Exterminateur ». Son nom semble signifier le « Souffle ardent de Dieu », du moins en ce qui concerne l’étymologie latine.
Dante Alighieri ne l’inséra pas entre les nombreux personnages qui peuplent sa « Comédie », mais ce n’est pas un déshonneur… Maria Magdalena n’est pas là non plus ! Cependant, Asmodée eut également son rôle de protagoniste en littérature : « El diablo cojoelo » écrit par l’espagnol Luis Velez de Guevar en 1623. Plus tard, le français Alain-René Lesage reprendra ce sujet dans son œuvre « Le Diable boiteux », une satire sur les coutumes du XVIIème siècle.
D’anciennes traditions apocryphes racontent qu’il
serait né de l’union d’Adam avec
Lilith, la belle et terrible Déesse Noire.
Sa naissance « bâtarde » conditionna, peut-être, ses pouvoirs. Il fut toujours considéré comme le démon de la luxure. Il surveillait les accouplements qui arrivaient dans les rêves : le
Succube féminin (qui ensorcelait les rêves des hommes) et l’Incube masculin (qui violait les femmes endormies). Ils étaient, tous deux, ses serviteurs. Ce pouvoir sur les « pulsions
sexuelles » lui fit mériter la réputation de « Sapeur » des mariages, et on le retrouve dans ce rôle seulement une fois, dans la Bible : Tob. 3 -VIII. Le verset latin qui le
concerne peut être traduit par différents mots… pour ne pas « toucher » la sensibilité de quiconque, je laisse à chacun sa propre interprétation ou être muni d’une Bible de sa
langue ».
La phrase suivante : « Il fut toujours
considéré comme le démon de la luxure. Il surveillait les accouplements qui arrivaient dans les rêves : le succube féminin (qui ensorcelait les rêves des hommes) et l’incube masculin (qui violait
les femmes
endormies). Ils étaient, tous deux, ses
serviteurs. Ce pouvoir sur les « pulsions sexuelles » lui fit mériter la réputation de « sapeur » des mariages » ; réclame le commentaire suivant :
affirmer qu’il « surveillait les accouplements » prouve son rôle dans ces temples de Vénus Mylitta dédiés à la prostitution sacrée, et définit son travers exposé au chapitre précédent,
de tirer bénéfice des voyeurs. Des femmes qui s’offraient en sacrifice charnel devant le grand Bouc lascif, le croisaient forcément. Il était un pensionnaire subtil des temples, ceux justement où
la recherche de luxure domina sur celle de la fécondité. Il put être le Sorcier divin ayant inspiré les mages d’utiliser l’hypnose sur les sujets médiums pour en faire des « Fantômes »,
de ceux décrits comme des femmes fatales des « Fantasmes » volants ; d’où que des sensibilités extériorisées agissaient sur autrui par le moyen du déplacement ; et qu’Asmodée
et les siens recrutaient indirectement leurs médiums parmi les femmes qui venaient faire leur sacrifice prostitutionnel au temple de Vénus Mylitta. D’où ce verset, énigmatique au premier degré,
mais compréhensible pour l’étudiant des démons incubes succubes : « Sara, la fille de Ragouël,
en la donnant pour femme à Tobias, le fils de Tobit, et en expulsant d’elle Asmodée, le démon mauvais » : ceci par le moyen d’une décoction qui sentait si mauvais qu’elle le fit fuir. Domenico Migliaccio écrit :
« Le Livre de Tobie nous raconte qu’Asmodée avait tué les sept maris de Sara, mais il fut battu en brûlant une « mixture » de cœur et foie de poisson (ce mélange avait été suggéré
par l’Archange Raphael - le Médicament de Dieu). L’odeur terrible chassa Asmodée du corps de Sara et l’Ange Raphael put lui enchaîner mains et pieds et le traîner dans les lointains déserts de la
Haute Egypte ».
« Une autre légende nous dit que c’était le Gardien des Sources d’Eau dans les
déserts ; il avait en particulier, le contrôle de la « Source de la Vie » et, fort de celui-ci, il faisait du chantage aux lépreux et les malades en les contraignant à travailler pour
lui.
Mais Asmodée n’est pas ainsi toujours mauvais, ou mieux… en quelques histoires du folklore hébraïque, il est décrit comme un diable gai, vif et espiègle (l’image du Cupidon grec, Eros, héritier du culte de Vénus : comme quoi, l’antique Vénus Mylitta était mâle, c’était Pan Priape avec sa figure de taureau ou de bouc ; puis le redevint avec Eros, avatar d’Asmodée dans le temple), un sympathique type et souvent un ami des gens. Si tu réussissais à entrer en confidence, il pouvait t’offrir pierres précieuses et bijoux d’or, il pouvait t’enseigner la géométrie et l’arithmétique, il pouvait te dévoiler les secrets de l’astronomie et de la mécanique, il pouvait te rendre invisible et, finalement, te révéler les endroits où trésors immenses étaient cachés. Il suffisait de faire un pacte avec lui ».
Puis, retour au caractère primordial : « Son « devoir » en Enfer était celui de contrôler et de visionner les tripots et les casinos, mais son « esprit libertin » le faisait souvent remonter au monde des vifs. Et son aspect n’était pas très rassurant. Avant tout, Il était furieux et hurlant. Il se présentait souvent armé d’une lance, en chevauchant un Dragon. Quelques-uns le voyaient comme une espèce de monstre aquatique. D’autres disaient qu’il avait trois têtes : une d’homme, une de taureau et une de bouc (et non d’un bélier comme d’habitude, regroupant ainsi les principes symboles du culte priapique antique, le taureau (puissance génésique), le bouc (puissance lascive) et l’homme charnel (l’homme est parfois montré nu et viril, puis exposé ainsi comme un roi, une couronne sur sa tête) ; auquel nous ajoutons un lion (magnétisme), un serpent (sensualité, volupté) et des pattes d’oie (impudicité)). Son corps était une chimère horrible : il avait une patte de cheval et une autre de coq, queue de crapaud, écailles de serpent, et ses bouches vomissaient des flammes ».
Asmodée a le don de rendre les femmes impudiques, exhibitionnistes. Un aspect dans la mystique, non des moindres, permet de comprendre cette relation entre l’action de l’un, ses effets sur l’autre. Nous reprenons le tableau des correspondances :
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Chakras |
Correspondance Kabbale |
Correspondance sens |
Correspondance Démonologie |
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Manipura (Soleil) |
Netzah (Vénus) |
Vue (œil) |
Asmodée |
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Svadhisthana (Mercure) (lunaire) |
Hod (Mercure) Yesod (Lune) |
Goût (bouche) |
Lilith |
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Muladhara (Mars) |
Malkuth (Terre) |
Odorat (nez) |
Satan |
Nous constatons que l’œil, la vue, se rapportent à
Asmodée. Or, quel sens humain parmi les cinq (odorat, goût, ouïe, toucher, vue) les phénomènes d’exhibition et d’impudicité ont-ils pour vocation de satisfaire à ses luxures sinon celui de
voir ? Ainsi, au cas où Asmodée aurait régné en Hod, on aurait dit de lui « qu’il est le maître des gourmets », le sens correspondant étant celui du goût. Mais puisqu’il gouverne
le sens de la vue, naturellement l’impudicité est le moyen d’inspirer la luxure qui lui convient… et qui est forcément visuelle. L’œil permet la vue mais c’est l’esprit qui inspire la vision,
dont le Fantasme prend la direction lorsqu’il s’empare de lui. Alain Daniélou, dans « Le mystère du culte du linga » distingue bien le sens de son organe, disant que le premier est
subtil, l’autre physique ; résumant : « Les sens sont extérieurs aux organes ».
Rudolf Steiner évoque la méthode qu’utilisent les
Esprits de Saturne, entités décrites « lascives » pour s’introduire dans l’homme ; nous répétons : « Ce sont des esprits capables de développer des passions d’ordre sensuel terriblement dévastatrices contre lesquelles tout ce que
l’homme peut mettre en œuvre dans ce contexte, ne sont que jeux d’enfants. Les esprits saturniens s’insinuent d’une façon encore plus mystérieuse dans le corps humain, à savoir par les
sensations. Lorsque l’homme
dirige son regard sur une belle
chose, sur une pure et noble chose, cela suscite en lui une représentation ; s’il dirige son regard vers une chose sordide et triviale, une autre représentation est suscitée. Tandis que des
impressions extérieures font naître une représentation dans l’âme, les esprits saturniens, bons et mauvais, s’insinuent par ce biais et dans le même temps en l’homme. Et à travers tout ce qu’il
déploie autour de lui par simple sympathie ou antipathie à l’égard de ce qui l’entoure, sous forme de ce qu’il voit, l’homme s’expose à cette infiltration furtive de tels ou tels esprits
saturniens. Ceux-ci pénètrent par les yeux lorsque la sensibilité de l’homme est en action.
Par l’observation occulte, il est par exemple tout à fait incroyable de constater quels esprits monstrueux contenus
dans certains parfums très prisés socialement, s’insinuent par le nez des gens qui se trouvent dans cet environnement, sans parler de ce qui pénètre par le nez des personnes qui portent
elles-mêmes ces parfums ». (Rudolf Steiner – L’intervention des forces spirituelles en l’homme)
L’anthroposophe célèbre évoque ces entités ivres de luxure par le titre des « esprits de Saturne », ce qui ne signifie point qu’ils appartiennent à la planète de ce nom. En fait, Saturne est le maître du Capricorne, ou Capri Cornus ; et l’on revient immanquablement à la forme du bouc lascif, qui est l’animal symbole… de Vénus ! Et dont la figure est dessinée sur la représentation du démon Asmodée.
Ces types de vampirisme signifient qu’on peut, à partir d’une photo,
puisqu’elle demeure émettrice de Heith, extraire magiquement de cette puissance magnétique – en partie – et l’approcher de soi pour disposer temporairement de ses
pouvoirs.
Chacun remarque, lorsqu’il a les yeux fermés et qu’il veut dormir, il y parvient mieux lorsque la lumière est éteinte et qu’il fait sombre ou noir. Inversement, lorsqu’on allume la lumière, par exemple au réveil, on garde les yeux fermés pour ne pas être ébloui d’un coup, que l’œil ne soit pas blessé par l’intervention du rayonnement ; en gardant ainsi les yeux fermés, au bout d’un certain temps pourtant, le besoin d’ouvrir les yeux devient nécessaire. La lumière, en agressant subtilement les yeux, les a incités de s’ouvrir.
C’est idem avec la force subtile « Heith ». Rayonnée par la femme sans même qu’elle s’en aperçoive, elle a la propriété d’agresser subtilement les forces instinctives, générationnelles et certains préciseraient même « bestiales » chez le mâle. Ce phénomène a pour conséquence d’éveiller et d’animer le désir sensuel chez l’homme.
Joris-Karl Huysmans aborde un travers sexuel peu
anodin, qui fut utilisé avant la photographie par les mages noirs, sûrement ceux d’Asmodée, avec l’aide de peintures, appelé « Pygmalionisme » : « Je dois vous avouer un péché
absolument neuf, qui entre dans le district connu de la luxure. Il est négligé depuis le paganisme, mal défini dans tous les cas. (…) Il n’est pas facile, je vais essayer néanmoins ; dans la
province de la luxure, on relève, si je ne me trompe, le péché ordinaire, le péché
contre nature, la bestialité, ajoutons-y la démonialité et le sacrilège. Il y a, en sus, ce que j’appellerai le « pygmalionisme », qui tient tout à la fois de
l’onanisme cérébral et de l’inceste. Imaginez, en effet, un artiste tombant amoureux de son enfant, de son œuvre, d’une Hérodiade, d’une Judith, d’une Hélène, d’une Jeanne d’Arc, qu’il aurait ou
décrite ou peinte, et l’évoquant ou finissant par la posséder en songe ! Eh bien, cet amour est pis que l’inceste normal. Dans ce crime, le coupable ne peut jamais commettre qu’un
demi-attentat, puisque sa fille n’est pas née de sa seule substance mais bien aussi d’une autre chair. Il y a donc, logiquement, dans l’inceste, un côté quasi naturel, une part étrangère, presque
licite, tandis que, dans le pygmalionisme, le père viole sa fille d’âme, la seule qui soit réellement pure et bien à lui, la seule qu’il ait pu enfanter sans le concours d’un autre sang. Le délit
est donc entier et complet. Puis, n’y a-t-il pas aussi mépris de la nature, c’est-à-dire de l’œuvre divine, puisque le sujet du péché n’est plus, ainsi que dans la bestialité même, un être
palpable et vivant, mais bien un être irréel, un être créé par une projection du talent qu’on souille, un être presque céleste, puisqu’on le rend immortel, et cela par le génie, par
l’artifice ? Allons plus loin encore, supposez qu’un artiste peigne un saint et qu’il s’en éprenne. Cela compliquerait de crime contre nature et de sacrilège. Ce serait énorme ! C’est
tout bonnement une expression raffinée du succubat ; ce n’est pas l’œuvre enfantée qui s’anime, mais bien un succube qui en prend la nuit, les formes ! C’est un privilège des artistes,
un vice réservé aux élus, inaccessible aux foules ! » (Joris-Karl Huysmans – Là-bas)
Si Onan n’est pas loin d’ici, Asmodée non plus…